Rolex Grand Slam of Show Jumping

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ROLEX GRAND SLAM OF SHOW JUMPING : APERÇU DE LA SAISON 2024

(Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

Souvent considéré comme le plus grand challenge du monde du saut d’obstacles, le Rolex Grand Slam of Show Jumping sera une fois encore en tête des ambitions des cavaliers de renom cette année. Tout comme les tournois des grand chelems au tennis ou au golf, les concours du Rolex Grand Slam of Show Jumping sont les plus renommés au monde et présentent un enjeu extraordinaire pour les cavaliers et chevaux de talent. Le prestige du Rolex Grand Slam of Show Jumping est tel qu’il attire les meilleurs couples de chevaux et cavaliers au monde, de tous les coins de la planète, pour nous offrir un niveau de compétition inégalé.

 

Le Dutch Masters, premier en date, aura lieu du 7 au 10 mars. Inauguré en 1967, il sera aussi le dernier des Majeurs à donner l’occasion de fêter le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping (les festivités ayant commencé au CHIO d’Aix-la-Chapelle de 2023). Fort de sa victoire au CHI de Genève en décembre, le jeune Allemand Richard Vogel fera ses débuts sur la piste principale du prestigieux Brabanthallen. Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping, il tentera tout pour être le deuxième cavalier de l’histoire à remporter cette récompense.

 

Souvent comparé au tournoi de tennis de Wimbledon, le CHIO d’Aix-la-Chapelle offrira un cadre de renom au nec plus ultra du saut d’obstacles. Aussi appelé World Equestrian Festival, cet événement propose de quoi ravir les amateurs avec cinq disciplines équestres représentées. Après dix jours de compétition haletante, il culminera le dimanche 7 juillet par le célèbre Rolex Grand Prix. Dans l’illustre parc sportif Soers, devant 40 000 passionnés d’équitation, quarante des meilleurs couples au monde se feront face lors de trois manches acharnées dans l’espoir d’inscrire leur nom au palmarès de ce concours emblématique.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping traverse alors l’Océan Atlantique, direction Spruce Meadows, l’un des lieux de concours les plus renommés d’Amérique du Nord. Le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ (du 4 au 8 septembre) sera le théâtre de l’un des Grands Prix les plus prestigieux au monde, le CPKC ‘International’ Grand Prix, présenté par Rolex. Le chef de piste Leopoldo Palacios offrira aux chevaux et cavaliers un défi de taille, qui exigera courage, précision et moyens. L’an passé, Martin Fuchs (témoignage Rolex) et le talentueux Leone Jei avaient décroché une victoire spectaculaire.

 

Le CHI de Genève marquera le point final du Rolex Grand Slam of Show Jumping 2024. Du 11 au 15 décembre à Genève, un contingent impressionnant de sportifs de haut niveau se réunira sous le toit de Palexpo, pour beaucoup le meilleur lieu de concours de saut d’obstacles indoors. Le Rolex Grand Prix servira de point d’orgue à plusieurs jours de féroce compétition et à une énième année de sensationnels divertissements proposés par le Rolex Grand Slam of Show Jumping. 

 

ENTRETIEN AVEC JOSIE ELIASSON

Jessica Springsteen & Josie Eliasson Jessica Springsteen & Josie Eliasson

Pourriez-vous d’abord vous présenter et nous dire quel est votre rôle ?

Je m’appelle Josefine et je travaille pour Jessica Springsteen depuis huit ans. Au départ, je travaillais à ses écuries et je montais un petit peu. Mais cela fait maintenant six ans que je voyage autour du monde avec elle et ses chevaux, en tant que groom de concours. 

 

Comment votre carrière a-t-elle commencé ?

J'ai commencé par faire de l'équitation quand j'avais cinq ou six ans, et je suis tombé amoureuse des chevaux. Un peu plus tard, j’ai eu un bon cheval avec lequel j'ai fait de la compétition en Suède. La personne gérant les écuries où mon cheval était en pension concourait aussi régulièrement aux National Young Horse Championships, et je lui servais de groom. Je me suis vite rendue compte que ça me plaisait, et elle m'a toujours encouragée dans ce sens. Elle m'a répété que j'étais douée et que je me souvenais de tous les petits détails importants. 

 

J’ai alors rendu visite à une amie à moi qui travaillait avec des chevaux en Suisse. Après deux jours seulement, je savais que c’était bien ce que je voulais faire. Je lui ai demandée si elle connaissait quelqu'un qui avait besoin d’une personne pour travailler dans ses écuries. C’est là que j’ai trouvé un poste auprès de Romain Duguay. J'avais toujours mon cheval mais j'ai réussi à le prêter et j'ai fait mes valises pour la Suisse. Je suis restée à ce poste pendant un an environ, avant de repartir en Suède. J’ai réalisé que mon ambition était de devenir groom de concours en Europe, ce qui nécessitait souvent de conduire un van, une tâche difficile sans permis de conduire correspondant. Mais avant même mon premier cours d'auto-école catégorie poids lourds, j'ai commencé à travailler avec Jessica. C'était il y a huit ans de cela maintenant. 

 

Si vous pouviez revenir dans le temps, quels conseils donneriez-vous à la personne que vous étiez à vos débuts ?

Je me dirais d’écouter les personnes ayant plus d’expérience que moi. Ce que j'aime dans cette profession, c'est qu'on apprend toujours de nouvelles choses, et cela pour deux raisons : tout d’abord parce que notre sport évolue en permanence, et puis parce que chaque personne a ses propres systèmes et techniques. J’ai toujours osé poser des questions, mais je lui conseillerais tout de même d’en poser encore plus, car c’est comme ça qu’on apprend. 

 

Vous faites souvent le trajet pour les États-Unis, comment faites-vous pour que les chevaux soient en forme à l’arrivée ? Avez-vous des astuces de pro à partager avec nous ?

La clé du succès, c’est de très bien connaître son cheval. De cette façon, il est plus facile de remarquer si quelque chose ne va pas. Plus on remarque vite ce genre de choses, plus vite on peut remédier au problème. C’est plus facile à faire avec les chevaux de championnat, car on passe énormément de temps en leur compagnie et on connaît toutes leurs petites habitudes. N’importe quel petit changement dans leur comportement est donc immédiatement évident, et on peut prendre les mesures adaptées avant que cela ne devienne un vrai problème. 

 

 

Avez-vous des habitudes ou gestes superstitieux bien ancrés au moment de la compétition ?

Tout le monde a ses petits gestes et habitudes, je crois, à l’approche des grandes épreuves. Par exemple, je dis toujours à ma cavalière de ne pas oublier de s’amuser, et je donne une petite tape sur l’encolure du cheval. Pour les grosses épreuves, j’essaie de le faire discrètement afin de ne pas déranger ma cavalière alors qu’elle tente de se concentrer, mais je n’y manque jamais. 

 

Parlez-nous des chevaux dont vous vous occupez et de leurs caractéristiques.

Don Juan Van De Donkhoeve, la monture olympique de Jessica, est notre meilleur cheval. Lui et moi sommes très liés. En tant que groom, on passe tellement de temps seuls avec nos chevaux de championnat qu’on apprend à les connaître comme personne. Je sais que tous les grooms doivent se dire la même chose, mais j’ai vraiment l’impression d’avoir un lien privilégié avec Don. Par exemple, quand j’entre dans l’écurie, il hennit à mon approche, mais ne le fait pour personne d’autre. Il occupe une place très spéciale dans mon cœur. C’est un étalon, mais c’est l’étalon le plus gentil que j’ai jamais rencontré. 

 

Je filme aussi toutes les épreuves. C’est une autre habitude que j’ai, même lorsqu’on peut regarder la compétition en live ou acheter la vidéo. Si quelqu’un d’autre filme, je ne sais pas quoi faire de mes mains. Il faut que je tienne un téléphone ! Dès que je filme Don [Juan Van De Donkhoeve], il faut toujours que je l’encourage à toutes les étapes. Je l’exhorte : « Vas-y, tu vas y arriver ! » 

 

Dans notre cheptel de chevaux 5*, on a aussi Hungry Heart. Il a douze ans et c’est un vrai personnage. On peut jouer avec lui comme avec un chien de compagnie. Je blague souvent en disant que si j’y mettais du mien, je pourrais sûrement lui apprendre à s’asseoir. Il est trop rigolo. Il y a aussi deux ou trois autres chevaux très prometteurs. Nous avons un bel avenir devant nous ! 

 

Que faites-vous pour vous assurer qu’ils soient au top de leur forme aux dates clés du calendrier équestre ?

On essaie de partir d’une date importante pour planifier notre approche à l’avance pour le cheval en question. Si on sait qu’un cheval saute mieux la deuxième semaine de compétition, on fait en sorte de prévoir des épreuves sur deux semaines consécutives. 

 

En tant que groom, j’essaie de garder la même routine en concours et à domicile, car les chevaux sont plus calmes ainsi. Lors des grands concours, on peut utiliser des choses un peu spéciales, comme des couvertures massantes, mais j’essaie au maximum de garder les choses simples et de les laisser être eux-mêmes. 

 

Jessica a fait de très bonnes performances au Rolex Grand Prix du CHI de Genève. Qu’a ressenti l’équipe dans son ensemble à ce moment-là ?

Le CHI de Genève est un événement très spécial. C’est mon concours indoor préféré, et sûrement celui de Jessica et de la plupart des cavaliers de haut niveau. Une performance réussie dans un Grand Prix aussi prestigieux est un rêve devenu réalité, pour lequel nous avons beaucoup travaillé. Nous sommes allés à deux ou trois concours avant le CHI de Genève, et Don [Juan Van De Donkhoeve] était en très bonne forme. Pour cette raison, nous nous sommes beaucoup mis la pression, mais nous étions ravis de finir la saison 2023 en Europe par ce résultat. La dernière fois que nous étions au CHI de Genève, une petite erreur au Rolex Grand Prix nous avait coûté cher. Nous nous sommes rachetés cette année. 

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping fête cette année son dixième anniversaire. Quel impact a-t-il eu sur la discipline, selon vous ?

Il a eu un impact incroyable. C’est l’objectif ultime de chaque cavalier. Gagner un Majeur et devenir le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping est une très grande réussite, mais avoir l’opportunité de concourir dans ces épreuves les plus prestigieuses au monde est déjà un immense privilège pour les cavaliers. C’est très spécial de concourir ou même d’être présent dans des lieux tels que ceux qui accueillent le CHIO d’Aix-la-Chapelle ou The Dutch Masters. 

 

Quelle importance revêt pour vous les tournois majeurs comme le CHIO d’Aix-la-Chapelle pour le saut d’obstacles ou Wimbledon pour le tennis ?

Je trouve qu’ils permettent de mieux faire connaître le sport en question. C’est toujours incroyable de pouvoir assister au plus haut niveau de la compétition mondiale, et les Majeurs sont là pour ça. C’est une chance, au-delà de l’épreuve elle-même, de remporter une récompense comme le Rolex Grand Slam of Show Jumping. À mon avis, c’est un enjeu capable de passionner tout le monde, même ceux qui ne sont pas normalement des amateurs de sports équestres. 

 

L’an passé, vous avez lancé Yeehaw, une société visant à établir des connexions entre grooms et cavaliers. Qu’est-ce qui vous a poussée à lancer cette initiative ? 

Plusieurs facteurs m’ont encouragée à lancer ma propre entreprise. Tout d’abord, le fait que beaucoup de gens me demandaient comment trouver du personnel de qualité ou des postes intéressants. Il y a beaucoup de bons grooms et employeurs, mais ce n’est pas toujours facile pour nouer des connexions. 

 

Je souhaitais créer une plateforme où tout le monde pourrait accéder aux postes vacants. Il n’est pas difficile de trouver du travail dans ce secteur, car il existe de nombreux postes à pourvoir, mais ce n’est pas toujours facile de trouver un bon poste. Avant, il fallait connaître les bonnes personnes, car il n’y avait pas de site officiel où chercher un emploi.

 

Je voulais donc créer une communauté où les grooms et cavaliers pourraient se retrouver et échanger. L’autre objectif, c’était de renforcer les normes dans ce domaine pour tenter d’améliorer les conditions de travail des grooms. Un poste de groom valorisant vous donne envie de rester indéfiniment. Mais si l’on ne se sent pas valorisé dans son premier poste, on peut très vite en avoir ras le bol, même si l’on est doué. J’aimerais que ces personnes talentueuses trouvent les meilleurs postes possibles, car c’est le meilleur métier qui soit à mes yeux. 

 

Si vous pouviez donner un conseil à un groom en herbe, quel serait-il ?

Je lui donnerais le même conseil qu’à la personne que j’étais plus jeune : d’écouter les grooms chevronnés pour en apprendre le plus possible. Je lui conseillerais également de ne pas avoir peur. Beaucoup de gens ne se trouvent pas mal dans leur travail, mais ne sont pas aussi heureux qu’ils pourraient l’être. Alors évidemment, cela fait peur de se lancer dans l’inconnu et de changer de vie, mais c’est essentiel de trouver sa place. Enfin, il faut bien sûr aimer les chevaux. En tant que groom, on passe énormément de temps à s’en occuper et à voyager en leur compagnie. Mais si c’est le cas, c’est le meilleur métier du monde.

 

ENTRETIEN AVEC JOSEPH ET MARK STOCKDALE

(Photo: YRA) | (Photo: Nelson Chenault) (Photo: YRA) | (Photo: Nelson Chenault)

Joseph et Mark Stockdale sont tous deux des étoiles montantes de l’univers sportif, le premier au saut d’obstacles et le second au golf.

Les deux frères tiennent de toute évidence de leur père, Tim Stockdale, aujourd’hui malheureusement décédé : celui-ci avait représenté la Grande Bretagne aux Jeux olympiques de 2008 en saut d’obstacles.

 

Pourriez-vous vous présenter et nous donner un aperçu de votre parcours professionnel ?

[Joseph Stockdale] : Je m’appelle Joseph Stockdale. J’ai 24 ans, j’habite à Northampton [au Royaume-Uni] et je suis cavalier de saut d’obstacles. En 2022, j’ai fait partie de l’équipe britannique médaillée de bronze aux Championnats du monde FEI à Herning, et j’espère bien concourir cet été aux Jeux olympiques de Paris 2024. 

 

[Mark Stockdale] : Je m’appelle Mark Stockdale. J’ai 19 ans et je suis également originaire du comté du Northamptonshire. J’appartiens actuellement à l’équipe universitaire de golf de l’UCA (University of Central Arkansas), ainsi qu’à l’équipe nationale d’Angleterre. Mon but est de devenir golfeur professionnel. Je suis actuellement en 320e position au classement mondial.  

 

À votre avis, qu’avez-vous appris de vos sports respectifs ? Existe-t-il des différences ou au contraire des similitudes ? 

[Joseph Stockdale] : Ce sont deux sports qui ont pour point commun de provoquer de grandes frustrations. Mark sait monter à cheval, et j’ai pratiqué le golf. Mais au plus haut niveau, ce sont deux sports très difficiles. Avec les chevaux, c’est les montagnes russes, on a constamment des hauts et des bas. Ayant joué au golf à petit niveau, je sais c’est un jeu qui peut être très frustrant, où il faut se livrer bataille à soi-même. Dans un sens, on a la chance dans le saut d’obstacles d’avoir d’autres facteurs qui entrent en jeu, comme les chevaux. Le golf est un sport très individuel. En cas de mauvaise performance, on ne peut que s’en prendre à soi-même. Mais dans l’ensemble, la force mentale est un élément fondamental dans les deux sports.

 

[Mark Stockdale] : Je suis tout à fait d’accord. Dans les deux cas, il est essentiel de rester patient et de se fier à sa préparation. Ces choses prennent du temps, il faut être résilient pour y arriver. Ces deux sports sont très différents et à la fois similaires. Il faut faire preuve de beaucoup de patience. On n’arrive pas tout de suite en tête du classement, il faut y travailler chaque jour. 

 

[Joseph Stockdale] : La chose à retenir dans n’importe quel sport de haut niveau est le fait que la réussite ne repose pas entièrement sur la préparation et les résultats, mais aussi sur le côté psychologique et sur l’état d’esprit qu’on cultive après une épreuve. Ces deux aspects sont comparables dans ces deux sports très différents.  

 

Pensez-vous qu’on puisse comparer la relation entre le golfeur et son caddie à celle qui unit cavalier et groom ?

[Mark Stockdale] :  Effectivement, je pense qu’il y a là des points communs. La confiance doit être là. Joe doit pouvoir se fier à Charlotte [sa groom de concours, ndlr] pour être sûr que ses chevaux sont prêts et en pleine forme le jour J. De mon côté, je dois vouer une confiance totale à mon caddie, avec qui je partage les mêmes objectifs et le même état d’esprit. Lorsque nous échangeons sur certains aspects de la partie, nous devons être sur la même longueur d’onde. Il ne faut pas se disputer ! Mais en fin de compte, lorsque Joe entre en piste ou que je lève mon club, le groom et le caddie ne font plus partie de l’équation. Ils ont rempli leur part du contrat : c’est à l’athlète de jouer.

 

[Joseph Stockdale] : Il existe de nombreuses similitudes entre les deux. Comme l’a dit Mark, la confiance est primordiale. C’est tellement plus reposant quand on sait que quelqu’un vous accompagne et vous soutient à chaque étape de votre préparation. C’est aussi très important d’avoir quelqu’un avec qui échanger et partager des idées. Par exemple, Mark peut demander à son caddie ce qu’il pense d’un coup potentiel, et même si ce dernier se contente de dire que c’est une bonne idée, cela donne confiance. De mon côté, quand je suis à l’échauffement avec Charlotte, je peux lui demander : « Comment était-il sur le vertical? », et elle me répond « Parfait ! ». Même si c’est surtout pour se rassurer mentalement, cela donne confiance : ce soutien permet de réaffirmer qu’on peut se faire confiance et qu’on sait ce qu’on fait. C’est bon pour le moral de se sentir soutenu au moment d’entrer sur la piste ou de jouer le coup.  

 

Pourriez-vous nous parler de votre équipe et de son rôle dans votre réussite ? 

[Joseph Stockdale] : Je suis entouré d’une super équipe, comprise de nombreuses personnes. Non seulement les gens qui travaillent aux écuries chaque jour, mais aussi les vétérinaires, les maréchaux ferrants, les kinés et bien d’autres. Quand on y réfléchit, beaucoup de gens contribuent à mon succès. Je me suis intéressé à la psychologie du sport dernièrement, et j’ai notamment lu des livres écrits par des cyclistes qui parlent de la règle des 1 %, dans laquelle votre équipe joue un rôle crucial. En améliorant chaque aspect de la préparation par paliers de 1 %, la différence peut finir par être énorme. Désormais, notre rôle est de faire en sorte que tout le monde améliore ses performances de 1 % à chaque étape. Les gens qui m’entourent sont formidables, ils mettent tous leurs efforts dans leur travail. Je ne pourrais jamais assez les remercier. Sans eux, je n’aurais jamais eu le même succès.

 

[Mark Stockdale] : Pareil pour moi. Je ne serais pas où j’en suis aujourd’hui sans l’aide de ma famille et de mes proches. Le golf n’est pas un sport que ma famille connaissait. Nous l’avons découvert ensemble et nous continuons d’apprendre de nouvelles choses chaque jour à ce sujet. En tant que sportif professionnel, on rencontre de nombreuses difficultés dont il faut pouvoir être en mesure de parler pour en tirer des leçons. Je reçois aussi l’aide de mon université. Par exemple, je rencontre mes entraîneurs aujourd’hui pour être au top de ma forme au moment de concourir. L’association anglaise de golf (England Golf) m’aide également à participer aux meilleurs tournois et à concourir au plus haut niveau. Sans compter les nombreux intervenants externes, comme les fabricants de mes clubs de golf, sans qui je n’en serais pas là. 

 

Pouvez-vous nous expliquer l’importance des tournois et concours « majeurs », comme le CHIO d’Aix-la-Chapelle ou le Masters au golf, pour la notoriété et l’image de marque de vos sports respectifs ? 

[Joseph Stockdale] : Ce sont les événements à ne pas manquer dans nos deux sports. Si l’on interroge n’importe quel cavalier de saut d’obstacles sur les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, comme le CHIO d’Aix-la-Chapelle ou le Dutch Masters, il vous dira que ce sont des concours spectaculaires, les meilleurs au monde.

 

Quand je parle à mes amis en dehors de l’univers équestre, ceux-ci ne connaissent pas forcément les concours dont je leur parle. Mais si je leur dis que je vais à un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, ils comprennent tout de suite l’importance de l’événement. C’est ça, l’impact qu’a eu Rolex. 

 

Pour les cavaliers, ces concours sont les plus importants et les plus dotés au monde : ceux que tout le monde rêve de remporter, là où l’on retrouve le plus grand talent. 

 

[Mark Stockdale] : Pareil au golf : lorsqu’on entend le mot ’Masters’, tout le monde est conscient du côté prestigieux et de l’importance historique de l’événement. Même s’ils ne jouent pas tous au golf, les membres du public ont entendu parler des joueurs victorieux ou de la fameuse « veste verte ». À mon avis, ces événements permettent d’attirer les personnes qui n’avaient pas jusque-là d’intérêt particulier pour ce domaine, qui comprennent à quel point une victoire est prestigieuse pour le gagnant. Ce type d’enjeu est très important dans le sport. 

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping donne aux jeunes cavaliers la chance de concourir aux côtés des plus grands. Quelle importance revêt cette opportunité pour eux de se mesurer aux meilleurs cavaliers de la planète ? 

[Joseph Stockdale] : C’est ce qui permet de passer au niveau supérieur. Dans les concours 5* usuels, les cavaliers en lice ne sont pas aussi éminents que ceux des Majeurs du Rolex Grand Slam Majors, les obstacles pas aussi massifs, les parcours pas aussi techniques. Pour un jeune cavalier, la première participation à un Majeur est une expérience électrique. 

 

On apprend énormément lorsqu’on est forcé de se dépasser. La première fois que je suis allé au CHI de Genève, j’ai adoré. On y retrouve le nec plus ultra du saut d’obstacles mondial. Tous les plus grands cavaliers sont au rendez-vous avec leurs meilleurs chevaux dans l’espoir de gagner. Les barrages de ces épreuves sont exceptionnels, on ne retrouve cela nulle part d’autre. En temps normal, on assiste à un une performance exceptionnelle une fois par mois environ. Mais au Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2022, ce sont cinq cavaliers qu’on a vu avaler le parcours à toute vitesse. Chaque passage était aussitôt qualifié d’imbattable, avant d’être dépassé par le prochain couple. Un spectacle inoubliable pour les spectateurs, mais aussi une expérience formidable pour les cavaliers tels que moi. J’ai appris énormément de choses. Chaque Majeur est une chance extraordinaire de pouvoir se mesurer à ses héros, et je suis très reconnaissant aux organisateurs de présenter cette opportunité aux jeunes cavaliers. Je ne pense pas que j’en serais là si je n’avais pas eu cette opportunité, grâce à laquelle j’ai infiniment amélioré mes performances.  

 

Ayant grandi dans une famille férue d’équitation, qu’est-ce que vous a mené à développer une passion pour le golf ? Pensez-vous avoir tiré des leçons d’une enfance passée dans cet univers, qui vous sont utiles dans votre carrière de golfeur ?

[Mark Stockdale] : J’ai commencé à jouer au golf pour m’amuser. Mon père s’y est mis, et Joe a pris des cours en même temps que lui, et ils allaient jouer ensemble le week-end, une fois mon père rentré de concours. J’ai voulu apprendre pour passer du temps avec eux. J’ai pris quelque cours, et mon esprit de compétition s’est tout de suite réveillé. J’ai dû m’entraîner pour essayer d’être au même niveau qu’eux et de les battre. J’avais des facilités, et quand j’ai commencé à participer à des tournois, j’ai très vite adoré m’entraîner et m’améliorer. C’est un sport très frustrant : il suffit de penser qu’on a compris quelque chose pour que cela vous file entre les doigts le lendemain. Cette quête incessante d’amélioration, c’est ça que j’aime. 

 

Ma famille m’a appris qu’on ne peut pas prendre un jour de congé parce qu’on en a envie. Il faut monter chaque jour, il n’est pas possible de laisser un cheval à l’écurie. Il faut travailler sans cesse. Lorsque mon père et Joe partaient monter, j’allais m’entraîner pour me perfectionner. Pour cela, il faut être très résilient. Les contrecoups sont inévitables, mais en restant concentré sur ses objectifs et en travaillant dur chaque jour, on peut y arriver. 

 

Avec un père athlète olympique, vous baignez depuis tout petits dans la compétition. Quelles leçons vous a-t-il inculquées ?

[Mark Stockdale] : Il m’a énormément appris, et je pense à ces leçons au quotidien. Par exemple dans sa manière d’être et d’échanger avec les gens, comme les enfants en quête d’un autographe ou les personnes qu’il rencontrait dans la vie de tous les jours. Aux concours, tout le monde le connaissait et vice-versa. J’ai appris à forger des liens avec les personnes pour mériter leur respect. Mon père a toujours été consciencieux et professionnel, et m’a inculqué le goût du travail bien fait. Pour réussir, il faut se donner à 100 % et persévérer encore et toujours. 

 

[Joseph Stockdale] : Je suis d’accord avec Mark. Notre père était volontaire et même obstiné. Quand il perdait ou rencontrait une difficulté, il ne se résignait jamais, mais redoublait d’efforts. Il faisait tout son possible pour retrouver le chemin de la victoire. Il pouvait se montrer têtu : si quelque chose ne marchait pas, il était toujours décidé à trouver la solution pour résoudre le problème et atteindre le résultat visé. Dans les moments où nous pourrions avoir envie d’arrêter, sa voix résonne dans nos esprits et nous exhorte : « Vas-y, continue, essaie de trouver une solution ». Il continue de nous motiver à ce jour. 

 

Si vous pouviez remporter un Majeur, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

[Joseph Stockdale] : De mon côté, j’aimerais beaucoup remporter le Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle. C’est un Grand Prix très spécial, avec plusieurs manches, réputé pour sa difficulté et pour la taille de ses obstacles. La piste en herbe du CHIO d’Aix-la-Chapelle a une longue et épique histoire. C’est mon rêve de gagner à cet endroit. Au golf, je dirais bien sûr le Masters. Ça doit être phénoménal de jouer sur la pelouse d’Augusta et d’enfiler la fameuse veste verte. 

 

[Mark Stockdale] : Je dirais aussi le Masters. Avec son fairway tondu au cordeau, c’est ce qui s’approche le plus du paradis pour un golfeur. On n’est pas loin de la perfection dans ce tournoi à la réputation irréprochable. Quand j’étais petit, le moment où le joueur enfile la veste verte, c’était le golf dans toute sa splendeur.

(Photo : Tiffany Van Halle) (Photo : Tiffany Van Halle)

L'histoire derrière United Touch S

United Touch S provient d’une lignée forte en succès parmi lesquelles est à noter la victoire du champion olympique, Classic Touch. Classic Touch, une jument issue de l'accouplement entre Caletto II et Sevada (par Landgraf I), est devenue célèbre sous la selle de Ludger Beerbaum. Le duo a remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, marquant une victoire significative tant pour le cheval que pour le cavalier. Cette réalisation demeure la seule médaille d'or olympique individuelle de Ludger Beerbaum à ce jour. Deux éleveurs notables ont joué un rôle crucial dans l'histoire d'United Touch S. La famille van der Vorn, responsable de l'élevage de Touch of Class et propriétaire de Cantate Touch, a contribué au développement de cette lignée remarquable. Puis, l'éleveur d'United Touch S a joué un rôle essentiel en combinant stratégiquement les génétiques d'un demi-frère et d'une demi-sœur, aboutissant à la naissance d'United Touch S.

La famille van der Vorm – De Margaretha Hoeve

Cantate Touch, le premier poulain de Classic Touch, a été vendu par l'intermédiaire de Joop Aaldering à la famille van der Vorm aux Pays-Bas, propriétaire de Margaretha Hoeve. Annemiek van der Vorm, nous dit à propos de sa famille : "Classic Touch venait d'être sacrée championne d'Allemagne et ma famille la considérait déjà comme un excellent cheval. Nous avons appris de M. Aaldering qu'elle avait une fille de Capitol I : Cantate Touch. Les Holsteiner ont toujours fait partie de nos premiers choix, mon père investissait à l'époque dans de bonnes juments et a donc décidé de l’acheter. C'était une jument fantastique. Au fil des ans, nous sommes devenus propriétaires de Lux Z et ma famille pensait que c'était une combinaison parfaite pour Cantate Touch. Lux Z avait une grande amplitude de saut, une bonne longueur, de la puissance et était extrêmement souple. Selon eux, c'était l'étalon parfait pour une jument super prudente comme Cantate Touch. Je pense que nous - surtout mes parents et mes frères - avons élevé de très bons chevaux pour plusieurs personnes à Margaretha Hoeve avec environ 60 poulains chaque année. Bien sûr, nous sommes très fiers de United Touch S." Cantate Touch a sauté à 1,60 m avec Ben Schröder, qui montait pour la famille van der Vorm à l'époque. Leur duo a notamment remporté des Coupes des nations et le Grand Prix à Modène en Italie.

Julius Peter Sinnack

Julius Peter Sinnack, qui a été récompensé par le prix de l'éleveur de l'année en 2015 en Westphalie, a tenté d'acheter la jument Cantate Touch de la Margaretha Hoeve pendant de nombreuses années, ayant observé son succès sur le terrain.

 

Touch of Class (Photo: Private) Touch of Class (Photo: Private)

Sinnack n'a pas abandonné, et en 2003, il a réussi à acheter une pouliche par Lux Z, issue de Cantate. Sinnack a baptisé cette pouliche prometteuse Touch of Class. Il se souvient : "J'ai toujours voulu avoir quelque chose de la lignée de Classic Touch. Dans les années 90, Classic Touch était LE cheval qui faisait battre le cœur de tout le monde. Je l'ai vue après sa victoire olympique dans l'écurie avec Ludger Beerbaum. Elle m'a beaucoup impressionné ! J'ai demandé à mon ami Joop Aaldering qui a beaucoup de contacts, s'il pouvait m'aider à trouver une descendance de cette lignée parce qu'il avait acheté Cantate Touch à Hans Werner Ritters et l'avait initialement vendue à la famille van der Vorm. Cantate Touch était active comme poulinière après sa carrière sportive. J'ai essayé d'acheter Cantate Touch, mais elle était tellement chère que je ne l'ai pas achetée tout de suite.  C’est en 2003 qu’elle a eu une pouliche par Lux Z qui m'intéressait, et que j'ai achetée. Je me souviens encore quand elle est arrivée ici à ma ferme – je suis un éleveur assez émotionnel – car quand elle est descendue du camion, je me suis dit, « voilà Classic Touch »  c'était un instant assez fort en émotions." À ce moment-là, je ne pouvais pas savoir comment elle se comporterait en tant que poulinière. Je l'ai laissée sauter en liberté en tant que yearling et j’étais déçu de voir qu’elle n’était pas du tout douée. Je l'ai saillie à deux ans et j'ai récupéré un embryon. Je ne voulais pas qu'elle porte son propre poulain à un si jeune âge. Cet embryon est devenu un poulain par Diamant de Semilly, Deauville S, qui s'est révélé plus tard être sa première progéniture avec des victoires de haut niveau - il a obtenu de nombreuses places de choix avec Laura Kraut, tant en Coupes des nations qu'en Grand Prix 1m60, comme à St. Moritz. J'ai choisi Diamant de Semilly parce que Touch of Class était une jument très sanguine et avait un physique légèrement incliné vers l’arrière, donc je pensais vraiment qu'elle pouvait bien s'accorder avec Diamant de Semilly, et ça a marché. Je l'ai utilisé plus tard encore pour Touch of Class. Il me faut des semaines, voire des mois, pour trouver les bons croisements pour les juments. Après Diamant de Semilly, j'ai utilisé Canturo pour Touch of Class. Leur pouliche est devenue Zypria S, qui a sauté à 1,70m avec Willem Greve. Elle faisait partie de l'équipe olympique néerlandaise à Tokyo en 2021 et de l'équipe néerlandaise victorieuse de la finale de la Coupe des nations en 2019. Canturo a transmis de nombreuses caractéristiques telles que la portée et une bonne technique à Zypria S. Elle était peut-être un peu raide au niveau de son corps, ce qui lui rendait la tâche un peu plus difficile mais elle compensait avec ses autres bonnes caractéristiques.

Au moment où j'ai terminé le transfert d'embryon de celui qui allait devenir Deauville S, j'ai pu acquérir Cantate Touch. J'ai alors croisé Cantate Touch avec mon étalon élevé, Con Cento S (Cento x Polydor). Ce poulain, Con Touch S, a sauté au niveau international avec Laura Kraut et Simone Blum, atteignant 1,60 m avec Blum. Après Con Cento S, j'ai utilisé le fils de Hors la Loi II, Untouchable, pour Cantate Touch. Ce poulain est devenu l'étalon Untouched, le père d'United Touch S. Il était un sauteur spectaculaire en tant que jeune cheval et a été vendu à un propriétaire de Nick Skelton, qui a été le premier à remporter un succès international avec Untouched. Plus tard, Ben Maher a concouru avec lui, mais Untouched est malheureusement décédé trop tôt. Je suis sûr qu'il aurait accompli des choses incroyables dans ce sport.

 

(Photo : Tiffany Van Halle) (Photo : Tiffany Van Halle)

Sinnack se souvient : "Le quatrième poulain de Touch of Class était United Touch S, par Untouched. C'était un gros risque, une expérience d'éleveur qui aurait pu mal tourner. C'était très risqué, mais je n'ai jamais eu de doutes. United Touch S était très joli en tant que poulain et se déplaçait bien. Quand United Touch S est né, j'ai tout de suite dit dès le premier jour que ce poulain allait saillir la pouliche qui était née le même jour. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé par la suite. J'avais déjà en tête que United Touch S pouvait devenir un étalon validé. Il aurait pu être enregistré en tant que cheval Holsteiner, mais l'Association Holsteiner n'a pas accepté son père en tant qu'étalon, ils ne l'ont pas approuvé lors de sa présentation. Ainsi, United Touch S est devenu un poulain enregistré en Westphalie. Il est en réalité entièrement d'origine Holsteiner avec un apport de sang français."

