Rolex Grand Slam of Show Jumping

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Photo: CHI de Genève / scoopdyga.com Photo: CHI de Genève / scoopdyga.com

Les cavaliers favoris pour le CHI de Genève 2021

 

Après près de deux ans d’attente, le CHI de Genève, quatrième et ultime Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, aura lieu du 9 au 12 décembre cette année. L’événement accueillera un nombre impressionnant de couples de renommée mondiale, dont chacun des dix meilleurs cavaliers de la planète, 17 des 20 premiers mondiaux, et sept Témoignages Rolex. Ce sera également la 60e édition de cette manifestation, ainsi que le 20e anniversaire de la finale du Top 10 IJRC Rolex. Comme à chaque fois, le CHI de Genève sera un événement d’envergure internationale, avec des concurrents venus de 16 pays différents. L’équipe suisse à elle seule comptera 19 membres.

Suite à sa remarquable première victoire au Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle en septembre, Daniel Deusser, numéro deux mondial et Prétendant actuel au titre, a confirmé qu’il viendrait accompagné de sa talentueuse jument, Killer Queen VDM. Tous deux tenteront de poursuivre leur parcours déjà bien entamé vers le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le CHI de Genève est l’épreuve phare du calendrier international pour les meilleurs cavaliers de saut d’obstacles. Et le Rolex Grand Prix les mettra nul doute une fois encore au banc d’essai : pour soulever le trophée, il faudra à la fois des talents de cavalier et d’homme de cheval.

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les couples à battre

Le Suédois Peder Fredricson, premier mondial actuel, est en très bonne forme, et il sera avant tout autre à surveiller durant ce dernier Majeur de l’année. Champion olympique par équipe aux Jeux de Tokyo 2020, il bénéficie d’un cheptel de talent, et tous les yeux des spectateurs du Palexpo de Genève seront rivés sur lui.

Henrik von Eckermann, son compatriote, a lui aussi joué un rôle primordial dans la réussite de la Suède aux Jeux olympiques de l’été dernier. Numéro deux actuel au classement mondial, von Eckermann, qui a récemment remporté la finale de Coupe des nations à Barcelone aux rênes de son fidèle King Edward, cherchera à ajouter une victoire au CHI de Genève à son palmarès.

Quant à Ben Maher, médaillé d’or individuel aux Jeux, il viendra accompagné du très doué Explosion W. Déjà vainqueur du Rolex Grand Prix au Royal Windsor Horse Show en mai de cette année, le Britannique cherchera à finir l’année en beauté.

Le britannique Scott Brash, seul cavalier à avoir remporté le Rolex Grand Slam of Show Jumping jusqu’à présent, tentera de reconquérir le titre au Rolex Grand Prix du CHI Genève. Brash connaît parfaitement les subtilités qui peuvent mener à une victoire dans un Majeur, et utilisera ses meilleurs chevaux au CHI de Genève pour faire un premier pas vital vers une victoire au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

Le Suisse Martin Fuchs sera bien sûr l’un des favoris de la foule. Vainqueur de la dernière édition en date du Rolex Grand Prix au CHI de Genève, en 2019, et Témoignage Rolex, Martin Fuchs fera tout pour garder son titre avec à ses côtés Leone Jei, une monture qui lui a déjà offert une médaille d’or par équipe et une médaille d’argent individuelle au Championnats d’Europe. Le hongre à la robe grise a le talent et les moyens requis pour réussir dans ce test impitoyable.

Les fans de saut d’obstacles seront aussi ravis de voir revenir Steve Guerdat, autre Témoignage Rolex et co-équipier de Fuchs dans l’équipe suisse. Suite à sa spectaculaire victoire en septembre dernier au CP ‘International’ présenté par Rolex aux Masters de Spruce Meadows, aux rênes de Venard de Cerisy, Guerdat tentera de décrocher son deuxième Majeur de la saison 2021.

Kent Farrington, ancien vainqueur de la finale du Top 10 IJRC Rolex et du Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2017, comprend bien les qualités requises pour gagner sur cette piste prestigieuse. Le Témoignage Rolex américain sera rejoint par ses compatriotes, Laura Kraut et Jessica Springsteen, qui toutes deux ont connu un succès certain cette année avec une victoire par équipe à la Coupe des nations du CHIO d’Aix-la-Chapelle.

Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Live Contender interview mit:

Daniel Deusser

 

Qu’avez-vous fait après avoir gagné le Rolex Grand Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle en septembre ?

J’ai été très occupé les deux premières semaines après avoir gagné le Rolex Grand Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle. Gagner ce prix, c’est très spécial, et il est différent des autres prix. Beaucoup de gens veulent m’interviewer et faire des séances photo avec moi. J’ai vraiment apprécié cette expérience. Mais malheureusement, les chevaux ne savent pas que j’ai gagné l’un des plus grands prix au monde, donc on revient vite à la réalité.

En tant qu’Allemand, c’était incroyable de gagner le CHIO d’Aix-la-Chapelle. Aix-la-Chapelle est très spécial pour moi, et le public vous apporte tout son soutien. Quand vous entrez sur la piste, c’est très bruyant, mais le silence se fait dans le stade dès que la cloche résonne. C’est une sensation très particulière. 

Vous êtes le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Quelle est votre stratégie pour le CHI de Genève ?

Je vais prendre Killer Queen VDM pour participer au Rolex Grand Prix au CHI de Genève. C’est ma meilleure jument pour le moment. Cependant, je ne peux pas dire que c’est un cheval classique pour la saison en intérieur. Mais elle a participé au Grand Prix au CHI de Genève il y a deux ans, donc elle connaît la piste. Elle a participé à une compétition la semaine dernière, mais je vais maintenant lui laisser deux semaines de repos, car elle n’a pas besoin de beaucoup d’entraînement, et je veux qu’elle soit en pleine forme pour le Rolex Grand Prix. Au début de la semaine du CHI de Genève, je participerai à une épreuve avec elle pour voir comment elle se sent, et je déciderai alors si elle a besoin de s’entraîner à un plus haut niveau avant le Rolex Grand Prix. Je prendrai les décisions selon comment elle se sent lors de l’entraînement pour l’épreuve.

Quels autres chevaux prendrez-vous au CHI de Genève, et quels sont les jeunes chevaux que vous avez hâte de monter ?

Je n’ai pas encore complètement décidé. Scuderia 1918 Tobago Z a eu un peu de repos cet été car il était blessé, mais il est revenu pour quelques concours. Cet été, il n’a pas participé aux épreuves des plus hauts niveaux, donc je le prendrai pour participer à un concours ce week-end et voir comment il se sent dans une épreuve de plus haut niveau. Je déciderai ensuite si je le prends à Genève ou pas. Ce sera mon deuxième ou mon troisième cheval. Je verrai ça à la fin de cette semaine.

J’ai deux jeunes chevaux très bons. Ils sont tous deux très prometteurs pour l’avenir. L’un a neuf ans et s’appelle Mr. Jones [Scuderia 1918 Mr. Jones]. Nous l’avons acheté il y a deux ans, quand il avait sept ans. Nous nourrissons de grands espoirs pour lui dans les deux prochaines années. Toutefois, en raison du COVID-19, il a perdu une année d’expérience car il n’a pas fait énormément de concours, donc il n’a pas encore trop d’expérience pour un cheval de neuf ans. Le second cheval s’appelle Time et je ne l’ai jamais emmené avec moi à une compétition. L’un de nos cavaliers Stephex a participé à des épreuves pour jeunes chevaux avec lui. Il a seulement huit ans mais j’envisage de le prendre à Genève avec moi. J’aimerais acquérir de l’expérience avec lui et qu’on apprenne à mieux se connaître. Je pense qu’il a un gros potentiel.

La piste du CHI de Genève est assez différente de celle du CHIO d’Aix-la-Chapelle. Comment vous préparez-vous à ça ?

Je n’ai rien changé de particulier, mais évidemment, pour la saison en intérieur, on s’entraîne sur différentes distances et lignes que pour la saison en extérieur. Par exemple, lors de la saison en intérieur, on voit beaucoup de distances de trois et quatre foulées, ce qui est très rarement le cas sur une grande piste comme celle d’Aix-la-Chapelle, par exemple. C’est quelque chose qu’il faut pratiquer, mais en général, la plupart de nos chevaux sont bien entraînés, assez âgés et ils ont une bonne expérience, à tel point qu’il suffit de s’entraîner une fois ou deux avant la saison en intérieur. Ça ressemble plus à un programme de remise en forme. Ils ne voient les obstacles que pendant les compétitions.

Vous êtes entouré d’une très bonne équipe. À quel point est-ce important pour réussir ?

On ne peut pas réussir sans une bonne équipe. On a besoin d’une bonne équipe qui voyage avec vous, qui prend soin des chevaux à l’écurie et d’un point de vue administratif. Pour réussir alors que je voyage presque tous les week-ends, on a besoin d’une grande équipe composée de personnes et de chevaux, et ils doivent tous travailler ensemble et se compléter. Ce sport est désormais très compliqué, et je travaille tellement que mon équipe chez moi est tout aussi importante que l’athlète qui se trouve sur la selle.

Sean Lynch est mon groom principal et travaille pour moi depuis environ sept ans. Je lui fais entièrement confiance. C’est très important car il voyage avec nos meilleurs chevaux. Il fait tout avec les chevaux, et c’est une personne essentielle dans ma carrière. Je ne pourrais pas réussir sans lui. Il adore les chevaux. Ça peut être un travail 24h/24. Si quelque chose arrive à l’un d’eux, il est là pour eux, il leur est très dévoué.

Quels sont vos projets et ambitions pour 2022?

En tant que Prétendant actuel, j’espère gagner le Rolex Grand Prix au CHI de Genève, pour ensuite espérer gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Même si je ne gagne pas à Genève, j’espère quand même gagner un Rolex Grand Prix l’année prochaine. Mis à part Scott [Brash], personne n’a gagné deux ou trois fois d’affilée, c’est donc clairement l’un de mes objectifs pour les années à venir.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Évidemment, j’avais pour objectif de gagner le Rolex Grand Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle depuis de nombreuses années, depuis que j’étais enfant, même. Gagner la finale de la Coupe du monde avec mon précédent cheval, Cornet d'Amour, a également été un moment de grande fierté. C’est un cheval qui m’a hissé sur la scène internationale, et avec qui j’ai vécu mes premiers championnats et mes premières réussites. C’est un moment que je mets au même niveau que lorsque j’ai gagné le Rolex Grand Prix.

Tout comme le tennis et le golf, le saut d’obstacles possède son propre Grand Slam. Quels autres tournois majeurs sportifs aimez-vous regarder ? Lequel est votre préféré et pourquoi ?

Je suis très sportif, donc j’adore regarder tous les sports. En dehors du saut d’obstacles, mes trois sports préférés sont le tennis, le football et la Formule 1. C’est très difficile de choisir le sport que je préfère regarder. Je n’ai pas vraiment d’équipe de football préférée, mais il y a quelques années, un ami m’a fait découvrir Borussia Dortmund. Je suis allé les voir quelques fois quand ils jouaient dans la Ligue des Champions. L’atmosphère était incroyable, c’est un sport génial.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ? Idolâtrez-vous un cavalier en particulier ?

Quand j’étais enfant et que j’allais aux grandes compétitions pour voir les meilleurs cavaliers du monde en saut d’obstacles, il n’y avait que deux couples que j’adorais regarder. D’un côté, John Whitaker et Milton, et d’un autre, Franke Sloothaak et Walzerkönig. Quelques années plus tard, j’ai eu la grande chance d’avoir l’opportunité de travailler pour Franke Sloothaak pendant quatre ans et demi, et je suis encore en contact avec lui aujourd’hui. Même si l’on vit loin l’un de l’autre, il est toujours d’un grand soutien pour moi, et il me donne des conseils par téléphone. Il regarde toutes mes performances, et je dois avouer qu’il y est pour beaucoup dans ma réussite.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

Il y a quelque chose en moi qui aime gagner et qui me pousse à me surpasser. Les cavaliers de saut d’obstacles participent à beaucoup de compétitions, et il y a généralement beaucoup de concurrents dans les épreuves, mais toujours un seul gagnant. Donc on ne gagne pas tout le temps, et ce n’est pas grave de finir deuxième ou troisième. Mais quand on ne gagne pas, on repense toujours à l’épreuve en se demandant ce qu’on aurait pu mieux faire. Même si l’on ne gagne pas à chaque fois, la motivation du lundi matin est toujours là. Je tire des leçons de ce que j’aurais pu mieux faire, et je considère chaque compétition comme une expérience, qui m’aide à être meilleur lors de la prochaine compétition.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Tout d’abord, on a besoin d’expérience. Quand on est jeune, on ne peut pas donner le meilleur de soi-même. On a besoin de grandir et d’apprendre de nos expériences. Je pense que la patience est la qualité la plus importante. C’est quelque chose que j’ai appris avec Franke [Sloothaak]. Il était très calme sur son cheval, même quand son cheval avait été difficile toute la semaine. Il était très patient avec lui, et ils sautaient toujours très bien pendant les compétitions. Quand on est trop jeune et trop motivé, ça peut être très difficile. Je pense qu’il est très important d’être patient et d’apprendre de ses erreurs. Pour réussir, il faut connaître ses bases, pour soi-même et pour son cheval.

Si vous vous retrouviez seul sur une île déserte, quels sont les trois objets que vous emporteriez avec vous ?

Si je pars de chez moi sans mon téléphone, ma montre et mon porte-feuille, je suis perdu, donc je dirais ces trois objets.

Lily Attwood (photo: Ahmed Al Maawali) Lily Attwood (photo: Ahmed Al Maawali)

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Lily Attwood

 

Quels sont vos projets et ambitions pour 2022 ?

J’ai récemment amélioré ma position au classement mondial, mais après une blessure récente, celle-ci va quelque peu redescendre. En 2022, j’aimerais participer à quelques épreuves de Coupe du monde et passer au niveau 5*, ce que je n’ai pas réussi à faire cette année en raison de la COVID-19 et de la féroce compétition à ce niveau. Je souhaite également développer mon cheptel de chevaux. J’ai quelques jeunes montures pleines de promesses, sans compter mes trois chevaux plus âgés, avec qui j’ai eu de belles réussites ces dernières années, et qui m’accompagneront je l’espère au niveau supérieur.

Parlez-nous de vos montures...

J’ai mes deux meilleurs chevaux depuis deux ans et demi. Je les ai achetés une fois que j’ai arrêté le poney. Tous deux étaient uniquement censés me donner confiance à cheval, sur des parcours pouvant aller jusqu’à 1,35 m. Mais j’ai eu beaucoup de chance : ils étaient tous deux très doués ! J’ai remporté avec eux des épreuves jsuqu’au niveau Grand Prix 4*, et ils m’ont permis de me faire connaître et de vivre des moments extraordinaires sur de plus gros obstacles.

Je viens aussi d’acheter une jument de six ans, Lee May, à Richard Howley. Je l’ai emmenée à Vilamoura, où elle a fait huit sans-fautes sur neuf parcours. J’étais ravie, surtout qu’elle débutait à peine. Elle a beaucoup appris à cette occasion. Elle a  beaucoup de respect pour l’obstacle, elle est intelligente et a la tête solide. Je veux la laisser évoluer à son rythme, pour qu’à sept ans elle soit prête à gagner.

Quels trophées convoitez-vous plus que tout autre ?

Le Grand Prix Rolex du CHIO d’Aix-le-Chapelle est l’objectif ultime de nombreux cavaliers de saut d’obstacle, et je ne fais pas exception. Simplement y participer serait déjà fabuleux. J’aime aussi énormément représenter mon pays et monter en équipe, alors évidemment une médaille d’Europe Seniors ou une médaille olympique serait le rêve.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

J’ai remporté la médaille de bronze aux Championnats d’Europe des jeunes cavaliers cette année, j’étais très fière. Mais mon souvenir le plus cher est sûrement un concours pour jeunes cavaliers à Amsterdam, au moment où je suis passée des poneys aux chevaux. Je ne pensais pas du tout faire une belle performance, je n’avais le cheval que depuis un mois seulement, et j’ai gagné le Grand Prix ! Ca a marqué le début de ma carrière. Une fois qu’on a gagné une grosse épreuve devant une foule de spectateurs, on devient accro ! Le moment où j’ai gagné ma première épreuve qualificative était lui aussi mémorable. J’ai remporté pas mal d’épreuves à mon entrée sur le circuit chevaux, une réussite uniquement possible grâce à l’aide de Guy Williams, mon entraîneur. Et pour finir, le moment où j’ai été sélectionnée pour la Coupe des nations Seniors à l’âge de 18 ans.

La présence d’un mentor comme Guy Williams joue-t-elle un rôle important dans une carrière comme la vôtre ?

Oui, un rôle primordial. En tant que jeune cavalier, on a des lacunes. Impossible de prendre tout en charge soi-même, il faut une équipe autour de soi, qui vous entoure et vous encadre. Si j’ai autant goûté à la réussite à mon âge, c’est grâce à Guy. Il ne suffit pas d’être bon cavalier, il faut avoir de bonnes connaissances d’homme de cheval en général. Guy m’a appris à m’occuper correctement de mes chevaux, de la nourriture à la maréchalerie. J’ai gagné d’inestimables connaissances auprès de lui et de Nat, son groom. Le talent une fois en selle n’est qu’une facette de la vie de cavalier. Il faut aussi savoir prendre soin de ses chevaux.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Que 99,9 % du temps, l’erreur ne vient pas du cheval, donc ça ne sert à rien de s’énerver contre lui. De ne pas rester sur une frustration, mais de respirer, sortir de piste, trotter un coup, et revenir pour essayer de faire mieux. Les chevaux ne sont pas des robots, il suffit de leur expliquer clairement. J’étais un peu excitée à poney, Guy m’a appris à me calmer. Même si on est frustré, cela ne sert à rien de s’énerver contre le cheval après une mauvaise performance.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

J’ai récemment eu la chance de passer du temps avec Michael et John [Whitaker] et de bien les connaître, ils sont tous deux une grande source d’inspiration. Ce sont de véritables hommes de cheval. Je les regarde toujours concourir. Comme John en concours la semaine dernière : léger, aérien, naturel, il donne l’impression qu’il n’y a rien de plus facile !

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

Cette année, je suis passée tout près de la qualification au 5* du Royal Windsor Horse Show et de la Coupe du monde au London International Horse Show. À un cavalier près, j’y participais : ça a été une grosse frustration. Mais ça me donne encore plus envie de monter dans le classement pour faire mieux l’an prochain. Ce sont de superbes concours, dans mon pays natal en plus. Je vais donc tout faire pour y participer l’année prochaine.

Êtes-vous heureuse de retrouver la foule ? La présence de spectateurs vous motive-t-elle ?

Oui, la foule me motive énormément. Mon premier concours depuis la reprise était celui de Valence, qui a été très spécial. J’étais aussi récemment au Horse of the Year Show, un événement ayant lieu à l’intérieur devant des tribunes pleines à craquer, où règne une ambiance incroyable. Tous les cavaliers sont ravis de retrouver la foule. La montée d’adrénaline qui en découle incite à se dépasser. Sans la foule, ça a été difficile pour nous.

Bien sûr, certains chevaux peuvent au contraire se laisser distraire par la présence de spectateurs. Mon cheval de tête est très peureux, il fait des écarts facilement, il a même peur des barres au sol chez nous. Au Horse of the Year Show, il n’a pas très bien sauté : comme il n’y avait pas eu de grosses épreuves à l’intérieur en raison de la COVID-19, il n’était pas habitué à la foule et aux projecteurs. Mais la présence de spectateurs peuvent aussi motiver d’autres chevaux plus habitués. Les clameurs les poussent même à se surpasser. Chaque cheval est différent.

Selon vous, le Rolex Grand Slam a-t-il été une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Oui, tout à fait. Tous les cavaliers rêvent de le remporter, ça pousse tout le monde à se transcender. Je pense aussi que le Rolex Grand Slam a permis à plus de gens de s’intéresser à notre sport, partout dans le monde, car les spectateurs aiment regarder le sport de haut niveau aux vrais enjeux. Le Rolex Grand Slam couvre les meilleurs Grands Prix du monde et annonce une nouvelle ère pour le saut d’obstacles. Daniel Deusser et Killer Queen VDM, en superbe forme cette année, pourraient être les prochains à remporter le Rolex Grand Slam.

Edouard Schmitz and Balenciana K (photo: Om'Photographe / Jump Mag) Edouard Schmitz and Balenciana K (photo: Om'Photographe / Jump Mag)

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Edouard Schmitz

 

Quels sont vos objectifs pour cette fin d’année, et quels sont vos projets et ambitions pour 2022 ?

Cette année, j’ai été sélectionné pour participer à plusieurs Coupes du monde pour la toute première fois, et ça a été une sensation incroyable. Je participe aux Coupes du monde à Madrid, Londres et Malines, et obtenir de bons résultats à l’une d’entre elles serait la manière idéale de conclure 2021. Je vais au CHI de Genève. Comme c’est chez moi, je veux me surpasser là-bas.

Je suis sur une pente ascendante cette seconde moitié de l’année, et mon objectif est de continuer sur ma lancée. Je veux m’améliorer dans les classements ; j’espère être dans le top 50. Ce serait une grande réussite pour moi et cela m’ouvrirait les portes de plus hauts niveaux. Je rêve de participer à une Coupe des nations. En tant que fier patriote suisse, porter la veste rouge est toujours un événement spécial pour moi, et ce serait génial d’avoir cette opportunité l’année prochaine.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Mon plus grand moment de fierté professionnelle s’est produit il y a quelques années, quand j’avais seize ans. D’un point de vue extérieur, on pourrait croire que ce n’était pas le meilleur moment de ma carrière, mais pour moi, ça l’était. Je me trouvais à un concours international pour les moins de 25 ans à Chevenez. J’avais 16 ans et mon entraîneur voulait que je participe au Grand Prix junior ; cependant, moi, je voulais participer au Grand Prix pour les moins de 25 ans, car j’avais une opportunité d’y participer, et cela voulait dire que je pouvais aussi gagner l’opportunité de participer au CHI de Genève. Toute la semaine j’ai lutté pour participer au niveau supérieur, et mon entraîneur n’arrêtait pas de me dire que c’était une mauvaise idée et que je ne devrais pas y participer. Mais j’ai tellement insisté qu’il a fini par me laisser y aller, et j’ai gagné et obtenu l’opportunité de participer au CHI Genève ! Je montais Cortino 46. Je crois que c’est l’un de mes plus grands moments de fierté professionnelle, car j’avais la sensation d’avoir prouvé à tout le monde qu’ils avaient tort.

Vous étiez (êtes !) un skieur junior talentueux. Pourquoi avez-vous décidé de vous concentrer sur le saut d’obstacles ?

Je ne sais pas trop pourquoi j’ai choisi l’un plutôt que l’autre, j’adorais les deux sports. Mais j’imagine qu’en fin de compte, j’avais une préférence pour le saut d’obstacles. Je n’ai jamais regretté une seule fois d’avoir choisi ça plutôt que le ski.

Pendant vos études, avez-vous appris des choses que vous appliquez au saut d’obstacles, et vice versa ?

En général, je trouve que le sport est une bonne école de la vie pour tout le monde. La réflexion systématique qu’on apprend en études d’ingénieur ou de mathématiques est également un atout dans différentes situations en équitation. Dans le sport, je trouve que nous avons parfois tendance à nous laisser submerger par les émotions, ce qui est parfois positif, et que nous ressentons plus que nous réfléchissons. Pouvoir apporter un peu de réflexion systématique est également la beauté du sport, c’est une bonne chose.

En sciences de l’ingénieur, quand vous avez un problème, vous le résolvez avec les outils à votre disposition, et je trouve qu’appliquer cet état d’esprit à l’équitation est très intéressant. Le sport et la réflexion systématique sont très complémentaires, et mes études m’ont vraiment aidé à apprendre ça.

Tout comme le tennis et le golf, le saut d’obstacles possède son propre Grand Slam. Quels autres tournois majeurs sportifs aimez-vous regarder ? Lequel est votre préféré et pourquoi ?

Étant suisse, je ne peux pas dire que je ne regarde pas les Majeurs de tennis, surtout quand on a un athlète comme Roger Federer. C’est une personne tout aussi exceptionnelle en dehors du court de tennis. Il est très gentil, et ce qu’il dégage pendant ses interviews est incroyable. Il a énormément progressé au niveau personnel. Quand il a commencé, c’était le « bad boy du tennis », et il s’est désormais transformé en un athlète très poli. J’ai l’impression que tout le monde peut apprendre des choses de son parcours, et suivre ce parcours au plus haut niveau, c’est une opportunité extraordinaire.

Mon Majeur préféré est Wimbledon ou Roland-Garros, mais je pense que si on me forçait à n’en choisir qu’un, ce serait Roland-Garros. Je trouve ce tournoi plus intéressant car Federer ne joue pas aussi bien sur terre battue, donc il y a un peu plus de tension.

Quelle est votre plus grande source d’inspiration durant votre carrière ? Idolâtrez-vous un cavalier en particulier ?

Je n’aime pas le mot « idolâtrer », car idolâtrer quelqu’un est un manque de jugement critique. Regarder et vénérer quelqu’un sans jamais questionner ce que cette personne fait peut être très néfaste, d’après moi. J’aime observer tous les cavaliers et choisir les éléments que je souhaite imiter.

Quand j’étais petit, j’allais au CHI de Genève tous les ans et j’observais les cavaliers sur le plat et pendant l’échauffement, et je choisissais ce que je préférais chez chacun d’entre eux. Je retournais alors à l’écurie le lundi et je reproduisais ce que j’avais vu. Mon professeur d’équitation me disait toujours : « Edouard, qu’est-ce que tu fais ? ». J’adorais Pius Schwizer à l’époque, et il montait toujours avec ses coudes vers l’extérieur. Donc le lundi, je me retrouvais sur mon poney avec les coudes vers l’extérieur, et tout le monde me demandait ce que j’essayais de faire. J’observais tout le monde et je sélectionnais ce que je préférais sans idolâtrer personne, car je trouve que cela empêche d’évoluer.

Mes parents m’ont toujours énormément soutenu et ils sont une grande source d’inspiration pour moi. Ils ne se laissent jamais absorber par le saut d’obstacles, tandis que c’est un problème que j’ai parfois. Je me concentre parfois tellement sur certains éléments que c’est difficile de m’en extraire. Mes parents sont une source d’inspiration pour moi car ils savent toujours quand me faire prendre du recul, tout en maintenant mon implication pour que je fasse le nécessaire pour atteindre mes objectifs.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

Je pense que tout ce qui est lié à l’équitation et à la compétition me motive et me donne envie de réussir. J’ai toujours aimé la compétition, depuis que je suis petit. Je voulais être le premier à toucher la voiture quand on faisait la course, ou encore il fallait que je sois le meilleur à l’école. Certaines personnes pourraient dire que c’est un peu nocif parfois, mais je suis juste foncièrement compétitif, et j’en veux toujours plus.

Dites-nous en un peu plus sur votre écurie actuelle et sur la personnalité de vos chevaux… Parmi vos jeunes chevaux, lesquels avez-vous hâte de monter en concours ?

Cette année, j’ai le meilleur piquet de chevaux que j’ai jamais eu, et il y a eu pas mal de mouvement dernièrement de ce côté-là. Je n’ai pas beaucoup de jeunes chevaux en ce moment. Nous nous sommes procuré plusieurs chevaux de 7 ans, mais ils ont tous 8 ou 9 ans maintenant.

J’ai monté Quno ces derniers mois. Il a déjà accumulé de l’expérience en saut d’obstacles dans de plus hauts niveaux avec son cavalier précédent, et j’espère pouvoir profiter de son expérience pour développer la mienne dans de plus hauts niveaux.  J’ai plusieurs chevaux qui appartiennent à M. Arturo Fasana. L’un d’eux s’appelle Gamin Van't Naastveldhof et je pense que c’est celui qui a le meilleur potentiel. C’est toujours difficile à savoir pour le moment, mais vu le train où vont les choses, c’est très prometteur et nous avons hâte de faire participer ce cheval à des concours.

Puis j’ai Cortino 46, que j’ai depuis mes 15 ans, et j’ai participé à cinq Championnats d’Europe des jeunes avec lui. C’est un cheval incroyable. J’ai gagné mon premier 5* avec lui, ainsi que le saut d’obstacles de mon premier Grand Prix 3*. La plupart de mes expériences entre 1,45 m et 1,60 m étaient avec lui. Balenciana K est également un très bon cheval, mais elle est un peu susceptible, elle veut qu’on lui parle poliment. Elle est sensible donc ce n’est pas facile de la manipuler, mais avec une gestion adéquate, elle ferait n’importe quoi pour vous.

Puis nous avons Babylone Des Erables, que je monte également pour M. Arturo Fasana. Elle a participé à un 3* cette année et c’est un cheval très compétitif au-delà de 1,50 m. Et enfin, j’ai Illusion, qui a 8 ans et qui est mon plus jeune cheval, dont le propriétaire est également M. Arturo Fasana, et je pense qu’il pourrait aussi être un très bon cheval. C’est toujours très difficile de savoir et c’est toujours de la pure spéculation, mais personne n’a plus hâte que moi de découvrir leur potentiel !

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Mon ancien entraîneur disait toujours quelque chose que j’aimais beaucoup : « Tu ne dois jamais croire que tu es plus malin que les autres. » On allait essayer de nouveaux chevaux ensemble, et parfois, on entendait des cavaliers dire : « Je pense que je pourrais mieux entraîner ce cheval ». Et c’est parfois un peu impoli. Je trouve que c’est une très bonne philosophie de vie.

Que représente le Rolex Grand Slam of Show Jumping pour un jeune cavalier comme vous ? Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

D’après moi, c’est le prix le plus prestigieux à gagner dans notre sport. Il rassemble plusieurs des compétitions les plus légendaires dans le saut d’obstacles. Évidemment, c’est Genève que je préfère, mais les quatre compétitions sont les meilleures que notre sport a à offrir, et elles ont toutes une histoire incroyable. Une seule personne a gagné le Rolex Grand Slam of Show Jumping, Scott Brash, et ça en fait le prix le plus prestigieux de notre sport.

Ce n’est la faute de personne, mais dans l’histoire, tous les autres titres ont été remportés par de nombreuses personnes, et au fil du temps, encore d’autres personnes les remporteront. Donc pour faire partie du groupe le plus prestigieux dans notre sport, il faut gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Je veux qu’on se souvienne de moi comme une personne reconnue dans ce sport, et pour cela, je dois gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping pour faire partie de ce groupe prestigieux.

Si vous vous retrouviez seul sur une île déserte, quels sont les trois objets que vous emporteriez avec vous ?

Question difficile ! Probablement un livre, mais je ne sais pas lequel ; mon ordinateur portable, mais il n’y aurait pas la Wi-Fi ; et enfin, des photos de ma famille et des gens que j’aime. 

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Secrets d'éleveur avec:

Peter Charles

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

Mon premier souvenir équestre remonte à l’année de mes 10 ans. Je me souviens regarder les meilleurs cavaliers faire la course avec des chameaux à l’International Horse Show de Londres [auparavant connu sous le nom de l’Olympia] !

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

L’un de mes plus grands moments de fierté professionnelle est lorsque j’ai gagné la médaille d’or pour l’Irlande aux Championnats d’Europe en individuel de 1994. J’avais quelque chose à prouver car j’avais quitté l’équipe britannique deux ans auparavant, à 32 ans, car je voulais participer aux Championnats. Avant ça, j’avais gagné beaucoup de grandes compétitions et de Grands Prix, mais c’était un moment clé de ma carrière, car cela expliquait de nombreux choix que j’avais faits auparavant. Ça a prouvé que mon projet, ma façon de penser et la direction que je prenais étaient bons.

J’ai à nouveau changé de nationalité en 2008, ce qui était inédit, mais c’était quelque chose que les propriétaires que j’avais à cette époque voulaient, car ils voulaient avoir un cheval de l’équipe britannique aux Jeux Olympiques de Londres. À ce moment-là, je venais de me casser le dos à trois endroits, donc je n’étais même pas sûr de pouvoir monter à nouveau à cheval un jour. Alors participer au saut d’obstacles dans le but de gagner la médaille d’or pour la Grande-Bretagne n’était qu’un rêve.

Comment vous-êtes vous intéressé à l’élevage de chevaux ?

Kevin Cooper, un très bon ami qui vit dans ma rue, m’a entraîné dans l’élevage. Il n’arrêtait pas d’en parler et il possédait une magnifique jument irlandaise, qui était très douée à 1,40 m. Nous étions à une compétition ensemble et il m’a demandé ce que je pensais de l’étalon Carnaval Drum, et j’ai répondu : « C’est un bon cheval, on devrait l’utiliser. » J’ai monté sa progéniture, il s’appelait Carnavelly, et j’ai gagné les Championnats du monde, les German Masters, le Grand Prix de Berlin et la Coupe du monde à l’ International Horse Show de Londres avec lui. Avoir aidé à élever ce cheval a été fantastique, et ça m’a vraiment donné envie de faire moi-même de l’élevage. Kevin a élevé bien d’autres chevaux exceptionnels depuis.

D’après vous, quels sont les points principaux à retenir pour élever une bonne monture de saut d’obstacles ?

Je n’en suis pas sûr, car parfois, des chevaux qui ne viennent pas de lignées à pedigree se retrouvent aux plus hauts niveaux de ce sport. Mais je crois dur comme fer que si vous avez une très bonne souche, avec une très bonne lignée sur deux ou trois générations, vous augmentez vos chances d’obtenir un cheval de qualité.

Tout ce qu’un étalon peut faire, c’est être meilleur qu’une jument, donc en termes de probabilité, vous avez besoin d’une très bonne jument pour commencer, avec un pedigree certifié sur au moins deux ou trois générations. Avec ça, vous augmentez vos chances de réussite. Il n’y a rien de garanti, mais vous mettez toutes les chances de votre côté.

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Absolument ! Le parfait exemple est Liscalgot, montée par Dermott Lennon. Ensemble, ils ont gagné le Championnat du monde individuel à Jerez de la Frontera, en 2002. La souche de Liscalgot a été achetée par un éleveur pour « tondre » son gazon. Un jour, il a décidé de la faire pouliner, mais elle ne voulait pas monter dans le camion, alors ils l’ont fait courir sur une route en Irlande jusqu’à l’étalon le plus proche, qui était Touchdown. Et cette combinaison a donné naissance à l’un des meilleurs chevaux de tous les temps.

Le binôme cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

Je pense que c’est très important. Quand j’ai vendu Spirit T à Jessica Mendoza il y a quelques années, j’ai tout de suite vu que leur association allait être couronnée de succès. Il a fallu un peu plus longtemps pour convaincre son père, Paul Mendoza, mais je voyais parfaitement comment le cheval et la cavalière se complétaient, et c’est devenu un binôme exceptionnel.

Parfois, certains binômes ne fonctionnent pas, mais je pense qu’avec du temps et un cavalier intelligent, qui ne se focalise pas sur les problèmes, un binôme peut s’épanouir. Beaucoup de gens aujourd’hui ne laissent ni le temps ni une opportunité au cheval. Ils paient un tel montant qu’ils s’attendent à des résultats immédiats. Mais ça n’a jamais marché comme ça. Un cheval ne sait pas combien il coûte.

Comment est votre élevage ?

Nous avons neuf juments, et elles ne sont pas très vieilles. Dans le secteur de la course, j’ai appris que les jeunes juments produisaient de meilleurs poulains. J’ai donc pris ça en considération. J’essaie d’élever essentiellement des chevaux avec un bon pedigree ; les juments doivent aussi être douées au saut et bien répondre. Nous n’avons aucune jument de plus de 16 ans, et nous avons commencé à prélever des embryons à environ 10 ans.

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant d’être débourré ou de rejoindre ses propriétaires ?

