Rolex Grand Slam of Show Jumping

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Jérôme Guery & Quel Homme de Hus at Knokke Hippique (Photo: Sportfot) Jérôme Guery & Quel Homme de Hus at Knokke Hippique (Photo: Sportfot)

Rolex Grand Slam Riders Watch

Les Rolex Grands Prix de l'été

 

Pendant que vous patientez jusqu’au prochain Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ qui aura lieu du 8 au 12 septembre 2021, nombre d’épreuves Rolex Grands Prix sauront aiguiser votre appétit.

À compter du 23 juin et pendant trois semaines, le Knokke Hippique parrainé par Rolex fera participer des chevaux et cavaliers de tous niveaux : futures stars dans la catégorie des Jeunes chevaux, épreuves de saut d’obstacles renommées dans le monde entier, et chaque dimanche, un Grand Prix Top Series CSI3*. Jérôme Guery et Quel Homme de Hus ont remporté avec brio le Rolex Grand Prix du dimanche 27 juin.

Du 1er au 4 juillet, les regards se tourneront vers le CHI Royal Windsor Horse Show, dans le parc privé du château de Windsor. Henrik von Eckermann (SWE), dernier champion en date de ce Rolex Grand Prix, reviendra défendre son titre sur la célèbre piste du Castle Arena. Mais il aura fort à faire en présence de Steve Guerdat (SUI) et Kent Farrington (USA), Témoignages Rolex et anciens vainqueurs de ce prestigieux événement. Le point culminant de cette compétition, le Rolex Grand Prix du dimanche 4 juillet, à été remporté par Ben Maher et le brillant Explosion W.

Rendez-vous également à l’hippodrome de Chantilly du 8 au 11 juillet pour le Masters of Chantilly, avec le dernier jour l’épreuve-phare : le Rolex Grand Prix. Ce tout nouvel événement, parrainé par Rolex qui sera également responsable du chronomètre, aura lieu devant le Château de Chantilly et ses grandes écuries, suite à quatre spectaculaires journées entières de compétition.

À partir du 30 juillet et pendant quatre jours, le Centre équestre du Val Porée accueillera le Jumping International de Dinard CSI5*, qui culminera le dimanche 2 août par le Rolex Grand Prix. À quelques pas de la mer, Dinard sera témoin d’incroyables prouesses équestres époustouflantes de précision. Très populaire dans le circuit du saut d’obstacles mondial, cet événement accueillera une fois encore les meilleurs couples cavalier-cheval au monde, venus là pour remporter le Rolex Grand Prix de la Ville de Dinard.

Ben Maher riding Explosion W (Photo: Rolex / Kit Houghton) Ben Maher riding Explosion W (Photo: Rolex / Kit Houghton)

Zoé Conter & Davidoff de Lassus (Photo: Aline Cerisier) Zoé Conter & Davidoff de Lassus (Photo: Aline Cerisier)

Meet the Next Gen with:

Zoé Conter

 

Sur quoi avez-vous axé vos efforts récemment, et quels sont vos objectifs pour 2021 ?

Mon projet cette année est de concourir en 5*. Cela fait plus d’an an que je n’ai pas participé à une épreuve de ce niveau. La première va avoir lieu cette semaine à Knokke, une compétition comprenant des épreuves de 2, 3 et 5 étoiles. L’un de mes objectifs principaux va donc être de concourir dans des 5*, de faire preuve de bonnes performances pour justifier ma présence à ce niveau. J’aimerais vraiment finir sur le podium à un Grand Prix Rolex, c’est l’un de mes rêves pour cette année.

Pour l’épreuve 5*, je prendrai avec moi Davidoff de Lassus (Dave de son surnom), mon meilleur cheval, et Dawa de Greenbay. Et pour l’épreuve 3*, j’ai prévu de monter Univers du Vinnebus et Dolitaire Chavannaise. Ces quatre-là sont mes meilleures montures du moment. 

Je n’ai pas beaucoup concouru depuis mon retour de Wellington, où j’ai passé l’hiver. Je voulais surtout me préparer pour Knokke, vérifier qu’on avait tout ce qu’il fallait pour la semaine. J’ai travaillé dur pour être au top de ma forme, j’ai donc bon espoir de bien faire. Quant au reste de l’année, je souhaite simplement me montrer performante. Depuis que j’ai commencé à travailler avec Eric Lamaze, mon nouvel entraîneur, début mai, j’ai gagné en vitesse. J’ai hâte de voir ce que ça donne en compétition !

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?  

Davidoff, mon cheval de tête. Ce sera la première fois, vu qu’il s’était blessé en novembre dernier et n’a donc pas concouru pendant près de six mois. Je suis très contente qu’il soit de nouveau en forme, pour recommencer les épreuves de haut niveau avec lui. Ce grand bai est très spécial à mes yeux. Il a beaucoup de moyens, tout en restant ultra confort sur l’obstacle. C’est vraiment un bon gros géant ! Chaque jour sans exception, il a une pêche d’enfer. Et cette énergie inépuisable en fait bien sûr l’un de mes favoris.

Après, j’ai aussi quelques chevaux de huit ou neuf ans, qui commencent à s’affirmer, comme Dawa, que j’ai très hâte d’emmener en concours. J’ai Dawa, un cheval très prometteur, depuis qu’il a sept ans. Il en a neuf aujourd’hui. Il a participé à son premier 3* en Floride, et a fait une très bonne performance. Il va passer au niveau supérieur cette année, j’ai hâte de voir ça. Il a des gros moyens et une assurance sans faille : à mon avis, il va finir en Grand Prix !

J’ai également une autre jument de neuf ans, Ma Belle. Elle aussi est encore jeune mais commence à participer à des 2* et 3*. Elle a moins d’expérience que les autres, mais je pense qu’elle nous réserve de bonnes surprises.

Enfin, il y a Univers, mon étalon, que je monte depuis trois ans maintenant. Je le réserve pour le haut niveau : il a déjà fait quelques Grand Prix 5* avec moi. Bref, j’ai une équipe de choc cette année, et je suis impatiente de pouvoir concourir et voir ce dont nous sommes capables. 

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?  

Oui, c’est une série d’événements très importante dans le monde du saut d’obstacles. N’importe quel cavalier professionnel aimerait participer à ses quatre épreuves prestigieuses. Et puis il permet à de jeunes cavaliers de faire leurs preuves. J’ai eu l’opportunité de participer au Spruce Meadows ‘Masters’ de Calgary en 2019, une expérience inoubliable. J’ai pu me faire les dents sur le Grand Prix. C’est vraiment un lieu incomparable. Pareil à Aix-la-Chapelle, où je ne suis allée qu’en tant que spectatrice : les jeunes cavaliers ont l’opportunité de montrer de quoi ils sont capables.

Le fait que Scott [Brash] ait remporté le Rolex Grand Slam montre aux autres cavaliers que c’est possible. Le concept est aussi doté d’un prix au montant conséquent, ce qui encourage les cavaliers à enregistrer de bonnes performances aux quatre épreuves. En retour, cela a un impact positif sur le sport. Les cavaliers du monde entier font tous les efforts possibles pour un jour être en mesure de participer à l’une de ces épreuves.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général durant l’année qui vient de s’écouler ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?  

J’ai appris que je veux plus que tout réussir dans le sport que j’ai choisi. Ces derniers mois en particulier, quand j’étais en Floride et lorsque les concours ont redémarré ici, j’ai eu quelques mois difficiles, avec des résultats médiocres. Mais j’ai vraiment l’impression d’être revenue à mon meilleur niveau, et je fais tout pour pouvoir poursuivre sur cette voie.

Ces derniers mois, j’ai réalisé que la réussite m’importait beaucoup. J’ai aussi appris à profiter des bons moments, car ils ne durent pas toujours, et on a tendance à les voir comme s’ils allaient de soi. Pour certains cavaliers, il y a plus de réussites que d’échecs. Mais ce n’est pas mon cas. Je veux donc vivre davantage dans le moment et profiter pleinement des bons résultats.

Avec la pandémie, les annulations de concours et la vie normale qui semblait s’arrêter, j’ai aussi appris à apprécier les « petits riens », comme le fait de passer davantage de temps avec mes chevaux et ma famille, deux choses qui comptent énormément à mes yeux.

William Funnell at The Billy Stud (Photo: Eli Birch Boots and Hooves Photography) William Funnell at The Billy Stud (Photo: Eli Birch Boots and Hooves Photography)

Breeders Uncovered with:

William Funnell, founder & breeder at The Billy Stud

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ? 

Je devais avoir quatre ou cinq ans, je montais un minuscule Shetland noir. J’ai eu la chance d’avoir grandi dans une ferme, près du village de Challock dans le Kent, en Angleterre. Quand on est fils d’agriculteur, on grandit tout près des animaux, et dans mon cas de chevaux et de poneys. J’ai eu une enfance vraiment idyllique à la campagne. 

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ? 

J’adore représenter mon pays lors des épreuves en équipe. L’un des moments les plus mémorables a sûrement été les Championnats d’Europe à Herning [en 2013], et le Derby d’Hickstead. Petit, j’avais l’habitude de regarder le Derby à la télévision. Alors quand je l’ai remporté, de nombreuses années plus tard, j’étais aux anges ! Et puis j’ai eu la chance d’avoir participé plusieurs fois à la Coupe des Nations en équipe, et ça a toujours été de grands moments.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ? 

Un éleveur doit savoir laisser partir ses chevaux, et c’est parfois difficile, car les meilleurs cavaliers ne sont pas toujours les plus fortunés. On essaie de trouver un équilibre. Ça ne sert à rien de vendre un cheval de niveau Grand Prix à un simple amateur. Il faut absolument trouver la bonne paire : pour que notre cheval puisse se faire connaître, il faut qu’il se présente à des concours prestigieux, et donc qu’il soit monté par un cavalier de talent.

Donnez-nous un aperçu rapide du quotidien à l’élevage  Billy Stud... 

Tout roule aujourd’hui comme sur des roulettes. Donal Barnwell, mon associé, s’occupe du poulinage et de tous les besoins des chevaux jusqu’à trois ans d’âge. Ensuite, il me les confie pour le débourrage. On évalue leurs performances et leur potentiel en saut d’obstacles, puis on essaie de développer ces capacités avant de trouver un acheteur. Le but est de laisser partir chaque cheval au moment opportun.

Chaque année, on a en moyenne 100 gestations, dont beaucoup proviennent d’un transfert d’embryons, qui a un taux d’absorption de 10 à 15 pour cent. On produit entre 80 et 85 poulains, dont on retrouve entre 70 et 80 après trois ans d’âge, le printemps venu. L’écurie emploie sept ou huit cavaliers, dont moi et Pippa. Nous avons trois carrières, dont deux en herbe, et un manège. On peut donc faire beaucoup de choses à la maison, avant même de les emmener en compétition, ce qui coûte cher. On a déjà quelques parcours d’obstacles différents sur lesquels leur apprendre leur métier.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant que cavalier et éleveur ? 

J’arrive à la fin de ma carrière de cavalier. J’aurais adoré aller aux Jeux olympiques cette année avec l’un de nos chevaux. Il faut faire partie des 30 meilleurs cavaliers du pays, et je ne crois pas que quelqu’un ait déjà réussi à se hisser à ce niveau avec ses propres chevaux. Je suis sûrement le seul cavalier à ne monter que ses chevaux à lui, et je suis très fier de ce statut. Alors évidemment, monter un cheval que j’ai élevé aux Jeux aurait été idéal, mais on ne sait jamais, j’aurai peut-être encore l’occasion ! Heureusement, j’ai le même plaisir à regarder un autre cavalier concourir sur un cheval de mon écurie. J’espère élever des chevaux d’une qualité suffisante pour les confier aux bonnes personnes, avec qui ils pourront participer aux Jeux olympiques et à d’autres concours renommés à l’avenir.

Quelles montures nées à Billy Stud font actuellement preuve de performances exceptionnelles sur le circuit ?  

Il y en a plusieurs, en Europe et en Amérique. Pippa, ma femme, a monté l’un de nos chevaux aux Jeux olympiques de Rio. Les chevaux issus de notre élevage participent à des concours de tous niveaux. Malheureusement, je ne crois pas avoir la monture qu’il faut pour les Jeux de cette année.

De quels chevaux en particulier êtes-vous le plus fier ? 

De Billy Congo, médaillé d’or à Herning. C’était je crois le premier étalon du Global Champions Tour en termes de gains : une année, il a gagné 300 000 livres sterling sur le tour. J’ai aussi remporté un Grand Prix 5* avec lui, sans oublier le Hickstead Derby. Et puis j’ai aussi concouru sur Billy Buckingham, son fils.

William Funnel and Billy Congo William Funnel and Billy Congo

Au-delà de l’élevage, quels sont vos rêves et ambitions ? 

Je suis d’avis qu’il est toujours possible de s’améliorer. Je ne veux pas forcément étendre davantage notre élevage, mais je pense qu’on peut encore et toujours perfectionner ses processus. Nous apprenons sans cesse de nouvelles choses, et j’aurais aimé avoir les connaissances et les chevaux qu’on a maintenant il y a 20 ans !

Est-ce que vous servez de mentor à un autre cavalier ? 

Oui, Pippa et moi donnons un coup de main à Joe Stockdale, le fils de feu Tim Stockdale. Il a fait de bonnes performances cette année, avec deux sans-fautes à la Coupe des Nations. J’ai beaucoup de plaisir à le voir concourir.

Des cavaliers britanniques de talent émergent en ce moment, comme Jack Whitaker. Il y a un temps, quand je disputais des concours à Nick Skelton, John Whitaker ou son frère Michael, j’étais le plus jeune de l’équipe. Mais maintenant que Nick [Skelton] a pris sa retraite, j’ai l’impression d’être l’un des plus vieux ! Ceci dit, c’est sympa de voir tous ces jeunes et leurs parents. Le saut en équipe est une partie important du saut d’obstacles, que j’ai beaucoup appréciée durant ma carrière.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?  

Quand Scott Brash a remporté le Grand Slam, c’était super. C’est un véritable exploit, en particulier aujourd’hui, alors que les cavaliers gèrent très bien leurs montures. Les épreuves sont toutes très différentes, et les remporter toutes peut sembler impossible, surtout celles qui rassemblent les meilleurs couples du sport mondial. C’est très, très impressionnant. Le cheval et le cavalier doivent tous deux être au top de leur forme, et donner une performance exceptionnelle le jour J pour arracher la victoire aux autres participants.

Le Rolex Grand Slam a incité de nombreux cavaliers à participer aux épreuves, qui en retour reçoivent davantage de publicité. Ce concept qui rassemble quatre sites légendaires est à mon avis  une très bonne idée.  Ces épreuves ont toujours été les plus difficiles à gagner, et avec la récompense qui attend le vainqueur, tout le monde veut tenter sa chance.

Parmi les Majeurs, quel est votre préféré ? 

Aix-la-Chapelle et Calgary sont toujours très spéciaux à mes yeux, car j’ai toujours préféré une piste en extérieur. Le mélange offert par le Rolex Grand Slam (Genève et The Dutch Masters ayant lieu à l’intérieur) permet de rajouter du piquant à la compétition. Mais comme j’ai toujours mieux réussi en extérieur, ma préférence va aux deux premiers. 

Qui vous a le plus inspiré dans votre vie et votre carrière ? 

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour John Whitaker. Sa manière de monter et son rapport aux chevaux n’ont jamais cessé de m’impressionner.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?  

John [Whitaker] m’a dit un jour qu’en partant sur de bonnes bases, le reste suit naturellement. On a tendance à oublier les choses simples ! 

Max Kühner (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Max Kühner (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Max Kühner remporte le Rolex Grand Prix à The Dutch Masters

 

Après trois jours de spectaculaires épreuves de saut d’obstacles CSI5*, The Dutch Masters a abouti ce dimanche par le prestigieux Rolex Grand Prix, premier Majeur du Rolex Grand Slam 2021. À Bois-le-Duc, tous les yeux étaient braqués sur Martin Fuchs, le Suisse de 28 ans et Témoignage Rolex, dont la victoire au Rolex Grand Prix du CHI de Genève en décembre 2019 faisait de lui l’actuel Prétendant au titre.

Accompagné de Clooney 51, son célèbre hongre gris, Martin Fuchs savait dès le départ qu’une redoutable concurrence l’attendait, dont quatre autres Témoignages Rolex : le Britannique Scott Brash, l’Américain Kent Farrington, le Suisse Steve Guerdat, actuel numéro un mondial, et le Français Kevin Staut. D’autres grands noms du saut d’obstacles, comme les trois Allemands Marcus Ehning, Christian Ahlmann et Daniel Deusser, l’Américaine Laura Kraut et le Suédois Peder Fredricson, avaient eux aussi répondu à l’appel. Au total, une liste impressionnante de 43 partants en provenance de 15 pays, nombre d’entre eux tout à fait capables de s’arroger le titre de Prétendant.

Mais la chance n’était pas au rendez-vous pour nos couples les plus connus, avec l’abandon non seulement de Scott Brash sur Hello Jefferson, son hongre de 12 ans, mais aussi de Kent Farrington sur Austria 2, sa jument de 13 ans. Autre surprise, les huit points de pénalité encourus par Martin Fuchs et Kevin Staut. Pour finir, le sans-faute a échappé à beaucoup sur la piste imaginée par Louis Konickx. Seuls huit couples ont fini par se qualifier pour le barrage, un parcours de 330 m et sept obstacles conçu pour mettre à l’épreuve les compétences, la détermination et la précision des participants.

Philipp Weishaupt, le seul cavalier du barrage à avoir déjà remporté un Majeur du Rolex Grand Slam Major (le CHIO d’Aix-le-Chapelle en 2013 et le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ en 2017), avait un très léger avantage sur les autres concurrents au départ. Ceux-ci comptaient son compatriote Christian Kukuk, les deux Belges Jerome Guery et Gudrun Patteet, ainsi que la Portugaise Luciana Diniz, le Brésilien Marlon Modolo Zanotelli, l’Autrichien Max Kühner et Willem Greve, le seul Néerlandais.

Philipp Weishaupt a vite donné le ton, avec un sans-faute de 33,71 secondes à battre. Mais à peine a-t-il eu le temps de se réjouir que Christian Kukuk et Checker 47, son hongre gris de 11 ans, le dépassaient au chronomètre de 0,14 secondes. Les quatre cavaliers suivants ayant été incapables de faire mieux, ne restaient plus en lice que Marlon Modolo Zanotelli et Max Kühner. Avant-dernier couple sur la piste, Kühner et Elektric Blue P, son hongre de 10 ans, se sont lancés à une vitesse fulgurante à l’assaut du chronomètre, pour passer la ligne d’arrivée une bonne seconde plus tôt que Kukuk. N’ayant pas pu trouver l’énergie nécessaire sur la dernière ligne droite, le Brésilien devra se contenter d’une deuxième place très respectable.

Enchanté, le vainqueur, Max Kühner, nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping, a lancé : « Le Rolex Grand Slam a toujours été l’un de mes objectifs les plus ambitieux, je suis donc ravi d’avoir pu décrocher la victoire aujourd’hui.

J’ai acheté Elektric Blue [Elektric Blue P] quand il avait deux ans. Je l’avais vu sauter en liberté sur une vidéo, il m’avait impressionné. L’enchère avait déjà commencé lorsqu’on a décidé de l’acheter. Depuis, il a toujours fait ce qu’on attendait de lui et ne m’a jamais déçu. Il a des capacités extraordinaires, le saut lui vient naturellement. C’est un cheval au caractère agréable, qui aime son métier. Comme il s’ennuie facilement au quotidien, on a élaboré un programme d’entraînement spécial. On sort régulièrement la remorque pour l’emmener en balade dans les montagnes.