À l'époque, j'ai utilisé Untouched car il montrait déjà des choses prometteuses en tant que cheval de sport. Cela m'a convaincu en partie de l'utiliser, en raison de la façon dont il utilisait son corps. Je voulais consolider ces caractéristiques. Je voulais également ramener beaucoup de Classic Touch dans la lignée. Encore une fois, cela aurait pu fonctionner complètement différemment si le poulain n'avait pas été sain, ou s'il avait présenté des traits négatifs. L'accouplement consanguin est utilisé pour consolider certaines caractéristiques, c'est l'objectif derrière ce type d'accouplement. Je pensais vraiment que cela pouvait fonctionner entre Touch of Class et Untouched. La combinaison devait fonctionner, en lien avec les caractéristiques des deux. Au final, United Touch S s'est révélé être de qualité. Je sais que c'était un risque de faire ce croisement.

En tant que jeune cheval, il avait une bonne façon de sauter. J'ai toujours eu un avis positif à son sujet. Je me souviens qu'à l'âge de deux ans, il était dans le champ avec d'autres jeunes poulains que nous avions là-bas et séjournait dans une écurie ouverte, aussi durant l'hiver. J'ai passé tellement de soirées à m'asseoir devant cette écurie et à l'observer. Il avait quelque chose de spécial, et je l'ai aussi regardé de près parce qu'il était consanguin. Je n'ai jamais pu découvrir quelque chose de négatif à son sujet, et je l'ai vraiment observé pendant de nombreuses heures.

Il a été monté par Hendrik Dove à l'âge de quatre ans. Je confie beaucoup de mes jeunes chevaux à lui. Il était déjà très enthousiaste à propos d'United Touch S – avec sa facilité de conduite et son comportement, c'était un étalon très facile à gérer. Dans mon écurie, j'ai des étalons, des hongres et des juments, et cela ne le dérangeait pas. En tant que jeune cheval, il avait une technique de saut fantastique, cependant, évaluer la portée à cet âge était difficile. À quatre et cinq ans, il saillait à l'élevage Schuld. Il a terminé deuxième en tant que cheval de saut de cinq ans aux championnats de Westphalie. Trois semaines plus tard, il a de nouveau terminé deuxième, cette fois-ci au Bundeschampionat. Après le Bundeschampionat (championnats de jeunes chevaux en Allemagne), il est allé chez Willem Greve qui lui a donné une excellente éducation. Je voulais également m'assurer qu'il saillisse des juments aux Pays-Bas, et donc le sperme était vendu par l'intermédiaire du père de Willem, Jan Greve.

Il avait aussi sa demi-sœur Zypria S, dans son écurie avec qui il faisait partie de l'équipe nationale de saut d'obstacles. Après Willem Greve, United Touch S est allé chez Bart Bles. C'était une belle association pour United Touch S mais en raison de certaines circonstances il n’a pas pu vraiment le faire concourir dans de nombreuses épreuves et j'ai dû l’en retirer. J'ai rencontré Sophie Hinners lors d'un concours chez Holger Hetzel et j'ai parlé de United Touch S avec elle. Nous avons convenu que je passerai avec lui pour qu'elle puisse l'essayer. Sophie pensait qu'il pourrait être trop fort pour elle, mais que Richard (Vogel) aimerait le monter. C'était 10 jours avant le Bundeschampionate, mais il m'a appelé pour voir si cela me dérangeait que United Touch S participe à l'épreuve des chevaux de huit ans et plus. J'ai été un peu surpris parce que chaque éleveur le surveillerait de très près. Je pensais que si quelque chose allait mal, tout le monde se moquerait de moi. Le premier jour, il a fait deux fautes et n'a pas très bien sauté, mais le deuxième jour, ils ont remporté l'épreuve ensemble.

Je suis heureux et aussi un peu fier que cela ait si bien fonctionné avec United Touch S. Encore une fois, je dois dire que c'était un risque, cela aurait pu mal tourner. Ce n'était pas facile de prendre cette décision mais je suis heureux car cela s'est bien passé. En élevage, il faut parfois essayer des choses. Pour moi, cela signifie aussi de faire évoluer l'élevage. Parfois, il faut prendre des risques. L'élevage relève aussi d’une part de chance. Il faut avoir de la chance pour que vos chevaux trouvent le bon cavalier. J’estime que j’ai eu de la chance de pouvoir élever une lignée maternelle comme Stamm 4025. Si nous remontons de quelques générations, nous pouvons voir que Feldtor était déjà une jument avec une exceptionnelle volonté de travailler. Chaque fois qu'un agriculteur voulait acheter un tracteur, elle était vendue au fermier suivant car ils souhaitaient tous l’avoir. Cette caractéristique est encore présente dans la lignée aujourd'hui, ces chevaux veulent travailler."

VOGEL VICTORIEUX DANS LE ROLEX GRAND PRIX, DERNIER MAJEUR DE L’ANNÉE

(Photo: Tiffany Van Halle) (Photo: Tiffany Van Halle)

Certains noms de l’histoire équestre ont l’honneur d’être immortalisés après un exploit particulier. Aujourd’hui, au CHI de Genève, les quarante participants au dernier majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année espéraient tous intégrer ce panthéon en remportant le prestigieux Rolex Grand Prix.

Une fois encore, le chef de piste Gérard Lachat avait monté un défi faisant appel au courage, à la précision et aux moyens des couples, en proposant une première manche comprenant 14 obstacles, suivie d’un barrage de huit efforts dans l’éventualité où plusieurs couples arriveraient à boucler le premier parcours sans faute.

Suite à sa victoire au CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, Martin Fuchs (Prétendant actuel au Grand Slam et troisième à s’élancer) espérait rester en lice pour décrocher la plus belle récompense du saut d’obstacles. Mais les efforts du cavalier suisse se solderont par un échec avec la chute de l’avant-dernier obstacle.

De nombreux cavaliers se sont butés aux difficultés du parcours, notamment un chrono impitoyable. Au total, ce sont quatre cavaliers qui en dépit d’un sans faute, se voient infliger des fautes de temps. De plus, certains favoris comme Ben Maher, champion olympique en individuel, ou Simon Delestre, numéro huit mondial, sont pour finir dans l’incapacité de surmonter les difficultés de ce parcours complexe.

Quinzième à partir, le jeune Allemand Richard Vogel (qui avait participé à la Young Riders Academy soutenue par Rolex) produit le premier sans faute sans écoper de faute de temps. Jouant à guichets fermés, le Palexpo exulte quelque trois chevaux plus tard, lorsque Steve Guerdat se qualifie lui aussi pour le barrage à bord de sa jument Dynamix de Belheme, actuellement très en forme. Kent Farrington, Témoignage Rolex, est l’un des malheureux cavaliers à finir sur quatre pénalités, tout comme Shane Sweetnam, troisième l’an passé.

Les participants commençant graduellement à saisir les subtiles difficultés du parcours, plusieurs d’entre eux laissent toutes les barres sur leurs taquets, comme Wilm Vermier de Belgique, Christian Kukuk, vainqueur de la finale de la Coupe des nations FEI 2023, et Jessica Springsteen, médaillée d’argent par équipes aux Jeux olympiques de Tokyo. Mais un choc attend le public du Palexpo : Henrik von Eckermann, numéro un mondial, écope de huit points de pénalité aux rênes du talentueux King Edward.

Au total, c’est sept couples qui reviendront sur la piste pour le barrage, dans le même ordre que celui dans lequel ils se sont présentés à la première manche. Vogel et United Touch S, son étalon connu pour son amplitude, sont les premiers à s’élancer et ravissent immédiatement le public avec un sans faute foudroyant effectué en 37,14 secondes. Les espoirs suisses s’écroulent lorsque Steve Guerdat, lancé à vive allure, part trop près de l’avant dernier obstacle et le laisse à terre. Auteur d’un second sans faute mais plus lent de cinq secondes, Christian Kukuk est relégué à la deuxième place. Incapable lui aussi de suivre le rythme imposé, Mark McAuley subit le même sort. Julien Épaillard, souvent appelé le cavalier le plus rapide au monde, sera donc le seul cavalier restant à pouvoir arracher la victoire à l’Allemand. Malheureusement, il fait tomber le deuxième obstacle, laissant ainsi son adversaire libre de décrocher sa première victoire à un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping et de finir la saison du Grand Slam 2023 en beauté.

Sacré nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam, Vogel nous fait part de son plaisir : « Quel bonheur de gagner le CHI de Genève pour devenir le nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam. C’est un rêve devenu réalité. L’atmosphère était formidable, et mon cheval a été parfait. Il a une très grosse foulée, ce qui ne lui a pas facilité la tâche à la première manche, mais il y a mis toute sa volonté. Il a tout donné. Je ne suis jamais allé au Dutch Masters, mais j’ai hâte de m’y rendre en mars. Nous allons planifier les mois à venir et faire de notre mieux pour gagner ! »

L’Allemand ajoute ensuite : « Je suis très proche de McLain Ward, et j’ai regardé le barrage de l’an passé hier soir. Je savais que pour gagner, il fallait être rapide. J’ai décidé d’y aller à fond, même si j’étais le premier à passer. »

ENTRETIEN AVEC EMMA UUSI-SIMOLA

(Photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Pourriez-vous d’abord vous présenter et nous dire quel est votre rôle ?

Je m’appelle Emma Uusi-Simola, et je suis groom de concours pour Steve Guerdat.

 

Steve Guerdat et Venard de Cerisy ont remporté la finale du Rolex IJRC Top 10 Final vendredi. Qu’est-ce que cette victoire représente pour vous ?

Cette victoire était très spéciale pour moi, car Venard [De Cerisy] est mon cheval préféré. Je les savais capables de gagner, mais on ne sait jamais exactement ce qu’il va se passer dans le saut d’obstacles. Ils ont été formidables. Après quelques années un peu difficiles, nous étions enchantés de remporter cette épreuve prestigieuse et de finir une année réussie en beauté.

 

Venard de Cerisy et Dynamix de Belheme sont des chevaux hors pair. Pourriez-vous nous les présenter plus en détail ?

Venard est très farouche. Il aime connaître les gens qui l’entourent. Parfois, ça le rend un peu plus difficile à gérer, mais il saute tellement bien ! C’est mon chouchou.

Dynamix, elle, a une personnalité bien affirmée. C’est une star sur la piste et elle est très facile au box, mais elle s’ennuie très vite. Steve essaie de varier son quotidien régulièrement, car elle n’aime pas faire tout le temps la même chose. Et une fois en concours, elle est tout simplement phénoménale.

 

Comment trouvez-vous les installations destinées aux chevaux et aux grooms au CHI de Genève ?

Les écuries du CHI de Genève sont formidables. Cette année, les boxes sont énormes, les chevaux ont beaucoup d’espace pour se détendre entre les épreuves.

L’autre jour, un brunch a aussi été organisé pour les grooms. C’était délicieux, une très bonne façon de démarrer la journée. Et une initiative des organisateurs très bien accueillie.

Il n’y a rien à dire: ici, tout est bien pensé et organisé.

 

Récemment, vous avez reçu le prix du Meilleur groom Cavalor FEI : qu’avez-vous ressenti ?

J’étais absolument ravie. Je ne sais pas si j’ai les mots exacts pour exprimer ce que j’ai ressenti, mais ce prix représente beaucoup pour moi. Il signifie que les autres grooms et les gens qui m’entourent apprécient mon travail ; c’est extrêmement gratifiant.

 

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (The Dutch Masters, CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows ‘Masters’, CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions selon vous ?

Ce sont les meilleurs concours au monde. Ce qui fait la différence par rapport aux autres concours où nous nous rendons, c’est le degré d’organisation. On sent que le bien-être des chevaux est la priorité, et que tout est fait pour proposer le plus haut niveau de compétition.

 

Quelle est la particularité de travailler dans l’équipe de Steve ?

J’adore travailler avec lui et son équipe. Il traite très bien les chevaux, et avec lui, les chevaux sont libres d’être eux-mêmes. À l’écurie, nous avons tendance à ne pas compliquer les choses. C’est simple : le bien-être des chevaux compte autant que la réussite. Steve est aussi un incroyable cavalier !

 

En tant que groom de voyage, vous faites énormément de déplacements. Quelle importance revêt l’équipe qui reste à l’écurie ?

Elle joue un rôle essentiel. Je lui fais une confiance absolue, et je ne m’inquiète jamais, car je suis sûre qu’elle s’occupe parfaitement des chevaux qui restent à la maison. C’est très important pour moi comme pour Steve de pouvoir nous reposer sur elle.

 

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

J’adore voyager et aller en concours. Je n’aime pas trop rester à la maison, alors ce métier me convient parfaitement. Et puis c’est très agréable d’être autant au contact des chevaux dont je m’occupe. Ils ont tous un caractère différent, on ne s’ennuie jamais !

 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

De ne jamais cesser d’apprendre. Il faut observer les autres modes de fonctionnement que le sien pour s’en inspirer et continuer de s’améliorer.

 

Quelle importance revêtent les liens avec les autres grooms ?
Ils sont essentiels. Peu d’entre nous feraient ce métier s’il n’y avait pas ce réseau de connaissances et ces amitiés qui se tissent parmi les grooms. Nous nous entraidons tous. Vendredi par exemple, après la finale du Rolex IJRC Top 10, nous nous sommes tous prêté main pour pouvoir quitter les écuries plus tôt. Nous formons une vraie communauté.

ENTRETIEN AVEC GÉRARD LACHAT, CHEF DE PISTE

(Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

Pourquoi le CHI de Genève est-il spécial à vos yeux ?

Tout d’abord parce qu’il offre une atmosphère exceptionnelle. Tout est extrêmement bien pensé, et tout est sous le même toit. Le Dutch Masters est un peu pareil, dans le sens où c’est aussi un concours hors pair, mais la piste est beaucoup plus petite. Le CHI de Genève est renommé pour ses majestueuses dimensions et pour la taille de sa piste principale en particulier. C’est l’un des plus grands lieux de compétition de saut d’obstacles indoor au monde.

 

Que ressent-on en tant que chef de piste pour le meilleur concours indoor de la planète ?

Le CHI de Genève rassemble les meilleurs chevaux et cavaliers au monde. Le travail du chef de piste peut donc être difficile, car celui-ci est forcé de concevoir un parcours adapté. Heureusement, la piste principale présente de généreuses dimensions, comparables à certaines pistes en outdoor. Cela permet d’imaginer des parcours très intéressants. Le site présente aussi de nombreux éléments avec lesquels il faut composer, comme le lac ou la fontaine. Il faut pouvoir être certain que les spectateurs soient en mesure de voir tout le parcours, et il est donc impératif de planifier soigneusement les aménagements. Le parcours doit bien sûr poser des défis intéressants pour les cavaliers de ce calibre. Pour que la compétition enflamme le public, cet équilibre délicat est nécessaire.

 

Parlez-nous un peu du parcours que vous avez créé pour le Rolex Grand Prix ce dimanche...

Le parcours de dimanche est assez classique, avec le retour du double Liverpool. On avait déjà vu ce type d’obstacle délicat à manœuvrer au CHIO d’Aix-la-Chapelle et au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’. Dimanche, durant le Rolex Grand Prix, il attendra les cavaliers juste à côté du lac. C’est la première fois qu’il sera placé là. On verra comment les cavaliers décident de l’aborder, mais les plus chevronnés, comme ceux qui ont déjà participé à la finale du Rolex IJRC Top 10, devraient pouvoir le négocier sans trop de problème, même s’il mettra leur habileté à l’épreuve.

 

Selon vous, qui sera le gagnant du Rolex Grand Prix de dimanche ?

L’épreuve devrait se montrer intéressante. N’importe qui pourrait gagner. Plusieurs cavaliers suisses de talent seront présents, comme Martin Fuchs ou Steve Guerdat. Mais pour gagner, ils devront d’abord affronter un certain nombre de cavaliers de talent issus de différents horizons. Il doit y avoir 10 ou 15 couples avec une vraie chance de gagner cette année. Il va y avoir du spectacle !

 

Comment êtes-vous devenu chef de piste ?

J’ai commencé par concevoir des parcours au niveau national, et j’ai peu à peu bâti ma réputation avant de travailler sur des parcours au top niveau, dont le Grand Prix de Suisse. Ensuite, j’ai travaillé comme assistant sur certains parcours internationaux. J’ai eu l’immense chance de travailler avec d’incroyables experts, dont Rolf Lüdi, qui à l’époque était l’un des meilleurs chefs de piste d’Europe.

 

Plus tard, j’ai collaboré avec Frank Rothenberger et Louis Konickx. Louis me sert d’ailleurs d’assistant cette semaine. Il a joué un rôle crucial dans ma carrière professionnelle et je lui en suis très reconnaissant. C’est très utile d’avoir l’avis d’autrui sur les parcours que je crée, car cela vient appuyer mes choix et permet de leur donner vie.

 

Il existe des examens que peuvent passer les chefs de piste pour passer au top niveau, mais à mon avis l’apprentissage passe surtout par le temps que l’on passe à travailler sous un chef de piste chevronné, qui permet de mettre en œuvre les préceptes acquis dans un cadre concret.

 

Plusieurs jeunes chefs de piste demandent à nous assister au CHI de Genève. Chaque année, nous en choisissons un ou deux pour leur donner l’opportunité d’acquérir de l’expérience à l’un des meilleurs concours au monde. On m’a donné ma chance ; je trouve ça juste de faire de même pour quelqu’un d’autre. Cette année, deux jeunes chefs de piste suisses viennent voir comment nous procédons. C’est ma neuvième année au CHI de Genève, et les jeunes chefs de piste apportent des nouvelles idées très intéressantes.

 

Quel est le parcours dont vous êtes le plus fier ?

Le Rolex Grand Prix du CHI de Genève 2021 était, je pense, le meilleur parcours que j’ai jamais créé. Les cavaliers m’ont tous félicité, et l’épreuve était mémorable. Cette année, j’ai longuement étudié le parcours pour qu’il inclue tous les petits détails que je souhaitais.

 

En dehors de la création de parcours, quelles sont vos passions ?

En ce moment, je n’ai aucun passe-temps en dehors de mon métier de chef de piste. Je passe beaucoup de temps à l’élevage que ma femme et moi tenons. La semaine dernière, je suis devenu papy pour la première fois : je suis certain que cela va m’occuper !

 

Qu’est-ce que le Rolex Grand Slam of Show Jumping a apporté au monde du saut d’obstacles ?

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a été une très bonne chose pour le saut d’obstacles. Il couvre les meilleurs concours au monde et attire des participants du plus haut calibre. Notre sport est en constante évolution. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping motive les cavaliers, pour que ceux-ci continuent de se dépasser dans leurs efforts pour décrocher un Majeur. Il ouvre aussi la porte aux jeunes cavaliers, qui ont l’opportunité de concourir à l’un des meilleurs concours qui existent.

STEVE GUERDAT ENCORE UNE FOIS ROI DE LA FINALE DU ROLEX IJRC TOP 10

(Photo: Tiffany Van Halle) (Photo: Tiffany Van Halle)

Le public connaisseur et passionné du CHI de Genève s’apprêtant à assister à la 22e édition de la prestigieuse finale du Rolex IJRC Top 10, une atmosphère chargée d’anticipation a commencé à attendre les concurrents. Souvent comparée aux Nitto ATP Finals du tennis, cette épreuve originale et mondialement renommée voit s’affronter chaque année au cours de deux manches consécutives les dix meilleurs cavaliers au monde.

 

Avec huit pays représentés, les concurrents en lice étaient d’horizons très différents. On trouvait notamment dans cette illustre troupe de cavaliers Henrik von Eckermann, numéro un mondial et dernier gagnant de l’épreuve, Martin Fuchs, actuel Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping, et Ben Maher, médaillé d’or aux Jeux olympiques en individuel. Avant le départ, le public a pu assister au défilé traditionnel des cavaliers, qui n’a fait qu’ajouter à l’atmosphère enthousiaste régnant autour de la piste principale.

 

Classés selon le total des pénalités sur les deux manches, les cavaliers sont sous pression dès l’instant où ils entrent en piste. En première partie, les cavaliers se présentent au départ dans l’ordre inverse du classement mondial. Pour cette raison, le nouveau venu au classement, l’irlandais Shane Sweetnam, est le premier à s’élancer sur le parcours à 1,60 m. Et il est le premier également à produire un sans faute, montrant ainsi la voie aux neufs concurrents suivants. Plusieurs cavaliers ont par la suite eu du mal à égaler cette performance : Simon Delestre, pourtant parmi les favoris, écope de huit pénalités, Harrie Smolders et Max Kühner de douze. Julien Épaillard, lui, garde toutes ses chances grâce à un parcours effectué comme à son habitude à une vitesse foudroyante et pénalisé de quatre pénalités seulement.

 

La foule du Palexpo se met à rugir lorsque le suisse Steve Guerdat, aux rênes de Venard de Cerisy, produit le deuxième sans faute de l’épreuve. Une belle performance que ne peuvent malheureusement pas répéter les deux autres Témoignages Rolex, Martin Fuchs et Kent Farrington. Ben Maher, lui non plus, ne parvient pas tout à fait à maîtriser les difficultés du parcours. Dernier à s’élancer, Henrik von Eckermann démontre tout son talent et se donne une chance de remporter l’épreuve pour la deuxième fois consécutive.

 

Après la pause, et une fois le parcours modifié, les cavaliers sont revenus se présenter en ordre inverse au classement de la première manche. Max Kühner débute les festivités par un sans faute impeccable, tout comme les quatre cavaliers suivants. Mais ce ne sera pas suffisant, après les résultats décevants de la première manche, pour leur donner accès au podium. Kent Farrington et Greya, ayant écopé de quatre pénalités, se jouent eux aussi des défis du parcours, tandis que Julien Épaillard, seul autre cavalier ayant fait une seule faute, et souvent considéré comme le plus rapide au monde, est le premier à laisser des barres au sol sur ce parcours raccourci.

 

Les regards se tournent alors vers les trois derniers concurrents, tous auteurs d’un sans faute à la première manche. Premier en lice, Guerdat a la fortune qui lui sourit sur le double pour finir sans pénalité en 48,13 secondes. L’obstacle numéro 13 est malheureusement synonyme de malchance pour Henrik von Eckermann, champion du monde, qui fait l’erreur de partir trop près. Parti vite, Sweetnam est le dernier cavalier à pouvoir empêcher le Suisse d’empocher la victoire pour la troisième fois, mais huit pénalités en décideront autrement.

 

Après sa victoire, Guerdat s’est déclaré « absolument ravi d’avoir pu remporter cette incroyable épreuve pour la troisième fois. C’est tout à fait extraordinaire ! Ce concours continue de m’apporter toujours plus de succès. La foule était formidable, et l’atmosphère exceptionnelle. C’est un moment mémorable. »

 

Il ajoute ensuite : « Venard était en top forme. Il m’a tant donné et je suis extrêmement fier de lui. Je n’aurais pas pu gagner sans l’aide de mon équipe, qui mérite cette victoire autant que moi ! »

KENT FARRINGTON REMPORTE LE TROPHÉE DE GENÈVE POUR LA SIXIÈME FOIS

(Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

La magnifique ville de Genève a encore une fois accueilli les couples cheval-cavalier les plus talentueux au monde à l’occasion du CHI de Genève, parfois considéré comme le plus grand événement équestre indoor de la planète. Décor du dernier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année, ce concours a débuté hier et s’est poursuivi aujourd’hui avec sa première épreuve internationale 5*.

Au total, c’est 48 couple qui se sont présentés au départ du Trophée De Genève, événement phare de la journée. Cette épreuve à 1,60 m était également la première opportunité pour les cavaliers de se qualifier pour le Rolex Grand Prix de dimanche. Comme souvent au CHI de Genève, la liste des cavaliers comprenait de nombreux grands noms du saut d’obstacles, dont Ben Maher, Henrik von Eckermann et Steve Guerdat, respectivement champion olympique, champion du monde et champion d’Europe actuels.

Premiers à fouler l’emblématique piste du Palexpo, l’irlandais Shane Sweetnam et son hongre alezan Cjoxx Z produisent un impeccable sans faute malheureusement mitigé d’une faute de temps. Quatrième au départ, Vitor Bettendorf, déjà gagnant de deux épreuves aujourd’hui, est le premier à se qualifier pour le barrage, bientôt suivi du Suisse Pius Schwizer sous les acclamations de la foule. À mi-course, huit cavaliers avaient évité la faute, ce qui n’était pas le cas de nombreux sur ce parcours très bien pensé.

Après la pause, le public a pu admirer sept autres couples réaliser le sans faute. Parmi ces cavaliers exceptionnels se trouvaient Kent Farrington, déjà victorieux dans cette même épreuve il y a deux ans, ainsi que l’Allemand Christian Kukuk et le Suisse Elian Baumann. Mais le public helvète a aussi eu son lot de déception : Steve Guerdat et Martin Fuchs, Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping, se sont vus éliminer après avoir tous deux fini avec des points de pénalité.

Au total, 15 cavaliers décrochent une place pour le barrage après avoir bouclé le parcours de Gérard Lachat sans aucune faute pour aller se présenter dans le même ordre qu’à la première manche. Après un second sans faute, le luxembourgeois Bettendorf impose un chrono à battre de 38,63 secondes, mais la tête du classement ne cessera ensuite de changer. Harry Charles, numéro un chez les moins de 25 ans, passe près de décrocher sa première victoire au CHI de Genève en 37,08 secondes. Mais Kent Farrington, autre Témoignage Rolex, enflamme les cœurs en passant la ligne d’arrivée avec 2,31 secondes d’avance sur Charles. Et les cinq chevaux suivants ne parviendront pas à battre le chrono éblouissant de Toulayna, l’exceptionnelle jument de Farrington. Pour la deuxième fois en trois ans, ce dernier emportera chez lui aux États-Unis le Trophée de Genève.

Ravi de la performance de sa jument, âgée de neuf ans seulement, Farrington s’est exclamé après sa victoire : « Je suis très content d’elle. J’ai amené deux jeunes chevaux avec moi cette semaine, car ils offraient de belles perspectives. J’avais pour tactique de gagner. Je voulais offrir à ma jument une expérience positive, mais c’est tout de même l’un des plus grands concours au monde, et je voulais me montrer compétitif. »

L’Américain peut désormais tourner le regard vers le Rolex Grand Prix de dimanche : « Je suis très heureux ce soir, mais demain est un autre jour et il reste beaucoup à faire. J’ai hâte ! »

Et à Denise Moriarty, la groom de Toulayna, de rajouter : « Je suis très fière d’elle. Elle est toujours partante. Elle fait tout ce qu’on lui demande, et elle le fait bien.  Même si elle n’a que neuf ans, elle est très fiable, et son avenir est prometteur. Elle a très bien voyagé depuis les États-Unis. Elle est très relax en général, jusqu’au moment où elle entre en piste. »

ENTRETIEN AVEC SOPHIE MOTTU MOREL, ORGANISATRICE DU CONCOURS

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Comment s’est passée l’organisation cette année ?

Tout s’est bien passé. Nous avions commencé à réfléchir au calendrier sportif et à planifier nos communications dès février. Nous sommes très heureux de fêter le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping : nous recevrons pour l’occasion une grand nombre d’excellents cavaliers et aurons le plaisir d’accueillir une fois encore une foule de passionnés de sports équestres.

 

Le CHI de Genève nous réserve-t-il des surprises cette année ? Et y aura-t-il des événements spéciaux pour fêter le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Samedi soir à 21 h aura lieu une cérémonie sur la piste principale en l’honneur de Steve Guerdat, qui a participé à tous les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Nous voulions le mettre à l’honneur pour cet incroyable tour de force. Pour la première fois, un brunch a également été organisé pour les grooms, qui jouent un rôle absolument crucial dans notre sport. Il était important à nos yeux de les remercier pour leur dur labeur. Et enfin, d’autres activités plus modestes marqueront les dix bougies du Rolex Grand Slam.

 

Quelle importance ont les bénévoles dans le bon déroulement de la compétition ?

Ils sont au cœur-même de toutes nos activités. C’est grâce à eux que le concours est aussi populaire. Leur passion se ressent dans tout ce qu’ils font, et nous leur sommes très reconnaissants pour leur générosité et leur enthousiasme.

 

Les jeunes cavaliers sont toujours sous le feu des projecteurs au CHI de Genève. Pourquoi choisissez-vous chaque année de leur faire la part belle ?

Car ce sont les stars de demain ! Nous souhaitons leur offrir l’opportunité de concourir dans le même cadre que les meilleurs cavaliers au monde. Les épreuves pour jeunes cavaliers sont une composante essentielle du concours, qui permet de leur donner l’expérience nécessaire à leur développement.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping souffle ses dix bougies. Cette initiative a-t-elle eu un effet positif sur le CHI de Genève ?

Bien sûr, elle a eu un impact extraordinaire. Grâce à elle, les quatre concours du Grand Slam ont vraiment monté la barre. C’est très important d’avoir ce type de grand chelem pour le saut d’obstacles. Le CHI de Genève est très fier d’en faire partie. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a permis de mieux faire connaître le saut d’obstacles auprès d’un public qui n’en avait pas forcément beaucoup entendu parler avant. Après tout, les complexités de ce sport ne sont pas toujours très faciles à comprendre. Mais avec le Rolex Grand Slam, c’est très simple : il comprend quatre grandes épreuves que tous les cavaliers de haut niveau souhaiteraient remporter.

 

Quel a été pour vous le moment le plus marquant de ces dix premières années du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Il y en a tellement que c’est dur de choisir ! Mais je dirais la victoire de Steve [Guerdat] ici, au CHI de Genève, en 2013. C’était le premier Majeur que nous organisions, et la victoire d’un cavalier suisse était la cerise sur le gâteau.

 

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le secteur des événements sportifs ?

Il faut vraiment bien connaître le sport en question. Par exemple, j’aurais du mal à organiser un événement footballistique car je n’y connais pas grand chose, contrairement aux sports hippiques. Et puis, que ce soit pour un concert ou un événement sportif, il ne faut pas compter ses heures.

Il faut aussi entretenir de bonnes relations avec les parties prenantes extérieures, comme les autorités locales et les élus. Pour le CHI de Genève par exemple, la relation avec le canton de Genève est cruciale. Il faut aussi comprendre le côté financier, être polyvalent et faire preuve d’une certaine flexibilité, car on fait quelque chose de différent chaque jour. Enfin, il faut savoir gérer son stress, car on est parfois confronté à des situations difficiles dans lesquelles il est important de garder son calme.

 

Pour vous et l’équipe du CHIO de Genève, quels sont les éléments primordiaux d’un événement ou d’une épreuve réussi(e) ?

C’est d’abord le mélange entre les supporters, les médias et les sponsors. Il est important de créer une vraie communauté de fans et de bénévoles, un réseau solide avec les amoureux du CHI.

Il faut évidemment être en très bons termes avec les sponsors, car sans eux il n’y aurait pas de concours. Pour un événement réussi, il est donc vital d’avoir une relation privilégiée avec eux, de se montrer flexible et de savoir s’adapter à leurs besoins. On ne peut pas travailler en vase clos, il faut pouvoir sortir des schémas établis pour trouver une solution qui convient à tous. Le monde change rapidement et nous devons faire de même.

Il faut aussi être proche des athlètes, qui font partie des intervenants les plus importants du concours. C’est le bon équilibre entre tous ces éléments qui fait la réussite d’un événement sportif.

 

Les légendes du tennis telles que Nadal, Federer ou Djokovic, gagnent des titres de Majeurs de tennis à répétition. Pour vous, est-ce important de voir les meilleurs cavaliers mondiaux concourir à Genève ?

C’est très important pour les sponsors, qui veulent attirer les meilleurs concurrents. Du côté des communications aussi, pour vendre des entrées, il faut que les meilleurs cavaliers au monde viennent concourir, car le public veut les voir. Si les meilleurs sont absents, ce n’est pas catastrophique, mais leur présence confère au concours sa réputation. Et les bénévoles sont plus nombreux à se présenter, car ils sont fiers de participer à un événement aux prestigieuses têtes d’affiche.

 

Le CHI de Genève est considéré par beaucoup comme le meilleur endroit où voir des sports équestres en intérieur. Comment continuez-vous d’innover et de vous adapter pour maintenir cette réputation ?

Ce n’est pas facile ! Il y a beaucoup de superbes concours dans le monde. Pour rester au top, nous devons prendre un temps de réflexion chaque année afin de définir les éléments qui ont plus ou moins bien fonctionné. Tous les ans, nous organisons un débriefing qui rassemble les partenaires du CHI de Genève et tous les membres de l’équipe et qui vise à dégager les points à améliorer.

Plusieurs membres de notre comité d’organisation sont des bénévoles passionnés. Et qui dit passion dit motivation. Le comité organisateur est très fier du concours. Il écoute les retours et reste très ouvert aux critiques, pour pouvoir proposer le nec plus ultra. Il n’a pas peur de changer et de s’adapter. L’amour du cheval court dans nos veines, et c’est sûrement l’une des raisons du succès du CHI de Genève.

 

Vous et les autres organisateurs du CHI de Genève vous inspirez-vous de grandes compétitions d’autres sports, comme le tennis ou le golf ?

Oui, c’est très important d’assister à d’autres concours de saut d’obstacles, mais aussi à d’autres événements sportifs en général. Cela permet de voir ce que font les autres organisateurs, que ce soit de festival, de concert ou de compétition sportive, et d’en apprendre toujours plus.

On peut y puiser des idées transférables à son propre sport. Quand je le peux, j’essaie de me rendre à différents événements où je m’efforce toujours de parler aux organisateurs, de me rendre en coulisses et de demander leur avis à différents membres de l’équipe, de la billetterie à l’équipe com’ en passant par les agents de sécurité. Je me suis inspiré d’un festival en Suisse pour nos normes de sécurité, et notre système de billetterie nous vient d’un concert où je suis allé. Les événements sportifs télévisés peuvent aussi être une source d’inspiration.

Il faut rester ouvert et réfléchir à ce qui pourrait bien fonctionner au CHI de Genève. Certaines idées qui marcheraient en Allemagne par exemple ne sont pas adaptées en Suisse, en raison des différences culturelles. Mon conseil : voyagez, faites preuve d’observation et soyez ouvert au changement.

INTERVIEW AVEC LOVISA MUNTER

(Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock ) (Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock )

Pourriez-vous vous présenter ? Dites-nous par exemple pour qui vous travaillez et en quoi consiste votre métier.

Je m’appelle Lovisa Munter et je travaille pour Bertram Allen depuis trois ans en tant que groom de voyage.