Je ne suis pas très vendeur ; j’aime garder les poulains et les débourrer moi-même. Chaque année, nous faisons naître de 6 à 9 poulains. J’aime attendre le printemps de leur quatrième année. Cela permet au cheval d’être assez fort pour me montrer ce qu’il a dans le ventre, et cela évite de mal interpréter une situation dans laquelle le cheval n’est pas prêt ou pas assez fort pour être débourré. Nous ne faisons jamais sauter nos chevaux en liberté. Ils font quelques petits sauts avec un cavalier quand ils sont débourrés pour la première fois, et cela nous donne un bon aperçu de leur talent. Le saut en liberté peut donner des impressions erronées, et je ne peux pas juger le saut en liberté d’un cheval lors d’une vente, car cela peut être trompeur.

Pourquoi faites-vous cela ? Quelles sont vos ambitions ?

J’adore ça. J’adore voir les poulains naître et les élever. Au début de ma carrière d’éleveur, j’ai vendu un cheval trop tôt, et j’ai retenu la leçon. J’ai vendu Clear Round and Party à deux ans, pour 1 500 £, car j’ai jugé le cheval trop vite sur son saut en liberté. Il a fini second au Grand Prix de l’International Horse Show de Londres. Cela m’a appris à ne jamais m’impatienter, et à ne pas juger un cheval à chacun de ses sauts, au risque d’être déçu.

De quels chevaux en particulier êtes-vous le plus fier ?

Clear Round and Party. C’est le premier cheval qui est né ici.

Que représente le Rolex Grand Slam of Show Jumping pour vous ? Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Je pense que le saut d’obstacles est passé au niveau supérieur grâce à Rolex. Il est maintenant au même niveau que les autres Majeurs sportifs, comme le tennis et le golf. Rolex a sélectionné les quatre meilleures pistes du monde. Ce sont sans aucun doute des lieux emblématiques dont l’histoire n’a pas besoin d’être précisée. Le niveau d’équitation qui va de pair avec ces pistes, la compétition et l’histoire valent le détour.

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est magnifique, impeccable, et le souci du détail est inégalé. Ils ont porté le CHI de Genève à un niveau supérieur, bien au-delà de toute autre compétition en intérieur dans le monde. Spruce Meadows est très loin, mais il mérite amplement le déplacement une fois sur place. Le public est incroyable et ils ont créé la meilleure piste de saut d’obstacles d’Amérique du Nord. Le Dutch Masters est magnifique et empreint d’histoire.

Le CHI de Genève est le prochain Majeur et il rassemble tout le monde équestre avec la finale du Top 10 Rolex, le Grand Prix et la récompense. C’est indubitablement le summum de la saison en intérieur.

Dans votre carrière, qui vous a le plus inspiré ?

J’adorais voir la conviction d’Hugo Simon. Je le regardais, j’observais ses échauffements et son arrivée avant une compétition. C’était le seul homme à participer à toutes les épreuves de la compétition, et il essayait de gagner toutes les épreuves avec ses meilleurs chevaux. Ses chevaux devaient gagner, et je n’avais jamais vu une telle confiance transmise à ses chevaux. Je n’avais jamais vu un tel niveau d’intensité. Certains cavaliers veulent gagner les meilleures épreuves d’une compétition, mais d’habitude, ils se concentrent principalement sur le Grand Prix. Mais Hugo voulait gagner dès le premier jour, jusqu’au Grand Prix final. Il a effectué une préparation mentale incroyable, et il a préparé ses chevaux pour gagner, et ils savaient à quoi s’attendre de lui comme cavalier. Ils étaient prêts, et sa confiance en lui et en ses chevaux était extraordinaire.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

En 1994, Paul Schockemöhle m’a donné un conseil quand j’ai gagné ma première Coupe du monde à Bruxelles avec un cheval de 7 ans. Après l’épreuve, il a proposé d’acheter le cheval. J’étais assez naïf à cet âge-là et je lui ai répondu : « Désolé, il n’est pas à vendre. » Il m’a dit qu’il comprenait mais que je devais prendre soin de lui car c’était un très bon cheval, mais que ça ne durerait pas éternellement. Il a dit qu’ils étaient rares et qu’ils ne duraient pas éternellement. C’était le meilleur conseil qu’on m’ait jamais donné. Quand on a un bon cheval, il faut en prendre soin, car il ne durera pas éternellement.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut faire carrière avec les chevaux ?

Concentrez-vous exclusivement sur votre carrière de cavalier, et ne mélangez pas trop de choses. C’est très dur de se faire une place dans ce secteur. Avant toute chose, en tant que cavalier, vous devez travailler dur, beaucoup vous entraîner et vous consacrer à votre carrière. Je recommanderais de ne pas se préoccuper de l’élevage jusqu’à bien plus tard dans sa carrière. Cela nécessite beaucoup de temps et d’expertise. En tant que jeune cavalier, je n’essaierais pas de tout faire, car c’est trop de travail. De nos jours, pour être un très bon cavalier, on a besoin de beaucoup de choses : une très bonne équipe qui vous entoure, de bons propriétaires, du bon personnel, un lieu adéquat, etc. Y ajouter l’élevage est trop compliqué. Faites évoluer votre carrière pas à pas.

Kent Farrington (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Kent Farrington (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Qu'attendre pour cette 60e édition du CHI de Genève?

Les tickets sont toujours disponibles pour la 60è édition du CHI de Genève, et après l’annulation de l’année dernière, vous ne pouvez pas manquer la compétition de cette année !

Cette 60e édition de l’événement accueillera également la 20è édition de la finale du Top 10 IJRC Rolex. Les spectateurs pourront observer certains des meilleurs croisements au monde du sport équestre qui concourront dans plusieurs disciplines dont le cross-country en intérieur, le dressage et le saut d’obstacles. Le clou du spectacle sera le Rolex Grand Prix, qui se tiendra le dimanche.

Le prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping, Daniel Deusser (Allemagne), ainsi que les héros locaux, Martin Fuchs et Steve Guerdat, rivaliseront pour obtenir une nouvelle victoire dans ce qui est indubitablement un cours de maître dans le domaine de l’équitation et de la compétition.

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Keeley Durham Keeley Durham

Secret d'éleveur avec:

Keeley Durham

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

Mon plus ancien souvenir date de quand j’avais dix ans, quand j’ai fait mon premier concours au Parklands Equestrian Centre. Je participais à une épreuve pour les enfants, où l’on peut passer autant de fois qu’on veut jusqu’à faire un sans-faute. À chaque fois, mon père payait 50 pence, et il a fini par dépenser 20 livres sterling avant que je ne décroche une rosette, car mon poney s’arrêtait constamment et je n’arrêtais pas de tomber !

Quel est votre plus grand moment de fierté en tant que cavalière, femme de cheval ou éleveuse ?

J’ai la chance d’avoir vécu beaucoup de moments incroyables. En tant que cavalière, j’ai quelques souvenirs en tête, comme ma victoire à l’épreuve des Jeunes cavaliers du Horse of the Year Show de 1991, ou la médaille d’or par équipe (Jeunes cavaliers) aux Championnats d’Europe de San Remo en 1992, aux rênes de Welham.

Ce dernier était un cheval extraordinaire. Après moi, il a concouru et a remporté de nombreuses victoires avec John Whitaker, notamment le Grand Prix d’Aix-la-Chapelle. En tant qu’éleveuse, ma plus grande fierté reste d’avoir élevé Argento.

Comment vous-êtes vous intéressée à l’élevage ?

À l’époque où John [Whitaker] montait Wellham, nous nous trouvions tous deux à l’écurie de Nick Skeleton quand il m’a suggéré l’idée d’acheter une poulinière pour produire de jeunes chevaux. J’ai trouvé l’idée excellente, mais ce n’est que deux mois plus tard environ, quand John m’a demandé d’aller chercher quelque chose chez un fermier de la région, que je suis rentrée avec une jument de deux ans appelée Flora May. Elle a commencé à pouliner pour nous à l’âge de trois ans, avant d’être débourrée. Après son premier poulain, elle a participé à quelques concours de saut d’obstacles, puis a eu son second poulain, Argento.

En tant qu’éleveuse, avez-vous bénéficié des conseils d’un mentor ?

Je n’avais pas de mentor à proprement parler, je me suis fiée à mon instinct. Mais je regarde tout de même davantage aujourd’hui le pedigree du cheval qui m’intéresse.

Existe-t-il certains traits que vous recherchez chez vos juments et étalons pour obtenir la meilleure progéniture possible ?

Absolument ! D’ailleurs, j’ai fait pouliner la progéniture de ma première jument, tellement elle m’a plu. Elle avait tous les traits que je recherchais, et tous ses poulains ont une bonne conformation, ce qui est très important à mes yeux. Une jument doit avoir une morphologie correcte et un bon tempérament, mais aussi un « bon fond ». Évidemment, il faut aussi qu’elle bouge et qu’elle saute bien. Quand aux étalons, j’essaie normalement de choisir en fonction de la jument, par exemple si je pense qu’il faut ajouter des moyens. La conformation et le tempérament sont là aussi essentiels.

Quels sont les trois points principaux à retenir pour élever une bonne monture de saut d’obstacles ?

Tout d’abord, la conformation de la jument et de l’étalon. Ensuite, l’étalon doit avoir une bonne technique de saut et des moyens, sans compter une attitude positive sur chaque rêne. Je ne veux pas d’un étalon dur à gérer ou au mauvais tempérament, mais j’aime qu’il ait un peu de sang. 

Vous est-il déjà arrivé d’avoir un résultat inattendu d’un couple pas forcément très prometteur ?

Quand j’ai fait pouliner Flora May avec Arko, je ne m’attendais certainement pas à avoir Argento. À l’époque, Arko était un jeune étalon, et Argento était l’un de ses poulains nés en Angleterre. J’ai choisi Arko après l’avoir vu concourir avec Nick [Skelton], quand je faisais la tournée de concours avec John et Welham. Il était un peu coquin, mais avait un bon fond et des moyens impressionnants.

Le binôme cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

Absolument ! Malcom Pyrah vous dirait que j’examine la personne à qui je vends un cheval avec autant de minutie que celle-ci examine le cheval ! Je ne vends pas beaucoup de mes chevaux, mais j’ai vendu Argento à John car j’avais déjà une relation de confiance avec lui. Plus récemment, j’ai vendu un cheval appelé Arakan aux États-Unis. Si je n’avais pas aimé l’acheteur, je ne l’aurais simplement pas vendu. 

Décrivez une journée ordinaire dans votre écurie pour nos lecteurs.

Il est avant tout important d’avoir suffisamment de terrain, pour donner aux chevaux une vraie vie de cheval, à l’extérieur. Les poulains doivent pouvoir grandir dans un environnement naturel aussi longtemps que possible avant d’être débourrés. Il est aussi très important, je trouve, de manipuler les poulains correctement dès la naissance. L’apprentissage du licol se fait dès le premier jour, pour habituer les poulains à la conduite en main.

Je ne produis pas énormément de poulains, pour pouvoir passer du temps avec chacun d’entre eux. C’est ça que j’aime, j’adore m’occuper des poulains. Si vous souhaitez que vos poulains naissent dans votre écurie, vous devez vous engager à accompagner la jument toute la nuit s’il le faut. Il suffit de dix minutes pour que quelque chose tourne mal. Parfois, tout semble bien se passer et soudain, il faut être là pour la jument et le poulain.

Combien de temps gardez-vous les poulains destinés à la vente ?

Je ne vends pas très souvent, en général je développe mes poulains jusqu’au concours. Si vous devez vendre un poulain, le meilleur moment de le faire est lorsqu’il commence à être sevré. En plus des chevaux de saut d’obstacles, j’ai élevé un cheval qui a fini en concours complet au niveau « intermediate » et d’autres chevaux de qualité, sans être des superstars.

Combien assurez-vous de poulinages par an en moyenne ?

À un moment donné, nous avions deux poulinières, mais aujourd’hui nous n’en avons plus qu’une. Nous aurons donc un seul poulain cette année. L’an prochain, je pense essayer un transfert d’embryon. J’aimerais garder un embryon de Betty May [la fille de Flora May] et en vendre un autre. Betty May est la propre sœur d’Argento. Sa première pouliche par Big Star, Stellar, aura trois ans l’an prochain, et elle est très prometteuse. Nous ne l’avons pas encore vue sauter en liberté mais à la voir dans le pré, elle va faire des étincelles.   

Quelles sont vos ambitions en tant qu’éleveuse ?

J’aimerai bien sûr produire une star du saut d’obstacles, mais j’ai la chance de l’avoir déjà fait une fois. Ce serait génial d’avoir un autre cheval du même calibre qu’Argento. On dit parfois qu’on ne peut avoir qu’un seul cheval exceptionnel dans sa vie, mais j’ai déjà eu Welham et Argento. J’ai réalisé tous mes rêves de petite fille avec Argento. J’adorerais aussi produire un cheval à la robe pie par Betty May, si je trouvais le bon étalon.

Quelles autres envies avez-vous, en dehors de l’élevage ?

J’ai récemment commencé à accueillir des clients propriétaires de chevaux de compétition, que j’entraîne et que je conseille. J’adore suivre leur parcours et les aider à accomplir leurs objectifs en les guidant dans la gestion de leurs chevaux. J’ai trois gros clients, dont Evie Toombes, la cavalière de para-équitation, qui est pour moi une source constante d’inspiration. Mes deux autres clients sont la mère d’Evie, Caroline, et Andrea Lloyd.  

Selon vous, le Rolex Grand Slam a-t-il été une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Oui, tout à fait. Cela représente un bel objectif à atteindre pour les cavaliers actuels et futurs. Une somme incroyable est en jeu, et le système des bonus donne aux cavaliers une motivation supplémentaire. 

Parmi les quatre Majeurs, quel est votre préféré et pourquoi ?

J’ai eu la chance incroyable de participer à chacun d’entre eux. Ils sont tous formidables, mais mon préféré est celui d’Aix-la-Chapelle, où j’ai de très bons souvenirs, comme la victoire de John et Welham au Grand Prix de 1997, comparable à Wimbledon pour le tennis. J’aime aussi beaucoup Spruce Meadows, en particulier là où il est situé. La famille Southern est extrêmement accueillante, elle fait tout pour vous aider et pour que vous vous sentiez bien. Le concours s’est beaucoup amélioré et l’atmosphère est comme nulle part ailleurs.

Qui vous a le plus inspirée dans votre carrière ?

Ma mère, qui m’a soutenue à tous les moments de ma carrière et pour qui j’ai une admiration sans bornes. Elle a travaillé extrêmement dur pour me permettre de réussir, et nous avons eu la chance de trouver Welham à travers Nick Saywell. Elle est ma force de tous les instants.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Quand je travaillais pour Nick Saywell, au moment où j’avais du succès avec Welham, il m’a dit de ne jamais oublier mes amis dans mon chemin vers la réussite, car j’aurai peut-être besoin d’eux au retour. Une autre préconisation utile est de toujours écouter les conseils, car on ne cesse jamais d’apprendre.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer ?

Avoir une attitude positive et être prêt à travailler dur et à écouter. Il est primordial de savoir écouter les autres. Beaucoup de gens viennent me voir mais n’écoutent pas mes instructions. C’est très frustrant de devoir se répéter constamment. Il faut aussi être ambitieux et prêt à travailler dur pour les réaliser ses objectifs.

Thibault Philippaerts (Photo: Dirk Caremans) Thibault Philippaerts (Photo: Dirk Caremans)

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Quels sont vos objectifs pour cette fin d’année ?

Je n’ai pas d’objectif précis. Je viens de revenir d’un concours en Italie, qui s’est très bien passé : j’ai fini à la troisième place du Grand Prix 3*. Mes chevaux sont encore jeunes. Je vais encore leur faire faire deux ou trois concours, puis je commencerai à réfléchir à l’an prochain.

Et quels sont vos projets et ambitions pour 2022 ?

J’ai plusieurs bons chevaux actuellement, mais la plupart sont jeunes et manquent encore d’expérience. J’ai commencé à les préparer cette année pour passer à des épreuves plus difficiles l’an prochain.  Mon objectif principal sera les Championnats d’Europe pour les jeunes cavaliers. Ce sera la dernière année pour moi, en raison de mon âge. J’aimerais bien y aller avec une équipe solide et tenter de remporter une médaille.

Vous faites déjà une belle carrière. Quel a été votre plus grand moment de fierté professionnel ?

À l’âge de 13 ans, j’ai remporté le bronze en individuel aux Championnats d’Europe Poneys. C’était la surprise, j’étais aux anges. Mais mon meilleur souvenir a été de gagner la médaille d’or par équipe aux Championnats d’Europe Junior de Fontainebleau. Tous les membres de l’équipe étaient amis de longue date, et ça nous a fait énormément plaisir de décrocher l’or ensemble. J’y pense encore aujourd’hui avec émotion. C’est un souvenir inoubliable.

Comment avez-vous fait face à l’approche de ces réussites ? Ressent-on davantage le trac à un jeune âge ?

Je n’ai pas vraiment le trac, donc ça allait. Sur le moment, je n’ai pas l’impression d’être stressé, mais à la fin des concours importants, je sens quand même une certaine pression redescendre. Mais les grands moments, c’est aussi ce vers quoi on tend dans notre pratique sportive. Concourir en championnat ou dans un Grand Prix, c’est aussi un privilège !

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

J’ai de l’admiration pour de nombreux cavaliers, mais je pense que mon père est ma plus grande inspiration. Je lui dois tout. Il nous a offert, à moi et à mes montures, d’innombrables opportunités au fil des ans. Tout ce qu’il a construit chez nous, les chevaux et poneys qu’il nous a permis de monter, à mes quatre frères et à moi... quelle chance. Bien qu’il soit souvent en concours, il arrive tout de même à gérer l’écurie et les affaires à distance. C’est très difficile de réussir à la fois comme cavalier et comme homme d’affaires : je l’admire énormément, et j’espère faire de même un jour.

Vous venez d’une longue lignée de cavaliers d’obstacles. Vous et vos frères avez-vous, à un moment donné, pensé faire autre chose ?

Nos parents ne nous ont jamais poussés à faire carrière dans l’équitation. Enfant, je pratiquais beaucoup de sports différents : foot, tennis, course à pied... Mais on a grandi au quotidien dans les écuries. On a chaque jour envie d’être au contact des chevaux, qu’on adore, et de bâtir une vraie relation avec eux.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

Regarder mon père et mes frères participer à des grands concours m’a sans doute beaucoup donné envie : l’atmosphère électrique, les moments d’exception... j’adorerais monter dans un Majeur un jour. Je veux avant tout faire mon possible pour concourir au plus haut niveau possible chaque semaine, et bâtir une relation exceptionnelle avec mes chevaux.

Avec quel cheval entretenez-vous une relation privilégiée ?

À 16 ans, j’avais une jument appelée Juvente Van De Kakebeek. Elle m’était très chère, car elle était née chez nous et c’est la première monture avec laquelle j’ai commencé à gravir les échelons. Elle avait beaucoup de talent et elle était très rapide, mais elle était aussi très intelligente. Nous formions un couple qui fonctionnait très bien, elle m’a véritablement lancé dans le sport.

Parlez-nous un peu des chevaux dont vous vous occupez en ce moment.

Aujourd’hui, j’ai un joli cheptel, dont plusieurs membres sont encore jeunes mais qui comprend aussi une monture plus âgée que les autres, Aqaba De Leau, qui s’est placée troisième dans un 3* récemment en Italie, et qui a déjà sauté plus haut cette année. C’est une super jument, qui fait toujours le maximum pour ne pas toucher l’obstacle. J’ai beaucoup de chance de l’avoir. J’ai aussi Cap du Marais, un hongre de neuf ans, qu’on a acheté en milieu d’année. Il n’a pas la même expérience, mais il commence à faire ses preuves au niveau supérieur, il est plein de promesses. Pour finir, j’ai deux chevaux de huit ans au potentiel très prometteur.

Je suis très satisfait de mes chevaux actuels, ils ont tous du talent à revendre, même s’ils ont encore besoin de temps pour mûrir et gagner de l’expérience. L’année prochaine s’annonce passionnante.

Êtes-vous heureux de voir revenir le public ?

Absolument ! C’est la cerise sur le gâteau pour moi. Le public donne toute son atmosphère aux concours, sans lui ce n’est pas comparable. Personnellement, j’ai l’impression de mieux monter, et certains chevaux aiment l’ambiance et se dépassent eux aussi. Entendre la foule applaudir à son passage, il n’y a rien de tel !

Quel effet a le public sur vos performances ?

J’aime épater la galerie, ça me motive d’avoir des spectateurs. J’adore la foule, le bruit...

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

De ne jamais abandonner. Tous les cavaliers ont des hauts et des bas. Il faut savoir s’entêter dans sa volonté de s’améliorer. Il faut aussi faire confiance à son programme d’entraînement personnel et à celui de son cheval, y croire jusqu’au bout.

C’est facile d’être motivé lorsque tout va bien, mais dans le cas contraire on peut vite être démotivé et déçu. Après tout, les chevaux sont des animaux et peuvent être imprévisibles, il faut profiter des moments où tout roule. C’est aussi là que réside le plaisir dans notre sport, dans les liens qu’on entretient avec nos chevaux. Une fois qu’on a la confiance et l’amitié d’un cheval, celui-ci fera souvent tout pour nous. Et lorsque tout est réuni pour un grand moment, on en garde un souvenir inoubliable.

Que représente le Rolex Grand Slam of Show Jumping pour un jeune cavalier comme vous ?

Le Rolex Grand Slam couvre les meilleurs concours au monde, j’adore y aller pour regarder concourir mes frères. Mon rêve est évidemment d’y participer moi aussi un jour. Tous les cavaliers et toutes les personnes qui s’occupent des chevaux souhaitent y aller.

À votre avis, qui sera le prochain vainqueur du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Vu la difficulté, je dirais un couple très spécial, comme Ben Maher et Explosion W. Ils ont une relation exceptionnelle, et ont déjà fait preuve de leurs talents lors de très grands événements.

Vous et vos frères entretenez-vous une rivalité fraternelle ?

Absolument ! Nous avons tous beaucoup l’esprit de compétition. Mais mon père est pire que nous ! Il a arrêté de monter pendant une période, mais aujourd’hui il participe de nouveau aux mêmes concours que nous. Il aime nous taquiner quand il gagne ou qu’il est plus rapide que nous. On veut toujours battre les autres, ça nous motive, mais on s’aime beaucoup et on se soutient aussi les uns les autres. On forme une vraie équipe. Mon père et mes frères m’ont fait profiter de leur expérience, mais lorsqu’on participe à la même épreuve, on ne risque pas de laisser gagner l’autre.

Comment décidez-vous comment vous partager les chevaux ?

Vu qu’on est cinq [quatre frères et notre père], ça peut paraître ardu, mais c’est plus facile qu’il n’y paraît. Souvent, cela dépend de qui a besoin d’un cheval à ce moment-là, et de celui qui correspondrait le mieux. Mais le cheval choisit souvent son cavalier. Il nous arrive aussi d’échanger. Pour le moment, nous réussissons à nous entendre, j’espère que cela continue !

Êtes-vous superstitieux en compétition ?

Pas tellement. Celà dit, si un concours se passe bien, je garde la même cravate jusqu’à ce qu’une autre épreuve se passe moins bien (à ce moment-là, elle passe à la machine). Mais je n’ai pas de vrai porte-bonheur.

Participez et gagnez avec #MyMajorDream

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping comprend désormais une nouvelle initiative, intitulée #MyMajorDream.

Cette campagne vise toute personne ayant déjà rêvé de décrocher le trophée du CHI de Genève ou des Dutch Masters devant une foule en délire, de devenir le Prétendant en titre après un sans-faute époustouflant durant le renommé Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle, ou de parcourir la piste de Spruce Meadows, l’un des parcours en extérieur les plus ardus de la planète, en quête de victoire. La campagne #MyMajorDream invite les cavaliers, grooms, propriétaires de chevaux, éleveurs et fans de saut d’obstacle à participer, en partageant sur les réseaux sociaux quel Majeur Rolex Grand Slam ils rêveraient de remporter et pourquoi.

Les participants doivent tout d’abord s’assurer de bien s’abonner au fil du Rolex Grand Slam of Show Jumping sur les réseaux sociaux, de taguer ce compte dans votre publication ou story et d’y inclure le hashtag #MyMajorDream, le tout d’ici le mercredi 1er décembre.

Les gagnants recevront une casquette Rolex Grand Slam of Show Jumping signée par l’un de nos gagnants précédents, comme Steve Guerdat, Scott Brash, Daniel Deusser ou Martin Fuchs.

Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Daniel Deusser remporte le Rolex Grand Prix d'Aix-la-Chapelle et devient le nouveau prétendant au Rolex Grand Slam

 

Ce dimanche, les cavaliers les plus talentueux au monde et leurs équidés sont venus tenter leur chance dans le Rolex Grand Prix, épreuve phare du CHIO d’Aix-la-Chapelle 2021. Troisième Majeur de l’année du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le parcours à 1,60 m dessiné par Frank Rothenberger a vu s’affronter 40 cavaliers de 15 nationalités différentes. Parmi eux, le numéro un mondial Daniel Deusser, ainsi que le numéro 3 mondial, Martin Fuchs, Témoignage Rolex, tout comme Steve Guerdat, gagnant du CP ‘International’ présenté par Rolex 2021 ou encore Ben Maher, Champion Olympique individuel en titre, et 11 autres des 30 meilleurs cavaliers de la planète.

Cette concurrence intense s’est jouée devant environ 19 000 fans de saut d’obstacles, un endroit emblématique ayant également accueilli les Championnats du Monde en 2006 et les Championnats d’Europe en 2015. La formule du Rolex Grand Prix est simple : suite à la première manche, les 18 meilleurs couples se qualifient pour la deuxième, elle-même suivie d’un barrage en cas d’une égalité de points entre plusieurs compétiteurs. C’est le barrage qui décidera du vainqueur : le couple gagnant sera celui qui a encouru le moins de pénalités dans le meilleur des temps.

À la première manche, trois cavaliers signent un sans-faute en un temps record : le Britannique Ben Maher et son légendaire Explosion W ; le seul cavalier de l’histoire à remporter le Rolex Grand Slam, Scott Brash, sur son hongre Hello Jefferson ; et Steve Guerdat, accompagné de son fidèle Venard de Cerisy. S’en suivent le Mexicain Patricio Pasquel et Babel, son hongre de 14 ans, qui prennent la tête du classement provisoire, ayant terminé plus de deux secondes et demie devant le jeune talent américain Brian Moggre.

Parmi les 18 autres cavaliers émérites se qualifiant pour la deuxième manche, on trouve l’Allemand Daniel Deusser, actuel numéro un mondial, le Français Kevin Staut, le Suisse Martin Fuchs, gagnant du CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2017, le Belge Grégory Wathelet, mais aussi plusieurs représentants d’une nouvelle génération de talents comme l’Américaine Lucy Deslauriers, âgée de 22 ans seulement, ou la Hollandaise de 23 ans Sanne Thijssen.

Sur un parcours de 15 efforts légèrement plus court que le précédent, Daniel Deusser, grand favori du public, annonce vite la couleur avec le premier double sans-faute. Le Belge Jérôme Guery s’empresse de suivre son exemple, confirmant ainsi que le nouveau prétendant au Rolex Grand Slam sera décidé par le barrage (Steve Guerdat ayant fait tomber une barre). Son co-médaillé de bronze aux Jeux de Tokyo 2020, Grégory Wathelet, inaugure alors une série de doubles sans-faute. En tout, sept concurrents comprenant aussi Laura Kraut, Scott Brash, Ben Maher et Brian Moggre s’offrent une place à un barrage qui s’annonce totalement palpitant.

Premier à partir, Daniel Deusser et Killer Queen, sa jument de 11 ans, négocient brillamment les neuf efforts du parcours pour enregistrer le premier double sans-faute. Deusser conserve ensuite la tête du classement après une parfaite performance de Grégory Wathelet, malheureusement plus longue d’une seconde, tandis que Scott Brash, Ben Maher, Laura Kraut et Jérôme Guery enregistrent tous des pénalités. Derniers en lice, Brian Moggre son étalon Balou du Reventon sont désormais les seuls à pouvoir inquiéter Daniel Deusser. Mais après un sans-faute impressionnant et un chrono de 0,31 seconde seulement de plus que celui de l’Allemand, c’est ce dernier qui se voit couronné nouveau prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

« Le Rolex Grand Slam fait partie de l’histoire de notre sport, explique Daniel Deusser après sa première victoire dans un Majeur.  Jusqu’à présent, je n’avais pas été en position de remporter l’une de ces épreuves, mais je vais désormais tout faire pour me dépasser dans les trois prochaines. »

Brian Moggre, second du podium, nous a confié sa relation avec son partenaire équin, Balou du Reventon : « Nous avons le même type de caractère. Pour moi, il n’était pas question d’envisager la possibilité qu’on ne puisse pas s’entendre, lui et moi. Du coup, j’ai de la chance qu’il m’ait bien aimé dès le départ ! Ensemble, on a progressé pas à pas. Il a autant l’esprit de compétition que moi, c’est peut-être pour ça que ça marche bien entre nous. Je suis très heureux d’être tombé sur lui. »

Brian Moggre (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Brian Moggre (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Rencontrez la Next Gen avec:

Brian Moggre

 

Quels sont vos objectifs d’ici la fin de l’année ?

J’espère faire de bonnes performances cette semaine à Aix-la-Chapelle, un concours dont je rêve depuis des années. Un bon résultat me permettrait de terminer l’année en beauté.

Et quels sont vos projets et ambitions pour 2022 ?

L’un de mes grands objectifs personnels est de me rendre aux Championnats du monde l’an prochain, pour lesquels je m’apprête à sérieusement envisager mes préparatifs. En dehors de ça, je vais travailler des jeunes chevaux pour les valoriser.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

J’en ai eu plusieurs, mais l’un des moments qui m’a le plus marqué a été ma première victoire à un Grand Prix 3*, à Live Oak, sur un cheval que je montais depuis plusieurs années en junior. C’était une grosse victoire pour lui comme pour moi.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

Je vais avoir du mal à en choisir une seule ! Récemment, je dirais Laura Kraut et Nick Skelton, qui me conseillent tous les deux. Je les admire énormément. Mes parents, aussi. Et puis Lesley Leeman, ma soigneuse, une vraie bosseuse qui s’occupe très bien de mes chevaux. Elle m’épate toujours. J’essaie de suivre leur exemple en donnant mon maximum.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

Mon amour des chevaux. C’est ma passion depuis que je suis tout petit, et ça n’a jamais changé. Ma famille n’est pas du tout dans ce milieu, je suis le premier. Ce sont vraiment les chevaux eux-mêmes qui me motivent.

Parlez-nous un peu des chevaux que vous montez cette semaine au CHIO d’Aix-la-Chapelle...

J’ai avec moi deux chevaux qui appartiennent tous deux à Ann Thompson, Balou Du Reventon et Gelano. Je n’ai commencé à monter Gelano qu’il y a quelques mois, on apprend encore à se connaître. Balou, lui, est chez moi depuis un peu moins d’un an. Ce sont tous les deux des chevaux d’exception. J’ai ma chance cette semaine !

Parmi vos jeunes chevaux, lesquels avez-vous hâte de monter en concours ?

Tout d’abord, MTM Los Angeles, qui m’appartient. Ce n’est pas tout à fait un jeune cheval, mais il a fait une grosse année à sept ans, après quoi on a ralenti un peu les choses. Il en a neuf maintenant, il est prêt à repartir en concours, et il est très prometteur. Et puis on a Nolo Contendere, qui appartient à Lindsay Maxwell. Il a six ans et à mes yeux, il a toutes les qualités requises.

Êtes-vous heureux de retrouver la foule ? La présence de spectateurs vous motive-t-elle ?

L’ambiance est clé dans les concours équestres comme celui-ci. Les sensations qu’on ressent lors d’un événement de cette ampleur, avec la foule présente, donnent envie de tout donner.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Qui dit parcours fluide et sans à-coups, dit bon chrono.

Selon vous, le Rolex Grand Slam a-t-il été une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Absolument, c’est fantastique pour notre sport, et ça fait rêver ! Concourir à un Majeur, c’est réaliser un vieux fantasme pour moi comme pour beaucoup d’autres cavaliers.

Qu’est-ce qui fait du CHIO d’Aix-la-Chapelle une compétition à part ?

Aix-la-Chapelle est le meilleur concours au monde. Je suis allé à Spruce Meadows plusieurs fois, et la piste et l’atmosphère y sont bien sûr formidables. Mais quand on arrive à Aix, on a du mal à en croire ses yeux et ses oreilles : l’ambiance, le lieu, la piste, c’est ébouriffant. On en arrive presque à ne plus se soucier du classement ou des résultats. Croyez-moi, c’est le top du top.

Frank Kemperman (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Frank Kemperman (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Mot de l'organisateur avec:

Frank Kemperman, directeur du CHIO d'Aix-la-Chapelle

 

Vous devez être ravi de voir le CHIO d’Aix-la-Chapelle se dérouler normalement après son annulation pour cause de coronavirus l’an dernier...

Étant donné la situation actuelle, nous sommes très heureux d’avoir pu accueillir un CHIO cette année, avec des épreuves dans les cinq disciplines. On pourrait penser que nous avons eu tout le temps de le préparer, mais en réalité nous avons rencontré énormément de difficultés : changements de programme, changements de date... Nous avons aussi dû gérer le problème de billetterie. Quand nous avons repoussé l’événement de 2020 à 2021, les spectateurs ont pu choisir entre garder leurs billets pour l’année suivante ou demander un remboursement. Et en 2021, nous avons fini par repousser de juin à septembre. Les spectateurs ont alors eu l’opportunité d’échanger leurs billets pour 2022, car nous ne savions pas s’il y aurait encore un événement en 2021. Le CHIO aura donc lieu en retard et avec moins de spectateurs, mais nous avons jugé que c’était mieux que de l’annuler entièrement.

Quels points positifs se dégagent à vos yeux des 18 derniers mois ?

L’important, c’est que nous sommes parvenus à toujours aller de l’avant et que nous avons fini par pouvoir ouvrir nos portes. Le public nous a énormément soutenu et a réagi avec beaucoup de bienveillance envers les organisateurs du CHIO d’Aix-la-Chapelle, et nous tenons à l’en remercier.

Qu’est-ce qui fait du CHIO d’Aix-la-Chapelle une compétition à part ?

En temps normal, je dirais les spectateurs, car la foule est au cœur-même de l’événement et de son extraordinaire ambiance, et puis les cavaliers et les chevaux, évidemment. Le comité organisateur et moi-même tentons toujours de créer quelque chose de spécial et de la plus haute qualité. C’est d’ailleurs là le maître-mot dans tout ce que nous entreprenons. Nous mettons tout en œuvre pour peaufiner chaque aspect du CHIO d’Aix-la-Chapelle pour toutes les personnes concernées : les spectateurs, les juges et les officiels, les compétiteurs, etc.

Le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Nous avons créé le Rolex Grand Slam pour démarquer ces épreuves des autres, et pour beaucoup, c’est le summum du saut d’obstacles, avec un événements à chaque saison dont deux en extérieur et deux en intérieur. Le Rolex Grand Slam est une association de manifestations de très haut niveau – les 4 Majeurs - qui marche bien et qui fait connaître le saut d’obstacles, et nous sommes ravis d’en faire partie.

Nicolas Delmotte and Urvoso du Roch (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Nicolas Delmotte and Urvoso du Roch (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Nicolas Delmotte et Urvoso du Roch remportent le Prix RWE de Rhénanie Nord-Westphalie

 

Aujourd’hui marquait l’épreuve phare du CHIO d’Aix-la-Chapelle, et cinquante couples cheval-cavalier de renommée mondiale y ont participé pour la plus grande joie du public. Une manche et un barrage attendaient les concurrents du Prix RWE de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, leur dernière chance de s’offrir une place pour le plus grand événement de la semaine, le Rolex Grand Prix de dimanche.

Second à partir, l’Allemande Jana Wargers négocie les 17 obstacles du parcours de Frank Rothenberger avec grâce, enregistrant un sans faute aux rênes de Limbridge, un étalon bai appartenant à Eve jobs, en 87,02 secondes. Classée en 361e place du classement mondial, la cavalière allemande va ensuite garder la pole position pendant la plus grande partie de la première manche. Nombre de cavaliers émérites tentent d’égaler sa performance, en vain (montrant ainsi l’importante difficulté du parcours). Ce seront le Britannique Scott Brash, détenteur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, avec son hongre Hello Jefferson, et le Français Nicolas Delmotte accompagné d’Urvoso Du Roch qui finissent par négocier le parcours sans encourir de pénalité. Le barrage fera donc la différence entre ces trois cavaliers.