Spruce Meadows et Aix-la-Chapelle en septembre étaient déjà notés dans le calendrier. Il reste encore pas mal de temps, mais on va commencer à planifier notre stratégie très bientôt. Je pense que nous allons emmener Chardonnay [Chardonnay 79] à Calgary, car il a fini troisième au Grand Prix du dernier Spruce Meadows CP ‘International’ presented by Rolex en 2019. Et peut-être qu’on choisira Elektric Blue P pour Aix-la-Chapelle. »

Sean Lynch & Sean Vard (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Sean Lynch & Sean Vard (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

 

Sean Lynch est le groom de l’Allemand Daniel Deusser, actuellement deuxième meilleur cavalier de la planète. Sean Vard, quant à lui, est celui du Suisse Martin Fuchs, troisième mondial. Tous deux nous ont expliqué ce qu’ils aimaient le plus dans leur métier. Ils nous ont également donné leur point de vue personnel sur les chevaux sur lesquels ils sont chargés de veiller, nous ont dévoilé leurs Majeurs du Rolex Grand Slam préférés et divulgué ce qui leur a la plus manqué dans les compétitions de haut niveau.

 

Êtes-vous heureux d’être ici au The Dutch Masters et de retour sur le circuit du saut d’obstacles de haut niveau en Europe ?

Sean Lynch (SL) : Personnellement, je suis ravi. On a passé l’hiver en Floride, où la vie quotidienne était plus « normale ». Mais c’est très agréable d’être de retour et de retrouver nos amis européens lors des concours organisés sur le continent. Avec un peu de chance, la situation va revenir un peu à la normale cette année. L’atmosphère m’a beaucoup manqué, ainsi que mes amis, et puis je suis soulagé de ne plus devoir voyager aussi loin !

Sean Vard (SV) : Je suis très content d’être de nouveau ici, de revoir mes copains, de retrouver des lieux familiers. Nous avons passé l’hiver aux États-Unis, mais c’est différent d’ici et des Majeurs du Rolex Grand Slam. L’atmosphère dans les écuries fourmillantes d’activité m’a manqué, et je suis ravi de la retrouver enfin. Les grosses épreuves sont toujours une priorité.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

SL : Cela doit être le fait de se rendre des événements extraordinaires dans des pays différents à chaque fois. Que demander de plus ? J’ai vraiment de la chance de faire ça chaque jour, en particulier quand on repart avec de bons résultats. 

SV : Les réveils à l’aube, les longues nuits à conduire dans l’obscurité... Non, je plaisante. J’adore les bons résultats, les poussées d’adrénaline pendant les compétitions, le fait de voir les chevaux progresser. Et puis en cas de victoire, on vit des moments inoubliables.

Parlez-nous un peu des chevaux dont vous vous occupez...

SL : Je suis fou de Tobago [Scuderia 1918 Tobago Z]. Il a beaucoup de caractère, il est généreux, il ne pose pas de difficultés à son groom. Mais on a aussi d’autres chevaux de talent dans nos écuries, que je traite exactement de la même façon que Tobago. Le plus prometteur d’entre eux est sans doute Mr Jones [Scuderia 1918 Mr Jones]. Il a un coup de rein extraordinaire. À mon avis, il a tout pour être très spécial.

SV : On a tout un groupe de très bons chevaux, avec en tête Clooney bien sûr. Ce dernier est un personnage bien particulier : il nous fait tout le temps rire, j’adore passer du temps avec lui. On a aussi The Sinner, un vrai clown, et Leone [Leone Jei], une jeune recrue qui nous vient de Stal Hendrix et qui a aussi beaucoup de personnalité.

Quels sont vos objectifs pour 2021 ? Qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

SL : Comme tout le monde, on a pour objectif principal les Jeux de Tokyo. Ce serait formidable d’être médaillés.

SV : J’aimerais qu’on gagne un Rolex Grand Slam et une médaille à Tokyo, mon rêve !

Quelle est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et pourquoi ?

SL : Le CHIO d’Aix-la-Chapelle. L’ambiance y est spéciale, différente de tous les autres concours. On ne la retrouve nulle part ailleurs. Je travaille aussi pour un cavalier allemand, alors évidemment ce Majeur est d’autant plus spécial à nos yeux.

SV : Le CHI de Genève, pour des raisons évidentes. Mais j’adore aussi le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le The Dutch Masters. Et Spruce Meadows. En fait, je les aime tous ! Je suis vraiment obligé de choisir ?

Kent Farrington (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Kent Farrington (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Interview de cavalier avec:

Kent Farrington

 

L’Américain Kent Farrington, Témoignage Rolex, ancien prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping et actuel numéro sept mondial, nous dévoile ses projets pour 2021, sa stratégie pour le Rolex Grand Prix du The Dutch Masters et les leçons tirées de l’année écoulée.

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Nous venons de passer une année démente. Je suis donc heureux de retrouver une activité plus ou moins normale ainsi que la compétition. Mes objectifs sont les mêmes qu’avant : les Majeurs du Rolex Grand Slam. Et si les Jeux olympiques ont lieu sans encombre (croisons les doigts), ce sera là aussi l’un des grands rendez-vous de l’année.

Où étiez-vous les six derniers mois, et quels chevaux avez-vous montés en concours pendant cette période ?

J’ai travaillé dur ! J’ai essayé de maintenir en forme mes chevaux les plus expérimentés, de sorte qu’ils soient prêts à reprendre la compétition à tout moment. Et j’ai également chez moi un groupe de jeunes chevaux en formation. J’ai participé au Winter Equestrian Festival à Wellington, qui heureusement a pu avoir lieu cette saison. Comme je vis là-bas et que j’y ai une écurie, j’ai pu concourir pas mal de fois ces derniers mois.

Quels chevaux avez-vous amenés avec vous au The Dutch Masters ?

Je suis accompagné de Creedance et d’Austria, deux chevaux qui ont de la bouteille, en particulier en intérieur. Ils ont tous deux exclusivement concouru en extérieur aux États-Unis récemment, mais étant donné leur expérience, cela ne devrait pas poser de problème.

Que ressent-on lorsqu’on arrive à un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

De l’excitation, d’abord. Je suis heureux qu’il ait pu avoir lieu. J’étais sur les starting-blocks en 2020, et j’ai été très déçu lorsque cette édition a dû être annulée. Mais je suis là aujourd’hui, prêt à concourir. Les Majeurs du Rolex Grand Slam sont toujours très convoités par les cavaliers de haut niveau, et le format crée une motivation supplémentaire. Ceci dit, je veux toujours gagner, quelle que soit la compétition !

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

Plusieurs choses se sont confirmées dans mon esprit : j’adore mon métier, et je suis toujours passionné par le saut d’obstacles et par mes chevaux. Je suis aussi entouré d’une équipe formidable. Et durant les aléas des derniers mois, ces deux choses sont restées immuables, ce qui m’a conforté dans l’idée que c’était vraiment ce que je voulais faire.

Jack Whitaker (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Jack Whitaker (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Jack Whitaker victorious at the Audi Prize

 

Le Prix Audi, épreuve phare du deuxième jour du The Dutch Masters 2021, s’est tenu aujourd’hui, et au total, quarante-et-un couples provenant de 15 pays différents se sont présentés au départ de ce parcours d’1,55 m. Répondant à l’appel, les plus grandes vedettes du saut d’obstacles, notamment Philipp Weishaupt, ancien Prétendant au Rolex Grand Slam, Jack Whitaker, l’étoile montante du sport, 20 ans à peine, et l’Américaine Laura Kraut qui affiche actuellement une forme éclatante. Bref, une belle brochette de talents, sûre d’en mettre plein la vue aux fans de saut d’obstacles du monde entier regardant le concours en ligne ou à la télévision.

Parti en 11e position, Kevin Staut, Témoignage Rolex, et Visconti Du Telman, sa jument baie de 12 ans, ont pourtant été les premiers à décrocher un sans-faute. Ce qui nous a immédiatement confirmé, si d’aucun en doutait, que les 13 obstacles pour 16 efforts dessinés par Louis Konickx, le chef de piste, allaient donner du fil à retordre aux compétiteurs. Le Français sera vite rejoint dans le groupe des qualifiés au barrage par Scott Brash, autre Témoignage Rolex et seul vainqueur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’histoire. Ce dernier a guidé sans effort apparent sa monture âgée de 12 ans, l’étalon Hello Vincent, tout autour de la superbe piste du Brabanthallen. Steve Guerdat, le Suisse actuellement en tête du classement mondial et Témoignage Rolex, a lui aussi réalisé un brillant sans-faute pour aller rejoindre les dix autres cavaliers accédant au barrage.

Deuxième au départ du barrage, un parcours ardu de sept obstacles, Brash a été le premier de ces cavaliers à s’adjuger un double sans-faute. Un rythme enflammé et une précision sans faille lui ont permis d’arrêter le chronomètre à 36,16 secondes, un temps difficile à battre. Seuls deux autres cavaliers, le Brésilien Marlon Modolo Zanotelli et l’Allemand Christian Kukuk, ayant réussi à signer un double sans-faute, l’Écossais semblait certain de remporter la victoire. Cependant, c’était sans compter sur Jack Whitaker. En selle sur Scenletha, sa jument à la robe noire, l’Anglais a eu la témérité de venir grappiller 0,37 secondes à Brash. Et s’il a ensuite dû regarder le passage de Kent Farrington avec appréhension, il a vite été rassuré : l’Américain n’a pas réussi à lui arracher la victoire et a fini deuxième sur le podium.

« C’est formidable !, a déclaré le vainqueur, ravi. Tout le monde vient ici pour gagner, moi compris. Mais avec tous les cavaliers de talent présents aujourd’hui, c’est hallucinant d’y être arrivé. Je ne sais pas quoi dire, je suis trop content !

C’est ma première victoire en 5*, je n’arrive pas trop à réaliser. Mais bon, je suis aussi venu ici pour ça. Il a suffit d’attendre le bon jour, et c’était aujourd’hui.

Scenletha est une jument exceptionnelle. Elle a un très bon tempérament et fait toujours de bons résultats, mais elle est aussi fougueuse. Ce soir, je la remercie car elle a vraiment tout donné. Elle aura droit à plein de câlins et de pastilles de menthe tout à l’heure !

Je voudrais également remercier la Young Riders Academy qui m’a permis d’être ici aujourd’hui. J’espère que celle-ci continuera de soutenir les jeunes cavaliers comme moi. »

Laura Kraut (Photo: Rolex Grand Slamp / Peggy Schröder) Laura Kraut (Photo: Rolex Grand Slamp / Peggy Schröder)

Interview de cavalière avec:

Laura Kraut

 

Championne par équipes aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, l’Américaine Laura Kraut reconnaît qu’elle a eu la chance d’avoir pu concourir tout l’hiver sous le soleil. Elle nous dévoile ses ambitions pour Tokyo 2020, et nous révèle les particularités de Confu, le hongre gris de 14 ans qui l’accompagne fidèlement depuis plusieurs années.

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Mon objectif principal cette année est de confirmer ma place dans l’équipe olympique des États-Unis pour Tokyo. D’ici à juillet, lorsque l’équipe sera annoncée, tous mes efforts iront vers une sélection. Ensuite, Aix-la-Chapelle et Barcelone seront dans le viseur, ainsi que toute autre compétition qui me tente en chemin !

Où étiez-vous les six derniers mois, et quels chevaux avez-vous montés en concours pendant cette période ?

Je vais faire des envieux, mais j’ai passé le plus clair de mon temps au Winter Equestrian Festival en Floride, où il a fait très beau. En plus de Confu, qui m’accompagne ici au The Dutch Masters, j’ai aussi fait travailler d’autres très bons chevaux, comme Goldwin, un hongre de neuf ans au super tempérament, ou Baloutinue, mon petit nouveau de 11 ans. J’ai hâte de voir ce qu’ils sont capables de faire !

Confu est mon préféré. Il a toutes les qualités d’un cheval de très haut niveau. D’ailleurs, il le sait et il est complètement imbu de sa personne. C’est toujours un plaisir de l’emmener quelque part, et puis il aime les épreuves en intérieur. Je suis donc relativement optimiste.

Que ressent-on à l’idée de disputer le The Dutch Masters, un des quatre Majeurs du Rolex Grand Slam ?

J’étais absolument ravie d’apprendre que j’avais été acceptée. J’ai fait ma demande au moment où les organisateurs ont décidé de reporter le concours, quand j’ai réalisé que je serai libre à ce moment-là. Ceci dit, je n’étais pas sûre d’être invitée, je suis donc enchantée.

Maintenant que le The Dutch Masters est enfin là, comment décririez-vous votre forme actuelle ?

Je n’ai pas du tout le trac. Je suis en bonne forme, et comme j’ai eu toutes les libertés en Floride, j’ai peut-être davantage de compétitions à mon actif que d’autres cavaliers cette saison. Mais rien n’est jamais facile, et dimanche sera une grande occasion. Dans tous les cas, je suis aussi bien préparée que possible.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Bien sûr, le Rolex Grand Slam est une formidable initiative. Remporter un tel prix est un incroyable défi, reconnu partout dans le monde et convoité jusqu’aux États-Unis. Les fans de saut d’obstacles américains connaissent tous le Rolex Grand Slam, et partout où je vais, mes supporters savent qu’une récompense comme celle-là serait la cerise sur le gâteau.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

Durant l’année qui vient de s’écouler, j’ai appris que les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Les cavaliers de saut d’obstacles passent leur temps à planifier leur emploi du temps et savent normalement où ils seront dans le monde six mois à l’avance. Mais avec le coronavirus, il a fallu composer et prendre chaque jour après l’autre. Au fur et à mesure que la frustration initiale s’est apaisée, on a appris à être patients et à supporter le fait que nos efforts ne porteraient pas forcément leurs fruits. J’ai fini par m’adapter aux situations sur lesquelles je n’avais aucune emprise. Si les événements avaient lieu, tant mieux, et dans le cas contraire, ce n’était pas désastreux.

Marcel Hunze (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Marcel Hunze (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

En dépits de la frustration ressentie lors de l’annulation forcée de l’édition 2020 du The Dutch Masters pour cause de coronavirus, Marcel Hunze, directeur de l’événement, nous raconte son soulagement d’avoir pu enfin ouvrir les portes de son concours. Il nous explique les raisons pour lesquelles il pense que le Rolex Grand Slam permet de faire évoluer le saut d’obstacles dans le bon sens et nous dévoile son pronostic d’arrivée pour le Rolex Grand Prix de dimanche.

 

Vous avez dû être extrêmement déçu lorsque le Dutch Masters a été annulé pour cause de coronavirus l’an dernier, puis reporté une nouvelle fois il y a quelques semaines en raison du virus équin EHV-1. J’imagine que vous êtes ravi qu’il ait enfin lieu ?

Nous sommes enchantés de pouvoir enfin ouvrir nos portes aux cavaliers. Le coronavirus nous avait déjà forcés à annuler le The Dutch Masters en mars 2020, une heure à peine avant le début des épreuves. Et en mars de cette année, rebelote : le virus équin EHV-1 nous est tombé dessus sans prévenir. Mais nous ne nous sommes pas laissés décourager pour autant, et nous voilà enfin en mesure d’accueillir l’événement en intérieur fin avril 2021. Les cavaliers sont ravis, tout comme nous : quel plaisir d’être là !

Quels efforts avez-vous dû faire avec votre équipe pour rendre cet événement possible ?

La préparation n’était pas du tout la même cette année. D’habitude, nous essayons d’attirer le maximum de spectateurs, mais cette année, nous avons dû les repousser ! Pour répondre aux exigences des protocoles de sécurité liés à la Covid-19 et à l’EHV-1, nous avons dû modifier tous les aménagements usuels à deux reprises, après que le concours ait été reporté en raison du virus équin. Mais grâce aux efforts d’une équipe dynamique et pleine d’entrain, nous sommes finalement arrivés au but.

Que rêvez-vous de voir cette année dans le monde du saut d’obstacles ?

J’espère sincèrement que le The Dutch Masters marque le début de la saison pour le saut d’obstacles et que tous les grands événements puissent ensuite avoir lieu sans encombre cette année. Ce n’est pas une mince affaire d’organiser un Majeur dans les circonstances, mais j’aimerais que les autres concours du Rolex Grand Slam of Show Jumping puissent nous emboîter le pas.

Le partenariat avec Rolex et le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le The Dutch Masters, à votre avis ?

Absolument, nous sommes très fiers de faire partie du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Dès le départ, nous avons eu pour ambition de devenir le quatrième événement de la série. Sans Rolex et nos autres partenaires, il aurait été impossible d’organiser cette édition spéciale du the Dutch Masters. Nous leur en sommes donc très reconnaissants pour le soutien indéfectible qu’ils nous apporte en dépit des circonstances. Grâce à leur aide, nous accueillons cette semaine à Bois-le-Duc des compétiteurs de très haut niveau, y compris les cinq meilleurs cavaliers mondiaux.

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

Il faut un an pour préparer le The Dutch Masters, qui fait appel à de nombreuses compétences à tous les niveaux. Tous les acteurs de l’événement doivent donc se réunir et travailler ensemble sans accrocs. Mon rôle à moi est de faire en sorte que tout le monde soit satisfait, notamment les cavaliers, le public et les sponsors. C’est un travail passionnant.

À votre avis, qui est le mieux placé pour remporter le Rolex Grand Prix ce dimanche ?

Si je devais parier, je miserais sur Steve Guerdat, le numéro un mondial !

Daniel Deusser (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder ) Daniel Deusser (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder )

Victoire pour Daniel Deusser!

 

Moment culminant de cette première journée du The Dutch Masters 2021, le Prix VDL Groep a réuni 41 couples de renom. Parmi eux, on retrouvait 13 des 20 meilleurs cavaliers au classement mondial, notamment le Suisse Steve Guerdat, numéro un mondial et Témoignage Rolex, Pieter Devos, cavalier belge et numéro six mondial, ou Kent Farrington, autre Témoignage Rolex pour les couleurs des États-Unis et septième du classement mondial de saut d’obstacles.

Louis Konickx, le chef de piste hollandais, a conçu sur la piste principale du Brabanthallen un parcours constitué de 13 obstacles d’1,55 m, à l’issue duquel 10 couples se sont qualifiés pour le barrage. L’Allemand Christian Kukuk, accompagné de son hongre gris Checker 47, a réalisé le meilleur temps lors de la première manche (71,29 secondes). Il est rejoint au barrage par des cavaliers de six pays différents, dont deux Néerlandais, Kim Emmen et Marc Houtzager. Le bras de fer final sera donc très international.

Deuxième au départ du barrage, Kim Emmen et son étalon de 12 ans, Jack van het Dennehof, donnent l’allure. Mais ce sera finalement Daniel Deusser, surnommé « Double D », médaillé de bronze par équipe à Rio en 2016, qui empochera la victoire sur Casallvano, un hongre de 12 ans lui aussi. La clé de la réussite ? Un sans-faute fluide sur les sept obstacles du barrage en 35,66 secondes.

Ayant trouvé le parcours à première vue difficile pendant la reconnaissance, le cavalier allemand âgé de 40 ans s’est dit « surpris du nombre de sans-faute à l’issue de la première manche » et enchanté de sa victoire. « Ma stratégie une fois arrivé au barrage était simple : gagner l’épreuve à tout prix, a-t-il ajouté. Je suis très fier de mon cheval ce soir, il a pris toutes les trajectoires parfaitement.

Casallvano a beaucoup de moyens. Il peut se montrer un peu timide à l’entrée sur la piste, mais ça peut lui servir quand il s’agit de respecter l’obstacle. L’avantage est qu’il est toujours très rapide. Il nous est arrivé, durant les deux dernières semaines, de tourner plus tôt ou plus tard que prévu, mais aujourd’hui tout s’est parfaitement passé. Je suis fier de nous.

Étant donné les circonstances actuelles, c’est incroyable d’être là. Les organisateurs et les sponsors ont fait un travail extraordinaire pour nous permettre de remettre le pied à l’étrier.