 

Parlez-nous un peu de votre trajet jusqu’au CHI de Genève...

La semaine dernière, nous étions en concours à La Coruña, en Espagne. Nous nous sommes arrêtés en France sur le chemin pour laisser les chevaux se reposer, et j’en ai profité pour faire de même. Nous avons fini par arriver à Genève mardi soir.

 

Si un cheval n’aime pas voyager, que pouvez-vous faire pour l’aider et comment vous assurez-vous que vos chevaux voyagent dans de bonnes conditions pour être au meilleur de leur forme ?

Les deux chevaux de Bertram sont très habitués à la route, surtout Pacino Amiro. Ils ont aussi fait une pause de douze heures sur le chemin pour se reposer, avant d’arriver à Genève. Durant les déplacements, il faut absolument garder les mêmes horaires de repas pour les chevaux et tenter autant que possible de garder les mêmes habitudes. On arrête donc le camion à intervalles durant le voyage pour les nourrir et leur donner du mash. Ils ont aussi accès à des seaux d’eau et à des filets à foin dans le camion. J’ai tendance à ne prendre que deux chevaux dans le camion pour leur laisser de la place et pour qu’ils soient à l’aise pendant les déplacements.

 

Quelle est l’importance de toute l’équipe (vétérinaires, maréchaux-ferrants, etc.) pour assurer le succès de l’équipe ?

 

Elle est très importante. J’ai la chance de travailler au sein d’une équipe formidable. Le vétérinaire est super ; je l’appelle chaque semaine pour lui parler des chevaux. Bertram a aussi un maréchal-ferrant incroyable : les chevaux avec lesquels je travaille n’ont encore jamais eu de problèmes de pieds.

À l’écurie, Nathalie est la cavalière de plat responsable de Pacino [Amiro] et des autres meilleurs chevaux de Bertram. Elle fait un boulot fantastique. Kate, la groom qui s’occupe des chevaux à la maison, est extrêmement fiable. C’est elle que j’appelle toujours si j’ai besoin de conseils.

 

Parlez-nous des chevaux que vous avez emmenés avec vous et de leur personnalité…

Pacino Amiro, le meilleur cheval de Bertram, est formidable. Le concours de la semaine dernière était le cinquantième que nous faisions ensemble. Il est marrant, il se prend pour le roi de l’écurie. Il est parfois assez têtu, il a tendance à vouloir faire ce qu’il veut plutôt que ce qu’on lui demande.

 

L’autre cheval présent au CHI est Castigo De Amor. Il est nouveau ; il est arrivé il y a deux mois seulement, mais il a déjà gagné deux Grands Prix. C’est un étalon mais il a un très bon tempérament. On l’appelle la « petite licorne ». Il ne m’a jamais posé aucun problème.

 

Comment trouvez-vous les installations destinés aux chevaux et aux grooms au CHI de Genève ?

C’est la troisième fois que je viens. Le CHI de Genève est l’un des meilleurs concours au monde, tout le monde le dit. À l’arrivée, toute l’équipe du CHI est là pour vous aider à déballer et à préparer les boxes. Ces derniers sont spacieux et tranquilles. Tout est vraiment top.

 

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (Dutch Masters, CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows ‘Masters’, CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions selon vous ?

Les quatre Majeurs sont considérés comme les épreuves les plus prestigieuses au monde. Enfant, je rêvais de monter dans ce cadre, mais c’est déjà très spécial d’y assister en tant que groom. Les installations sont impeccables et l’atmosphère y est très agréable.

Cette année, je suis allée au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ pour la première fois, c’était génial. Je suis aussi déjà allée au CHIO d’Aix-la-Chapelle, le cadre est phénoménal ! Ces Majeurs sont les quatre épreuves que tous les cavaliers rêvent de remporter. 

 

Bertram et vous êtes-vous confiants à l’approche du concours ?

Oui, Bertram est en bonne forme. Il a participé aux épreuves 5* à La Coruña la semaine dernière pour se préparer au CHI de Genève. Il a fait une bonne performance mais tout n’était pas parfait. On espère faire mieux cette semaine. D’habitude, il excelle sous la pression engendrée par les concours importants comme les Majeurs.

 

Quelle est la particularité de travailler dans l’équipe de Bertram ?

Travailler pour un cavalier aussi talentueux est un rêve devenu réalité. J’ai toujours adoré regarder Bertram en compétition : c’est l’un des cavaliers les plus rapides au monde et un excellent homme de cheval. Je suis très fière de travailler avec lui et avec ses montures.

 

Quelles sont les qualités de Bertram qui selon vous lui ont permis d’avoir une si longue carrière au sommet ?

Bertram peut monter n’importe quel cheval, et celui-ci fera tout pour lui faire plaisir, c’est incroyable ! Il a un talent très rare.

 

Quels conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer dans cette discipline ?

À mes débuts, je travaillais en Suisse et je n’allais qu’aux concours nationaux. J’ai fait mon apprentissage à l’écurie Stephex, dans le cadre d’une vraie équipe. C’est là que j’ai commencé à travailler avec plusieurs cavaliers et grooms très expérimentés. Cela a été l’opportunité d’observer d’autres travailler et de profiter de leur expérience. Une fois l’expérience nécessaire acquise, il faut être patient pour trouver le bon poste.

 

Est-ce que les grooms forment ensemble une vraie communauté dans laquelle ils se soutiennent mutuellement ?

 Oui, et c’est très important d’avoir d’autres grooms avec qui se lier et qui peuvent vous aider. Beaucoup des mes amis les plus proches sont ici cette semaine. Tout le monde se soutient les uns les autres. Et pendant les longs trajets nocturnes au volant, c’est bien de pouvoir s’appeler. C’est ma deuxième famille. Je les vois d’ailleurs davantage que ma vraie famille !

Les temps forts à ne pas manquer au CHI de Genève 2023

(Photo: © CHI Genève) (Photo: © CHI Genève)

Genève sera l’hôte du dernier Majeur 2023 du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Du mercredi 6 au dimanche 10 décembre, le CHI de Genève accueillera plus de 40 000 spectateurs qui viendront assister à cinq jours d’animations et de sport de haut niveau.

 

Les festivités commenceront tôt le mercredi 6 décembre, par les épreuves nationales de saut d’obstacles. Inaugurées l’an passé, celles-ci permettent aux cavaliers amateurs de se produire sur l’une des pistes les plus prestigieuses au monde. C’est aussi là l’opportunité de se qualifier pour le Credit Suisse Coupe du Jockey Club, qui aura lieu le samedi 9 décembre devant une foule très nombreuse.

 

Les épreuves internationales de saut 5* débutent le jeudi. Le grand moment de la journée sera le Trophée de Genève, qui offre aux cavaliers leur première chance de décrocher l’une des 40 places au départ du prestigieux Rolex Grand Prix. Le même jour aura lieu la première des trois épreuves pour les moins de 25 ans. Le CHI de Genève a toujours voulu offrir aux jeunes cavaliers la chance de vivre l’atmosphère unique au monde de ce concours. Et c’est dans ce cadre que le public pourra découvrir la nouvelle génération de stars.

 

Vendredi, il est prévu une pléiade d’épreuves prestigieuses, dont le Prix des Communes genevoises à 1,55 m, la dernière chance pour les couples de se qualifier pour l’épreuve phare du concours : le Rolex Grand Prix. L’épreuve de cross indoor présentée par la Tribune de Genève se tiendra également le vendredi. Elle rassemblera les meilleurs cavaliers de cross-country au monde dans l’atmosphère électrique du Palexpo. La 22e édition Finale du Top 10 Rolex IJRC, le vendredi soir, a souvent été comparée aux Nitto ATP Finals de tennis. Dans cette épreuve originale et renommée dans le monde entier, les dix meilleurs cavaliers au monde se disputent le titre en deux manches.

 

Cette année, le Rolex Grand Slam of Show Jumping fête ses dix ans d’existence. Et dans ce cadre, le CHI de Genève a organisé une cérémonie en l’honneur de Steve Guerdat, témoignage Rolex, le samedi 9 décembre. Récemment couronné champion d’Europe FEI en individuel, celui-ci a participé à tous les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping depuis l’inauguration de ce dernier au CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2013 : un total de 34 Majeurs, un véritable exploit pour le cavalier suisse qui démontre ainsi la régularité de son talent au plus haut niveau, mais aussi sa capacité à produire des chevaux capables de concourir à ce niveau. La cérémonie entend donc fêter les accomplissements de Guerdat sous l’étendard suisse. La foule sera au rendez-vous pour faire de ce moment un souvenir inoubliable pour Guerdat.

 

Le dimanche, le public sera choyé avec le Rolex Grand Prix, dernier Majeur Rolex pour 2023. Une fois de plus, Gérard Lachat a pensé le parcours idéal pour quarante des meilleurs couples cheval-cavalier au monde. Le Suisse Martin Fuchs, prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping, attirera tous les regards. Il est le seul cavalier à avoir remporté plusieurs éditions consécutives du Rolex Grand Prix au CHI de Genève, en 2019 et 2021. Will Fuchs, lui, terminera l’année sur un nouveau record : il est le seul cavalier à avoir décroché trois Grands Prix Rolex en ce lieu. Mais qui sait ? Ce sera peut-être un autre cavalier qui gravira le premier échelon vers une victoire au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

 

Les cavaliers à suivre

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping aura une fois de plus lieu dans le cadre du CHI de Genève (6-10 décembre), et proposera tout un programme d’animations et d’épreuves sportives. Durant ces cinq jours, le concours rassemblera un contingent de cavaliers exceptionnels dans des épreuves de renom, dont la 22e édition du Rolex IJRC Top 10 Final le vendredi soir et le Rolex Grand Prix, épreuve phare de l’événement, le dimanche après-midi.

 

Organisé dans l’impressionnant Palexpo, il verra le nec plus ultra des couples cheval-cavalier affronter certains des parcours les plus difficiles de l’année, lors du plus important concours hippique indoor. Cette année, une affiche impressionnante est prévue, dont 16 des vingt premiers cavaliers au classement mondial, ainsi que neuf Témoignages Rolex.

 

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les cavaliers à suivre

Après avoir décroché le prestigieux CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex au CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’ en septembre à bord du superbe hongre gris Leone Jei, Martin Fuchs est devenu le prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le Suisse devrait arriver au CHI de Genève plein d’aplomb. Après tout, c’est le premier cavalier de l’histoire à remporter plusieurs éditions du Rolex Grand Prix au CHI de Genève (en 2019 et 2021). Sans compter l’an passé, où il s’était fait planter au poteau par l’Américain McLain Ward. Avec ce palmarès et le soutien du public suisse, Fuchs sera sans nul doute le cavalier à battre.

 

Son compatriote, Steve Guerdat, est l’un des autres favoris. Cet été, aux rênes de la talentueuse Dynamix De Belheme, Guerdat a ajouté à ses deux médailles d’or en équipe une médaille d’or en individuel aux Championnats d’Europe FEI. Le Suisse est réputé pour être un extraordinaire homme de cheval, et a déjà remporté trois Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, dont deux ici-même au Palexpo. Guerdat et Fuchs seront accompagnés de 15 compatriotes, dont Edouard Schmitz, talentueux jeune cavalier, qui tentera de décrocher sa première victoire à un Majeur.

 

Kent Farrington, autre précédent gagnant de cette épreuve renommée, sera également présent. Suite à ses formidables victoires sur Gazelle (dont les Rolex Grands Prix du CHI de Genève en 2017 et au CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2019), Farrington a été occupé à reconstruire son piquet de chevaux. Et l’Américain a peut-être déjà trouvé son prochain champion, capable de décrocher le Rolex Grand Slam of Show Jumping Major : Landon, aux rênes duquel il a remporté la médaille d’argent en équipe comme en individuel aux récents Pan American Games. Autre représentante des États-Unis et Témoignage Rolex, Jessica Springsteen viendra elle aussi ajouter son nom à la liste, après une année impressionnante et de très bons résultats dont une victoire à un Grand Prix 5* à Londres cet été.

 

Ben Maher, numéro deux mondial, a déjà remporté presque toutes les grandes épreuves, et notamment la médaille d’or en individuel aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 et le Rolex IJRC Top 10 Final. Mais les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping lui échappent encore. Le Britannique est revenu d’une blessure plus tôt dans la saison avec plusieurs résultats impressionnants, dont une victoire au Rolex Grand Prix présenté par Audi au Brussels Stephex Masters et à l’épreuve qualificative de la FEI World Cup™ à Vérone.

 

En plus de Maher, deux autres Britanniques de renom seront présents : les Témoignages Rolex Scott Brash et Harry Charles. Brash est encore aujourd’hui le seul cavalier à s’être adjugé le Rolex Grand Slam of Show Jumping, le plus grand défi et prix le plus convoité de l’univers du saut d’obstacles. Charles se rendra à Genève pour tenter de décrocher son premier Majeur. Numéro Un mondial chez les moins de 25 ans, il sera confiant après un automne réussi dont sa victoire aux German Masters en novembre.

 

Henrik von Eckermann détient le titre de champion du monde FEI depuis maintenant 15 mois. Le Suédois a un piquet de chevaux exceptionnels et sera l’un des favoris sur la piste du Palexpo. Ayant gagné le Rolex IJRC Top 10 Final l’an passé, von Eckermann cherchera à ajouter le plateau en argent à son impressionnante liste de trophées.

 

La France enverra plusieurs cavaliers en mesure de monter sur le podium, dont Julien Épaillard, qui après une année 2022 spectaculaire (plus de 75 victoires internationales), a continué dans la même veine en 2023. Il a notamment gagné une médaille de bronze en individuel aux Championnats d’Europe FEI et la médaille d’argent par équipes à la FEI Nations Cup™ à Barcelone. Son compatriote Simon Delestre, ancien numéro un mondial, est toujours dangereux. Cette année, il est passé tout près de la victoire au Rolex Grand Prix de The Dutch Masters, si ce n’était pour une malheureuse faute au dernier obstacle.

 

L’Allemagne sera représentée quant à elle par plusieurs cavaliers de renom, dont Daniel Deusser (déjà trois Majeurs en poche), Phillip Weishaupt, médaillé de bronze en individuel au Championnats d’Europe FEI, et Marcus Ehning, gagnant du Rolex Grand Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle.

 

Enfin, l’Irlande aura elle aussi une chance de remporter le titre sur la piste de Gérard Lachat, grâce à ses cinq cavaliers en lice, dont Bertram Allen, qui faisait partie de l’équipe victorieuse à la BMO Nations Cup du CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’, et classé troisième au CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex au même endroit.

 

Entretien avec Martin Fuchs

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Félicitations ! Vous êtes le prétendant actuel au Rolex Grand Slam. Le CHI de Genève approche : comment vous sentez-vous ?

J’ai la forme. Nous venons de faire une année extraordinaire. Ma victoire au CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ sur Leone Jei, en particulier, était un grand moment ! Je suis très fier de participer au CHI de Genève, sur ma terre natale en Suisse, en tant que prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Il n’y a rien de tel que se produire devant les siens, avec leur soutien.

 

Parlez-nous du CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’. Cette victoire était-elle spéciale à vos yeux ?

C’est une joie sans nom. Mon père est arrivé en deuxième place à ce Grand Prix, et a toujours parlé de Spruce Meadows comme d’un lieu incroyable. Pour lui, ce Grand Prix était le plus prestigieux. Quel plaisir de pouvoir le décrocher aux rênes de Leone Jei !

 

Vous avez déjà remporté le Grand Prix du CHI de Genève à deux reprises, en 2019 et 2021, sans compter votre deuxième place l’an passé. Que représente ce lieu à vos yeux, et pour quelles raisons avez-vous eu un tel succès ici ?

C’est très spécial de concourir au CHI de Genève. Pour moi, c’est l’un des meilleurs concours au monde. Les installations pour les chevaux et cavaliers sont de première classe. Et en tant que ressortissant suisse, j’ai la chance de bénéficier du soutien indéfectible de la foule. Mon équipe joue aussi un rôle immense dans mon succès.

 

Comment vous êtes-vous préparé, et comment avez-vous préparé vos chevaux pour le CHI de Genève ?

J’ai fait un ou deux concours de préparation, mais je leur ai laissé deux semaines sans compétition avant le CHI de Genève, pour me permettre de me concentrer sur leur entraînement à la maison et pour qu’ils soient en pleine forme le jour J.

 

La Suisse, où a lieu le CHI de Genève, est votre pays natal. Cela vous donne-t-il un avantage, ou cela vous met-il davantage la pression ?

J’ai la chance de pouvoir compter sur le soutien du public très bienveillant du CHI de Genève. Et mes proches sont en mesure de m’accompagner et de me soutenir en personne, ce qui me pousse à faire de mon mieux pour faire leur fierté.

 

Vous avez remporté énormément d’épreuves sur Leone Jei ces dernières années. Quelles sont les qualités qui font de lui un tel champion ?

C’est un cheval au talent exceptionnel. Il a gagné des épreuves de championnats et des Grands Prix parmi les plus prestigieux au monde. C’est un partenaire de confiance : il est égal partout, saute tout aussi bien en intérieur qu’en extérieur, et s’adapte rapidement à n’importe quelle piste ou compétition. Il a un excellent tempérament, mais il est combatif. J’adore ça chez lui.

 

Les autres membres de votre équipe, tels que les grooms, les vétérinaires, etc, jouent-ils un rôle important dans votre réussite ?

Mon équipe dans son ensemble est essentielle à ma réussite. Il se passe tant de choses en coulisses ! Mes parents ont joué un rôle fondamental dans la création d’un entourage très spécial, qui me permet de me concentrer pleinement sur l’entraînement et sur la performance. Je n’ai besoin de penser à rien d’autre, mon équipe s’occupe de tout. Si je n’avais pas des grooms de très haute qualité pour s’occuper de mes chevaux, je n’aurais pas eu le succès que j’ai eu. J’ai énormément de chance d’avoir le soutien de ce groupe de personnes, en plus de mes parents qui m’aident à tous les niveaux.

 

Le CHI de Genève est un « Majeur », équivalent au tournoi de Wimbledon pour le tennis ou le Masters au golf. Qu’est-ce qui rend ces compétitions sportives si spéciales, et pourquoi sont-elles si importantes ?

Les Majeurs sont bien sûr certaines des épreuves les plus importantes de l’année. Ce sont celles que chaque cavalier rêve d’atteindre et de remporter. C’est le summum de notre sport, tous les plus grands cavaliers y ont participé.

Quand on est jeune et qu’on regarde ses idoles participer aux Majeurs, on trouve l’inspiration et la motivation nécessaires pour se dépasser en compétition, afin de les rejoindre un jour, et qui sait, les vaincre.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping permet à deux jeunes cavaliers de concourir dans chaque Majeur. Est-ce important pour donner envie à une nouvelle génération de cavaliers ?

Il est extrêmement important que cette opportunité continue d’être offerte aux générations futures, car ces cavaliers en tirent une expérience inestimable. La chance de pouvoir s’opposer aux meilleurs cavaliers au monde et de les regarder de près est sans prix. Plus jeune, j’ai eu la chance immense de pouvoir concourir aux épreuves 5* en Suisse, ce qui m’a permis de sauter au plus haut niveau à un âge tendre, même si je n’avais pas encore le top niveau. J’en ai tiré de très précieuses leçons. Une fois de retour chez soi, on a beaucoup de choses sur lesquelles travailler et beaucoup d’autres objectifs qui permettent d’avancer.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping fête cette année son dixième anniversaire. Quel impact a-t-il eu sur la discipline, selon vous ?

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a eu un impact extraordinaire sur le monde du saut d’obstacles, et l’a fait passer à un tout autre niveau. Cette initiative rassemble les quatre plus grandes épreuves au monde, donnant ainsi aux cavaliers un objectif commun et haussant le niveau général.

 

Si vous n’étiez pas cavalier de saut d’obstacles, quel métier auriez-vous fait ?

Dans n’importe quel cas, j’aurais travaillé avec les chevaux. J’adore trop être à leur contact. Et j’aime autant le côté formation/entraînement que le côté achat/vente. J’aurais donc sûrement été dans le commerce de chevaux et dans la gestion de personnel.

 

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

J’adore la compétition et participer aux meilleurs concours. J’aime beaucoup voir les jeunes chevaux mûrir, apprendre et se développer. C’est très gratifiant d’accompagner un cheval vers le plus haut niveau.   Dans le saut d’obstacles, impossible de s’ennuyer : chaque cheval est différent, et aucune journée de travail n’est la même. C’est ça qui permet de s’améliorer en tant que cavalier et homme de cheval, pour tirer le meilleur de chaque cheval tout en lui offrant la vie la plus agréable possible.

 

Pour en savoir plus sur l’équipe de Martin Fuchs, écoutez notre dernier podcast en date, qui a pour invité Sean Vard, son groom et garçon de voyage : ‘Rolex Grand Slam Talks: ‘Through the Groom's Eyes with Sean Vard’’ sur Spotify.

 

Entretien avec Marie Barbey-Chappuis

(Photo: MBC. ©CHI de Genève / Joseph Carlucci) (Photo: MBC. ©CHI de Genève / Joseph Carlucci)

La Conseillère administrative en charge du Département de la sécurité et des sports de la Ville de Genève répondait à nos questions quelques semaines avant l’édition du CHIG 2023.

 

En tant que conseillère administrative en charge des sports, vous connaissez bien le Concours International de Genève. Quelle est sa place dans l’agenda des grands événements sportifs genevois ?

C’est une compétition très importante pour Genève, elle est devenue incontournable aujourd’hui. Le CHIG contribue au rayonnement de notre ville et l’ancre comme un haut lieu de l’hippisme à l’échelle mondiale. Ce sont de tels événements sportifs que l’on souhaite promouvoir et accueillir car ils permettent au public de vivre de véritables moments d’émotions et de mettre Genève en valeur. La Ville de Genève est très heureuse de soutenir cette manifestation depuis plusieurs années. Le Concours génère aussi des retombées économiques et touristiques comme tous les grands événements.

 

Justement, quels sont les impacts positifs du CHIG dans la ville en termes d’économie, opportunités d’emplois et investissements des entreprises ?

Il est difficile de chiffrer cela précisément. Je pense qu’il faut analyser cela de manière globale. Le taux de remplissage des hôtels genevois a été exceptionnel durant le premier semestre et la dynamique actuelle reste positive. Le CHIG y contribue forcément. Les retombées médiatiques du Concours permettent aussi de renforcer l’image de Genève à l’international avec des effets économiques sur le long terme. Le CHIG est une compétition très relevée avec des cavaliers de très haut niveau. Cela est donc en résonnance avec la marque « Genève » : une ville qui cultive aux yeux du monde, notamment à travers son industrie horlogère, précision et excellence.

 

Comment l’événement profite-t-il à la communauté équestre genevoise et aux jeunes ?

Cet aspect est important. Le lien entre sport d’élite et sport amateur est fondamental et je le place au cœur de la politique sportive que je mène en Ville de Genève.  L’accès du public aux chevaux et aux cavaliers contribue à relier ces deux pôles. Pour les bénévoles et passionnés d’équitation, c’est aussi l’occasion de découvrir une autre facette de leur sport. Tous les cavaliers élites ont un jour été des cavaliers amateurs. Le CHIG permet aussi de susciter des vocations et de favoriser la relève.

 

Comment se déroule la collaboration entre le comité d’organisation du CHIG et la Ville de Genève ?  

La Ville de Genève est en contact étroit avec le comité d’organisation afin que tout se déroule au mieux. Ce concours est reconnu comme étant le meilleur concours hippique au monde, il a d’ailleurs remporté 10 fois ce prix, c’est une preuve d’excellence. Au niveau de la Ville de Genève, nous renouvelons chaque année le soutien financier à travers une convention pluriannuelle. Nous souhaitons que les gens qui viennent voir le concours vivent une expérience inoubliable et que les spectateurs étrangers profitent de l’événement pour visiter Genève.

 

A votre avis, faisant partie du CHIG, le Rolex Grand Slam of Show Jumping aurait-il impacté positivement la reconnaissance mondiale de Genève ?

Je pense que cela contribue effectivement à la réputation de Genève qui est connue pour être une cité horlogère. Le CHIG perpétue la tradition. Plus généralement, ce lien entre les acteurs économiques, les acteurs sportifs et la société civile est essentiel pour l’attractivité de la ville.

 

Rolex est fortement impliquée dans le CHIG et dans le Rolex Grand Slam of Show Jumping. A votre avis, à quel point Rolex a-t-il un impact sur Genève et le sport global ?

Rolex est une entreprise très importante pour la Ville et le Canton. N’oublions jamais que si nous pouvons délivrer des prestations de qualité à Genève, c’est grâce à des grandes entreprises comme Rolex qui sont présentes sur notre sol et qui génèrent des revenus et de l’emploi. Par ailleurs, Rolex est un acteur très engagé dans le cité, très impliqué dans la vie sportive et culturelle. Genève doit beaucoup à Rolex. 

 

Leone Jei - "Il suffit d'un cheval pour que tous les rêves deviennent réalité".

(Photo : Beeld Werkt) (Photo : Beeld Werkt)

L'histoire de Leone Jei (Baltic VDL - Dara x Corland), hongre élevé par le KWPN, est pleine d'émotions. Son éleveur Gijs van Mersbergen est décédé avant de pouvoir assister au succès de Leone Jei sous la selle de Martin Fuchs. Son nom de naissance, Hay El Desta Ali, a été trouvé sur Internet par son éleveur.

 

Tout a commencé avec Pardous

Maartje van der Velden est la petite-fille de Gijs van Mersbergen. Dès son plus jeune âge, elle a été impliquée dans l’entreprise d'élevage de son grand-père. Elle se souvient : « Mon grand-père a acheté la fille de Peter Pan, Pardous, lorsqu'elle était une jeune jument. Pour mon grand-père, elle était la jument fondatrice de cette lignée. Elle a toujours été une jument spéciale. Elle était douce et calme, mais on pouvait voir son tempérament se manifester quand quelque chose allait se produire. Elle était aussi très douce avec nous quand nous étions petits. Nous pouvions approcher ses poulains. Mon premier souvenir de Pardous remonte à mes six ans et elle est décédée quand j'avais seize ans. J'ai grandi avec Pardous. Je pense qu'elle a transmis son caractère à sa progéniture, la plupart d’entre eux étaient faciles à vivre et faisaient preuve d’une grande volonté de performer. La mère de Leone Jei, Dara, a une histoire un peu différente. Elle avait beaucoup de caractère, pas de façon négative, mais mon grand-père ne nous laissait pas seuls avec elle quand nous étions de jeunes enfants. Je n'ai personnellement jamais vu Pardous sauter, donc il est difficile pour moi de dire ce qu'elle a transmis à sa descendance. De plus, Pardous n'a été utilisée chez nous que comme poulinière.  Mon grand-père était un grand fan de l'étalon Holsteiner Cardento, il l'a utilisé sept fois pour Pardous. »

 

Cardento a concouru avec le cavalier suédois Peter Eriksson à 1m60. Ils ont participé aux Jeux Équestres Mondiaux de 2002 à Jerez de la Frontera et aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004. Ils ont également participé à deux Championnats d'Europe : Arnhem en 2001 et Donaueschingen en 2003. Il a engendré plusieurs chevaux de haut niveau comme Catch Me Not S et Katanga vh Dingeshof.

 

Maartje van der Velden poursuit sur le choix d'étalon de son grand-père : « Mon grand-père aimait la manière dont Cardento et Corland se comportaient dans le sport. Il aimait leur façon de sauter. Le croisement avec Pardous et Cardento a fonctionné. Mon grand-père a élevé quatre chevaux issus de ce croisement qui ont sauté à 1m40 et plus. Le hongre Impossible Dream a sauté à 1m55 sous la selle de Kelly Arani. Impossible Dream était très gentil en tant que poulain, il a grandi avec d’autres poulains et était toujours très curieux quand nous entrions dans le champ. Il était également aussi très important pour mon grand-père que les chevaux aient un bon caractère. Aussi parce que nous, ses petits-enfants, étions autorisés à être avec les chevaux, il insistait vraiment sur le fait que les chevaux devaient avoir un bon caractère. Il voulait pouvoir faire confiance à ses chevaux à 100 %. La combinaison entre Pardous et Corland a donné la jument Dara, la mère de Leone Jei.


Dara est un peu l'exception dans cette histoire, elle avait un tempérament plutôt assez ardent. Nous n'avions pas le droit d'être juste avec Dara, il devait être avec nous. Elle a également transmis cette ardeur à sa progéniture. On peut dire qu'avec Leone Jei, elle a conçu un cheval exceptionnel. Peut-être pouvons-nous dire qu'elle est en effet la jument la plus spéciale de cette lignée. Dara et sa mère Pardous ont passé quelques années ensemble avec leur progéniture. Mon grand-père élevait environ cinq ou six poulains par an. Il a aussi élevé pendant un moment des chevaux de dressage, mais son cœur était dans ceux pour le saut d'obstacles. Cela lui procurait beaucoup plus d'excitation et il trouvait très spécial que les chevaux puissent franchir des barrières aussi hautes. Nous regardions également toutes les grandes compétitions. Il aimait vraiment le sport. Malheureusement, je ne suis jamais allée avec mon grand-père au CHIO d'Aix-la-Chapelle, mais le projet est que j'aille avec ma grand-mère aux Jeux Olympiques l'année prochaine à Paris. Nous aimerions aussi revoir Leone Jei sur place lors d'un Grand Chelem Rolex, ce serait également très spécial. Nous étions déjà cette année au Dutch Masters. Je tiens toute la famille informée des endroits où Leone Jei va concourir et de ses résultats. J'essaie de suivre tous les chevaux de cette lignée que mon grand-père a élevée. J'ai aussi une jument issue de cette famille qui a Pardous pour grand-mère. Cette jument, Chantal, a sauté jusqu'à 1m30 sous la selle de Koen Leemans. Pardous est malheureusement décédée aujourd’hui, c'est pourquoi nous avons décidé de prendre Chantal pour l'élevage. Mon grand-père avait déjà vendu Dara, donc Chantal était la seule jument qu'il lui restait. Elle a eu son dernier poulain en 2019, mon grand-père est décédé avant de pouvoir voir naître le poulain. Ad van Hal nous a beaucoup aidé cette année-là, c'était le meilleur ami de mon grand-père. Nous pourrions recommencer l'élevage avec Chantal, mais j'ai eu beaucoup de mal à vendre le dernier poulain de Chantal car c'était le dernier poulain élevé par mon grand-père. Chantal est aussi très spéciale pour moi, elle a vécu ici quasiment toute sa vie, à l’exception de quand elle était avec Koen Leemans.

 

Leone Jei

Maartje van der Velden poursuit à propos de Leone Jei : « Mon grand-père a toujours apprécié Baltic VDL. Il pensait que Cardento ne correspondant pas à Dara, c'est pourquoi il a décidé d'utiliser Baltic VDL. L'élevage est toujours un peu un pari, mais cela a bien fonctionné. Nous avons beaucoup aimé Leone Jei lorsqu'il était poulain et nous avons de nouveau utilisé Baltic VDL, ce qui a donné naissance à la jument Idara. Elle se trouve maintenant aux États-Unis, appartenant à Dark Horse. Curieusement, Martin Fuchs a concouru avec elle aux États-Unis à 1m45. Elle a d'abord été achetée par l'équipe de Fuchs qui l'a ensuite vendue à Dark Horse. Idara n'était pas aussi ardente que sa mère et Leone Jei.

 

Nous avons toujours ri du nom de naissance de Leone Jei. Mon grand-père l'a appelé Hay El Desta Ali - nous lui avons dit de choisir un nom normal, il y a tellement de beaux noms avec un 'H'. Mon grand-père cherchait sur Internet un joli nom en H et a choisi Hay El Desta Ali. Finalement, nous avons découvert que cela signifiait quelque chose comme ‘it is what it is’. Après tout, c'était un nom spécial. Comme poulain, il était aussi ardent que sa mère. Il avait un super caractère mais montrait beaucoup de tempérament. Cela s'est aussi manifesté lorsqu'il a commencé à être monté. Les premières montes étaient toute une aventure. Au début, Koen Leemans a eu des difficultés avec Leone Jei, mais ils ont ensuite construit un lien. Maintenant, il sait vraiment comment utiliser le tempérament qu'il possède. La façon dont il porte sa queue est exactement la même que lorsqu'il était jeune - c'est un point qui le  caractérise. Grâce à l'amitié entre mon grand-père et Ad van Hal, Ad a pu acheter Dara. Mon grand-père lui a accordé la jument. A cette époque, nous avions encore Pardous et Chantal comme poulinières. Il n'y a plus beaucoup de juments utilisées pour l'élevage. Je sais que j'ai en ce moment une jument vraiment unique.

 

Pour ma famille et moi, cette lignée a une grande valeur émotionnelle. Mon grand-père essayait de suivre partout où allaient ses chevaux Il est très spécial de voir le développement de Leone Jei dans le sport avec Martin Fuchs : Le succès de Leone Jei est quelque chose dont il a toujours rêvé, il disait toujours qu'il suffisait d'un cheval pour réaliser tous les rêves !  Notre grand-père avait l’habitude de s'asseoir derrière son ordinateur et de chercher toutes les informations sur ses chevaux, ainsi que des renseignements sur les étalons. Il assistait toujours à de nombreuses présentations d'étalons, des compétitions d'étalons, etc. Nous n'avions jamais pu imaginer que Leone Jei deviendrait le cheval qu'il est actuellement. Nous devons tout le succès à la fille de Peter Pan, Pardous. Mon grand-père est décédé peu de temps après la vente de Leone Jei à Martin Fuchs.

 

Ad van Hal

Gijs van Mersbergen accompagnait souvent Ad van Hal dans ses déplacements. Le plan initial était de faire concourir Dara, la mère de Leone Jei, mais cela s'est avéré trop coûteux. Ainsi, van Mersbergen a vendu la mère de Leone Jei à Ad van Hal après qu'elle ait donné naissance à Idara par Baltic VDL, la sœur de Leone Jei. Ad van Hal se souvient : « Je passais toujours devant le champ où Dara se tenait, en revenant du travail à vélo. Je me disais qu'un jour elle serait à moi. Nous sommes allés ensemble aux approbations d'étalons du KWPN à Den Bosch et j'ai demandé à van Mersbergen si je pouvais l'acheter. Il a mentionné un prix tellement élevé que je lui ai demandé d’arrêter la voiture, je devais y réfléchir. J'ai essayé plusieurs fois de l'acheter, jusqu’au moment où j'ai réussi. J'ai toujours eu de bons contacts avec van Mersbergen. Je suis toujours aussi triste qu'il soit décédé. J'ai assisté à de nombreux concours avec lui et j'ai vu le jeune Leone Jei plusieurs fois sous la selle de Koen Leemans. Van Mersbergen était vraiment passionné par le sport équestre.