Première à affronter le barrage, et ayant définitivement mis la foule dans sa poche, Jana Wargers termine sur un autre fantastique sans faute en 47,03 secondes. Vient ensuite Scott Brash, qui égalise avec une seconde d’avance sur l’Allemande pour prendre la première place. Enfin, Nicolas Delmotte, gagnant en juillet du Rolex Grand Prix au Masters de Chantilly, ne fait qu’une bouchée du barrage et parvient même à effacer le chrono de Scott Brash en signant un sans faute en 45,03 secondes.

Suite à sa victoire, et désormais qualifié pour le Rolex Grand Prix de dimanche, Delmotte, actuellement en 25e place du classement mondial, annonce : « Je suis ravi de mes résultats aujourd’hui et pendant le reste de la saison avec Urvoso du Roch. Je le sens bien pour le Rolex Grand Prix de dimanche, mais ce sera le premier Majeur de sa carrière. J’ai en tout cas très hâte de le disputer.»

Le Français nous a ensuite parlé un peu plus longuement d’Urvoso du Roch, son hongre de 13 ans, avec qui il a fait les Jeux de Tokyo récemment. « Il est très sensible de nature : il n’avait pas fait de très bons débuts avec son cavalier précédent, qui a essuyé des refus. Sa technique est particulière, je pense qu’il a besoin d’un peu plus d’expérience dans ce type d’épreuve et cette hauteur d’obstacle. Je vais devoir faire attention à ce que je lui demande, lui donner l’opportunité de bien sauter et d’utiliser sa technique au mieux de ses moyens. »

 

Scott Brash (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Scott Brash (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Interview de cavalier avec:

Le vainqueur du Rolex Grand Slam, Scott Brash

 

Parlez-nous un peu des chevaux que vous montez cette semaine au CHIO d’Aix-la-Chapelle.

Je suis venu avec Hello Jefferson, qui vient de se qualifier pour le Rolex Grand Prix de dimanche, ce qui n’est pas facile à faire individuellement. J’ai aussi amené avec moi une jument de sept ans, Hello Vittoria, qui participera à l’épreuve pour les jeunes chevaux. Aix-la-Chapelle est une bonne opportunité de faire découvrir une piste de haut niveau aux chevaux encore inexpérimentés.

Vous avez remporté le Rolex Grand Prix d’Aix-la-Chapelle en 2015. Ce CHIO revêt-il une place particulière à vos yeux ?

Oui, absolument. C’est un endroit chargé d’histoire. Et puis la compétition a lieu dans d’excellentes conditions, le terrain est bon, les obstacles sont fantastiques. En tant que cavalier, on a très envie de concourir ici, et je crois que les chevaux aussi : ils ont tendance à donner le meilleur d’eux-mêmes.

De nombreux cavaliers de renom seront présents au CHIO d’Aix-la-Chapelle. Qui seront vos principaux adversaires lors du Rolex Grand Prix de dimanche ?

Je n’en ai aucune idée ! Il y a tellement de très bons couples que c’est dur de choisir. Daniel Deusser est en très bonne forme, et comme il est arrivé deuxième à de nombreuses reprises à Aix-la-Chapelle, il va sûrement avoir la niaque. Il est au top, ses chevaux aussi ont l’air affûté... bref, si je devais choisir l’homme à battre, ce serait lui.

Pourquoi les tournois majeurs sont-ils si importants dans l’univers sportif ?

Parce qu’ils attirent l’élite mondiale. On y retrouve les meilleurs chevaux et cavaliers de la planète, qui rêvent de gagner un ou plusieurs Majeurs du Rolex Grand Slam. C’est aussi le cas pour le Grand Chelem au tennis, au golf, etc., où les meilleurs athlètes tentent de se dépasser. Et puis ils n’ont lieu qu’une fois par an, ce qui rend la victoire éventuelle encore plus alléchante.

Vous regardez des épreuves du Grand Chelem dans d’autres sports, comme le tennis ou le golf ?

Oui, j’essaie. La semaine dernière, j’ai regardé les meilleurs moments du match de Djokovic dans la finale de l’US Open. J’aime me tenir au courant de ce qui se passe dans les tournois majeurs des autres sports, et j’adore aussi la Formule 1. Les sportifs ont tendance à évoluer chacun dans leur bulle, mais c’est bien de savoir ce qui se passe dans les autres sports et de pouvoir admirer les autres concourir au plus haut niveau.

Frank Rothenberger (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Frank Rothenberger (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Reconaissance de parcours avec:

Le chef de piste Frank Rothenberger

 

Vous devez être ravi de voir le CHIO d’Aix-la-Chapelle se déroule normalement après son annulation pour cause de coronavirus l’an dernier.

Effectivement ! Cela fait très longtemps que j’attends qu’un événement de cette ampleur ait lieu. L’an passé, avec les restrictions Covid-19, nous avions quand même réussi à organiser un concours de saut d’obstacles 3* sur la piste de dressage, mais ce n’est pas comparable avec la compétition qui a lieu cette semaine. On est de retour, et ce n’est pas trop tôt ! Hier dans la soirée, le stade affichait quasiment complet pour la Coupe des nations, qui est à mes yeux l’une des meilleures épreuves de l’année (avec le Rolex Grand Prix, évidemment).

Je ne travaille pas à Aix-la-Chapelle à l’année. Je ne m’y rends que pour créer des parcours, et les parcours du CHIO se préparant des mois à l’avance, les préparatifs de cette année étaient bouclés en février-mars. Nous ne savions pas à l’époque à quoi ressemblerait le programme, ou même si la compétition aurait lieu. Nous avons donc décidé de partir du programme de l’année précédente, puis nous avons dû attendre que les autorités nous confirment combien nous pouvions accueillir de spectateurs. Pour finir, nous sommes là aujourd’hui, et je tiens à remercier toute l’équipe pour ses efforts, et en particulier le comité organisateur.

Vous êtes heureux de voir revenir le public à Aix-la-Chapelle ?

Très heureux ! Nous avons eu une grosse épreuve mercredi, et il n’y avait presque pas de spectateurs. On aurait dit un concours de préparation, c’était étrange. Hier, par contre, les gradins se sont remplis, et avec le retour de la foule, l’atmosphère a suivi. J’espère que dimanche, on aura vraiment l’impression d’un retour à la normale.

Qu’est-ce qui fait du CHIO d’Aix-la-Chapelle une compétition à part ?

Le travail des organisateurs, sans aucun doute. Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est organisé par une équipe de 25 à 30 personnes employées à plein temps sur toute l’année, qui font toujours un travail impeccable prenant en compte le moindre détail.

Parlez-nous un peu du parcours que vous avez créé pour le Rolex Grand Prix ce dimanche.

Il s’agit d’une épreuve en deux manches avec barrage. Il y aura 40 couples inscrits. Cinq d’entre eux se sont déjà qualifiés et 18 autres les rejoindront suite aux résultats de la Coupe des nations d’hier. Deux autres épreuves permettaient aussi aux cavaliers de se qualifier pour le Rolex Grand Prix. Ce devrait être comme chaque année un spectacle extraordinaire. On a 13 obstacles à la première manche et 10 dans la deuxième. Avec un peu de chances, on finira par un barrage de quelques cavaliers seulement, c’est plus exaltant pour le public, mais on ne peut jamais prédire ce qui va se passer, c’est aussi là l’intérêt. Dans l’idéal, j’aimerais voir entre trois et cinq cavaliers se disputer le titre lors du barrage.

À votre avis, qui a le plus de chances de s’adjuger le Rolex Grand Prix de ce dimanche ?

Le premier nom qui vient en tête est celui de Ben Maher. Avec Explosion W, ils forment un couple de très haut niveau et devraient partir favoris. Nombre de gens pensent comme moi beaucoup de bien de de cheval extraordinaire. Cependant, personne n’est à l’abri de faire tomber une barre, et la compétition peut se corser assez vite. Beaucoup de concurrents renommés seront présents, mais Ben est en grande forme et a fait une performance magique à Tokyo.

Le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Laissez-moi vous raconter une anecdote : quelqu’un a demandé récemment à sept cavaliers internationaux entre 25 et 30 ans quels étaient leurs objectifs professionnels. Ils ont tous dit la même chose : gagner le Rolex Grand Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle. Personne n’a mentionné les Championnats d’Europe ou du monde, ni même les Jeux olympiques. Seuls Aix-la-Chapelle et le Rolex Grand Prix faisaient des envieux. Cela montre bien que le Rolex Grand Slam représente l’apogée de la réussite.

Max Kühner and Elektric Blue P (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Max Kühner and Elektric Blue P (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Max Kühner et Elektric Blue P remportent le Grand Prix Turkish Airlines von Europa

Une fois la cérémonie d’ouverture du mardi soir terminée, le CHIO d’Aix-la-Chapelle 2021 a pu commencer, avec en préliminaire au Rolex Grand Prix de dimanche l’épreuve du Turkish Airlines-Prize of Europe. Ce parcours en deux manches et 14 obstacles imaginé par Frank Rothenberger a eu lieu dans l’enceinte du Hauptstadion, l’emblématique stade de 40 000 places. Sur la ligne de départ : 48 couples cheval-cavalier représentant 16 pays différents.

Philipp Schulze Topphoff et sa jument Concordess NRW donnent vite le ton dans la première manche avec un sans-faute en 84,86 secondes. Mais le chrono de l’Allemand ne tiendra pas face aux attaques de l’Irlandais Darragh Kenny aux rênes de VDL Cartello et du Belge Pieter Devos, accompagné de Mom's Isaura, qui finissent le parcours de 17 obstacles sans pénalité en 84,37 et 84,77 secondes respectivement.

Le quart des participants ayant bouclé la première manche se qualifiant pour la deuxième, neuf autres couples d’exception les y rejoindront : l’Allemand Daniel Deusser (Bingo Ste Hermelle), actuel numéro un mondial, Jérôme Guery (Eras Ste Hermelle) et Gregory Wathelet (Full House Ter Linden Z), médaillés de bronze par équipes aux Jeux de Tokyo 2020, les Néerlandais Bart Bles (Gin D) et Marc Houtzager (Sterrehof's Dante N.O.P.), la Portugaise Luciana Diniz (Vertigo du Desert), le Mexicain Patricio Pasquel (Babel), l’Israélien Daniel Bluman (Gemma W) et l’Autrichien Max Kühner (Elektric Blue P).

Déjà vainqueur du Rolex Grand Prix au Dutch Masters en avril, Max Kühner est le premier à s’élancer sur la piste, et boucle le second parcours (plus court que le premier avec ses neuf obstacles) sans aucune pénalité et en un temps record de 56,36 secondes. L’un après l’autre, les compétiteurs essayent alors de battre son chrono, en vain. Daniel Deusser en semble un instant capable, mais fait tomber une barre à l’avant-dernier obstacle, tandis que Grégory Wathelet est pris en défaut au dernier. Pour finir, Jérôme Guéry terminera moins d’une demi-seconde après l’Autrichien, et Luciana Diniz passera encore plus près du but avec seulement 0,19 seconde de retard. Et c’est avec la chute de trois barres lors du passage de l’Irlandais Darragh Kenny, pourtant en forme récemment, que Kühner remporte la victoire. Une préparation parfaite, semblerait-il, pour le Rolex Grand Prix de dimanche.

Interrogé sur sa stratégie pour aborder le Majeur avec Elektric Blue P, son hongre de 10 ans, Kühner explique : « Demain, je vais le laisser se reposer, je le monterai sur le plat un petit moment. Je verrai au feeling, c’est lui qui me dira comment procéder. Soit je continue de travailler avec lui jusqu’à dimanche sans compétition, soit je lui fais faire une autre petite épreuve, pour maintenir la cadence. Comme les obstacles seront très imposants dimanche, et que c’est un cheval très respectueux, si je ne le fais pas sauter d’ici là, ça risque de l’impressionner. Je pense que je vais l’inscrire à une autre épreuve plus modeste pour ne pas qu’il perde le rythme. »

Ludovic Escure (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Ludovic Escure (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Confidences de groom avec:

Ludovic Escure, groom de Kevin Staut

 

Parlez-nous des chevaux qui sont ici avec vous au CHIO d’Aix-la-Chapelle...

On a d’abord Emir De Moens Harcour, qui à sept ans n’a pas encore de très gros moyens et a parfois du mal à rester concentré, mais qui je pense pourrait être un crack à l’avenir. Il y aussi Tolede De Mescam Harcour, une jument qui va sûrement participer à l’épreuve de ce soir [le Turkish Airlines-Prix d’Europe] et au Rolex Grand Prix de dimanche. Elle a un tempérament calme, elle préfère être toute seule dans le pré chez nous. Elle peut être inégale, gagner un jour et faire trois fautes la semaine d’après, sans raison particulière.

Ensuite, on a Visconti Du Telman, une jument de 12 ans qui est trop mignonne. On se demande parfois avec elle si les chevaux peuvent avoir des mêmes troubles du développement comme l’autisme : elle est un peu dans la lune, dans son monde. Cela fait deux ans que Kevin la monte, et les débuts n’ont pas été faciles. À une époque, on n’avait pas assez de chevaux, car Viking [Scuderia 1918 Viking D'la Rousserie] était boiteuse. Visconti est donc devenue notre cheval principal, et a fait pas mal de Coupes des Nations et de Grands Prix, pour lesquels elle n’était peut-être pas tout à fait prête, avec le recul. Mais elle fait tout ce qu’elle peut pour faire plaisir à son cavalier. Elle a beaucoup appris aux récents Championnats d’Europe, et elle participera à la Coupe des nations Mercedes-Benz à Aix-La-Chapelle.

Enfin, on a une jument, Lubie de l'Elan, qui appartient à des amis proches de Kevin. Kevin l’essaie sur quatre concours pour cerner son potentiel. Il l’a montée à Valkenswaard puis au Stephex Masters de Bruxelles, et enfin à Riesenbeck, où elle a fait un sans-faute dans un Grand Prix 3*. Elle n’est pas particulièrement puissante ou explosive, mais elle fait tout pour ne pas faire de faute à l’obstacle.

Comment est-ce de travailler pour Kevin [Staut] ?

C’est un gars exceptionnel, qui connaît très bien ses chevaux. Il lit constamment des articles et étudie les autres cavaliers pour améliorer ses connaissances et son rapport avec les chevaux. Quand il fait une mauvaise performance, il peut être dur avec lui-même. Il est très exigeant envers lui-même comme envers moi. J’aime beaucoup travailler avec lui, car on fonctionne vraiment en équipe, on essaie sans cesse de trouver comment s’améliorer. Il est très matinal, à tel point que je me demande parfois s’il dort ! C’est le contraire de moi. Tout le monde m’a dit qu’en travaillant pour Kevin, je deviendrai matinal, mais ça fait quatre ans et je ne le suis toujours pas ! Kevin prend soin de moi et m’aide pendant les concours où je dois m’occuper de beaucoup de chevaux, comme cette semaine à Aix-la-Chapelle. C’est mon patron avant tout, mais nous sommes très proches. On comprend tous les deux quand il faut être sérieux, mais on sait aussi se détendre et profiter de la vie.

Qu’est-ce qui fait du CHIO d’Aix-la-Chapelle une compétition à part ?

Je le regarde à la télévision depuis les Championnats du Monde de 2006, auxquels participaient de supers chevaux comme Shutterfly. Même à la télé, on comprend que ce concours est comme nulle part ailleurs : l’atmosphère, le stade, la foule... Si vous demandez aux grooms et aux cavaliers quel concours ils ne veulent absolument pas rater, c’est celui-là. Quand je suis venu pour la première fois, je n’ai pas été déçu. Un vacarme incroyable se faisait entendre. J’ai cru que c’était le stade de foot à côté, et puis j’ai compris que c’était la cérémonie d’inauguration ici-même. Les gradins étaient pleins à craquer tous les jours. C’est un très grand concours en Allemagne, qui attire aussi des gens de tous les coins du monde. Pour un groom comme moi, aller à un événement du Rolex Grand Slam comme Aix-la-Chapelle, c’est un tout autre niveau. Travailler à Genève, Calgary, Aix-la-Chapelle, ou au The Dutch Masters, c’est un rêve devenu réalité.

Qu’est-ce que vous préférez dans votre métier de groom ?

Gagner, évidemment, ça reste la motivation première. Peu importe si c’est une épreuve à 1,40 m ou un Grand Prix 5*, j’adore quand on gagne. Quand Kevin se qualifie pour le barrage, c’est toujours un moment très exaltant. Il y a des jours où les choses ne vont pas comme on veut, et c’est vital d’entretenir une bonne relation avec son patron dans ces cas-là.

Qu’est-ce que vous aimez moins dans votre métier de groom ?

Me lever le matin ! Et faire les écuries, encore que ça ne me dérange pas trop. En général, il faut faire pas mal de sacrifices. La famille et les amis d’école vous manquent, mais on a tellement de copains sur le circuit que ça compense. Il y aussi beaucoup de conduite à faire, mais j’aime assez être tout seul dans le camion à rêvasser.

Michael Mronz (photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton) Michael Mronz (photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton)

Le mot des organisateurs avec:

Michael Mronz, General Manager de Aachener Reitturnier GmbH

Vous avez dû être extrêmement déçu lorsque le CHIO d’Aix-la-Chapelle a été annulé pour cause de coronavirus l’an dernier, puis reporté cette année. J’imagine que vous êtes ravi qu’il ait enfin lieu ?

Tout à fait ! En raison des circonstances actuelles, ce sera une édition pas comme les autres. D’un côté, il a enfin lieu, pour le plus grand plaisir de l’équipe, des spectateurs et des cavaliers d’Aix-la-Chapelle. Mais de l’autre côté, il va falloir composer avec une capacité d’accueil limitée. Nous opérons d’habitude à guichet fermé, alors les spectateurs, les cavaliers, les médias, mais aussi nous les organisateurs n’avons pas l’habitude de voir des sièges vides. Il faut garder à l’esprit que la pandémie n’est pas terminée. Cela étant, nous sommes très heureux de pouvoir ouvrir nos portes cette années.

Pourriez-vous nous parler des difficultés que vous avez dû surmonter pour que le CHIO d’Aix-la-Chapelle puisse cette fois se dérouler sans encombre ?

Les plus grosses difficultés ne sont pas survenues dans les 18 derniers mois, mais plutôt de mars à septembre, bref depuis le moment où nous avons décidé de repousser le concours. Ce report de date a entraîné des complications, qui ont exigé de prendre beaucoup de décisions difficiles et ont eu un impact important sur nos finances. Par exemple, il a fallu décider de lancer l’installation, sans savoir si nous aurions le feu vert pour ouvrir au public. Du côté financier, les risques ont été beaucoup plus élevés en 2021 que l’année d’avant, quand l’annulation était inévitable. Cette fois-ci, nous avons décidé d’avancer en espérant de toutes nos forces que le concours aurait lieu, et de faire une proposition de qualité qui attirerait les meilleurs couples cheval-cavalier. Heureusement, nos vœux ont été exaucés. J’ai plutôt tendance à positiver et à regarder vers l’avenir, je préfère donc désormais aller de l’avant plutôt que de méditer sur les 18 derniers mois.

Quels efforts avez-vous dû faire avec votre équipe pour rendre cet événement possible ?

Je ne sais pas si je parlerais d’efforts, j’ai le privilège de travailler avec une équipe extraordinaire pour un événement mondialement connu. Le club a été fondé en 1898, et le premier concours a eu lieu en 1924. La première manifestation internationale, elle, a été organisée en 1927. En tant que responsables du concours, nous nous devons de respecter cette longue et riche histoire. L’équipe a fait preuve d’un enthousiasme formidable dans le but de préparer une manifestation mémorable, j’ai été très touché.

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est-il fier d’accueillir un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Avant toute chose, je souhaite féliciter Steve [Guerdat] pour sa victoire à Spruce Meadows, nous sommes ravis qu’il ait décidé de concourir à Aix-la-Chapelle. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping est un fantastique concept : c’est la Ligue des Champions du monde équestre ! Scott [Brash] est la seule personne à l’avoir remporté, ce qui montre à quel point c’est difficile, mais c’est ce qui fait de cette victoire un véritable exploit. Si on regarde un autre sport comme le tennis, il suffit de regarder la défaite de Djokovic la semaine dernière dans sa quête pour remporter le Grand Chelem. Ici, chacun des Majeurs a son histoire. Ce n’est pas que la dotation qui est intéressante : c’est le parcours des chevaux et cavaliers, associé aux lieux mythiques dans lesquels ils vont concourir, qui fait la spécificité et l’intérêt du Rolex Grand Slam.

Steve Guerdat (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Steve Guerdat (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Les couples à battre lors du CHIO d’Aix-La-Chapelle 2021

 

Après une interruption d’un an dû à l’épidémie de COVID19, le très attendu CHIO d’Aix-la-Chapelle aura finalement lieu du 14 au 19 septembre. La feuille de présence de cet événement prévoit 66 cavaliers venus de 17 pays différents, dont 19 des 30 meilleurs au monde et quatre Témoignages Rolex. Accompagnés de 210 chevaux de talent, ceux-ci se rendront à la ville de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie près de la frontière belge. Comme on pouvait s’y attendre, les représentants germaniques seront nombreux (18 au dernier recensement), et comprendront notamment Daniel Deusser, numéro un mondial qui affiche actuellement une forme éclatante.

Chacun des cinq jours de compétition inclura déjà une épreuve phare faisant participer des cavaliers et chevaux de renommée internationale, notamment une épreuve de saut par équipes de la Coupe des nations Mercedes-Benz. Et surtout, ce célèbre concours inauguré en 1924 se terminera par l’incomparable épreuve 160, le Rolex Grand Prix (troisième Majeur de l’année du Rolex Grand Slam of Show Jumping). Suite à sa superbe victoire au CP ‘International’ présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, le tout nouveau Prétendant au titre, Steve Guerdat se rendra au CHIO d’Aix-la-Chapelle, où il viendra avec son cheval gagnant, Venard de Cerisy. En dixième place du classement mondial, l’un des seuls cavaliers à avoir participer à l’ensemble des Majeurs depuis la création du Rolex Grand Slam en 2013. Egalement récent champion européen par équipe, le Suisse fera une fois de plus confiance à Albfuehren's Maddox. L’entier de 10 ans voyagera avec Victorio des Frotards, un hongre de 12 ans plein de talent.

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les couples à battre

L’Allemand Daniel Deusser, actuel numéro un mondial, ira au CHIO d’Aix-la-Chapelle accompagné d’un piquet de quatre chevaux, dont sa jument Killer Queen Vdm avec qui il a décroché la deuxième place au Rolex Grand Prix du Stephex Masters de Bruxelles le mois dernier.

Ayant représenté la Suisse au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ la semaine dernière, Martin Fuchs, troisième au classement mondial, amènera cinq de ses meilleurs chevaux : ses deux hongres, Leone Jei (9 ans) et The Sinner (13 ans), ainsi que sa jument de sept ans, Diva Van Het Cauterhof Z, qui participera aux épreuves réservées aux jeunes chevaux.

Déjà présent à Calgary, le Britannique Scott Brash, qui en 2015 est devenu le seul cavalier de l’histoire jusqu’à aujourd’hui à s’octroyer le Rolex Grand Slam of Show Jumping répondra une nouvelle fois à l’appel. En quatrième position du classement mondial, l’Écossais tentera de s’offrir à nouveau le titre de Prétendant au Rolex Grand Slam lors du CHIO d’Aix-la-Chapelle. Dans cet objectif, il viendra accompagné de trois chevaux : Hello Shelby, Hello Vittoria, et Hello Jefferson, avec qui il a décroché la victoire au Grand Prix de Valkenswaard de juillet.

À la grande joie des amateurs de saut d’obstacles du monde entier, Ben Maher, compatriote de Scott Brash, numéro six mondial et champion olympique en titre, sera également de la partie. Ben Maher et son hongre Explosion W seront l’un des couple à battre lors du Rolex Grand Prix le dernier jour du concours. Mais Explosion W ne sera pas le seul cheval de Ben Maher : le jeune Point Break, qui fait déjà beaucoup parler de lui, sera lui aussi présent.

Partageant la 27e place au classement mondial, Laura Kraut et Jessica Springsteen arriveront depuis les États-Unis boostées par leur médaille d’argent par équipe aux Jeux olympiques le mois dernier. Au CHIO d’Aix-la-Chapelle, Laura Kraut sera une nouvelle fois accompagnée de son hongre Baloutinue (11 ans) et de Confu, un habitué des concours à 14 ans. Jessica Springsteen, elle, viendra avec Don Juan Van De Donkhoeve, un entier de 12 ans avec qui elle a participé aux Jeux de Tokyo 2020, mais aussi avec son exceptionnelle jument Rmf Zecilie avec qui elle a remporté le Rolex Grand Prix du Stephex Masters de Bruxelles il y a un peu plus de deux semaines.

Steve Guerdat and Venard de Cerisy (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Steve Guerdat and Venard de Cerisy (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Steve Guerdat devient le prétendant au Rolex Grand Slam

 

Après plusieurs jours de compétition, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ de 2021 s’est terminé aujourd’hui avec l’épreuve phare de la semaine, le CP International, présenté par Rolex. Ce deuxième majeur du célèbre Rolex Grand Slam of Show Jumping a vu participer 28 cavaliers, tous déterminés à devenir le nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam (ou dans le cas de l’Autrichien Max Kühner, bien résolu à défendre son titre après sa victoire au Rolex Grand Prix du Dutch Masters en avril, à le rester).

Véritable épreuve de force pour les chevaux comme pour les cavaliers, le parcours comme toujours ardu de Leopoldo Palacios comptait aujourd’hui 14 obstacles disposés sur l’imposante International Ring de Spruce Meadows. Sous les yeux d’un public averti et enthousiaste (dont le nombre était limité à 2 000 en raison de la pandémie), 12 couples seulement ont eu le droit de se qualifier pour la deuxième manche. Dans ces conditions, les cavaliers ne savaient que trop bien que toute erreur pouvait leur coûter très cher.

En selle sur Blue Movie, l’Australien Rowan Willis, un habitué de Spruce Meadows, a imposé la cadence lors de la première manche avec un parcours sans-faute de 80,99 secondes. Sous les applaudissements de la foule, le Canadien Mario Deslauriers s’est qualifié sans accuser aucune pénalité pour la deuxième manche, en franchissant la ligne d’arrivée en 83 secondes, aux rênes de Bardolina 2. Les seuls autres cavaliers à boucler la première manche sans aucun point de pénalité étaient le Suisse Steve Guerdat et l’Australienne Hilary Scott. Les huit autres cavaliers qualifiés pour la deuxième manche étaient Kent Farrington, McLain Ward, Will Simpson et Natalie Dean des États-Unis, l’Égyptien Nayel Nassar, la Canadienne Erynn Ballard, Carlos Hank Guerreiro du Mexique et Scott Brash de Grande-Bretagne.

Pénalisés de quatre points à l’issue de la première manche, Kent Farrington et McLain Ward signent un sans-faute à la deuxième. Sur leurs talons, Scott Brash, vainqueur du Rolex Grand Slam, ajoute quatre points à son score initial. Steve Guerdat, numéro un mondial, prend alors la pole position après avoir piloté avec grâce son prodigieux hongre de 12 ans, Venard de Cerisy, sur les 14 obstacles de la piste. Les deux derniers cavaliers à prendre le départ, Deslauriers et Willis, ne sont malheureusement pas en mesure de réitérer le sans-faute. Et c’est donc le Suisse, déjà trois fois champion du monde (2015, 2016 et 2019) et champion olympique individuel en 2012, qui s’adjuge le CP International présenté par Rolex et devient du même coup le tout nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

Seul cavalier à avoir participé à chacun des Majeurs depuis le lancement du Rolex Grand Slam of Show Jumping, Guerdat a avoué qu’il "rêvai[t] de remporter ces épreuves depuis sa plus jeune enfance. Aussi loin que je me souvienne, Calgary et Aix-la-Chapelle ont toujours été mes ultimes objectifs. J’ai eu la chance de gagner à Genève une ou deux fois, mais il me manquait une victoire à Aix-la-Chapelle et à Calgary, et je n’allais pas m’arrêter tant que je ne les aurai pas remportés. Maintenant, j’en ai un en poche, et je vais essayer de décrocher l’autre très bientôt. La possibilité d’une autre victoire, c’est ce qui nous pousse à avancer, nous autres cavaliers.

Venard est très puissant, très courageux. Il a beaucoup de sang et énormément d’énergie. Au point de vue technique, il n’est pas toujours très élégant, mais comme il est puissant et qu’il a la volonté de bien faire, au fil des années on a réussi à trouver un terrain d’entente. C’est un cheval très sensible, c’est difficile de monter dessus et de mettre pied à terre, ou de lui demander d’avancer. Il peut se montrer un peu peureux. Mais quand il voit l’obstacle, il n’a qu’une idée : y aller."

Linda Southern-Heathcott (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Linda Southern-Heathcott (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Mot de l'organisatrice avec:

Linda Southern-Heathcott, presidente et CEO de Spruce Meadows

 

Vous devez être ravie de voir le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ se dérouler quasi-normalement après son annulation pour cause de coronavirus l’an dernier...

Effectivement, nous sommes comblés de voir concourir tous ces cavaliers et chevaux, même si ça n’a pas été facile d’en arriver là. Depuis hier, nous sommes autorisés à recevoir deux mille spectateurs par jour. Nous avons pris la décision de n’accepter que les personnes entièrement vaccinées. Évidemment, il a eu beaucoup de démarches à faire, requises par le gouvernement canadien. Les 16 à 18 derniers mois ont été durs, mais nos efforts sont aujourd’hui récompensés par la présence de compétiteurs de talent, cavaliers et chevaux confondus.

Comment résumeriez-vous les 18 derniers mois ?

Les deux mots qui me viennent à l’esprit sont « ténacité » et « flexibilité », deux atouts vitaux pendant cette période. Avec la COVID19, tout a dû passer par le gouvernement. Il a donc fallu énormément de patience et de persévérance. Tout n’a pas été sans mal, il a fallu surmonter beaucoup de problèmes, composer avec les décisions du gouvernement et les difficultés occasionnées par le virus. Bien sûr, tous les gouvernements du monde ont imposés des restrictions, mais celles-ci étaient particulièrement strictes ici au Canada. Nos frontières ont fermé et n’ont réouvert qu’il y a cinq jours.

Nous avons fait une première demande en février auprès des autorités de la province, nécessitant de remplir un document de 100 pages comprenant un plan de contingence COVID19. Ces mesures doivent être validées par les autorités médicales de la province d’Alberta, et par la médecin hygiéniste en chef, Deena Hinshaw. Nous n’avons obtenu le feu vert des autorités que le 6 juin. Le 18 juin, nous avons reçu l’aval du ministère, que nous avons dû présenter aux autorités fédérales chargées d’émettre une « exemption au titre de l’intérêt national », pour laquelle il faut obtenir l’approbation de quatre ministères différents : le Patrimoine, chargé des événements sportifs ; la Santé ; l’Immigration, pour le passage des frontières ; et l’Emploi et l’Économie. En plus de la permission de ces ministères, nous avons dû obtenir un autre document autorisant l’entrée sur le site de Spruce Meadows. Si je devais donc choisir un seul mot, ce serait la patience !

Quels efforts avez-vous dû faire avec votre équipe pour rendre cet événement possible ?

L’épidémie de COVID19 a été très difficile. Dès l’instant où nous avons appris qu’il serait impossible d’organiser le moindre événement en 2020, nous avons su que nous serions très fortement affectés. Nous avons subi une perte de 90 pour cent de notre chiffre d’affaires, et nous avons dû licencier 100 personnes, dont certaines travaillaient avec nous depuis plus de 20 ans. Nous n’avons gardé que 30 personnes : 10 à l’administration, 10 dans la gestion de l’écurie, et 10 dans l’exploitation et l’entretien du site. Le personnel administratif a travaillé très, très dur. Conor Charlton, Responsable des Compétitions, s’est chargé de la demande auprès du gouvernement. Il a travaillé d’arrache-pied et il est resté positif tout du long. L’équipe dans son ensemble s’est serré les coudes et a réussi à faire des miracles, mais ça n’a pas été facile tous les jours. J’ai énormément de respect et d’admiration pour l’ensemble de notre personnel.

Hannah Rajotte and Patronusin (Photo: Spruce Meadows Media / Mike Sturk) Hannah Rajotte and Patronusin (Photo: Spruce Meadows Media / Mike Sturk)

Rencontrez la Next Gen avec:

Hannah Rajotte

 

Quels sont vos objectifs d’ici la fin de l’année ?

Je viens de finir le lycée et je prends quelques années pour tenter de réaliser mon rêve, faire carrière comme cavalière professionnelle. Je ne sais pas encore tout à fait comment je vais procéder. Je vais sûrement chercher un propriétaire pour qui travailler et préparer et valoriser un ou deux chevaux.

Et quels sont vos projets et ambitions pour 2022 ?

Je viens de faire ma première épreuve à 1,45 m sur l’un de mes chevaux. Mon objectif (un peu ambitieux) serait de faire mon premier 1,50 m, je vais voir comment les choses progressent. J’aimerais faire de bonnes performances à cette hauteur, que je n’ai pas encore tout à fait apprivoisée. Du côté personnel, je voudrais gagner en assurance, aller vers les autres pendant les concours et tisser des liens avec d’autres athlètes professionnels.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

C’est difficile de choisir, mais sûrement quand j’ai reçu le prix Xerox Junior Rider of the Year en 2019 ici-même à Spruce Meadows, sans compter que je m’étais présentée sur l’International Ring aux rênes de mon propre cheval, Theo Patronus. C’est un drôle de personnage, il est très sensible. Mais dès l’instant où on est entrés en piste ce jour-là, il a été imperturbable. En dehors de ça, je dirais ma première épreuve dans l’International Ring vendredi dernier, encore une fois sur Theo. Un autre moment marquant dans mon parcours !

Parlez-nous de vos montures...

J’ai deux hongres : d’abord Theo, que je monte depuis trois ans déjà, avec qui j’ai grimpé pas mal d’échelons en compétition. Quand j’ai commencé à le monter, il n’avait fait que des épreuves à 1,20 m, c’était un cheval de concours complet. Quant à moi, je n’avais pas dépassé 1,30 m. On a fait notre premier concours à 1,30 m ensemble, puis à 1,40 m, et enfin les épreuves pour les moins de 25 ans, dont quelques victoires, et en chemin on a développé une très bonne relation. C’est avec lui que j’ai davantage pris confiance en moi. Ensuite, j’ai Charlie S 15, un cheval en demi-pension à Spruce Meadows. Il est moins caractériel que Theo. On l’a choisi pour que je puisse m’habituer à sauter 1,40 m. C’est un super cheval, très tranquille, qui adore sauter et qui est très respectueux de l’obstacle. Tous les deux aiment leur travail, en tout cas.

Quelle est votre plus grande source d’inspiration durant votre carrière ?

Tous les meilleurs cavaliers internationaux ! Plus sérieusement, j’admire beaucoup Beezie Madden et Tiffany Foster. Ma mère m’a toujours soutenue, quasiment toute seule, et m’a offert toutes les chances de réussir. Je l’admire beaucoup et je lui suis très reconnaissante, elle qui fait tout pour me permettre de profiter des opportunités qui me sont offertes.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Ma mère, mon coach et mon équipe m’ont toujours conseillé de me concentrer sur le travail à effectuer et de ne pas me laisser distraire par ce que font les autres : tout le monde suit sa propre voie.

Qu’est-ce qui fait de Spruce Meadows une compétition à part ?

J’adore Spruce Meadows, c’est ma compétition préférée. J’ai beaucoup de chance d’avoir pu concourir ici pendant mon enfance. L’atmosphère est comme nulle part ailleurs. Il suffit de passer la porte pour avoir l’impression d’être dans un autre monde. L’enthousiasme de la foule est contagieux. Et l’événement attire les meilleurs cavaliers de la planète : bref, il a tout pour plaire !