Dimanche, lors du Rolex Grand Prix, je viendrai accompagné de Scuderia Tobago [Scuderia 1918 Tobago Z]. Il est en pleine forme et on a eu de très bons résultats à Wellington il y a quelques semaines, j’espère donc continuer dans la même veine lors de l’épreuve de dimanche. »

Jack Whitaker (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Jack Whitaker (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Rencontrez la nouvelle génération avec:

Jack Whitaker

 

Jack, le dernier héritier en date de la dynastie Whitaker, nous a accordé de son temps pour nous confier son enthousiasme à la perspective de disputer, à l’âge de 19 ans seulement, son premier Majeur du Rolex Grand Slam à Bois-le-Duc. Nous lui avons également demandé ce qu’il aimerait accomplir cette année et si après avoir passé l’hiver en Europe, il était satisfait de sa forme physique et de celle de ses chevaux.

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

J’espère pouvoir me rendre à autant de concours 5* que possible. La Coupe des nations revêt une importance particulière à mes yeux, et j’aimerais y faire une bonne performance. Et puis ce serait formidable d’être invité à d’autres Majeurs du Rolex Grand Slam.

Vous avez passé l’hiver en Belgique, en Espagne et au Portugal. Vos chevaux sont-ils prêts à affronter la concurrence au The Dutch Masters ?

Absolument, ils sont en superbe forme physique : l’épidémie de coronavirus a eu pour avantage que j’ai tout à coup eu beaucoup de temps à leur consacrer, ce qui a permis de travailler cet aspect-là. J’ai passé tout l’hiver à disputer des concours en extérieur en Espagne et au Portugal, alors bien sûr il va falloir que l’on s’adapte à la piste en intérieur, mais je suis au mieux de ma forme.

Que ressentez-vous à l’idée de concourir dans un Majeur du Rolex Grand Slam ? Êtes-vous impatient ou plutôt appréhensif ?

Je suis très impatient. Lorsque j’ai reçu l’invitation des organisateurs du The Dutch Masters, j’étais absolument ravi. J’ai participé aujourd’hui à la première épreuve du concours sur Haya Loma N, je ressens donc moins d’appréhension désormais. Ceci dit, cela va peut-être changer dimanche avant le Rolex Grand Prix ! J’ai prévu de participer à l’épreuve en compagnie de Valmy De La Lande, mon étalon de 12 ans, qui est ma monture de tête ces six derniers mois, et avec qui j’ai disputé tous mes Grands Prix. Espérons qu’il soit bien en forme dimanche !

Le format du Rolex Grand Slam vous donne-t-il encore plus envie de faire preuve des meilleures performances possibles ?

Bien évidemment, mais je tente de voir cette épreuve comme n’importe quel autre Grand Prix. Ceci étant, les Majeurs du Rolex Grand Slam sont particulièrement prestigieux à mes yeux, je vais donc tout donner. Dimanche, au moment d’entrer sur la piste, j’aurai sûrement un petit frisson supplémentaire à l’idée qu’il s’agit d’un Rolex Grand Prix. Et la victoire sera plus tentante que jamais.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 derniers mois? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

J’ai appris à quel point il est important d’être positif, de garder confiance et de continuer à cultiver un mental de gagnant lorsqu’on est confronté aux aléas de la vie. L’objectif ultime étant de rester serein !

Louis Konickx (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Louis Konickx (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Le tour de piste avec:

le chef de piste Louis Konickx

 

Dès l’âge de 15 ans, Louis Konickx aidait déjà à l’organisation de parcours de saut d’obstacles. Désormais, et depuis 2008, il est le chef de piste officiel du Dutch Masters (Indoor Brabant). Il nous parle ci-dessous de l’avenir du saut d’obstacles tel qu’il en rêve pour 2021, du Rolex Grand Prix de dimanche et des raisons pour lesquelles il adore son travail.

Vous avez dû être déçu lorsque le Dutch Masters a été annulé pour cause de coronavirus l’an dernier, puis reporté il y a quelques semaines en raison du virus équin EHV-1. J’imagine que vous êtes ravi qu’il ait enfin lieu ?

Absolument ! Après cette longue période sans compétition, et ce report récent, je redoutais une énième annulation. Mais ce ne sera pas le cas, et je suis soulagé et heureux d’être ici. Évidemment, c’est dommage de ne pas voir les fans dans les tribunes, car il règne toujours une atmosphère formidable avec eux. Mais maintenant que la piste est prête, le suspens commence à se faire sentir, et j’espère que ça se traduira à l’écran de la même façon.

Que rêvez-vous de voir cette année dans le monde du saut d’obstacles ?

Tout le monde espère bien sûr que les Jeux olympiques auront lieu comme prévu, et que les cavaliers et chevaux auront le temps de s’y préparer, comme ils ont pu le faire ici au Dutch Masters. La grande piste du Brabanthallen accueillera nombre de cavaliers émérites, et la concurrence devrait être féroce, en dépit des circonstances. J’espère que d’autres concours de saut d’obstacles auront lieu eux aussi, car cela aidera les concurrents à se préparer pour Tokyo 2020.

Quel rôle jouent les partenaires et sponsors du Dutch Masters, tels que Rolex, dans l’organisation et le déroulement réussis de l’événement ?

Ils jouent un rôle primordial ! Ils sont étroitement associés à tous les aspects du concours. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont décidé de nous accompagner au départ : ils font véritablement partie de l’équipe. Ils comprennent bien les difficultés que pose la situation actuelle et à quel point les cavaliers souhaitent se remettre à la compétition. Sans eux, le saut d’obstacles de très haut niveau n’existerait pas.

Ce qui vous plaît le plus dans le métier de chef de piste... ?

J’adore la créativité qu’exige ce métier. Je trouve ça fascinant de devoir réfléchir au parcours que je souhaite créer, à l’aspect visuel et pratique pour les concurrents, et aux différentes manières d’utiliser tous les coins de la piste. Je n’aime ni la routine, ni la facilité. Tous les parcours que je crée sont donc différents. Je souhaite toujours offrir quelque chose de nouveau ou d’inattendu.

Parlez-nous un peu du parcours qui attend les cavaliers au Rolex Grand Prix ce dimanche...

Nous avions toujours sous la main le parcours que nous avions mis sous cloche l’an passé ! Puis j’ai reçu un message pour me dire que la piste serait beaucoup plus grande cette année. Heureusement, j’ai été en mesure de garder le même plan que pour 2020, tout en l’ouvrant un peu pour l’adapter au nouvel aménagement. Le parcours qui en résulte est, je trouve, très réussi.

Combien de sans-fautes pensez-vous voir au Rolex Grand Prix de dimanche, et quel cavalier sera à votre avis couronné vainqueur ?

Avant tout, j’aime voir une épreuve exaltante où les chevaux font preuve de bonnes performances personnelles. C’est toujours bien d’avoir six cavaliers au barrage, mais le nombre de qualifications dimanche dépendra de la manière dont ils gèreront certains petits détails du parcours. Il suffit de mal calculer son approche ou de dépasser le chronomètre d’une seule seconde pour rater sa chance de participer au barrage. On peut ainsi facilement passer de 10 couples à six. En ce qui me concerne, un barrage à six serait l’idéal. Plus de dix cavaliers, et le suspens est moins palpable.

Pour remporter le Rolex Grand Prix de dimanche, il faudra faire preuve de précision, de contrôle et de fluidité et planifier sa stratégie. Je ne vous donnerais pas de nom ! De nombreux cavaliers actuels répondent à ces critères, et nous avons la chance de les voir déployer leurs talents alors profitons-en !

 

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

The Dutch Masters 2021 'Rider Watch'

Les couples à battre lors de The Dutch Masters 2021

 

The Dutch Masters 2021 sera le premier des quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping à avoir lieu cette année. Il se déroulera du 23 au 25 avril à Bois-le-Duc, dans le Sud des Pays-Bas. Après plus d’un an d’incertitudes liées à l’épidémie de COVID-19 et au récent virus équin EHV-1, les organisateurs de l’événement sont ravis de pouvoir accueillir de nouveau cette année bon nombre des meilleurs couples du saut d’obstacles. Ceux-ci s’affronteront pendant trois jours sous le toit du Brabanthallen, légendaire centre de congrès.

Comme les trois autres Majeurs constituant le Rolex Grand Slam (CHIO d’Aix-la-Chapelle, CSIO Spruce Meadows 'Masters' et CHI de Genève), The Dutch Masters aura pour apogée le Rolex Grand Prix. Le dimanche, les cavaliers les plus en vue de la discipline (dont 15 des 20 meilleurs cavaliers au monde actuels) se disputeront le titre de Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les couples à battre

Six témoignages Rolex seront présents à The Dutch Masters 2021. Parmi eux, le cavalier britannique Scott Brash est le seul ayant jamais remporté trois Majeurs consécutifs, ce qui fait de lui le champion en titre du Rolex Grand Slam of Show Jumping depuis septembre 2015. Brash a passé l’année 2021 à concourir à Doha, la capitale du Qatar, et à Lierre dans le Nord de la Belgique. Il viendra donc à The Dutch Masters dans l’espoir de devenir une fois de plus Prétendant au Grand Slam.

Steve Guerdat, autre témoignage Rolex actuellement classé numéro un au classement mondial, sera également présent. Il a déjà un palmarès impressionnant aux Majeurs Rolex : ayant remporté la victoire au Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2013 et en 2015, le cavalier suisse tentera d’ajouter The Dutch Masters à sa longue liste de trophées.

Gagnant du Rolex Grand Prix du CHI de Genève en décembre 2019, et fort de sa position au troisième rang du classement mondial et de son statut de témoignage Rolex, Martin Fuchs est le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le cavalier suisse a passé la plus grande partie de l’année 2021 au Winter Equestrian Festival de Floride, aux États-Unis, en compagnie de Clooney 51 et Leone Jei, ses deux hongres gris. Il fera tout ce qu’il peut pour conserver sa position de Prétendant au titre lors du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ de septembre.

Jeroen Dubbeldam, médaillé d’or en individuel aux Jeux équestres mondiaux de la FEI 2014 et chouchou du public néerlandais, se rendra à The Dutch Masters en compagnie de Forever SFN, Kennedy Z et Oak Grove’s Carlyle. Si Dubbeldam n’a pas encore réussi à décrocher de Majeur, le témoignage Rolex rêve sans aucun doute d’un bon résultat lors du Rolex Grand Prix du dimanche. Dubbeldam fait partie de 11 compétiteurs néerlandais au total, qui comprennent aussi Bart Bles, Kim Emmen, Willem Grieve, Marc Houtzager, Kevin Jockems, Johnny Pals, Harrie Smolders (ancien numéro un mondial), Leopold van Asten et Jur Vrieling.

Kent Farrington, autre témoignage Rolex, et sa compatriote Laura Kraut seront les seuls cavaliers en provenance des États-Unis à The Dutch Masters cette année. Ayant déjà remporté deux Majeurs (le CHI de Genève en 2017 et le CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2019), Farrington emmènera à Bois-le-Duc son hongre Creedance et sa jument Austria 2. Actuellement classé septième au classement mondial, il a l’expérience et le savoir-faire requis pour décrocher la victoire au Rolex Grand Prix le dimanche.

La France, elle, se verra représentée par quatre cavaliers de renommée mondiale, dont Kevin Staut, témoignage Rolex. Champion d’Europe en 2009, et actuellement 21e mondial, Staut viendra à The Dutch Masters accompagné de trois montures (Blackonda, Viking d'la Rousserie et Athos des Genêts), et aura pour objectif d’ajouter un Majeur à son impressionnant palmarès.

Parmi les autres cavaliers à ne pas sous-estimer cette année, on trouvera le Belge Niels Bruynseels et le Suédois Henrik Von Eckermann, qui pointent respectivement à la 11e et la 17e places au classement mondial de saut d’obstacles. Von Eckermann a déjà été Prétendant au Grand Slam après sa victoire au Rolex Grand Prix à The Dutch Masters 2019 sur Toveks Mary Lou, son exceptionnelle jument alors âgée de 15 ans. Bruynseels, lui, avait remporté l’épreuve un an auparavant lors d’un barrage exaltant sur Gancia de Muze, une jument du même âge.

Il nous faut aussi garder l’œil sur Jack Whitaker, un jeune virtuose de 19 ans venant du Royaume-Uni. Il est bien sûr issu de la célèbre dynastie équestre du même nom et fait partie de la nouvelle génération de cavaliers talentueux. Whitaker arrivera à The Dutch Masters directement de la péninsule hispanique, ayant passé les derniers mois à Vejer de la Frontera en Espagne et à Vilamoura au Portugal.

(Photo: Rolex Grand Slam) (Photo: Rolex Grand Slam)

Une nouvelle application web qui plonge les fans du. Grand Slam au plus près de l'action

Des insights exclusif sur le 'Rolex Grand Slam Live'

Une toute nouvelle application web conçue exclusivement par l’équipe du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et qui permet aux fans de suivre leur cavaliers préférés à l’aide d’un second écran, a été dévoilée avant le Dutch Masters 2021, premier Majeur de l’année.

Grâce à cette appli, appelée « Rolex Grand Slam Live » les passionnés de sports équestres des quatre coins du monde pourront avoir accès en temps réel à d’innombrables données, notamment sur le chronométrage, le nombre de pénalités et l’ordre de départ. Ces informations viennent compléter la diffusion du Rolex Grand Slam en ligne sur le site web ou à la télévision pour une sensation d’immersion complète.

L’application web donne également aux fans accès à d’autres statistiques, comme le pourcentage de chutes de barres ou les temps intermédiaires. Bref, un contenu « second écran » exceptionnel pour les amateurs de sports équestres qui souhaitent tout savoir sur les quatre Majeurs constituant le Rolex Grand Slam of Show Jumping : le Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et le CHI de Genève.

La technologie « Rolex Grand Slam Live » a été développée par une équipe de spécialistes d’Alogo, une société spécialisée dans les outils d’analyse des sports équestres, notamment une gamme de produits de pointe permettant de quantifier les performances des cavaliers.

L’appli web sera gratuite et pourra être vue depuis le lien suivant : https://rolexgrandslam.alogo.io/

(Photo: Rolex Grand Slam) (Photo: Rolex Grand Slam)

Rolex Grand Slam Stats

La différence entre les concours en intérieur et en extérieur

 

Souvent considéré comme le défi ultime de l’univers du saut d’obstacles, le Rolex Grand Slam comprend quatre des concours les plus prestigieux de ce sport, aussi appelés les « Majeurs » : le Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et le CHI de Genève. Il existe cependant une différence fondamentale entre d’un côté le Dutch Masters et le CHI de Genève et de l’autre les concours allemand et canadien : en effet, les premiers se déroulent en intérieur et les seconds en extérieur.

Les pistes intérieures du Dutch Masters’ et du CHI de Genève sont couvertes d’une surface synthétique, tandis que le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ se déroulent en plein air sur une piste en herbe. Pour les non-initiés, ce dispositif est semblable Grand Chelem du tennis, qui propose des tournois sur quatre types de surfaces différentes  : l’Open d’Australie a lieu sur une surface synthétique en dur, Rolland-Garros sur la terre battue, Wimbledon sur le gazon et l’US Open sur un terrain dur en acrylique.

Les pénalités sont calculées de la même manière en intérieur et en extérieur. Mais la vitesse réglementaire à respecter est légèrement différente : 350 m/minute en intérieur, 375 à 400 m/minute en extérieur.

En attendant le Dutch Masters 2021, nous nous sommes entretenus avec deux des plus célèbres chefs de piste au monde, Louis Konickx (Dutch Masters) et Frank Rothenberger (Aix-la-Chapelle). Konickx décide depuis 2008 des défis que devront relever les meilleurs couples cheval-cavalier sur la piste intérieure en synthétique du Brabanthallen à Bois-leDuc. Quant à Rothenberger, depuis qu’il a rejoint l’équipe du Festival mondial des sports équestres (Weltfest des Pferdesports) en 2003, a pour mission de rendre la vie difficile à ces mêmes chevaux et cavaliers sur la grande piste extérieure en herbe du CHIO d’Aix-la-Chapelle.

 

En dehors de la surface elle-même, quelles sont les différences à prendre en compte lorsque l’on crée un parcours intérieur ou extérieur ?

Louis Konickx (LK) : Les pistes intérieures offrent un espace limité : les lignes du tracé se croisent et se recroisent à plusieurs reprises. Bâtir un parcours intéressant et original est donc toujours un défi. Les pistes extérieures offrent davantage de possibilités et d’options, et permettent plus de phases de galop.

Frank Rothenberger (FR) : La surface des pistes extérieures n’est pas toujours parfaitement plane et horizontale, ce qui peut faire que le cavalier a davantage de mal à jauger la distance entre les obstacles, en montée comme en descente. La lumière ambiante peut également poser des difficultés, par exemple si le cavalier ou le cheval à le soleil dans les yeux ou si les projecteurs créent des zones d’ombre. Je dois donc être conscient de tous ces éléments lors que je construis un parcours. Et puis l’une des différences les plus importantes est bien sûr la taille de la piste. Sur les grandes pistes extérieures, comme celles du CHIO d’Aix-la-Chapelle ou du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, le chef de piste peut se montrer beaucoup plus créatif lorsqu’il dessine le tracé, et les parcours sont en général plus rapides.

(Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton) (Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton)

Quelles difficultés pouvez-vous rencontrer lors de la construction d’un parcours ?

LK : Les pistes intérieures ont toutes une forme et une disposition dans l’espace plus ou moins identiques.  Les types d’obstacles choisis et les décorations donnent au parcours sa pointe d’originalité. Lorsque je prépare un concours, je fais très attention à ces aspects-là et je tente de créer un tracé complexe ou difficile à négocier. Ce n’est pas facile de penser un parcours, intérieur ou extérieur, qui donnera du fil à retordre aux incroyables couples cheval-cavalier qu’on voit évoluer aujourd’hui. Pour moi, la pression est plus intense pour les concours en intérieur, car il faut travailler très vite en raison de la rapide succession des épreuves qui s’y déroulent. Et puis la présence d’un public enthousiaste dans une salle bondée offre quand même une atmosphère sans pareille.

FR : Quant à moi, je trouve que la création de parcours extérieurs est un vrai défi : il faut vraiment que je déploie toute mon imagination. Sur les pistes extérieures, les dénivelés peuvent servir à bâtir un tracé technique, en montée comme en descente. C’est là la difficulté, mais c’est ce qui fait la spécificité et l’intérêt du parcours.

 

Quels facteurs sur lesquels vous n’avez aucun contrôle doivent entrer en compte dans la construction du parcours ?

LK : Le chef de piste espère à chaque fois créer le suspens lors de la compétition, grâce à plusieurs sans-faute dans la deuxième moitié des compétiteurs. Mais s’il y a déjà un ou deux sans-faute parmi les dix premiers cavaliers, le public saura que le parcours n’est pas assez difficile. Quand c’est le cas, ça gâche quelque peu le suspens.

FR : La météo a également un impact très important sur le type de parcours que je construis pour l’extérieur. En cas d’intempéries, nous essayons de faire en sorte que les cavaliers ne soient pas obligés de prendre des virages serrés, pour éviter que les chevaux ne glissent. Selon le temps qu’il fait, il est aussi essentiel de réfléchir aux distances entre les combinaisons, qu’il faut calculer de manière encore plus précise que sur les pistes en intérieur.

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Intrerview du prétendant au Rolex Grand Slam avec:

Le vainqueur du CHI de Genève 2019 et témoignage Rolex, Martin Fuchs

 

Victorieux au Grand Prix du CHI de Genève en décembre 2019 et numéro trois mondial actuel, Martin Fuchs se retrouve aujourd’hui en position de prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le cavalier suisse ne rêve désormais que d’une chose : remporter le Dutch Masters, premier Majeur de l’année 2021, qui se tiendra à Bois-le-Duc aux Pays-Bas du 23 au 25 avril. Lors de notre entretien, Martin Fuchs nous a parlé de ses projets pour 2021, des chevaux qu’il a hâte de faire concourir et de son état d’esprit à l’approche du Dutch Masters.