 

J'ai élevé sept poulains avec Dara. Le premier poulain que j'ai élevé avec Harley VDL était censé être le seul, mais elle a mis bas à des jumeaux - heureusement, tous les trois ont survécu. L'année suivante, Dara a eu une autre pouliche avec Harley VDL que j'ai vendue en Belgique, mais elle est décédée à l'âge d'un an. Elle a un étalon de quatre ans par Colman et un étalon de trois ans par El Barone 111 Z. Ainsi qu'une jument de deux ans par Verdi TN que je souhaite conserver, cette année elle a eu un frère complet de Leone Jei. J'ai vendu Dara à Mares of Macha, ils voulaient l'utiliser pour l'ICSI. J'ai une fille de Dara, et ils m'en ont proposé beaucoup d'argent et je n'ai pas pu résister. Dara est une jument assez longue et bien proportionnée. Elle a un bon caractère, mais elle est aussi très vive. C'est cette combinaison dans son caractère qui me plaisait. Elle était toujours la première dans le troupeau de chevaux, elle a beaucoup de sang. Van Mersbergen a déjà élevé plusieurs bons chevaux de saut d'obstacles avec cette lignée.

 

Van Mersbergen avait déjà élevé plusieurs bons chevaux de saut d'obstacles de cette lignée. C'était aussi une des raisons pour lesquelles je l'ai achetée. Elle avait une lignée maternelle intéressante. En fait, c'était une ligne de performance très courte, on en sait peu sur la lignée. Cependant, j’ai assisté à l’approbations des juments avec van Mersbergen à Esbeek quand Pardous était jeune. Elles devaient sauter en liberté. Une clôture d'environ deux mètres de haut avait été construite. J'avais déjà dit à van Mersbergen de faire attention car je pensais qu’elle allait sauter au-dessus et il pensait que j'étais fou. Devinez quoi ? Elle a sauté la ligne puis a sauté par-dessus la clôture de deux mètres de haut qui était censée garder les chevaux à l'intérieur. Elle ne l'a même pas touchée. »

 

Ad van Hal réfléchit également sur la difficulté d'évaluer une lignée de juments qui n'a pas beaucoup de générations qui ont connu la compétition : « L'élevage d'aujourd'hui se concentre uniquement sur les chevaux qui ont concouru. Cette lignée n'avait pas beaucoup d’expérience de sport dans sa lignée maternelle, mais ceux qui ont rejoint le domaine du sport sont bons. Aujourd'hui, l'ICSI devient de plus en plus populaire, mais on ne sait pas si cinq frères et sœurs se comporteront tous bien dans le sport.»

 

Toute lignée de juments commence à un moment donné. L'histoire de Leone Jei a commencé avec la jument Pardous. L'éleveur passionné Gijs van Mersbergen a mis beaucoup de soin et engagé sa fierté à trouver les bons croisements pour sa jument.

 

La victoire à Spruce Meadows vue par l'éleveur

Maartje van der Velden dit : « J'ai regardé la victoire de Martin Fuchs et Leone Jei le lendemain avec ma grand-mère. Nous essayons de regarder chaque compétition en direct, mais c'était un peu trop tard. Je l'ai regardé deux fois parce que j'ai regardé la retransmission en direct. C'était tellement excitant, surtout quand ils ont touché la première barrière ! C'était irréel de voir comment Martin a levé son bras au-dessus du dernier obstacle. J’ai été submergée d’un grand sentiment de fierté. C'est exceptionnel qu'un cheval comme Leone Jei soit né dans les écuries de mon grand-père ! Je suis toujours en contact avec l'ancien cavalier de Leone Jei, Koen Leemans. Nous faisons tous partie de cette histoire. »

ENTRETIEN AVEC JOANA SCHILDKNECHT

JOANA SCHILDKNECHT (Photo: YRA / Fabio Petroni)

 

Quels sont vos objectifs pour cette fin d’année, et quels sont vos projets et ambitions pour 2024 ?

Avant la fin de l’année 2023, je souhaite participer à l’épreuve des moins de 25 ans du CHI de Genève ainsi qu’à des 1,50 m, dans l’objectif de me qualifier pour les Championnats de Suisse l’an prochain. En 2024, mon premier objectif sera de concourir à l’épreuve des moins de 25 ans à Bâle. Et par la suite, j’aimerais participer à des 3* dans l’équipe nationale suisse. Avec un peu de chance, j’aurai de bons résultats dans certaines de ces épreuves !

 

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Les grands moments de fierté dans mon parcours professionnel me sont venus lorsque j’ai représenté la Suisse dans la Coupe des nations ces dernières années. Je suis aussi très fière des médailles remportées aux Championnats de Suisse. Et enfin, j’ai de très bons souvenirs des Championnats d’Europe Juniors et Jeunes cavaliers, où je n’ai pas eu le bonheur d’être médaillée, mais j’étais très fière de m’être qualifiée et d’avoir représenté mon pays.

 

Parlez-nous un peu de votre piquet de chevaux et de leurs personnalités...

J’ai actuellement quatre chevaux ayant une certaine expérience qui m’accompagnent dans les grosses épreuves, ainsi que cinq jeunes chevaux de cinq à sept ans. J’aime les former et les développer moi-même assez tôt et jusqu’à ce qu’ils aient l’expérience nécessaire pour passer au niveau supérieur.

Parmi mes meilleurs chevaux, on trouve Catrina J, que j’ai montée aux deux derniers Championnats d’Europe Jeunes cavaliers. Victor Nn et Napoleon C sont mes deux autres chevaux ayant une certaine bouteille. C’est avec eux que j’ai remporté ma première médaille en 1,50 m cette année et que j’ai participé à plusieurs Grands Prix 2* et 3*.

 

À quel moment vous êtes-vous aperçue que vous vouliez devenir cavalière professionnelle ?

Dès mon enfance ! Mes parents tenaient une petite écurie. J’ai donc grandi parmi les chevaux, et ma passion est née là. La relation qu’on peut créer avec un cheval est très spéciale. J’ai toujours été mordue. Je voulais en permanence être en compagnie des chevaux et faire des concours équestres.

 

Vous faisiez partie de la Rolex Young Riders Academy. Pourriez-vous nous parler de cette académie ? Vous a-t-elle aidée dans votre parcours ?

Bien sûr : faire partie de la Rolex Young Riders Academy est l’une des plus belles choses qui me soient arrivées dans ma carrière. J’y ai appris énormément de choses intéressantes et j’y ai noué d’incroyables relations. J’y ai reçu l’enseignement d’experts du monde équestre et notamment de vétérinaires chevronnés, sans compter les cours sur l’aspect commercial du métier. Cela m’a beaucoup aidée et m’a donné confiance en moi. 

 

Tout comme le tennis et le golf, le saut d’obstacles a son propre Grand Chelem. Quels autres grands tournois sportifs aimez-vous regarder ? Lequel est votre préféré et pourquoi ?

J’adore regarder le Championnat du monde de Formule 1. Mon écurie favorite, Red Bull, domine cette saison.

 

En tant que jeune cavalière, que représente le Rolex Grand Slam of Show Jumping pour vous ? Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Absolument, le Rolex Grand Slam of Show Jumping est une initiative incroyable qui rassemble les Grands Prix les plus prestigieux tenus lors des concours les plus connus de la planète. Rien ne vaut le Rolex Grand Slam, c’est le rêve de tout cavalier d’y participer !

 

Qu’est-ce qui fait la particularité du CHI de Genève pour vous, cavalière suisse ?

Le CHI de Genève est vu comme le plus grand concours indoor de Suisse. C’est donc un honneur d’y participer. Le site et les installations du CHI de Genève sont formidables, tout est très bien organisé, et l’atmosphère est fabuleuse. Rien ne vaut Genève selon mon expérience !

C’est l’opportunité de se mesurer aux meilleurs cavaliers du monde. D’ailleurs, j’aime bien aller voir la détente, on apprend plein de choses simplement en les regardant s’échauffer !

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping fête actuellement son dixième anniversaire. Quel impact a-t-il eu sur la discipline, selon vous ?

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a eu un gros impact sur tous les acteurs du monde du saut d’obstacles, des entraîneurs aux chevaux en passant par les cavaliers. Je suis trop jeune pour être consciente de la somme totale de ces changements, mais j’ai vu ces dernières années l’impact positif de cette initiative.

 

Qui est votre plus grande source d’inspiration ? Idolâtrez-vous un cavalier en particulier ?

Steve Guerdat et Martin Fuchs, mes deux compatriotes suisses, sont deux grandes sources d’inspiration. Je m’entraîne avec Thomas Fuchs, ce qui me donne parfois la chance inouïe de travailler aux côtés de Martin.

 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Qu’il faut toujours écouter son cheval, et ne pas lui demander trop de choses en même temps. Certains chevaux prennent plus de temps à se développer. Il faut se montrer patient et être à leur écoute pour obtenir le meilleur résultat possible.

ROLEX GRAND SLAM TALKS, LE PODCAST

 

Plus tôt dans l’année, le Rolex Grand Slam of Show Jumping a inauguré un passionnant nouveau podcast intitulé « Rolex Grand Slam Talks: Through the Groom's Eyes ». Ce podcast plonge dans l’intimité de l’univers qui sous-tend les performances du couple cheval-cavalier, et plus particulièrement les grooms, héros souvent oubliés qui travaillent sans relâche dans les coulisses des plus grands concours de saut d’obstacles.

 

Tous les trois mois, en amont des Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, un épisode est mis à disposition des auditeurs gratuitement sur Spotify. Tout comme le caddie au golf ou les mécaniciens en Formule 1, les grooms sont absolument indispensables à la réussite des cavaliers et chevaux dont ils s’occupent. Cette série d’émissions vise à faire découvrir le rôle important de ces travailleurs de l’ombre dans notre sport favori.

 

Deux épisodes dont déjà disponibles à l’écoute. Dans le premier, nous rencontrons Virgine Casterman et Lee McKeever qui accompagnent au quotidien le cavalier américain McLain Ward. Ces deux grooms ont notamment joué un rôle primordial dans les victoires de Ward aux Rolex Grands Prix du CHI de Genève en 2021 et aux Dutch Masters de 2022. Ils nous parlent ici de leur parcours professionnel et de la relation particulière qui les unit à la sensationnelle jument HH Azur. La seconde émission est axée sur Sean Lynch., le groom de Daniel Deusser, Témoignage Rolex. Sean travaille avec Deusser, ancien numéro un mondial, depuis une dizaine d’années, et ils ont vécu ensemble de nombreuses victoires.

 

Deusser lui-même reconnaît volontiers l’importance de Lynch dans son succès : « Sean est un groom incroyable, je lui fais confiance à 100 %. Il passe plus de temps que moi avec mes chevaux et entretient avec eux une merveilleuse relation. Il ne s’agit pas simplement d’un métier pour lui. C’est un vrai mordu de chevaux et de saut d’obstacles. Au départ, Sean était venu passer une ou deux semaines chez nous en tant que groom freelance, mais il a fini par rester ! La relation entre le cavalier et son groom est absolument cruciale à la réussite. J’ai énormément de chance de pouvoir travailler avec lui. »

 

Sean Vard sera l’invité du prochain épisode de Rolex Grand Slam Talks: Through the Groom's Eyes, qui sera diffusé juste avant le CHI de Genève, dernier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année. L’Irlandais est le groom de Martin Fuchs, Prétendant actuel au Grand Slam. Suite à la victoire de Fuchs au CPKC ‘International’ présenté par Rolex au CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’ en septembre, Vard contribuera à l’effort collectif de son équipe pour que le cavalier suisse garde son titre. Ayant déjà remporté le Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2019 et 2021 et étant passé tout près de la victoire pour décrocher une belle deuxième place en 2022, Fuchs sera le favori au départ de l’édition 2023. Vard nous parlera de son parcours et des incroyables chevaux qu’il a eu sous sa garde au fil des ans, comme Clooney 51 ou Leone Jei, et nous expliquera comment il fait en sorte que les chevaux arrivent en pleine forme le jour J.

 

Pour toutes les actualités et les dates de mise à disposition du podcast, suivez @rolex_grand_slam sur Instagram. Pour accéder aux épisodes précédents, cliquez ici.

ENTRETIEN AVEC GEORGIA ELLWOOD

Georgia Ellwood (Photo : Madeleine D. Bergsjø)

 

Pourriez-vous vous présenter ? Dites-nous par exemple pour qui vous travaillez et en quoi consiste votre métier.

Je m’appelle Georgia Ellwood, et je suis groom de compétition pour Harry Charles. 

 

Parlez-nous des chevaux que vous avez sous votre responsabilité et de leur personnalité… 

Dans l’équipe de Harry, je m’occupe de neuf chevaux, tous d’âges différents et avec différents niveaux d’expérience. Roméo 88 et Balou Du Reventon sont nos chevaux les plus âgés et les plus expérimentés. Balou du Reventon est une vraie perle, le favori de l’écurie en ce moment. C’est un étalon mais il ne se comporte pas du tout comme tel, il est vraiment gentil. Nous l’avons surnommé le vieux papy de l’écurie. 

Par contre, avec Roméo 88, c’est une autre paire de manches par rapport à lui [Balou du Reventon]. Il est plutôt grincheux, mais il peut aussi être très affectueux. Il a besoin d’attention, et une fois qu’il l’a, son humeur change. 

Sherlock est l’un de mes chevaux préférés parmi les plus jeunes. C’est l’animal le plus adorable que vous puissiez imaginer. Il est malicieux et très doux, et il donne tout ce qu’il a quand il est dans l’arène, et ça fait vraiment plaisir à voir. Je suis sûre que Harry serait d’accord avec moi pour dire que c’est un bon petit soldat. 

Nous avons aussi un jeune cheval de huit ans qui s’appelle Bandit, et qui est très spécial. Son nom officiel est Dunroe Quality et il a une détente incroyable, un vrai ressort. Il est très agréable mais il a un caractère parfois difficile. Il adore me tester sur le terrain, mais c’est un cheval complètement différent quand Harry le monte. C’est l’un des meilleurs jeunes chevaux que j’ai jamais vu. J’espère qu’il va continuer à se développer à l’avenir, et je pense qu’il va devenir un acteur très important dans la discipline du concours hippique. 

Tous les chevaux ont des caractéristiques différentes ; vous devez vraiment passer du temps en tête-à-tête avec eux pour apprendre à les connaître.

 

Qu’est-ce que ça représente pour vous de faire partie de l’équipe de Harry Charles ?

C’est vraiment passionnant de faire partie de l’équipe de Harry Charles. À Heathcroft Farm, nous faisons partie de la famille, nous ne sommes pas seulement des grooms. Peter [Charles] nous fait confiance et c’est très important pour nous. Il est très impliqué à l’écurie mais il nous laisse notre indépendance. C’est une équipe géniale et je suis ravie d’en faire partie. La famille est vraiment formidable avec nous, et c’est ce qui fait que nous aimons notre travail. Ce sont des gens tellement agréable à côtoyer. 

Je suis avec Harry depuis quatre ans maintenant et j’ai pu remarquer une évolution significative dans sa manière de monter. C’est quelqu’un de très décontracté, mais quand il participe à des concours importants, il veut bien faire et il se met beaucoup de pression. J’essaye de rester calme et de garder mon sang-froid pour l’aider. 

Harry est un perfectionniste et depuis que je travaille avec lui, j’ai pu constater à quel point il travaille dur. C’est l’un des cavaliers les plus travailleurs que je connaisse. Il a énormément de volonté. 

 

Vous avez récemment gagné le prix de « Groom de l’année » du British Showjumping, qu’est-ce que ça représente pour vous ?

Quand j’ai commencé dans ce sport, la séparation était marquée entre les cavaliers et les grooms. Chaque fois qu’un cavalier gagnait un concours, les projecteurs étaient braqués sur le cavalier, le cheval et le propriétaire, mais récemment, depuis un ou deux ans, les grooms commencent à avoir une certaine reconnaissance. C’est formidable et ça fait une vraie différence. Nous travaillons vraiment dur en coulisses, il y a tellement de gens dans les équipes qui sont derrière chaque cavalier et son cheval, y compris les entraîneurs, le maréchal-ferrant, le vétérinaire et les responsables commerciaux, et le rôle de chacun est vital car nous travaillons dans un sport d’équipe. 

Gagner le prix du Groom de l’année a été un moment fantastique. C’était génial d’avoir cette reconnaissance, nous travaillons tous tellement dur, sans compter nos heures, ce prix représentait énormément pour moi. 

 

Comment avez-vous commencé dans ce métier et quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer dans ce domaine ?

J’ai toujours été passionnée par les chevaux. Je montais beaucoup des poneys et j’ai participé aux compétitions du British Show Jumping pendant un temps. Plus tard, j’ai dû reconnaître que je n’étais pas aussi bonne que d’autres jeunes cavaliers et j’ai décidé de devenir groom et j’ai trouvé un emploi à l'âge de 15 ans où je nettoyais les écuries. Cela s’est vite transformé pour moi en premier travail à plein temps en tant que groom de compétition. 

J’appréciais le fait de toujours faire partie de l’équipe et de pouvoir monter. Travailler aux côtés d’un cavalier de haute compétition est incroyablement stimulant. Mon conseil pour la jeune génération tient au fait que le métier de groom représente beaucoup de travail et de fatigue. Mais quand les choses fonctionnent bien et que le succès arrive, c’est un sentiment fantastique. Il faut continuer à travailler dur et les résultats se feront sentir. 

 

Qu’est-ce que vous préférez dans votre travail ?

La victoire tient une place très importante. J’aime aussi avoir un nouveau cheval et apprendre à le connaître ou travailler avec un jeune cheval et le voir progresser. Quand il évolue et participe à son premier Grand Prix, c’est un sentiment exaltant. Je suis très fière de faire partie de ce processus. 

 

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (The Dutch Masters, CHIO d’Aix-la-Chapelle, Tournoi de Spruce Meadows ‘Masters’ et CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions selon vous ?

J’adore participer aux Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping car ils sont admirablement organisés. Ils n’ont pas seulement pensé aux cavaliers, mais ils se soucient aussi du bien-être des chevaux. En tant que groom, c’est très important pour nous. Les grooms sont traités et considérés de la même manière que les cavaliers et c’est vraiment très agréable. L’atmosphère qui règne dans les Majeurs est incroyable. Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est l’un de mes concours préférés. Les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping sont sans aucun doute parmi les meilleurs concours au monde.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping fête actuellement son dixième anniversaire. Quel impact a-t-il eu sur la discipline, selon vous ?

Je ne suis pas dans la discipline depuis assez longtemps pour avoir vu le changement depuis les débuts mais je pense que le Rolex Grand Slam of Show Jumping a eu un impact considérable sur ce sport. Il a ouvert des portes aux jeunes cavaliers et aux grooms et leur a permis d’accéder à différents lieux de compétition. Tous les Majeurs sont extraordinaires. Ils sont extrêmement bien organisés, et les sites sont superbes. Ils ont mis la barre très haut pour notre sport. Les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping ont eu un impact significatif sur les grooms, ils nous ont apporté une véritable reconnaissance et nous ont permis d’avoir notre mot à dire. 

 

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Il y a beaucoup de moments de ma carrière dont je suis fière. Bon nombre de ces moments incluent Harry. Je dirais quand nous avons gagné le bronze par équipe aux Championnats du monde de la FEI à Herning, au Danemark. Il [Harry] a fait un superbe sans-faute le dernier jour qui nous assuré la médaille. Un autre moment spécial est le premier jour où Harry a fait un sans-faute aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020. J’étais tellement fière. 

 

Les grooms forment-ils une vraie communauté où ils se soutiennent mutuellement ?

Chez les grooms, nous n’avons pas beaucoup de temps pour avoir une vie sociale en dehors des compétitions. Tous les grooms sont extrêmement proches, nous formons un grand groupe d’amis. Nous nous voyons presque toutes les semaines, on forme donc des liens d’amitié très forts. C’est une communauté de gens sympathiques.

L’ambiance y est très solidaire également, si vous avez besoin d’aide ou si vous êtes en difficulté, vous trouverez de l’aide dans la communauté. Il n'y a pas une seule mauvaise personne dans la communauté des grooms. Nous avons tous beaucoup de chance d’avoir le soutien de nos collègues car on peut parfois se sentir submergé par les événements. 

FUCHS S’ENVOLE VERS LA VICTOIRE AU CPKC ‘INTERNATIONAL’ PRÉSENTÉ PAR ROLEX

(Photo: Rolex Grand Slam / Tom Lovelock) (Photo: Rolex Grand Slam / Tom Lovelock)

 

Souvent considéré comme l’une des épreuves de saut d’obstacles les plus difficiles et prestigieuses au monde, le CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ a une fois encore été l’occasion d’admirer les meilleurs talents de l’univers équestre. Au total, ce sont trente-quatre couples issus de douze pays différents, dont cinq des meilleurs au monde, qui se sont présentés sur la ligne de départ du parcours aux monstrueux obstacles de Leopoldo Palacios.

 

Le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ est bien sûr le troisième Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année, et le deuxième à fêter ses dix bougies dans la compétition.

 

Avec ses dix-sept obstacles/douze combinaisons, la première manche prend la véritable mesure des chevaux et cavaliers en termes d’endurance, d’aptitude et de courage. Troisième en lice, Angelie Von Essen produit le premier sans faute sur son selle français Alcapone des Carmille. Et à mi-chemin, seuls quatre cavaliers ont fini le parcours sans pénalité, dont la Canadienne Tiffany Foster, qui ravit le public de la piste internationale avec un sans faute fluide.

 

Mais c’est la déception pour Steve Guerdat, nouveau Champion d’Europe FEI et gagnant de l’épreuve en 2021. Comme neuf autres cavaliers, il fait la faute au douzième obstacle. Et ce n’est pas la fin des mauvaises surprises : plusieurs autres favoris ne se qualifient pas pour la deuxième manche, dont Ben Maher, quatrième au classement mondial, Scott Brash, gagnant du Rolex Grand Slam of Show Jumping et le Néerlandais Harrie Smolders.

 

La deuxième manche ne laissant la porte ouverte qu’aux douze cavaliers ayant fait preuve des meilleurs résultats à la première, ceux capables de produire un parcours rapide pénalisé de quatre points seulement auraient encore une chance de remporter l’un des prix les plus convoités du saut d’obstacles. La Canadienne Erynn Ballard et l’Égyptien Nayel Nassar en feront partie. Au total, cinq cavaliers réussissent le sans faute sur ce parcours technique, dont Martin Fuchs, Témoignage Rolex, qui fait une partie du parcours sur un seul étrier après un énorme saut de Leone Jei au-dessus des palanques ornées du drapeau canadien.

 

Un court intervalle plus tard, les gradins bondés attendent, le souffle suspendu, le retour de ces incroyables couples sur la piste ensoleillée. Pour cette deuxième manche, les participants entrent en piste dans le sens opposé à celui de la première manche. En cas d’ex-æquo, un barrage les attendra. Un seul cavalier ayant essuyé quatre points à la manche précédente réussit à mettre la pression sur les détenteurs des sans faute : c’est le Mexicain Andres Azcarraga, qui fait une brillante performance en bouclant le parcours en un tourne-main dans les 77 secondes imparties. Sous les acclamations de son public, Tiffany Foster est la première à faire le double sans faute et monte ainsi la barre pour les trois cavaliers restants. Martin Fuchs, Témoignage Rolex et double vainqueur d’un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, promet un barrage au public. Pendant ce temps, c’est la catastrophe pour Bertram Allen, autre Témoignage Rolex, qui fait la faute sur le triple. Seuls deux cavaliers restent donc en lice pour le barrage.

 

Pleine d’anticipation, la foule canadienne espère assister à la première victoire du pays depuis celle de Ian Millar sur Captin Canada en 2014. Et Foster produit un parcours très respectable avec quatre points seulement et un chrono de 44,45 secondes. Au moment où Leone Jei passe sous l’horloge, on peut entendre tomber une aiguille. Et le superbe hongre aux très gros moyens nous montre tout son talent en survolant les obstacles de l’arène internationale pour passer la ligne d’arrivée sans faute en 43,58 secondes et offrir la victoire dans cette épreuve très disputée au cavalier suisse.

 

Après sa victoire, Fuchs nous a confié : «J’ai toujours voulu gagner cette épreuve dans ce concours prestigieux, et quel plaisir d’y arriver ! Mon père a concouru ici à plusieurs reprises mais n’a jamais gagné. Il m’a donc fait promettre de gagner pour nous deux aujourd’hui, et je suis ravi d’avoir pu le faire. »

 

Le nouveau prétendant au titre du Rolex Grand Slam of Show Jumping a ensuite continué : « Leone Jei est un cheval incroyable, doté d’un talent extraordinaire. Il a très bien sauté dans la première manche. Si bien même que je suis sorti de selle au-dessus des palanques avec les drapeaux canadiens et que j’ai perdu ma rêne et mon étrier gauches ! J’ai essayé de récupérer mon étrier mais je n’y suis arrivé que trois obstacles plus tard. À l’intervalle, on avait discuté de la possibilité de changer de mors, mais mon père m’a déconseillé de le faire et m’a dit qu’il me suffisait de mieux monter ! »

 

INTERVIEW AVEC TOMMY WHEELDON JR

(Photo: Spruce Meadows Media) (Photo: Spruce Meadows Media)

 

Pourriez-vous nous expliquer plus en détail qui vous êtes et ce que vous faites ?

 

Je m’appelle Tommy Wheeldon Jr. et je suis entraîneur et directeur général de Cavalry FC, une équipe de foot avec laquelle je travaille depuis sa naissance en 2018. En septembre 2017, quand j’ai rencontré Linda [Southern-Heathcott] au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, j’ai profité d’une reconnaissance de parcours pour lui suggérer l’idée d’accueillir des rencontres de football professionnel sur la piste de l’International Arena.

 

Avant de travailler pour Cavalry FC, que saviez-vous du saut d’obstacles ?

 

Avant la naissance de l’équipe, je m’étais déjà rendu plusieurs fois à Spruce Meadows pour voir ma belle-fille Tatum concourir. Ma femme et elle sont passionnées d’équitation. Quand j’ai rencontré ma femme, ma belle-fille participait régulièrement à des concours. C’est ainsi que j’ai découvert ce sport. Bizarrement, nous nous étions rendus à un concours organisé par l’association caritative Calgary Flames Family Foundation, durant lequel ma belle-fille a été invitée à concourir sur ce qui est maintenant le Stade ATCO. Je me souviens que ce moment avait été très important pour elle. Bref, cela fait un petit moment que j’évolue autour des chevaux. Et la chance a voulu que je reçoive une invitation d’un ami pour le Masters de 2017.

 

Existe-t-il des similitudes entre les deux sports à vos yeux ?

 

Oui, absolument. Ce sont deux sports axés sur le détail, sur les relations interpersonnelles. Le cheval et le cavalier doivent se faire confiance l’un l’autre, et les joueurs de football doivent avoir confiance en ceux qui décident de l’entraînement, de la stratégie et de la tactique à adopter.

 

Dans les sports équestres, tout est dans le détail. Une seule erreur dans un parcours de 60 secondes peut vous coûter la victoire, tout comme au football, où une seule bévue dans un match de 90 minutes peut affecter le résultat final. Ce sont deux sports qui se jouent à quelques fractions de seconde ou à quelques millimètres près.

 

Le plus grand professionnalisme est exigé. Dans le saut d’obstacles, le niveau d’entraînement et de soins donnés aux chevaux est impressionnant. Et dans le foot, c’est pareil : on prend très grand soin des joueurs, en matière d’alimentation comme à l’entraînement. Il existe beaucoup de points communs entre les deux.

 

Les sports équestres ont des Majeurs, tout comme le tennis et le golf. À votre avis, où se joueraient les quatre majeurs du football ?

 

S’il fallait choisir quatre Majeurs pour le foot, le stade de Wembley serait sans aucun doute en haut de la liste. Je dirais Camp Nou aussi, même si je n’y suis jamais allé. Il est en cours de rénovation, mais ça va être un endroit très spécial, je pense. Après, je dirais l’Estadio Azteca à Mexico, où je suis allé pour la Coupe du monde en 1986. J’ai le souvenir d’un stade bondé. Et enfin, le stade de San Siro à Milan. C’est à cet endroit précis que j’ai fini de tomber amoureux du football, durant la Coupe du monde 1990. J’ai eu le privilège de visiter ce stade, c’est un endroit merveilleux.

 

Vous qui avez l’expérience du foot et du sport équestre, que pensez-vous qu’ils pourraient-ils apprendre l’un de l’autre ?

 

Les sports équestres, par exemple dans la tenue et la posture des cavaliers, ont une élégance innée. C’est la raison pour laquelle Rolex y est associé, tout comme au tennis, avec Wimbledon.

 

Le public qui vient regarder le football à Spruce Meadows bénéficie tout autant de l’élégance du lieu, mais dans un cadre différent. Un lieu unique, des expériences très différentes : c’est ce qui fait de Spruce Meadows un endroit à part. D’un côté, on a l’International Arena, où les cavaliers s’affrontent pour gagner le Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et où le public est relativement calme. De l’autre, on a le Stade ATCO, où la foule est beaucoup plus bruyante du premier coup de sifflet au dernier.

L’autre différence, c’est que nos joueurs portent aujourd’hui des capteurs GPS. Cela permet aux entraîneurs de recueillir des données pour visualiser les efforts des joueurs ou la vitesse à laquelle ils courent. Je parle toujours de ça à Ian Allison. Je me demande s’il serait possible de surveiller les chevaux pour voir s’ils risquent le surentraînement, ou si leur entraînement est au contraire insuffisant. Une fois encore, tout est dans le détail. L’utilisation des différentes technologies pourrait être un point de discussion intéressant. Je sais qu’il existe des chronomètres en début et fin de parcours, mais il serait intéressant de surveiller également la santé des chevaux grâce à ces technologies.

 

Le fait d’être à Spruce Meadows, où l’on ne cesse d’innover pour s’améliorer, vous motive-t-il, vous et votre équipe, à vous dépasser ?

 

Comme le dit Mme. Southern-Heathcott, Spruce Meadows est un lieu d’excellence qui vise toujours à dépasser les attentes. C’est la définition parfaite. Dès votre entrée sur le site de Spruce Meadows, vous constatez l’attention portée à tous les détails. J’ai toujours été d’avis que ce sont ceux qui se trouvent tout en haut qui ont la possibilité de changer la donne. Chaque semaine de chaque année, la famille Southern et la direction de Spruce Meadows fait tout pour dépasser le niveau d’excellent déjà atteint. C’est une opportunité exceptionnelle que de pouvoir faire partie de ces efforts.

L’objectif dans le football, c’est toujours d’être le meilleur. Notre équipe est actuellement en tête du classement. Je crois que nous avons gagné le plus de points pendant la saison que toute autre équipe. Nos résultats à domicile sur les cinq dernières années sont les meilleurs de l’histoire. Et l’environnement dans lequel évolue l’équipe est primordial pour de bonnes performances. C’est là qu’intervient Spruce Meadows.

 

Avez-vous déjà regardé le CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex, et si oui, qu’avez-vous pensé de l’atmosphère et du niveau sportif ? Est-ce la même expérience que dans votre sport ?

 

Absolument ! J’avais reçu une invitation d’un ami, vice-président de Telus, qui m’a présenté Ian Allison et Linda Southern-Heathcott. La première chose que j’ai dite à Linda était que le gazon était de très grande qualité ! Le football s’est toujours joué sur une belle pelouse. Malheureusement, dans ce pays, beaucoup d’équipes jouent sur des surfaces artificielles. Spruce Meadows a des pelouses naturelles, comme à Wimbledon. Nous en sommes fiers.

 

La deuxième question que j’ai posée à Linda était la suivante : « Avez-vous déjà pensé à organiser des matchs sponsorisés ? » J’ai remarqué les horloges Rolex, la signalétique WestJet, des marques connues et respectées. On aurait dit un stade de foot. Linda m’a demandé quel poids faisaient mes joueurs, à quoi j’ai répondu 50 à 90 kg chacun, et elle m’a dit que si les chevaux faisaient de 500 à 600 kg, il ne devrait pas y avoir de problèmes pour recevoir 22 joueurs.

 

Il ne s’agissait à ce moment-là que d’une remarque en passant, mais mon ami l’a de nouveau rencontrée la semaine suivante et lui a expliqué qu’une ligue professionnelle était en cours de création au Canada. Linda a souhaité savoir pourquoi. Sa famille a toujours eu un objectif principal, celui d’aider le peuple canadien. L’idée a donc continué de germer dans son esprit, car c’est exactement comme cela que les sports équestres ont acquis leur renommée dans la région, grâce à M. et Mme Southern, qui ont construit une passerelle vers le haut niveau auparavant inexistante pour les cavaliers de saut d’obstacles au Canada. Aujourd’hui, l’équipe canadienne participe aux Jeux olympiques grâce à l’existence de lieux de concours comme Spruce Meadows, qui insistent sur la recherche de la perfection. L’idée d’aider une fois de plus les Canadiens a donc parlé à la famille Southern.

 

Quant à l’atmosphère, la première chose que j’ai remarqué, c’était le côté glamour et le sentiment de qualité que donnait le lieu. J’ai été surpris par le côté passionné du public, que j’imaginais très réservé. J’ai aussi été surpris par le sentiment d’anticipation qui étreint le public : tout le monde retient son souffle pendant tout le parcours, et lorsqu’un couple fait le sans faute, on entend ce soupir de soulagement collectif. J’ai trouvé ça incroyable, et différent de tout ce que j’avais pu voir dans les sports que je connaissais déjà.

 

L’été, Spruce Meadows accueille le football et les sports équestres. Y a-t-il des gens qui vont voir les deux ? Avez-vous remarqué un recoupement chez les fans des deux sports ?