Tiffany Foster and Brighton (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Tiffany Foster and Brighton (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Tiffany Foster remporte le Suncor Winning Round

 

Vingt-cinq couples engagés ce samedi au départ de l’épreuve Suncor Winning Round – 150cm. Suite à une nuit et une matinée pluvieuse, l’épreuve a eu lieu sur l’International Ring très humide. Cela n’a cependant pas refroidi les spectateurs, ravis d’assister à des performances de très haut niveau de la part des meilleurs cavaliers canadiens mais aussi d’un certain nombre de compétiteurs étrangers, venus de huit pays différents pour disputer le Spruce Meadows ‘Masters’ 2021.

Et c’est bien le Canada qui a dominé la première manche, avec pas moins de quatre cavaliers canadiens dans les 10 qualifiés pour la deuxième partie des festivités : Tiffany Foster avec Brighton, son hongre de 15 ans, Amy Millar et Christiano (11 ans), sans oublier Eric Lamaze et Jim Ifko, deux habitués de Spruce Meadows, accompagnés respectivement de Kino (11 ans) et de Celine Ls La Silla (12 ans). Les 3 irlandais, Jordan Coyle (Centriko Volo), Daniel Coyle (Ivory TCS) et Conor Swail, se sont également offert une place pour la deuxième manche, tout comme la talentueuse cavalière belge de 23 ans, Zoe Conter (Dawa De Greenbay Z), l’Égyptien Nayel Nassar (Igor Van De Wittemoere), très en forme actuellement, et le Britannique Matthew Sampson (Geneve R) complétaient ainsi le tableau.

Résultat : ce sera Tiffany Foster qui décrochera la victoire devant une foule enchantée. Aux rênes de son superbe Brighton, elle résiste à l’attaque de dernière minute de Conor Swail, qui s’octroie la deuxième place avec un chrono de trois dixièmes de seconde de plus seulement. Nayel Nassar, 59e au classement mondial, s’offre la troisième place du podium.

Tiffany Foster, qui monte Brighton depuis longtemps déjà, s’est déclarée ravie de sa performance : « Le Suncor Winning Round de Spruce Meadows ‘Masters’ est une épreuve unique en son genre, sans report de pénalité : il faut absolument faire partie des dix premiers et donc garder un rythme relativement soutenu. Brighton aime beaucoup de type d’épreuve, alors je le laisse faire. L’avantage avec lui, c’est sa vitesse naturelle. Même s’il fait tomber une barre, j’ai encore toujours une chance de me qualifier. Mais il n’en fait pas tomber beaucoup ! ».

Eric Lamaze and Kino (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Eric Lamaze and Kino (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Interview de cavalier avec:

Eric Lamaze

 

Quels chevaux montez-vous cette semaine ? Pouvez-vous parler un peu de ceux-ci ?

J’ai d’abord Dieu Merci Van T & L, un entier très prometteur, une étoile montante qui soufflera ses onze bougies cette année. On le verra concourir dimanche au CP ‘International’ présenté par Rolex. J’espère bien à l’avenir empocher grâce à lui un Majeur du Rolex Grand Slam. Je ne doute pas un instant de son talent exceptionnel.

On a aussi Fine Lady 5, ma jeunette de 18 ans ! C’est une gagnante, il n’y a pas grand-chose de plus à dire. Elle n’est pas tout à fait aussi précise qu’avant, mais elle aime toujours autant son boulot. On aimerait la garder en forme pour qu’elle puisse conclure sa carrière à Genève, si c’est possible.

Et puis j’ai Kino qui vient d’arriver dans mon écurie. Je l’ai acheté cette année car j’ai plusieurs jeunes chevaux qui nous arrivent l’an prochain. Je ne le connais encore pas très bien, je ne vais donc pas faire de pronostic. Il ne s’entendait pas avec son cavalier précédent. C’est Ludger Beerbaum qui l’a élevé au départ, puis il l’a vendu à Rodrigo Pessoa qui le voulait pour l’un de des cavaliers qu’il entraine, mais ça n’a pas accroché. De mon côté, j’aime bien ce cheval et on dirait que c’est réciproque.

Pourquoi le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ est-il un événement à part ?

J’adore Spruce Meadows en général. Le ‘Masters’, c’est le Wimbledon, le Roland-Garros du saut d’obstacles. C’est un Majeur du Rolex Grand Slam. Bref, l’apogée de notre sport. Avec les restrictions dues à la COVID19 cette année, on ne verra peut-être pas tous les habitués du circuit, mais le parcours n’en sera pas moins difficile. On va voir du beau spectacle.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

J’adore le saut d’obstacles, la vitesse, l’excitation du barrage. Je suis un fan d’adrénaline. Je pense être tout aussi bon cavalier aujourd’hui qu’il y a quelques années. Je suis un vrai fan de sensations fortes.

Quelle sera votre tactique au moment d’aborder dimanche le CP International présenté par Rolex ?

J’ai l’intention de monter mon cheval Dieu Merci Van T & L dans le 1,55 m d’hier, et comme il vient de faire un long trajet, de le laisser se reposer jusqu’à dimanche pour tenter de décrocher la victoire à ce moment-là.

Quels seront les cavaliers à battre dans le CP ‘International’ présenté par Rolex ?

Kent Farrington, Scott Brash et Steve Guerdat. Mais c’est comme pour les courses hippiques : je parie toujours sur le favori, et je perds toujours !

Leopoldo Palacios (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Leopoldo Palacios (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Reconnaissance de piste avec:

Le chef de Piste Leopoldo Palacios

 

Vous devez être ravi de voir le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ se dérouler quasi-normalement après son annulation pour cause de coronavirus l’an dernier...

Je suis effectivement très heureux d’être de retour ici au Canada. Cela fait très longtemps que je travaille comme chef de piste à Spruce Meadows, et j’étais triste de voir la compétition annulée puis repoussée en 2020 et début 2021. J’espère sincèrement que les modifications apportées subsisteront et qu’on verra les choses revenir à la normale en 2022.

L’équipe de Spruce Meadows a dû énormément travailler pour faire en sorte que la compétition ait lieu cette année ?

Absolument. Tout le monde a fait d’immenses efforts pour que le Masters ait lieu. Pour commencer, il a fallu remuer ciel et terre pour que je reçoive un visa me permettant de me rendre du Venezuela au Canada. Il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un événement international, qui pour fonctionner nécessite la présence de personnes venant de nombreux pays du monde. Le comité organisateur a eu beaucoup de mal à dénicher suffisamment d’hommes de piste : comme Spruce Meadows n’a lieu qu’une fois par an, il faut aller chercher beaucoup de personnel ailleurs.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières cette année ?

Le plus difficile pour moi a été la BMO Nations Cup de samedi, pour laquelle nous n’avons que cinq équipes en lice. Plusieurs facteurs expliquent le nombre réduit de participants : la COVID-19, les récents Championnats d’Europe, le CHIO d’Aix-la-Chapelle qui a lieu la semaine prochaine, la finale de la Coupe des nations à Barcelone... Tout semblait se liguer contre nous. Heureusement, nous bénéficions d’une dotation non négligeable [600 000 dollars canadiens], et notre sponsor, BMO, est très fier de parrainer l’événement. Nous espérons donc proposer un spectacle d’une qualité comparable aux années précédentes.

Qu’est-ce qui fait de Spruce Meadows un événement à part ?

Les autres compétitions ont tendance à utiliser des distances plus importantes, des barres d’obstacles plus légères et des installations plus basiques sur des temps impartis serrés. Ici à Spruce Meadows, on a de grosses barres et des obstacles robustes. Je crois qu’on occupe aussi plus d’espace que n’importe quelle autre compétition. Je vois des parcours Grands Prix 5* dans le monde avec des oxers d’1,60 m ou d’1,70 m. Dimanche, on aura du 1,75 m et plus, avec des courtes distances entre les obstacles. C’est cette difficulté qui fait notre particularité.

Parlez-nous du parcours que vous avez créé pour le CP International présenté par Rolex de demain ?

Le parcours que je crée pour l’épreuve de dimanche est depuis plusieurs années déjà le plus complexe au monde. L’épreuve phare de Spruce Meadows est devenue une référence, qui permet de voir ce que les chevaux sont capables dans cette discipline. Cette année, un bon nombre de cavaliers de renommée mondiale sont venus se la disputer et en mettre plein la vue aux spectateurs. Les obstacles de la première manche ne sortiront pas tellement de l’ordinaire. Mais la deuxième manche, à laquelle seuls 12 cavaliers seront admis, permettra vraiment de connaître les limites du possible en matière de saut d’obstacles 

McLain Ward and HH Azur (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) McLain Ward and HH Azur (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

McLain Ward remporte la Tourmaline Oil Cup

Par cette après-midi de septembre au temps venteux et automnal, 28 couples de 12 pays différents se sont disputé l’épreuve principale du vendredi au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ : la Tourmaline Oil Cup (hauteur : 1,60 m). Leopoldo Palacios, légendaire chef de piste, avait préparé pour les participants, comptant trois des dix meilleurs cavaliers au monde, 12 obstacles éprouvants couvrant l’intégralité de la célèbre International Ring.

Le cavalier américain McLain Ward et sa jument baie de 15 ans, HH Azur, ont tout de suite donné le ton avec un sans-faute et un chrono de 72,51 secondes, nettement en-dessous du temps imparti de 75 secondes. Kent Farrington et Creedance, son hongre de 14 ans, eux aussi en grande forme, ont réalisé le sans-faute sans grande difficulté apparente. Et pour compléter la démonstration de force par les Américains, Beezie Madden, gagnante du CP International présent par Rolex en 2019, en selle sur l’étalon Breitling LS n’a fait qu’une bouchée des 15 obstacles du parcours. Pour la plus grande joie du public canadien, Tiffany Foster et Erynn Ballard, aux rênes de Hamilton et Gakhir respectivement, se sont toutes deux qualifiées pour le barrage. En bonne forme, l’Égyptien Nayel Nassar et son hongre Coronado (grand habitué des concours à 19 ans), ont rejoint en phase finale le Brésilien Eduardo Menezes (sur H5 Chagauns) et l’Australien Rowan Willis et son étalon gris Ashton Dakota.

McLain Ward, médaillé d’argent aux derniers Jeux olympiques, s’élance le premier pour enregistrer un formidable chronomètre de 37,38 secondes. Dans leurs efforts pour battre ce temps record, les sept cavaliers suivants (Rowan Willis, Kent Farrington, Eduardo Menezes, Erynn Ballard, Beezie Madden et Tiffany Foster) encourront tous des pénalités sur les huit obstacles du barrage. Dernier à partir, Nayel Nassar décide de ne pas prendre de risque inutile. Il finira par un sans-faute prudent qui lui vaut la seconde place. McLain Ward, lui, rafle une victoire bien méritée.

Interrogé sur sa performance et celle de sa jument HH Azur, le double médaillé d’or par équipe aux Jeux olympiques déclarera ensuite : « Je ne suis pas sûr d’avoir mieux monté que les autres cavaliers ; c’est à elle que je dois la victoire ! Cela ne m’a pas posé de problème de partir en premier sur le barrage. J’avais établi ma stratégie en fonction de ses forces et ses faiblesses, que je connais maintenant bien, et j’ai pensé qu’en mettant la pression aux autres compétiteurs je les pousserai peut-être à l’erreur.

Demain, HH Azur participera à la Coupe des nations pour notre équipe. Et pour le Grand Prix de dimanche, je me réserve Casper, un entier avec lequel je travaille depuis un petit moment, qui saute extraordinairement bien et qui a réalisé des bonnes performances en Europe cet été. »

 

Martin Fuchs riding Conner JEI (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Martin Fuchs riding Conner JEI (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Interview de cavalier avec:

Martin Fuchs

 

Quels sont vos objectifs d’ici la fin de l’année ?

Je vise encore beaucoup de choses en 2021. J’adorerais notamment remporter le CP International, présenté par Rolex, ici à Spruce Meadows. La semaine prochaine, nous serons au Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle, que je rêverais également de gagner. Et en fin d’année, j’irai défendre mon titre au Rolex Grand Prix du CHI de Genève. On a donc encore pas mal à faire !

Et quels sont vos projets et ambitions pour 2022 ?

Pour tous les cavaliers de saut d’obstacles, l’objectif ultime est bien évidemment le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Les quatre Majeurs ont tous lieu lors de compétitions emblématiques, où on a tous envie de montrer de quoi on est capable. Une autre grande date s’annonce également l’an prochain, celle des Jeux équestres mondiaux.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Je dirais ma victoire au Rolex Grand Prix du CHI de Genève, ou j’ai dû affronter les meilleurs cavaliers au monde, pour finir sur un barrage trépidant. Et quel plaisir de gagner chez moi en Suisse, avec le soutien de la foule !

Quelle est votre plus grande source d’inspiration durant votre carrière ?

D’abord et bien évidemment mon père, Thomas Fuchs, mais aussi Steve Guerdat. Tous deux m’ont soutenu toute ma vie et je leur voue une très grande admiration.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

C’est dur de travailler avec les chevaux, mais aussi très gratifiant. Plus j’avance dans ma carrière, plus je m’efforce de les comprendre. Et plus je passe de temps en leur compagnie, plus ils m’apportent de choses.

Dites-nous un peu qui vous avez amené ici au CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’...

Dimanche au CP International, présenté par Rolex, je monterai Conner Jei. Nous venons de gagner le Rolex Grand Prix de Dinard, je pense donc que le parcours va bien lui convenir. Avec sa grande piste en herbe et ses obstacles complexes, Dinard ressemble effectivement un peu à Spruce Meadows. J’espère donc réaliser une bonne performance au Grand Prix de dimanche.

Parmi vos jeunes chevaux, lesquels avez-vous hâte de monter en concours ?

J’ai deux jeunes chevaux très prometteurs : Captain Morgan [Weering Z], qui a aujourd’hui six ans, et Diva [Van Het Cauterhof Z], qui en a sept. À mon avis, vous reverrez ces deux-là à de nombreuses reprises.

Êtes-vous heureux de retrouver la foule ? La présence de spectateurs vous motive-t-elle ?

Absolument ! Pour les cavaliers, c’est très différent de monter en selle lorsque le public est présent. Entendre la clameur et les applaudissements, ça incite à se dépasser. C’est très, très agréable.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

D’essayer de mieux comprendre son cheval, et de coopérer vraiment avec lui pour faire quelque chose de mémorable.

Qu’est-ce qui fait de Spruce Meadows une compétition à part ?

C’est l’une des compétitions les plus remarquables de la planète, j’adore cet endroit. Mon père s’y rendait tout le temps, et pendant mon enfance n’a cessé de me dire à quel point il aimait cette compétition. Lorsque je suis venu moi-même pour la première fois, il y a huit ou neuf ans, ça a donc été un grand moment d’émotion.

Ian Allison (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Ian Allison (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Mots de l'organisateur avec:

Ian Allison, vice-président senior de Spruce Meadows

 

Vous devez être ravi de voir le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ se dérouler quasi-normalement après son annulation pour cause de coronavirus l’an dernier...

La route a été longue, mais nous avons fini par avoir le plaisir de voir la troupe habituelle se reformer. La dernière fois que nous avons fêté une épreuve de championnat, c’était en septembre 2019, quand Beezie Madden a remporté sa première victoire au Rolex Grand Slam aux rênes de Darry Lou. Nous venons de vivre une période très spéciale, et Spruce Meadows nous a semblé bien vide pendant que nous regardions à distance ce qui se passait dans le reste du monde.

Pourriez-vous nous parler des difficultés que vous avez dû surmonter pour que le CSIO du Spruce Meadows ‘Masters’ puisse cette fois se dérouler sans encombre ?

Nous avons effectivement dû surmonter d’énormes obstacles, car chaque pays a géré la pandémie à sa façon. Le Canada est un très vaste pays couvrant six fuseaux horaires et bordé par une immense frontière avec les États-Unis. Cela a occasionné de nombreuses difficultés, sans compter les restrictions sur les vols entrants au Canada.

Nous avons commencé nos préparatifs il y a neuf mois, en travaillant en collaboration avec les autorités régionales puis provinciales afin d’obtenir tous les documents nécessaires à l’organisation d’un événement de cette ampleur. Ensuite, il faut passer par un processus particulier visant à l’obtention d’une « exemption au titre de l’intérêt national ». Par bonheur, le gouvernement fédéral a jugé que le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et le Rolex Grand Slam of Show Jumping méritaient cette exemption, à la fois pour leur importance à l’échelle internationale et pour les opportunités commerciales qui en découlent. L’autorisation ne nous est cependant parvenue que le 25 août ; il a donc fallu prendre en compte tous les facteurs susceptibles ou non de changer à tout moment ainsi que les autres dates du calendrier sportif international. Nous avons décidé de décaler nos épreuves nationales CSI5* pour les inclure dans le ‘Masters’ de septembre, et de créer ainsi une compétition longue de trois semaines pour attirer le plus grand nombre possible de cavaliers et de journalistes à Spruce Meadows. Tous ces changements ont été épuisants à gérer, mais aujourd’hui nous sommes là, le soleil brille et nous avons le plaisir d’accueillir de nombreux compétiteurs de talent.

Quels points positifs se dégagent à vos yeux des 18 derniers mois ?

Évoluer, s’adapter, surmonter les obstacles : c’est là la clé de notre réussite. Nous avons vu émerger d’incroyables avancées technologiques ces 18 derniers mois, comme par exemple la chaîne de télé Spruce Meadows Television, fer de lance du Summer Series virtuel en 2020, qui a puisé dans nos archives. Nos 44 ans d’histoire ont permis de présenter un contenu passionnant pour les spectateurs et de continuer de susciter l’intérêt pour Spruce Meadows. Je pense aussi notamment aux efforts réalisés par le personnel de Spruce Meadows pour dépasser le cadre normal de leurs fonctions. Pour survivre et prospérer, tout le monde a mis la main à la pâte. Le ‘Masters’ emploie normalement 175 personnes à plein temps, 400 bénévoles et des centaines de sous-traitants, ce qui évidemment n’a pas été le cas l’an passé. J’ai eu le privilège d’assister au travail d’équipe réalisé et à la mise en place d’idées innovantes à tous les niveaux, et je garderai ce souvenir à jamais.

C’est avec un certain frisson que vous devez attendre les 2 000 spectateurs autorisés à assister aux épreuves du vendredi, samedi et dimanche...

Nous avons effectivement eu la permission d’accueillir un nombre réduit de fans, qui pourront venir admirer les plus grandes pointures du saut d’obstacles mondial : Max Kühner tentera de décrocher un autre titre du Rolex Grand Slam of Show Jumping, Beezie Madden viendra défendre son titre, et le fantastique Eric Lamaze, qui a dû déplacer des montagnes dans ce but, sera également présent. Beaucoup de cavaliers ont donc de très bonnes raisons de vouloir gagner, ce qui promet une compétition inoubliable !

Kent Farrington rides Jasper in Spruce Meadows 2019 (photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Kent Farrington rides Jasper in Spruce Meadows 2019 (photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Rolex Grand Slam 'Rider Watch'

Qui surveiller de près lors des CSIO Spruce Meadows Masters 2021?

 

Le CSIO 5* Spruce Meadows ‘Masters’, qui aura lieu du 8 au 12 septembre 2021, accueillera une fois encore le second majeur Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année. Le CP International présenté par Rolex se déroulera le dernier jour dans l’impressionnante International Arena.

L’Autrichien Max Kühner, nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam depuis sa victoire au Rolex Grand Prix du Dutch Masters de Bois-le-Duc en avril, a confirmé qu’il serait présent à Calgary. Des concurrents parmi les plus chevronnés de la planète, dont cinq des 20 meilleurs cavaliers au monde et cinq Témoignages Rolex, l’y rejoindront. Comme à l’accoutumée, il s’agira d’une compétition véritablement internationale, les cinq jours de compétition rassemblant de nombreux cavaliers représentant 15 pays différents, dont 42 Canadiens !

 

Rolex Grand Slam 'Rider Watch' : les couples à battre

Ayant remporté les Championnats d’Europe par équipe (une victoire à laquelle lui et son hongre Leone Jei ont pris une large part), Martin Fuchs, numéro trois mondial, arrivera plein d’assurance à Calgary. Le cavalier de 29 ans viendra cette fois-ci accompagné de  Conner Jei, son talentueux hongre de 10 ans, vainqueur du Rolex Grand Prix du Jumping International de Dinard

Le Britannique Scott Brash sera également de la partie. C’est d’ailleurs à Spruce Meadows qu’il avait décroché le tout premier Rolex Grand Slam of Show Jumping en 2015 aux rênes du légendaire Hello Sanctos. Cette année, l’actuel numéro quatre mondial montera Hello Vincent avec qui il a déjà décroché une très honorable quatrième place du Rolex Grand Prix au Knokke Hippique de juin.

Son compatriote Steve Guerdat, lui, actuellement classé à la 10e place mondiale, a récemment ajouté à son palmarès déjà bien chargé le titre de champion d’Europe par équipe. Déjà trois fois champion du monde en 2015, 2016 et 2019, il se rendra à Spruce Meadows accompagné de Venard De Cerisy, son fidèle hongre de 12 ans, avec qui il a décroché une cinquième place par équipe aux Jeux olympiques de Tokyo.

Parmi les cavaliers des États-Unis, notons Kent Farrington, médaillé d’argent par équipe à Rio en 2016, qui annonce la couleur en inscrivant au départ non moins de sept chevaux. Parmi ceux-ci, Gazelle, la célèbre jument de 15 ans de l’actuel numéro 13 mondial, mais aussi Creedance (14 ans) et Orafina, une jument très prometteuse de neuf ans.

Témoignage Rolex et grand favori du public, Eric Lamaze sera l’un des 42 cavaliers canadiens à s’élancer sur la piste. Actuellement en 120e position du classement mondial, Lamaze tentera le sans-faute aux rênes de Fine Lady 5, une jument de 18 ans qui l’avait déjà aidé à décrocher une médaille de bronze individuelle aux Jeux de Rio 2016. Mais il aura aussi deux autres chances de gagner, d’abord sur Dieu Merci van T & L, étalon de 12 ans, puis sur Kino (13 ans).

Parmi les autres grosses pointures du saut d’obstacles canadien ayant répondu à l’appel, on trouvera Tiffany Foster, Kara Chad, Mario Deslauriers et Erynn Ballard.

Max Kühner, actuel Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping, sera le seul à porter l’étendard autrichien. Il montera Eic Coriolis des Isles, un étalon français de neuf ans, avec qui il participera au CP International présenté par Rolex : l’épreuve à remporter absolument s’il veut pouvoir continuer à rêver du Rolex Grand Slam...

Beezie Madden, gagnante du CP International présenté par Rolex en 2019, fera elle aussi partie du contingent des USA. Elle tentera sa chance en selle sur Breitling LS, son étalon de 15 ans né à La Silla. Médaillé olympique à quatre reprises, son compatriote McLain Ward aura eu à peine eu le temps de poser sa médaille d’argent des Jeux de Tokyo 2020 avant de repartir pour Calgary. Aux rênes de Kasper van het Hellehof puis de HH Azur, il espère sans aucun doute continuer sur sa lancée victorieuse.

Enfin, notons la présence de Zoé Conter, une jeune cavalière belge de 23 ans ayant déjà concouru en 2019 au Spruce Meadows Masters en 2019. Elle sera accompagnée de Davidoff De Lassus, son étalon de 12 ans et de Dolitaire Chavannaise, sa jument du même âge, dans les épreuves 5* de la semaine.

Max Kühner with Elektric Blue at The Dutch Masters 2019 (photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Max Kühner with Elektric Blue at The Dutch Masters 2019 (photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Live Contender Interview with:

Max Kühner

 

Qu’avez-vous fait après avoir gagné le Rolex Grand Prix aux Dutch Masters en avril ?

Tout allait bien en général, étant donné que nous avons eu beaucoup de compétitions après les divers confinements. Après Bois-le-Duc, Elektric Blue a eu sa compétition suivante à Madrid, où il a gagné la compétition en équipe de la Global Champions League. Après ça, il est allé à Knokke Hippique, où il a fini troisième au Rolex Grand Prix. À Monaco, j’ai monté l’un de mes jeunes chevaux, Eic Coriolis des Isles, et il est arrivé second au Grand Prix. Enfin, Elektric Blue a fini quatrième au Grand Prix de Valkenswaard, qui a été une opportunité de le préparer pour les Championnats d’Europe. Et maintenant, son prochain événement sera le CHIO d’Aix-la-Chapelle. On aime ce qu’on fait, alors tant que tout se passe bien, c’est plus une passion qu’un travail. Remarque : Cette interview sera publiée après les Championnats d’Europe, le document doit donc refléter ceci et être mis à jour.

Vous êtes le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Quelle est votre stratégie pour le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ ?

J’emmènerai Eic Coriolis des Isles avec moi à Spruce Meadows, qui est un étalon français de 9 ans. C’est lui qui a terminé second au Grand Prix de Monaco en juillet. Je l’ai depuis qu’il a 7 ans, je le connais donc depuis un bon moment. Il n’a jamais participé à un Grand Prix comme celui de Spruce Meadows. Ce sera intéressant de voir s’il apprécie l’incroyable piste de la compétition. Je pense que je le ferai participer à deux épreuves avant le Grand Prix, simplement pour l’habituer à la situation. J’espère qu’il sera bien préparé.

Eic Coriolis des Isles a de bonnes performances en extérieur. Il a un caractère exceptionnel et il est très courageux. Son corps lui offre de nombreuses possibilités, sauter est donc très simple pour lui. Il a l’air d’avoir de gros moyens à l’obstacle et de bonnes capacités. Il n’a bien sûr pas énormément d’expérience, et il a généralement besoin d’un ou deux jours pour s’habituer à un nouvel endroit. Il fait de très grandes enjambées, il n’a pas peur et n’est pas timide. Je pense qu’il aimera Spruce Meadows.

Cette année, les compétitions ont été programmées très proches l’une de l’autre. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre Elektric Blue P au CHIO d’Aix-la-Chapelle, car il est juste après le CSIO de Spruce Meadows. Nous sommes très heureux d’avoir un cheval capable de gagner un Grand Prix du Rolex Grand Slam. Si nous voulons en gagner plusieurs, alors nous choisirions seulement un cheval, mais je pense que c’est excessif de monter le même cheval semaine après semaine, surtout lorsqu’on voyage sur de longues distances.

Quels autres chevaux prendrez-vous à Spruce Meadows, et quels sont les jeunes chevaux que vous avez hâte de monter ?

Comme second cheval, je vais emmener Vancouver Dreams à Spruce Meadows, que je connais depuis plus de cinq ans, depuis qu’elle a cinq ans. Elle est très prudente et a de longues enjambées, elle aime les grandes pistes et elle est très rapide, j’espère donc qu’on pourra gagner une compétition avec elle. Eic Coriolis des Isles est encore jeune, c’est pourquoi il est l’un de nos grands espoirs. Nous avons également Eic Cooley Jump The Q, un cheval irlandais en lequel j’ai beaucoup d’espoir. Il a seulement 8 ans et on le prépare doucement aux épreuves plus importantes. On l’emmènera peut-être au CHIO d’Aix-la-Chapelle. Il y a d’autres jeunes chevaux très prometteurs, comme Eic Ambiance Du Seigneur, qui n’a que 7 ans et qui est exceptionnel au saut d’obstacles. Il y a également une jument de 8 ans, Neugschwents Concordia, qui est un cheval très prudent et qui a probablement besoin d’un peu plus de temps. De manière générale, nous avons plusieurs jeunes chevaux très prometteurs pour l’avenir.

Michael Pender and HHS Burnchurch at the CHI Geneva 2019 (photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Michael Pender and HHS Burnchurch at the CHI Geneva 2019 (photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Rencontrez la Next Gen avec:

Michael Pender

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Les chevaux ont été assez bons cette année, et je suis désormais 55e au classement mondial. C’est génial. Quand j’envisage la fin de cette année, j’aimerais participer à quelques épreuves de qualification pour la Coupe du Monde, puis je commencerai à me préparer pour l’année prochaine, afin d’essayer de me surpasser en 2022. J’adorerais concourir de nouveau à Genève. J’y ai participé en 2019 et c’est l’une des meilleures compétitions auxquelles j’ai assisté.

Quels chevaux avez-vous le plus hâte de monter en compétition cette année ?

Hhs Burnchurch a été très bon cette année. J’ai également un cheval de 9 ans, Hhs Fast Forward, qui est vraiment très bon au saut d’obstacles, ainsi qu’un autre de 9 ans également, Hhs Javas Gucci, qui saute incroyablement bien aussi. Nous avons donc plusieurs jeunes chevaux qui s’améliorent et dont nous espérons beaucoup dans l’avenir. Deux de mes chevaux sont frères – Hhs Burnchurch et Hhs Fast Forward – et ils ont des personnalités relativement similaires. Ils ont également les mêmes traits de caractère et les mêmes manies. Quand on les monte, on sait que tous deux jetteront un œil à certaines choses dans la cour ou sur la piste, ce qui est assez amusant. Ils sont tous deux très doués, et Burnchurch a réalisé un sans-faute au Rolex Grand Prix de Genève en 2019 et lors d’un ou deux autres Grands Prix 5*. Je viens également de faire du saut d’obstacles à Dublin avec un très bon cheval de 6 ans, Hhs Corneta. Elle a très bien sauté, et je pense qu’elle a de grandes chances de devenir un cheval pour un futur Grand Prix. 

Selon vous, le Rolex Grand Slam a-t-il été une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Je trouve que c’est un événement génial pour le saut d’obstacles. C’est tout simplement incroyable d’organiser toutes ces compétitions et d’offrir une telle récompense. C’est très difficile de gagner le Rolex Grand Slam, c’était donc stupéfiant de voir Scott [Brash] réussir. Je suis curieux de voir si quelqu’un d’autre réussira de nouveau. Ce sont tous de grands événements, et ils sont importants dans le calendrier du saut d’obstacles. Y participer est déjà une grande réussite à mes yeux, mais gagner serait incroyable. Le Rolex Grand Slam apporte quelque chose de complètement différent à ce sport. Un jour vous sautez à Calgary, puis à Aix-la-Chapelle, qui sont les deux plus grandes pistes en gazon au monde ; c’est vraiment l’apogée de ce sport. Je préfère sauter en extérieur, et même si Genève est l’une des compétitions les plus incroyables auxquelles j’ai participé, je trouve cela plus simple de monter à cheval sur ces grandes pistes en gazon.

Qu’avez-vous appris dans les 18 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

J’ai appris que ce n’était pas du tout mauvais de laisser un cheval se reposer. Durant les 18 mois écoulés, ils se sont énormément développés parce qu’ils ne participaient pas à des compétitions toutes les semaines. Pour moi, c’est devenu évident qu’on ne devrait pas presser les chevaux, car ils ont besoin de temps et ne s’améliorent qu’au fil du temps. J’ai passé plus de temps chez moi avec ma famille et les jeunes chevaux, c’était agréable. Dîner chez moi plusieurs fois par semaine et monter un peu plus les jeunes chevaux ont été des aspects très positifs de ces 18 derniers mois. On a tendance à oublier ces choses-là quand on est trop occupés avec des compétitions chaque semaine. Le temps passé à la maison était vraiment très agréable, mais ç’a été vraiment génial de retourner aux compétitions et de se remettre en selle.

Les résultats des Rolex Grands Prix de l'été

 

La période entre les deux premiers Majeurs du Rolex Grand Slam 2021 – les Dutch Masters en avril et les CSIO Spruce Meadows « Masters » en septembre – a accueilli pas moins de cinq événements de saut d’obstacles de très haut niveau, chacun incluant le prestigieux Rolex Grand Prix comme le summum de l’événement, ce qui a attiré les meilleurs cavaliers et chevaux du monde.

Le Rolex Grand Prix 1m60 présenté par Audi a conclu 5 jours de saut d’obstacles pour le divertissement du 23 au 27 juin à Knokke Hippique, dans le nord-ouest de la Belgique. Après que neuf cavaliers eurent atteint le barrage, le héros local et médaillé de bronze en équipe de Tokyo 2020, Jérôme Guery, et son étalon bai, Quel Homme de Hus, se sont montrés bien trop forts pour le reste des compétiteurs en finissant plus de six secondes avant le représentant Rolex qui s’est hissé à la seconde place, Kevin Staut.

Le public du Royal Windsor Horse Show, dans l’arène emblématique à l’ombre du château de Windsor, a assisté à une démonstration impressionnante de talents de cavalier le 4 juillet, lorsqu’un autre héros local, Ben Maher, et son étalon incroyablement talentueux, Explosion W, ont reçu les honneurs au Rolex Grand Prix CSI5* devant le représentant Rolex suisse, Steve Guerdat. Le prochain arrêt du Britannique était Tokyo 2020, où lui et son partenaire de confiance équin ont fini par être couronnés champions olympiques en individuel.

Rolex a été chaleureusement accueilli aux Masters de Chantilly en tant que sponsor et montre officiels de la compétition, et sponsor titre du Grand Prix. Organisée sur les pelouses impeccables de l’hippodrome de Chantilly du 6 au 11 juillet, c’est Nicolas Delmotte qui a pris la relève du héros local avec brio. Le Français et son hongre, Urvoso du Roch, ont triomphé de juste 0,36 secondes contre le Suisse Martin Fuchs, un autre représentant Rolex qui a dû se contenter de la seconde place.

La côte d’Émeraude en Bretagne offre un emplacement incroyablement pittoresque pour le Jumping International de Dinard alors que les spectateurs étaient de retour dans les tribunes du 15 au 18 juillet, où Fuchs s’est rattrapé pour sa déception de Chantilly. En binôme avec son hongre Connor 70 cette fois-ci, le champion du monde actuel en individuel a coiffé au poteau l’Irlandais Denis Lynch lors du summum de la compétition, le Rolex Grand Prix CSI5* de Dinard.

Le Brussels Stephex Masters 2021 a atteint son apogée le dimanche 29 août avec la classe que tout le monde attendait : le CSI 5* Rolex Grand Prix. Neuf combinaisons sans faute accèdent à un barrage difficile après avoir navigué sur les 13 obstacles proposés par le chef de piste Uliano Vezzani, et c’est l’Américaine Jessica Springsteen et sa jument de 14 ans Rmf Zecile qui remporte ce Grand Prix, devançant l’Allemand Daniel Deusser et l’Italien Lorenzo De Luca.

Secrets d'éleveur avec le Studbook La Silla

 

Racontez-nous l’histoire de La Silla 

Pilar Cepeda Yzaga (P) « Alfonso Romo a fondé La Silla à Monterrey, au Mexique. À ce moment-là, nous avions beaucoup de chance d’avoir des juments talentueuses comme Doreen LS – qui a participé aux Jeux Olympiques – à la ferme. Lorsque les juments se sont faites vieilles et qu’elles ont pris leur retraite, nous nous sommes sentis privilégiés qu’elles aient pu participer à des compétitions et reconnaissants pour tout ce qu’elles avaient fait pour nous, alors nous n’avons pas voulu les vendre. Nous avons alors décidé de les faire se reproduire, et c’est comme ça que La Silla est né. Au fil des ans, le programme d’élevage a commencé à s’agrandir, car Poncho [le surnom d’Alfonso Romo] a acheté des juments de saut d’obstacles de très haut niveau, comme Dollar Girl , Renata, Carrera, Quinta, and Olympica (la mère de Ninja).

« À l’époque où La Silla a été fondée, il était impossible d’acheter de la semence venant d’un pays étranger en raison des règles douanières. C’est pourquoi certains chevaux de La Silla sont en France. Chaque année, nous envoyions quelques juments en France pour avoir un ou deux poulains de différents étalons. Les règles douanières ont changé récemment, et ces deux dernières années, nous avons pu importer de la semence d’Europe. Personnellement, je pense que ce changement aura un impact important sur l’élevage au Mexique. »

Quelle est la plus grande fierté dans l’histoire de La Silla ?