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Le plus gros objectif cette année, c’est évidemment les Jeux olympiques de Tokyo. Remporter une médaille aux Jeux, c’est bien sûr l’objectif ultime. L’autre rêve serait de remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping, étant donné que je suis actuellement prétendant au titre. Les quatre Majeurs du Grand Slam sont déjà d’ordinaire les concours les plus importants, mais cette année pour moi revêt une importance particulière.

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?

J’ai bien sûr très envie de monter Clooney 51, ma monture principale, mais j’ai aussi d’autres chevaux très prometteurs. J’ai eu le plaisir de monter Leone Jei, qui a maintenant neuf ans, pour son premier 5* à Wellington. Par conséquent, il participera cette année à certaines épreuves de la Coupe de nations FEI. Chaplin, mon étalon, est à la saillie en ce moment, et pour la première fois de sa carrière, nous l’avons envoyé à l’écurie Team Nijhof. Mais il sera de retour en suisse pour concourir avec moi très bientôt. J’ai aussi Sinner, avec qui j’ai gagné la Coupe du monde à Londres, qui participera sans aucun doute à certains concours 5*. Enfin, j’ai deux ou trois jeunes chevaux que j’ai hâte de monter en 2*, entre deux concours 5*.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

J’ai appris que j’ai du plaisir à faire d’autres choses en dehors de l’équitation, et je n’ai pas besoin de me rendre à un événement différent chaque semaine. J’ai passé du temps avec mes proches, ce que je fais souvent sur la route d’habitude, mais chez moi cette fois. J’en ai aussi profité pour me poser (et me reposer).

Vous avez remporté le Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2019, ce qui fait de vous le prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Est-ce une motivation de plus pour décrocher le Rolex Grand Prix du Dutch Masters cette année ?

Être le prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping est une grande source d’excitation, mais j’essaie autant que possible d’envisager cela avec sérénité. Quand je monte Clooney 51 au meilleur niveau, j’essaie toujours de gagner, et à chaque Majeur auquel je participe, je fais tout pour être au sommet de ma forme. Je vais donc préparer ce concours comme n’importe quel autre, même si évidemment l’idée que je pourrais remporter deux Majeurs de suite me traverse l’esprit de temps de temps.

Le Rolex Grand Slam a-t-il été selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Oui, je trouve que la création du Rolex Grand Slam a été très bénéfique au saut d’obstacles. On se rend vite compte que tous les cavaliers d’élite prévoient d’y emmener leur meilleur cheval. Les quatre Majeurs sont aussi bien répartis dans l’année, ce qui permet de venir à chaque fois avec sa monture favorite. N’importe quel cavalier ayant participé à un Majeur vous dira que le niveau de compétition garantit un spectacle inégalé. 

Willy Wijnen and Ben Maher Willy Wijnen and Ben Maher

Secrets d'éleveur avec:

Willy Wijnen

 

Dans cette édition, nous nous entretenons avec Willy Wijnen, élu Meilleur éleveur KWPN de l’année. Willy a notamment produit Explosion W (Chacco-Blue x Baloubet du Rouet), le formidable hongre du cavalier britannique Ben Maher.

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

Quand j’étais petit, mon grand-père, qui était dans l’armée, a commencé à travailler avec des chevaux. Mais il s’agissait de chevaux de labeur, pas de dressage ou de saut d’obstacles. Je n’ai pas de souvenir précis, mais je me souviens de cette époque où les chevaux ont commencé à faire partie de ma vie, quand j’avais huit ans environ, par le biais de mon grand-père. Les chevaux sont toute ma vie, et cela depuis aussi loin que je me souvienne.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Le plus beau moment de ma carrière équestre est sûrement le championnat national d’Utrecht, quand Barina avait quatre ans. Elle a fini en troisième place, mais j’étais incroyablement fier, vu que mon élevage était encore modeste à l’époque. C’est Marianne Van Rixtel qui l’a conduit au podium ce jour-là. Elle et Barina ont toutes les deux réalisé une performance extraordinaire, d’autant plus que la jument concourait à la fois en dressage et en saut d’obstacles.

Comment vous-êtes vous intéressé à l’élevage de chevaux ?

En raison de son talent exceptionnel, je voulais faire pouliner Barina. J’ai investi beaucoup de temps et d’argent à chercher les meilleurs étalons. Je suis allé à des présentations en Hollande, en Allemagne, en France... Je voulais absolument trouver le bon cheval, celui dont les qualités viendraient complémenter celles de Barina.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment se passe l’élevage de chevaux de saut d’obstacles de haut niveau ? Par où commencer, comment décider d’un croisement, etc. ?

La première question à se poser était de savoir si l’étalon correspond bien à la lignée de Barina, et de regarder plus avant sa propre lignée maternelle. L’étalon lui-même est important, mais la lignée maternelle l’est encore plus, à mon sens.

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Oui, c’est arrivé, on n’a pas toujours le résultat qu’on attend. Je reçois souvent des appels téléphoniques de personnes qui souhaitent mes conseils sur quel étalon choisir pour leur jument, mais je ne peux pas les aider sans connaître intimement cette jument. Les poulinières sont toutes différentes. C’est donc impossible de savoir comment les croiser sans connaître leurs lignées. En ce qui concerne Barina, elle a mis bas à une importante progéniture: 17 poulains et pouliches dont neuf d’entre eux ont déjà évolué à haut niveau en dressage et saut d’obstacles, et d'autres sont devenues de très bonnes poulinières. Elle a également produit cinq étalons agréés.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

J’ai un point de vue très précis sur chaque cheval, mais je commence par le regarder dans les yeux et par étudier sa base et son équilibre. Cela m’aide à décider si le cheval et le cavalier se correspondent.

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant de rejoindre ses nouveaux propriétaires ?

Au départ, quand j’ai monté ma société, beaucoup de poulains partaient immédiatement vers leur nouveau propriétaire, car je n’avais pas le temps de m’en occuper. Mon activité était axée sur l’élevage, et je n’avais pas le temps de débourrer et développer les chevaux sur le long terme. Mais les choses ont évolué, et j’ai désormais beaucoup plus de temps à leur consacrer. Cela ne m’intéresse plus de les vendre rapidement.

Combien assurez-vous de poulinages par an ?

Six ou sept environ.

De quels chevaux en particulier êtes-vous le plus fier ?

Je suis incroyablement fier du succès d’Explosion W, mais ce n’est pas le seul. J’ai aussi une demi-sœur d’Explosion W, Zarina III, la fille d’Heartbreaker et de Baloubet du Rouet. C’est une poulinière à la progéniture extraordinaire. N’importe quel cavalier aimerait un cheval issu de cette jument.

Le Rolex Grand Slam a-t-il été selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Oui, je pense qu’il est très important pour les cavaliers et le monde de l’équitation en général. Le Rolex Grand Slam est un programme d’exception, aux concours très bien conçus.

Quel est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Aix-la-Chapelle, assurément. J’ai du mal à expliquer pourquoi, mais en gros c’est un concours exceptionnel à tous les niveaux, du personnel aux installations en passant par le spectacle.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant qu’éleveur ?

Ma plus grande ambition est de produire un cheval pour les Jeux olympiques. Chaque éleveur rêve d’avoir un cheval à lui concourir lors des Jeux.

Qui vous a le plus inspiré dans votre carrière ? 

L’élevage VDL, dans le Nord des Pays-Bas, a été une grande source d’inspiration. Certains de mes chevaux y séjournent, dont Liamant W (Diamand de Semmily x Heartbreaker x Baloubet du Rouet), et un jeune étalon nommé Power Blue W (Chacco Blue x  Heartbreaker x Baloubet du Rouet).

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Si vous commencez un élevage, commencez toujours par une bonne lignée, qui comprend beaucoup de chevaux de compétition et de qualité. Cela permet de poser de bonnes bases. La lignée maternelle est l’aspect le plus important à mes yeux, et doit compter pour 60 ou 70 pour cent de vos décisions, le reste allant à l’étalon.

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Entretien avec

Bertram Allen, cavalier irlandais et témoignage Rolex

Sur quoi avez-vous axé vos efforts récemment, et quels sont vos objectifs pour 2021 ?

À cause du Covid-19, presque tous les concours européens ont été annulés. Nous avons donc pris la décision de nous rendre en Floride pour le Winter Equestrian Festival, qui a attiré énormément de monde. Je suis resté là-bas pendant près de trois mois, je viens de rentrer. Je vais donc me reposer un peu dans les semaines à venir.

Ensuite, l’idée est de commencer à m’entraîner et à préparer mes chevaux pour quelques épreuves de la Coupe des nations de saut d’obstacles de la FEI. Je viserai également les Jeux de Tokyo en juillet, puis les Majeurs du Rolex Grand Slam à la fin de l’été.

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?

Pacino Amiro et Harley van den Bisschop sont mes deux montures principales. Harley est déjà plus établi. Il a souffert une blessure l’an passé qui l’a mis hors jeu pendant un moment, mais il est à nouveau en pleine forme et va vite reprendre le rythme.

Pacino Amiro est passé au top niveau à Wellington lors du Winter Equestrian Festival et a même remporté un Grand Prix 5*. On a donc hâte de voir ce qu’il peut faire cette année. Avec un peu de chance, ils seront tous les deux au sommet de leur forme. Si c’est le cas, vous les verrez concourir au plus haut niveau.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Ces quatre concours sont parmi les meilleurs au monde : en remporter un fait partie des principaux objectifs de tout cavalier qui se respecte, moi compris ! Séparément, ce sont déjà des épreuves légendaires. Mais regroupées, elles deviennent encore plus prestigieuses. N’importe quel cavalier de haut niveau vous dira que ce sont les Grands Prix vers lesquels nous tendons nos efforts chaque année. C’est le summum de notre sport, un niveau encore supérieur aux Grands Prix 5* usuels. Inutile de se présenter à un Majeur si vous n’êtes pas sûr de vos capacités et de celles de votre cheval. C’est pour cela que la victoire est si précieuse : elle représente l’apogée de la réussite.

En ce qui concerne le Rolex Grand Slam cette année, nous allons prendre les choses comme elles viennent. Le Spruce Meadows ‘Masters’ et Aix-la-Chapelle sont encore loin. Si Harley van den Bisschop et Pacino Amiro sont en forme, j’aimerais les voir participer à l’une de ces épreuves. Après ça, il sera temps de préparer Genève.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

En tant que cavalier, j’ai l’habitude de concourir presque chaque week-end de l’année. Mais en 2020, les possibilités ont été très limitées. J’ai beaucoup appris, et ces enseignements m’incitent à réduire le nombre de concours auxquels je participe d’habitude. Avant la pandémie, j’avais l’impression de devoir concourir chaque semaine sans m’arrêter. Mais lorsque j’ai eu le recul et le temps nécessaire pour réfléchir à la situation, il est devenu évident que toujours vouloir faire plus n’est pas toujours idéal, pour moi comme pour mes chevaux.

Je vais désormais me concentrer sur les grosses épreuves 5*, ce que me permettra de passer quelques semaines de plus chez moi pour m’organiser. Je pourrai ainsi passer davantage de temps sur nos activités vente et travailler plus souvent nos jeunes chevaux, avec qui je ne passais pas suffisamment de temps par le passé. Comme pour tout dans la vie, il s’agit de trouver le juste équilibre.

Photo: The Dutch Masters/DigiShots Photo: The Dutch Masters/DigiShots

Top 5 world ranking competing

 

La FEI a annoncé officiellement le 30 mars que les compétitions internationales peuvent reprendre à partir du 12 avril. Ceci est une très bonne nouvelle pour l'organisation de The Dutch Masters et c'est désormais le feu vert pour l'organisation de l'événement du 23 au 25 avril.

 

Mesures

Les mesures Covid-19 restent en place pour cette édition de The Dutch Masters qui va se dérouler sans public. La FEI a publié une liste de mesures concernant le virus EHV-1. Evidemment, les organisateurs, accompagnés de l'équipe vétérinaire, vont suivre de très près ces mesures, spécifiquement dans les écuries, où tout sera fait pour éviter les contacts entre les chevaux en plus d'autres mesures. La sécurité des hommes et des chevaux est la priorité

The Dutch Masters/DigiShots The Dutch Masters/DigiShots

 

Des cavaliers de très haut niveau

L'organisation peut toujours compter sur les meilleurs cavaliers au monde. Les numéro 1 et 2 Suisses, Steve Guerdat et Martin Fuchs, seront présent. Le numéro 3, Daniel Deusser, est actuellement en grande forme. Le weekend dernier, le cavalier allemand a remporté le préstigieux $500,000 Rolex Grand Prix au WEF de Wellington, en Floride, avec son étalon star Scuderia Tobago Z, qui sera de la partie aussi à Bois-le-Duc. Le Suedois Henrik von Eckermann, vainqueur du Rolex Grand Prix à la Brabanthallen en 2019, fera le déplacement aussi. Peder Fredricson (SWE) et le Belge Pieter Devos complètent le top 5 mondial. Et bien sûr, tous les meilleurs cavaliers hollandais, dont Harrie Smolders et Jeroen Dubbeldam ont répondu présent. La liste complète des participants sera annoncée bientôt.

Dressage

La crème du dressage est déjà entrain de préparer la saison extérieure pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Une compétition en intérieur est donc peu adaptée pour leurs programmes. C'est pourquoi il a été décidé d'annuler le programme de dressage dans l'édition de cette année. Le programme va être complété par des épreuves supplémentaires de saut d'obstacle qui permettront aux cavalier de se préparer de façon optimale pour le Rolex Grand Prix.

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Le lundi 1er mars la  FEI a annoncé que toutes les compétitions équestres devaient être annulées à  cause de la propagation du Virus Herpes Equin (EHV-1) à Valence, en Espagne. Ceci a amené un grand désarroi parmi les organisateurs de The Dutch Masters, étant obligés de tout stopper de façon instantanée et de trouver une solution. Et ils en ont trouvé une, après de longues consultations avec les différentes association faîtière, les vétérinaires de The Dutch Masters ainsi que la  FEI. The Dutch Masters se déroulera, si les conditions le permettent, du vendredi 23 jusqu'au dimanche 25 avril dans la mythique Brabanthallen de Bois-le-Duc. Tout dépendra de si la situation du Virus Herpes Equin (EHV-1) sera sous contrôle. Les différentes parties prenantes impliquées s'attendent à une maitrise de la situation vers fin-mars. The Dutch Masters suivra avec attention les développement de ces prochaines semaines. La priorité est bien sûr la sécurité et la santé des cavaliers et des chevaux.

La sécurité des chevaux

Les organisateurs sont travaillent sur un protocole pour les chevaux participants, en collaboration avec Prof. Dr. Marianne Sloet van Oldruitenborgh-Oosterbaan de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l'Université d'Utrech et conseillère de la Fédération Équèstre Néerlandaise, ainsi que Randy de Greef, vétérinaire de The Dutch Masters et de la FEI. Le but est d'organiser un événement non seulement sécuritaire sur le plan du coronavirus, mais aussi sur celui du Virus Herpes Equin, et des mesures spécifiques seront prises comme un check-up vétérinaire à l'arrivée, prise de température et potentiellement un tampon nasal pour les chevaux participant à l'événement. Toutes les mesures seront discutées dans les prochaines semaines.

Des cavaliers satisfaits de cette décision

 

Les cavaliers sont satisfait et heureux avec cette nouvelle date. Il y a en ce moment un manque de compétitions de haut-niveau, qui sont si important pour la préparation des cavaliers aux Jeux Olympiques de Tokyo. Les numéro uns mondiaux de saut d'obstacle et de dressage ont confirmés leur participation. La "reine du dressage" allemande Isabell Weth: "Je pense qu'il est admirable de la part de The Dutch Masters de mettre en oeuvre tous les efforts possible pour organiser cet événement, je serai présente!". Le témoignage Rolex Steve Guerdat: "Je suis très heureux que The Dutch Masters, qui fait partie du Rolex Grand Slam, est programmé maintenant pour avril. Il est primordial pour les cavalier de concourir à nouveau à ces niveau et je me réjouis déjà."

L'édition d'avril proposera un programme similaire à celui prévu initialement en mars avec le Majeur du Rolex Grand Slam le dimanche après-midi. Les fans de dressage auront droit aussi à un programme de qualité avec un Big Tour (CDI4*): un Grand Prix et une Reprise Libre en Musique. Toutes les compétitions seront diffusées sur de multiples canaux.

 

Photos: Rolex Grand Slam / Kit Houghton Photos: Rolex Grand Slam / Kit Houghton

ROLEX GRAND SLAM OF SHOW JUMPING – LES DATES DES MAJEURS 2021 ONT ÉTÉ CONFIRMÉES

 

The World Equestrian Festival, CHIO d’Aix-la-Chapelle (REPORTÉ)

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle 2021 a été reporté et se tiendra du vendredi 10 au dimanche 19 septembre. Pour en savoir plus sur le CHIO d’Aix-la-Chapelle 2021, consultez le site https://www.chioaachen.de/

Spruce Meadows ‘Masters’ 

Les dates prévues pour le Spruce Meadows ‘Masters’ 2021 n’ont pas changé. Le concours aura lieu du mercredi 8 au dimanche 12 septembre. Pour en savoir plus sur le Spruce Meadows ‘Masters’ 2021, consultez le site https://www.sprucemeadows.com/

CHI de Genève 

Historiquement installé le deuxième weekend de décembre, les dates prévues pour le CHI de Genève 2021 restent inchangées. Le concours aura lieu du jeudi 9 au dimanche 12 décembre. Pour en savoir plus sur le CHI de Genève 2021. Le concours aura lieu du jeudi 9 au dimanche 12 décembre. Pour en savoir plus sur le CHI de Genève 2021, consultez le site https://www.chi-geneve.ch/

Photo: Spruce Meadows Media Services Photo: Spruce Meadows Media Services

Interview exclusive avec le cavalier belge Olivier Philippaerts

 

Qu’avez-vous de prévu pour le reste de l’année, et qu’aimeriez-vous accomplir à l’avenir ?

Je voudrais gagner un autre 5* sur Legend [H&M Legend of Love]. C’est une super jument, que j’ai depuis longtemps. Elle a fait des performances extraordinaires, j’ai moi-même du mal à croire combien on a remporté de victoires et fait de parcours réussis ensembles. Elle a peut-être 15 ans, mais comme elle l’a encore prouvé la semaine dernière, elle donne toujours son maximum. J’aimerais donc bien remporter un autre Grand Prix 5* avec elle en 2021.

 

Qu’avez-vous prévu de faire en 2021 ?

L’an passé a évidemment été une énorme déception, mais nous avons débuté 2021 du bon pied. Je suis allé à Oliva Nova en janvier pour préparer les chevaux à la compétition. Après Doha, j’ai récemment commencé notre entraînement pour The Dutch Masters. Nous avons hâte de concourir, et nous sommes certains que cette saison va être formidable, et représentera un autre pas en avant pour toutes les personnes concernées. Beaucoup d’autres concours arrivent bientôt également, notamment plusieurs Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, sans oublier les Jeux de Tokyo où nous espérons tous aller. Voilà donc nos objectifs principaux cette année. J’essaie de planifier notre entraînement de sorte à pouvoir réaliser nos objectifs.

 

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?

J’ai de la chance, j’ai actuellement plusieurs chevaux de qualité. Certains ont déjà une certaine expérience, comme Legend of Love et Extra [H&M Extra], une jument que je monte depuis un ou deux ans. À Doha la semaine dernière, j’ai eu le plaisir de monter Blue Diamond [Le Blue Diamond V't Ruytershof], mon nouvel étalon, lors de son premier Grand Prix 5*. Je suis sûr que ce cheval est capable de concourir régulièrement à ce niveau. J’ai hâte de voir ce qu’il peut faire cette année au sommet.