 

Je suis sûr qu’il existe, oui. On peut très bien venir au même endroit pour assister à quelque chose de tout à fait différent. Bien sûr, certaines personnes se sont rendues au marché international de Noël à Spruce Meadows mais ne sont pas allées à ‘The Masters’. Il y a aussi des gens qui viennent voir jouer Cavalry FC et qui n’ont jamais vu de sports équestres. Mais je pense que Spruce Meadows devient une destination à part entière. Et le public qui vient voir le site pour la journée finit par assister à des épreuves de saut d’obstacles de haut niveau avant le match de foot. Les disciplines commencent donc à fusionner.

 

Spruce Meadows est synonyme de cheval depuis de longues années. Maintenant que Cavalry FC à cinq ans, avez-vous vu le sport évoluer, et comment espérez-vous qu’il évolue dans les cinq prochaines années ?

 

Je pense que nous sommes restés fidèles à notre objectif d’origine, celui de créer une passerelle pour les Canadiens souhaitant atteindre le plus haut niveau dans le football. En cinq ans d’existence, nous avons vu quatre de nos joueurs qualifiés pour l’équipe nationale canadienne. Cette opportunité ne serait pas survenue si le club n’avait pas existé. Notre prochain objectif est de créer une expérience unique et digne des plus grandes équipes pour nos spectateurs. Les dix prochaines années, alors que se dessinent à l’horizon des matchs de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada, le sport continuera d’évoluer en matière de participation mais aussi d’intérêt de la part du grand public.

Comme avec les sports équestres, où seuls le cheval et le cavalier entrent en piste, les fans de football ne voient que les joueurs, mais il y a dans les deux cas des équipes entières qui jouent un rôle primordial en coulisses. Pouvez-vous nous parler un peu de la vôtre ?


J’ai récemment reçu une nomination dans la catégorie « Sélectionneur du mois » de la ligue. Mais à mon avis, cette récompense revient à tout le personnel et aux joueurs qui travaillent sans relâche pour atteindre nos objectifs, par exemple en arrivant tôt le matin pour prendre le petit-déjeuner ensemble afin de développer le sentiment de camaraderie, en travaillant sur leur technique, en veillant (pour les kinés) à la santé de nos athlètes ou en développant des tactiques (pour nos spécialistes en sciences du sport). Beaucoup d’intervenants participent à notre réussite. Et n’oublions pas nos supporters : si le début de saison a été mou avec cinq matchs nuls de suite, ils ont continué de nous offrir leur soutien indéfectible. Cette étrange série de matchs nuls était la première fois où nous n’avons pas gagné pendant si longtemps, mais nous n’avons pas non plus effacé de défaites.

Quand l’équipe fait de bons résultats, les joueurs reçoivent les accolades du public, et à juste titre, mais dans le cas contraire, c’est l’entraîneur qui se retrouve sous les feux des projecteurs. C’est le seul travail où le travail que vous faites toute la semaine durant est jugé sur le résultat d’un match de 90 minutes. Tous les efforts faits en coulisses visent à préparer le bref moment que voient les fans le week-end venu.

 

INTERVIEW AVEC LEOPOLDO PALACIOS

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Pouvez-vous nous expliquer qui vous êtes et en quoi consiste le métier de chef de piste ?

 

Bien sûr. Je suis chef de piste à Spruce Meadows et je travaille ici depuis plus de 25 ans. Pour réussir comme chef de piste, il faut d’abord beaucoup d’expérience dans le saut d’obstacles et être en mesure de produire une compétition intéressante grâce à des parcours intéressants. Je suis très bien entouré. Mon équipe m’aide à proposer le meilleur parcours possible.

 

Pour que le niveau continue de progresser dans notre sport, il est essentiel de prendre soin de la santé des chevaux. Il faut donc être capable de jauger à la fois ce qui est possible pour les montures et ce qui permettrait de faire avancer le niveau.

 

Qu’est-ce qui fait la particularité du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ ?

 

Je me sens chez moi à Spruce Meadows, et je considère la famille Southern comme la mienne. Je travaille ici depuis plus de 25 ans, et à mon avis, rien ne vaut cet endroit. Mon équipe est très spéciale à mes yeux. Le niveau de préparation et de précision nécessaire pour planifier un événement de ce type est impressionnant.

 

La pression est grande sur les chefs de piste pour bâtir un parcours répondant aux critères de qualité de Spruce Meadows. Heureusement, l’équipe me fait entièrement confiance.

 

Le CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ est souvent vu comme l’un des parcours les plus difficiles au monde. Qu’est-ce qui en fait la particularité ?

 

Le chef de piste doit prendre de nombreuses décisions, dont la hauteur et la largeur des obstacles, le temps alloué, la configuration du parcours, le type d’obstacle et le degré d’inclinaison de la piste. Nous avons à cœur de respecter tous les aspects pour un bon équilibre, car c’est là que réside le succès éventuel d’un Grand Prix. Je pense que nous avons atteint cet équilibre ici, à Spruce Meadows.

 

Le chef de piste est un peu comme un chorégraphe. Il veut donner à voir un beau spectacle au public. Mais il doit trouver l’équilibre afin de faire le bonheur des spectateurs comme des cavaliers et des chevaux.

 

Dans le passé, j’ai créé des parcours pour les Jeux olympiques de Sydney en 2000 et ceux de Pékin en 2008. Je pense sincèrement que le parcours du CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex à Spruce Meadows est plus dur et impressionnant que ces parcours olympiques.

 

Pouvez-vous nous parler du parcours de cette année ?

 

C’est un parcours aux nombreuses difficultés. La première manche comprend 13 obstacles dont un triple et un double, et la seconde manche 12 obstacles dont un triple et un double également. Bref, de gros efforts à fournir, en particulier au vu de la hauteur et largeur des éléments ! Spruce Meadows dispose d’obstacles venus de chaque édition des Jeux Olympiques et grands championnats depuis 1974. Le parcours est donc toujours superbe.

 

Pour le CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, j’utilise des obstacles qui n’ont pas été utilisés durant les autres épreuves, par exemple le double Liverpool, le fossé sec et la rivière.

 

Le parcours du Grand Prix est tout différent de celui de la Coupe des Nations Cup qui est plus classique. À mon avis, le CPKC ‘International’ est plus exigeant pour les chevaux comme les cavaliers. L’objectif de l’épreuve est de mettre en valeur les superbes compétences de ces couples et d’offrir au public un spectacle mémorable.

 

Pour vous, quelle est l’importance de recevoir à Spruce Meadows les meilleurs cavaliers au monde ?

 

Cette édition du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ accueille six des dix meilleurs cavaliers au monde. L’événement attirant la crème de la crème, cela me permet en tant que chef de piste de laisser libre cours à mon imagination tout en testant le niveau des couples en lice. Le parcours et la seconde manche en particulier doivent présenter suffisamment de difficultés. Les douze meilleurs cavaliers de la première manche se qualifient pour la seconde. C’est le nec plus ultra en matière de saut d’obstacles, et à ce niveau, je peux me permettre de leur mettre des bâtons dans les roues.

 

La ligne comprenant le double Liverpool sera difficile. Ce sera une caractéristique du CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex, ici à Spruce Meadows. J’aime utiliser ce double tous les ans, mais je le modifie légèrement à chaque fois. C’est mon travail de penser à de nouvelles choses chaque année, mais ce n’est pas toujours facile !

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping souffle cette année ses dix bougies. A-t-il apporté un changement positif ?

 

Absolument, j’ai remarqué un changement certain ces dix dernières années. Rolex a énormément aidé le sport à se développer. Tous les meilleurs cavaliers au monde souhaitent participer aux Majeurs. Et voir ceux-ci se mesurer les uns aux autres de cette manière est extraordinaire.

 

Spruce Meadows a eu le privilège de voir Scott Brash concrétiser son succès en 2015 pour devenir le premier et seul cavalier de l’histoire à remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Je n’oublierai jamais cette journée mémorable.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a ajouté une autre dimension à notre sport. Rien ne vaut à mes yeux le Rolex Grand Slam of Show Jumping.

 

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière professionnelle ?

 

J’ai vécu nombre de moments inoubliables, mais celui qui ressort est la victoire de Scott Brash au Rolex Grand Slam of Show Jumping, ici à Spruce Meadows en 2015. À ce moment incroyable, le public comme les autres cavaliers ont fait le souhait commun de le voir gagner. Je n’avais jamais vu une atmosphère pareille !

 

Quels conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer dans le métier de chef de piste ?

 

De véritablement aimer les chevaux et d’être passionné par le métier. De continuer d’apprendre davantage sur les chevaux et l’équitation, car cela permet de passer au niveau toujours supérieur. Je surveille les émotions des chevaux, j’analyse les statistiques à ma disposition, j’observe ce qui se passe durant le concours. Il ne faut pas choisir ce métier dans le but de devenir riche, mais pour l’amour du saut d’obstacles. C’est ma passion pour ce sport qui m’a amené où je suis aujourd’hui.

 

RICHARD VOGEL INTOUCHABLE À LA CANA CUP

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

 

En cette deuxième journée du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ 2023, quarante-deux des meilleurs couples cheval-cavalier au monde se sont présentés sur la ligne de départ du remarquable parcours pensé par Leopoldo Palacios dans l’espoir de décrocher une place à l’épreuve-reine, le CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex. 

 

Baignée dans le doux soleil de septembre, l’emblématique International Ring nous rappelait qu’elle avait déjà été le théâtre de nombreux moments historiques, comme la victoire de Scott Brash au Rolex Grand Slam of Show Jumping en 2015. Mais revenons à aujourd’hui : premier en lice, l’Irlandais Conor Swail, gagnant de cette même épreuve l’an passé, place la barre haut pour les autres concurrents avec un sans faute parfaitement maîtrisé. Cinq couples plus tard, Steve Guerdat, tout nouveau champion d’Europe FEI et Témoignage Rolex, promet un barrage au public en dominant le parcours technique aux rênes de l’impressionnant Albfuehren’s Maddox. 

 

La qualité des compétiteurs n’a cessé toute la journée d’impressionner un public canadien très connaisseur, et c’est 15 cavaliers au total qui finissent sans pénalité le parcours à 1,55 m. Parmi la liste de cavaliers d’élite présents aujourd’hui, Martin Fuchs, déjà gagnant de l’ATCO Cup plus tôt dans la journée, et le Britannique Matthew Sampson qui a lui aussi connu son lot de victoires ici à Calgary. Pour le plus grand plaisir de la foule, Mario Deslauriers et Erynn Ballard, tous deux Canadiens, font également un sans faute.

 

Et avec trois couples ne souhaitant pas revenir au barrage, c’est douze couples qui passent à l’étape suivante. Le barrage suivant le même ordre que la manche précédente, Steve Guerdat, deuxième à partir, fait le premier sans faute en 44,27 secondes, temps à battre pour ceux qui le suivent. Mais le jeune cavalier allemand Richard Vogel, quatrième en lice, s’envole sur son étalon United Touch S pour éclipser Guerdat en 43,07 secondes, mettant ainsi sous pression les autres concurrents. Natalie Dean des États-Unis passe tout près de la victoire, mais son temps de 43,63 secondes ne lui garantit pour finir que la deuxième place. 

 

Heureux, Vogel nous confie : « Quelle joie ! Mon cheval a très bien sauté. Je crois que la piste lui plaît ! Il a fait un excellent parcours initial et m’a donné un très bon feeling au barrage. Avec sa puissance de saut et sa longue foulée, la taille de la piste lui convient parfaitement. Je peux même réduire le nombre de foulées sans jamais devoir le pousser ensuite. Nous avons fait de notre mieux, et c’était suffisant pour décrocher la victoire. »

 

Comment l’Allemand compte-t-il procéder lors du CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex ? « J’avais l’intention de le monter demain dans une épreuve pour l’habituer à la piste, car c’est sa première fois à Spruce Meadows, et la piste ne ressemble à aucune autre. On n’a pas souvent l’opportunité de monter dans un tel lieu ! Il était très confiant et a tellement bien sauté qu’il va maintenant falloir que je décide s’il vaudrait mieux le reposer jusqu’à dimanche ou si je m’en tiens à mon plan de départ ! »

 

ENTRETIEN AVEC LINDA SOUTHERN-HEATHCOTT

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

 

Comment s’est passée l’organisation cette année ?

 

L’organisation du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ de cette année s’est extrêmement bien passée. Nous avions plusieurs projets importants, que nous avons tous menés à bien. Notre merveilleux site est prêt à ravir les visiteurs du monde entier.

 

Y a-t-il des nouveautés au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ cette année ? Et y aura-t-il des événements spéciaux pour fêter le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

 

Nous avons crée de nouvelles places pour le public du côté Est de la piste cette année. Un restaurant est actuellement en cours de construction, mais il ne sera pas prêt avant 2025. Nous avons aménagé la grande tribune du côté Ouest avec des tables et des chaises, et le carré d’échauffement propose désormais aux chevaux et cavaliers internationaux une toute nouvelle surface. Un nouveau tunnel a été mis en place, et la surface du carré d’échauffement dispose maintenant d’un système d’écoulement. Bref, beaucoup de choses changent et évoluent !

Spruce Meadows est avant tout synonyme de sports équestres et de saut d’obstacles, mais nos sites sont conçus pour être modulables. Nous accueillons réunions d’affaires et conseils d’entreprise, de nombreux touristes et un grand marché de Noël. Celui-ci a d’ailleurs reçu le titre prestigieux de quatrième meilleur marché de Noël au monde ! Divers tournois sportifs en intérieur y sont organisés, ainsi qu’une grande exposition canine rassemblant 3 000 chiens en été. Pour les fêtes de fin d’année, nous organisons un spectacle son et lumières durant lequel les visiteurs peuvent admirer les belles lumières de Noël depuis leur voiture.

Le dimanche du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, nous rendrons hommage au cheval et au Rolex Grand Slam of Show Jumping, et nous inaugurerons le CPKC ‘International’ présenté par Rolex.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping souffle ses dix bougies. Selon vous, a-t-il eu un effet positif sur Spruce Meadows en général ?

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a eu un impact incommensurable, par le biais de notre collaboration avec Rolex, un partenaire merveilleux, mais aussi avec les autres lieux de concours. Cette initiative nous pousse à donner le meilleur de nous-même et à continuer de créer des opportunités. En tant qu’organisateurs des quatre Majeurs, nous respectons les mêmes protocoles de sécurité et une même philosophie en matière de bien-être des chevaux. Nous suivons tous des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) précis et produisons des rapports dans ce cadre. Si nous étions tous déjà à la pointe du sport, nous sommes encore renforcés par ce partenariat et ce travail commun.

 

Quel a été pour vous le moment le plus marquant de ces dix premières années du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

 

Pour moi, c’est le moment où Scott Brash a remporté le Rolex Grand Slam of Show Jumping, parce que cela s’est passé à Spruce Meadows. En particulier l’instant où il a amorcé la dernière ligne avec le double Liverpool vers la porte de sortie, et tous les autres cavaliers le regardaient et l’encourageaient à pleine voix. En compétition, les cavaliers concurrents ne s’applaudissent pas forcément toujours. Mais à ce moment très spécial de l’histoire, ils souhaitaient sincèrement sa victoire.

 

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le secteur des événements sportifs ?

 

Le meilleur conseil que je peux donner, c’est que la patience vient à bout de tout. Rien ne se construit en un an ou deux, tout est question de résilience. Il faut bien sûr faire preuve de patience lorsqu’on veut atteindre l’excellence, mais cela ne se fait pas comme ça. Il faut de nombreuses années pour continuer d’apprendre et d’évoluer avant de goûter à la réussite. Patience est donc le mot d’ordre.

 

Pour vous et l’équipe du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, quels sont les éléments primordiaux d’un événement ou d’un tournoi réussi ?

 

Le travail d’équipe, à coup sûr. Il faut avoir une équipe solide autour de soi. Il faut être capable de bien communiquer la vision que l’on a, mais derrière, c’est le travail de toute une équipe.

Spruce Meadows emploie 95 personnes à plein temps. Pendant la pandémie de COVID-19, nous avons perdu tout notre personnel administratif, mais nous avons pu recruter de nouveau toutes les personnes nécessaires, qui font un super boulot.

 

Les légendes du tennis telles que Nadal, Federer ou Djokovic, gagnent des titres de Majeurs de tennis à répétition. Pour vous, est-ce important de voir les meilleurs cavaliers mondiaux concourir au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ ?

 

Absolument, c’est de la première importance de voir les meilleurs chevaux et cavaliers y participer. Le défi, pour Spruce Meadows, c’est toujours les dates. Par exemple cette année, la date de transport des chevaux d’Europe par avion tombait pendant les Championnats d’Europe FEI. Malheureusement, cela a fait que certains chevaux n’ont pas pu se déplacer. Mais six des dix meilleurs au monde seront quand même là. Si nous continuons à proposer un événement de la plus haute qualité, nous verrons les meilleurs compétiteurs se présenter.

 

Le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ est considéré par beaucoup comme le meilleur endroit où voir des sports équestres en Amérique du Nord. Comment continuez-vous d’innover et de vous adapter pour maintenir cette réputation ?

 

Nous prenons en compte quatre parties prenantes, et nous essayons d’améliorer l’expérience de l’une d’entre elles au moins chaque année. Nos parties prenantes sont les suivantes : sponsors, presse, sportifs, public. Ces améliorations sont diverses : réaménager les loges skybox pour les sponsors, modifier la surface pour les chevaux et cavaliers, proposer des expériences uniques au public... Si nous continuons d’attirer les meilleurs cavaliers au monde, les médias continueront de s’intéresser à l’événement.

 

Les organisateurs du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ s’inspirent-ils de grandes compétitions dans d’autres sports, comme le tennis ou le golf ?

 

Oui, absolument ! Ici en Amérique du Nord, et contrairement à l’Europe et à l’Angleterre, le rêve est de faire la une des journaux. Il nous faut donc savoir qui est à la une, le football américain, l’US Open ? Pour atteindre cet objectif, il nous faut créer un contenu attrayant pour les médias.

Nous voyageons également beaucoup, pour assister aux concours de saut d’obstacles, mais aussi à des compétitions dans d’autres sports, comme le tennis, le golf ou la Formule Un. Nous observons comment ils procèdent pour toujours et encore plaire aux fans. Nous choisissons donc un groupe et nous essayons de leur offrir une expérience supérieure à celle de l’année précédente.

INTERVIEW AVEC KERRY FINCH, GROOM DE CONCOURS DE JOHN WHITAKER

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

 

Pourriez-vous vous présenter ? Dites-nous par exemple pour qui vous travaillez et en quoi consiste votre métier.

 

Je m’appelle Kerry Finch et je travaille avec John Whitaker depuis cinq ans comme groom de voyage.

 

Dites-nous comment s’est passé le voyage pour arriver au CSIO de Spruce Meadows ‘Masters’

 

Nous avons pris l’avion pour Calgary après le concours du Brussels Stephex Masters, en Belgique. Nous avons séjourné chez Helena Stormann à Eschweiler pendant cinq jours avant de repartir pour le Canada. Le trajet vers l’aéroport n’a pris qu’une heure, ce qui était très bien. J’y suis arrivée à 3 h du matin pour aller voir les chevaux avant le départ du vol. Ensuite, je suis allée de Bruxelles à Paris pour prendre notre vol pour Calgary, et nous sommes arrivés deux heures et demi avant l’atterrissage des chevaux pour vérifier que tout allait bien.

 

Quelle est l’importance de toute l’équipe (vétérinaires, maréchaux-ferrants, etc.) pour assurer le succès de l’équipe ?

 

C’est extrêmement important, l’esprit d’équipe a un rôle essentiel, et si tout le monde ne faisait pas son travail et des efforts dans le même sens, nous ne pourrions pas réussir. Il est vital pour chaque membre de l’équipe de travailler en constante coordination avec les autres pour que tout le monde soit au courant de tout ce qui se passe. Chacun a un rôle crucial pour garantir la santé et le bien-être de ces chevaux ; non seulement les gens qui viennent aux concours mais aussi tous ceux qui sont restés chez nous.

 

Parlez-nous des chevaux que vous avez emmenés avec vous et de leur personnalité…

 

Nous avons amené avec nous trois chevaux au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ : Equine America Unick du Francport, Sharid et Green Grass.

 

Unick du Francport est très spécial à sa façon et très calme. Vous ne devez pas être brusque autour de lui, vous devez rester calme car c’est un cheval plutôt sensible à cet égard. D’un autre côté, il sait ce qu’il veut, et il fait ce qu’il veut. Si vous le faites brouter à la main et qu’il voit une touffe d’herbe qui l’intéresse, c’est là qu’il ira et non là où vous voulez jusqu’à ce qu’il ait ce qu’il veut. En dehors de ça, c’est un cheval très facile à vivre.

 

Ensuite nous avons Sharid, qui voyage avec lui [Equine America Unick du Francport]. Ils voyagent ensemble depuis bientôt trois ans et demi. Ils se connaissent vraiment très bien et ils ont l’habitude de se hennir dessus l’un l’autre mais ils ne s’angoissent pas quand l’un des deux quitte l’écurie. Sharid est aussi un cheval tout à fait charmant ; il adore dormir. Vous pouvez être sûr que quelque chose ne va pas s’il ne retourne pas dormir sur le sol après son petit-déjeuner ! C’est vraiment un champion de la sieste. Il peut être un peu brusque quand John le monte, je garde donc quelques sucreries pour aider à l’amadouer. Il s’est tellement habitué à cette routine que maintenant il reste là à me regarder et à attendre sa sucrerie. Les chevaux apprennent très vite.

 

Enfin, il y a Green Grass, il aime manger et se rouler ! Tous les chevaux ont leur charme ; ils ont tous des personnalités différentes. Ils sont vraiment gâtés !

 

Comment trouvez-vous les installations destinés aux chevaux et aux grooms au CHIO Spruce Meadows ‘Masters’ ?

 

Aucun concours au monde n’est comparable au tournoi du CHIO Spruce Meadows ‘Masters’. Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est un concours incroyable et c’est absolument génial d’y participer, mais Spruce Meadows arrive à un tout autre niveau. Les écuries sont tellement vastes, et les paddocks où nous faisons tourner les chevaux, tout est incroyablement propre et ordonné. Ils fournissent également un service de navette pour les grooms qui nous facilite bien la vie. Les organisateurs fournissent des zones où nous pouvons faire marcher les chevaux, et nous ne sommes pas limités à certaines zones. Les installations sont vraiment de première classe ici à Spruce Meadows.

Il n’existe aucun autre concours au monde qui arrive au niveau de ce qu’ils font. J’ai assisté au concours par le passé quand il a neigé, et ils ont commencé immédiatement à balayer la neige à la main. J’étais là aussi en 2005, quand il avait plu pendant deux semaines sans arrêt, je n’avais jamais rien vu de pareil. Ils ont été très réactifs en pompant l’eau des terrains principaux. Le terrain est resté en tellement bon état que nous avons pu sauter ce jour-là. Quand vous avez un problème, ils le résolvent, c’est vraiment un de mes concours préférés !

 

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (The Dutch Masters, CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows ‘Masters’, CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions selon vous ?

 

Je fais ce travail depuis près de 30 ans, et je n’ai jamais assisté au Dutch Masters, mais le CHI de Genève est un merveilleux concours intérieur, et le CHIO d’Aix-la-Chapelle est tout simplement incroyable ! Tous les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping sont des concours exceptionnels. Ils installent des espaces où les grooms peuvent prendre du café et d’autres choses, et en cas de problème, ils font tout ce qu’ils peuvent pour le résoudre.

 

Quelle est la particularité de travailler dans l’équipe de John Whitaker ?

 

J’ai d’abord rejoint l’équipe de John Whitaker en freelance, et je ne devais rester que pour un mois, mais je ne suis jamais partie. Avant de travailler avec John, j’ai travaillé pour Michael [Whitaker] pendant 13 ans. J’ai aussi travaillé avec Billy Twomey pendant six ans. C’est vraiment facile de travailler pour John, tout se fait à l’ancienne et très simplement. Si vous trouvez une bride qui convient à un cheval, vous ne la changez pas. Mon cheval a la même bride depuis trois ans et demi, et c’est comme ça que nous fonctionnons. Nous gardons les choses simples, et s’il y a un problème, on s’en occupe. Tout se fait vraiment à l’ancienne. Nous n’avons pas l’habitude de traiter les chevaux toutes les six semaines, mais s’ils ont besoin d’un traitement, ils le reçoivent.

John a 68 ans maintenant, et il ne s’arrête pas quand il rentre chez lui. Il est debout dès le matin à s’occuper de ses chevaux et à les monter. Ensuite, il s’occupe des vaches et du foin ou de toute chose qui a besoin d’être réparée à la ferme.

Il est vraiment très humble ; il n’a pas attrapé la grosse tête. Si quelqu’un vient le voir pour un autographe, il s’arrête toujours pour bavarder cinq minutes. Ça ne le dérange jamais.

 

Quelles sont les qualités de John qui selon vous lui ont permis d’avoir une si longue carrière au sommet ?

 

John n’abandonne jamais, il continue, tout simplement. Il n’est pas particulièrement déterminé à prouver quoi que ce soit, c’est juste sa manière d’être. C’est quelqu’un qui s’adapte à tout, et qui continue d’avancer. Je pense que le jour où il s’arrêtera sera le jour où le monde n’aura plus de John Whitaker. L’âge n’est pas une limite pour lui !

 

Il y a cinq ans, John a acheté Equine America Unick Du Francport, qui était un sacré personnage. Il était difficile et il s’arrêtait et ruait quand quelque chose le contrariait. John n’avait pas de cheval de Grand Prix à l’époque, Argento était en fin de carrière et nous ne participions pas aux grandes compétitions. Ensuite, ça a été deux ans d’efforts, à faire toutes les tournées et les concours régionaux pour que Equine America Unick Du Francport se stabilise. John était déterminé et n’a pas abandonné, jusqu’au déclic. Quand vous les regardez aujourd’hui, rien ne les arrête. Ces dernières années, ils ont formé un couple vraiment remarquable.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer dans cette discipline ?

 

Bon nombre de gens entrent dans ce secteur pour l’argent, mais il est important d être passionné du métier et de ne pas regarder aux heures. C’est aussi difficile que ça en a l’air, vous êtes là pour les chevaux. C’est une manière de vivre, pas seulement un métier. Vous devez y mettre tout votre cœur et toute votre âme pour le faire correctement. Ce n’est pas facile !

Vous ne pouvez pas penser que vous êtes meilleur qu’un autre. La devise devrait être : si vous ne savez pas, demandez de l’aide. Beaucoup de jeunes grooms qui débutent aujourd’hui ne veulent pas des conseils des anciens, alors qu’ils devraient être comme des éponges, à apprendre de tous ceux qui les entourent. C’est exactement ainsi que j’ai appris. La première fois que j’ai pris l’avion vers Spruce Meadows, je n’avais jamais pris l’avion avec des chevaux. Je n’avais que 20 ans et j’ai appris de tous les autres grooms qui étaient là.

 

Les grooms forment-ils une vraie communauté où ils se soutiennent mutuellement ?

 

Globalement, c’est un milieu très solidaire. Cette année à Spruce Meadows, nous sommes 16 à être venus d’Europe et nous avons organisé ensemble les horaires pour prendre la navette pour les veilles de nuit. Certains n’ont qu’un seul cheval présent, mais ils sont toujours prêts à aider ceux qui en ont plusieurs ! Ce sont les choses simples qui sont importantes. Par exemple, j’ai demandé à quelqu’un de m’aider pendant la parade de la Coupe des nations . Tout le monde est vraiment serviable, et c’est très important dans le milieu des grooms.

LES POINTS CULMINANTS DU CONCOURS SPRUCE MEADOWS 'MASTERS'

Calgary, Alta  Sep, 6, 2022 Preparing for the Masters.  Spruce Meadows Masters. Mike Sturk photo. Calgary, Alta Sep, 6, 2022 Preparing for the Masters. Spruce Meadows Masters. Mike Sturk photo.

 

Du 6 au 10 septembre 2023, le concours CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ organisé à Calgary, au Canada, verra une nouvelle fois concourir les meilleurs cavaliers et chevaux de saut d’obstacles de la planète au cours de cinq jours riches en compétition. Situé au pied des Rocheuses, Spruce Meadows est considéré comme l’un des principaux événements équestres d’Amérique du Nord. En plus d’admirer la beauté du site, les spectateurs pourront suivre un concours palpitant, s’adonner à des séances de shopping et prendre part à un programme de divertissement des plus exaltants. Le concours CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ sera le deuxième Majeur à célébrer la dixième édition du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Les célébrations ont commencé au mois de juin dans le cadre du CHIO d’Aix-la-Chapelle, dix ans après la tenue du premier Majeur. Le CPKC 'International', présenté par Rolex, qui n’est autre que le principal événement de la troisième étape du Rolex Grand Slam of Show Jumping de 2023, viendra conclure en beauté cinq jours de prouesses équestres.

Outre les épreuves de saut d’obstacles, le concours Spruce Meadows ‘Masters’ réserve différentes activités aux spectateurs. Ainsi, le très populaire marché MARKT fera son grand retour pour permettre au public d’acheter aussi bien des œuvres d’art que des produits équins. Quoi de plus plaisant que de flâner entre les stands des 150 vendeurs présents sur place ?

Tout au long de la semaine se tiendront également les championnats du monde de maréchalerie à la Behind Equi-Plex Arena. Les épreuves quotidiennes sont l’occasion rêvée de découvrir les compétences, la précision et la justesse nécessaires pour ferrer les chevaux. En outre, des démonstrations équines et des activités auront lieu chaque jour, comme un tutoriel en direct présenté par Jonathan Field sur le thème de l’équitation, des démonstrations de dressage de niveau Grand Prix proposées par la canadienne Pia Formuller, ou encore un spectacle de voltige réalisé par le Diamond Willow Vaulting Club. Préparez-vous donc à en prendre plein les yeux et à apprendre tout un tas de nouvelles choses !

Le public pourra également voir les membres de la Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians) Mounted Troop, le Household Cavalry Mounted Regiment Musical Ride et les troupes de la King’s Troop Royal Horse Artillery, toutes présentes dans les zones de East et West Meadows.

C’est mercredi que commenceront les concours de saut d’obstacles 5* avec la Cardel Homes Cup et la TELUS Cup qui se dérouleront dans l’enceinte du spectaculaire International Ring. Cette dernière offrira aux cavaliers une première chance de se qualifier pour le CPKC 'International', présenté par Rolex, le dimanche.

Vendredi marque le retour du très apprécié WESTJEST Evening of the Horse. Cette performance spectaculaire saura ravir les spectateurs qui pourront admirer les membres de la Lord Strathcona’s Horse (Royal Canadians) et le Household Cavalry Mounted Regiment Musical Ride. En outre, les épreuves de la Tourmaline Oil Cup et de l’ATCO Electric Six Bar verront s’affronter certains des meilleurs cavaliers de saut de la planète. Pour couronner le tout, le ciel de Calgary brillera de mille feux, avec au programme de la soirée de clôture un grand feu d’artifice et de la musique live.

Samedi 9 septembre sonne le début de la BMO Nations Cup où passion et travail d’équipe ne font plus qu’un. Cette compétition en équipe voit concourir les meilleurs cavaliers de saut d’obstacles du monde sous leur propre drapeau. Un total de huit nations s’affronteront donc au cours d’un maximum de deux manches.

Le CPKC 'International', présenté par Rolex, se déroulera le dimanche 10 septembre au sein de l’International Ring. Considéré comme l’une des épreuves les plus rudes de ce sport équestre, ce concours exige une précision, une harmonie et un courage extrêmes de la part des cavaliers comme des chevaux. Il ne fait aucun doute que le parcours imaginé par Leopoldo Palacios sera une nouvelle fois synonyme de challenge pour les couples, pour le plus grand bonheur des spectateurs. La concurrence sera féroce : de nombreux vainqueurs de Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping sont inscrits, dont Daniel Deusser, couronné l’année passée et Témoignage Rolex.

INTERVIEW AVEC DANIEL DEUSSER

Daniel Deusser (credit photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Daniel Deusser at Spruce Meadows 'Masters' (Credit Photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

 

Félicitations pour ce nouvel exploit au Concours Hippique International Officiel d’Aix-la-Chapelle. Êtes-vous satisfait de la performance de Killer Queen VDM ?

Oui, je suis très satisfait des performances de Killer Queen VDM. Le Grand Prix Rolex au CHIO d’Aix-la-Chapelle est l’un des plus grands concours du monde. Depuis de nombreuses années, Killer Queen montre qu’elle peut réellement s’imposer à tous les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et notamment à Aix-la-Chapelle. Il y a deux ans (2021), elle y a remporté la victoire. Elle est arrivée quatrième l’année dernière (2022) et deuxième encore cette année – je ne pourrais rien demander de plus ! Bien sûr, j’aurais pu aller un peu plus vite cette année et tenter de la mener à la victoire, mais je pense avoir tout de même mis pas mal de pression sur les autres cavaliers dans le barrage, et Killer Queen a vraiment donné tout ce qu’elle avait.

 

Quel effet cela vous fait-il de revenir au CSIO Spruce Meadows 'Masters' en tant que champion de l’an passé ?

J’ai vraiment hâte d’y être. Avant 2022, cela faisait quelques années que je n’avais pas participé au CSIO Spruce Meadows 'Masters' parce que je ne pensais pas vraiment avoir le bon cheval. Bien entendu, je voulais bien défendre ma place l’année dernière, mais je ne suis pas allé à Spruce Meadows en pensant remporter le CPKC 'International', présenté par Rolex. Cela dit, je sentais que Killer Queen était très performante – elle adore les grandes pistes en herbe – et qu’elle sautait suffisamment bien pour gagner. Alors, cette année, je vais à Spruce Meadows plein d’espoir et de confiance, étant donné qu’elle a bien sauté à Aix-la-Chapelle cette année.

Évidemment, ce n’est pas parce que nous avons réalisé de bonnes performances ces quelques dernières années que je m’attends à en faire autant, mais au moins je sais que Killer Queen connaît la piste de l’hippodrome de Calgary et qu’elle s’y sent à l’aise. Je pense qu’elle est en bonne forme en ce moment et j’ai vraiment hâte de revenir à Spruce Meadows.

 

Pourriez-vous nous expliquer un peu comment on transporte les chevaux aux concours internationaux tels que Spruce Meadows ? Comment faites-vous pour vous assurer qu’ils arrivent dans une condition optimale prêts à concourir ?