P « Je crois que c’est impossible de choisir un seul moment. Nous avons été incroyablement bénis d’avoir des chevaux et des résultats si exceptionnels pour le programme de La Silla. Il y a un moment dont nous sommes particulièrement fiers : lorsque Rodrigo Pessoa a participé aux Championnats du monde avec Rebozo LS. C’était très important pour nous, car c’est la mère de l’un de nos chevaux préférés.

Nos chevaux concourent pour de nombreux pays et dans les plus grandes compétitions. Nous sommes bien évidemment très fiers de ces chevaux, mais nous ressentons également beaucoup de satisfaction et de fierté à voir nos chevaux participer aux petites compétitions nationales ou aux compétitions de jeunes cavaliers. Par exemple, l’une des juments de La Silla a récemment gagné une médaille d’or aux Championnats nord-américains pour Juniors et Jeunes cavaliers dans le Michigan. C’est tout bonnement impossible de choisir un seul moment. On se souvient de chacun d’entre eux avec passion et émotion. »

Alejandra Romo Garza Lagüera (A) « Nous avons eu de la chance d’avoir vécu de nombreux moments de fierté. Breitling LS, monté par Bezzie Madden, est né à La Silla. Ils ont eu d’excellents résultats, comme la médaille de bronze en individuel et par équipe aux Jeux panaméricains de 2019. Il y a aussi Chela LS, qui a été parfaitement monté par Ashlee Bond Clarke au Grand Prix à 1 million de dollars aux HITS Thermal en 2014. »

Pouvez-vous expliquer comment fonctionne La Silla ?

P – « Nous sommes un stud-book et une ferme. Nous avons d’incroyables installations vétérinaires sur site avec un personnel exceptionnel, comme Juan José Vazquez, notre gynécologue principal. Il surveille les embryons et il est un élément essentiel pour notre programme. Nous avons eu énormément de chance d’avoir beaucoup de gens venus d’Europe et des États-Unis qui nous ont donné des conseils afin qu’on puisse continuer à apprendre et à améliorer notre programme ici, au Mexique. Le Dr Irwin Liu aux États-Unis nous a donné toutes les connaissances nécessaires concernant le bon traitement des embryons.

« Nous ne faisons pas se reproduire les juments avant qu’elles aient quatre ans, ce qui est inhabituel en Europe, où elles se reproduisent bien plus tôt. Nous pensons que les chevaux ont besoin de plus de temps pour grandir et mûrir avant d’avoir des poulains. Nous connaissons très bien toutes les juments car nous les montons, nous concourons avec elles et nous prenons soin d’elles, et cela nous permet de savoir quels chevaux doivent se reproduire afin de s’assurer que nous continuons à produire les meilleurs possibles. »

A – « Nous avons beaucoup d’employés qui travaillent pour nous sur le programme, y compris des employés d’écurie, des vétérinaires, des cavaliers, etc. Nous associons les cavaliers et les chevaux selon leurs attributs individuels et nous évaluons leur collaboration au fil du temps. Nous avons une approche réfléchie sur comment faire débuter nos chevaux et, contrairement à d’autres endroits, nous attendons qu’ils aient quatre ou cinq ans. Cette décision a été prise en concertation avec notre équipe vétérinaire, qui nous conseille sur les structures osseuses et les réponses de chacun de nos chevaux. Nos vétérinaires sont de grands professionnels, et des chevaux d’autres endroits viennent souvent à La Silla pour être soignés par notre équipe. »

Avez-vous déjà eu des résultats inattendus dans votre programme d’élevage ?

A – « Une fois, nous avions une jument qui était un peu lente. D’après moi, elle devait être accouplée avec un cheval qui avait beaucoup d’énergie. Mais mon frère a choisi un étalon qui n’était pas du tout énergique. Je me suis dit qu’il avait choisi le mauvais étalon, et pourtant, il s’est trouvé que leur poulain était très énergique, donc c’était une bonne surprise. À la fin du processus, on récite toujours une prière et on espère que tout ira pour le mieux. »

P – « Vous pouvez choisir la meilleure jument et le meilleur étalon, mais au bout du compte, la nature et Dieu jouent un tel rôle qu’on ne peut pas prévoir le résultat. »

Le binôme cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

P – « Je pense que c’est très important. Malheureusement, en tant qu’éleveurs, nous ne pouvons pas garder tous nos chevaux. Nous gardons seulement les juments qui viennent d’une excellente lignée. Une grande part du travail consiste à s’assurer que les gens vous font confiance pour gagner une bonne réputation, donc ce processus est essentiel. On doit être clairs et honnêtes sur tout ce qui est lié aux chevaux. »

A – « J’aime poser beaucoup de questions quand quelqu’un vient acheter l’un de nos chevaux. J’ai vraiment besoin de savoir quel type de cavalier c’est, ainsi que ses besoins. Les amateurs et les professionnels ont des besoins et des exigences très différents envers leurs chevaux. Bien cerner l’individu est donc primordial lorsqu’on associe un cheval et un cavalier. On aime voir nos chevaux atteindre leur plein potentiel, c’est pourquoi associer le bon cavalier au bon cheval est un processus très important pour nous. »

Combien assurez-vous de poulinages par an ?

P – « À La Silla, nous élevions 120 poulains ; nous avons désormais réduit de moitié en raison de la pandémie. Il y a moins de compétitions, et donc moins de demandes, c’est pourquoi nous élevons moins de poulains. »

P – « Je dirais que la norme tourne autour de 50 [par an] ces dernières années. »

Quelles sont vos autres ambitions pour La Silla ? Pourquoi faites-vous ça ?

P – « Alfonso Romo a permis aux Mexicains d’avoir de bons chevaux. Quand La Silla a été fondée, les Mexicains utilisaient principalement des chevaux pur-sangs pour le saut d’obstacles. Ils ne pouvaient pas concourir au même niveau que les chevaux de sport élevés en France et en Allemagne. Poncho a décidé d’aider l’équitation au Mexique, et c’est l’une des raisons pour lesquelles La Silla a été fondée et existe encore aujourd’hui. Si vous regardez les résultats des compétitions et des championnats nationaux au Mexique, vous trouverez de nombreux chevaux de La Silla en haut des classements.

« De nombreux cavaliers parmi les meilleurs du monde ont commencé à La Silla, et maintenant, nous voulons les inciter à revenir. C’est compliqué car le Mexique est très loin. Nous avons pour objectif de créer une compétition qui sera l’incarnation de l’élégance, de la beauté et du sport de haut niveau pour attirer les meilleurs binômes cavalier-cheval au Mexique. »

A – « Nous adorerions accueillir une compétition de haut niveau ici. Nous aspirons à devenir comme Aix-la-Chapelle ou Spruce Meadows, à créer un lieu vraiment spécial et à être reconnus comme une compétition importante au niveau mondial. »

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

A – « Je pense que Rolex est réputé mondialement. La marque Rolex est perpétuelle, elle est synonyme de précision, et les compétitions sont comme ça. C’est une source d’inspiration pour nous et pour les autres, nous aspirons à être pareils. Elle a énormément fait non seulement pour le saut d’obstacles, mais pour toutes les disciplines équestres. »

P – « Je trouve ça incroyable pour le sport. Les cavaliers et les propriétaires veulent être là, alors souvent, ils organisent toute leur année afin de pouvoir se rendre à ces compétitions. Je crois que les jeunes cavaliers rêvent davantage de gagner un événement Rolex Grand Slam que de gagner une médaille olympique. Pour La Silla, concourir dans ces compétitions de haut niveau est une source d’inspiration. »

Parmi les quatre Majors, quel est votre préféré et pourquoi ?

P – « Aix-la-Chapelle est très particulier pour moi. Le lieu est incroyable et j’ai moi-même fait du saut d’obstacles là-bas, donc il a une place spéciale dans mon cœur. Spruce Meadows a énormément aidé les cavaliers mexicains en laissant les cavaliers juniors comme les meilleurs professionnels participer à cette compétition. Cela a donné l’opportunité à nos cavaliers de concourir aux meilleurs niveaux, ce qui est inestimable. »

A – « Aix-la-Chapelle est incroyable. Ce n’est pas une simple compétition, c’est l’ensemble : la nourriture, le décor, la musique… Je n’y ai jamais participé mais j’ai vu mon père, ma sœur et mon frère concourir là-bas. J’ai participé à Spruce Meadows en tant que jeune cavalier quand j’avais 11 ans. Toute ma famille y a participé, donc nous avons de bons souvenirs en famille de cette compétition. Je dois admettre que chacun des Majors est spécial à sa manière, et chacun m’a touché de manière unique. »

Quelqu’un a-t-il inspiré La Silla ?

P – « Nous sommes incroyablement reconnaissants envers Arno Grego, qui a construit La Silla avec l’aide de l’officier retraité de l’armée britannique Harry Confort. Avant, le complexe était dans la nature, et il a eu l’idée et a construit l’endroit qui existe aujourd’hui. »

A – « C’est difficile de choisir une seule personne. Mon père m’a beaucoup inspiré dans ma vie. Pilar aussi. Elle connaît chaque cheval dans les moindres détails, y compris leurs ancêtres sur cinq générations. Elle dirige aussi le programme d’élevage avec passion et brio. »

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

P – « Être la meilleure possible chaque jour et avoir la foi que les choses vont se produire. Avec les chevaux, vous devez être doux, patients et directs. »

A – « Relevez-vous après être tombé. Un jour, quelqu’un m’a dit : ’’Quand tu es au fond du trou, tu dois suivre la lumière des dirigeants dans le monde. Ils ont dû se battre et recommencer de nombreuses fois. Observe et apprends de leur persévérance’’. »

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut faire carrière avec les chevaux ?

A – « Le conseil que j’ai donné à mon fils qui vient de commencer l’équitation, c’est d’être patient, de persévérer et de suivre son instinct. Je crois également qu’il faut observer les meilleurs cavaliers. On apprend énormément en regardant ce qu’ils font, surtout sur du plat. Pilar s’informe sur les lignées, les réponses des chevaux et les habitudes des cavaliers talentueux. Cela lui a permis d’accumuler beaucoup de savoir. »

P – « Je pense qu’on doit écouter les conseils qu’on nous a donnés et en tirer des enseignements. Trouvez quelqu’un en qui vous pouvez avoir confiance et développez votre relation avec cette personne. À partir de là, vous réussirez. »

Justine Tebbel (Photo: Knokke Hippique) Justine Tebbel (Photo: Knokke Hippique)

Rencontrez la Next Gen avec:

Justine Tebbel

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Mon meilleur cheval s’est blessé au début du printemps, et j’ai également beaucoup de jeunes chevaux en ce moment, donc je dirais que mes plans et mes objectifs étaient incertains cette année. Maintenant, l’un de mes objectifs pour cette année est de préparer les jeunes chevaux à passer au niveau supérieur. Mon plus vieux cheval a neuf ans, et je commence à l’emmener aux compétitions 2* et 3*, et tout comme mes plus jeunes chevaux, j’espère le préparer aux plus grosses compétitions et voir ce dont il est capable. Il s’appelle Cote de Pablo, et j’ai déjà concouru avec lui dans plusieurs compétitions internationales. Mon frère le montait avant que je le récupère à la fin de l’année dernière, c’est donc la première année où l’on concourt ensemble à haut niveau. Cette année, nous avons participé à notre premier Grand Prix 2* ensemble à Knokke, en juin, et j’ai été vraiment heureuse d’y aller avec lui, surtout parce que je ne m’étais pas fixée d’objectifs particulièrement exigeants. Je veux l’emmener en Espagne pendant trois semaines en automne, et j’espère pouvoir le préparer pour les plus hauts niveaux.

Quels chevaux avez-vous le plus hâte de monter en compétition cette année ?

J’ai quelques chevaux vraiment débutants que j’ai seulement emmenés dans quelques petites compétitions nationales en Allemagne, et je prévois de les emmener en Espagne pour leur offrir une expérience internationale. L’un d’eux est le poulain de Don Dlarado, qui est l’un des chevaux de mon frère. Je l’ai eu l’an dernier et il était complètement débutant, il n’était même pas capable de terminer une piste, alors que maintenant, je commence à l’emmener dans de petites compétitions internationales. J’en ai également un de quatre ans et un autre de cinq ans, qui sont également débutants, donc ils ont encore beaucoup de travail devant eux !

J’aime beaucoup les hongres faciles. Pour moi, les étalons sont toujours très spéciaux, car ils ont besoin de beaucoup d’attention lors des compétitions et dans les écuries. C’est pareil pour les juments. Les hongres sont généralement les plus calmes, donc je trouve qu’on se ressemble, car je suis facile à vivre. Cote de Pablo est un hongre et il est parfois un peu nerveux quand je le monte, mais dans les écuries, il est très détendu. J’ai également un hongre de six ans, qui est un autre poulain de Don Dlarado, et je dois admettre qu’il est également très calme.

Selon vous, le Rolex Grand Slam a-t-il été une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Je trouve que le Rolex Grand Slam motive énormément les cavaliers, et je pense que tout bon cavalier doit avoir l’ambition de participer à l’un d’eux. C’est mon rêve de participer un jour au Rolex Grand Prix, mais pour ça, il faut avoir un cheval qu’on peut préparer pour le niveau du Grand Prix 5*. C’est également une grande motivation pour les propriétaires, qui sont intéressés par l’argent, mais ils veulent également que leurs cavaliers concourent au plus haut niveau, et c’est l’opportunité qu’offre le Rolex Grand Slam.

Qu’avez-vous appris dans les 18 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

J’ai eu beaucoup de chance. La situation liée au COVID-19 n’a pas été trop difficile pour moi, car j’ai pu rester chez moi avec ma famille à côté de nos magnifiques écuries. J’ai passé beaucoup de temps avec mes jeunes chevaux, bien plus que je ne l’aurais pu si nous avions eu des compétitions internationales tout le temps, ce qui signifie être absente toute la semaine.

Dans les deux dernières années, j’ai eu un accident où je me suis brisé le dos, alors je pense que je suis devenue beaucoup plus prudente. Il y a quelques années, je n’avais peur de rien et j’aurais monté n’importe quel cheval sans y réfléchir à deux fois. Mais maintenant, je suis devenue beaucoup plus prudente. Je n’ai pas peur, mais je suis plus attentive à la situation. Maintenant, je suis toujours heureuse quand je suis en bonne santé et que je peux monter à cheval. J’apprécie davantage les bons moments désormais.

Grégory Wathelet and Nevados S Grégory Wathelet and Nevados S

Secrets d'éleveurs avec :

Le médaillé olympique Grégory Wathelet

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

Mon premier souvenir lié aux chevaux était lors de mon premier saut d’obstacles, quand j’avais sept ans. C’était un saut d’obstacles local près de Liège, en Belgique, où j’ai grandi. Les sauts étaient très bas, c’étaient juste un bâton posé par terre, mais même si j’avais besoin d’aide pour me déplacer sur le terrain, j’ai adoré.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Ce serait facile pour moi de dire la médaille de bronze gagnée [par équipes] aux Jeux Olympiques. Ç’a été un moment très spécial pour moi, mon pays, mon équipe, ainsi que tout le monde sportif en Belgique. Mais je pense que mon plus grand moment de fierté professionnelle est ma victoire au Grand Prix d’Aix-la-Chapelle en 2017. J’ai toujours rêvé de gagner. Les mots ne suffisent pas pour décrire mes sentiments quand j’ai gagné. Aix-la-Chapelle est un lieu vraiment spécial. Cette année, j’ai décidé de participer à cette compétition plutôt qu’aux Championnats d’Europe, c’est pour dire à quel point c’est exceptionnel.

Comment vous-êtes vous intéressé à l’élevage de chevaux ?

Mon père m’a beaucoup inspiré, il était impliqué dans l’élevage avant moi. J’ai commencé il y a quatre ans quand j’ai acheté la ferme de mes parents. J’ai ensuite eu les installations, 35 hectares de champs, 60 écuries et des installations d’entraînement intérieures et extérieures. J’avais d’excellents chevaux et jumeaux, et je me suis que je pourrais essayer. Ensuite, je me suis rapidement passionné pour l’élevage.

Pouvez-vous résumer quels sont les principaux éléments de l’élevage d’un cheval de saut d’obstacles ?

Élever des chevaux de compétition est très différent du fait de les vendre. Pour le saut d’obstacles, on a besoin de chevaux rapides, intelligents et prudents. Par exemple, lors des Jeux Olympiques, les meilleurs chevaux ont été capables de relever le défi et de réussir. Pour la vente, ce qui correspond à 95 % des chevaux chaque année, on a besoin d’un cheval facile et gentil, qui répond rapidement et qui « attire l’œil », donc ils sont plus faciles à vendre. Je n’en suis qu’au début, j’ai encore des choses à apprendre.

J’ai concouru avec la plupart des juments à haut niveau et lors de Grands Prix, donc je les connais très bien. J’ai également monté la plupart des étalons. Cela me permet de les associer en me basant sur leurs attributs. Certains éleveurs aiment regarder l’histoire des lignées, mais personnellement, j’aime regarder le présent et le talent individuel des chevaux.

La relation entre un cheval et son cavalier est-elle très importante lorsque vous vendez un cheval ?

Oui, c’est extrêmement important. J’essaie vraiment d’associer le cheval adéquat pour chaque cavalier. Parfois, des gens me demandent d’essayer un cheval en particulier, mais dans ce cas-là, je suis très honnête et leur dis : « Je ne pense pas que ce soit un cheval pour vous. » Je ne suis pas une écurie de commerce, je me préoccuper réellement du bonheur du cheval et du cavalier. En outre, si vous souhaitez monter une entreprise et gagner la confiance des gens, ce processus est essentiel.

Combien de temps gardez-vous un cheval avant de le vendre ou de le débourrer ?

Nous ne vendons pas beaucoup de poulains. Nous en vendons généralement deux ou trois pour couvrir certains frais. Je n’aime pas les vendre jeunes, car j’aime voir comment ils évoluent et grandissent quand ils ont deux ou trois ans. La plupart restent jusqu’à ce qu’ils aient trois ans, après les avoir débourré et les avoir fait sauter en liberté. Comme j’ai commencé il y a relativement peu de temps, la plupart de mes chevaux en sont à ce stade.

Combien de chevaux élevez-vous par an ?

Tout le processus est encore très nouveau pour moi. Lors de ma première année, j’ai élevé environ 10 poulains, mais cette année, j’en ai élevé 34. Dans l’idéal, j’aimerais en élever entre 15 et 20. Nous en avons élevé davantage cette année car nous avions bien plus de temps à investir dans le processus en raison de la pandémie.

Quelles sont vos ambitions derrière votre programme d’élevage ?

On adorerait avoir un plusieurs chevaux qui sautent à haut niveau. Potentiellement, je pourrais en être le cavalier, ce qui est exaltant. Il est bien connu que l’élevage coûte cher, et on essuie de nombreuses déceptions. Il est donc important d’avoir des rêves afin de nous motiver à avancer.

Je suis très fier de notre progression jusqu’à maintenant, je me donne à fond dans tout ce que je fais, et j’ai énormément appris ces dernières années. Je commence à vraiment apprécier le côté élevage du sport. Je suis désormais plus impliqué et plus intéressé dans les lignées du père et de la mère, alors qu’avant je m’inquiétais simplement de savoir si le cheval était bon ou pas.

Y a-t-il un cheval que vous êtes particulièrement fier d’élever ?

Il y a neuf ans, mon père et moi avons élevé une jument qui s’appelait Argentina. C’est clairement le cheval dont nous sommes le plus fier. Elle est née d’une jument très « normale », qui sautait des obstacles d’un mètre avec une amatrice, et d’un étalon non approuvé choisi par mon père. Ce mélange inattendu a mené à l’élevage d’un cheval exceptionnel. J’aime l’appeler « Ma petite star ». Elle participe désormais à des Grands Prix 2* et a gagné les Championnats de Belgique. Je ne sais pas si elle participera à des Grands Prix 5*, mais elle est incroyable.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?  

C’est très important pour ce sport. Je pense que ces compétitions sont l’apogée des compétitions de saut d’obstacles. Elles ont toute une atmosphère incroyable et elles accueillent indifféremment le grand public et les célébrités, ce qui est génial pour le sport.

Aix-la-Chapelle et Genève sont mes compétitions Grand Slam préférées. Les lieux et le public sont incroyables. J’ai souvent gagné la Coupe des nations et des Grands Prix lors de compétitions là-bas, c’est pourquoi ces lieux sont spéciaux pour moi. Pour moi, Genève est le meilleur lieu en intérieur. Tout y est idéal pour les chevaux.

Dans votre carrière/vie, qui vous a le plus inspiré ?

J’ai toujours été un grand fan de John Whitaker, de sa façon de monter et de gérer les chevaux. Cependant, je n’ai pas été inspiré par une seule personne. Tout au long de ma carrière, j’ai été inspiré par de nombreuses personnes différentes. J’observe, j’écoute et j’apprends des meilleurs, et cela m’aide à continuer à m’améliorer et à apprendre, afin de rester au top.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu dans votre carrière ?

Mes parents m’ont toujours dit que si je travaillais dur, je pourrais réussir tout ce que je voudrais. Peu importe que ce soit avec les chevaux ou dans le monde normal.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui envisage une carrière professionnelle dans le saut d’obstacles ?

Je répéterais le conseil que m’ont donné mes parents. Même si vous n’avez pas d’expérience dans l’équitation ou que vous n’avez pas de soutiens financiers conséquents, il est tout de même possible de réaliser vos rêves, du moment que vous travaillez dur. Par exemple, Jérôme Guery et moi avons gagné des médailles aux Jeux Olympiques de cette façon. Évidemment, le chemin est long et semé d’embûches, mais le parcours vous rend plus fort. Tout est possible en travaillant dur.

Grégory Wathelet's Stables (Photo: Sébastien Boulanger) Grégory Wathelet's Stables (Photo: Sébastien Boulanger)

Jack Ryan (Photo: Sportfot) Jack Ryan (Photo: Sportfot)

Rencontrez la Next Gen avec :

Jack Ryan

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

J’ai un très bon cheval, il s’appelle BBS McGregor et il a 9 ans. Il y a deux semaines, j’ai participé aux Championnats d’Europe de saut d’obstacles de la FEI pour les jeunes cavaliers, les juniors et les enfants à Vilamoura. Nous avons terminé septième en individuel et gagné une médaille d’argent par équipe, donc j’étais très content. Au cours des prochains mois, j’aimerais améliorer le niveau de BBS McGregor, mais comme il a 9 ans, il est difficile de savoir s’il est vraiment bon. Ce n’est que lorsque nous essaierons d’atteindre le niveau supérieur que nous découvrirons ce qu’il a réellement dans le ventre. Après Saint-Lô, j’espère aller au 3* aux Championnats d’Europe de saut d’obstacles de la FEI à Riesenbeck, en Allemagne. Cette semaine, je concours à Deauville, en France, puis je participe au 2* à Bolesworth, puis aux Championnats d’Europe à Riesenbeck deux semaines plus tard.

Je n’ai encore rien prévu avec la Young Riders Academy, mais j’espère concourir au CHIO d’Aix-la-Chapelle. Ce serait génial d’aller là-bas, car je n’ai jamais participé à cette compétition auparavant. J’aimerais également participer à la compétition de Genève en fin d’année, mais tout le monde doit avoir sa chance, donc concourir à l’un d’eux serait déjà fantastique. Jack Whitaker a eu la chance de participer au Rolex Grand Slam aux Dutch Masters à Bois-le-Duc. Il s’en est très bien sorti et a gagné le prix Audi. Participer à une grande compétition Rolex Grand Slam 5* est mon rêve pour cette année.

Quels chevaux avez-vous le plus hâte de monter en compétition cette année ?

Mon cheval principal est BBS McGregor, que ma mère et moi avons élevé. Il est d’ailleurs nommé en hommage au lutteur d’arts martiaux mixtes, Conor McGregor. Quand il avait deux ans, nous nous sommes beaucoup inquiétés pour lui. Il recrachait tout ce qu’il mangeait et quand on le mettait à l’écurie, il était incapable de se lever. Nous ne savions pas quel était le problème et, une semaine plus tard, une protubérance est apparue sur son museau. Ma mère craignait que ce soit un cancer, alors on a appelé le vétérinaire et on lui a fait passer une radiographie. Heureusement, il s’est avéré qu’il avait été frappé par un autre cheval et qu’il s’était cassé une dent, et que celle-ci s’était enfoncée dans son palais. Tous ses problèmes étaient causés par la douleur, et une opération a pu réparer tout ça. C’est un battant. C’est pour cette raison que nous l’avons appelé BBS McGregor. Et son nom d’écurie est Lucky, car il a de la chance d’être en vie ! Il concourt actuellement dans des épreuves de 1,50 m et a participé à un Grand Prix 3*. Je suis optimiste pour qu’il passe ensuite aux épreuves 5*.

L’un de mes chevaux, qui a participé la semaine dernière à Eschweiler, a 10 ans et s’appelle Guminka. Il a fini sur le podium dans quelques-uns des Grands Prix 2*, mais ensuite, malheureusement, il a reçu un coup, donc il récupère de ça pour le moment. Mais je pense qu’il a beaucoup de potentiel. BBS McGregor serait le cheval que je choisirais si j’étais sélectionné pour l’une des grandes compétitions Rolex Grand Slam, et ce serait son premier 5*. Les gens me prennent pour un fou, mais tout ce qu’il a fait jusqu’à maintenant était très facile.

 

Selon vous, le Rolex Grand Slam a-t-il été une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Ça été absolument génial. Rolex est un collaborateur exceptionnel du saut d’obstacles, et une telle initiative est tout simplement incroyable pour les éleveurs et les cavaliers. Les éleveurs d’Explosion W et de Hello Sanctos ont ouvert la voie, car ils ont gagné aux Jeux Olympiques et au Rolex Grand Slam. C’est donc une véritable incitation à essayer d’élever un autre cheval du même calibre. Nous avons pour objectif de faire participer BBS McGregor à l’une des compétitions du Rolex Grand Prix. À l’exception de cette année, en raison des Jeux Olympiques, le Rolex Grand Slam est la compétition à laquelle tous les cavaliers veulent participer.

Qu’avez-vous appris dans les 18 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

J’ai appris à vivre au jour le jour et à profiter de chaque instant, car la vie n’est plus comme avant. J’espère qu’on pourra revenir au plus proche de la normalité l’année prochaine, mais ce ne sera plus jamais exactement pareil. Comme je travaille pour Shane Breen à Hickstead, je n’ai pas eu beaucoup de temps chez moi pour voir ma famille, mais j’ai passé beaucoup plus de temps dans les écuries. Nous avons laissé les chevaux se reposer pendant un moment. C’est bénéfique pour eux, car ils ont des saisons chargées. En ce qui concerne les aspects positifs de l’année dernière, c’était bien de produire des chevaux plus jeunes et de laisser se reposer les chevaux plus âgés.

Chinese version of the website (Photo: Rolex Grand Slam Chinese version of the website (Photo: Rolex Grand Slam

Le phénomène Rolex Grand Slam of Show Jumping s'étend à la Chine

Grâce aux Jeux Olympiques, le saut d’obstacles a gagné en popularité en Asie. Le Rolex Grand Slam a donc choisi ce moment opportun pour développer ses relations existantes avec la Chine. Nous sommes donc heureux d’annoncer qu’à partir d’aujourd’hui, le site officiel de notre célèbre concept sera également disponible en langue chinoise.

Les fans d’équitation du pays pourront consulter les différentes parties du site traduites en mandarin, trouver des informations sur les quatre Majeurs (The Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et le CHI de Genève), vérifier qui est le Prétendant actuel au titre, et bien davantage.

Mais ce n’est pas tout ! Désireux de communiquer avec ses fans dans le monde entier, le Rolex Grand Slam s’apprête à lancer son profil sur deux réseaux sociaux chinois différents, Sina-Weibo et Douyin.

Un contenu passionnant sera offert en exclusivité aux membres de ces communautés d’internautes qui souhaitent en savoir plus sur les Majeurs du Rolex Grand Slam.

Vous trouverez la version chinoise du site ici

Le compte Weibo est disponible ici

Le compte Douyin est disponible ici

Jérôme Guery & Quel Homme de Hus at Knokke Hippique (Photo: Sportfot) Jérôme Guery & Quel Homme de Hus at Knokke Hippique (Photo: Sportfot)

Rolex Grand Slam Riders Watch

Les Rolex Grands Prix de l'été

 

Pendant que vous patientez jusqu’au prochain Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ qui aura lieu du 8 au 12 septembre 2021, nombre d’épreuves Rolex Grands Prix sauront aiguiser votre appétit.

À compter du 23 juin et pendant trois semaines, le Knokke Hippique parrainé par Rolex fera participer des chevaux et cavaliers de tous niveaux : futures stars dans la catégorie des Jeunes chevaux, épreuves de saut d’obstacles renommées dans le monde entier, et chaque dimanche, un Grand Prix Top Series CSI3*. Jérôme Guery et Quel Homme de Hus ont remporté avec brio le Rolex Grand Prix du dimanche 27 juin.

Du 1er au 4 juillet, les regards se tourneront vers le CHI Royal Windsor Horse Show, dans le parc privé du château de Windsor. Henrik von Eckermann (SWE), dernier champion en date de ce Rolex Grand Prix, reviendra défendre son titre sur la célèbre piste du Castle Arena. Mais il aura fort à faire en présence de Steve Guerdat (SUI) et Kent Farrington (USA), Témoignages Rolex et anciens vainqueurs de ce prestigieux événement. Le point culminant de cette compétition, le Rolex Grand Prix du dimanche 4 juillet, à été remporté par Ben Maher et le brillant Explosion W.

Rendez-vous également à l’hippodrome de Chantilly du 8 au 11 juillet pour le Masters of Chantilly, avec le dernier jour l’épreuve-phare : le Rolex Grand Prix. Ce tout nouvel événement, parrainé par Rolex qui sera également responsable du chronomètre, aura lieu devant le Château de Chantilly et ses grandes écuries, suite à quatre spectaculaires journées entières de compétition.

À partir du 30 juillet et pendant quatre jours, le Centre équestre du Val Porée accueillera le Jumping International de Dinard CSI5*, qui culminera le dimanche 2 août par le Rolex Grand Prix. À quelques pas de la mer, Dinard sera témoin d’incroyables prouesses équestres époustouflantes de précision. Très populaire dans le circuit du saut d’obstacles mondial, cet événement accueillera une fois encore les meilleurs couples cavalier-cheval au monde, venus là pour remporter le Rolex Grand Prix de la Ville de Dinard.

Ben Maher riding Explosion W (Photo: Rolex / Kit Houghton) Ben Maher riding Explosion W (Photo: Rolex / Kit Houghton)

Zoé Conter & Davidoff de Lassus (Photo: Aline Cerisier) Zoé Conter & Davidoff de Lassus (Photo: Aline Cerisier)

Meet the Next Gen with:

Zoé Conter

 

Sur quoi avez-vous axé vos efforts récemment, et quels sont vos objectifs pour 2021 ?

Mon projet cette année est de concourir en 5*. Cela fait plus d’an an que je n’ai pas participé à une épreuve de ce niveau. La première va avoir lieu cette semaine à Knokke, une compétition comprenant des épreuves de 2, 3 et 5 étoiles. L’un de mes objectifs principaux va donc être de concourir dans des 5*, de faire preuve de bonnes performances pour justifier ma présence à ce niveau. J’aimerais vraiment finir sur le podium à un Grand Prix Rolex, c’est l’un de mes rêves pour cette année.

Pour l’épreuve 5*, je prendrai avec moi Davidoff de Lassus (Dave de son surnom), mon meilleur cheval, et Dawa de Greenbay. Et pour l’épreuve 3*, j’ai prévu de monter Univers du Vinnebus et Dolitaire Chavannaise. Ces quatre-là sont mes meilleures montures du moment. 

Je n’ai pas beaucoup concouru depuis mon retour de Wellington, où j’ai passé l’hiver. Je voulais surtout me préparer pour Knokke, vérifier qu’on avait tout ce qu’il fallait pour la semaine. J’ai travaillé dur pour être au top de ma forme, j’ai donc bon espoir de bien faire. Quant au reste de l’année, je souhaite simplement me montrer performante. Depuis que j’ai commencé à travailler avec Eric Lamaze, mon nouvel entraîneur, début mai, j’ai gagné en vitesse. J’ai hâte de voir ce que ça donne en compétition !

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?  

Davidoff, mon cheval de tête. Ce sera la première fois, vu qu’il s’était blessé en novembre dernier et n’a donc pas concouru pendant près de six mois. Je suis très contente qu’il soit de nouveau en forme, pour recommencer les épreuves de haut niveau avec lui. Ce grand bai est très spécial à mes yeux. Il a beaucoup de moyens, tout en restant ultra confort sur l’obstacle. C’est vraiment un bon gros géant ! Chaque jour sans exception, il a une pêche d’enfer. Et cette énergie inépuisable en fait bien sûr l’un de mes favoris.

Après, j’ai aussi quelques chevaux de huit ou neuf ans, qui commencent à s’affirmer, comme Dawa, que j’ai très hâte d’emmener en concours. J’ai Dawa, un cheval très prometteur, depuis qu’il a sept ans. Il en a neuf aujourd’hui. Il a participé à son premier 3* en Floride, et a fait une très bonne performance. Il va passer au niveau supérieur cette année, j’ai hâte de voir ça. Il a des gros moyens et une assurance sans faille : à mon avis, il va finir en Grand Prix !

J’ai également une autre jument de neuf ans, Ma Belle. Elle aussi est encore jeune mais commence à participer à des 2* et 3*. Elle a moins d’expérience que les autres, mais je pense qu’elle nous réserve de bonnes surprises.

Enfin, il y a Univers, mon étalon, que je monte depuis trois ans maintenant. Je le réserve pour le haut niveau : il a déjà fait quelques Grand Prix 5* avec moi. Bref, j’ai une équipe de choc cette année, et je suis impatiente de pouvoir concourir et voir ce dont nous sommes capables. 

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?  

Oui, c’est une série d’événements très importante dans le monde du saut d’obstacles. N’importe quel cavalier professionnel aimerait participer à ses quatre épreuves prestigieuses. Et puis il permet à de jeunes cavaliers de faire leurs preuves. J’ai eu l’opportunité de participer au Spruce Meadows ‘Masters’ de Calgary en 2019, une expérience inoubliable. J’ai pu me faire les dents sur le Grand Prix. C’est vraiment un lieu incomparable. Pareil à Aix-la-Chapelle, où je ne suis allée qu’en tant que spectatrice : les jeunes cavaliers ont l’opportunité de montrer de quoi ils sont capables.

Le fait que Scott [Brash] ait remporté le Rolex Grand Slam montre aux autres cavaliers que c’est possible. Le concept est aussi doté d’un prix au montant conséquent, ce qui encourage les cavaliers à enregistrer de bonnes performances aux quatre épreuves. En retour, cela a un impact positif sur le sport. Les cavaliers du monde entier font tous les efforts possibles pour un jour être en mesure de participer à l’une de ces épreuves.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général durant l’année qui vient de s’écouler ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?  

J’ai appris que je veux plus que tout réussir dans le sport que j’ai choisi. Ces derniers mois en particulier, quand j’étais en Floride et lorsque les concours ont redémarré ici, j’ai eu quelques mois difficiles, avec des résultats médiocres. Mais j’ai vraiment l’impression d’être revenue à mon meilleur niveau, et je fais tout pour pouvoir poursuivre sur cette voie.

Ces derniers mois, j’ai réalisé que la réussite m’importait beaucoup. J’ai aussi appris à profiter des bons moments, car ils ne durent pas toujours, et on a tendance à les voir comme s’ils allaient de soi. Pour certains cavaliers, il y a plus de réussites que d’échecs. Mais ce n’est pas mon cas. Je veux donc vivre davantage dans le moment et profiter pleinement des bons résultats.

Avec la pandémie, les annulations de concours et la vie normale qui semblait s’arrêter, j’ai aussi appris à apprécier les « petits riens », comme le fait de passer davantage de temps avec mes chevaux et ma famille, deux choses qui comptent énormément à mes yeux.