 

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Absolument, le Rolex Grand Slam est une initiative très réussie, qui permet de comparer le saut d’obstacles à d’autres sports comme le tennis. Les Grands Chelems sont reconnus de par le monde comme les plus grands tournois sportifs du calendrier, et c’est donc très utile de pouvoir utiliser ce système dans le saut d’obstacles pour expliquer aux néophytes de quoi il retourne. Cela fait ainsi connaître notre sport. Pour les cavaliers, ces concours sont les plus importants de l’année, et nous espérons tous les décrocher un jour.

 

Quel est votre Majeur préféré, celui que vous souhaitez vraiment gagner à chaque fois ?

Tout le monde a ses préférences, mais pour moi Spruce Meadows sera toujours très spécial. Quand je l’ai remporté, j’ai vécu un moment unique. Aix-la-Chapelle aussi est incroyable. Ce n’est pas loin de chez moi, j’y vais depuis longtemps, et mon père et moi y avons participé de nombreuses fois. Ces deux concours prennent donc l’ascendant sur les autres.

 

Qu’avez-vous appris sur vous-même au cours de l’année écoulée ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette année inhabituelle et difficile ?

L’année d’avant, nous avions participé à de nombreux concours, peut-être même trop. C’est bien qu’il existe autant de concours 5*, car ceci offre plus de chances de gagner, mais j’ai personnellement choisi de concourir dans moins de concours 5* à partir de maintenant. Ceci me permettra de concentrer mes efforts sur certains concours. Pour participer au plus grand nombre de concours possible, nous étions sur la route chaque semaine, quand nous ne prenions pas l’avion pour l’étranger. C’était peut-être un peu excessif. L’année écoulée m’a appris qu’il serait plus judicieux de me concentrer sur un nombre plus réduit de concours, pour y arriver fin prêt avec les bons chevaux.

Je pense aussi que lorsqu’on manque de temps, comme c’était le cas pour moi, il arrive que l’on fasse de petites erreurs qui passent inaperçues. Mais en passant du temps tous ensemble à la maison, on a pu se réorganiser pour que tout soit prêt pour la saison qui arrive. On achète de jeunes chevaux en devenir pour les faire évoluer jusqu’au plus haut niveau. Dans ce but, on a essayé de créer une structure solide qui fait que ce système fonctionne même en mon absence. Le temps passe très vite dans le monde du saut d’obstacles. Il est donc impératif d’avoir des chevaux prêts à concourir non seulement aujourd’hui, mais à l’avenir.

Photo: Élevage du Thot Photo: Élevage du Thot

La famille Noël vous dévoilent leurs secrets d’éleveurs

 

Dans ce numéro, nous nous entretenons avec Margrith et Florian Noël de l’Élevage du Thot, situé en Normandie – www.elevage-du-thot.com. Nous aimerions avant tout remercier Judith Noël de nous avoir aidés à organiser cet entretien.

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

Margrith Noël :

Mon père faisait partie de la cavalerie suisse, et chaque homme gardait son propre cheval et sa selle chez lui. Lorsque le cheval est parti, nous avons mis la selle sur la balustrade en bas de l’escalier. J’avais à peine 4 ou 5 ans, mais j’ai passé beaucoup de temps sur cette selle, à monter « pour de faux ».

 

Florian Noël :

Je suis né au milieu des chevaux, et comme mes deux sœurs étaient passionnées d’équitation, mes parents ont voulu que je les suive. Chaque mercredi et samedi, ils me forçaient à panser un cheval ou un poney, et je n’aimais pas trop ça ! J’ai appris à monter quand j’étais petit, c’était « normal » dans ma famille. L’été, j’allais toujours en colonie de vacances avec mes sœurs, où on montait à cheval entre autres activités. À chaque fois, j’emmenais mon vélo, ce qui fait que j’ai passé plus de temps à traverser le centre équestre en vélo qu’à monter à cheval. J’avais aussi un copain qui avait un poney, et on s’amusait à se faire la course dans les champs et sur la plage. On s’intéressait plus à la course qu’à la mise en selle !

 

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Margrith Noël :

Pour notre famille, c’est quand Ideo du Thot a remporté la Coupe du monde à Las Vegas in 2007. Produire un cheval de ce niveau et de cette qualité, c’est quelque chose d’extraordinaire. Nous étions incroyablement fiers. En tant que mère de trois enfants, je suis très fière qu’ils soient tous passionnés d’équitation. Et quand ils montent les chevaux que nous avons élevés ensemble en concours, je suis plus fière que jamais.

 

Comment vous-êtes vous intéressée à l’élevage de chevaux ?

Margrith Noël :

Tout a débuté quand j’ai épousé Jean-Francois Noël, dont le père élevait déjà des chevaux. Ce dernier était éleveur de vaches normandes mais avait aussi quelques juments, et il a commencé son élevage équin très tôt, en débourrant les chevaux. Nous avons fait grandir l’élevage très progressivement, en achetant quelques poulains puis en essayant de les accompagner dans leur parcours et en les croisant avec nos propres lignées. C’est comme ça que l’élevage s’est développé, et que l’on a acheté la lignée d’Ideo, que l’on a alors croisé avec la nôtre, et cela nous a permis de continuer à croître. C’est intéressant de voir le trajet parcouru, étant donné qu’on a commencé que tous les deux avec trois chevaux. C’était il y a 35 ans, et aujourd’hui nous avons un élevage de taille importante qui marche bien.

Photo: Élevage du Thot Photo: Élevage du Thot

 

Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment se passe l’élevage de chevaux de saut d’obstacles de haut niveau ? Par où commencer, comment décider d’un croisement, etc. ?

 

Florian Noël :

C’est un mélange entre le physique et le mental, ainsi que l’éducation que le cheval a reçu. Il doit être élevé avec soin, bien nourri, et avoir un mental solide. Le débourrage et la période qui suit sont aussi essentiels pour obtenir un cheval de très haut niveau. C’est très important de partir sur une bonne base, pour donner des chevaux faciles à monter, au mental sain. Il est aussi indispensable d’avoir une bonne poulinière. Une fois qu’on l’a, le choix du père est ouvert, c’est plus facile.

 

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Margrith Noël :

Oui : Samourai du Thot, qui était à une époque le meilleur cheval français de concours complet dans le classement mondial. Il venait d’un croisement que nous ne pensions pas capable de produire un cheval de renommée mondiale. Sa mère était à tous points de vue une bonne jument, censée et réfléchie, mais elle n’était pas particulièrement connue. On l’a croisée avec Milor Landais, et on a eu une surprise : Samourai du Thot.

 

Florian Noël :

On essaie parfois d’acheter des étalons qui ne répondent pas forcément à tous nos critères, qui peuvent avoir l’air ordinaire. Cela nous permet d’essayer quelque chose de différent, par exemple en les croisant avec des purs-sangs ou des Anglo-arabes pour créer des résultats originaux.  

 

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un, ou lorsque cette personne commence à le monter ?

Margrith Noël :

Le couple cavalier-cheval est bien sûr quelque chose auquel on pense, mais dans notre secteur et notre métier, nous n’avons pas toujours le contrôle là-dessus. Nous vendons beaucoup à des marchands de chevaux, ce qui rend les choses parfois difficiles, par exemple quand un client ne correspond pas bien au cheval. On ne peut pas reprendre le cheval et lui en donner un autre, parce que lorsqu’on a 12 ou 15 poulains, ils sont tous différents.

 

Florian Noël :

Nous essayons de produire des chevaux faciles, au sol comme en selle, car les gens recherchent souvent les mêmes qualités : ils veulent un cheval de bonne qualité, beau, bien monté, avec de bons moyens à l’obstacle. Plus un cheval est bien monté, plus il est facile de travailler avec lui. Bref, nous essayons de produire les meilleurs chevaux possibles pour nos clients, et nous faisons tout pour qu’ils leur arrivent en superbe forme physique.

 

Pouvez-vous nous donner un aperçu des coulisses de votre programme d’élevage ?

Florian Noël :

Beaucoup de facteurs entrent en compte : la qualité des poulinières, les croisements judicieux, et la diversité. Nous gardons les chevaux au très bon pedigree sportif jusqu’à leur sixième année parfois, avant de faire un transfert d’embryon. Nous élevons tous nos chevaux de la même manière, pour réaliser leur potentiel. C’est notre méthode, même si bien sûr il arrive que nous adaptions nos habitudes en fonction du cheval et de ses besoins spécifiques.

 

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant d’être débourré ou de rejoindre ses propriétaires ?

Florian Noël :

Nous vendons parfois des poulains quand ils sont encore avec leur mère. C’est rare mais ça arrive. Le débourrage a lieu l’hiver, quand ils ont entre deux et trois ans. En ce moment, ils sont pratiquement tous débourrés. Pour les tester un peu, on leur demande de sauter deux ou trois fois tous seuls, et on les §monte/sous selle quelques fois. Cela nous donne une bonne idée du tempérament, et de comment il sera à l’avenir. Le printemps venu, on les met tous §au vert, puis on les récupère en septembre à la fin de leur troisième année. À ce moment-là, il faut effectuer une sélection. On débute les concours à trois ans, les premières §présentations, puis les acheteurs viennent/les ventes commencent dès que le vétérinaire est passé. Des chevaux sont déjà vendus pendant l’hiver, mais on essaie de les vendre au cas par cas. Certains d’entre eux sont prêts à partir, mais d’autres sont très jeunes et on les garde un peu plus longtemps.


Combien assurez-vous de poulinages par an ?

La moyenne est de 30 par an, mais seule la moitié est à nous, l’autre est effectuée par nos autres propriétaires, surtout au niveau international.

 

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant qu’éleveuse ?

De continuer à améliorer la qualité de nos chevaux chaque année.

 

De quels chevaux en particulier êtes-vous la plus fière ?

Ideo du Thot, bien sûr, mais il n’est plus tout jeune. Cette année, on a Diaz du Thot, monté par Constant Van Paesschen, et Diadem du Thot qui est chez Laura Kraut aux États-Unis, et qui ont l’espère est voué aux sommets comme Ideo.

 

Au-delà de l’élevage, quels sont vos rêves et ambitions ?

Margrith Noël :

Comme nous habitons près de la mer, nous accueillons beaucoup de chevaux dans notre programme de thalassothérapie (pour de la rééducation après une blessure, ou pour le plaisir). On a reçu des chevaux de renommée, comme Paille de la Roque, le cheval de Steve Guerdat. Nous faisons tout notre possible pour améliorer cet aspect du programme, tout en travaillant nos jeunes chevaux en compétition. C’est très gratifiant de §tirer de la valeur de ceux-ci, quand ils ont 4, 5 ou 6 ans, et de les voir progresser et étoffer leur palmarès.

 

Florian Noël :

Pour nous éleveurs, et en tant qu’entreprise familiale, nous essayons sans cesse d’approfondir nos connaissances, la manière dont nous communiquons, notre structure ou notre organisation. De nombreuses personnes travaillent ici désormais, et nous voulons en faire un lieu de travail où il fait bon travailler. Notre élevage est une entreprise familiale dont les membres sont de vrais passionnés. 

Photo: Élevage du Thot Photo: Élevage du Thot

Le Rolex Grand Slam a-t-il été selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Margrith Noël :

Nous adorerions voir l’un de nos chevaux concourir dans l’un de ces concours légendaires ! C’est grâce aux sponsors comme Rolex que ces épreuves ont gagné en notoriété, et qu’elles sont si connues aujourd’hui. J’ai toujours beaucoup de plaisir à aller voir les concours sur des pistes §en gazon comme celles d’Aix-la-Chapelle.

 

Florian Noël :

On se rend à Genève chaque année, car décembre est une période relativement calme pour nous. On se fait plaisir en allant y retrouver des amis de longue date. Ce sont les meilleurs concours au monde, et on les regarde tous, que ce soit en vrai ou à la télé.

 

Parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, auquel aimeriez-vous le plus participer et pourquoi ?

On rêve d’aller à Aix-la-Chapelle, c’est le summum pour le saut d’obstacles. On aime aussi aller à Genève en famille, entre les quatre c’est celui qui nous tient le plus à cœur.

 

Qui vous a le plus inspiré(e) dans votre carrière ? 

Florian Noël :

J’ai travaillé en Angleterre avec William Funnell, qui y élève des §étalons/a un haras. J’ai trouvé ça passionnant de voir qu’il produisait autant de poulains que nous, et qu’il ajoutait une plus-value au processus. Il fait aussi partie de l’équipe britannique de saut d’obstacles, mais ce qui m’impressionne le plus, c’est le fait qu’il §crée de la valeur à toutes les étapes de l’élevage, du début à la fin.

 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Florian Noël :

On m’a dit un jour que ma famille et moi devrions tous travailler ensemble, car on a beaucoup de points communs. Si on partage tous la même passion, on ne s’est pas toujours bien entendus. Mais on m’a dit que ce serait une bonne idée de travailler ensemble.

 

Margrith Noël :

On m’a également appris que quoi qu’on fasse, on se doit essayer de le faire le mieux possible.

Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton

Le Vet Check avec Randy de Greef, vétérinaire du Dutch Masters

 

Qu’est-ce que le virus EHV-1 et que fait la FEI pour y répondre ?

L’EHV-1 est un virus équin pouvant entraîner des troubles neurologiques chez certains chevaux. La FEI aurait envoyé des vétérinaires à Valence en Espagne pour prendre soin des chevaux éventuellement touchés. De manière plus générale, la FEI a décidé d’annuler les concours internationaux dans un certain nombre de pays européens afin de limiter le risque de propagation du virus. 

 

Le monde du saut d’obstacle a-t-il déjà eu à affronter un virus de ce type ?

Je ne crois pas que le sport ait jamais eu à lutter contre un virus de cette portée, non.

 

Ce virus est-il susceptible de se propager au-delà des frontières européennes ?

Il existe déjà dans la population équine du monde entier. Le problème survient lorsqu’un groupe important de chevaux est infecté, et que pour une raison ou une autre cette maladie s’étend au-delà de sa zone d’éclosion. Dans ce cas-là, la charge virale transmise est importante, ce qui rend les chevaux malades.

 

Quelles mesures ont été mises en place pour tenter de limiter la propagation du virus ?

D’après ce que je sais, tous les chevaux sont autant que possible séparés les uns des autres à Valence, et la FEI a décidé d’annuler les concours internationaux dans un certain nombre de pays européens afin de limiter le risque de propagation du virus.

 

Quand pensez-vous que le virus puisse être maîtrisé ? Est-il possible de l’éradiquer complètement ?

Le taux d’infection dépend vraiment du nombre de chevaux contaminés ayant déjà quitté le complexe de Valence et qui peuvent transmettre le virus aux chevaux de leur propre écurie. Mais l’EHV-1 ne sera jamais entièrement éradiqué. Nous devons apprendre à vivre avec, et éventuellement prendre à l’avenir davantage de précautions d’hygiène pendant le transport des chevaux, notamment lors de déplacements à l’étranger.

Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Plus tard l'événement aura lieux, mieux il sera: Le Festival mondial équestre, le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021, ouvrira ses portes du 10 au 19 septembre. L'événement était initialement planifié pour la fin du mois de Juin.

"Tout le monde se réjouit du CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021, bien que la sécurité et la santé reste nos priorités numero unes," commente Frank Kemperman, membre du Managing Board de Aachen-Laurensberger Rennverein e.V. (ALRV), en charge de l'organisation du concours. De ce fait, les organisateurs sont extrêmement satisfaits d'avoir trouvé une date alternative plus tard dans l'été,"dates qui ont été approuvées par la la FEI, nous pouvons donc officiellement les confirmer", explique Kemperman.

"Le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021 sera un concours de très haute qualité, comme à son habitude, avec ses cinq disciplines et les meilleurs cavaliers et chevaux", commente Kemperman. Malgré le fait que tous les aspect liés au sport sont d'une clarté limpide, le cadre des conditions est encore incertain. Kemperman explique que la capacité d'accueillir des spectateurs au mois de septembre est à ce jour une inconnue. Prenant ce point en considération, les tickets déjà achetés pour le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021 peuvent être échangés avec des tickets pour le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2022. Ceux qui ne souhaitent pas opérer à un échange pour des tickets du CHIO d'Aix-la-Chapelle 2022 pourront être remboursés ou faire une donation. Les formulaires et toutes les informations sont disponibles en ligne sur https://www.chioaachen.de/en/tickets-2 . Tout les possesseurs de tickets seront informés dans les prochains jours.

"Nous nous attendons à avoir une réponse quant au nombre de spectateurs pouvant acceder au concours à la mi-juin," décrit Frank Kemperman. Cette date marquera ainsi le début des ventes des tickets pour le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021. Toute l'ambiance du CHIO d'Aix-la-Chapelle, ainsi que toutes les informations sur le concours peuvent être trouvées sur www.chioaachen.com ainsi que sur leurs plateformes de réseaux sociaux.

Henrik von Eckermann (Photo credit: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Henrik von Eckermann (Photo credit: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Hier soir, la Fédération Équestre Internationale (FEI) a annoncé que tous les événements internationaux sont annulés jusqu'au 28 mars. Cette décision a été prise pour empêcher la propagation du virus de l'herpès équin (EHV-1), dont le foyer s’est déclenché il y a plus d’une semaine à Valence.

Une énorme déception pour l'organisation de The Dutch Masters. Marcel Hunze, directeur de The Dutch Masters : « Au cours des derniers mois, l'équipe a travaillé très dur pour mettre en place une édition sûre avec tous les protocoles nécessaires. L'intention d'organiser The Dutch Masters dans un format adapté, malgré tous les défis liés au virus Covid-19, a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme par les cavaliers et l'ensemble du monde équestre. Nous sommes à présent confrontés à un autre virus, ce qui signifie que l'événement a dû être annulé peu de temps avant le début, et ceci est difficile à comprendre. Malheureusement, nous ne pouvons que regarder vers l’avenir et travailler à une prochaine grande édition. »

Henrik von Eckermann (Photo: Ashley Neuhof / Rolex Grand Slam) Henrik von Eckermann (Photo: Ashley Neuhof / Rolex Grand Slam)

Dans la foulée de la décision prise par le gouvernement néerlandais de rouvrir les compétitions sportives d’élite, le comité directeur de The Dutch Masters a décidé de lancer son programme pour 2021. Anky van Grunsven, présidente de The Dutch Masters, explique : « Il est très important d’assurer la continuité des sports équestres, à la fois pour la pérennité de l’événement mais aussi pour les chevaux, les cavaliers et tous les autres acteurs du secteur ». L’organisme est reconnaissant à ses partenaires pour leur soutien suite à l’annulation des épreuves de 2020. Le NOC*NSF a manifesté une joie évidente : « Il est important pour l’avenir des sports équestres de voir revenir les épreuves de haut niveau. Cela permet aux membres de l’équipe nationale néerlandaise de se préparer aux Jeux olympiques et paralympiques à venir. C’est particulièrement crucial pour les sports équestres, dans lesquels non seulement les cavaliers mais aussi les chevaux doivent être en excellente forme physique. Nous sommes heureux d’apprendre que The Dutch Masters va pouvoir être organisé et que les membres de l’équipe nationale seront en mesure de bien se préparer pour les Jeux. »

Huis clos

 

Étant donné la situation actuelle, The Dutch Masters aura lieu à huis clos selon un format spécifique. La sécurité des concurrents et du personnel sera la priorité principale des organisateurs, qui maintiendront un contact permanent avec les autorités pour garantir un événement exempt de coronavirus. Alderman Huib van Olden, membre du conseil municipal de Bois-le-Duc, est lui aussi satisfait des dispositions prises à cette occasion : « En tant que fan de sport, je suis ravi que cette compétition si importante pour notre ville et notre province puisse se dérouler sans risques. » Les épreuves de The Dutch Masters seront diffusés sur plusieurs chaînes.