La plupart des chevaux prennent l’avion pour se rendre à des concours hippiques comme celui-là. En fait, ils sont installés dans des conteneurs. Il s’agit essentiellement d’écuries à box double. Les chevaux se trouvent donc dans un environnement semblable à celui dans lequel ils ont l’habitude de voyager lorsqu’on les transporte en camion d’un concours à l’autre à travers l’Europe. Même si le voyage est un peu plus long que pour les autres concours, on n’a jamais vraiment rencontré de problèmes lors des voyages en avion. C’est plus calme et les chevaux peuvent mieux se détendre dans un box plus grand. Soit ils restent debout soit ils se couchent. Pour eux, ce n’est pas un problème. Et puis, les voyages en avion sont un peu plus stables pour eux que les voyages en camion.

Indépendamment de cela, mon groom Sean Lynch* voyage toujours avec eux. Sean connaît bien les chevaux. Il passe plus de temps avec eux que moi, donc je ne me fais pas de soucis pour le voyage à Spruce. Je sais que Sean est parfaitement maître de la situation et la compagnie aérienne s’occupe vraiment bien des chevaux.

 

Le parcours là-bas est souvent considéré comme l’un des plus exigeants dans notre discipline. Que faites-vous pour vous préparer vous et votre cheval à cette compétition ?

Honnêtement, on ne peut pas être prêt à 100 %. La différence avec Spruce Meadows, c’est que les obstacles sont légèrement désuets dans la mesure où en Europe il y a beaucoup d’obstacles très étroits, de trois mètres tout au plus, alors qu’à Spruce Meadows, la plupart des barres sont de cinq voire six mètres de large. Le cheval qui aborde un obstacle a donc une impression totalement différente selon la hauteur des barrières mais également selon la largeur de l’aile.

La plupart des concours européens se déroulent sur des pistes de sable plus petites, alors qu’à Spruce Meadows, il s’agit d’une grande piste en herbe, ce qui crée une situation totalement différente pour le cheval. Bien que Spruce Meadows se soit doté de un ou deux nouveaux obstacles ces quelques dernières années, les obstacles là-bas sont relativement anciens et certains sont d’ailleurs les mêmes depuis 20 ans. Ce sont des obstacles très impressionnants. Le chef de piste de Spruce Meadows, Leopoldo Palacios, qui conçoit principalement les parcours du complexe, sait exactement ce qui peut distraire les chevaux et les obstacles qui sont difficiles à sauter. Il intègre également quelques obstacles naturels qui ne se voient plus dans de nombreux concours, tels que les rivières doubles. Tout cela fait de Spruce Meadows un environnement vraiment très spécial que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.

 

Les autres membres de votre équipe, tels que les grooms, les vétérinaires, etc, jouent-ils un rôle important dans votre réussite ?

Lorsqu’il est question de réussite, je pense que toutes les personnes qui font partie intégrante de l’équipe jouent un rôle tout aussi important que celui du cavalier ou du cheval. Bien sûr, il faut être très bon cavalier et avoir un excellent rapport avec un cheval de qualité, mais il est tout aussi important d’avoir une équipe compétente à ses côtés, qui prend soin des chevaux à la maison. Un groom qui connaît bien les chevaux saura interpréter les moindres signes d’un comportement inhabituel pour anticiper ce qui pourrait mal tourner. Je crois que si l’on regarde tout dans son ensemble, il est très difficile de dire ce qui est le plus important, mais il est indispensable d’avoir une équipe solide composée de grooms, de vétos, de kinés, et même de personnes qui montent les chevaux et les entraînent pendant mes absences lorsque je participe à d’autres concours. Donc pour être victorieux, il faut avoir tout cela. Moi, j’ai de la chance parce que j’ai une très bonne équipe.

 

Selon vous, quelles qualités un cheval et son cavalier devraient-ils posséder pour pouvoir remporter un Majeur ?

Tout d’abord, un cheval doit être capable de sauter les gros obstacles. On a beaucoup de compétitions pendant l’année et pour la plupart, les épreuves de puissance avec des obstacles de 1,60 m se déroulent le dimanche en fin de journée. Cela dit, les quatre Majeurs sont les compétitions les plus exigeantes au monde, donc parfois elles comprennent une fosse plus grande et des obstacles de 1,65 m, ou même des obstacles un peu plus larges que dans toutes les autres compétitions. Pour remporter un Majeur, un cavalier et son cheval doivent vraiment avoir acquis une certaine expérience. Je pense qu’il est assez rare qu’un cavalier puisse remporter l’un des Majeurs avec un nouveau cheval ou un cheval très jeune. En plus de cette expérience, il faut un cheval d’une grande puissance parce que les Majeurs consistent toujours en deux ou trois passages, et il faut être capable d’aller plus vite dans les barrages. La communication entre le cheval et le cavalier doit être très bien réglée, mais cela s’acquiert avec l’expérience.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping célèbre ses 10 ans, dans quelle mesure cette initiative a-t-elle influencé le milieu équestre au cours des dix dernières années ?

Je pense que le Rolex Grand Slam of Show Jumping a complètement révolutionné ce sport. C’est une compétition que tout le monde attend avec impatience et autour de laquelle les cavaliers organisent leur année pour se préparer à concourir aux quatre Majeurs. La prime exceptionnelle que l’on peut remporter en fait le concours le plus prestigieux de l’année. Le fait qu’un seul cavalier ait gagné le Rolex Grand Slam of Show Jumping au cours des dix dernières années en remportant trois Majeurs à la suite témoigne de la difficulté de ce concours, mais encourage les autres cavaliers à persévérer et à tenter leur chance de gagner.

 

Le calendrier équestre est très chargé ! Comment décidez-vous à quels concours vous allez participer et avec quels chevaux ?

Tout cela dépend de l’expérience et de ses objectifs. Par exemple, cette année les championnats européens se déroulent une semaine avant Spruce Meadows. J’ai décidé d’aller à Spruce Meadows parce que remporter une autre victoire à Calgary fait partie de mes grands objectifs, en plus de remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping. J’ai frôlé la victoire à quelques reprises en remportant deux Majeurs à la suite, mais il manquait quelques petites choses. Par exemple, j’ai appréhendé le barrage trop tôt ou peut-être ai-je été trop lent. Donc pour moi, la motivation est là et je suis réellement déterminé à tenter ma chance de gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping, en particulier avec des chevaux tels que Killer Queen VDM ou Scuderia 1918 Tobago Z. Dès le début de l’année, je savais parfaitement que je voulais me préparer pour Spruce Meadows cette année.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping permet à deux jeunes cavaliers de concourir dans chaque Majeur. Est-ce important pour inspirer la nouvelle génération de cavaliers ?

Oui, c’est très important. Les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping représentent le summum de notre sport. Même si vous ne remportez pas un Majeur tout de suite, vous acquérez énormément d’expérience et pouvez également apprendre beaucoup auprès des autres concurrents. Je n’ai pas pu participer à ces épreuves en tant que junior ou jeune cavalier, donc selon mon expérience personnelle, plus on grandit, plus on apprend de choses sur les chevaux, sur ce sport et sur la façon d’entraîner un cheval et d’améliorer ses propres performances en tant qu’athlète. Je pense qu’il est important de participer à ces concours le plus possible – ils m’ont permis d’apprendre beaucoup.

 

Le saut d’obstacles est l’un des seuls sports au monde où des hommes et des femmes s’affrontent les uns les autres, n’est-ce pas extraordinaire ?

Je pense que ça rend cette discipline sportive encore plus intéressante, parce qu’en saut d’obstacles, le fait d’être un homme ou une femme n’apporte aucun avantage ni aucun inconvénient. Tout athlète de saut d’obstacles peut établir un lien fort avec son cheval et l’entraîner. Seule l’expérience peut permettre d’obtenir un avantage, mais cela n’a rien à voir avec le fait que le cavalier soit un homme ou une femme. La partie se joue sur un même pied d’égalité, et le fait que l’on puisse tous participer ensemble est quelque chose de vraiment spécial. C’est un sport très agréable.

 

Spruce Meadows est une compétition majeure au même titre que les championnats, le tournoi de Wimbledon au tennis et les Majeurs de golf. Qu’est-ce qui rend les compétitions sportives majeures si spéciales et pourquoi sont-elles si importantes ? Quelles sont les similitudes entre les Majeurs de tennis ou de golf et les Majeurs de saut d’obstacles selon vous ?

Je n’ai jamais assisté à un Majeur de golf, mais ça fait deux ans que je vais à Roland-Garros. Si vous n’avez jamais été à Roland-Garros, il est très difficile d’en décrire l’atmosphère, mais cela vous fait réfléchir aux différences et aux points communs entre le saut d’obstacles et le tennis. Bien entendu, le saut d’obstacle est un peu différent d’un match de tennis qui se joue à deux et où le public soutient l’un ou l’autre des adversaires. A contrario, dans le saut d’obstacles, on a beaucoup d’adversaires, généralement 40 dans un seul Majeur. On ne passe que très peu de temps sur la piste , peut-être deux minutes et demie ou trois minutes contrairement à un joueur de tennis qui dispose de deux ou trois heures pour remporter un match. Dans le saut d’obstacles, si vous perdez les pédales dans les 20 premières secondes, c’est terminé, la victoire vous passe sous le nez.

Je pense que ce qui fait des Grands chelems et des Majeurs des épreuves spéciales, que ce soit en tennis, en golf ou en saut d’obstacles, c’est l’histoire qui s’y rattache. Je suis fier d’appartenir à la génération qui a connu les Grands chelems. Ce qui motive et vous encourage à tenter votre chance, c’est l’histoire de ces compétitions et des athlètes que vous admirez – une personne qui a remporté le Grand chelem il y a 20 ans, par exemple – car maintenant, c’est vous qui êtes capable de participer et de gagner.

Plus jeune, j’ai toujours été fan des compétitions de saut d’obstacles, notamment celles d’Aix-la-Chapelle et de Spruce Meadows. Je les regardais à la télé avec beaucoup d’admiration pour les vainqueurs de l’époque. Aujourd’hui, le fait de pouvoir prendre la relève et remporter l’un des Majeurs est quelque chose de grandiose et de très très important pour moi.

*découvrez tout ce que vous souhaitez savoir à propos de Sean Lynch dans notre dernier Podcast :  « Rolex Grand Slam Talks. Through the Groom Eyes »

LES CAVALIERS A SUIVRE

Steve Guerdat (Credit Photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Steve Guerdat (Credit Photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping est de retour au concours du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ du 6 au 10 septembre 2023, avec le CPKC ‘International’, présenté par Rolex, le dimanche et qui constituera une finale palpitante après cinq jours passionnants de compétition équestre au plus haut niveau. Le concours accueillera les meilleurs couples de chevaux et cavaliers du monde dans l’un des sites équestres les plus réputés d’Amérique du Nord, à Calgary, au pied des Montagnes Rocheuses.

Cette année, le tournoi du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ accueillera une affiche de première classe, avec des candidats qui ont tous en point de mire le CPKC ‘International’, présenté par Rolex, le troisième Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping 2023.

Parmi les favoris de cette année figure le champion en titre, Daniel Deusser, qui a fini second au Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle plus tôt cet été, avec un avantage de seulement 0,61 secondes, sur la superbe Killer Queen VDM. Deusser a déjà connu la victoire sur le circuit nord-américain cette année, avec des épreuves réussies dans plusieurs concours CSI5* dans le cadre du Winter Equestrian Festival à Wellington International, en Floride.

Deusser est l’un des six Témoignages Rolex qui participent au tournoi du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, avec le numéro 4 mondial, Martin Fuchs, qui mènera la marche. Le Suisse a fait preuve de sa grande classe depuis de nombreuses années et compte parmi ses succès des victoires consécutives au Rolex Grand Prix du CHI de Genève en 2019 et en 2021, à la finale de la FEI World Cup™ en 2022, et plus récemment avec un double sans-fautes qui a assuré la victoire de l’équipe suisse dans la Coupe des Nations Mercedes-Benz au CHIO d’Aix-la-Chapelle plus tôt cette année.

Coéquipier du Suisse et également Témoignage Rolex, Steve Guerdat fera aussi le voyage jusqu’au Canada, dans le but de reproduire sa performance de 2021 lors de laquelle il avait emporté le titre prestigieux du CPKC ‘International’, présenté par Rolex. En 10 ans de carrière, Guerdat a participé chaque année aux quatre Majeurs.  Kent Farrington est arrivé second derrière Guerdat lors du CPKC ‘International’ présenté par Rolex en 2021 et cherchera sans doute à monter une marche plus haut, deux ans après. Familier du site de Calgary, Farrington et son équipe de chevaux ont l’avantage de bien connaître le terrain, et surtout de savoir comment y gagner, ayant déjà emporté trois concours CSI5* à Spruce Meadows cet été.

Le cavalier britannique Scott Brash aura sans aucun doute d’excellents souvenirs de ce site où il a marqué l’histoire en devenant le premier cavalier (et le seul à ce jour) à remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping, en 2015, après avoir triomphé dans son troisième Majeur consécutif avec le CPKC ‘International’, présenté par Rolex, un concours qu’il a de nouveau gagné en 2016. Brash sera également rejoint par son coéquipier olympique des jeux de Londres 2012 et Tokyo 2020, Ben Maher. Maher, qui a obtenu l’or en individuel à Tokyo, a souffert d’une blessure à l’épaule en début d’année, mais il a récupéré remarquablement vite et a assuré une arrivée à la deuxième place dès son retour lors du Rolex Grand Prix au Royal Windsor Horse Show. Maher a enchaîné avec une brillante saison 2023, sa plus récente victoire étant celle de son équipe lors de la FEI Nations’ Cup™ à Hickstead au mois de juillet. Un autre membre de cette équipe rejoindra Brash et Maher à Calgary : John Whitaker, l’un des cavaliers britanniques les plus titrés après avoir participé à 39 championnats d’Europe et du monde ainsi qu’à six olympiades au cours de sa longue et remarquable carrière.

Le public local sera ravi d’accueillir plusieurs cavaliers canadiens sur ses terres, et de grands espoirs de remporter le titre du CPKC ‘International’ Grand Prix, présenté par Rolex reposeront sur les épaules de la cavalière canadienne la plus titrée, Tiffany Foster. Foster a déjà à son actif deux victoires de CSI5* à Spruce Meadows cet été, prouvant ainsi qu’elle maîtrise le terrain de la grande arène. Parmi les autres prétendants au titre canadiens figurent Amy Millar, dont le père Ian a été le dernier Canadien à remporter le Majeur de Spruce Meadows sur Dixson en 2014, sans oublier Erynn Ballard et Mario Deslauriers.

L’Europe sera représentée au concours par le numéro 3 mondial Harrie Smolders, qui est monté sur le podium dans de nombreux concours prestigieux cette année, après avoir commencé en force en remportant le prix du CSI5* Nab Bliksembeveiliging lors du Majeur du The Dutch Masters, qui s’est tenu dans sa ville natale au mois de mars. Smolders a terminé deuxième à la finale de la FEI World CupTM en 2022 et 2023, confirmant ainsi sa place parmi les cavaliers les plus talentueux du moment. Un autre cavalier à suivre est Pieter Devos, gagnant du Majeur du Spruce Meadows ‘Masters’ en 2013. Devos, nommé Cavalier de l’année en Belgique en 2020, faisait partie de l’équipe qui a gagné la médaille de bronze aux jeux olympiques de Tokyo, c’est donc un cavalier qui sait monter sous pression.

Le drapeau irlandais sera défendu par Darragh Kenny et Connor Swail, ainsi que par le Témoignage Rolex Bertram Allen. Cavalier du Top 10, Swail a récemment connu le succès au Jumping International de Dinard où il a remporté le Prix du Conseil Départemental d’Ille-et-Vilaine et le Prix L’Eperon – Charles de Cazanove. Allen poursuit également une bonne saison après avoir gagné deux concours CSI5* au Dublin Horse Show ce mois-ci. Il peut arriver confiant à Calgary .

Le chef de piste Leopoldo Palacios concoctera sans aucun doute un parcours difficile pour les couples de chevaux et cavaliers en compétition cette année pour le CPKC ‘International’ Grand Prix, présenté par Rolex. L’ensemble des cavaliers en lice s’annonce d’un niveau remarquable, promettant un spectacle passionnant pour ceux qui les verront s'affronter dans la quête ultime pour devenir le prochain vainqueur du Rolex Grand Slam of Show Jumping.

L'étalon qui porte bien son nom – Stargold

(Photo : Private archive) (Photo : Private archive)

L'étalon Oldenbourg, Stargold (Stakkato Gold - Charme x Lord Weingard, élevé par Gestüt Sprehe GmbH), a réalisé quatre parcours sur cinq sans faute dans les deux épreuves les plus importantes du CHIO d'Aix-la-Chapelle. Lors de la première manche de la Coupe des Nations Mercedes-Benz, le duo qu’il forme avec Marcus Ehning a écopé de huit points de pénalité, mais dans la deuxième manche, a réalisé un parcours sans faute. Dans le prestigieux Rolex Grand Prix, ils ont réalisé trois parcours sans faute et, en tant que dernier couple à s'élancer dans le barrage, ont réalisé le temps le plus rapide, remportant ainsi la victoire de ce prestigieux majeur historique. Quelle est l'histoire qui se cache derrière Stargold ?

 

Racines d’Holsteiner

Le pedigree de Stargold nous emmène en Schleswig-Holstein, plus précisément dans les villes de Haselau et Hetlingen. C'est à Haselau que se trouvaient la plupart des étalons qui ont formé les premières générations de la lignée maternelle de Stargold. Cette lignée a été formée par l'éleveur Hans Hatje de Hetlingen et a donné naissance à des chevaux de haute qualité pendant plus de 40 ans. En 1980, Canaris 17 (Calando I - Ditlena x Ladykiller, éleveur : Hans Hatje) est né. Ce hongre a obtenu plus de 140 classements en 1.40m et plus et a sauté à 1.55m, le tout sous la selle de la cavalière Holle Nann.

 

Hans Hatje est décédé il y a une quinzaine d’années et n'ayant pas d'enfants pour poursuivre son travail d'élevage, la station d'étalons du Holsteiner Verband à Haselau a été reprise par la famille Lienau. Bien que les étalons ne résident plus dans la station, l'héritage demeure. Otto Lienau a grandi avec tous les éleveurs de sa région qui amenaient leurs juments aux étalons du haras. Lienau se rappelle : "Je me souviens très bien de la jument Ditlena par Ladykiller xx (née en 1967). C'était une jument très importante et magnifique. Elle a été sélectionnée par l'Association Holsteiner pour représenter les juments Holsteiner au salon DLG à Munich, et elles s’y étaient rendues en train. Sa grand-mère, Edelia née de Loretto, était également une jument importante pour cette lignée. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Hans Hatje a été contraint de remettre ses juments à l'armée allemande. Il a été autorisé à choisir une pouliche d'une autre ferme ici dans notre région. Si vous regardez sa lignée, vous pouvez voir que de la jument Norwegen née de Farnese, née en 1976, jusqu'à au moins Erle née d’Omar, née en 1908, étaient 'made in Haselau'. Contender a également joué un rôle important dans notre haras. Il est dans la troisième génération de Stargold. C'est une satisfaction de voir la génétique que je connais si bien dans l'un des meilleurs chevaux de saut d'obstacles d'aujourd'hui."

 

Charmonie

Andre Emke raconte l'histoire de la jument Charmonie, par Contender, la deuxième mère de Stargold : "Mes parents ont trouvé par hasard la jument Contender chez un marchand de chevaux dans le sud de l'Oldenbourg. À l'époque, la jument Contender était en mauvais état nutritionnel et avait un poulain au pied . Lorsque mes parents ont vu la jument avec le poulain, ils ont eu pitié d'eux et les ont ramenés chez eux. Après que la jument ait été soignée et nourrie chez nous, son état nutritionnel s'est amélioré. Mes parents ont ensuite décidé d'inséminer la jument avec l'étalon Lord Weingard. La décision d'inséminer la jument avec cet étalon était basée sur le fait que nous accordons une très grande valeur au sang de Landadel. En outre, la sœur de la mère (Lady Weingard) était une cavalière de saut d'obstacles très talentueuse sous la direction de Markus Beerbaum, ce qui nous a beaucoup convaincus. Ce poulain était une pouliche. Cette pouliche, Charme, est donc la mère de Stargold. De cette lignée, nous avons actuellement une fille directe de Charmonie, une jument par Stakkato (Stakko's Girl), avec une pouliche par Conthargos. Stakko's Girl est une demi-sœur de la mère de Stargold. Elle a déjà conçu son premier descendant de niveau avancé (S) avec succès (Quid Primaire-H) ainsi que plusieurs poulains d'enchères. Nous avons également deux filles de Stakkato (petites-filles de Charmonie) dans notre ferme. Une jument de deux ans par Quidam de Revel et une jument de sept ans par Quasimodo van de Molendreef (Quantica), qui porte actuellement un poulain premium par Diamant de Semilly. Charmonie est également la mère de l'étalon approuvé hanovrien Statis Conti (Stakkato), qui concourt à 1,45 m avec Bronislav Chudyba. Son fils, Contenders XC (Concetto I), a sauté à 1,50 m avec trois cavaliers différents."

 

Gestüt Sprehe

Stargold a obtenu sa licence à l'âge de trois ans et est devenu champion des étalons de saut d'obstacles lors de l'Agrément des étalons à Munich-Riem. L'étalon Sprehe a ensuite passé son test de 30 jours avec une note de 8,7 pour l’aptitude de saut. Jan Sprehe se souvient : "Nous avons eu beaucoup de chance avec la mère, Charme. Nous l'avons achetée à Klatte lors de la vente aux enchères de poulains EOS parce qu'elle avait un bon pedigree et qu’elle est devenue une très bonne jument. Nous avons également eu de la chance avec Stargold. Il a été champion des étalons de saut d'obstacles lors des approbations à Munich-Riem. Nous avons donc commencé à le mettre en selle. Je l'ai monté pendant un moment. Vanessa Meyer a commencé avec moi en tant que palefrenière, mais elle a fait toute sa formation sportive. J'ai toujours eu un bon feeling avec lui. Je l'ai repris à Vanessa quand il avait six ans et je l'ai monté pour qu’il se qualifie pour le Bundeschampionat et les classes Youngster. Il a toujours été un excellent cheval, il a toujours sauté sans faute et a toujours eu du succès. Tobias Meyer l'a également monté avec beaucoup de succès – ils ont remporté plusieurs compétitions de jeunes chevaux et le Bundeschampionat pendant sept ans. Marcus Ehning l'a ensuite remarqué et m'a appelé. C'est ainsi que nous sommes entrés en contact. Marcus est bien sûr un cavalier de classe mondiale. Je lui ai présenté Stargold chez lui pour qu’il l’essaie et le reste appartient à l'histoire. Son père, Stakkato Gold, occupe la première place dans l'index d'élevage depuis longtemps et, en fin de compte, nous lui devons beaucoup à Stakkato Gold. Il a transmis son incroyable capacité de saut à sa progéniture. Neuf sur dix de ses descendants peuvent vraiment sauter. Il a maintenant plusieurs descendants au plus haut niveau ! Nous nous sommes toujours concentrés sur le sport avec Stargold, car le sport et l'élevage sont très exigeants, cependant nous avons encore de la semence congelée de lui."

 

Sprehe poursuit : « La sœur de Stargold, So Charme, a également beaucoup de qualités et se débrouille bien dans les classes de jeunes chevaux avec Tobias Meyer. La combinaison de Stakkato Gold et Charme s'est avérée être bonne, produisant déjà deux chevaux exceptionnels. Nous avons eu un certain feeling avec ce croisement, et il est également essentiel d'avoir une part de chance dans l'élevage et la formation de ces chevaux. »

 

Vanessa Meyer, qui a joué un rôle crucial dans la formation de Stargold, raconte : "J'ai eu Stargold au début de sa quatrième année. Il a montré une grande attitude envers le sport dès le départ, toujours très enthousiaste. Stargold a gagné presque chaque compétition de saut d'obstacles à laquelle nous avons participé, et j'ai su après deux ou trois compétitions qu'il serait toujours caressé sur l'encolure après le dernier saut pour récompenser ses efforts. À partir de ce moment-là, il a toujours fait des ruades après le dernier saut - comme il le fait encore aujourd'hui. Je n'étais certainement pas une professionnelle et j'ai souvent commis des erreurs, mais il m'a toujours sauvée. Nous avons fait notre première compétition internationale en Italie et avons ramené trois victoires dans des classes de 1m40 en trois semaines. Stargold a toujours été un cheval très spécial pour moi. Tobi a pris le relais avec lui au début de sa septième année. Il était rare qu'un concours se termine sans que Stargold ne remporte un ruban de victoire. C’est Jan Sprehe qui a le dernier mot : "Il n'est pas nécessaire de parler des qualités de Stargold, il est l'un des meilleurs chevaux du monde avec Marcus. Nous sommes très fiers de lui et nous nous réjouissons de chaque succès ! Nous sommes également très heureux que cela ait si bien fonctionné !"

LA SAISON ESTIVALE DES ROLEX GRAND PRIX

LA SAISON ESTIVALE DE ROLEX Photo credits : Peter Nixon

 

Outre le prestigieux Rolex Grand Slam of Show Jumping, Rolex est le partenaire de nombreux Grands Prix d’été convoités. Au cours d’une période de quatre mois débutant en mai et prenant fin en août, les meilleurs couples cheval-cavalier au monde se réunissent dans le cadre de certains des concours les plus emblématiques d’Europe et d’Amérique du Nord afin de disputer ces compétitions d’élite.

 

Le Royal Windsor Horse Show a accueilli le premier Grand Prix Rolex de la saison estivale. Baigné par le glorieux soleil de l'après-midi, le château de Windsor a fourni la toile de fond idéale pour cette prestigieuse catégorie. Au total, neuf couples se sont qualifiés pour le départ, offrant un divertissement de premier ordre aux tribunes bondées. Toutefois, c'est le combat entre le témoignage Rolex Martin Fuchs et le champion olympique individuel de 2020 Ben Maher qui a véritablement enflammé les foules. Le virage spectaculaire du cavalier suisse avec Conner Jei vers l’avant-dernier obstacle a assuré sa victoire avec 0,40 secondes d’avance. Ben Maher et Explosion W ont obtenu la deuxième place, les Irlandais Bertram Allen et Pacino Amiro complétant le podium en troisième position.

 

Du 25 au 28 mai, la ville éternelle a accueilli la 90e édition du CSIO Roma Piazza di Siena, mis en scène dans les magnifiques jardins de la Villa Borghèse. Le parcours a été magistralement conçu par le concepteur de parcours italien Uliano Vezzani, et a vu 11 couples des 50 compétiteurs procéder au départ. Le Rolex Gran Premio Roma 5* a été remporté par certains des meilleurs athlètes du sport, le prix étant attribué cette année à André Thieme, médaillé d’or en individuel et médaillé d’argent par équipe des Championnats d’Europe FEI. Le Suédois Jens Fredricson s’est classé deuxième avec Markan Cosmopolit, devant les Brésiliens Stephen de Freitas Barcha et Primavera Imperio Egipcio.

 

Organisé sur les superbes rives de l'océan Atlantique dans l'ouest de la France, le Jumping International de La Baule accueille le saut d'obstacles de niveau élite depuis plus de 60 ans. Souvent considéré comme l'un des concours les plus pittoresques du calendrier équestre, les meilleurs chevaux et cavaliers peuvent souvent être repérés à cheval sur les belles plages le matin. Le paysage exquis a fourni un endroit idéal pour la compétition féroce, qui s’est déroulée le dernier jour du concours. Le Belge Nicola Philippaerts et la jument toujours compétitive Katanga v/h Dingeshof ont réalisé deux épreuves sans faute et rapides, et remporté leur première victoire 5* ensemble. Dernier à avoir franchi la ligne de départ, le Suédois Jens Fredricson a été plus lent d’à peine 0,32 secondes et a pris la deuxième place une fois de plus, tandis que le nº 1 mondial Henrik von Eckermann a pris la troisième place.

 

De l'autre côté de l'océan Atlantique, Spruce Meadows a tenu sa « Summer Series » présentée par Rolex. Le site a organisé quatre tournois de juin à juillet, offrant une chance aux couples visant à concourir au tournoi CSIO Spruce Meadows Masters (qui fait partie du Rolex Grand Slam of Show Jumping) une occasion de participer dans cet impressionnant lieu. Trois Grands Prix présentés par Rolex ont eu lieu au cours de la période de cinq semaines, dont le Grand Prix Continental présenté par Rolex, remporté par le canadien Mario Deslauriers, le Grand Prix RBC du Canada présenté par Rolex, remporté par le brésilien Santiago Lambre, et la coupe panaméricaine présentée par Rolex, remportée par l’Irlandais David Blake.

 

Le Grand Prix Rolex - Ville de Dinard, qui s’est tenu le dimanche 30 juillet au Jumping International de Dinard,  a vu 40 des meilleurs couples cheval-cavalier (dont le vainqueur de l’an dernier Martin Fuchs) s’affronter dans la célèbre arène. Avec 15 couples passant le premier tour de la compétition, la ligne de départ promettait d’être électrique, et c’est à juste titre que Max Kühner et Elektric Blue P, son fidèle partenaire de 12 ans, ont remporté la victoire dans cette prestigieuse catégorie. Fuchs n’a pas tout à fait pu répéter sa victoire de 2022, mais a terminé troisième avec le hongre gris Leone Jei, tandis que l’Irlandais Shane Sweetnam a terminé deuxième avec James Kann Cruz.

 

Le Brussels Stephex Masters clôturera la saison estivale du 23 au 27 août. Se tenant près de l’Atomium, l’un des célèbres monuments, les fans peuvent s’attendre à découvrir le sport équestre à son plus haut niveau. Le concours de 2022 a vu Peder Fredricson remporter une victoire impressionnante le dernier jour du Rolex Grand Prix, et cette catégorie est une fois de plus sûre de fournir une finale appropriée à la saison estivale Rolex.

 

Entretien avec Mel Obst

Mel Obst, groom to Marcus Ehning (Photo: Jenny Abrahamsson / World of Show Jumping ) Mel Obst, groom to Marcus Ehning (Photo: Jenny Abrahamsson / World of Show Jumping )

 

Pourriez-vous vous présenter ? Dites-nous par exemple pour qui vous travaillez et en quoi consiste votre métier.

 

Je m’appelle Melina, mais tout le monde m’appelle Mel. Je travaille en tant que groom pour Marcus Ehning depuis sept ans, pendant les concours à l’extérieur et à domicile, je fais tout !

 

Quel genre de patron est-il ?

 

Il est génial ! Il est très facile à vivre et il m’accorde toute sa confiance. Toute l’équipe de nos écuries est comme une famille. La sœur de Marcus gère les écuries maintenant, après avoir travaillé comme groom pour lui auparavant. J’adore travailler avec Marcus, il est serviable, jamais en retard - en fait, il est souvent en avance ! Quand vous avez besoin d’aide, il n’est pas avare de son temps. Il est, à juste titre, strict pendant l'échauffement, mais dans l'ensemble, il est amical avec tout le monde, y compris avec les grooms.

 

Pouvez-vous expliquer votre rôle en tant que groom pour coordonner le travail de l’équipe au sens large, avec les vétérinaires, les kinés, etc.

 

Nous avons un programme pour les six prochains mois, avec les concours que nous voulons faire. Entre quatre et six semaines avant les concours, nous décidons avec toute l’équipe quels chevaux nous allons envoyer à tel ou tel endroit, et nous gérons ensemble l’organisation de leur physiothérapie, des contrôles vétérinaires et tout le reste. Nous laissons généralement Marcus en dehors de ça, pour qu’il puisse se concentrer sur la monte. Avec l'aide de l'équipe de direction à domicile, nous préparons tous les certificats vétérinaires, la stabulation, le camion, etc. Marcus a seulement besoin de savoir quels chevaux nous emmenons à quel concours !

 

Comment était-ce de faire partie de l’équipe de Marcus lorsqu’il a remporté le CHIO d’Aix-la-Chapelle ?

 

C’est encore un peu difficile à croire, personne ne s’y attendait. Stargold est vraiment formidable d’avoir réalisé cette performance à Aix-la-Chapelle ! Il avait déjà obtenu de bons résultats plus tôt dans l’année, mais c’était la première fois qu’il sautait au Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle. Il est arrivé à son apogée cette année, et c’était tout simplement génial. C’est la deuxième fois depuis que je travaille comme groom pour Marcus qu’il remporte le Rolex Grand Prix à Aix-la-Chapelle, c’était une journée incroyable !

 

Qu’est-ce que Stargold a de spécial, et qu’est-ce qui fait son succès ?

 

Il est vraiment facile. C’est un étalon, mais il se comporte comme s’il n’en était pas un ! Il n’est pas du tout difficile à faire travailler, et il est très facile à comprendre. Il adore manger et être au pré, mais il n’aime pas les promenades à la longe, il préfère les trucs un peu dingues ! Quand je suis avec lui aux concours, souvent le matin, je lui mets une selle et je le sors pour faire un tour, parfois avec d’autres chevaux.

 

En tant que groom, vous voyagez beaucoup avec vos chevaux, comment veillez-vous à ce que le voyage se passe bien ?

 

Vous connaissez très bien vos chevaux quand vous travaillez avec eux tous les jours. Vous voyez s’ils ne boivent pas assez ou s’ils ne sont pas bien, donc vous savez quand il faut essayer de changer les choses. Par exemple, s’il faut leur donner du mash ou de l’eau, et quand il faut surveiller s’ils mangent assez et s’ils sont heureux.

 

Chaque cheval est différent. Certains sont très à l’aise pour manger et boire, et d’autres ne touchent à rien. Si certains adorent avoir leur seau de nourriture posé par terre, d’autres adorent les avoir accrochés plus haut. Certains adorent le foin, d’autres ne le mangent pas, ils sont tous différents. Cependant, comme je les connais très bien, je sais ce qu’ils aiment et ce qu’ils n’aiment pas.

 

On peut entraîner un cheval à voyager, ou, si c’est un nouveau cheval, on demande à son ancien groom comment il se comporte en voyage pour faciliter les choses.

 

Certains chevaux sont très agités quand ils descendent du van, d’autres sont prêts à aller dormir ! Ils ont tous leur caractère unique, ce qui rend le travail tellement intéressant !

 

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (Dutch Masters, CHIO d’Aix-la-Chapelle, CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions selon vous ?