William Funnell at The Billy Stud (Photo: Eli Birch Boots and Hooves Photography) William Funnell at The Billy Stud (Photo: Eli Birch Boots and Hooves Photography)

Breeders Uncovered with:

William Funnell, founder & breeder at The Billy Stud

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ? 

Je devais avoir quatre ou cinq ans, je montais un minuscule Shetland noir. J’ai eu la chance d’avoir grandi dans une ferme, près du village de Challock dans le Kent, en Angleterre. Quand on est fils d’agriculteur, on grandit tout près des animaux, et dans mon cas de chevaux et de poneys. J’ai eu une enfance vraiment idyllique à la campagne. 

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ? 

J’adore représenter mon pays lors des épreuves en équipe. L’un des moments les plus mémorables a sûrement été les Championnats d’Europe à Herning [en 2013], et le Derby d’Hickstead. Petit, j’avais l’habitude de regarder le Derby à la télévision. Alors quand je l’ai remporté, de nombreuses années plus tard, j’étais aux anges ! Et puis j’ai eu la chance d’avoir participé plusieurs fois à la Coupe des Nations en équipe, et ça a toujours été de grands moments.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ? 

Un éleveur doit savoir laisser partir ses chevaux, et c’est parfois difficile, car les meilleurs cavaliers ne sont pas toujours les plus fortunés. On essaie de trouver un équilibre. Ça ne sert à rien de vendre un cheval de niveau Grand Prix à un simple amateur. Il faut absolument trouver la bonne paire : pour que notre cheval puisse se faire connaître, il faut qu’il se présente à des concours prestigieux, et donc qu’il soit monté par un cavalier de talent.

Donnez-nous un aperçu rapide du quotidien à l’élevage  Billy Stud... 

Tout roule aujourd’hui comme sur des roulettes. Donal Barnwell, mon associé, s’occupe du poulinage et de tous les besoins des chevaux jusqu’à trois ans d’âge. Ensuite, il me les confie pour le débourrage. On évalue leurs performances et leur potentiel en saut d’obstacles, puis on essaie de développer ces capacités avant de trouver un acheteur. Le but est de laisser partir chaque cheval au moment opportun.

Chaque année, on a en moyenne 100 gestations, dont beaucoup proviennent d’un transfert d’embryons, qui a un taux d’absorption de 10 à 15 pour cent. On produit entre 80 et 85 poulains, dont on retrouve entre 70 et 80 après trois ans d’âge, le printemps venu. L’écurie emploie sept ou huit cavaliers, dont moi et Pippa. Nous avons trois carrières, dont deux en herbe, et un manège. On peut donc faire beaucoup de choses à la maison, avant même de les emmener en compétition, ce qui coûte cher. On a déjà quelques parcours d’obstacles différents sur lesquels leur apprendre leur métier.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant que cavalier et éleveur ? 

J’arrive à la fin de ma carrière de cavalier. J’aurais adoré aller aux Jeux olympiques cette année avec l’un de nos chevaux. Il faut faire partie des 30 meilleurs cavaliers du pays, et je ne crois pas que quelqu’un ait déjà réussi à se hisser à ce niveau avec ses propres chevaux. Je suis sûrement le seul cavalier à ne monter que ses chevaux à lui, et je suis très fier de ce statut. Alors évidemment, monter un cheval que j’ai élevé aux Jeux aurait été idéal, mais on ne sait jamais, j’aurai peut-être encore l’occasion ! Heureusement, j’ai le même plaisir à regarder un autre cavalier concourir sur un cheval de mon écurie. J’espère élever des chevaux d’une qualité suffisante pour les confier aux bonnes personnes, avec qui ils pourront participer aux Jeux olympiques et à d’autres concours renommés à l’avenir.

Quelles montures nées à Billy Stud font actuellement preuve de performances exceptionnelles sur le circuit ?  

Il y en a plusieurs, en Europe et en Amérique. Pippa, ma femme, a monté l’un de nos chevaux aux Jeux olympiques de Rio. Les chevaux issus de notre élevage participent à des concours de tous niveaux. Malheureusement, je ne crois pas avoir la monture qu’il faut pour les Jeux de cette année.

De quels chevaux en particulier êtes-vous le plus fier ? 

De Billy Congo, médaillé d’or à Herning. C’était je crois le premier étalon du Global Champions Tour en termes de gains : une année, il a gagné 300 000 livres sterling sur le tour. J’ai aussi remporté un Grand Prix 5* avec lui, sans oublier le Hickstead Derby. Et puis j’ai aussi concouru sur Billy Buckingham, son fils.

William Funnel and Billy Congo William Funnel and Billy Congo

Au-delà de l’élevage, quels sont vos rêves et ambitions ? 

Je suis d’avis qu’il est toujours possible de s’améliorer. Je ne veux pas forcément étendre davantage notre élevage, mais je pense qu’on peut encore et toujours perfectionner ses processus. Nous apprenons sans cesse de nouvelles choses, et j’aurais aimé avoir les connaissances et les chevaux qu’on a maintenant il y a 20 ans !

Est-ce que vous servez de mentor à un autre cavalier ? 

Oui, Pippa et moi donnons un coup de main à Joe Stockdale, le fils de feu Tim Stockdale. Il a fait de bonnes performances cette année, avec deux sans-fautes à la Coupe des Nations. J’ai beaucoup de plaisir à le voir concourir.

Des cavaliers britanniques de talent émergent en ce moment, comme Jack Whitaker. Il y a un temps, quand je disputais des concours à Nick Skelton, John Whitaker ou son frère Michael, j’étais le plus jeune de l’équipe. Mais maintenant que Nick [Skelton] a pris sa retraite, j’ai l’impression d’être l’un des plus vieux ! Ceci dit, c’est sympa de voir tous ces jeunes et leurs parents. Le saut en équipe est une partie important du saut d’obstacles, que j’ai beaucoup appréciée durant ma carrière.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?  

Quand Scott Brash a remporté le Grand Slam, c’était super. C’est un véritable exploit, en particulier aujourd’hui, alors que les cavaliers gèrent très bien leurs montures. Les épreuves sont toutes très différentes, et les remporter toutes peut sembler impossible, surtout celles qui rassemblent les meilleurs couples du sport mondial. C’est très, très impressionnant. Le cheval et le cavalier doivent tous deux être au top de leur forme, et donner une performance exceptionnelle le jour J pour arracher la victoire aux autres participants.

Le Rolex Grand Slam a incité de nombreux cavaliers à participer aux épreuves, qui en retour reçoivent davantage de publicité. Ce concept qui rassemble quatre sites légendaires est à mon avis  une très bonne idée.  Ces épreuves ont toujours été les plus difficiles à gagner, et avec la récompense qui attend le vainqueur, tout le monde veut tenter sa chance.

Parmi les Majeurs, quel est votre préféré ? 

Aix-la-Chapelle et Calgary sont toujours très spéciaux à mes yeux, car j’ai toujours préféré une piste en extérieur. Le mélange offert par le Rolex Grand Slam (Genève et The Dutch Masters ayant lieu à l’intérieur) permet de rajouter du piquant à la compétition. Mais comme j’ai toujours mieux réussi en extérieur, ma préférence va aux deux premiers. 

Qui vous a le plus inspiré dans votre vie et votre carrière ? 

J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour John Whitaker. Sa manière de monter et son rapport aux chevaux n’ont jamais cessé de m’impressionner.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?  

John [Whitaker] m’a dit un jour qu’en partant sur de bonnes bases, le reste suit naturellement. On a tendance à oublier les choses simples ! 

Max Kühner (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Max Kühner (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Max Kühner remporte le Rolex Grand Prix à The Dutch Masters

 

Après trois jours de spectaculaires épreuves de saut d’obstacles CSI5*, The Dutch Masters a abouti ce dimanche par le prestigieux Rolex Grand Prix, premier Majeur du Rolex Grand Slam 2021. À Bois-le-Duc, tous les yeux étaient braqués sur Martin Fuchs, le Suisse de 28 ans et Témoignage Rolex, dont la victoire au Rolex Grand Prix du CHI de Genève en décembre 2019 faisait de lui l’actuel Prétendant au titre.

Accompagné de Clooney 51, son célèbre hongre gris, Martin Fuchs savait dès le départ qu’une redoutable concurrence l’attendait, dont quatre autres Témoignages Rolex : le Britannique Scott Brash, l’Américain Kent Farrington, le Suisse Steve Guerdat, actuel numéro un mondial, et le Français Kevin Staut. D’autres grands noms du saut d’obstacles, comme les trois Allemands Marcus Ehning, Christian Ahlmann et Daniel Deusser, l’Américaine Laura Kraut et le Suédois Peder Fredricson, avaient eux aussi répondu à l’appel. Au total, une liste impressionnante de 43 partants en provenance de 15 pays, nombre d’entre eux tout à fait capables de s’arroger le titre de Prétendant.

Mais la chance n’était pas au rendez-vous pour nos couples les plus connus, avec l’abandon non seulement de Scott Brash sur Hello Jefferson, son hongre de 12 ans, mais aussi de Kent Farrington sur Austria 2, sa jument de 13 ans. Autre surprise, les huit points de pénalité encourus par Martin Fuchs et Kevin Staut. Pour finir, le sans-faute a échappé à beaucoup sur la piste imaginée par Louis Konickx. Seuls huit couples ont fini par se qualifier pour le barrage, un parcours de 330 m et sept obstacles conçu pour mettre à l’épreuve les compétences, la détermination et la précision des participants.

Philipp Weishaupt, le seul cavalier du barrage à avoir déjà remporté un Majeur du Rolex Grand Slam Major (le CHIO d’Aix-le-Chapelle en 2013 et le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ en 2017), avait un très léger avantage sur les autres concurrents au départ. Ceux-ci comptaient son compatriote Christian Kukuk, les deux Belges Jerome Guery et Gudrun Patteet, ainsi que la Portugaise Luciana Diniz, le Brésilien Marlon Modolo Zanotelli, l’Autrichien Max Kühner et Willem Greve, le seul Néerlandais.

Philipp Weishaupt a vite donné le ton, avec un sans-faute de 33,71 secondes à battre. Mais à peine a-t-il eu le temps de se réjouir que Christian Kukuk et Checker 47, son hongre gris de 11 ans, le dépassaient au chronomètre de 0,14 secondes. Les quatre cavaliers suivants ayant été incapables de faire mieux, ne restaient plus en lice que Marlon Modolo Zanotelli et Max Kühner. Avant-dernier couple sur la piste, Kühner et Elektric Blue P, son hongre de 10 ans, se sont lancés à une vitesse fulgurante à l’assaut du chronomètre, pour passer la ligne d’arrivée une bonne seconde plus tôt que Kukuk. N’ayant pas pu trouver l’énergie nécessaire sur la dernière ligne droite, le Brésilien devra se contenter d’une deuxième place très respectable.

Enchanté, le vainqueur, Max Kühner, nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping, a lancé : « Le Rolex Grand Slam a toujours été l’un de mes objectifs les plus ambitieux, je suis donc ravi d’avoir pu décrocher la victoire aujourd’hui.

J’ai acheté Elektric Blue [Elektric Blue P] quand il avait deux ans. Je l’avais vu sauter en liberté sur une vidéo, il m’avait impressionné. L’enchère avait déjà commencé lorsqu’on a décidé de l’acheter. Depuis, il a toujours fait ce qu’on attendait de lui et ne m’a jamais déçu. Il a des capacités extraordinaires, le saut lui vient naturellement. C’est un cheval au caractère agréable, qui aime son métier. Comme il s’ennuie facilement au quotidien, on a élaboré un programme d’entraînement spécial. On sort régulièrement la remorque pour l’emmener en balade dans les montagnes.

Spruce Meadows et Aix-la-Chapelle en septembre étaient déjà notés dans le calendrier. Il reste encore pas mal de temps, mais on va commencer à planifier notre stratégie très bientôt. Je pense que nous allons emmener Chardonnay [Chardonnay 79] à Calgary, car il a fini troisième au Grand Prix du dernier Spruce Meadows CP ‘International’ presented by Rolex en 2019. Et peut-être qu’on choisira Elektric Blue P pour Aix-la-Chapelle. »

Sean Lynch & Sean Vard (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Sean Lynch & Sean Vard (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

 

Sean Lynch est le groom de l’Allemand Daniel Deusser, actuellement deuxième meilleur cavalier de la planète. Sean Vard, quant à lui, est celui du Suisse Martin Fuchs, troisième mondial. Tous deux nous ont expliqué ce qu’ils aimaient le plus dans leur métier. Ils nous ont également donné leur point de vue personnel sur les chevaux sur lesquels ils sont chargés de veiller, nous ont dévoilé leurs Majeurs du Rolex Grand Slam préférés et divulgué ce qui leur a la plus manqué dans les compétitions de haut niveau.

 

Êtes-vous heureux d’être ici au The Dutch Masters et de retour sur le circuit du saut d’obstacles de haut niveau en Europe ?

Sean Lynch (SL) : Personnellement, je suis ravi. On a passé l’hiver en Floride, où la vie quotidienne était plus « normale ». Mais c’est très agréable d’être de retour et de retrouver nos amis européens lors des concours organisés sur le continent. Avec un peu de chance, la situation va revenir un peu à la normale cette année. L’atmosphère m’a beaucoup manqué, ainsi que mes amis, et puis je suis soulagé de ne plus devoir voyager aussi loin !

Sean Vard (SV) : Je suis très content d’être de nouveau ici, de revoir mes copains, de retrouver des lieux familiers. Nous avons passé l’hiver aux États-Unis, mais c’est différent d’ici et des Majeurs du Rolex Grand Slam. L’atmosphère dans les écuries fourmillantes d’activité m’a manqué, et je suis ravi de la retrouver enfin. Les grosses épreuves sont toujours une priorité.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

SL : Cela doit être le fait de se rendre des événements extraordinaires dans des pays différents à chaque fois. Que demander de plus ? J’ai vraiment de la chance de faire ça chaque jour, en particulier quand on repart avec de bons résultats. 

SV : Les réveils à l’aube, les longues nuits à conduire dans l’obscurité... Non, je plaisante. J’adore les bons résultats, les poussées d’adrénaline pendant les compétitions, le fait de voir les chevaux progresser. Et puis en cas de victoire, on vit des moments inoubliables.

Parlez-nous un peu des chevaux dont vous vous occupez...

SL : Je suis fou de Tobago [Scuderia 1918 Tobago Z]. Il a beaucoup de caractère, il est généreux, il ne pose pas de difficultés à son groom. Mais on a aussi d’autres chevaux de talent dans nos écuries, que je traite exactement de la même façon que Tobago. Le plus prometteur d’entre eux est sans doute Mr Jones [Scuderia 1918 Mr Jones]. Il a un coup de rein extraordinaire. À mon avis, il a tout pour être très spécial.

SV : On a tout un groupe de très bons chevaux, avec en tête Clooney bien sûr. Ce dernier est un personnage bien particulier : il nous fait tout le temps rire, j’adore passer du temps avec lui. On a aussi The Sinner, un vrai clown, et Leone [Leone Jei], une jeune recrue qui nous vient de Stal Hendrix et qui a aussi beaucoup de personnalité.

Quels sont vos objectifs pour 2021 ? Qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

SL : Comme tout le monde, on a pour objectif principal les Jeux de Tokyo. Ce serait formidable d’être médaillés.

SV : J’aimerais qu’on gagne un Rolex Grand Slam et une médaille à Tokyo, mon rêve !

Quelle est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et pourquoi ?

SL : Le CHIO d’Aix-la-Chapelle. L’ambiance y est spéciale, différente de tous les autres concours. On ne la retrouve nulle part ailleurs. Je travaille aussi pour un cavalier allemand, alors évidemment ce Majeur est d’autant plus spécial à nos yeux.

SV : Le CHI de Genève, pour des raisons évidentes. Mais j’adore aussi le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le The Dutch Masters. Et Spruce Meadows. En fait, je les aime tous ! Je suis vraiment obligé de choisir ?

Kent Farrington (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Kent Farrington (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Interview de cavalier avec:

Kent Farrington

 

L’Américain Kent Farrington, Témoignage Rolex, ancien prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping et actuel numéro sept mondial, nous dévoile ses projets pour 2021, sa stratégie pour le Rolex Grand Prix du The Dutch Masters et les leçons tirées de l’année écoulée.

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Nous venons de passer une année démente. Je suis donc heureux de retrouver une activité plus ou moins normale ainsi que la compétition. Mes objectifs sont les mêmes qu’avant : les Majeurs du Rolex Grand Slam. Et si les Jeux olympiques ont lieu sans encombre (croisons les doigts), ce sera là aussi l’un des grands rendez-vous de l’année.

Où étiez-vous les six derniers mois, et quels chevaux avez-vous montés en concours pendant cette période ?

J’ai travaillé dur ! J’ai essayé de maintenir en forme mes chevaux les plus expérimentés, de sorte qu’ils soient prêts à reprendre la compétition à tout moment. Et j’ai également chez moi un groupe de jeunes chevaux en formation. J’ai participé au Winter Equestrian Festival à Wellington, qui heureusement a pu avoir lieu cette saison. Comme je vis là-bas et que j’y ai une écurie, j’ai pu concourir pas mal de fois ces derniers mois.

Quels chevaux avez-vous amenés avec vous au The Dutch Masters ?

Je suis accompagné de Creedance et d’Austria, deux chevaux qui ont de la bouteille, en particulier en intérieur. Ils ont tous deux exclusivement concouru en extérieur aux États-Unis récemment, mais étant donné leur expérience, cela ne devrait pas poser de problème.

Que ressent-on lorsqu’on arrive à un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

De l’excitation, d’abord. Je suis heureux qu’il ait pu avoir lieu. J’étais sur les starting-blocks en 2020, et j’ai été très déçu lorsque cette édition a dû être annulée. Mais je suis là aujourd’hui, prêt à concourir. Les Majeurs du Rolex Grand Slam sont toujours très convoités par les cavaliers de haut niveau, et le format crée une motivation supplémentaire. Ceci dit, je veux toujours gagner, quelle que soit la compétition !

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

Plusieurs choses se sont confirmées dans mon esprit : j’adore mon métier, et je suis toujours passionné par le saut d’obstacles et par mes chevaux. Je suis aussi entouré d’une équipe formidable. Et durant les aléas des derniers mois, ces deux choses sont restées immuables, ce qui m’a conforté dans l’idée que c’était vraiment ce que je voulais faire.

Jack Whitaker (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) Jack Whitaker (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Jack Whitaker victorious at the Audi Prize

 

Le Prix Audi, épreuve phare du deuxième jour du The Dutch Masters 2021, s’est tenu aujourd’hui, et au total, quarante-et-un couples provenant de 15 pays différents se sont présentés au départ de ce parcours d’1,55 m. Répondant à l’appel, les plus grandes vedettes du saut d’obstacles, notamment Philipp Weishaupt, ancien Prétendant au Rolex Grand Slam, Jack Whitaker, l’étoile montante du sport, 20 ans à peine, et l’Américaine Laura Kraut qui affiche actuellement une forme éclatante. Bref, une belle brochette de talents, sûre d’en mettre plein la vue aux fans de saut d’obstacles du monde entier regardant le concours en ligne ou à la télévision.

Parti en 11e position, Kevin Staut, Témoignage Rolex, et Visconti Du Telman, sa jument baie de 12 ans, ont pourtant été les premiers à décrocher un sans-faute. Ce qui nous a immédiatement confirmé, si d’aucun en doutait, que les 13 obstacles pour 16 efforts dessinés par Louis Konickx, le chef de piste, allaient donner du fil à retordre aux compétiteurs. Le Français sera vite rejoint dans le groupe des qualifiés au barrage par Scott Brash, autre Témoignage Rolex et seul vainqueur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’histoire. Ce dernier a guidé sans effort apparent sa monture âgée de 12 ans, l’étalon Hello Vincent, tout autour de la superbe piste du Brabanthallen. Steve Guerdat, le Suisse actuellement en tête du classement mondial et Témoignage Rolex, a lui aussi réalisé un brillant sans-faute pour aller rejoindre les dix autres cavaliers accédant au barrage.

Deuxième au départ du barrage, un parcours ardu de sept obstacles, Brash a été le premier de ces cavaliers à s’adjuger un double sans-faute. Un rythme enflammé et une précision sans faille lui ont permis d’arrêter le chronomètre à 36,16 secondes, un temps difficile à battre. Seuls deux autres cavaliers, le Brésilien Marlon Modolo Zanotelli et l’Allemand Christian Kukuk, ayant réussi à signer un double sans-faute, l’Écossais semblait certain de remporter la victoire. Cependant, c’était sans compter sur Jack Whitaker. En selle sur Scenletha, sa jument à la robe noire, l’Anglais a eu la témérité de venir grappiller 0,37 secondes à Brash. Et s’il a ensuite dû regarder le passage de Kent Farrington avec appréhension, il a vite été rassuré : l’Américain n’a pas réussi à lui arracher la victoire et a fini deuxième sur le podium.

« C’est formidable !, a déclaré le vainqueur, ravi. Tout le monde vient ici pour gagner, moi compris. Mais avec tous les cavaliers de talent présents aujourd’hui, c’est hallucinant d’y être arrivé. Je ne sais pas quoi dire, je suis trop content !

C’est ma première victoire en 5*, je n’arrive pas trop à réaliser. Mais bon, je suis aussi venu ici pour ça. Il a suffit d’attendre le bon jour, et c’était aujourd’hui.

Scenletha est une jument exceptionnelle. Elle a un très bon tempérament et fait toujours de bons résultats, mais elle est aussi fougueuse. Ce soir, je la remercie car elle a vraiment tout donné. Elle aura droit à plein de câlins et de pastilles de menthe tout à l’heure !

Je voudrais également remercier la Young Riders Academy qui m’a permis d’être ici aujourd’hui. J’espère que celle-ci continuera de soutenir les jeunes cavaliers comme moi. »

Laura Kraut (Photo: Rolex Grand Slamp / Peggy Schröder) Laura Kraut (Photo: Rolex Grand Slamp / Peggy Schröder)

Interview de cavalière avec:

Laura Kraut

 

Championne par équipes aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, l’Américaine Laura Kraut reconnaît qu’elle a eu la chance d’avoir pu concourir tout l’hiver sous le soleil. Elle nous dévoile ses ambitions pour Tokyo 2020, et nous révèle les particularités de Confu, le hongre gris de 14 ans qui l’accompagne fidèlement depuis plusieurs années.

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Mon objectif principal cette année est de confirmer ma place dans l’équipe olympique des États-Unis pour Tokyo. D’ici à juillet, lorsque l’équipe sera annoncée, tous mes efforts iront vers une sélection. Ensuite, Aix-la-Chapelle et Barcelone seront dans le viseur, ainsi que toute autre compétition qui me tente en chemin !

Où étiez-vous les six derniers mois, et quels chevaux avez-vous montés en concours pendant cette période ?

Je vais faire des envieux, mais j’ai passé le plus clair de mon temps au Winter Equestrian Festival en Floride, où il a fait très beau. En plus de Confu, qui m’accompagne ici au The Dutch Masters, j’ai aussi fait travailler d’autres très bons chevaux, comme Goldwin, un hongre de neuf ans au super tempérament, ou Baloutinue, mon petit nouveau de 11 ans. J’ai hâte de voir ce qu’ils sont capables de faire !

Confu est mon préféré. Il a toutes les qualités d’un cheval de très haut niveau. D’ailleurs, il le sait et il est complètement imbu de sa personne. C’est toujours un plaisir de l’emmener quelque part, et puis il aime les épreuves en intérieur. Je suis donc relativement optimiste.

Que ressent-on à l’idée de disputer le The Dutch Masters, un des quatre Majeurs du Rolex Grand Slam ?

J’étais absolument ravie d’apprendre que j’avais été acceptée. J’ai fait ma demande au moment où les organisateurs ont décidé de reporter le concours, quand j’ai réalisé que je serai libre à ce moment-là. Ceci dit, je n’étais pas sûre d’être invitée, je suis donc enchantée.

Maintenant que le The Dutch Masters est enfin là, comment décririez-vous votre forme actuelle ?

Je n’ai pas du tout le trac. Je suis en bonne forme, et comme j’ai eu toutes les libertés en Floride, j’ai peut-être davantage de compétitions à mon actif que d’autres cavaliers cette saison. Mais rien n’est jamais facile, et dimanche sera une grande occasion. Dans tous les cas, je suis aussi bien préparée que possible.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Bien sûr, le Rolex Grand Slam est une formidable initiative. Remporter un tel prix est un incroyable défi, reconnu partout dans le monde et convoité jusqu’aux États-Unis. Les fans de saut d’obstacles américains connaissent tous le Rolex Grand Slam, et partout où je vais, mes supporters savent qu’une récompense comme celle-là serait la cerise sur le gâteau.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

Durant l’année qui vient de s’écouler, j’ai appris que les choses ne se passent pas toujours comme prévu. Les cavaliers de saut d’obstacles passent leur temps à planifier leur emploi du temps et savent normalement où ils seront dans le monde six mois à l’avance. Mais avec le coronavirus, il a fallu composer et prendre chaque jour après l’autre. Au fur et à mesure que la frustration initiale s’est apaisée, on a appris à être patients et à supporter le fait que nos efforts ne porteraient pas forcément leurs fruits. J’ai fini par m’adapter aux situations sur lesquelles je n’avais aucune emprise. Si les événements avaient lieu, tant mieux, et dans le cas contraire, ce n’était pas désastreux.

Marcel Hunze (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Marcel Hunze (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

En dépits de la frustration ressentie lors de l’annulation forcée de l’édition 2020 du The Dutch Masters pour cause de coronavirus, Marcel Hunze, directeur de l’événement, nous raconte son soulagement d’avoir pu enfin ouvrir les portes de son concours. Il nous explique les raisons pour lesquelles il pense que le Rolex Grand Slam permet de faire évoluer le saut d’obstacles dans le bon sens et nous dévoile son pronostic d’arrivée pour le Rolex Grand Prix de dimanche.

 

Vous avez dû être extrêmement déçu lorsque le Dutch Masters a été annulé pour cause de coronavirus l’an dernier, puis reporté une nouvelle fois il y a quelques semaines en raison du virus équin EHV-1. J’imagine que vous êtes ravi qu’il ait enfin lieu ?

Nous sommes enchantés de pouvoir enfin ouvrir nos portes aux cavaliers. Le coronavirus nous avait déjà forcés à annuler le The Dutch Masters en mars 2020, une heure à peine avant le début des épreuves. Et en mars de cette année, rebelote : le virus équin EHV-1 nous est tombé dessus sans prévenir. Mais nous ne nous sommes pas laissés décourager pour autant, et nous voilà enfin en mesure d’accueillir l’événement en intérieur fin avril 2021. Les cavaliers sont ravis, tout comme nous : quel plaisir d’être là !

Quels efforts avez-vous dû faire avec votre équipe pour rendre cet événement possible ?

La préparation n’était pas du tout la même cette année. D’habitude, nous essayons d’attirer le maximum de spectateurs, mais cette année, nous avons dû les repousser ! Pour répondre aux exigences des protocoles de sécurité liés à la Covid-19 et à l’EHV-1, nous avons dû modifier tous les aménagements usuels à deux reprises, après que le concours ait été reporté en raison du virus équin. Mais grâce aux efforts d’une équipe dynamique et pleine d’entrain, nous sommes finalement arrivés au but.

Que rêvez-vous de voir cette année dans le monde du saut d’obstacles ?

J’espère sincèrement que le The Dutch Masters marque le début de la saison pour le saut d’obstacles et que tous les grands événements puissent ensuite avoir lieu sans encombre cette année. Ce n’est pas une mince affaire d’organiser un Majeur dans les circonstances, mais j’aimerais que les autres concours du Rolex Grand Slam of Show Jumping puissent nous emboîter le pas.

Le partenariat avec Rolex et le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le The Dutch Masters, à votre avis ?

Absolument, nous sommes très fiers de faire partie du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Dès le départ, nous avons eu pour ambition de devenir le quatrième événement de la série. Sans Rolex et nos autres partenaires, il aurait été impossible d’organiser cette édition spéciale du the Dutch Masters. Nous leur en sommes donc très reconnaissants pour le soutien indéfectible qu’ils nous apporte en dépit des circonstances. Grâce à leur aide, nous accueillons cette semaine à Bois-le-Duc des compétiteurs de très haut niveau, y compris les cinq meilleurs cavaliers mondiaux.

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

Il faut un an pour préparer le The Dutch Masters, qui fait appel à de nombreuses compétences à tous les niveaux. Tous les acteurs de l’événement doivent donc se réunir et travailler ensemble sans accrocs. Mon rôle à moi est de faire en sorte que tout le monde soit satisfait, notamment les cavaliers, le public et les sponsors. C’est un travail passionnant.

À votre avis, qui est le mieux placé pour remporter le Rolex Grand Prix ce dimanche ?

Si je devais parier, je miserais sur Steve Guerdat, le numéro un mondial !

Daniel Deusser (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder ) Daniel Deusser (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder )

Victoire pour Daniel Deusser!

 

Moment culminant de cette première journée du The Dutch Masters 2021, le Prix VDL Groep a réuni 41 couples de renom. Parmi eux, on retrouvait 13 des 20 meilleurs cavaliers au classement mondial, notamment le Suisse Steve Guerdat, numéro un mondial et Témoignage Rolex, Pieter Devos, cavalier belge et numéro six mondial, ou Kent Farrington, autre Témoignage Rolex pour les couleurs des États-Unis et septième du classement mondial de saut d’obstacles.

Louis Konickx, le chef de piste hollandais, a conçu sur la piste principale du Brabanthallen un parcours constitué de 13 obstacles d’1,55 m, à l’issue duquel 10 couples se sont qualifiés pour le barrage. L’Allemand Christian Kukuk, accompagné de son hongre gris Checker 47, a réalisé le meilleur temps lors de la première manche (71,29 secondes). Il est rejoint au barrage par des cavaliers de six pays différents, dont deux Néerlandais, Kim Emmen et Marc Houtzager. Le bras de fer final sera donc très international.

Deuxième au départ du barrage, Kim Emmen et son étalon de 12 ans, Jack van het Dennehof, donnent l’allure. Mais ce sera finalement Daniel Deusser, surnommé « Double D », médaillé de bronze par équipe à Rio en 2016, qui empochera la victoire sur Casallvano, un hongre de 12 ans lui aussi. La clé de la réussite ? Un sans-faute fluide sur les sept obstacles du barrage en 35,66 secondes.

Ayant trouvé le parcours à première vue difficile pendant la reconnaissance, le cavalier allemand âgé de 40 ans s’est dit « surpris du nombre de sans-faute à l’issue de la première manche » et enchanté de sa victoire. « Ma stratégie une fois arrivé au barrage était simple : gagner l’épreuve à tout prix, a-t-il ajouté. Je suis très fier de mon cheval ce soir, il a pris toutes les trajectoires parfaitement.

Casallvano a beaucoup de moyens. Il peut se montrer un peu timide à l’entrée sur la piste, mais ça peut lui servir quand il s’agit de respecter l’obstacle. L’avantage est qu’il est toujours très rapide. Il nous est arrivé, durant les deux dernières semaines, de tourner plus tôt ou plus tard que prévu, mais aujourd’hui tout s’est parfaitement passé. Je suis fier de nous.

Étant donné les circonstances actuelles, c’est incroyable d’être là. Les organisateurs et les sponsors ont fait un travail extraordinaire pour nous permettre de remettre le pied à l’étrier.

Dimanche, lors du Rolex Grand Prix, je viendrai accompagné de Scuderia Tobago [Scuderia 1918 Tobago Z]. Il est en pleine forme et on a eu de très bons résultats à Wellington il y a quelques semaines, j’espère donc continuer dans la même veine lors de l’épreuve de dimanche. »

Jack Whitaker (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Jack Whitaker (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Rencontrez la nouvelle génération avec:

Jack Whitaker

 

Jack, le dernier héritier en date de la dynastie Whitaker, nous a accordé de son temps pour nous confier son enthousiasme à la perspective de disputer, à l’âge de 19 ans seulement, son premier Majeur du Rolex Grand Slam à Bois-le-Duc. Nous lui avons également demandé ce qu’il aimerait accomplir cette année et si après avoir passé l’hiver en Europe, il était satisfait de sa forme physique et de celle de ses chevaux.

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

J’espère pouvoir me rendre à autant de concours 5* que possible. La Coupe des nations revêt une importance particulière à mes yeux, et j’aimerais y faire une bonne performance. Et puis ce serait formidable d’être invité à d’autres Majeurs du Rolex Grand Slam.

Vous avez passé l’hiver en Belgique, en Espagne et au Portugal. Vos chevaux sont-ils prêts à affronter la concurrence au The Dutch Masters ?

Absolument, ils sont en superbe forme physique : l’épidémie de coronavirus a eu pour avantage que j’ai tout à coup eu beaucoup de temps à leur consacrer, ce qui a permis de travailler cet aspect-là. J’ai passé tout l’hiver à disputer des concours en extérieur en Espagne et au Portugal, alors bien sûr il va falloir que l’on s’adapte à la piste en intérieur, mais je suis au mieux de ma forme.

Que ressentez-vous à l’idée de concourir dans un Majeur du Rolex Grand Slam ? Êtes-vous impatient ou plutôt appréhensif ?

Je suis très impatient. Lorsque j’ai reçu l’invitation des organisateurs du The Dutch Masters, j’étais absolument ravi. J’ai participé aujourd’hui à la première épreuve du concours sur Haya Loma N, je ressens donc moins d’appréhension désormais. Ceci dit, cela va peut-être changer dimanche avant le Rolex Grand Prix ! J’ai prévu de participer à l’épreuve en compagnie de Valmy De La Lande, mon étalon de 12 ans, qui est ma monture de tête ces six derniers mois, et avec qui j’ai disputé tous mes Grands Prix. Espérons qu’il soit bien en forme dimanche !

Le format du Rolex Grand Slam vous donne-t-il encore plus envie de faire preuve des meilleures performances possibles ?

Bien évidemment, mais je tente de voir cette épreuve comme n’importe quel autre Grand Prix. Ceci étant, les Majeurs du Rolex Grand Slam sont particulièrement prestigieux à mes yeux, je vais donc tout donner. Dimanche, au moment d’entrer sur la piste, j’aurai sûrement un petit frisson supplémentaire à l’idée qu’il s’agit d’un Rolex Grand Prix. Et la victoire sera plus tentante que jamais.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 derniers mois? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

J’ai appris à quel point il est important d’être positif, de garder confiance et de continuer à cultiver un mental de gagnant lorsqu’on est confronté aux aléas de la vie. L’objectif ultime étant de rester serein !

Louis Konickx (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) Louis Konickx (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Le tour de piste avec:

le chef de piste Louis Konickx

 

Dès l’âge de 15 ans, Louis Konickx aidait déjà à l’organisation de parcours de saut d’obstacles. Désormais, et depuis 2008, il est le chef de piste officiel du Dutch Masters (Indoor Brabant). Il nous parle ci-dessous de l’avenir du saut d’obstacles tel qu’il en rêve pour 2021, du Rolex Grand Prix de dimanche et des raisons pour lesquelles il adore son travail.

Vous avez dû être déçu lorsque le Dutch Masters a été annulé pour cause de coronavirus l’an dernier, puis reporté il y a quelques semaines en raison du virus équin EHV-1. J’imagine que vous êtes ravi qu’il ait enfin lieu ?

Absolument ! Après cette longue période sans compétition, et ce report récent, je redoutais une énième annulation. Mais ce ne sera pas le cas, et je suis soulagé et heureux d’être ici. Évidemment, c’est dommage de ne pas voir les fans dans les tribunes, car il règne toujours une atmosphère formidable avec eux. Mais maintenant que la piste est prête, le suspens commence à se faire sentir, et j’espère que ça se traduira à l’écran de la même façon.

Que rêvez-vous de voir cette année dans le monde du saut d’obstacles ?

Tout le monde espère bien sûr que les Jeux olympiques auront lieu comme prévu, et que les cavaliers et chevaux auront le temps de s’y préparer, comme ils ont pu le faire ici au Dutch Masters. La grande piste du Brabanthallen accueillera nombre de cavaliers émérites, et la concurrence devrait être féroce, en dépit des circonstances. J’espère que d’autres concours de saut d’obstacles auront lieu eux aussi, car cela aidera les concurrents à se préparer pour Tokyo 2020.