Rolex renouvelle son soutien

 

Rolex, principal sponsor de The Dutch Masters, a renouvelé son partenariat avec l’événement, et ce pour le long terme. La marque est bien sûr l’un des partenaires fondateurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et soutient le monde équestre dans son ensemble depuis plus de 60 ans.  Célèbre pour ses montres-bracelets, la société est partenaire des Dutch Masters depuis 2014. En 2018, les Dutch Masters et trois des autres meilleures épreuves équestres mondiales ont rejoint le club exclusif du Rolex Grand Slam of Show Jumping : le CHIO d’Aix-la-Chapelle en Allemagne, le CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’ à Calgary au Canada et le CHI de Genève en Suisse. « L’annulation de The Dutch Masters de 2020 a eu un impact considérable sur notre organisation. Nous sommes reconnaissants à nos partenaires pour leur confiance. Le renouvellement de notre partenariat avec Rolex, notre fidèle partenaire, est un signe prometteur pour l’avenir » déclare Marcel Hunze, directeur de l’événement.

Les Dutch Masters auront lieu du 12 au 14 mars 2021. Vous trouverez le programme définitif en ligne.

Sophie Mottu Morel (Photo: Joseph Carlucci) Sophie Mottu Morel (Photo: CHI de Genève - Joseph Carlucci)

Dans les coulisses du CHI de Genève avec:

Sophie Mottu Morel, directrice générale

 

Quelles surprises nous réserve le CHI Geneva Virtual ? 

Dès que l’annonce a été faite de l’annulation du CHI de Genève, nous avons voulu être tout de même présents du 10 au 13 décembre 2020, les dates initialement prévues pour l’événement, même si cela devait se faire de manière virtuelle. L’équipe a bien réfléchi et a conclu qu’elle voulait avant tout proposer une expérience différente et inédite. Elle a donc décidé de produire une émission télévisée quotidienne, d’une durée d’une heure, à laquelle participera divers invités prestigieux. Cela fait déjà plusieurs années que nous produisons une émission de télévision durant le CHI de Genève. Nous avons donc une certaine expérience dans ce domaine. Alban Poudret et Michel Sorg, les commentateurs usuels du CHI de Genève, mèneront ces interviews avec une star différente chaque jour, ici dans le studio ou bien par visioconférence. Ces conversations seront parsemées de souvenirs et d’anecdotes, et les invités nous feront également part de leurs commentaires sur certaines de leurs circuits préférés dans l’histoire de la compétition à Palexpo.

Comment le public peut-il participer au CHI Geneva Virtual ?

Les amateurs d’équitation pourront regarder notre émission sur le site du CHI de Genève (www.chi-geneve.ch) ou sur notre page Facebook (www.facebook.com/CHIGeneve). L’émission sera diffusée jeudi 10 (invité spécial : Kevin Staut sur Zoom), vendredi 11 (invité spécial : Steve Guerdat au studio ou sur Zoom) et samedi 12 décembre (invités spéciaux : Eric Lamaze et Luciana Diniz, sur Zoom) de 18 h 30 à 19 h 30 (heure de Genève), et dimanche 13 décembre (invité spécial : Martin Fuchs, sur Zoom) de 14 h 00 à 15 h 00 (heure de Genève). Le public pourra poser des questions aux invités en temps réel par le biais des réseaux sociaux et d’une plateforme dédiée et participer à des sondages, et il aura aussi une chance de gagner des cadeaux !

Le CHI de Genève a été consacré « Meilleure compétition au monde » à dix occasions. Est-ce là un motif de plus de vouloir faire du CHI Geneva Virtual un succès ?

Les récompenses que nous remportons nous poussent sans cesse à travailler encore plus dur et à nous surpasser. Les accolades telles que celle-ci nous incitent également à faire preuve d’originalité dans nos réflexions, pour nous démarquer des autres grandes compétitions équestres. C’est pour cela que nous avons décidé de créer quelque chose d’inédit pour le CHI Geneva Virtual.

Quel est le secret d’un événement réussi, en live ou en virtuel ?

La clé de notre réussite est sans aucun doute la passion qui nous anime pour les sports équestres. L’équipe se consacre corps et âme à l’organisation du concours. On nous traite parfois de doux rêveurs, mais c’est important de voir grand, et c’est là notre force !

Quel a été l’aspect le plus intéressant de l’organisation du CHI Geneva Virtual ?

Nous avons pris beaucoup de plaisir à réfléchir au contenu de nos quatre émissions quotidiennes. Leur organisation a requis un travail d’équipe considérable de la part de notre équipe de communication, notamment Yannick Guerdat, qui coproduit les émissions avec nous, et Nicolas Bossard, qui travaille avec nous depuis le départ sur les émissions de la chaîne CHI Genève (CHIG) TV.

Que tirerez-vous de cette expérience ?

Une volonté réelle de produire quelque chose d’inédit, une vision commune dans ce que nous avons créé et mis en place, et une grande motivation pour proposer un contenu intéressant et original aux amateurs de sports équestres.

En raison du coronavirus, les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping (le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le CSIO des Spruce Meadows ‘Masters’) ont tous deux organisé des éditions virtuelles. Le CHI Geneva Virtual s’est-il inspiré de ces deux événements ?

Comme je l’ai dit, l’équipe organisatrice du CHI de Genève souhaitait proposer quelque chose d’inédit et de différent. Ceci dit, nous avons bien sûr suivi avec intérêt les initiatives de nos homologues du Rolex Grand Slam cette année, et nous les félicitons pour les remarquables résultats découlant de leurs efforts.

Vous devez avoir une équipe formidable pour pouvoir organiser une édition virtuelle du CHI de Genève en si peu de temps...

Effectivement, le CHI de Genève a la chance de pouvoir compter sur un personnel de talent, ultra motivé et compétent. Il faut aussi noter l’extraordinaire travail des bénévoles, qui sont l’âme-même du concours. Rien ne serait possible sans eux. Pour les remercier, nous leur donnerons l’opportunité de poser des questions en exclusivité à nos invités spéciaux sur CHIG TV le samedi 12 et le dimanche 13 décembre. Un de nos bénévoles gagnera également un prix exceptionnel : un ticket VIP pour le CHIO d’Aix-la-Chapelle l’an prochain.

Martin Fuchs, cavalier prodige suisse, est le champion en titre du Rolex Grand Prix au CHI de Genève. Pensez-vous qu’il parviendra à défendre son titre en 2021 ?

Martin doit être très déçu de ne pas pouvoir défendre son titre cette année, mais je suis sûr qu’il n’en reviendra que plus motivé en 2021.

Numéro un actuel au classement mondial, Steve Guerdat a participé à tous les Majeurs depuis 2013. Comment parvient-il a maintenir ce niveau, et comment Steve et Martin sont-ils arrivés aux deux premières places mondiales ?

Steve a beaucoup de talent, et il maîtrise parfaitement l’entraînement de ses chevaux. C’est là l’une des clés de sa réussite constante. Il inspire de nombreux jeunes cavaliers suisses et étrangers à suivre son exemple, et Martin aussi. Le père de Martin entraîne Steve. Les deux cavaliers ont un grand respect l’un pour l’autre, mais entretiennent aussi une rivalité amicale qui les pousse à se dépasser et qui fait la force de l’équipe nationale suisse.

En 2021, le CHI de Genève souffle ses 60 bougies. Quels sont vos meilleurs souvenirs depuis que vous avez commencé à travailler pour cette compétition ?

J’en ai beaucoup ! Parmi ceux qui me donnent encore des frissons, je citerais la victoire de Steve et Jalisca Solier en finale de la Coupe du monde en 2006 et les adieux empreints d’émotion à Nino des Buissonnets en 2016.

Nous fêterons la 20e édition de la finale du Top 10 IJRC Rolex au CHI de Genève l’an prochain. Le CHI Geneva Virtual a-t-il un Top 10 virtuel au programme ?

Nous aborderons évidemment le Top 10. Nos invités spéciaux et les amateurs d’équitation qui regardent l’émission pourront par exemple créer leur propre Top 10 des performances auxquelles nous avons eu le plaisir d’assister depuis la première édition du concours en 1926 !

Lisa Lourie (Photo: Spy Coast Farm) Lisa Lourie (Photo: Spy Coast Farm)

Parole d'éleveurs avec:

Lisa Lourie, éleveuse chez Spy Coast Farm

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

J’étais avec une copine, on montait à cru dans les bois derrière chez moi à Winchester (vers Boston, dans le Massachussetts). On avait 12 ans environ. Cette amie allait en colonie de vacances équestre chaque été et accueillait certains chevaux chez elle l’hiver. Elle avait besoin de quelqu’un pour l’aider à les faire travailler, et on les sortait dans les bois et sur les sentiers.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Facile : la victoire en équipe aux Championnats d’Europe de Chaqui Z, un cheval à moi monté par Shane Sweetnam. Plus récemment, j’étais en bord de piste au Tryon International Equestrian Center, lors des épreuves pour jeunes chevaux de cinq, six et sept ans, pour regarder deux ou trois chevaux à moi qui s’échauffaient. Un cheval de huit ans que j’avais élevé se préparait au même moment à participer à l’épreuve d’équitation, et je savais qu’Aaron Vale, un cavalier de talent participait aux épreuves pour les chevaux de 5 ans sur une monture venue de Spy Coast. Peu après, une autre personne passe devant moi, accompagnée elle aussi d’un cheval élevé par mes soins. À cet instant, je me suis rendu compte que j’étais complètement entourée de chevaux que j’avais élevés et qui tournaient désormais à haut niveau. C’était magique, j’avais du mal à y croire.

Comment vous-êtes vous intéressée à l’élevage de chevaux ?

J’avais une jument pur-sang, un vrai cheval maître d’école, que j’ai décidé de faire pouliner. Quand son poulain a eu deux ans et demi, quelqu’un m’a dit : « Mais qu’est-ce qu’il fait ici ? », et je me suis aperçue qu’en tant que pur-sang, il aurait dû nous quitter bien plus tôt ! J’ai compris que je ne pourrai jamais laisser partir des chevaux si jeunes. Je suis donc passée à l’élevage de chevaux de sport, un choix beaucoup plus logique pour moi. Dans ce domaine au moins, je pouvais avoir un impact, alors que dans l’élevage de pur-sangs, auquel je ne connaissais rien, j’aurais pu y laisser ma chemise.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment se passe l’élevage de chevaux de saut d’obstacles de haut niveau ? Par où commencer, comment décider d’un croisement, etc. ?

Alors évidemment, j’essaie de croiser les meilleurs chevaux possibles, en utilisant des souches basses éprouvées et des étalons de qualité. Pour moi, la poulinière est l’élément déterminant, mais on veut aussi d’excellents étalons. Pas seulement ceux qui ont réussi sur la piste d’obstacles, mais ceux qui ont produit des chevaux de qualité. Comme 95 à 99 pourcent de mes acheteurs sont amateurs, j’axe avant tout mes choix sur le mental. J’essaie de suivre l’exemple de certains des meilleurs éleveurs européens. Ils ont une immense expérience dans ce domaine, alors pourquoi irais-je essayer de réinventer la roue ? J’essaie d’acheter les meilleurs juments pour mon budget, et Shane et les autres cavaliers de l’écurie participent à quasiment toutes les étapes de l’élevage. Comme je ne monte pas ces chevaux et que je ne peux pas assister à tous les concours internationaux, je leur demande comment était le cheval, son mental, le contact, etc. Leurs avis et commentaires sont essentiels à notre programme d’élevage.

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Oui. Il m’arrive de faire pouliner une belle jument et un superbe étalon, et de me retrouver avec une pouliche médiocre, courte sur pattes, pas très gracieuse ou sans gros moyens à l’obstacle. C’est Joris De Brabander qui m’a dit que ce sont en fait ces juments-là qu’il faut faire pouliner, car c’est la troisième génération qui aura du succès. Malgré la réticence de mon équipe, j’ai décidé de suivre son conseil. J’ai fait pouliner ces juments et les résultats étaient effectivement impressionnants.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte

lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

Pas pour tous, mais certainement pour les meilleurs, oui. Il faut évidemment être conscient de ce facteur, par exemple pour ne pas vendre un cheval qui a trop de caractère à une personne qui sera ensuite dépassée. Et quand on tient une perle, on veut que ce cheval aille chez quelqu’un qui va lui permettre de progresser, surtout s’il est jeune. On s’assure ainsi du bien-être du cheval et de la viabilité à long terme de mon programme. Ça ne fait pas longtemps qu’on existe, et comme nous ne sommes pas en Union européenne, j’ai dû démontrer non seulement la qualité de nos chevaux mais aussi celle de notre programme d’entraînement. C’est pour cela qu’on n’a pas vendu de jeunes chevaux au départ. On voulait s’assurer de la solidité de notre programme d’élevage, pour que les chevaux sortis de Spy Coast Farm fassent toujours notre fierté. À 7 ou 8 ans, le cheval accepte davantage de cavaliers. Mais avant cela, il faut quelqu’un qui sache vraiment ce qu’il fait.

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant d’être débourré ou de rejoindre ses propriétaires ?

On commence vers deux ans et demi de manière progressive. On essaie de ne pas les garder trop longtemps, mais en général les acheteurs aux États-Unis veulent un cheval d’au moins cinq ou six ans, sauf s’ils veulent faire de l’élevage. Et dans ce cas-là, vendre reviendrait à brader nos propres lignées. Je préfère voir nos meilleurs chevaux faire carrière sur la piste de saut d’obstacles avant de rejoindre définitivement un élevage.

Combien assurez-vous de poulinages par an ?

En temps normal, Spy Coast produit 20 poulains par an, plus 20 autres pour nos clients. Tous naissent à la propriété. C’est un peu différent cette année, j’ai fait pouliner 31 juments pour nous et 20 de plus pour des clients. Nous avons aussi vendu beaucoup plus de semence à des acheteurs extérieurs en 2020, une année record.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant qu’éleveuse ?

Améliorer le secteur de l’élevage dans son ensemble. Ici aux États-Unis, on est fort en matière de spectacles équestres et de soins vétérinaires, mais l’élevage était jusqu’ici bien en deçà du niveau européen. Et puis j’avais fait venir tous ces étalons et juments de l’étranger, il fallait bien que j’en fasse quelque chose ! Dans cette optique, on a travaillé à mettre sur pied un programme d’entraînement solide pour les jeunes chevaux, ainsi que des épreuves et concours auxquels ils pourraient participer. Cette partie importante du secteur de l’équitation ne recevait pas l’attention qu’elle méritait. Mais pour finir, on a vu émerger des cavaliers ultra performants, qui savent accompagner les jeunes chevaux vers la réussite dès leur plus jeune âge.

De quels chevaux en particulier êtes-vous la plus fière ?

Probablement Kirschwasser SCF, qui a fait une belle carrière au niveau Grand Prix avec Freddie Vasquez, un cavalier plein d’allant qui l’adore. J’en ai d’autres qui montent les échelons en ce moment, mais je dois quand même faire une petite dédicace à ma propre jument, Nosy Parker SCF, qui prend si bien soin de moi. Elle est issue de très bonnes lignées (For Pleasure x Cumano), elle est très sportive, et elle a un bon mental (il le faut pour me supporter !), mais maintenant qu’elle a presque 8 ans, je vais devoir la céder à quelqu’un d’autre. Je ne pourrai pas la faire progresser davantage par moi-même : il est temps de passer le flambeau.

Au-delà de l’élevage, quels sont vos rêves et ambitions ?

Mon objectif ultime est de mettre en place un cadre de qualité, abordable, où peuvent évoluer les jeunes chevaux aux États-Unis.   Mais aussi de former une alliance internationale et de trouver des façons dont l’Europe peut nous aider, et vice-versa, pour faire avancer l’élevage.

Quel est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Je n’ai pas assisté à toutes, mais je dirais le CHIO d’Aix-la-Chapelle, où l’atmosphère est vraiment électrique. Et puis mes chevaux ont toujours du succès à ce concours, ça aide ! J’y ai également puisé de supers idées, ça fait donc trois bonnes raisons de choisir cette compétition.

Qui vous a le plus inspirée dans votre carrière ? 

En termes d’éleveurs, c’est Joris De Brabander, son stal de Muze a produit d’excellents chevaux. J’ai aussi eu la chance de côtoyer des éleveurs qui sont de véritables chefs d’entreprise, qui m’ont inspirée et encouragée à penser de manière différente, à aborder les problèmes sous une perspective inédite. J’ai adoré travailler avec Mark Bellisimo et nos partenaires à Wellington et à Tryon. Et plus récemment, j’ai aimé collaborer avec Klaas De Coster et Mares of Macha en Belgique. Bourrés d’énergie positive, ils ont eux aussi un point de vue unique sur le métier et font avancer le secteur de manière très démocratique.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

C’est peut-être bête, mais ce sont les paroles d’une chanson : « It’s hard to see the spot you’re standing on. » En d’autres mots, il faut savoir adopter différentes perspectives pour savoir où l’on en est vraiment. Et si on reste bloqué au même endroit, on reste aveugle aux possibilités qui nous sont offertes. C’est en tout cas comme ça que je comprends ces paroles !

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The Palexpo Arena (photo: CHI de Genève) The Palexpo Arena (photo: CHI de Genève)

Ces derniers jours, le Conseil Fédéral et le Canton de Genève ont présenté de nouvelles mesures sanitaires visant à lutter contre l’évolution de la pandémie de Covid-19. Suite à ces annonces, le comité d’organisation du CHI de Genève a décidé d’annuler l’édition 2020 du Concours.

Le comité d’organisation du CHI de Genève aura tout tenté. Des concepts sanitaires stricts et rigoureux avaient été mis en place et de nombreux scénarii envisagés afin que l’événement puisse avoir lieu, même avec un nombre très restreint de spectateurs ou à huis clos.

Les annonces faites par le Conseil Fédéral le mercredi 28 octobre, puis par le Conseil d’Etat genevois le dimanche 1er novembre limitent désormais les manifestations à 5 personnes ce qui rend la tenue d’un événement comme le CHI de Genève impossible. Les participants et le staffn’étant pas compris dans ce chiffre, l’option du huis clos a été étudiée, mais dans la situation sanitaire actuelle le comité d’organisation ne peut évidemment envisager de réunir quelque 400 personnes (comité, bénévoles, cavaliers, grooms, etc.) sous un même toit. L’édition 2020 qui devait avoir lieu du 10 au 13 décembre à Palexpo est donc annulée. Les spectateurs ayant déjà acheté leurs places seront intégralement remboursés.

« La situation sanitaire est sérieuse et la sécurité de la population est la priorité absolue. Cette année, le visage du Concours aurait été bien différent de celui que nous connaissons, mais nous souhaitions néanmoins offrir la possibilité aux cavaliers et meneurs de pratiquer leur sport, tout en proposant au public de suivre leurs performances sur notre Live Streaming ou à la TV. Les annonces faites ces derniers jours rendent toutefois la tenue de l’événement impossible. Cette annulation est un coup dur pour toute l’équipe du Concours qui a énormément travaillé sur les différents scénarii depuis de nombreux mois. Mais nous reviendrons encore plus forts en 2021 pour fêter notre 60e édition. En prenant cette décision aujourd’hui, nous assurons la pérennité de notre manifestation pour ces prochaines années », confie Sophie Mottu Morel, directrice générale du CHI de Genève.

Le comité d’organisation tient à remercier chaleureusement ses partenaires, qui se sont montrés solidaires tout au long de ces derniers mois. Ses remerciements s’adressent aussi aux cavaliers, bénévoles, exposants et officiels pour leur compréhension et leur soutien dans cette décision. Les organisateurs donnent d’ores et déjà rendez-vous à leur public du 9 au 12 décembre 2021 pour la 60e édition du CHI de Genève.