 

Les quatre Majeurs sont tous différents. Je suis allée à chacun d’entre eux et j’ai déjà eu la chance de gagner deux d’entre eux, le CHI de Genève et le CHIO d’Aix-la-Chapelle. Les terrains sont différents, mais l’atmosphère y est toujours formidable. Les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping sont différents des autres concours, il y a quelque chose de vraiment unique dans les quatre Majeurs réunis. Pendant les Majeurs, on assiste toujours à la meilleure compétition et aux plus grands cavaliers qui se disputent la victoire.

 

Cette atmosphère est particulièrement unique pour Marcus à Aix-la-Chapelle. Il adore y participer, étant allemand et Aix-la-Chapelle étant son concours à domicile, il adore y concourir. Il n’y a jamais aucune discussion pour savoir si nous allons à Aix-la-Chapelle ou non !

 

Il en est de même pour les autres cavaliers. Pour Martin Fuchs, c’est Genève car il y a son public. Pour les cavaliers néerlandais comme Harry Smolders, c’est le Dutch Masters, et pour d’autres cavaliers comme Eric Lamaze, c’est à Spruce Meadows.

 

Pour les cavaliers, le Rolex Grand Slam of Show Jumping n’est pas seulement une opportunité de gagner beaucoup d’argent, mais aussi de remporter un titre qui reste avec vous pour toujours. Par exemple, la victoire de Scott Brash au Rolex Grand Slam of Show Jumping est quelque chose dont tout le monde se rappellera. Ses trois victoires sur trois Majeurs différents qui sont tous uniques sont vraiment remarquables.

 

C’est le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping, comment cette initiative a-t-elle changé la discipline au cous des dix dernières années ?

 

Le Rolex Grand Slam a permis que de plus en plus d’argent soit investi dans le sport, ce qui encourage et motive les cavaliers. Pour tout le monde, même pour les non-initiés, remporter le Rolex Grand Slam est quelque chose de reconnu comme phénoménal. J’ai des amis qui ne connaissent rien aux chevaux, mais qui connaissent le Rolex Grand Slam.

 

Quel est le moment dont vous êtes la plus fière dans votre carrière ?

 

Il y en a eu quelques-uns ! J’ai été extrêmement fière de Misanto Pret A Tout l’année où il a gagné la FEI Jumping World CupTM à Madrid en 2019, après un retour de blessure. Les championnats d’Allemagne ont aussi été incroyable cette année, avec Marcus qui avait gagné le titre il y a 21 ans, quand il a gagné cette année, je me suis dit « Waou, j’ai réussi avec lui ! »

 

J’ai aussi eu la chance de gagner quelques-uns des Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping avec Marcus. Nous avons remporté Aix-la-Chapelle et Genève ensemble, et j’en suis très fière.

 

Il a d’autres choses, comme les nominations pour les championnats de la FEI, pour lesquels nous travaillons très dur et je suis très fière quand nous sommes sélectionnés. Je me sens aussi extrêmement fière quand je vois les chevaux partir à la retraite, bien-sûr, on est à la fois heureux et tristes, mais fiers de tous leurs accomplissements et heureux de voir la nouvelle génération qui arrive.

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans votre travail ?

 

J’adore voyager, je suis sûrement parmi les rares grooms qui vous diront cela ! Dans le camion, en avion, partout, ça ne me dérange pas ! J’adore voyager autour du monde et affronter de nouveaux défis. Je n’ai pas l’impression d’aller travailler, j’ai l’impression de faire de ma passion un métier, que j’aime toujours autant, même au bout de 20 ans. Je ne peux pas imaginer d’arrêter. Quand vous voyagez, vous rencontrez vos amis, de nouvelles connaissances, vous voyez de nouveaux concours et tout ce qu’il y a autour.

 

Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui s’intéresse à ce métier ?

 

Le métier de groom n’est pas facile, c’est beaucoup de travail. Si vous aimez vraiment les chevaux, et voyager avec eux pour les concours, alors vous allez adorer. Parfois, il faut s’oublier soi-même, parce que ce n’est pas un job de huit heures par jour, mais parfois plutôt jusqu’à 24 heures par jour ! Mais être un groom est un métier qui peut vous apporter beaucoup, et vous aurez des moments vraiment incroyables dans votre carrière.

 

Tous les métiers ont des bons et des mauvais côtés, certaines personnes peuvent rentrer chez elles à 17 h, mais pour un groom, ça n’arrête jamais ! Vous pensez tout le temps aux chevaux ! Vous avez la chance de rencontrer beaucoup de gens, de chevaux et des propriétaires, ce qui est fascinant.

 

Les grooms forment-ils une vraie communauté où ils se soutiennent mutuellement ?

 

Je me suis fait quelques amis incroyables, et nous essayons de nous retrouver au moment des concours, pour un barbecue et pour prendre un verre. Mes amis viennent du monde entier. Nous faisons aussi parfois d’autres choses en dehors des chevaux, comme aller à un festival ou un concert, ce qui renforce vraiment les amitiés.

 

Il y a aussi les moments où vous avez besoin d’aide, et c’est génial de savoir que vous avez des amis auxquels vous pouvez vous adresser pendant un concours. Par exemple, il m’est arrivé une fois d’être bloquée à l’aéroport pour un problème de visa. Je suis arrivée au concours avec deux jours de retard et mes amis se sont occupés de mes chevaux, sans même que je leur demande. Si quelque chose se passe mal, mes amis m’aideront car ils savent que je ferais la même chose pour eux !

 

Jeux Vidéo Retro au Rolex Grand Slam

Jeux Vidéo Retro au Rolex Grand Slam

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping est heureux d’annoncer le développement d’un nouveau jeu vidéo passionnant. Le jeu de style rétro a été révélé plus tôt cette année au CHIO Aachen – le premier Rolex Grand Slam of Show Jumping pour célébrer le 10e anniversaire de l’initiative.

 

Attirant les fans de saut d'obstacles et les cavaliers de classe internationale, y compris Gerrit Nieberg, le vainqueur du Grand Prix Rolex de CHIO Aachen l'an dernier, le jeu s'est avéré être une attraction populaire dans le cadre du stand Rolex Grand Slam of Show Jumping Experience. Sur ce stand, les spectateurs peuvent également se rapprocher du trophée du Rolex Grand Slam ainsi que de produits de marque exclusifs et propres à chacun des Majeurs. Le stand abrite également une nouvelle expérience de réalité virtuelle spectaculaire, vous permettant d'être transporté virtuellement vers la cour de Harry Charles au FEI World Under-25 No.1 pour une visite unique des coulisses de ses installations et de ses chevaux.

 

Le jeu vidéo sera de nouveau disponible au CSIO Spruce Meadows Masters en septembre. Le jeu multijoueurs permet aux fans de s’affronter sur des parcours de saut d’obstacles à chacun des sites emblématiques du Rolex Grand Slam of Show Jumping Majors. Les joueurs peuvent choisir parmi une variété de chevaux différents et doivent veiller à soigneusement sauter chacun des obstacles et à recueillir toutes les pommes pour accélérer, accumuler le plus de points et franchir la ligne d'arrivée le premier.

 

Le jeu est pour l’instant disponible uniquement pour les personnes qui assistent aux Majeurs. Les fans seront toutefois ravis d'apprendre que le jeu sera disponible en ligne dans le monde entier à l'automne. Chaque étape du jeu sera disponible en fonction du calendrier du Rolex Grand Slam. Consultez donc les réseaux sociaux du Rolex Grand Slam of Show Jumping pour en savoir plus sur les dates de sortie !

Marcus Ehning

(Photo: Tiffany van Halle) (Photo: Tiffany van Halle)

MARCUS EHNING DÉCROCHE LE ROLEX GRAND PRIX DU CHIO D’AIX-LA-CHAPELLE

 

Dès dimanche matin, l’excitation se faisait sentir dans les tribunes et coulisses du parc sportif Soers à Aix-la-Chapelle, avec plus de 40 000 spectateurs attendant avec impatience d’assister à l’épreuve phare du World Equestrian Festival, le Rolex Grand Prix. Ajoutez à cela le fait que l’Américain McLain Ward, ayant déjà remporté les Grand Prix du CHI de Genève en décembre et du Dutch Masters en mars, briguait aujourd’hui le Rolex Grand Slam of Show Jumping (un exploit réalisé une seule fois dans l’histoire). 

 

Après s’être qualifiés pour le Rolex Grand Prix ces derniers jours, ce sont quarante des meilleurs couples cheval-cavalier au monde qui se sont présentés au départ du parcours pensé par Frank Rothenberger cette après-midi. Et tous espéraient bien sûr ajouter leur nom à l’illustre liste de ces cavaliers ayant réussi à décrocher le Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle, « Wimbledon du monde équestre ». 

 

Avec ses deux manches et son barrage éventuel en cas d’égalité de pénalités, le Rolex Grand Prix met à l’épreuve l’endurance, les moyens et le talent des participants, ainsi que le lien unissant cheval et cavalier. 

 

Pour décrocher l’une des 18 places de la seconde manche, les cavaliers devaient soit faire le sans faute, soit réaliser quatre points à une allure relevée. Premier à entrer en piste, Olivier Perreau montre la voie aux autres cavaliers avec un sans faute plein d’élégance. Le cavalier français est ensuite rejoint par 11 autres cavaliers aux parcours irréprochables, dont les Témoignages Rolex Rodrigo Pessoa, Steve Guerdat et Daniel Deusser, ainsi que le gagnant de l’édition 2022 du Rolex Grand Prix, Gerrit Nieberg. Et c’est dans un silence absolu que McLain Ward, actuel prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping, et sa monture HH Azur entrent en piste. Mais ce sera la déception : après la chute de deux obstacles, le cavalier américain se retire de la compétition et met fin aux espoirs de voir couronner un nouveau champion. 

 

Les départs suivant l’ordre inverse des résultats de la première manche, le septième à s’élancer, le Mexicain Eugenio Garza Perez fera le premier sans faute aux rênes de son bel hongre gris Contago. Le parcours pose toutes sortes de difficultés aux participants, mais Rodrigo Pessoa, vainqueur de huit Majeurs, montre son talent et nous offre la perspective d’un barrage. Trois autres couples sous la bannière allemande rejoignent ensuite ceux pouvant briguer l’un des prix les plus prestigieux du monde du saut d’obstacles. Malheureusement pour le contingent belge, Nicola Philippaerts passe la ligne d’arrivée avec une simple faute de temps.

 

Au total, c’est donc cinq couples qui se présentent au barrage, dont quatre anciens vainqueurs d’un Rolex Grand Prix. Sous les applaudissements du public allemand, Philipp Weishaupt, troisième en lice, est le plus rapide des trois participants à finir avec quatre points de pénalité, garantissant déjà une victoire allemande. Avant-dernier à partir, Daniel Deusser, vainqueur de l’édition 2021, sait très bien ce qu’il faut faire pour remporter ce type d’épreuve. Et c’est bien lui qui fait le premier sans faute sur ce barrage très technique. Marcus Ehning, son compatriote, est donc le dernier à pouvoir lui arracher la première place. Et ce gagnant de l’édition 2018 n’hésite pas une seconde à le faire, avec une prestation fluide et efficace qui lui ressemble. Le cavalier allemand passe la ligne d’arrivée 61 centièmes de seconde plus tôt que Deusser et devient du même coup le nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Il tentera de conserver ce titre dès septembre lors du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’.

 

Après sa victoire, Ehning a déclaré : « C’est absolument incroyable. Mon cheval est une superstar, je n’ai jamais douté de ses capacités. J’étais le dernier à passer, et il a tout donné. Je n’ai pas pu regarder les autres performances, mais je savais que ma monture est super rapide. Je n’ai pas pris de risques exagérés, et tout est bien qui finit bien ! »

 

Le Champion olympique des Jeux de 2000 continue alors : « J’ai senti la foule derrière moi, son énergie. Je voulais lui donner quelque chose en retour. Tant que je lui faisais honneur en tant que cavalier, je savais que mon cheval ferait le nécessaire. J’ai eu un peu de chance à la seconde manche, mais il en faut parfois pour gagner ! Le sort m’a souri aujourd’hui. » 

 

Le nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam a annoncé : « Je souhaite d’abord profiter du moment présent, avant de réfléchir à Spruce Meadows dans quelques jours. Stargold est un cheval extraordinaire. Peu de gens croyaient en son talent, mais les Championnats du monde de la FEI de l’an passé ont montré de quoi il est capable. Je suis très fier de ce cheval généreux et intelligent, et je remercie vivement ses propriétaires de me laisser le monter. »

 

Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Entretien avec Laura Kraut

 

Qu’est-ce qui fait la particularité du CHIO d’Aix-la-Chapelle ?

 

C’est le Wimbledon du saut d’obstacles ! Chaque cavalier de la discipline rêve de gagner une épreuve ici. Les spectateurs, la beauté du cadre... le CHIO d’Aix-la-Chapelle a vraiment quelque chose de spécial.

 

Parlez-nous des chevaux qui vous accompagnent cette semaine et de leurs caractères respectifs.

 

En premier lieu, on a Baloutinue, qui a participé à la Mercedes-Benz Nations´ Cup cette semaine. J’ai aussi amené un autre cheval, appelé Dorado 212, qui s’est récemment hissé au plus haut niveau de la compétition et qui a pris part au Turkish Airlines-Prize of Europe mercredi et au RWE Prize of North Rhine-Westphalia vendredi. Et puis on a Una Mariposa, qui a sept ans, et Haley, une jument merveilleusement rapide qui est arrivée deuxième dans sa première épreuve mercredi.

 

De quelles qualités doivent disposer un cheval et son cavalier pour gagner un Majeur ?

 

Impossible de remporter un Majeur comme celui d’Aix-la-Chapelle sur un cheval ordinaire. Pour réussir, il faut une monture exceptionnelle : soigneuse, courageuse, et rapide pour le barrage, mais aussi maîtrisable. Seuls les meilleurs chevaux au monde sont capables de gagner cette épreuve. À mon avis, 95 % des participants sont capables de remporter le Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle s’ils sont en forme le jour J. Ceux-ci sont bien décidés à faire de bonnes performances, et si les chevaux sont eux aussi prêts à faire de leur mieux, l’épreuve devrait être mémorable.

 

Vous et votre compagnon, Nick Skelton, avez des liens de longue date avec le Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle. Comment décririez-vous cette épreuve ?

 

Je suis bien décidée à faire mon possible pour la remporter un jour. Nick Skelton, mon compagnon, a effectivement été une grande source d’inspiration. Il l’a quand même remportée quatre fois, notamment en 2013 pour le première Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping ! J’ai monté Baloutinue ici il y a deux ans, et il a fait le sans faute dans les deux manches du Rolex Grand Prix. Malheureusement, il a ensuite essuyé quatre pénalités lors du barrage. J’aimerais beaucoup tenter ma chance un jour.

 

Qu’est-ce qui fait la particularité des Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

 

Ce sont tous les quatre des concours équestres absolument uniques. Il reste quelques concours davantage axés sur le sport et les prestations que sur l’accueil ou le profit qu’ils peuvent générer, et les Majeurs en font partie. Ils rassemblent les meilleurs cavaliers au monde, et à mon avis, mettent sous les projecteurs le nec plus ultra du saut d’obstacles.

 

Le saut d’obstacles est l’un des seuls sports au monde dans lequel les hommes et les femmes disputent les mêmes compétitions. Cela vous donne quel sentiment ? 

 

On me pose souvent cette question. Personnellement, je n’y pense pas car j’ai concouru contre des garçons puis des hommes toute ma vie. Mais je sais que c’est très spécial pour le public. Quand à nous cavaliers, nous avons de la chance, car les hommes et les femmes apportent des forces et qualités différentes.

 

Selon vous, quel impact a eu le Rolex Grand Slam of Show Jumping sur le sport du saut d’obstacles ?

 

Je pense que cela a donné aux cavaliers un objectif vers lequel tendre au plus haut niveau. Il y a quelques années, on avait le Pulsar Triple Crown of Show Jumping, un titre très convoité. Le Rolex Grand Slam est nouvelle version revisitée et améliorée pour le 21e siècle ! Et la très généreuse somme à gagner pour le gagnant du Rolex Grand Slam et les primes proposées pour avoir remporté plusieurs compétitions motivent énormément les cavaliers.

 

Quelle importance revêt le travail de votre équipe en coulisses de l’événement dans votre réussite ?

 

C’est très simple : sans eux, je n’aurais jamais eu un tel succès. Les grooms qui s’occupent des chevaux comme s’il s’agissait de leurs propres enfants, les maréchaux-ferrants, les vétérinaires, les kinés, les personnes qui nous aident à l’organisation quotidienne... c’est le travail de toute une équipe. Et c’est cette équipe qui permet au cavalier de faire la meilleure performance possible. Sans mon équipe, je ne serais pas ici.

 

Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Entretien avec Frank Rothenberger

Directeur du CHIO d'Aix-La-Chapelle

 

Qu’est-ce qui fait selon vous la particularité du CHIO d’Aix-la-Chapelle ?

 

C’est tout simplement le concours le plus important de l’année. Cela fait déjà vingt ans que j’ai été invité à concevoir le parcours du CHIO d’Aix-la-Chapelle, et pourtant j’ai toujours aussi hâte aujourd’hui de voir se dérouler le Rolex Grand Prix, la plus prestigieuse des épreuves de cet événement. L’an dernier, nous avons assisté à des prestations extraordinaires, dont un barrage aux chronos impressionnants.

 

Quels sentiments ressentez-vous en tant que chef de piste du CHIO d’Aix-la-Chapelle, et qui plus est chez vous en Allemagne ?

 

C’est une joie sans nom. Les épreuves se préparent des mois à l’avance, et sur une piste aussi grande que celle-ci, il faut beaucoup de temps et une planification considérable. Ces derniers jours, nous avons pu assister à plusieurs épreuves tout à la fois difficiles et exaltantes et à des barrages très rapides. Le CHIO d’Aix-la-Chapelle offre un cadre idéal, des pistes aux écuries en passant par les parcours et l’organisation en général. C’est d’ailleurs pour cela que les meilleurs cavaliers au monde se retrouvent ici.

 

Parlez-nous un peu du parcours que vous avez créé pour le Rolex Grand Prix ce dimanche...

 

Oui, bien sûr. Le Rolex Grand Prix se déroulera en deux manches, avec un barrage final. Il y aura bien sûr une rivière, et plusieurs combinaisons doubles et triples. La grande taille de la piste fait qu’il est parfois difficile de créer un parcours intéressant. Il ne faut pas oublier d’ajouter des tracés et combinaisons un peu techniques en plus de penser aux distances entre les obstacles. Les meilleurs parcours utilisent divers éléments de parcours modernes inspirés de différentes sources.

 

Comment êtes-vous devenu chef de piste ?

 

C’est très simple : il y a quarante ans, quand j’étais jeune cavalier, je n’avais pas d’obstacles à la maison. J’ai donc décidé de m’en construire. Peu après, d’autres cavaliers ont commencé à venir monter sur mon terrain, car j’étais le seul à proposer différents types d’obstacles, dont des rivières, des talus et des haies. J’ai alors commencé à créer des parcours pour ces cavaliers qui venaient s’entraîner régulièrement chez moi. J’ai arrêté de monter en compétition à l’âge de 22 ans et j’ai lancé une entreprise spécialisée dans la fabrication d’obstacles. Peu à peu, cela a fini par me mener au métier de chef de piste.

 

Quel a été votre premier parcours de compétition en tant que chef de piste ?

 

J’avais 21 ans quand j’ai conçu mon premier parcours pour un concours, c’est-à-dire il y a 44 ans. Je travaille toujours aujourd’hui, mais j’ai arrêté de me rendre en compétition tous les week-ends. Je concentre mon énergie sur 12 à 14 concours de renom par an, dont le CHIO d’Aix-la-Chapelle.

 

 

En dehors de votre métier, quelles sont vos passions ?

 

Ma famille avant tout, et en deuxième place, la voile. Je suis skippeur, et je reviens cette semaine seulement d’affréter un catamaran en Italie. Je dois repartir en septembre puis en novembre. Je suis aussi fan de ski depuis mon enfance.

 

Si vous deviez prédire le vainqueur du Rolex Grand Prix de dimanche, qui choisiriez-vous ?

 

C’est une question très difficile ! Le niveau des couples en lice est tellement élevé et la marge entre chacun d’entre eux tellement fine qu’il serait trop difficile de n’en choisir qu’un.

 

Le premier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping a eu lieu au CHIO d’Aix-la-Chapelle il y a dix ans de cela. Qu’est-ce qui a changé pendant cette période, et quel impact le Grand Slam a-t-il eu à vos yeux ?

 

Le saut d’obstacles est de plus en plus connu. On parle de plus en plus du Rolex Grand Slam et de ses quatre concours annuels : Calgary, Bois-le-Duc, Genève et Aix-la-Chapelle. Et l’événement promet d’être plein de suspens cette année, avec la présence à Aix-la-Chapelle de McLain Ward, vainqueur de deux Grand Prix Rolex consécutifs, Genève et le Dutch Masters. Il viendra dans l’espoir de gagner le Rolex Grand Prix de dimanche afin de décrocher la plus grande récompense qui existe dans le monde du saut d’obstacles : le Rolex Grand Slam.

 

Quel est votre souvenir préféré des dix dernières années du Rolex Grand Slam ?

 

Je regarde tous les Rolex Grands Prix, y compris ceux des trois autres Majeurs du Rolex Grand Slam. Le dernier en date, à Bois-le-Duc, nous a fait frissonné. Les nombreux sans faute ont donné lieu à un barrage inoubliable. Je suis très fier d’avoir été choisi comme chef de piste du Rolex Grand Prix de l’un des plus grands concours au monde.

 

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Gagnant du Turkish Airlines-Prize of Europe: Yuri Mansur

 

C’est sous les feux éblouissants du Haupstadion d’Aix-la-Chapelle que les meilleurs couples du monde du saut d’obstacles se sont livré bataille, à l’occasion du Turkish Airlines-Prize of Europe, la première épreuve 5* du CHIO 2023. Dans cette compétition en deux manches à 1,55 m, seuls les parcours sans faute donnaient droit à participer au barrage. Et une concurrence féroce s’annonçait, avec 53 cavaliers en lice dont Ben Maher, médaillé d’or olympique, et Martin Fuchs, numéro 5 mondial.

Le parcours pensé par Frank Rothenberger comprenait 14 obstacles lors de la première manche et huit à la seconde : un défi à la hauteur des participants de renom visant tous une qualification anticipée pour le prestigieux Rolex Grand Prix de dimanche.

Et c’est au Néerlandais Marc Houtzager de faire le premier sans faute. Mais la joie laisse place à la déception lorsque sont annoncées deux pénalités de temps. Et c’est le jeune suisse Edouard Schmitz, huitième au départ, qui finit par dompter le parcours technique sur l’impressionnant Gamin Van’t Naastveldhof, son hongre de 11 ans. L’emblématique piste verra tomber bien d’autres barres, mais pour le plus grand bonheur du public, trois cavaliers allemands signent le sans faute sous les applaudissements nourris du public. Parmi ces cavaliers se trouve notamment Gerrit Nieberg, vainqueur du Rolex Grand Prix l’année dernière.

Pour finir, seuls sept cavaliers sur 53 se qualifient pour le barrage. Et c’est dans le même ordre qu’ils se présenteront à la phase finale : Schmitz prend les devants et signe un parcours exemplaire en 42,43 secondes, le temps à battre. Mais le Brésilien Yuri Mansur lui vole sa place en passant la ligne d’arrivée moins de deux dixièmes de secondes plus tôt. Et si la foule retient son souffle pour voir passer ses trois représentants, Richard Vogel, Philipp Weishaupt et Gerrit Nieberg, aucun d’entre eux n’est finalement en mesure de faire la performance souhaitée, tous trois laissant des barres au sol. Il ne reste donc plus qu’un seul couple encore capable de battre le temps de Mansur : Martin Fuchs et Conner Jei. Et un léger dérapage en amont du deuxième obstacle fera que le gagnant de la finale de la Coupe du monde FEI de saut d’obstacles ne pourra pas battre le chrono du Brésilien qui décroche ainsi sa première victoire au CHIO d’Aix-la-Chapelle.

Rempli d’émotions, Mansur a déclaré : « C’est une victoire très spéciale à mes yeux. Je suis venu à Aix-la-Chapelle pour la première fois en 2018, mais après avoir fait un sans faute à la première manche, les choses m’avaient échappé à la deuxième. J’ai redoublé d’efforts, je voulais être le meilleur. Je suis revenu à Aix chaque année, j’ai amélioré ma performance chaque année. Et aujourd’hui, j’ai remporté une épreuve. C’est indéniablement la plus grande victoire de ma carrière. »

Mansur a aussi félicité sa monture : « [Miss Blue-Saint Blue Farm] est une jument hors pair. Elle n’a que neuf ans et concourait encore dans des épreuves à 1,30 m il y a seulement un an. Mais en dépit de son manque d’expérience, elle a réussi à gagner ce soir. Au début de ma carrière, j’étais l’un des premiers cavaliers à importer des chevaux d’Europe au Brésil. Et aujourd’hui, je vante la qualité des chevaux élevés au Brésil. Ma jument en est l’exemple parfait ! »

 

David Honnet Photo : Tiffany Van Halle

Entretien avec David Honnet

Pourriez-vous s’il vous plaît vous présenter à nos lecteurs ? Dites-nous par exemple pour qui vous travaillez et en quoi consiste votre métier. 

 

Je m’appelle David Honnet, j’ai 35 ans, et je travaille pour Scott Brash depuis sept ans maintenant. Avant cela, j’étais le groom de Cameron Hanley. Je suis arrivé ici dimanche avec les chevaux de Scott. Je vais m’en occuper toute la semaine, j’espère que la chance nous sourira !  

 

Parlez-nous un peu de votre trajet jusqu’au CHIO d’Aix-la-Chapelle...  

 

Je suis arrivé dimanche matin avec les chevaux. Après avoir quitté les écuries, nous avons pris le bateau. Le trajet a duré dix heures au total. Tout s’est bien passé, mais c’est vrai que depuis le Brexit, le passage en douane prend un peu plus de temps. Je suis donc arrivé assez tard dans la journée, et les vétérinaires présents sur place ont été d’une grande aide. Tous les chevaux ont fait bon voyage, ils sont habitués à voyager : Hello Jefferson en particulier est déjà allé aux quatre coins du monde. Les trajets n’ont plus de secrets pour lui. Hello Mango n’est pas du tout affectée par le trajet non plus. Elle était en Espagne au début de l’année, elle a donc dû faire plusieurs longs trajets. Et Hello Valentino ne pose pas non plus de problème particulier. 

 

Que faites-vous lorsque vous accompagnez un cheval sensible au transport ? 

 

J’évite de les faire voyager trop longtemps, je fais des étapes plus courtes et plus d’arrêts. En gros, je ne fais jamais plus de 600 km avec un cheval sensible. Si possible, c’est bien aussi de voyager la nuit : la circulation est beaucoup plus fluide et le transport plus agréable. Nous risquons moins d’être coincé dans les embouteillages ou d’avancer par à-coups. Conduire la nuit, c’est la solution idéale si on s’y sent prêt et que ça colle avec le planning.  

  

Parlez-nous des chevaux que vous avez emmenés avec vous et de leurs personnalités… 

 

Hello Jefferson, qui est en top forme actuellement, participera au Rolex Grand Prix. Il a déjà décroché la deuxième place l’an dernier. Avec un peu de chance, il fera encore mieux cette année ! Gagner le Rolex Grand Prix n’est pas une mince affaire. Rien que d’y participer est une expérience extraordinaire.  

 

À neuf ans, Hello Valentino est là pour gagner en expérience. Il a beaucoup de potentiel et de qualités, mais il est encore trop jeune à mon sens pour faire une performance éblouissante. En participant à ce stade de sa carrière, il acquerra une précieuse expérience et dans quelques années, qui sait, il sera peut-être capable de gagner le Rolex Grand Prix !  

 

Hello Mano a huit ans et c’est une future super star ! Elle a fait des débuts remarqués en Espagne, puis a eu droit à un repos bien mérité durant lequel nous avons essayé de prélever un embryon, mais cela n’a pas marché. Elle est donc revenue à la compétition et fait de bonnes performances. Elle n’a que huit ans, mais elle est pleine de promesses. 

  

Comment trouvez-vous les installations destinés aux chevaux et aux grooms au CHIO d’Aix-la-Chapelle ?  

 

C’est idéal ! Ma principale préoccupation en concours est la sécurité des chevaux, et ici, tout est parfaitement sécurisé et confortable pour les chevaux. Je suis déjà venu à Aix-la-Chapelle plusieurs fois, et à chaque fois, je découvre une amélioration. Je suis époustouflé par l’attention qui est portée aux chevaux. Par exemple, ce matin, j’ai remarqué la présence d’une nouvelle aire de douche. C’est ce genre de petit détail qui fait le caractère de ce concours.  

 

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (The Dutch Masters, CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows ‘Masters’, CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions ? 

 

Je dois avouer que les plus vives émotions me viennent le dimanche après-midi, à Calgary comme à Aix-la-Chapelle. Là, tout sans faute de votre cavalier produit des sensations inouïes. J’ai l’impression que ces quelques heures durent une éternité. Il n’existe rien de pareil ! Les Grands Prix de Spruce Meadows et d’Aix-la- Chapelle comprennent deux manches et un barrage chacun, et donnent pour cette raison des sensations uniques.  

 

Les Grand Prix de Bois-le-Duc et de Genève sont eux aussi formidables. Et au CHI de Genève, dernier grand événement de l’année, tous les cavaliers veulent finir sur une bonne performance. La finale du TOP 10 Rolex IJRC rend ce concours encore plus prestigieux.   

 

Scott ayant remporté le Rolex Grand Slam of Show Jumping en 2015, qu’avez-vous ressenti à votre arrivée dans ses écuries ?  

 

Je me souviens parfaitement du jour où Scott a gagné le Rolex Grand Slam of Show Jumping : je regardais le concours à la télé avec ma copine, assis sur le canapé, croisant les doigts pour qu’il gagne. À l’époque, je ne me doutais pas que je travaillerai un jour pour lui. Mais l’année suivant sa victoire à Spruce Meadows, c’est bien ce qui est arrivé. En 2016, quand il a remporté le CP ‘International’ présenté par Rolex à Calgary pour la seconde fois, sa mère et moi avons explosé de joie devant la télévision. Scott et moi avons tous deux un tempérament calme, et il n’y a presque jamais de tension entre nous. Nos chevaux sont extrêmement réactifs, et il vaut mieux être imperturbable pour ne pas les stresser davantage.  

 

À votre avis, quelles sont les qualités de l’équipe qui aident vraiment Scott à réussir ? 

 

La confiance, avant tout. Nous nous faisons mutuellement confiance, c’est la force de notre équipe. Tous les membres de l’équipe, que ce soit moi, Scott ou le personnel d’écurie, ont des qualités et compétences différentes. Mais nous nous faisons tous entièrement confiance, et c’est peut-être là ce qui fait notre différence.  

 

Quel est l’objet ou équipement qui vous est indispensable en compétition ? 

 

Facile ! Tous les grooms que je connais ont des friandises dans la poche au moment où les chevaux sortent de piste. Personnellement, j’en ai toujours dans mon sac. Ce n’est pas une superstition, les chevaux ont vraiment besoin d’une friandise à leur sortie !  

 

Les grooms forment-ils une vraie communauté où ils se soutiennent mutuellement ? 

 

Absolument. C’est une petite communauté très unie. C’est évidemment impossible de s’entendre avec tout le monde. Les grooms ont tendance à avoir beaucoup de caractère, et ces fortes personnalités ne sont pas toujours compatibles. Mais une fois que vous avez trouvé des amis, ceux-ci seront prêts à tout pour vous aider. Si vous avez un doute sur quelque chose ou que rencontrez des difficultés, vous pouvez leur demander comment résoudre tel ou tel problème. Cela fait des années que je fais ce métier, mais aujourd’hui encore il m’arrive d’avoir besoin d’aide : au début de l’année par exemple, j’ai demandé conseil à un autre groom au sujet d’un cheval difficile.  

(Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton) (Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton)

Entretien avec Michael Mronz

Directeur du CHIO d'Aix-La-Chapelle

 

Comment s’est passée l’organisation de l’édition de cette année ? 

 

Nous avons hâte que ça commence ! Cette édition va être formidable. Et puis nous avons un fantastique pays partenaire, la Grande-Bretagne. Dans ce contexte, nous sommes ravis d’accueillir la Princesse royale, qui se joindra à nous pour la cérémonie d’ouverture. Ce partenariat est important pour le saut d’obstacles et pour les fans d’Aix-la-Chapelle, d’Europe et du reste du monde. Nous avons hâte de voir ce que nous réservent les prochains jours.  

 

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle a établi un partenariat avec la Grande-Bretagne. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce que cela signifie pour les spectateurs ? 

 

Nous avions toujours rêvé de créer un partenariat avec la Grande-Bretagne, un pays de férus d’équitation, famille royale inclue. Lors de la cérémonie d’inauguration, nous avons pu assister à la reprise en musique de la Household Cavalry, et nous avons demandé aux spectateurs de s’habiller « à l’anglaise ». Nous avons également fait participer à cette cérémonie tout un groupe de cavaliers britanniques de talent, dont Nick Skelton, premier vainqueur d’un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, à Aix-la-Chapelle il y a dix ans. Un talentueux contingent de cavaliers de dressage viendront également du Royaume-Uni, comme Charlotte Dujardin ou Lottie Fry, championne du monde FEI actuelle. La semaine s’annonce bien.   

 

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle nous réserve-t-il des surprises cette année ? Y aura-t-il des événements spéciaux pour fêter le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping ? 

 

C’est vrai que 2023 marque le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et McLain Ward aura une chance d’être la deuxième personne de l’histoire, après Scott Brash en 2015, à gagner ce prix légendaire. Et quelle merveilleuse surprise ce serait de le voir gagner le Grand Slam l’année du dixième anniversaire du concours ! Pour cela, Mclain Ward va devoir affronter un groupe d’adversaires redoutables, qui feront tout pour remporter le trophée - mais s’ils n’y arrivent pas, ils seront heureux de voir McLain Ward gagner. Toutes les épreuves seront vivement disputées, en particulier le Rolex Grand Prix de dimanche.  