Quel rôle jouent les partenaires et sponsors du Dutch Masters, tels que Rolex, dans l’organisation et le déroulement réussis de l’événement ?

Ils jouent un rôle primordial ! Ils sont étroitement associés à tous les aspects du concours. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont décidé de nous accompagner au départ : ils font véritablement partie de l’équipe. Ils comprennent bien les difficultés que pose la situation actuelle et à quel point les cavaliers souhaitent se remettre à la compétition. Sans eux, le saut d’obstacles de très haut niveau n’existerait pas.

Ce qui vous plaît le plus dans le métier de chef de piste... ?

J’adore la créativité qu’exige ce métier. Je trouve ça fascinant de devoir réfléchir au parcours que je souhaite créer, à l’aspect visuel et pratique pour les concurrents, et aux différentes manières d’utiliser tous les coins de la piste. Je n’aime ni la routine, ni la facilité. Tous les parcours que je crée sont donc différents. Je souhaite toujours offrir quelque chose de nouveau ou d’inattendu.

Parlez-nous un peu du parcours qui attend les cavaliers au Rolex Grand Prix ce dimanche...

Nous avions toujours sous la main le parcours que nous avions mis sous cloche l’an passé ! Puis j’ai reçu un message pour me dire que la piste serait beaucoup plus grande cette année. Heureusement, j’ai été en mesure de garder le même plan que pour 2020, tout en l’ouvrant un peu pour l’adapter au nouvel aménagement. Le parcours qui en résulte est, je trouve, très réussi.

Combien de sans-fautes pensez-vous voir au Rolex Grand Prix de dimanche, et quel cavalier sera à votre avis couronné vainqueur ?

Avant tout, j’aime voir une épreuve exaltante où les chevaux font preuve de bonnes performances personnelles. C’est toujours bien d’avoir six cavaliers au barrage, mais le nombre de qualifications dimanche dépendra de la manière dont ils gèreront certains petits détails du parcours. Il suffit de mal calculer son approche ou de dépasser le chronomètre d’une seule seconde pour rater sa chance de participer au barrage. On peut ainsi facilement passer de 10 couples à six. En ce qui me concerne, un barrage à six serait l’idéal. Plus de dix cavaliers, et le suspens est moins palpable.

Pour remporter le Rolex Grand Prix de dimanche, il faudra faire preuve de précision, de contrôle et de fluidité et planifier sa stratégie. Je ne vous donnerais pas de nom ! De nombreux cavaliers actuels répondent à ces critères, et nous avons la chance de les voir déployer leurs talents alors profitons-en !

 

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

The Dutch Masters 2021 'Rider Watch'

Les couples à battre lors de The Dutch Masters 2021

 

The Dutch Masters 2021 sera le premier des quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping à avoir lieu cette année. Il se déroulera du 23 au 25 avril à Bois-le-Duc, dans le Sud des Pays-Bas. Après plus d’un an d’incertitudes liées à l’épidémie de COVID-19 et au récent virus équin EHV-1, les organisateurs de l’événement sont ravis de pouvoir accueillir de nouveau cette année bon nombre des meilleurs couples du saut d’obstacles. Ceux-ci s’affronteront pendant trois jours sous le toit du Brabanthallen, légendaire centre de congrès.

Comme les trois autres Majeurs constituant le Rolex Grand Slam (CHIO d’Aix-la-Chapelle, CSIO Spruce Meadows 'Masters' et CHI de Genève), The Dutch Masters aura pour apogée le Rolex Grand Prix. Le dimanche, les cavaliers les plus en vue de la discipline (dont 15 des 20 meilleurs cavaliers au monde actuels) se disputeront le titre de Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les couples à battre

Six témoignages Rolex seront présents à The Dutch Masters 2021. Parmi eux, le cavalier britannique Scott Brash est le seul ayant jamais remporté trois Majeurs consécutifs, ce qui fait de lui le champion en titre du Rolex Grand Slam of Show Jumping depuis septembre 2015. Brash a passé l’année 2021 à concourir à Doha, la capitale du Qatar, et à Lierre dans le Nord de la Belgique. Il viendra donc à The Dutch Masters dans l’espoir de devenir une fois de plus Prétendant au Grand Slam.

Steve Guerdat, autre témoignage Rolex actuellement classé numéro un au classement mondial, sera également présent. Il a déjà un palmarès impressionnant aux Majeurs Rolex : ayant remporté la victoire au Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2013 et en 2015, le cavalier suisse tentera d’ajouter The Dutch Masters à sa longue liste de trophées.

Gagnant du Rolex Grand Prix du CHI de Genève en décembre 2019, et fort de sa position au troisième rang du classement mondial et de son statut de témoignage Rolex, Martin Fuchs est le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le cavalier suisse a passé la plus grande partie de l’année 2021 au Winter Equestrian Festival de Floride, aux États-Unis, en compagnie de Clooney 51 et Leone Jei, ses deux hongres gris. Il fera tout ce qu’il peut pour conserver sa position de Prétendant au titre lors du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ de septembre.

Jeroen Dubbeldam, médaillé d’or en individuel aux Jeux équestres mondiaux de la FEI 2014 et chouchou du public néerlandais, se rendra à The Dutch Masters en compagnie de Forever SFN, Kennedy Z et Oak Grove’s Carlyle. Si Dubbeldam n’a pas encore réussi à décrocher de Majeur, le témoignage Rolex rêve sans aucun doute d’un bon résultat lors du Rolex Grand Prix du dimanche. Dubbeldam fait partie de 11 compétiteurs néerlandais au total, qui comprennent aussi Bart Bles, Kim Emmen, Willem Grieve, Marc Houtzager, Kevin Jockems, Johnny Pals, Harrie Smolders (ancien numéro un mondial), Leopold van Asten et Jur Vrieling.

Kent Farrington, autre témoignage Rolex, et sa compatriote Laura Kraut seront les seuls cavaliers en provenance des États-Unis à The Dutch Masters cette année. Ayant déjà remporté deux Majeurs (le CHI de Genève en 2017 et le CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2019), Farrington emmènera à Bois-le-Duc son hongre Creedance et sa jument Austria 2. Actuellement classé septième au classement mondial, il a l’expérience et le savoir-faire requis pour décrocher la victoire au Rolex Grand Prix le dimanche.

La France, elle, se verra représentée par quatre cavaliers de renommée mondiale, dont Kevin Staut, témoignage Rolex. Champion d’Europe en 2009, et actuellement 21e mondial, Staut viendra à The Dutch Masters accompagné de trois montures (Blackonda, Viking d'la Rousserie et Athos des Genêts), et aura pour objectif d’ajouter un Majeur à son impressionnant palmarès.

Parmi les autres cavaliers à ne pas sous-estimer cette année, on trouvera le Belge Niels Bruynseels et le Suédois Henrik Von Eckermann, qui pointent respectivement à la 11e et la 17e places au classement mondial de saut d’obstacles. Von Eckermann a déjà été Prétendant au Grand Slam après sa victoire au Rolex Grand Prix à The Dutch Masters 2019 sur Toveks Mary Lou, son exceptionnelle jument alors âgée de 15 ans. Bruynseels, lui, avait remporté l’épreuve un an auparavant lors d’un barrage exaltant sur Gancia de Muze, une jument du même âge.

Il nous faut aussi garder l’œil sur Jack Whitaker, un jeune virtuose de 19 ans venant du Royaume-Uni. Il est bien sûr issu de la célèbre dynastie équestre du même nom et fait partie de la nouvelle génération de cavaliers talentueux. Whitaker arrivera à The Dutch Masters directement de la péninsule hispanique, ayant passé les derniers mois à Vejer de la Frontera en Espagne et à Vilamoura au Portugal.

(Photo: Rolex Grand Slam) (Photo: Rolex Grand Slam)

Une nouvelle application web qui plonge les fans du. Grand Slam au plus près de l'action

Des insights exclusif sur le 'Rolex Grand Slam Live'

Une toute nouvelle application web conçue exclusivement par l’équipe du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et qui permet aux fans de suivre leur cavaliers préférés à l’aide d’un second écran, a été dévoilée avant le Dutch Masters 2021, premier Majeur de l’année.

Grâce à cette appli, appelée « Rolex Grand Slam Live » les passionnés de sports équestres des quatre coins du monde pourront avoir accès en temps réel à d’innombrables données, notamment sur le chronométrage, le nombre de pénalités et l’ordre de départ. Ces informations viennent compléter la diffusion du Rolex Grand Slam en ligne sur le site web ou à la télévision pour une sensation d’immersion complète.

L’application web donne également aux fans accès à d’autres statistiques, comme le pourcentage de chutes de barres ou les temps intermédiaires. Bref, un contenu « second écran » exceptionnel pour les amateurs de sports équestres qui souhaitent tout savoir sur les quatre Majeurs constituant le Rolex Grand Slam of Show Jumping : le Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et le CHI de Genève.

La technologie « Rolex Grand Slam Live » a été développée par une équipe de spécialistes d’Alogo, une société spécialisée dans les outils d’analyse des sports équestres, notamment une gamme de produits de pointe permettant de quantifier les performances des cavaliers.

L’appli web sera gratuite et pourra être vue depuis le lien suivant : https://rolexgrandslam.alogo.io/

(Photo: Rolex Grand Slam) (Photo: Rolex Grand Slam)

Rolex Grand Slam Stats

La différence entre les concours en intérieur et en extérieur

 

Souvent considéré comme le défi ultime de l’univers du saut d’obstacles, le Rolex Grand Slam comprend quatre des concours les plus prestigieux de ce sport, aussi appelés les « Majeurs » : le Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et le CHI de Genève. Il existe cependant une différence fondamentale entre d’un côté le Dutch Masters et le CHI de Genève et de l’autre les concours allemand et canadien : en effet, les premiers se déroulent en intérieur et les seconds en extérieur.

Les pistes intérieures du Dutch Masters’ et du CHI de Genève sont couvertes d’une surface synthétique, tandis que le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ se déroulent en plein air sur une piste en herbe. Pour les non-initiés, ce dispositif est semblable Grand Chelem du tennis, qui propose des tournois sur quatre types de surfaces différentes  : l’Open d’Australie a lieu sur une surface synthétique en dur, Rolland-Garros sur la terre battue, Wimbledon sur le gazon et l’US Open sur un terrain dur en acrylique.

Les pénalités sont calculées de la même manière en intérieur et en extérieur. Mais la vitesse réglementaire à respecter est légèrement différente : 350 m/minute en intérieur, 375 à 400 m/minute en extérieur.

En attendant le Dutch Masters 2021, nous nous sommes entretenus avec deux des plus célèbres chefs de piste au monde, Louis Konickx (Dutch Masters) et Frank Rothenberger (Aix-la-Chapelle). Konickx décide depuis 2008 des défis que devront relever les meilleurs couples cheval-cavalier sur la piste intérieure en synthétique du Brabanthallen à Bois-leDuc. Quant à Rothenberger, depuis qu’il a rejoint l’équipe du Festival mondial des sports équestres (Weltfest des Pferdesports) en 2003, a pour mission de rendre la vie difficile à ces mêmes chevaux et cavaliers sur la grande piste extérieure en herbe du CHIO d’Aix-la-Chapelle.

 

En dehors de la surface elle-même, quelles sont les différences à prendre en compte lorsque l’on crée un parcours intérieur ou extérieur ?

Louis Konickx (LK) : Les pistes intérieures offrent un espace limité : les lignes du tracé se croisent et se recroisent à plusieurs reprises. Bâtir un parcours intéressant et original est donc toujours un défi. Les pistes extérieures offrent davantage de possibilités et d’options, et permettent plus de phases de galop.

Frank Rothenberger (FR) : La surface des pistes extérieures n’est pas toujours parfaitement plane et horizontale, ce qui peut faire que le cavalier a davantage de mal à jauger la distance entre les obstacles, en montée comme en descente. La lumière ambiante peut également poser des difficultés, par exemple si le cavalier ou le cheval à le soleil dans les yeux ou si les projecteurs créent des zones d’ombre. Je dois donc être conscient de tous ces éléments lors que je construis un parcours. Et puis l’une des différences les plus importantes est bien sûr la taille de la piste. Sur les grandes pistes extérieures, comme celles du CHIO d’Aix-la-Chapelle ou du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, le chef de piste peut se montrer beaucoup plus créatif lorsqu’il dessine le tracé, et les parcours sont en général plus rapides.

(Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton) (Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton)

Quelles difficultés pouvez-vous rencontrer lors de la construction d’un parcours ?

LK : Les pistes intérieures ont toutes une forme et une disposition dans l’espace plus ou moins identiques.  Les types d’obstacles choisis et les décorations donnent au parcours sa pointe d’originalité. Lorsque je prépare un concours, je fais très attention à ces aspects-là et je tente de créer un tracé complexe ou difficile à négocier. Ce n’est pas facile de penser un parcours, intérieur ou extérieur, qui donnera du fil à retordre aux incroyables couples cheval-cavalier qu’on voit évoluer aujourd’hui. Pour moi, la pression est plus intense pour les concours en intérieur, car il faut travailler très vite en raison de la rapide succession des épreuves qui s’y déroulent. Et puis la présence d’un public enthousiaste dans une salle bondée offre quand même une atmosphère sans pareille.

FR : Quant à moi, je trouve que la création de parcours extérieurs est un vrai défi : il faut vraiment que je déploie toute mon imagination. Sur les pistes extérieures, les dénivelés peuvent servir à bâtir un tracé technique, en montée comme en descente. C’est là la difficulté, mais c’est ce qui fait la spécificité et l’intérêt du parcours.

 

Quels facteurs sur lesquels vous n’avez aucun contrôle doivent entrer en compte dans la construction du parcours ?

LK : Le chef de piste espère à chaque fois créer le suspens lors de la compétition, grâce à plusieurs sans-faute dans la deuxième moitié des compétiteurs. Mais s’il y a déjà un ou deux sans-faute parmi les dix premiers cavaliers, le public saura que le parcours n’est pas assez difficile. Quand c’est le cas, ça gâche quelque peu le suspens.

FR : La météo a également un impact très important sur le type de parcours que je construis pour l’extérieur. En cas d’intempéries, nous essayons de faire en sorte que les cavaliers ne soient pas obligés de prendre des virages serrés, pour éviter que les chevaux ne glissent. Selon le temps qu’il fait, il est aussi essentiel de réfléchir aux distances entre les combinaisons, qu’il faut calculer de manière encore plus précise que sur les pistes en intérieur.

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Intrerview du prétendant au Rolex Grand Slam avec:

Le vainqueur du CHI de Genève 2019 et témoignage Rolex, Martin Fuchs

 

Victorieux au Grand Prix du CHI de Genève en décembre 2019 et numéro trois mondial actuel, Martin Fuchs se retrouve aujourd’hui en position de prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le cavalier suisse ne rêve désormais que d’une chose : remporter le Dutch Masters, premier Majeur de l’année 2021, qui se tiendra à Bois-le-Duc aux Pays-Bas du 23 au 25 avril. Lors de notre entretien, Martin Fuchs nous a parlé de ses projets pour 2021, des chevaux qu’il a hâte de faire concourir et de son état d’esprit à l’approche du Dutch Masters.

 

Qu’avez-vous de prévu pour 2021, et qu’aimeriez-vous accomplir cette année ?

Le plus gros objectif cette année, c’est évidemment les Jeux olympiques de Tokyo. Remporter une médaille aux Jeux, c’est bien sûr l’objectif ultime. L’autre rêve serait de remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping, étant donné que je suis actuellement prétendant au titre. Les quatre Majeurs du Grand Slam sont déjà d’ordinaire les concours les plus importants, mais cette année pour moi revêt une importance particulière.

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?

J’ai bien sûr très envie de monter Clooney 51, ma monture principale, mais j’ai aussi d’autres chevaux très prometteurs. J’ai eu le plaisir de monter Leone Jei, qui a maintenant neuf ans, pour son premier 5* à Wellington. Par conséquent, il participera cette année à certaines épreuves de la Coupe de nations FEI. Chaplin, mon étalon, est à la saillie en ce moment, et pour la première fois de sa carrière, nous l’avons envoyé à l’écurie Team Nijhof. Mais il sera de retour en suisse pour concourir avec moi très bientôt. J’ai aussi Sinner, avec qui j’ai gagné la Coupe du monde à Londres, qui participera sans aucun doute à certains concours 5*. Enfin, j’ai deux ou trois jeunes chevaux que j’ai hâte de monter en 2*, entre deux concours 5*.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

J’ai appris que j’ai du plaisir à faire d’autres choses en dehors de l’équitation, et je n’ai pas besoin de me rendre à un événement différent chaque semaine. J’ai passé du temps avec mes proches, ce que je fais souvent sur la route d’habitude, mais chez moi cette fois. J’en ai aussi profité pour me poser (et me reposer).

Vous avez remporté le Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2019, ce qui fait de vous le prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Est-ce une motivation de plus pour décrocher le Rolex Grand Prix du Dutch Masters cette année ?

Être le prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping est une grande source d’excitation, mais j’essaie autant que possible d’envisager cela avec sérénité. Quand je monte Clooney 51 au meilleur niveau, j’essaie toujours de gagner, et à chaque Majeur auquel je participe, je fais tout pour être au sommet de ma forme. Je vais donc préparer ce concours comme n’importe quel autre, même si évidemment l’idée que je pourrais remporter deux Majeurs de suite me traverse l’esprit de temps de temps.

Le Rolex Grand Slam a-t-il été selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Oui, je trouve que la création du Rolex Grand Slam a été très bénéfique au saut d’obstacles. On se rend vite compte que tous les cavaliers d’élite prévoient d’y emmener leur meilleur cheval. Les quatre Majeurs sont aussi bien répartis dans l’année, ce qui permet de venir à chaque fois avec sa monture favorite. N’importe quel cavalier ayant participé à un Majeur vous dira que le niveau de compétition garantit un spectacle inégalé. 

Willy Wijnen and Ben Maher Willy Wijnen and Ben Maher

Secrets d'éleveur avec:

Willy Wijnen

 

Dans cette édition, nous nous entretenons avec Willy Wijnen, élu Meilleur éleveur KWPN de l’année. Willy a notamment produit Explosion W (Chacco-Blue x Baloubet du Rouet), le formidable hongre du cavalier britannique Ben Maher.

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

Quand j’étais petit, mon grand-père, qui était dans l’armée, a commencé à travailler avec des chevaux. Mais il s’agissait de chevaux de labeur, pas de dressage ou de saut d’obstacles. Je n’ai pas de souvenir précis, mais je me souviens de cette époque où les chevaux ont commencé à faire partie de ma vie, quand j’avais huit ans environ, par le biais de mon grand-père. Les chevaux sont toute ma vie, et cela depuis aussi loin que je me souvienne.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Le plus beau moment de ma carrière équestre est sûrement le championnat national d’Utrecht, quand Barina avait quatre ans. Elle a fini en troisième place, mais j’étais incroyablement fier, vu que mon élevage était encore modeste à l’époque. C’est Marianne Van Rixtel qui l’a conduit au podium ce jour-là. Elle et Barina ont toutes les deux réalisé une performance extraordinaire, d’autant plus que la jument concourait à la fois en dressage et en saut d’obstacles.

Comment vous-êtes vous intéressé à l’élevage de chevaux ?

En raison de son talent exceptionnel, je voulais faire pouliner Barina. J’ai investi beaucoup de temps et d’argent à chercher les meilleurs étalons. Je suis allé à des présentations en Hollande, en Allemagne, en France... Je voulais absolument trouver le bon cheval, celui dont les qualités viendraient complémenter celles de Barina.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment se passe l’élevage de chevaux de saut d’obstacles de haut niveau ? Par où commencer, comment décider d’un croisement, etc. ?

La première question à se poser était de savoir si l’étalon correspond bien à la lignée de Barina, et de regarder plus avant sa propre lignée maternelle. L’étalon lui-même est important, mais la lignée maternelle l’est encore plus, à mon sens.

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Oui, c’est arrivé, on n’a pas toujours le résultat qu’on attend. Je reçois souvent des appels téléphoniques de personnes qui souhaitent mes conseils sur quel étalon choisir pour leur jument, mais je ne peux pas les aider sans connaître intimement cette jument. Les poulinières sont toutes différentes. C’est donc impossible de savoir comment les croiser sans connaître leurs lignées. En ce qui concerne Barina, elle a mis bas à une importante progéniture: 17 poulains et pouliches dont neuf d’entre eux ont déjà évolué à haut niveau en dressage et saut d’obstacles, et d'autres sont devenues de très bonnes poulinières. Elle a également produit cinq étalons agréés.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

J’ai un point de vue très précis sur chaque cheval, mais je commence par le regarder dans les yeux et par étudier sa base et son équilibre. Cela m’aide à décider si le cheval et le cavalier se correspondent.

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant de rejoindre ses nouveaux propriétaires ?

Au départ, quand j’ai monté ma société, beaucoup de poulains partaient immédiatement vers leur nouveau propriétaire, car je n’avais pas le temps de m’en occuper. Mon activité était axée sur l’élevage, et je n’avais pas le temps de débourrer et développer les chevaux sur le long terme. Mais les choses ont évolué, et j’ai désormais beaucoup plus de temps à leur consacrer. Cela ne m’intéresse plus de les vendre rapidement.

Combien assurez-vous de poulinages par an ?

Six ou sept environ.

De quels chevaux en particulier êtes-vous le plus fier ?

Je suis incroyablement fier du succès d’Explosion W, mais ce n’est pas le seul. J’ai aussi une demi-sœur d’Explosion W, Zarina III, la fille d’Heartbreaker et de Baloubet du Rouet. C’est une poulinière à la progéniture extraordinaire. N’importe quel cavalier aimerait un cheval issu de cette jument.

Le Rolex Grand Slam a-t-il été selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Oui, je pense qu’il est très important pour les cavaliers et le monde de l’équitation en général. Le Rolex Grand Slam est un programme d’exception, aux concours très bien conçus.

Quel est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Aix-la-Chapelle, assurément. J’ai du mal à expliquer pourquoi, mais en gros c’est un concours exceptionnel à tous les niveaux, du personnel aux installations en passant par le spectacle.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant qu’éleveur ?

Ma plus grande ambition est de produire un cheval pour les Jeux olympiques. Chaque éleveur rêve d’avoir un cheval à lui concourir lors des Jeux.

Qui vous a le plus inspiré dans votre carrière ? 

L’élevage VDL, dans le Nord des Pays-Bas, a été une grande source d’inspiration. Certains de mes chevaux y séjournent, dont Liamant W (Diamand de Semmily x Heartbreaker x Baloubet du Rouet), et un jeune étalon nommé Power Blue W (Chacco Blue x  Heartbreaker x Baloubet du Rouet).

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Si vous commencez un élevage, commencez toujours par une bonne lignée, qui comprend beaucoup de chevaux de compétition et de qualité. Cela permet de poser de bonnes bases. La lignée maternelle est l’aspect le plus important à mes yeux, et doit compter pour 60 ou 70 pour cent de vos décisions, le reste allant à l’étalon.

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Entretien avec

Bertram Allen, cavalier irlandais et témoignage Rolex

Sur quoi avez-vous axé vos efforts récemment, et quels sont vos objectifs pour 2021 ?

À cause du Covid-19, presque tous les concours européens ont été annulés. Nous avons donc pris la décision de nous rendre en Floride pour le Winter Equestrian Festival, qui a attiré énormément de monde. Je suis resté là-bas pendant près de trois mois, je viens de rentrer. Je vais donc me reposer un peu dans les semaines à venir.

Ensuite, l’idée est de commencer à m’entraîner et à préparer mes chevaux pour quelques épreuves de la Coupe des nations de saut d’obstacles de la FEI. Je viserai également les Jeux de Tokyo en juillet, puis les Majeurs du Rolex Grand Slam à la fin de l’été.

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?

Pacino Amiro et Harley van den Bisschop sont mes deux montures principales. Harley est déjà plus établi. Il a souffert une blessure l’an passé qui l’a mis hors jeu pendant un moment, mais il est à nouveau en pleine forme et va vite reprendre le rythme.

Pacino Amiro est passé au top niveau à Wellington lors du Winter Equestrian Festival et a même remporté un Grand Prix 5*. On a donc hâte de voir ce qu’il peut faire cette année. Avec un peu de chance, ils seront tous les deux au sommet de leur forme. Si c’est le cas, vous les verrez concourir au plus haut niveau.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Ces quatre concours sont parmi les meilleurs au monde : en remporter un fait partie des principaux objectifs de tout cavalier qui se respecte, moi compris ! Séparément, ce sont déjà des épreuves légendaires. Mais regroupées, elles deviennent encore plus prestigieuses. N’importe quel cavalier de haut niveau vous dira que ce sont les Grands Prix vers lesquels nous tendons nos efforts chaque année. C’est le summum de notre sport, un niveau encore supérieur aux Grands Prix 5* usuels. Inutile de se présenter à un Majeur si vous n’êtes pas sûr de vos capacités et de celles de votre cheval. C’est pour cela que la victoire est si précieuse : elle représente l’apogée de la réussite.

En ce qui concerne le Rolex Grand Slam cette année, nous allons prendre les choses comme elles viennent. Le Spruce Meadows ‘Masters’ et Aix-la-Chapelle sont encore loin. Si Harley van den Bisschop et Pacino Amiro sont en forme, j’aimerais les voir participer à l’une de ces épreuves. Après ça, il sera temps de préparer Genève.

Qu’avez-vous appris sur vous-même et en général dans les 12 mois écoulés ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette période ?

En tant que cavalier, j’ai l’habitude de concourir presque chaque week-end de l’année. Mais en 2020, les possibilités ont été très limitées. J’ai beaucoup appris, et ces enseignements m’incitent à réduire le nombre de concours auxquels je participe d’habitude. Avant la pandémie, j’avais l’impression de devoir concourir chaque semaine sans m’arrêter. Mais lorsque j’ai eu le recul et le temps nécessaire pour réfléchir à la situation, il est devenu évident que toujours vouloir faire plus n’est pas toujours idéal, pour moi comme pour mes chevaux.

Je vais désormais me concentrer sur les grosses épreuves 5*, ce que me permettra de passer quelques semaines de plus chez moi pour m’organiser. Je pourrai ainsi passer davantage de temps sur nos activités vente et travailler plus souvent nos jeunes chevaux, avec qui je ne passais pas suffisamment de temps par le passé. Comme pour tout dans la vie, il s’agit de trouver le juste équilibre.

Photo: The Dutch Masters/DigiShots Photo: The Dutch Masters/DigiShots

Top 5 world ranking competing

 

La FEI a annoncé officiellement le 30 mars que les compétitions internationales peuvent reprendre à partir du 12 avril. Ceci est une très bonne nouvelle pour l'organisation de The Dutch Masters et c'est désormais le feu vert pour l'organisation de l'événement du 23 au 25 avril.

 

Mesures

Les mesures Covid-19 restent en place pour cette édition de The Dutch Masters qui va se dérouler sans public. La FEI a publié une liste de mesures concernant le virus EHV-1. Evidemment, les organisateurs, accompagnés de l'équipe vétérinaire, vont suivre de très près ces mesures, spécifiquement dans les écuries, où tout sera fait pour éviter les contacts entre les chevaux en plus d'autres mesures. La sécurité des hommes et des chevaux est la priorité

The Dutch Masters/DigiShots The Dutch Masters/DigiShots

 

Des cavaliers de très haut niveau

L'organisation peut toujours compter sur les meilleurs cavaliers au monde. Les numéro 1 et 2 Suisses, Steve Guerdat et Martin Fuchs, seront présent. Le numéro 3, Daniel Deusser, est actuellement en grande forme. Le weekend dernier, le cavalier allemand a remporté le préstigieux $500,000 Rolex Grand Prix au WEF de Wellington, en Floride, avec son étalon star Scuderia Tobago Z, qui sera de la partie aussi à Bois-le-Duc. Le Suedois Henrik von Eckermann, vainqueur du Rolex Grand Prix à la Brabanthallen en 2019, fera le déplacement aussi. Peder Fredricson (SWE) et le Belge Pieter Devos complètent le top 5 mondial. Et bien sûr, tous les meilleurs cavaliers hollandais, dont Harrie Smolders et Jeroen Dubbeldam ont répondu présent. La liste complète des participants sera annoncée bientôt.

Dressage

La crème du dressage est déjà entrain de préparer la saison extérieure pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Une compétition en intérieur est donc peu adaptée pour leurs programmes. C'est pourquoi il a été décidé d'annuler le programme de dressage dans l'édition de cette année. Le programme va être complété par des épreuves supplémentaires de saut d'obstacle qui permettront aux cavalier de se préparer de façon optimale pour le Rolex Grand Prix.

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Le lundi 1er mars la  FEI a annoncé que toutes les compétitions équestres devaient être annulées à  cause de la propagation du Virus Herpes Equin (EHV-1) à Valence, en Espagne. Ceci a amené un grand désarroi parmi les organisateurs de The Dutch Masters, étant obligés de tout stopper de façon instantanée et de trouver une solution. Et ils en ont trouvé une, après de longues consultations avec les différentes association faîtière, les vétérinaires de The Dutch Masters ainsi que la  FEI. The Dutch Masters se déroulera, si les conditions le permettent, du vendredi 23 jusqu'au dimanche 25 avril dans la mythique Brabanthallen de Bois-le-Duc. Tout dépendra de si la situation du Virus Herpes Equin (EHV-1) sera sous contrôle. Les différentes parties prenantes impliquées s'attendent à une maitrise de la situation vers fin-mars. The Dutch Masters suivra avec attention les développement de ces prochaines semaines. La priorité est bien sûr la sécurité et la santé des cavaliers et des chevaux.

La sécurité des chevaux

Les organisateurs sont travaillent sur un protocole pour les chevaux participants, en collaboration avec Prof. Dr. Marianne Sloet van Oldruitenborgh-Oosterbaan de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l'Université d'Utrech et conseillère de la Fédération Équèstre Néerlandaise, ainsi que Randy de Greef, vétérinaire de The Dutch Masters et de la FEI. Le but est d'organiser un événement non seulement sécuritaire sur le plan du coronavirus, mais aussi sur celui du Virus Herpes Equin, et des mesures spécifiques seront prises comme un check-up vétérinaire à l'arrivée, prise de température et potentiellement un tampon nasal pour les chevaux participant à l'événement. Toutes les mesures seront discutées dans les prochaines semaines.

Des cavaliers satisfaits de cette décision

 

Les cavaliers sont satisfait et heureux avec cette nouvelle date. Il y a en ce moment un manque de compétitions de haut-niveau, qui sont si important pour la préparation des cavaliers aux Jeux Olympiques de Tokyo. Les numéro uns mondiaux de saut d'obstacle et de dressage ont confirmés leur participation. La "reine du dressage" allemande Isabell Weth: "Je pense qu'il est admirable de la part de The Dutch Masters de mettre en oeuvre tous les efforts possible pour organiser cet événement, je serai présente!". Le témoignage Rolex Steve Guerdat: "Je suis très heureux que The Dutch Masters, qui fait partie du Rolex Grand Slam, est programmé maintenant pour avril. Il est primordial pour les cavalier de concourir à nouveau à ces niveau et je me réjouis déjà."

L'édition d'avril proposera un programme similaire à celui prévu initialement en mars avec le Majeur du Rolex Grand Slam le dimanche après-midi. Les fans de dressage auront droit aussi à un programme de qualité avec un Big Tour (CDI4*): un Grand Prix et une Reprise Libre en Musique. Toutes les compétitions seront diffusées sur de multiples canaux.

 

Photos: Rolex Grand Slam / Kit Houghton Photos: Rolex Grand Slam / Kit Houghton

ROLEX GRAND SLAM OF SHOW JUMPING – LES DATES DES MAJEURS 2021 ONT ÉTÉ CONFIRMÉES

 

The World Equestrian Festival, CHIO d’Aix-la-Chapelle (REPORTÉ)

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle 2021 a été reporté et se tiendra du vendredi 10 au dimanche 19 septembre. Pour en savoir plus sur le CHIO d’Aix-la-Chapelle 2021, consultez le site https://www.chioaachen.de/

Spruce Meadows ‘Masters’ 

Les dates prévues pour le Spruce Meadows ‘Masters’ 2021 n’ont pas changé. Le concours aura lieu du mercredi 8 au dimanche 12 septembre. Pour en savoir plus sur le Spruce Meadows ‘Masters’ 2021, consultez le site https://www.sprucemeadows.com/

CHI de Genève 

Historiquement installé le deuxième weekend de décembre, les dates prévues pour le CHI de Genève 2021 restent inchangées. Le concours aura lieu du jeudi 9 au dimanche 12 décembre. Pour en savoir plus sur le CHI de Genève 2021. Le concours aura lieu du jeudi 9 au dimanche 12 décembre. Pour en savoir plus sur le CHI de Genève 2021, consultez le site https://www.chi-geneve.ch/

Photo: Spruce Meadows Media Services Photo: Spruce Meadows Media Services

Interview exclusive avec le cavalier belge Olivier Philippaerts

 

Qu’avez-vous de prévu pour le reste de l’année, et qu’aimeriez-vous accomplir à l’avenir ?

Je voudrais gagner un autre 5* sur Legend [H&M Legend of Love]. C’est une super jument, que j’ai depuis longtemps. Elle a fait des performances extraordinaires, j’ai moi-même du mal à croire combien on a remporté de victoires et fait de parcours réussis ensembles. Elle a peut-être 15 ans, mais comme elle l’a encore prouvé la semaine dernière, elle donne toujours son maximum. J’aimerais donc bien remporter un autre Grand Prix 5* avec elle en 2021.

 

Qu’avez-vous prévu de faire en 2021 ?

L’an passé a évidemment été une énorme déception, mais nous avons débuté 2021 du bon pied. Je suis allé à Oliva Nova en janvier pour préparer les chevaux à la compétition. Après Doha, j’ai récemment commencé notre entraînement pour The Dutch Masters. Nous avons hâte de concourir, et nous sommes certains que cette saison va être formidable, et représentera un autre pas en avant pour toutes les personnes concernées. Beaucoup d’autres concours arrivent bientôt également, notamment plusieurs Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, sans oublier les Jeux de Tokyo où nous espérons tous aller. Voilà donc nos objectifs principaux cette année. J’essaie de planifier notre entraînement de sorte à pouvoir réaliser nos objectifs.

 

Quels chevaux avez-vous hâte de monter en concours cette année ?

J’ai de la chance, j’ai actuellement plusieurs chevaux de qualité. Certains ont déjà une certaine expérience, comme Legend of Love et Extra [H&M Extra], une jument que je monte depuis un ou deux ans. À Doha la semaine dernière, j’ai eu le plaisir de monter Blue Diamond [Le Blue Diamond V't Ruytershof], mon nouvel étalon, lors de son premier Grand Prix 5*. Je suis sûr que ce cheval est capable de concourir régulièrement à ce niveau. J’ai hâte de voir ce qu’il peut faire cette année au sommet.

 

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Absolument, le Rolex Grand Slam est une initiative très réussie, qui permet de comparer le saut d’obstacles à d’autres sports comme le tennis. Les Grands Chelems sont reconnus de par le monde comme les plus grands tournois sportifs du calendrier, et c’est donc très utile de pouvoir utiliser ce système dans le saut d’obstacles pour expliquer aux néophytes de quoi il retourne. Cela fait ainsi connaître notre sport. Pour les cavaliers, ces concours sont les plus importants de l’année, et nous espérons tous les décrocher un jour.

 

Quel est votre Majeur préféré, celui que vous souhaitez vraiment gagner à chaque fois ?

Tout le monde a ses préférences, mais pour moi Spruce Meadows sera toujours très spécial. Quand je l’ai remporté, j’ai vécu un moment unique. Aix-la-Chapelle aussi est incroyable. Ce n’est pas loin de chez moi, j’y vais depuis longtemps, et mon père et moi y avons participé de nombreuses fois. Ces deux concours prennent donc l’ascendant sur les autres.