Photo: Rolex Grand Slam Photo: Rolex Grand Slam

Inauguré en avril 2013, le Rolex Grand Slam of Show Jumping est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands challenge équestre au monde. L’idée, venue de l’imagination des comités organisateurs de trois des concours internationaux de saut d’obstacles les plus connus (le CHIO d’Aix-la-Chapelle en Allemagne, le CSIO des Spruce Meadows ‘Masters’ au Canada et le CHI de Genève en Suisse), est de récompenser le cavalier qui parvient à remporter les épreuves de Grand Prix de ces trois concours consécutifs, avec à la clef un prix d’un million d’euros. En mars 2018, ces trois événements internationaux ou « Majeurs » ont été rejoints par un quatrième concours renommé, le plus grand concours hippique en intérieur des Pays-Bas : The Dutch Masters.

Le premier et le seul cavalier à avoir déjà remporté le Rolex Grand Slam of Show Jumping est le Britannique Scott Brash, qui a réalisé cet exploit en 2015 aux rênes d’Hello Sanctos, son hongre bai. Ayant triomphé aux Grands Prix Rolex du CHI de Genève en 2014 et du CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2015, il signe ensuite un double sans-faute au ‘CP International’, présenté par Rolex au CSIO des Spruce Meadows ‘Masters’ de 2015, et atteint ainsi l’apogée de son art.

En relativement peu de temps, le Rolex Grand Slam of Show Jumping a vu sa réputation exploser, comme le montre les chiffres illustrés ici, et il est devenu le défi ultime de l’univers équestre. Ce prix attire aujourd’hui les meilleurs couples cheval-cavaliers au monde. Le tennis avait déjà son Grand Chelem, constitué de l’Australian Open, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open, tout comme le golf, qui propose depuis longtemps déjà quatre tournois majeurs (The Masters, l’Open américain, l’Open britannique et le Championnat de la PGA). Mais c’est la première fois qu’un Grand Chelem vient récompenser les cavaliers de saut d’obstacles. Contrairement au tennis et au golf, le Rolex Grand Slam a pour particularité la mixité de la compétition, qui permet aux hommes et aux femmes de s’affronter sur les mêmes épreuves et pour le même prix.

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a déjà accueilli lors des différentes rencontres de ses quatre Majeurs plus de 653 500 spectateurs par année. Des cavaliers de neuf pays différents ont remporté au moins un Majeur, et plus de 2150 bénévoles ont apporté leur soutien indéfectible. Pour en savoir plus sur les faits et chiffres importants du Rolex Grand Slam of Show Jumping, consultez l’illustration ci-jointe. N’hésitez pas à la republier sur votre propre site et réseaux sociaux !

L'infographie Rolex Grand Slam

CHI Geneva CHI Geneva

Genève, le 28 septembre 2020 – Pourquoi les meilleurs cavaliers et meneurs du monde ne pourraient-ils pas se mesurer comme les hockeyeurs ou les footballeurs ? Après avoir élaboré un concept de protection sanitaire complet en étant conscients des enjeux, les organisateurs du Concours Hippique International de Genève (CHIG) se réjouissent de proposer, du 10 au 13 décembre prochain, une 60e édition avec leurs grandes épreuves de saut d’obstacles, d’attelage et de cross.

Soucieux d’offrir aux cavaliers et aux cavalières, ainsi qu’à tous les passionnés de sports équestres une opportunité de se réunir et de vibrer, et bien que conscients que la situation épidémiologique peut évoluer à tout moment, les organisateurs du CHI de Genève ont travaillé ces derniers mois à la fois sur la programmation de la 60e édition et sur un concept sanitaire rigoureux.

« Nous avons étudié toutes les options. Nous sommes arrivés à la conclusion que la tenue du CHI de Genève pouvait se dérouler tout en respectant des mesures sanitaires strictes et appropriées permettant d’assurer la sécurité de chacun », précise Sophie Mottu Morel, directrice générale du CHI de Genève. Elle ajoute : « Nous sommes bien conscients que la situation sanitaire peut évoluer d’ici décembre et pourrait nous contraindre à prendre d’autres décisions dans les semaines qui viennent, mais nous mettons tout en œuvre pour que le CHI de Genève 2020 puisse avoir lieu. Nous sommes bien décidés à mettre sur pied une 60e édition présentant le sport à son meilleur niveau. Elle sera séduisante tant pour les spectateurs que les concurrents et les partenaires. »

Du saut d’obstacles, de l’attelage et du cross indoor figureront ainsi au programme cette année. De nombreux temps forts seront proposés avec en points d’orgue la 20e Finale du Top 10 Rolex IJRC le vendredi soir et le Rolex Grand Prix, une des quatre étapes du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le dimanche. Les épreuves pour les espoirs de moins de 25 ans lancées l’an passé sont aussi maintenues, tout comme le fameux Cross Indoor présenté par la Tribune de Genève et la Coupe du monde d’attelage FEI présentée par la RTS.

Le comité d’organisation tient à remercier chaleureusement ses sponsors, qui se sont montrés solidaires tout au long de ces derniers mois et qui, aujourd’hui, appuient son choix. Rendez-vous est donc pris, du 10 au 13 décembre prochain, pour applaudir cavaliers et meneurs sur la piste genevoise.

Ian Allison and Eric Lamaze (Photo: Rolex Grand Slam/Ashley Neuhof) Ian Allison and Eric Lamaze (Photo: Rolex Grand Slam/Ashley Neuhof)

Dans les coulisses des Spruce Meadows 'Masters' at Home avec Ian Allison, Vice President Senior de Services Sport & Media

 

Que contient le programme des Spruce Meadows ‘Masters’ at Home, à visionner depuis chez soi cette année ?

Nous avons arpenté les archives pour dénicher des grands moments des Masters, des concours dans leur intégralité, des documentaires et des interviews. La plupart de ces enregistrements portent sur notre sport, mais nous avons également redécouvert certaines traditions comme les fleurs importées de Hollande, le « British Day » et autres caractéristiques des Masters.

Comment avez-vous décidé quels éléments inclure ?

L’équipe de Spruce Meadows a uni ses efforts pour réfléchir à ses moments favoris. Nous avons également pris en compte les retours des fans de Spruce Meadows, qui nous ont communiqué ce qu’ils souhaitaient voir. Suite au succès des épisodes Spruce Meadows National et North American at Home, nous voulions célébrer notre 45e anniversaire, et c’était l’occasion.

Le programme est-il fait pour un auditoire international ?

Les Masters ont toujours eu un auditoire mondial, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Vous verrez des gagnants des quatre coins du monde. Il n’y aura pas que des Canadiens, mais tous les champions et équipes qui ont fait l’histoire du concours. Spruce Meadows a une portée planétaire. Des compétiteurs de plus de 60 pays sont venus y participer, et la BMO Nations’ Cup a toujours vu concourir les meilleures équipes au monde en provenance d’Europe ou d’Amérique du Sud comme du Nord.   

Qu’est-ce qui différencie les Spruce Meadows ‘Masters’ at Home d’autres événements virtuels ?

Nous avons eu la chance d’avoir vu plusieurs événements avoir lieu en 2020, comme le XEROX Young Rider Award et Name the Foal, présentés par TELUS. Nous diffuserons des extraits avec les gagnants 2020 pour ces deux prix, qui seront dévoilés pendant les Spruce Meadows ‘Masters’ at Home 2020. Spruce Meadows, c’est aussi tout un ensemble d’archives avec des concours dans leur intégralité, mais aussi des documentaires passionnants et des profils de cavaliers connus qui vous font réaliser l’ampleur de l’événement.

Comment l’équipe s’est-elle adaptée à la situation après l’arrivée du Covid-19 ?

L’année a certainement été inhabituelle. Nous avons eu le privilège de pouvoir fêter notre histoire et de travailler avec tous nos partenaires pour nous tourner ensemble vers l’avenir et un retour ultime à la normalité. Nous avons pu célébrer notre passé et planifier pour l’avenir, tout en utilisant les avancées technologiques pour rester connectés.

Cette expérience vous a-t-elle incité à modifier le format des événements proposés à partir de l’an prochain ?  

À Spruce Meadows, nous sommes toujours prêts à innover et à nous améliorer. Nous sommes certains que la période que nous traversons actuellement mènera à des changements, non seulement pour nous mais pour toutes les organisations sportives.

Vous avez organisé les Spruce Meadows Summer Series sous version numérique. Quelle a été la réaction du public ?

Nous avons eu beaucoup de retours positifs des fans ayant assisté à nos programmes National, North American et Canada Day at Home. Nombre d’entre eux avaient des suggestions sur les compétitions et le type de contenu qu’ils aimeraient voir lors des Masters. Nous avons donc pris tout cela en compte lors de la préparation des Masters at Home, et nous avons même mis en place un système de vote permettant aux fans de choisir quelques événements eux-mêmes. Nos archives regorgent de moments mémorables et de compétiteurs et organisateurs ayant marqué l’histoire.

Quels cavaliers ont travaillé avec vous ou participeront à l’événement ?

Nous avons axé la réflexion sur le contenu historique des Spruce Meadows ‘Masters’ at Home. Nous avons choisi des moments historiques que tout le monde aura du plaisir à regarder et nous avons laissé les fans choisir leurs moments préférés. Par chance, en préparation de notre 45e anniversaire et avant la crise sanitaire, nous avions parlé avec de nombreux acteurs passés et actuels du monde du saut d’obstacles.  

Quelles leçons avez-vous tiré de cette expérience ? 

Il faut apprendre à s’adapter et à surmonter les difficultés. La santé et la sécurité de notre personnel et de nos fans, compétiteurs, organisateurs et sponsors sont primordiales à nos yeux. Nous tirerons de nombreuses leçons de l’époque actuelle, et des innovations incroyables en ressortiront.

Vous possédez également une équipe de football. Mêlez-vous les deux mondes ? 

Spruce Meadows et Cavalry FC sont deux marques respectées et reconnues pour les mêmes raisons. Et nous sommes en mesure de mêler ces deux mondes dans nos communications, pour attirer de nouveaux spectateurs vers ces deux sports.

Quel aspect de la préparation des Spruce Meadows ‘Masters’ at Home avez-vous le plus apprécié ? 

Plonger dans les archives et nos souvenirs en compagnie de collègues plus jeunes que moi et revivre ensemble ces nombreux moments mémorables. À travers ce processus, la prochaine génération de dirigeants apprend également à comprendre et apprécier le passé.

Qui selon vous sera en lice pour le Rolex Grand Slam of Show Jumping 2021 ?

Difficile à dire... N’importe quel cavalier dans le top 50 mondial aura sa chance. Steve Guerdat convoite sans aucun doute la victoire. Et il ne faut jamais sous-estimer Scott Brash, qui produit sans cesse des chevaux de qualité.

Si le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ avait eu lieu cette année, qui selon vous aurait remporté le CP ‘International’, présenté par Rolex ?

Steve Guerdat aurait certainement été en lice. Les Jeux de Tokyo se seraient terminé il y a un moment déjà, lui laissant le temps de se reposer. Et il a le talent, la détermination et les chevaux qu’il faut.

Judy Ann Melchior (Photo: Erin Gilmore Photography) Judy Ann Melchior (Photo: Erin Gilmore Photography)

Parole d'éleveurs avec Judy Ann Melchior, éleveuse à Zangersheide et cavalière internationale

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

J’étais au CHIO d’Aix-la-Chapelle avec mon père, je devais avoir sept ou huit ans... et je trouvais que tout était immense et impressionnant !

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

J’en ai deux : ma médaille de bronze aux FEI World Equestrian Games™, et ma participation à la FEI Nations Cup™ d’Aix-la-Chapelle, où l’atmosphère était véritablement électrique.

Comment vous-êtes vous intéressée à l’élevage de chevaux ?

J’ai grandi là-dedans. Ma famille faisait déjà de l’élevage, et mon père a fondé son propre stud-book. L’élevage a donc toujours pris une place très importante dans ma vie, depuis un très jeune âge et jusqu’à aujourd’hui. Je m’y suis d’autant plus intéressée de près lorsque ma jument de compétition est entrée dans notre programme d’élevage. Je l’ai croisée avec mes anciens chevaux de compétition, et leurs poulains sont devenus nos montures actuelles.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment se passe l’élevage de chevaux de saut d’obstacles de haut niveau ? Par où commencer, comment décider d’un croisement, etc. ?

Il faut prendre deux choses en considération. Il y a évidemment la lignée et le pedigree, mais aussi la connaissance des forces et des faiblesses de la jument et de l’étalon en question. En sachant quelles qualités a la jument, et ce qu’on pourrait potentiellement améliorer par un croisement, il est plus facile de sélectionner le bon étalon. Il faut aussi connaître la lignée du cheval, et poser des questions, par exemple sur les croisements qui ont bien marché par le passé. C’est un vrai puzzle, et on n’est jamais sûr d’avoir toutes les bonnes pièces ! La passion et l’instinct jouent un rôle primordial.

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Oui, dans les deux sens. Avec certains croisements, on se dit qu’on va produire un cheval exceptionnel, et il finit par être quelconque. Et d’autres fois, le résultat est extraordinaire alors qu’on ne s’y attend pas du tout. Mais il faut aussi se rappeler que les chevaux évoluent à leur propre rythme. Certains poulains qui n’ont l’air de rien au départ font preuve de performances incroyables plus tard dans leur carrière.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

Évidemment, c’est là que se joue la réussite du cheval par la suite. Si la relation cheval-cavalier n’est pas harmonieuse, l’animal n’atteindra jamais son plein potentiel.

Pouvez-vous nous donner un aperçu rapide de votre programme d’élevage ?

Bien sûr. Nous avons avant tout les juments : les nouvelles et celles qui ont déjà pouliné pour nous. On étudie toujours les poulains produits dans le cadre du programme pour voir comment ils ont évolué et si le croisement a fonctionné comme prévu. Ensuite, on ajuste en fonction pour les poulains à venir. Si un croisement entre une jument et un étalon a bien marché, on essaie de les croiser de nouveau. Si ce n’est pas possible, on cherchera un étalon aux caractéristiques proches du précédent, en regardant le type et les lignées. Si un croisement a échoué, on essaie d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Et s’il s’agit d’une nouvelle jument, ou d’une jument récemment retraitée, qui n’a jamais pouliné, nous examinons ses traits en détail pour analyser ses qualités et définir la contribution souhaitable de l’étalon. C’est par là que tout commence.

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant d’être débourré ou de rejoindre ses propriétaires ?

Les juments et les poulains restent ensemble cinq à six mois. Après cette période, le poulain est assez indépendant et sevré de sa mère. Les poulains sont alors rassemblés en groupes de sept ou huit. Par beau temps, ils restent au pré ou au paddock. Dans le cas contraire, ils ont accès à l’écurie et au paddock, et sont souvent libres d’aller et venir entre les deux. Autour de trois ans, ils commencent le saut en liberté. Les juments de trois ans poulinent parfois une fois avant de commencer la compétition, et les étalons sont préparés à l’approbation. La plupart des étalons sont débourrés avant quatre ans, les juments un peu plus tard.

Combien assurez-vous de poulinages par an ?

Environ 25 poulains naissent chez nous chaque année.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant qu’éleveuse ?

De produire des chevaux de compétition de haut niveau, pour nous mais aussi pour d’autres cavaliers. C’est un sentiment incroyable de monter  au plus haut niveau un cheval qu’on a vu naître. Certains de nos chevaux ont eu beaucoup de succès, et Christian [Ahlmann] a parmi ses meilleurs montures beaucoup de chevaux de notre élevage.

De quels chevaux en particulier êtes-vous la plus fière ?

As Cold as Ice Z est l’une de mes montures favorites : elle m’a aidé à réaliser beaucoup de mes rêves, et elle est née ici-même. Ensuite, on a Take a Chance on Me Z, qui était le premier à avoir été élevé ici à partir d’un de mes ancien chevaux de compétition. Il a fini par concourir au niveau Grand Prix, et j’étais ultra fière de savoir que j’avais élevé et entraîné un cheval aussi extraordinaire. On avait gagné en Grand Prix avec sa mère et son père, et quand on a fait de même avec leur poulain, on était remplis de joie.

Au-delà de l’élevage, quelles sont vos rêves et ambitions en tant que cavalière de saut d’obstacles ?

Cela fait 18 mois que je n’ai pas fait de compétition, car j’ai eu un deuxième enfant et j’avais beaucoup à faire. Avec l’élevage, les enchères et tout ça, ça faisait trop. Je ne suis pas retraitée pour autant ! J’adore monter, mais actuellement je n’ai pas le temps de concourir. Le saut d’obstacles demande beaucoup de temps, et avec ma famille et l’élevage de chevaux, je n’arrive pas à trouver le temps. Mais on verra ce que nous réserve l’avenir ! En dehors des compétitions, j’ai aussi d’autres ambitions. J’adore participer aux enchères. Nous avons organisé l’une des premières enchères en ligne il y a sept ans. C’est maintenant monnaie courante, et c’est devenu un aspect important de nos activités.

Quel est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Aix-la-Chapelle, sans hésiter. Nous sommes à 30 minutes à peine, c’est donc comme si c’était chez moi, encore plus que pour certains Allemands. Lorsque le stade est plein, l’atmosphère est incroyable.

Qui vous a le plus inspirée dans votre carrière ? 

Mon père, bien sûr.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Bonne question... J’ai reçu beaucoup de conseils au fil des ans. Mais une citation en particulier m’accompagne toujours : « Celui qui tombe et se relève est plus fort que celui qui n’est jamais tombé ». Quoi que je fasse dans la vie, ce dicton ne manque jamais de me rassurer.

Michael Mronz (photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton) Michael Mronz (photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton)

Dans les coulisses du CHIO d'Aix-la-Chapelle Digital avec Michael Mronz, Directeur Général

 

Parlez-nous de l’Aix-la-Chapelle digital, quels sont les points forts du programme ?

Il est totalement diversifié. Nous avons des défis sportifs avec des cavaliers de haut niveau comme Patrik Kittel, Luciana Diniz, Ludger Beerbaum, Jessica von Bredow-Werndl ou Sandra Auffarth. Dans la Coupe virtuelle de SAP, les fans du CHIO d’Aix-la-Chapelle peuvent devenir "Eventing Managers". Il y a également de nombreux reportages sur les compétitions les plus importantes ; par exemple, Luciana Diniz nous a fait part de ses impressions quand elle a frisé la victoire à trois reprises lors du Grand Prix Rolex. Puis Otto Becker et beaucoup d’autres nous parleront de la fascination pour la Coupe des Nations Mercedes-Benz. En plus de cela, nous avons bien sûr les temps forts du Grand Prix Rolex et d’autres compétitions fascinantes, ainsi que des reportages en direct du CHIO d’Aix-la-Chapelle 2019, agrémentés de commentaires et d’informations de fond passionnantes. Tout cela va être mis en évidence dans un rapport quotidien du 4 au 9 août, sur Facebook, YouTube, chioaachen.de et via clipmyhorse.tv.

Comment avez-vous trouvé les idées pour le contenu ?

Il va de soi que toute l’équipe du CHIO d’Aix-la-Chapelle a développé les idées et le concept en commun. Une grande partie de l’information est venue de l’extérieur, des fans du CHIO d’Aix-la-Chapelle et même de certains cavaliers qui nous ont donné des idées.

Quels sont vos objectifs pour l’événement numérique ?

Notre objectif est le même que pour le « véritable » CHIO d’Aix-la-Chapelle : divertir les gens. En cette année difficile, nous voulons offrir un peu de cette atmosphère très spéciale et inégalée des Soers d’Aix-la-Chapelle aux salons des fans du CHIO d’Aix-la-Chapelle dans le monde entier.

Comment l’équipe s’est-elle adaptée pour faire face à la pandémie COVID-19 ?

Elle s’est très bien adaptée. La majorité des employés travaillent à domicile, nous communiquons entre nous par vidéoconférence et en ligne. Tout le monde s’est très vite adapté à la situation. Je pense que nous avons aussi beaucoup appris sur la façon dont nous allons travailler à l’avenir.

Pensez-vous que cette expérience vous a obligé à envisager de changer le format du CHIO d’Aix-la-Chapelle l’année prochaine ?

Oui, à l’avenir, nous pourrons aussi sans aucun doute utiliser de nombreux aspects que nous avons maintenant intégrés numériquement au CHIO d’Aix-la-Chapelle. Des applications comme le Eventing Manager (Responsable d’événements), mais aussi l’échange intensif en ligne avec nos visiteurs et nos fans.

Pensez-vous qu’il y aura davantage d’événements virtuels, même après la fin de la pandémie ?

Je peux bien l’imaginer, oui, mais à plus petite échelle. Tout ce qui offre une valeur ajoutée mérite d’être pris en compte pour l’avenir également.

Avez-vous observé de grandes initiatives dans un autre sport que vous aimeriez mentionner ?

Oui, il y a certainement de nombreuses bonnes initiatives et idées sur la façon de maintenir des événements fantastiques en vie malgré la pandémie.

Quels cavaliers ont été impliqués dans l’Aix-la-Chapelle numérique ?

Des cavaliers nationaux comme des cavaliers internationaux, oui. Par exemple, Ludger Beerbaum et Sandra Auffarth, Jessica von Bredow-Werndl, Ijsbrand Chardon, Patrik Kittel et Luciana Diniz seront impliqués.


Quelle est la plus grande leçon que vous avez apprise en ces temps difficiles ?

De ne jamais être trop sûr de quoi que ce soit.

Qu’est-ce qui vous a le plus plu dans la mise en place de l’Aix-la-Chapelle numérique ?

L’enthousiasme au sein de l’équipe. Bien sûr, nous étions tous tristes, déçus et stupéfaits que le CHIO d’Aix-la-Chapelle 2020 ait dû être annulé, mais c’était magnifique de voir comment de nouvelles idées naissaient et étaient mises en pratique.

En ce qui concerne la quête du Grand Prix de saut d’obstacles de Rolex en 2021, quels cavaliers seront, selon vous, en lice ?

Ce qui est formidable dans notre sport, c’est la haute densité des prestations. Il n’y a plus cinq ou six cavaliers qui dominent tout comme par le passé. Chaque année, dans le cadre du Grand Prix de saut d’obstacles de Rolex, nous faisons l’expérience d’un sport d’exception dans les arènes équestres les plus fascinantes du monde. Scott Brash nous a fait comprendre qu’il était possible de maîtriser le défi ultime, mais qui sera le prochain adversaire ? C’est impossible à prévoir.

Sean Lynch (photo: Tiffany Van Halle) Sean Lynch (photo: Tiffany Van Halle)

Behind the Stable door with Sean Lynch, international travelling groom for Daniel Deusser

 

Votre quotidien a-t-il changé depuis le confinement, et si oui comment ?

Au départ, sans les concours, c’est sûr que c’était plutôt calme. Mais on a fini par être très occupés à la maison. Avec l’absence de concours, il n’était pas nécessaire d’avoir tout le monde présent et quelques personnes étaient à l’arrêt. En avril, il n’y avait que moi, Daniel et un cavalier d’ici, et même si on terminait pour une fois à une heure normale, on avait de quoi faire.

Avez-vous appris à mieux connaître les chevaux en passant autant de temps à l’écurie avec eux ?

Je dois avouer que c’était très agréable de passer ce temps à domicile. Je voyage avec des chevaux différents chaque semaine : j’ai par exemple Jasmine, Killer Queen et Tobago une semaine, et celle d’après j’accompagne les jeunes chevaux. J’ai donc apprécié pouvoir m’occuper chaque jour de nos chevaux de Grand Prix, et d’apprendre à mieux connaître les nouveaux arrivants.

Avez-vous eu l’occasion d’acquérir de nouvelles compétences ?

Oui, puisqu’on en parle, je suis en train de développer une application pour iPhone et Android. Ça s’appelle GroomsGoTo, et ça permet de faire plein de choses en quelques clics. On y trouvera les dates des concours reliées au site World of Show Jumping, les pensions disponibles et les démonstrations prévues. Je vais également y inclure des tutoriels pour les jeunes qui voyagent moins. Il y aura aussi des portraits intéressants. Enfin, l’appli facilitera les tâches administratives du groom, en fournissant par exemple une liste type de choses à emporter.

J’ai aussi commencé à apprendre l’allemand, mais ça n’a pas duré longtemps !

D’où est partie cette idée de développer une application ?

En parlant à ma mère et mon meilleur ami, j’ai réalisé qu’il serait très utile d’avoir toutes les informations nécessaires à notre métier au même endroit. Au lieu de visiter 20 sites différents, il suffira de télécharger une seule appli qui regroupe toutes ces informations et vous envoie des notifications pour vous faciliter la vie. Si ça marche comme je l’espère, j’ajouterai un section Emploi pour que les utilisateurs puissent mettre une annonce quand ils ont besoin d’un groom pour une période donnée, par exemple pour un mois seulement.

Qu’est-ce qui vous a manqué pendant que l’arrêt des concours ?

L’ambiance ! Dans les semaines précédant le confinement, on a gagné deux Grands Prix 5* de suite. J’étais gonflé à bloc, les chevaux étaient en super forme et on s’apprêtait à se rendre à la finale de la FEI World Cup™. J’étais en chemin pour Bois-le-Duc quand j’ai reçu un coup de fil pour me dire de faire demi-tour, car tout était annulé. L’ambiance et la montée d’adrénaline me manquent, tout comme les autres membres de l’équipe, avec qui je passe normalement beaucoup de temps.

Et qu’est-ce qui vous a le moins manqué ?

La route. Je suis monté dans la cabine du camion pour aller à Saint-Tropez, et je n’avais vraiment pas envie de conduire.

Comment entretenez-vous la forme de vos chevaux pour qu’ils soient prêts à affronter un Majeur, à moins que vous n’ayez choisi de les laisser se reposer ?

Il faut naviguer à vue dans ces cas-là. On n’allait pas recevoir un appel nous disant que le CHI de Genève commençait dans trois jours. La reprise va se faire progressivement, et on aura toujours quelques semaines pour se préparer. On a ménagé les chevaux pendant quelques jours, et quand on a su en avril-mai que le confinement se poursuivait, on les a laissés se reposer quelques jours. Killer Queen est sortie en balade chaque jour, est allée au champ de courses et a passé du temps à la maison comme le ferait un cheval « normal ». Quand on a su que Saint-Tropez allait peut-être avoir lieu, on a eu deux-trois semaines pour les remettre sérieusement au travail. Mais durant toute cette période, on a fait en sorte que les chevaux gardent la forme pour être prêts à partir en concours assez vite.

Quel impact cela a-t-il eu sur la stratégie de Daniel ?

C’est moins stressant pour moi que pour lui. On a dû réfléchir à la tournure que prenaient les événements, décider quels chevaux étaient prêts. Daniel avait quelques options heureusement, car nous avons la chance d’avoir plusieurs chevaux de Grand Prix. À l’heure actuelle, nous avons six chevaux de Grand Prix à l’écurie, dont trois capables de rivaliser à l’échelle européenne ou mondiale. Nous sommes dans une situation idéale en ce moment, car nous avons des chevaux exceptionnels et une équipe formidable, mais je ne sais pas encore comment tout ça va se passer. Jasmine allait faire le dernier Majeur à Bois-le-Duc avant la finale de la FEI World Cup™, mais j’ignore comment se serait passé le reste de l’année. Daniel avait mentionné le CSIO des Spruce Meadows Masters et la possibilité d’emmener Killer Queen aux Jeux olympiques. De nombreuses suppositions ont été faites, mais pour finir, on a dû attendre de voir ce qui se passait. Daniel sait toujours ce qu’il va faire de chaque cheval, il est très professionnel, très réfléchi, il évite de surmener les chevaux. Mais tout dépendait de ce que nous réservait cette année.

Quels chevaux allez-vous préparer pour le CHI de Genève dans l’espoir de remporter le Rolex Grand Prix en décembre ?

Pour moi, dans l’idéal, ce serait Killer Queen, Tobago et Jasmine. On pourrait tout gagner avec ceux-là ! Killer Queen était là l’an passé à l’âge de neuf ans, pour sa première finale du Top 10 Rolex IJRC. Ce n’était pas prévu comme ça au départ, mais Tobago était blessé, et à la surprise de tous elle a fini en quatrième position. Depuis, elle a gagné en expérience, en particulier sur cette piste. Ce pourrait donc être sa chance.

Daniel a été plusieurs fois à deux doigts de gagner un Majeur, une victoire est-elle le but ultime de l’équipe ?

Il était très déçu de passer si près de la victoire l’an passé à Aix-la-Chapelle. Nous les grooms, on veut toujours que notre cavalier fasse un bon résultat, pour le plaisir de tous dans l’équipe. Une victoire à Aix-la-Chapelle, ce serait très spécial. C’est l’un des événements les plus importants de l’année. La foule serait folle de joie de voir Daniel gagner, mais il faudra attendre l’année prochaine pour l’entendre se déchaîner !

Quel métier feriez-vous si vous n’étiez pas groom ?

Aucune idée ! J’ai toujours baigné dans l’équitation. Quand j’étais plus jeune, j’étais à la fois cavalier et groom. Maintenant je suis le groom concours de l’un des meilleurs cavaliers au monde. Je suis fier de ma carrière, mais je ne veux pas suivre les concours toute ma vie, car j’aimerais bien fonder une famille à un moment donné, ce genre de choses. J’aimerais aussi gérer une écurie, ce qui me permettrait de moins voyager. Enfin, ce sont des rêves d’avenir, pas pour le moment !

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

On ne cesse jamais d’apprendre. Dans ce métier, on apprend tous les jours, et les anciens vous expliquent toujours comment étaient les choses « avant ». Avec l’arrivée de nouvelles machines, de nouvelles méthodes, les choses ont beaucoup évolué. Mais je n’oublie jamais qu’on continue d’apprendre toute sa vie.

Et le pire conseil ?

Ce n’est pas vraiment un conseil, mais je n’aime pas la séparation qui peut exister entre les grooms. On entend parfois que les grooms deux étoiles et cinq étoiles sont complètement différents, ce qui est faux : nous faisons tous le même travail et nous devrions être traités de manière égale.

Quel est votre meilleur souvenir professionnel jusqu’ici ?

J’en ai tellement ! Mais je vous donne les trois premiers : Rio d’abord, les championnats d’Europe aussi. Ça peut paraître étrange, mais la FEI World Cup™ à Malines l’an passé : c’était la période où Tobago était blessé, ce qui nous a fait encore plus apprécier la victoire. J’en ai encore bien d’autres, mais ces trois-là me tiennent particulièrement à cœur.

Y a-t-il d’autres sports qui vous inspirent, des équipes que vous supportez ?

Non, pas vraiment. L’univers du cheval est comme une drogue, c’est tout ce qui m’habite. Bon, quand il y a les Jeux olympiques et que je n’y suis pas, en mémoire de Rio je regarde l’athlétisme avec Usain Bolt et les autres. Si c’est à la télévision et que je tombe dessus, j’aime bien regarder. Mais je suis avant tout homme de cheval, et si je regarde autre chose que le saut d’obstacles, c’est le dressage !

Harry Charles (Photo: Rolex / Ashley Neuhof) Harry Charles (Photo: Rolex / Ashley Neuhof)

Nick Skelton (GBR) and Big Star winners of the Rolex Grand Prix Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton

Entretien avec Nick Skelton, médaillé d’or aux Jeux Olympiques Et légende du saut d’obstacles

 

Quel a été le premier Majeur auquel vous ayez participé ? Et comment cela s’était terminé ?

J’ai gagné le Grand Prix de Genève en 1978, avant que celui-ci ne devienne une épreuve Rolex. (ndlr : il a remporté 9 Majeurs au cours de sa carrière).

Qu’avez-vous ressenti lors de votre première victoire à un Majeur ?

Ce qu’aurait ressenti n’importe qui dans ces circonstances : c’était terriblement palpitant, j’étais ravi et heureux de remporter la victoire. J’avais de très bons chevaux à cette époque, comme Apollo avec qui j’ai décroché deux Grands Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle, ou Everest If Ever avec qui j’ai également remporté cette épreuve en 1982. Plus récemment, en 2013, Big Star a lui aussi gagné ce Rolex Grand Prix qui était devenu l’un des Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, auquel je suis alors devenu prétendant.

À l’entrée en piste d’un Rolex Grand Prix lors d’un Majeur, ressent-on une émotion différente par rapport aux autres concours ?

J’aime toujours beaucoup participer au CHIO d’Aix-la-Chapelle. Dès les années 80, il a attiré une foule immense et l’atmosphère a toujours été électrique. Pour n’importe quel cavalier, remporter la victoire à Aix-la-Chapelle est toujours une expérience incroyable. Ce trophée et celui de Calgary sont probablement les plus difficiles à décrocher.

Quel est votre Majeur préféré en tant que cavalier ?

Tout le monde serait d’accord pour dire que le CHIO d’Aix-la-Chapelle est le plus convoité par les cavaliers. C’est un peu comme Wimbledon au tennis ou le Masters au golf, c’est le summum de notre sport. La plupart de mes confrères diraient la même chose, je pense.

À votre avis, faut-il un cheval très particulier pour remporter l’un des Majeurs qui constituent le Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Ce sont évidemment des épreuves difficiles, et avec la foule de spectateurs présents le jour J, la pression est immense. Les cavaliers sont aussi conscients que ce sont les Grands Prix les plus importants qui existent et de ce que représenterait une victoire.

La discipline du saut d’obstacles a-t-elle changé au cours de votre carrière ?

Oui, énormément. L’une des choses que je remarque le plus est le temps imparti. De nos jours, la vitesse est clé, bien plus qu’il y a quelques années en arrière. Il n’y a pas très longtemps, j’ai regardé une vidéo datant de 1987, quand j’ai remporté un Grand Prix sur Apollo. Le temps imparti était de 102 secondes. Aujourd’hui, sur le même parcours, avec le même nombre d’obstacles, il serait de 82 à 84 secondes. Il faudrait donc gagner vingt secondes, à peu près, sur le temps qui aurait suffi à l’époque. Les obstacles arrivent très, très vite de nos jours. Il y a souvent davantage d’obstacles sur les parcours modernes, malgré leur taille réduite. Même sur les pistes les plus serrées, on a souvent encore facilement 13 obstacles. Les chevaux doivent donc sauter plus d’obstacles dans un temps plus limité.

À votre avis, est-il plus important aujourd’hui d’avoir un gros piquet de chevaux, plutôt qu’un cheval star ?

Absolument. Il y a beaucoup plus de concours maintenant : un Grand Prix important a lieu chaque semaine quelque part en Europe. Il faut donc avoir beaucoup plus de montures, et les bons chevaux sont difficiles à trouver et coûtent très chers.

Qu’est-ce que le Rolex Grand Slam of Show Jumping a apporté au sport, selon vous ?

C’était tout d’abord une très bonne idée, un défi très dur à remporter. Au début de ma carrière, je l’aurais probablement décroché. Je crois que j’ai remporté tous ces Grands Prix, parfois la même année. Scott Brash est le seul cavalier qui a réussi. C’est difficile de remporter deux de ces épreuves la même saison, alors trois ou quatre... c’est un véritable tour de force. De manière générale, ça a aiguisé la compétition. Des cavaliers du monde entier font tout leur possible pour remporter le Rolex Grand Slam, car il s’agit du titre le plus prestigieux dans l’univers du saut d’obstacles.

Vous avez pris part à d’innombrables concours durant votre carrière. Avez-vous toujours le trac avant un événement important ?

Je n’ai pas le trac, même si comme tous les cavaliers, je ressens une légère appréhension avant une épreuve importante, parce que je veux faire un bon résultat. Si quelqu’un affirmait ne rien ressentir de particulier, j’aurais du mal à le croire. Les cavaliers veulent réussir, et ce désir est inévitablement accompagné d’émotions. Mais plutôt que de la nervosité, je ressens davantage ça comme une poussée d’adrénaline. En ce qui me concerne, une fois que la sonnette retentit, je ne vois plus rien que les obstacles autour de moi. Je pense que c’est pareil dans tous les sports : j’imagine qu’un joueur de tennis à Wimbledon se concentre sur son jeu et n’entend pas non plus la foule.

Vous avez eu des moments difficiles dans votre carrière. Qu’est-ce qui vous a poussé à continuer ?

J’ai toujours eu de nouveaux jeunes chevaux successifs à former. Même quand j’étais blessé, j’avais hâte de préparer et de valoriser l’un de ces chevaux, et ça m’a donné envie de revenir plus fort qu’avant. J’ai eu Arko, puis Big Star, donc j’ai toujours eu deux ou trois jeunes chevaux de qualité en préparation dont je voyais le potentiel, et ça m’a motivé pour revenir à la compétition. Mais après Big Star, j’ai compris que je n’aurai plus jamais une monture de ce calibre, et puis je ne rajeunissais pas non plus. J’étais satisfait de mon palmarès et j’ai su qu’il était temps de raccrocher, surtout que j’avais des petits problèmes de dos et que Big Star n’était pas tout à fait aussi sain et intact qu’avant. Le moment était venu.

Je crois qu’on connaît déjà la réponse à cette question, mais si vous aviez à choisir un seul cheval...

Ce serait Big Star, évidemment. J’ai eu beaucoup de chance, j’ai monté des chevaux extraordinaires. C’est très difficile de choisir, mais Big Star sort quand même du lot. J’ai eu des montures exceptionnelles durant ma carrière, comme Dollar Girl, St James, Apollo, Tinka’s boy, Top Gun et Carlo, qui faisaient tous partie des meilleurs chevaux d’obstacles au monde. Mais Big Star est incroyablement spécial à mes yeux, et je suis vraiment heureux d’avoir pu le monter.

Avez-vous su très vite que Big Star allait être spécial ?

Oui, j’ai su immédiatement qu’il était exceptionnel. Dès notre premier essai, il s’est passé quelque chose de spécial. Il était différent des autres.

Que fait Big Star de nos jours? Il saute toujours chez vous ?

Il continue sa carrière d’étalon, et quand il rentre chez nous, on essaie de le garder en forme. On fait des balades et on saute un peu. Tout le monde le chouchoute, il profite bien de sa retraite.

Quel aspect de la compétition vous manque le plus (et le moins) ?

La victoire est ce qui me manque le plus ! Et les trajets ce qui me manque le moins, même si je voyage encore pas mal avec nos étudiants et Laura Kraut. J’ai parfois encore envie de participer. Il m’arrive de les regarder monter dans un Grand Prix important, et de les envier. Mais je suis néanmoins très satisfait de ce que j’ai accompli dans ma carrière. Je ne suis pas de nature à avoir des regrets.

Une nouvelle génération de cavaliers comme Harry, le fils de Peter Charles, commence à gravir les échelons du saut d’obstacles professionnel. Quel conseil donneriez-vous à ces jeunes talents ?

La difficulté consiste à choisir les bons chevaux, ceux qui vous permettront d’atteindre des sommets. Il faut évidemment savoir les monter ensuite, mais mettre la main sur la perle rare est essentiel.

Quel cavalier vous a le plus inspiré ?

Beaucoup, dont certains sont toujours en compétition. En ce moment, je dirais Scott Brash, Steve Guerdat et les Philippaerts, mais il y a énormément de très bons cavaliers de nos jours dignes d’admiration.

Comment avez-vous continué de préparer vos chevaux pendant le confinement ?

On s’est organisés, on a construit des parcours chez nous pour les étudiants, et une fois par semaine on a choisi un parcours où s’entraîner. C’était amusant. Et puis je n’avais jamais passé autant de temps à la maison, ce qui était plutôt agréable !

Kent Farrington with Creedance (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Kent Farrington with Creedance (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

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