 

Qu’avez-vous appris sur vous-même au cours de l’année écoulée ? Quels aspects positifs se sont dégagés de cette année inhabituelle et difficile ?

L’année d’avant, nous avions participé à de nombreux concours, peut-être même trop. C’est bien qu’il existe autant de concours 5*, car ceci offre plus de chances de gagner, mais j’ai personnellement choisi de concourir dans moins de concours 5* à partir de maintenant. Ceci me permettra de concentrer mes efforts sur certains concours. Pour participer au plus grand nombre de concours possible, nous étions sur la route chaque semaine, quand nous ne prenions pas l’avion pour l’étranger. C’était peut-être un peu excessif. L’année écoulée m’a appris qu’il serait plus judicieux de me concentrer sur un nombre plus réduit de concours, pour y arriver fin prêt avec les bons chevaux.

Je pense aussi que lorsqu’on manque de temps, comme c’était le cas pour moi, il arrive que l’on fasse de petites erreurs qui passent inaperçues. Mais en passant du temps tous ensemble à la maison, on a pu se réorganiser pour que tout soit prêt pour la saison qui arrive. On achète de jeunes chevaux en devenir pour les faire évoluer jusqu’au plus haut niveau. Dans ce but, on a essayé de créer une structure solide qui fait que ce système fonctionne même en mon absence. Le temps passe très vite dans le monde du saut d’obstacles. Il est donc impératif d’avoir des chevaux prêts à concourir non seulement aujourd’hui, mais à l’avenir.

Photo: Élevage du Thot Photo: Élevage du Thot

La famille Noël vous dévoilent leurs secrets d’éleveurs

 

Dans ce numéro, nous nous entretenons avec Margrith et Florian Noël de l’Élevage du Thot, situé en Normandie – www.elevage-du-thot.com. Nous aimerions avant tout remercier Judith Noël de nous avoir aidés à organiser cet entretien.

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

Margrith Noël :

Mon père faisait partie de la cavalerie suisse, et chaque homme gardait son propre cheval et sa selle chez lui. Lorsque le cheval est parti, nous avons mis la selle sur la balustrade en bas de l’escalier. J’avais à peine 4 ou 5 ans, mais j’ai passé beaucoup de temps sur cette selle, à monter « pour de faux ».

 

Florian Noël :

Je suis né au milieu des chevaux, et comme mes deux sœurs étaient passionnées d’équitation, mes parents ont voulu que je les suive. Chaque mercredi et samedi, ils me forçaient à panser un cheval ou un poney, et je n’aimais pas trop ça ! J’ai appris à monter quand j’étais petit, c’était « normal » dans ma famille. L’été, j’allais toujours en colonie de vacances avec mes sœurs, où on montait à cheval entre autres activités. À chaque fois, j’emmenais mon vélo, ce qui fait que j’ai passé plus de temps à traverser le centre équestre en vélo qu’à monter à cheval. J’avais aussi un copain qui avait un poney, et on s’amusait à se faire la course dans les champs et sur la plage. On s’intéressait plus à la course qu’à la mise en selle !

 

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Margrith Noël :

Pour notre famille, c’est quand Ideo du Thot a remporté la Coupe du monde à Las Vegas in 2007. Produire un cheval de ce niveau et de cette qualité, c’est quelque chose d’extraordinaire. Nous étions incroyablement fiers. En tant que mère de trois enfants, je suis très fière qu’ils soient tous passionnés d’équitation. Et quand ils montent les chevaux que nous avons élevés ensemble en concours, je suis plus fière que jamais.

 

Comment vous-êtes vous intéressée à l’élevage de chevaux ?

Margrith Noël :

Tout a débuté quand j’ai épousé Jean-Francois Noël, dont le père élevait déjà des chevaux. Ce dernier était éleveur de vaches normandes mais avait aussi quelques juments, et il a commencé son élevage équin très tôt, en débourrant les chevaux. Nous avons fait grandir l’élevage très progressivement, en achetant quelques poulains puis en essayant de les accompagner dans leur parcours et en les croisant avec nos propres lignées. C’est comme ça que l’élevage s’est développé, et que l’on a acheté la lignée d’Ideo, que l’on a alors croisé avec la nôtre, et cela nous a permis de continuer à croître. C’est intéressant de voir le trajet parcouru, étant donné qu’on a commencé que tous les deux avec trois chevaux. C’était il y a 35 ans, et aujourd’hui nous avons un élevage de taille importante qui marche bien.

Photo: Élevage du Thot Photo: Élevage du Thot

 

Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment se passe l’élevage de chevaux de saut d’obstacles de haut niveau ? Par où commencer, comment décider d’un croisement, etc. ?

 

Florian Noël :

C’est un mélange entre le physique et le mental, ainsi que l’éducation que le cheval a reçu. Il doit être élevé avec soin, bien nourri, et avoir un mental solide. Le débourrage et la période qui suit sont aussi essentiels pour obtenir un cheval de très haut niveau. C’est très important de partir sur une bonne base, pour donner des chevaux faciles à monter, au mental sain. Il est aussi indispensable d’avoir une bonne poulinière. Une fois qu’on l’a, le choix du père est ouvert, c’est plus facile.

 

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Margrith Noël :

Oui : Samourai du Thot, qui était à une époque le meilleur cheval français de concours complet dans le classement mondial. Il venait d’un croisement que nous ne pensions pas capable de produire un cheval de renommée mondiale. Sa mère était à tous points de vue une bonne jument, censée et réfléchie, mais elle n’était pas particulièrement connue. On l’a croisée avec Milor Landais, et on a eu une surprise : Samourai du Thot.

 

Florian Noël :

On essaie parfois d’acheter des étalons qui ne répondent pas forcément à tous nos critères, qui peuvent avoir l’air ordinaire. Cela nous permet d’essayer quelque chose de différent, par exemple en les croisant avec des purs-sangs ou des Anglo-arabes pour créer des résultats originaux.  

 

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un, ou lorsque cette personne commence à le monter ?

Margrith Noël :

Le couple cavalier-cheval est bien sûr quelque chose auquel on pense, mais dans notre secteur et notre métier, nous n’avons pas toujours le contrôle là-dessus. Nous vendons beaucoup à des marchands de chevaux, ce qui rend les choses parfois difficiles, par exemple quand un client ne correspond pas bien au cheval. On ne peut pas reprendre le cheval et lui en donner un autre, parce que lorsqu’on a 12 ou 15 poulains, ils sont tous différents.

 

Florian Noël :

Nous essayons de produire des chevaux faciles, au sol comme en selle, car les gens recherchent souvent les mêmes qualités : ils veulent un cheval de bonne qualité, beau, bien monté, avec de bons moyens à l’obstacle. Plus un cheval est bien monté, plus il est facile de travailler avec lui. Bref, nous essayons de produire les meilleurs chevaux possibles pour nos clients, et nous faisons tout pour qu’ils leur arrivent en superbe forme physique.

 

Pouvez-vous nous donner un aperçu des coulisses de votre programme d’élevage ?

Florian Noël :

Beaucoup de facteurs entrent en compte : la qualité des poulinières, les croisements judicieux, et la diversité. Nous gardons les chevaux au très bon pedigree sportif jusqu’à leur sixième année parfois, avant de faire un transfert d’embryon. Nous élevons tous nos chevaux de la même manière, pour réaliser leur potentiel. C’est notre méthode, même si bien sûr il arrive que nous adaptions nos habitudes en fonction du cheval et de ses besoins spécifiques.

 

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant d’être débourré ou de rejoindre ses propriétaires ?

Florian Noël :

Nous vendons parfois des poulains quand ils sont encore avec leur mère. C’est rare mais ça arrive. Le débourrage a lieu l’hiver, quand ils ont entre deux et trois ans. En ce moment, ils sont pratiquement tous débourrés. Pour les tester un peu, on leur demande de sauter deux ou trois fois tous seuls, et on les §monte/sous selle quelques fois. Cela nous donne une bonne idée du tempérament, et de comment il sera à l’avenir. Le printemps venu, on les met tous §au vert, puis on les récupère en septembre à la fin de leur troisième année. À ce moment-là, il faut effectuer une sélection. On débute les concours à trois ans, les premières §présentations, puis les acheteurs viennent/les ventes commencent dès que le vétérinaire est passé. Des chevaux sont déjà vendus pendant l’hiver, mais on essaie de les vendre au cas par cas. Certains d’entre eux sont prêts à partir, mais d’autres sont très jeunes et on les garde un peu plus longtemps.


Combien assurez-vous de poulinages par an ?

La moyenne est de 30 par an, mais seule la moitié est à nous, l’autre est effectuée par nos autres propriétaires, surtout au niveau international.

 

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant qu’éleveuse ?

De continuer à améliorer la qualité de nos chevaux chaque année.

 

De quels chevaux en particulier êtes-vous la plus fière ?

Ideo du Thot, bien sûr, mais il n’est plus tout jeune. Cette année, on a Diaz du Thot, monté par Constant Van Paesschen, et Diadem du Thot qui est chez Laura Kraut aux États-Unis, et qui ont l’espère est voué aux sommets comme Ideo.

 

Au-delà de l’élevage, quels sont vos rêves et ambitions ?

Margrith Noël :

Comme nous habitons près de la mer, nous accueillons beaucoup de chevaux dans notre programme de thalassothérapie (pour de la rééducation après une blessure, ou pour le plaisir). On a reçu des chevaux de renommée, comme Paille de la Roque, le cheval de Steve Guerdat. Nous faisons tout notre possible pour améliorer cet aspect du programme, tout en travaillant nos jeunes chevaux en compétition. C’est très gratifiant de §tirer de la valeur de ceux-ci, quand ils ont 4, 5 ou 6 ans, et de les voir progresser et étoffer leur palmarès.

 

Florian Noël :

Pour nous éleveurs, et en tant qu’entreprise familiale, nous essayons sans cesse d’approfondir nos connaissances, la manière dont nous communiquons, notre structure ou notre organisation. De nombreuses personnes travaillent ici désormais, et nous voulons en faire un lieu de travail où il fait bon travailler. Notre élevage est une entreprise familiale dont les membres sont de vrais passionnés. 

Photo: Élevage du Thot Photo: Élevage du Thot

Le Rolex Grand Slam a-t-il été selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Margrith Noël :

Nous adorerions voir l’un de nos chevaux concourir dans l’un de ces concours légendaires ! C’est grâce aux sponsors comme Rolex que ces épreuves ont gagné en notoriété, et qu’elles sont si connues aujourd’hui. J’ai toujours beaucoup de plaisir à aller voir les concours sur des pistes §en gazon comme celles d’Aix-la-Chapelle.

 

Florian Noël :

On se rend à Genève chaque année, car décembre est une période relativement calme pour nous. On se fait plaisir en allant y retrouver des amis de longue date. Ce sont les meilleurs concours au monde, et on les regarde tous, que ce soit en vrai ou à la télé.

 

Parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, auquel aimeriez-vous le plus participer et pourquoi ?

On rêve d’aller à Aix-la-Chapelle, c’est le summum pour le saut d’obstacles. On aime aussi aller à Genève en famille, entre les quatre c’est celui qui nous tient le plus à cœur.

 

Qui vous a le plus inspiré(e) dans votre carrière ? 

Florian Noël :

J’ai travaillé en Angleterre avec William Funnell, qui y élève des §étalons/a un haras. J’ai trouvé ça passionnant de voir qu’il produisait autant de poulains que nous, et qu’il ajoutait une plus-value au processus. Il fait aussi partie de l’équipe britannique de saut d’obstacles, mais ce qui m’impressionne le plus, c’est le fait qu’il §crée de la valeur à toutes les étapes de l’élevage, du début à la fin.

 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Florian Noël :

On m’a dit un jour que ma famille et moi devrions tous travailler ensemble, car on a beaucoup de points communs. Si on partage tous la même passion, on ne s’est pas toujours bien entendus. Mais on m’a dit que ce serait une bonne idée de travailler ensemble.

 

Margrith Noël :

On m’a également appris que quoi qu’on fasse, on se doit essayer de le faire le mieux possible.

Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton

Le Vet Check avec Randy de Greef, vétérinaire du Dutch Masters

 

Qu’est-ce que le virus EHV-1 et que fait la FEI pour y répondre ?

L’EHV-1 est un virus équin pouvant entraîner des troubles neurologiques chez certains chevaux. La FEI aurait envoyé des vétérinaires à Valence en Espagne pour prendre soin des chevaux éventuellement touchés. De manière plus générale, la FEI a décidé d’annuler les concours internationaux dans un certain nombre de pays européens afin de limiter le risque de propagation du virus. 

 

Le monde du saut d’obstacle a-t-il déjà eu à affronter un virus de ce type ?

Je ne crois pas que le sport ait jamais eu à lutter contre un virus de cette portée, non.

 

Ce virus est-il susceptible de se propager au-delà des frontières européennes ?

Il existe déjà dans la population équine du monde entier. Le problème survient lorsqu’un groupe important de chevaux est infecté, et que pour une raison ou une autre cette maladie s’étend au-delà de sa zone d’éclosion. Dans ce cas-là, la charge virale transmise est importante, ce qui rend les chevaux malades.

 

Quelles mesures ont été mises en place pour tenter de limiter la propagation du virus ?

D’après ce que je sais, tous les chevaux sont autant que possible séparés les uns des autres à Valence, et la FEI a décidé d’annuler les concours internationaux dans un certain nombre de pays européens afin de limiter le risque de propagation du virus.

 

Quand pensez-vous que le virus puisse être maîtrisé ? Est-il possible de l’éradiquer complètement ?

Le taux d’infection dépend vraiment du nombre de chevaux contaminés ayant déjà quitté le complexe de Valence et qui peuvent transmettre le virus aux chevaux de leur propre écurie. Mais l’EHV-1 ne sera jamais entièrement éradiqué. Nous devons apprendre à vivre avec, et éventuellement prendre à l’avenir davantage de précautions d’hygiène pendant le transport des chevaux, notamment lors de déplacements à l’étranger.

Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Daniel Deusser and Killer Queen VDM (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Plus tard l'événement aura lieux, mieux il sera: Le Festival mondial équestre, le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021, ouvrira ses portes du 10 au 19 septembre. L'événement était initialement planifié pour la fin du mois de Juin.

"Tout le monde se réjouit du CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021, bien que la sécurité et la santé reste nos priorités numero unes," commente Frank Kemperman, membre du Managing Board de Aachen-Laurensberger Rennverein e.V. (ALRV), en charge de l'organisation du concours. De ce fait, les organisateurs sont extrêmement satisfaits d'avoir trouvé une date alternative plus tard dans l'été,"dates qui ont été approuvées par la la FEI, nous pouvons donc officiellement les confirmer", explique Kemperman.

"Le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021 sera un concours de très haute qualité, comme à son habitude, avec ses cinq disciplines et les meilleurs cavaliers et chevaux", commente Kemperman. Malgré le fait que tous les aspect liés au sport sont d'une clarté limpide, le cadre des conditions est encore incertain. Kemperman explique que la capacité d'accueillir des spectateurs au mois de septembre est à ce jour une inconnue. Prenant ce point en considération, les tickets déjà achetés pour le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021 peuvent être échangés avec des tickets pour le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2022. Ceux qui ne souhaitent pas opérer à un échange pour des tickets du CHIO d'Aix-la-Chapelle 2022 pourront être remboursés ou faire une donation. Les formulaires et toutes les informations sont disponibles en ligne sur https://www.chioaachen.de/en/tickets-2 . Tout les possesseurs de tickets seront informés dans les prochains jours.

"Nous nous attendons à avoir une réponse quant au nombre de spectateurs pouvant acceder au concours à la mi-juin," décrit Frank Kemperman. Cette date marquera ainsi le début des ventes des tickets pour le CHIO d'Aix-la-Chapelle 2021. Toute l'ambiance du CHIO d'Aix-la-Chapelle, ainsi que toutes les informations sur le concours peuvent être trouvées sur www.chioaachen.com ainsi que sur leurs plateformes de réseaux sociaux.

Henrik von Eckermann (Photo credit: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Henrik von Eckermann (Photo credit: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Hier soir, la Fédération Équestre Internationale (FEI) a annoncé que tous les événements internationaux sont annulés jusqu'au 28 mars. Cette décision a été prise pour empêcher la propagation du virus de l'herpès équin (EHV-1), dont le foyer s’est déclenché il y a plus d’une semaine à Valence.

Une énorme déception pour l'organisation de The Dutch Masters. Marcel Hunze, directeur de The Dutch Masters : « Au cours des derniers mois, l'équipe a travaillé très dur pour mettre en place une édition sûre avec tous les protocoles nécessaires. L'intention d'organiser The Dutch Masters dans un format adapté, malgré tous les défis liés au virus Covid-19, a été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme par les cavaliers et l'ensemble du monde équestre. Nous sommes à présent confrontés à un autre virus, ce qui signifie que l'événement a dû être annulé peu de temps avant le début, et ceci est difficile à comprendre. Malheureusement, nous ne pouvons que regarder vers l’avenir et travailler à une prochaine grande édition. »

Henrik von Eckermann (Photo: Ashley Neuhof / Rolex Grand Slam) Henrik von Eckermann (Photo: Ashley Neuhof / Rolex Grand Slam)

Dans la foulée de la décision prise par le gouvernement néerlandais de rouvrir les compétitions sportives d’élite, le comité directeur de The Dutch Masters a décidé de lancer son programme pour 2021. Anky van Grunsven, présidente de The Dutch Masters, explique : « Il est très important d’assurer la continuité des sports équestres, à la fois pour la pérennité de l’événement mais aussi pour les chevaux, les cavaliers et tous les autres acteurs du secteur ». L’organisme est reconnaissant à ses partenaires pour leur soutien suite à l’annulation des épreuves de 2020. Le NOC*NSF a manifesté une joie évidente : « Il est important pour l’avenir des sports équestres de voir revenir les épreuves de haut niveau. Cela permet aux membres de l’équipe nationale néerlandaise de se préparer aux Jeux olympiques et paralympiques à venir. C’est particulièrement crucial pour les sports équestres, dans lesquels non seulement les cavaliers mais aussi les chevaux doivent être en excellente forme physique. Nous sommes heureux d’apprendre que The Dutch Masters va pouvoir être organisé et que les membres de l’équipe nationale seront en mesure de bien se préparer pour les Jeux. »

Huis clos

 

Étant donné la situation actuelle, The Dutch Masters aura lieu à huis clos selon un format spécifique. La sécurité des concurrents et du personnel sera la priorité principale des organisateurs, qui maintiendront un contact permanent avec les autorités pour garantir un événement exempt de coronavirus. Alderman Huib van Olden, membre du conseil municipal de Bois-le-Duc, est lui aussi satisfait des dispositions prises à cette occasion : « En tant que fan de sport, je suis ravi que cette compétition si importante pour notre ville et notre province puisse se dérouler sans risques. » Les épreuves de The Dutch Masters seront diffusés sur plusieurs chaînes.

Rolex renouvelle son soutien

 

Rolex, principal sponsor de The Dutch Masters, a renouvelé son partenariat avec l’événement, et ce pour le long terme. La marque est bien sûr l’un des partenaires fondateurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et soutient le monde équestre dans son ensemble depuis plus de 60 ans.  Célèbre pour ses montres-bracelets, la société est partenaire des Dutch Masters depuis 2014. En 2018, les Dutch Masters et trois des autres meilleures épreuves équestres mondiales ont rejoint le club exclusif du Rolex Grand Slam of Show Jumping : le CHIO d’Aix-la-Chapelle en Allemagne, le CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’ à Calgary au Canada et le CHI de Genève en Suisse. « L’annulation de The Dutch Masters de 2020 a eu un impact considérable sur notre organisation. Nous sommes reconnaissants à nos partenaires pour leur confiance. Le renouvellement de notre partenariat avec Rolex, notre fidèle partenaire, est un signe prometteur pour l’avenir » déclare Marcel Hunze, directeur de l’événement.

Les Dutch Masters auront lieu du 12 au 14 mars 2021. Vous trouverez le programme définitif en ligne.

Sophie Mottu Morel (Photo: Joseph Carlucci) Sophie Mottu Morel (Photo: CHI de Genève - Joseph Carlucci)

Dans les coulisses du CHI de Genève avec:

Sophie Mottu Morel, directrice générale

 

Quelles surprises nous réserve le CHI Geneva Virtual ? 

Dès que l’annonce a été faite de l’annulation du CHI de Genève, nous avons voulu être tout de même présents du 10 au 13 décembre 2020, les dates initialement prévues pour l’événement, même si cela devait se faire de manière virtuelle. L’équipe a bien réfléchi et a conclu qu’elle voulait avant tout proposer une expérience différente et inédite. Elle a donc décidé de produire une émission télévisée quotidienne, d’une durée d’une heure, à laquelle participera divers invités prestigieux. Cela fait déjà plusieurs années que nous produisons une émission de télévision durant le CHI de Genève. Nous avons donc une certaine expérience dans ce domaine. Alban Poudret et Michel Sorg, les commentateurs usuels du CHI de Genève, mèneront ces interviews avec une star différente chaque jour, ici dans le studio ou bien par visioconférence. Ces conversations seront parsemées de souvenirs et d’anecdotes, et les invités nous feront également part de leurs commentaires sur certaines de leurs circuits préférés dans l’histoire de la compétition à Palexpo.

Comment le public peut-il participer au CHI Geneva Virtual ?

Les amateurs d’équitation pourront regarder notre émission sur le site du CHI de Genève (www.chi-geneve.ch) ou sur notre page Facebook (www.facebook.com/CHIGeneve). L’émission sera diffusée jeudi 10 (invité spécial : Kevin Staut sur Zoom), vendredi 11 (invité spécial : Steve Guerdat au studio ou sur Zoom) et samedi 12 décembre (invités spéciaux : Eric Lamaze et Luciana Diniz, sur Zoom) de 18 h 30 à 19 h 30 (heure de Genève), et dimanche 13 décembre (invité spécial : Martin Fuchs, sur Zoom) de 14 h 00 à 15 h 00 (heure de Genève). Le public pourra poser des questions aux invités en temps réel par le biais des réseaux sociaux et d’une plateforme dédiée et participer à des sondages, et il aura aussi une chance de gagner des cadeaux !

Le CHI de Genève a été consacré « Meilleure compétition au monde » à dix occasions. Est-ce là un motif de plus de vouloir faire du CHI Geneva Virtual un succès ?

Les récompenses que nous remportons nous poussent sans cesse à travailler encore plus dur et à nous surpasser. Les accolades telles que celle-ci nous incitent également à faire preuve d’originalité dans nos réflexions, pour nous démarquer des autres grandes compétitions équestres. C’est pour cela que nous avons décidé de créer quelque chose d’inédit pour le CHI Geneva Virtual.

Quel est le secret d’un événement réussi, en live ou en virtuel ?

La clé de notre réussite est sans aucun doute la passion qui nous anime pour les sports équestres. L’équipe se consacre corps et âme à l’organisation du concours. On nous traite parfois de doux rêveurs, mais c’est important de voir grand, et c’est là notre force !

Quel a été l’aspect le plus intéressant de l’organisation du CHI Geneva Virtual ?

Nous avons pris beaucoup de plaisir à réfléchir au contenu de nos quatre émissions quotidiennes. Leur organisation a requis un travail d’équipe considérable de la part de notre équipe de communication, notamment Yannick Guerdat, qui coproduit les émissions avec nous, et Nicolas Bossard, qui travaille avec nous depuis le départ sur les émissions de la chaîne CHI Genève (CHIG) TV.

Que tirerez-vous de cette expérience ?

Une volonté réelle de produire quelque chose d’inédit, une vision commune dans ce que nous avons créé et mis en place, et une grande motivation pour proposer un contenu intéressant et original aux amateurs de sports équestres.

En raison du coronavirus, les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping (le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le CSIO des Spruce Meadows ‘Masters’) ont tous deux organisé des éditions virtuelles. Le CHI Geneva Virtual s’est-il inspiré de ces deux événements ?

Comme je l’ai dit, l’équipe organisatrice du CHI de Genève souhaitait proposer quelque chose d’inédit et de différent. Ceci dit, nous avons bien sûr suivi avec intérêt les initiatives de nos homologues du Rolex Grand Slam cette année, et nous les félicitons pour les remarquables résultats découlant de leurs efforts.

Vous devez avoir une équipe formidable pour pouvoir organiser une édition virtuelle du CHI de Genève en si peu de temps...

Effectivement, le CHI de Genève a la chance de pouvoir compter sur un personnel de talent, ultra motivé et compétent. Il faut aussi noter l’extraordinaire travail des bénévoles, qui sont l’âme-même du concours. Rien ne serait possible sans eux. Pour les remercier, nous leur donnerons l’opportunité de poser des questions en exclusivité à nos invités spéciaux sur CHIG TV le samedi 12 et le dimanche 13 décembre. Un de nos bénévoles gagnera également un prix exceptionnel : un ticket VIP pour le CHIO d’Aix-la-Chapelle l’an prochain.

Martin Fuchs, cavalier prodige suisse, est le champion en titre du Rolex Grand Prix au CHI de Genève. Pensez-vous qu’il parviendra à défendre son titre en 2021 ?

Martin doit être très déçu de ne pas pouvoir défendre son titre cette année, mais je suis sûr qu’il n’en reviendra que plus motivé en 2021.

Numéro un actuel au classement mondial, Steve Guerdat a participé à tous les Majeurs depuis 2013. Comment parvient-il a maintenir ce niveau, et comment Steve et Martin sont-ils arrivés aux deux premières places mondiales ?

Steve a beaucoup de talent, et il maîtrise parfaitement l’entraînement de ses chevaux. C’est là l’une des clés de sa réussite constante. Il inspire de nombreux jeunes cavaliers suisses et étrangers à suivre son exemple, et Martin aussi. Le père de Martin entraîne Steve. Les deux cavaliers ont un grand respect l’un pour l’autre, mais entretiennent aussi une rivalité amicale qui les pousse à se dépasser et qui fait la force de l’équipe nationale suisse.

En 2021, le CHI de Genève souffle ses 60 bougies. Quels sont vos meilleurs souvenirs depuis que vous avez commencé à travailler pour cette compétition ?

J’en ai beaucoup ! Parmi ceux qui me donnent encore des frissons, je citerais la victoire de Steve et Jalisca Solier en finale de la Coupe du monde en 2006 et les adieux empreints d’émotion à Nino des Buissonnets en 2016.

Nous fêterons la 20e édition de la finale du Top 10 IJRC Rolex au CHI de Genève l’an prochain. Le CHI Geneva Virtual a-t-il un Top 10 virtuel au programme ?

Nous aborderons évidemment le Top 10. Nos invités spéciaux et les amateurs d’équitation qui regardent l’émission pourront par exemple créer leur propre Top 10 des performances auxquelles nous avons eu le plaisir d’assister depuis la première édition du concours en 1926 !

Lisa Lourie (Photo: Spy Coast Farm) Lisa Lourie (Photo: Spy Coast Farm)

Parole d'éleveurs avec:

Lisa Lourie, éleveuse chez Spy Coast Farm

 

Quel est votre premier souvenir lié aux chevaux ?

J’étais avec une copine, on montait à cru dans les bois derrière chez moi à Winchester (vers Boston, dans le Massachussetts). On avait 12 ans environ. Cette amie allait en colonie de vacances équestre chaque été et accueillait certains chevaux chez elle l’hiver. Elle avait besoin de quelqu’un pour l’aider à les faire travailler, et on les sortait dans les bois et sur les sentiers.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Facile : la victoire en équipe aux Championnats d’Europe de Chaqui Z, un cheval à moi monté par Shane Sweetnam. Plus récemment, j’étais en bord de piste au Tryon International Equestrian Center, lors des épreuves pour jeunes chevaux de cinq, six et sept ans, pour regarder deux ou trois chevaux à moi qui s’échauffaient. Un cheval de huit ans que j’avais élevé se préparait au même moment à participer à l’épreuve d’équitation, et je savais qu’Aaron Vale, un cavalier de talent participait aux épreuves pour les chevaux de 5 ans sur une monture venue de Spy Coast. Peu après, une autre personne passe devant moi, accompagnée elle aussi d’un cheval élevé par mes soins. À cet instant, je me suis rendu compte que j’étais complètement entourée de chevaux que j’avais élevés et qui tournaient désormais à haut niveau. C’était magique, j’avais du mal à y croire.

Comment vous-êtes vous intéressée à l’élevage de chevaux ?

J’avais une jument pur-sang, un vrai cheval maître d’école, que j’ai décidé de faire pouliner. Quand son poulain a eu deux ans et demi, quelqu’un m’a dit : « Mais qu’est-ce qu’il fait ici ? », et je me suis aperçue qu’en tant que pur-sang, il aurait dû nous quitter bien plus tôt ! J’ai compris que je ne pourrai jamais laisser partir des chevaux si jeunes. Je suis donc passée à l’élevage de chevaux de sport, un choix beaucoup plus logique pour moi. Dans ce domaine au moins, je pouvais avoir un impact, alors que dans l’élevage de pur-sangs, auquel je ne connaissais rien, j’aurais pu y laisser ma chemise.

Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment se passe l’élevage de chevaux de saut d’obstacles de haut niveau ? Par où commencer, comment décider d’un croisement, etc. ?

Alors évidemment, j’essaie de croiser les meilleurs chevaux possibles, en utilisant des souches basses éprouvées et des étalons de qualité. Pour moi, la poulinière est l’élément déterminant, mais on veut aussi d’excellents étalons. Pas seulement ceux qui ont réussi sur la piste d’obstacles, mais ceux qui ont produit des chevaux de qualité. Comme 95 à 99 pourcent de mes acheteurs sont amateurs, j’axe avant tout mes choix sur le mental. J’essaie de suivre l’exemple de certains des meilleurs éleveurs européens. Ils ont une immense expérience dans ce domaine, alors pourquoi irais-je essayer de réinventer la roue ? J’essaie d’acheter les meilleurs juments pour mon budget, et Shane et les autres cavaliers de l’écurie participent à quasiment toutes les étapes de l’élevage. Comme je ne monte pas ces chevaux et que je ne peux pas assister à tous les concours internationaux, je leur demande comment était le cheval, son mental, le contact, etc. Leurs avis et commentaires sont essentiels à notre programme d’élevage.

Vous est-il déjà arrivé de voir un croisement produire un résultat inattendu ?

Oui. Il m’arrive de faire pouliner une belle jument et un superbe étalon, et de me retrouver avec une pouliche médiocre, courte sur pattes, pas très gracieuse ou sans gros moyens à l’obstacle. C’est Joris De Brabander qui m’a dit que ce sont en fait ces juments-là qu’il faut faire pouliner, car c’est la troisième génération qui aura du succès. Malgré la réticence de mon équipe, j’ai décidé de suivre son conseil. J’ai fait pouliner ces juments et les résultats étaient effectivement impressionnants.

Le couple cavalier-cheval est souvent crucial, est-ce un élément qui rentre en compte

lorsque vous vendez un cheval à quelqu’un ?

Pas pour tous, mais certainement pour les meilleurs, oui. Il faut évidemment être conscient de ce facteur, par exemple pour ne pas vendre un cheval qui a trop de caractère à une personne qui sera ensuite dépassée. Et quand on tient une perle, on veut que ce cheval aille chez quelqu’un qui va lui permettre de progresser, surtout s’il est jeune. On s’assure ainsi du bien-être du cheval et de la viabilité à long terme de mon programme. Ça ne fait pas longtemps qu’on existe, et comme nous ne sommes pas en Union européenne, j’ai dû démontrer non seulement la qualité de nos chevaux mais aussi celle de notre programme d’entraînement. C’est pour cela qu’on n’a pas vendu de jeunes chevaux au départ. On voulait s’assurer de la solidité de notre programme d’élevage, pour que les chevaux sortis de Spy Coast Farm fassent toujours notre fierté. À 7 ou 8 ans, le cheval accepte davantage de cavaliers. Mais avant cela, il faut quelqu’un qui sache vraiment ce qu’il fait.

Combien de temps le poulain reste-t-il chez vous avant d’être débourré ou de rejoindre ses propriétaires ?

On commence vers deux ans et demi de manière progressive. On essaie de ne pas les garder trop longtemps, mais en général les acheteurs aux États-Unis veulent un cheval d’au moins cinq ou six ans, sauf s’ils veulent faire de l’élevage. Et dans ce cas-là, vendre reviendrait à brader nos propres lignées. Je préfère voir nos meilleurs chevaux faire carrière sur la piste de saut d’obstacles avant de rejoindre définitivement un élevage.

Combien assurez-vous de poulinages par an ?

En temps normal, Spy Coast produit 20 poulains par an, plus 20 autres pour nos clients. Tous naissent à la propriété. C’est un peu différent cette année, j’ai fait pouliner 31 juments pour nous et 20 de plus pour des clients. Nous avons aussi vendu beaucoup plus de semence à des acheteurs extérieurs en 2020, une année record.

Quelle est votre principal objectif professionnel en tant qu’éleveuse ?

Améliorer le secteur de l’élevage dans son ensemble. Ici aux États-Unis, on est fort en matière de spectacles équestres et de soins vétérinaires, mais l’élevage était jusqu’ici bien en deçà du niveau européen. Et puis j’avais fait venir tous ces étalons et juments de l’étranger, il fallait bien que j’en fasse quelque chose ! Dans cette optique, on a travaillé à mettre sur pied un programme d’entraînement solide pour les jeunes chevaux, ainsi que des épreuves et concours auxquels ils pourraient participer. Cette partie importante du secteur de l’équitation ne recevait pas l’attention qu’elle méritait. Mais pour finir, on a vu émerger des cavaliers ultra performants, qui savent accompagner les jeunes chevaux vers la réussite dès leur plus jeune âge.

De quels chevaux en particulier êtes-vous la plus fière ?

Probablement Kirschwasser SCF, qui a fait une belle carrière au niveau Grand Prix avec Freddie Vasquez, un cavalier plein d’allant qui l’adore. J’en ai d’autres qui montent les échelons en ce moment, mais je dois quand même faire une petite dédicace à ma propre jument, Nosy Parker SCF, qui prend si bien soin de moi. Elle est issue de très bonnes lignées (For Pleasure x Cumano), elle est très sportive, et elle a un bon mental (il le faut pour me supporter !), mais maintenant qu’elle a presque 8 ans, je vais devoir la céder à quelqu’un d’autre. Je ne pourrai pas la faire progresser davantage par moi-même : il est temps de passer le flambeau.

Au-delà de l’élevage, quels sont vos rêves et ambitions ?

Mon objectif ultime est de mettre en place un cadre de qualité, abordable, où peuvent évoluer les jeunes chevaux aux États-Unis.   Mais aussi de former une alliance internationale et de trouver des façons dont l’Europe peut nous aider, et vice-versa, pour faire avancer l’élevage.

Quel est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Je n’ai pas assisté à toutes, mais je dirais le CHIO d’Aix-la-Chapelle, où l’atmosphère est vraiment électrique. Et puis mes chevaux ont toujours du succès à ce concours, ça aide ! J’y ai également puisé de supers idées, ça fait donc trois bonnes raisons de choisir cette compétition.

Qui vous a le plus inspirée dans votre carrière ? 

En termes d’éleveurs, c’est Joris De Brabander, son stal de Muze a produit d’excellents chevaux. J’ai aussi eu la chance de côtoyer des éleveurs qui sont de véritables chefs d’entreprise, qui m’ont inspirée et encouragée à penser de manière différente, à aborder les problèmes sous une perspective inédite. J’ai adoré travailler avec Mark Bellisimo et nos partenaires à Wellington et à Tryon. Et plus récemment, j’ai aimé collaborer avec Klaas De Coster et Mares of Macha en Belgique. Bourrés d’énergie positive, ils ont eux aussi un point de vue unique sur le métier et font avancer le secteur de manière très démocratique.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

C’est peut-être bête, mais ce sont les paroles d’une chanson : « It’s hard to see the spot you’re standing on. » En d’autres mots, il faut savoir adopter différentes perspectives pour savoir où l’on en est vraiment. Et si on reste bloqué au même endroit, on reste aveugle aux possibilités qui nous sont offertes. C’est en tout cas comme ça que je comprends ces paroles !

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