 

En dehors des épreuves elles-mêmes, nous avons focalisé nos efforts sur l’innovation numérique et les nouveaux produits. Cette année, nous avons lancé une application proposant de nombreux nouveaux services aux spectateurs. Ces derniers pourront planifier leur journée au CHIO d’Aix-la-Chapelle selon leurs envies, sélectionner les épreuves à ne pas manquer, accéder aux listes des couples en lice et suivre les cavaliers tout au long du parcours, par exemple lors de la SAP Cup du samedi. La communication avec le public est l’un des points de mire de l’équipe pour cette édition. L’application en particulier enrichira l’expérience des spectateurs.  

 

Le premier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping a eu lieu au CHIO d’Aix-la-Chapelle il y a dix ans de cela. Cette initiative a-t-elle eu un effet positif sur le concours en général ? 

 

Bien sûr ! Nous sommes très fiers et heureux d’avoir établi une relation aussi solide avec Rolex. Et le saut d’obstacles a le privilège de recevoir un soutien indéfectible de la marque. Le CHIO d’Aix-la-Chapelle a également la chance de bénéficier du soutien d’autres grandes entreprises, comme Allianz ou Turkish Airlines. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a offert au CHIO d’Aix-la-Chapelle l’opportunité formidable de faire partie d’un groupe d’élite rassemblant quatre des plus grandes épreuves au monde, les autres étant Spruce Meadows, Genève et Bois-le-Duc : le nec plus ultra du saut d’obstacles.  

 

Il existe désormais plus d’une centaine de concours 5* dans le calendrier. Et les spectateurs qui ne sont pas habitués ne comprennent pas toujours quelles sont les meilleures épreuves. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping permet d’identifier les quatre meilleurs événements de l’année, semblables aux tournois du Grand Chelem au tennis ou au golf, un concept facile à comprendre pour les néophytes. De plus, il permet aux meilleurs cavaliers au monde de planifier leur calendrier pour se retrouver à l’occasion de ces quatre Majeurs. Par conséquent, le Rolex Grand Slam a eu un impact très important sur le monde du saut d’obstacles.  

 

Quel a été pour vous le moment le plus marquant de ces 10 premières années du Rolex Grand Slam of Show Jumping ? 

 

Nous avons profité de la conférence de presse tenue à Göteborg en 2013 pour présenter le Rolex Grand Slam of Show Jumping, du concept initial au lancement. Cela a été une vraie surprise pour le monde de l’équitation et un moment historique. 

Lorsque Scott Brash a remporté le Rolex Grand Slam of Show Jumping à Spruce Meadows, la foule était survoltée. Autre moment mémorable : la victoire de Nick Skelton sur Big Star lors du premier Majeur en 2013. Mais chacun des Majeurs offre des surprises incroyables. Par exemple, à Aix-la-Chapelle l’an dernier, Gerrit Nieberg a fait une performance inoubliable au barrage, et tout le monde a été surpris quand il a gagné. Personne n’avait décelé son vrai talent auparavant. Il a ensuite pris la cinquième place à Spruce Meadows, sur un parcours ultra difficile. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping permet de découvrir de nouveaux talents et nouvelles stars du saut d’obstacles.  

 

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le secteur des événements sportifs ? 

 

Cela dépend, mais notre équipe à Aix-la-Chapelle est un bon mélange entre les passionnés d’équitation et les spécialistes en marketing et communication. Il faut avant tout décider dans quelle direction aller avant de se lancer dans le secteur. Voulez-vous travailler dans le côté sportif ou marketing ? En effet, il serait trop difficile de se focaliser sur les deux domaines à la fois. Il faut donc décider en début de carrière quel aspect est plus important à vos yeux. Si je devais donner un conseil, ce serait de décider ce qu’on veut faire et d’être soi-même. Le reste coulera tout seul.  

 

Pour vous et l’équipe du CHIO d’Aix-la-Chapelle, quels sont les éléments primordiaux d’un événement ou d’une épreuve réussi(e) ?  

 

En premier lieu, les cavaliers et les chevaux. En deuxième lieu, l’infrastructure, qui doit être impeccable pour permettre aux meilleurs couples cavalier-cheval du monde de produire une performance optimale. Ensuite, l’atmosphère : il faut s’assurer que les spectateurs aient tout ce dont ils ont besoin et que les installations soient de qualité. Pour accueillir un sport au niveau professionnel, l’infrastructure se doit d’être professionnelle. Pour cela, il faut avant tout une présentation multimédia impeccable, mais aussi un cadre de qualité et une foule importante. Enfin, il faut proposer au public des attractions en dehors des épreuves sportives, comme des boutiques et des lieux de restauration.  

 

Les légendes du tennis telles que Nadal, Federer ou Djokovic, gagnent des titres de Majeurs de tennis à répétition. Pour vous, est-ce important de voir les meilleurs cavaliers mondiaux concourir à Aix-la-Chapelle ? 

 

Évidemment, il est très important de voir participer les meilleurs chevaux et cavaliers, mais il faut aussi savoir que les meilleurs athlètes sont parfois blessés. Aix-la-Chapelle a la chance de voir concourir des couples de renom dans les cinq disciplines.  

 

Ceci dit, le saut d’obstacles est différent des autres sports comme le tennis ou la Formule 1, où certains participants règnent en maîtres pendant plusieurs années, avant d’être remplacés par la génération suivante. Aux plus hauts rangs de l’équitation, on trouve des cavaliers d’une soixantaine d’années. Nos compétiteurs passent plus d’années à concourir, et on a donc une liste de participants de renom plus longue que dans d’autres sports.  

 

Aix-la-Chapelle est parfois appelée le Wimbledon du monde équestre. Comment continuez-vous à innover et à vous adapter pour entretenir cette renommée ? 

 

C’est un vrai privilège de travailler pour le CHIO d’Aix-la-Chapelle. Nous sommes fiers de poursuivre le travail entamé par nos prédécesseurs et de faire partie de l’histoire de cet événement historique. Le club a été fondé il y a 125 ans, et nous fêterons l’an prochain le centenaire des épreuves de saut d’obstacles.  

 

Nous sommes chargés de développer l’événement, et nous cherchons toujours à améliorer ou à innover. Par exemple, lors des Championnats du monde de la FEI de 2006, nous avons installé des mâts d’éclairage. En effet, quatre jours sur six proposent actuellement des épreuves nocturnes, qui sont davantage regardées à la télévision que les épreuves de l’après-midi. Nous avons également élargi notre infrastructure, augmenté le nombre d’installation, fait croître le nombre de spectateurs, etc.  

 

Nous avons beaucoup investi par le passé et nous avons de nombreuses idées en tête pour le futur. Nous avons lancé le Aachen CAMPUS pendant la crise sanitaire du Covid-19, pour enseigner et former les personnes du secteur équestre ou qui souhaite y travailler par le biais de cours et de plus de cent journées de formation dans l’année.  

 

Nous aimerions à l’avenir inclure des épreuves de para-équestre et autres à Aix-la-Chapelle. Nous avons de nombreuses idées que nous espérons concrétiser pour passer encore au niveau suivant. Nous devons continuer de faire en sorte qu’Aix-la-Chapelle reste au top, c’est une grande responsabilité. Heureusement, le concours bénéficie de conseillers et d’un personnel technique très ouverts d’esprit.  

 

Les organisateurs du CHI d’Aix-la-Chapelle et vous-même vous inspirez-vous de grandes compétitions d’autres sports, comme le tennis ou le golf ? 

 

Personnellement, je pense que tout événement sportif, quelle que soit sa taille et quel que soit le sport, peut nous apprendre quelque chose. Ce serait très arrogant de penser tout savoir sur le fonctionnement d’un événement. J’assiste régulièrement à des manifestations de taille modeste où je me dis, « Tiens quelle bonne idée ! ». Je ne copie pas directement ces idées, mais elles viennent en rejoindre d’autres dans mon esprit pour développer un concept que nous pouvons mettre en œuvre à Aix-la-Chapelle. J’aime beaucoup assister à d’autres manifestations sportives, comme celles du Grand Chelem de tennis ou les grands tournois de golf, mais aussi à des concours équestres plus modestes. On n’arrête jamais d’apprendre ! 

 

Rolex Grand Slam Rolex Grand Slam

CHIO D’AIX-LA-CHAPELLE 2023

Les cavaliers à suivre...

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est de retour du 23 juin au 2 juillet, et il accueillera le deuxième Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année. Notez que 2023 marque le dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le titre le plus prestigieux du saut d’obstacles, et qu’Aix-la-Chapelle avait déjà été en 2013 le théâtre du premier Majeur de cet événement. Concluant dix jours de compétition, le Rolex Grand Prix est le point d’orgue de l’événement. Venus de 16 pays différents, les meilleurs couples cheval-cavalier au monde comprendront cette année sept Témoignages Rolex pour un combat acharné sur la formidable piste dessinée par Frank Rothenberger.

 

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les cavaliers à battre

 

Tous les regards se tourneront d’abord vers l’Américain McLain Ward, qui tentera de devenir la deuxième personne de l’histoire à remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Actuellement classé troisième mondial, ce cavalier a déjà empoché les Rolex Grands Prix du CHI de Genève et du Dutch Masters aux rênes de sa jument de 17 ans, HH Azur. Et il fera tout à Aix-la-Chapelle pour inscrire son nom dans les annales du Grand Slam. Ward a déjà goûté à la réussite à cet endroit. L’an passé, il y avait déjà remporté non seulement le Turkish Airlines-Prize of Europe, mais aussi le Prix RWE de Rhénanie du Nord-Westphalie, et avait décroché la cinquième place au Rolex Grand Prix. Ce redoutable concurrent sait comme personne comment s’adjuger la victoire sur la piste principale. Quatre de ses compatriotes traverseront l’océan Atlantique pour venir le rejoindre lors de l’événement, dont Laura Kraut, sa co-équipière aux Jeux olympiques de Tokyo 2020.

 

Ward aura affaire à une concurrence féroce de la part des meilleurs cavaliers de la planète, comme Gerrit Neiberg, vainqueur de l’épreuve en 2022. S’étant adjugé la première place au CSI5* Grand Prix de Hamburg, l’Allemand cherchera à continuer sur sa lancée et à devenir le premier cavalier à gagner cette prestigieuse épreuve deux années de suite. Au total, 18 cavaliers allemands participeront aux épreuves de saut d’obstacles du World Equestrian Festival 2023, dont Daniel Deusser et Marcus Ehning, qui ont tous deux remporté le Rolex Grand Prix par le passé.

 

À l’approche de l’édition 2023, Nieberg s’est déclaré « impatient de venir défendre [son] titre au CHIO d’Aix-la-Chapelle. En gagnant le Rolex Grand Prix l’an passé devant les miens, j’ai réalisé un de mes rêves de cavalier. Je n’oublierai jamais les émotions que j’ai ressenties ce jour-là. »

 

Le Suisse Martin Fuchs, double vainqueur du Majeur au CHI de Genève, arrivera au CHIO d’Aix-la-Chapelle fort de son impressionnante victoire au Rolex Grand Prix du CHI du Royal Windsor Horse Show sur Conner Jei. Il tentera de décrocher sa première victoire au Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle. Son compatriote Steve Guerdat fera également partie des talentueux cavaliers à briguer une première victoire à cette épreuve. Homme de cheval et cavalier talentueux, Guerdat viendra accompagné de quatre chevaux, dont la prometteuse Dynamix de Belheme et Venard de Cerisy qui l’avait emmené vers la victoire au CP ‘International’ présenté par Rolex en 2021.

 

Le Belge Nicola Philippaerts reviendra également fouler les célèbres pistes d’Aix-la-Chapelle. Il affiche une forme spectaculaire, ayant gagné le Rolex Grand Prix au CSIO du Jumping international de la Baule ce mois-ci sur Katanga V/h Dingeshof. Il reprendra les rênes de cette fabuleuse jument pour le CHIO d’Aix-la-Chapelle. Olivier, son frère jumeau, sera lui aussi parfaitement en confiance après sa victoire au CSI 5* de Stockholm sur H&M Miro la semaine dernière. Grégory Wathelet, Wilm Vermeir et Vereecke Koen viendront compléter le contingent belge.

 

Le Britannique Scott Brash tentera de faire encore mieux que sa deuxième place de l’an passé pour reconquérir le titre de vainqueur du Rolex Grand Prix, qu’il avait remporté en 2015 pour ensuite décrocher le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Son compatriote Ben Maher, champion olympique en individuel, participera à son premier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping depuis sa blessure en février. Il viendra accompagné de Faltic HB, sa monture au Championnat du monde FEI, ainsi que deux autres chevaux moins chevronnés, Dallas Vegas Batilly et Enjeu de Grisien. Harry Charles, le plus jeune des Témoignages équestres Rolex, amènera son étalon Balou du Reventon, un étalon confirmé mais qui ne perd rien de sa fougue, qui pourrait lui aussi faire un bon résultat lors de l’ultime journée de compétition du World Equestrian Festival.

 

Parmi les autres participants de renom, on trouvera Rodrigo Pessoa, figure légendaire du saut d’obstacles, récemment revenu en haut du classement mondial grâce à un nouveau piquet de chevaux, ainsi que l’irlandais Shane Sweetnam, numéro douze mondial, ou le Français Simon Delestre, numéro sept, qui représente toujours un danger pour ses concurrents.

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Interview avec le prétendant au Rolex Grand Slam

McLain Ward

 

Félicitations ! Vous êtes toujours Prétendant au Rolex Grand Slam. Comment vous sentez-vous à l’approche du CHIO d’Aix-la-Chapelle ? 

 

Bien, mais je fais toujours preuve d’un optimisme prudent. Nous avons tout fait pour que nos chevaux soient en meilleure forme possible. HH Azur ne participe plus à autant de concours qu’avant, en raison de son âge, et je privilégie les concours les plus prestigieux. Il faut avoir foi en sa préparation et espérer ne pas avoir mis un pied de travers, en particulier lorsque les compétitions sont plus espacées dans le temps. Mais elle a l’air en forme. Nous visons expressément le CHIO d’Aix-la-Chapelle chaque année, comme si c’était un championnat du monde. Pour nous, c’est la compétition la plus prestigieuse de toutes. J’essaie de garder les pieds sur terre et de ne pas me laisser distraire par d’autres possibilités.

 

Qu’avez-vous ressenti lors de votre victoire au Dutch Masters ?

 

Une émotion incroyable. Il y avait eu de nombreux sans-faute, et je pensais ne pas être très bien parti. Le Dutch Masters se déroule sur une piste intérieure de taille modeste, et avec la grande amplitude de foulée de HH Azur, je doutais de pouvoir remporter le chrono. J’avais décidé de faire tout mon possible pour gagner, mais je ne pensais pas y arriver. Lorsque tout s’est mis en place naturellement et à notre avantage, j’étais ravi. Je suis par la même occasion devenu la deuxième personne seulement, à l’exception de Scott Brash, à remporter deux Majeurs de suite, un tour de force dont je suis très fier. 

 

Quelle ont été vos préparatifs, et sur quelle monture espérez-vous participer au Rolex Grand Prix ?

 

J’ai la chance d’avoir un formidable piquet de chevaux à ma disposition, dont certains sont très prometteurs et grimpent graduellement les échelons de la discipline. Je viendrai à Aix-la-Chapelle accompagné de Callas, Contagious et HH Azur, qui ont tous fait de bons résultats ce printemps et début d’été. HH Azur n’a fait qu’un seul petit concours national cette année, pour qu’elle soit en forme tout en ayant un peu d’expérience récente à son actif. Sa préparation est restée la même que pour tous les Majeurs. Nous avons essayé de ne pas la fatiguer avant l’événement.

 

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est l’une des dates les plus importantes du calendrier équestre. Qu’est-ce que ça fait de concourir ici ? 

 

Pour moi, c’est même la plus importante. Aix est le bastion-même du saut d’obstacles, l’endroit où tous les cavaliers rêvent de gagner. Le Rolex Grand Prix m’a toujours échappé jusqu’ici, mais je ne suis pas passé loin à plusieurs occasions. C’est le seul Grand Prix au monde que je convoite désespérément, et le fait qu’il fasse partie du Rolex Grand Slam of Show Jumping ne le rend que plus désirable. À Aix-la-Chapelle, tout est plus grand : l’ambiance, la foule, le site, l’histoire, le niveau des participants, tout est sans pareil. Dans ce lieu très spécial, tout le monde a tendance à se surpasser.

 

Les deux derniers Majeurs étaient en intérieur. Votre stratégie change-t-elle avant d’arriver dans la carrière du CHIO d’Aix-la-Chapelle ?

 

Les grandes pistes en extérieur exigent un conditionnement physique particulier, car le parcours est plus long avec davantage de portions au grand galop. En théorie, la carrière correspond davantage à HH Azur, qui a une très grande amplitude de foulée. Ceci dit, elle a fait de très bons résultats en intérieur. Sa capacité à faire des résultats exceptionnels dans différents contextes témoigne de son talent.

 

Elle a toujours très bien réussi à Aix-la-Chapelle. Elle a participé au barrage du Rolex Grand Prix deux ou trois fois, et elle a fait le double sans-faute dans la Coupe des nations de la FEI deux ou trois fois également. De mon côté, je dois rester concentré et lucide pour que nous puissions faire ce dont nous sommes capables.

 

Pour remporter un Majeur, quelles caractéristiques doit avoir le couple cheval-cavalier ?

 

Il faut déjà un cheval doté du talent et des capacités physiques nécessaires pour ce genre de parcours, mais aussi de l’intellect requis pour comprendre ce que l’on attend de lui. Il faut plusieurs années de travail pour perfectionner ces qualités, et pour que tout soit au point le jour J. Il n’y a que quatre Majeurs et souvent encore moins de gagnants par an. Peu de couples sont capables de réussir un pareil exploit. 

 

Que cela signifierait pour vous et votre équipe de gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping au CHIO d’Aix-la-Chapelle ?

 

J’ai du mal à mettre les mots. J’ai un long passif avec Aix-la-Chapelle, des bons comme des mauvais souvenirs. C’est le concours que j’espère le plus gagner depuis que je suis tout petit. J’ai toujours dit qu’Aix était un peu comme une fille qu’on convoite mais qui refuse de sortir avec vous. Ce sera aussi la dernière fois que HH Azur viendra à Aix-la-Chapelle. Une victoire à ses côtés au Rolex Grand Prix, et donc au Rolex Grand Slam of Show Jumping, serait une source d’émotions que j’aurais du mal à décrire aujourd’hui. 

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping fête cette année son dixième anniversaire. Quel impact a-t-il eu sur la discipline, selon vous ? 

 

Il a avant tout placé la barre plus haut que jamais pour les cavaliers. Et le monde du saut d’obstacles en avait bien besoin. Il est bien que les Majeurs du Rolex Grand Slam soient séparés des autres épreuves 5*, car cela encourage les cavaliers à être toujours et encore plus ambitieux. Ceux-ci ont compris que ces événements sont les meilleurs au monde et planifient leur préparation en fonction, comme le faisaient déjà les joueurs de tennis pour l’US Open ou Roland Garros, ou les golfeurs pour le Masters d’Augusta.

  

Le calendrier équestre est bien rempli. Comment faites-vous votre choix parmi les concours proposés et les chevaux à votre disposition ? 

 

Effectivement, nous avons un planning chargé. Comme dans beaucoup de sports, un concours est proposé chaque semaine, et ce serai facile d’être toujours parti. J’ai la chance d’avoir une super équipe autour de moi, ainsi que des supporters et des propriétaires formidables. J’ai accès à un piquet de chevaux de tous âges et de tous niveaux. Mon équipe fait en sorte que tout roule comme sur des roulettes, et que les chevaux soient en bonne forme physique et mentale. Je n’ai pas tendance à trop pousser mes chevaux. Parmi les cavaliers du classement mondial de la FEI, je suis sûrement celui qui participe au plus petit nombre d’événements ! J’aime passer du temps chez moi de temps en temps pour préparer un événement spécifique. 

 

Nous planifions de six mois à un an à l’avance les gros événements, par exemple les Jeux olympiques ou les Grands Prix importants. Nous calculons les échéances de préparation en fonction de ces dates. La stratégie sur le long terme est un peu plus floue, et la stratégie à court terme un peu plus précise. J’aime bien concourir en Europe pour jauger de mes compétences face aux meilleurs cavaliers au monde. Mais le niveau aux États-Unis s’est aussi beaucoup amélioré ces dernières années, et le pays accueille désormais plein de très bons concours de haut niveau. Nous planifions donc sur l’année, en fonction des chevaux que nous avons et de nos objectifs principaux, puis nous décidons des échéances plus précises au fur et à mesure.

 

Novak Djokovic domine le monde du tennis avec 23 titres de Grand Chelem. Pensez-vous qu’un cavalier pourrait avoir la même suprématie dans le saut d’obstacles ?

 

On pourrait le penser. Après tout, on voit évoluer un petit groupe au plus haut niveau, une poignée de cavaliers qui ont passé la plus grande partie des dix dernières années en haut du classement mondial de la FEI. Mais le grand point d’interrogation dans notre sport, c’est le cheval. En saut d’obstacles, on peut être au top de sa forme pendant assez longtemps, mais votre cheval peut se blesser ou ne pas se sentir au mieux, un paramètre supplémentaire qui fait la particularité de notre sport.

 

Je ne pense pas qu’il soit possible de voir le même cavalier dominer le classement mondial de la FEI pendant dix ans. Par exemple, Henrik [von Eckermann] est numéro un mondial depuis bientôt un an. C’est un cavalier exceptionnel, avec un cheval exceptionnel [King Edward]. Lorsque ce cheval dira au revoir à la compétition, Henrik restera sans aucun doute parmi les meilleurs cavaliers au monde, mais il n’est pas dit qu’il puisse dominer le classement de la même façon.

 

Dans l’histoire du saut d’obstacles, les chevaux tels que Baloubet du Rouet, Milton, Shutterfly ou Hello Sanctos et leurs cavaliers se sont trouvés lorsqu’ils en étaient au meilleur moment de leur carrières respectives, et cela leur a permis de dominer la discipline. N’importe quel cavalier aurait du mal à garder la tête du classement pendant plus de deux ou trois ans. Mais dans les dix ou quinze dernières années, on a vu les mêmes noms continuer d’y figurer.

CHIO Aachen CHIO Aachen

LES TEMPS FORTS À NE PAS MANQUER DU CHIO D’AIX-LA-CHAPELLE 2023

 

Du 23 juin au 2 juillet prochains, le CHIO d’Aix-la-Chapelle sera une fois encore le théâtre de prestations exceptionnelles par les meilleurs couples cheval-cavalier au monde sur les formidables pistes du parc sportif Soers. Souvent qualifié de « Wimbledon du saut d’obstacles », le CHIO d’Aix-la-Chapelle est un événement prestigieux et ancré dans l’histoire. Le World Equestrian Festival, comme on l’appelle aussi parfois, verra s’affronter des concurrents de cinq disciplines équestres différentes et accueillera au total plus de 360 000 spectateurs, tous impatients de découvrir ou de retrouver l’ambiance électrique du CHIO d’Aix-la-Chapelle. Le concours hippique sera également le théâtre du lancement des festivités marquant le 10e anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping, défi le plus difficile de l’univers du saut d’obstacles.

 

Le concours entend cette année fêter ses liens avec le Royaume-Uni, et mardi 27 juin, le public aura l’opportunité d’assister à la cérémonie d’inauguration en même temps que la Princesse Anne, membre de la famille royale britannique. La princesse royale garde sans doute de bons souvenirs d’Aix-la-Chapelle, sa fille Zara Tindall ayant remporté la médaille d’or en individuel aux Jeux équestres mondiaux de la FEI qui s’étaient tenus ici-même en 2006. La soirée se déroulera sous le thème de l’amour, tiré de la célèbre chanson des Beatles « All You Need is Love », et proposera diverses représentations, dont la reprise en musique de la Household Cavalry et l’exaltant Grand National des poneys Shetland.

 

Les épreuves de saut d’obstacles 5* débuteront mercredi 28 juin par le Turkish Airlines-Prize of Europe. Cette épreuve se déroulant sous les feux de la plus grande piste représente pour les cavaliers une première opportunité de se qualifier pour l’épreuve-phare du concours, le Rolex Grand Prix. Le lendemain soir, ce sera au tour de la Mercedes-Benz Nations’ Cup, une épreuve par équipes en deux manches identiques dans laquelle seules les huit meilleures équipes se qualifient pour la deuxième phase. Les cavaliers ayant l’œil sur les Championnats d’Europe de la FEI de cet été seront avisés de profiter de cette opportunité pour entrer dans le viseur des sélectionneurs. L’apogée de l’événement sera le Rolex Grand Prix, qui aura lieu le dimanche après-midi devant 40 000 passionnés. Tout comme le Masters au golf, c’est là l’épreuve que tous les cavaliers rêvent de gagner.  Ayant déjà décroché la victoire au CHI de Genève en 2022 et au Dutch Masters de cette année, l’Américain McLain Ward pourrait cette année briguer le titre de second cavalier de l’histoire à remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping. 

 

Durant toute la durée de l’événement, le public pourra aussi assister aux reprises de dressage dans l’arène du Deutsche Bank Stadium. Les meilleurs cavaliers de la discipline marieront précision et cohésion avec leur monture lors du Deutsche Bank Prize. Et les fans de dressage seront ravis d’apprendre que Lottie Fry, Championne du monde en individuel de la FEI, se produira dans le cadre du spectacle « Horse & Symphony » les 23 et 24 juin. L’Orchestre symphonique d’Aix-la-Chapelle se chargera de la musique et jouera notamment divers titres britanniques modernes connus.

 

La Sap-Cup accueillera le dernier vendredi et samedi certains des meilleurs cavaliers de concours complet au monde. Sorte de triathlon équestre, ce sport est constitué de trois tests visant à jauger du courage, de la forme physique et de la précision des chevaux en lice. Et le samedi 1er juillet sera l’occasion pour SAP Hale Bob OLD, le champion d’Ingrid Klimke, de dire adieu à la compétition et à son public.

 

Autour des lieux de compétition, le public pourra se promener, faire des emplettes et se restaurer parmi les nombreux stands et boutiques proposés.

Nick  SKELTON riding Big Star - Winner of the Rolex Grand Prix (Photo: Rolex Grand Slam / Kit Houghton)

Interview special 10 ans:

Nick Skelton

 

Qu’avez-vous ressenti lors de votre victoire au tout premier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le CHIO d’Aix-la-Chapelle 2013 ?

Quelle joie de remporter cette épreuve historique à Aix-la-Chapelle en 2013 ! J’avais déjà eu la chance de décrocher ce Grand Prix à trois reprises par le passé, mais le fait d’être le premier gagnant d’un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping a certainement provoqué chez moi une émotion particulière. J’étais en top forme à l’approche du Majeur suivant, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’. Malheureusement, Big Star a été arrêté pour blessure et nous avons dû annuler.

Vous souvenez-vous de votre ressenti à ce moment-là ?

Ma victoire à Aix-la-Chapelle, le plus grand concours au monde, a été un moment merveilleux. Pour les non-initiés, ce concours est pour moi l’équivalent du Masters au golf ou du tournoi de Wimbledon au tennis. Big Star est un étalon phénoménal, et cette victoire était déjà merveilleuse. Mais l’événement me reste aussi en mémoire plus que tout autre concours ou Grand Prix, car les propriétaires de Big Star et ma famille étaient également présents ce jour-là.

Parlez-nous de Big Star et de ce qui fait la particularité de ce cheval...

Big Star était un incroyable cheval, qui avait toutes les qualités. Je lui donnerai 11 sur 10 dans toutes les catégories. Il avait des moyens énormes, un grand respect des barres, un intellect impressionnant. Il était toujours très excité à l’idée de sauter, il adorait ça.

J’ai acheté Big Star quand il avait cinq ans. Laura [Kraut] l’avait découvert en 2008 à un concours aux Pays-Bas, où l’équipe américaine était en stage de préparation pour les Jeux olympiques de Pékin 2008. Laura était arrivée un jour plus tôt et l’avait vu sauter. Elle a su tout de suite qu’il était pour moi. 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping va fêter son dixième anniversaire cette année. Quel impact a-t-il eu sur la discipline selon vous ?

Le Rolex Grand Slam a eu un impact phénoménal sur le saut d’obstacles. C’est un prix incroyablement prestigieux. Pour remporter le Rolex Grand Slam, les cavaliers doivent gagner trois des quatre Majeurs. Alors que c’est déjà terriblement difficile d’en remporter un seul ! Associer ces différentes épreuves en fait l’un des plus grands défis de notre sport, et donc l’un des titres les plus convoités. Au total, en comptant l’époque précédant le Rolex Grand Slam of Show Jumping, j’ai remporté la victoire au CHIO d’Aix-la-Chapelle et au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ quatre fois chacun, le Dutch Masters deux fois, et le CHI de Genève une fois. J’aurais donc bien aimé que l’initiative soit née plus tôt !

Dans les dix dernières années, quel a été pour vous le moment le plus mémorable ?

Le moment le plus mémorable des dix dernières années est sans doute celui où Scott Brash a gagné le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Tout le monde était derrière lui et souhaitait qu’il gagne son troisième Majeur, celui du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, pour décrocher le titre qui avait jusque-là échappé à tous. Un souvenir impérissable pour tous les participants du monde du saut d’obstacles ! J’espère que quelqu’un répétera bientôt cet exploit : McLain Ward peut-être, cette année à Aix-la-Chapelle. Sa jument est en super forme et ils vont tous donner ensemble, j’en suis sûr.

Vous êtes passé par des hauts et des bas pendant votre carrière de cavalier. Comment avez-vous fait pour continuer d’avancer ?

J’ai toujours essayé d’acheter de jeunes chevaux et de les former. C’est très important de toujours avoir de jeunes chevaux qui gravissent peu à peu les échelons. Cela permet de rester constamment au plus haut niveau, car lorsqu’il est temps pour le meilleur cheval d’un cavalier d’arrêter la compétition, un autre est prêt à prendre sa place. À l’exception de Dollar Girl, j’ai acheté toutes mes montures quand elles étaient jeunes, y compris Arko III et Big Star. C’est très gratifiant de développer un cheval jusqu’au Grand Prix, et encore plus de le voir gagner à ce niveau.

Que faites-vous maintenant que vous avez arrêté la compétition ? Est-ce que celle-ci vous manque ?

Non, cela ne me manque pas. J’ai concouru à haut niveau pendant de très nombreuses années, et j’ai terminé ma carrière sur une note positive en 2016. En ce moment, nous formons de nombreux étudiants. Et puis je m’efforce de trouver de jeunes chevaux, dans le but de les développer et de les vendre à des propriétaires ou cavaliers.

Pendant l’hiver, nous passons beaucoup de temps en Floride pour le Winter Equestrian Festival de Wellington, trois mois de travail ardu. Ensuite, nous revenons en Europe pour suivre le tour européen. Nous serons à Aix-la-Chapelle cette année, et nous visons la victoire.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Je ne suis pas certain de la réponse. Mais celui que je donne toujours à mes étudiants est de rester patient et cohérent avec les chevaux et ne pas laisser tomber. Dans ce sport, la patience est clé, en particulier avec les jeunes chevaux.

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

 

Pourriez-vous s’il vous plaît vous présenter à nos lecteurs ? Dites-nous par exemple pour qui vous travaillez et en quoi consiste votre métier.

Je m’appelle Denise Moriarty et je suis depuis 11 ans la groom de Kent Farrington, avec qui j’entretiens une excellente relation. Nous nous connaissons très bien l’un l’autre. Ken fait participer ses grooms à chaque étape du parcours de ses chevaux, car il souhaite que nous comprenions mieux les raisons de ses choix. Par exemple, s’il essaie un nouveau filet ou un nouveau mors, il nous fait part de ses sentiments. Nos liens sont basés sur la communication et la confiance mutuelle.

Pour venir en Europe, vous devez effectuer le long voyage depuis les États-Unis. Que faites-vous pour que vos chevaux arrivent en bonne forme ?

Nous faisons d’abord en sorte que les chevaux soient en très bonne forme physique, pour qu’ils supportent mieux le voyage et se remettent plus facilement à l’arrivée. Par exemple, pour le CHI de Genève, nous atterrissons en Europe le lundi qui précède la compétition. Le mardi, c’est la présentation en main. Et le jeudi, la première épreuve. Le plus important durant le transport, c’est de s’assurer que les chevaux restent calmes et qu’ils continuent de boire et de manger comme à leur habitude. Nous essayons autant que possible de rendre l’expérience agréable.

Je reste avec eux pendant le vol, et à vrai dire, je préfère nettement voyager avec eux qu’être en cabine. Avec les chevaux, on n’a pas besoin de faire la queue ni d’attendre que les stewards vous apportent à boire et à manger. Il suffit de se servir ! Avec la permission du pilote, on peut se lever et marcher, aller voir les chevaux, c’est quand même plus agréable. Tous les avions sont différents. Par exemple, Qatar Airways offre un énorme espace détente au niveau supérieur, tandis que sur certains vols intérieurs, les avions sont beaucoup plus petits et on est assis sur des strapontins. Mais en général, ces vols sont assez courts, d’une ou deux heures seulement.

Que faites-vous lorsque vous accompagnez un cheval sensible au transport ?

Si j’ai un cheval sensible ou encore peu rompu aux transports, j’essaie de le faire voyager en compagnie d’un autre plus habitué, car les équidés ont tendance à s’en remettre à un individu plus calme et expérimenté. Lorsqu’un cheval anxieux voit un autre cheval qui ne réagit pas, ça le calme et lui fait comprendre qu’il n’y a rien à craindre.

J’aime tout préparer à l’avance pour leur arrivée : je vérifie qu’il n’y a pas d’obstacles sur le pont et que le bat-flanc est ouvert pour leur élargir l’horizon. Il est important de faire en sorte que leur première expérience des trajets soit positive. On utilise parfois des bouchons d’oreille équins pour éliminer les bruits les plus perçants et faire du voyage une expérience agréable. J’ai découvert que si leurs deux premiers transports se passent bien, ils ont tendance à bien voyager par la suite.

Parlez-nous des chevaux dont vous vous occupez actuellement et de leur caractéristiques…

Il y a pas mal de personnages en ce moment à l’écurie ! Mais cela ne nous dérange pas, nous les laissons exprimer chacun leur personnalité individuelle.

Par exemple, Creedance est heureux de vivre et montre le même enthousiasme délirant tous les jours, même lorsque son quotidien ne change pas beaucoup. Toujours impatient de sortir en extérieur ou d’aller sauter quelques obstacles, il accepte volontiers le licol. Landon est pareil. Lui aussi aime aller travailler, mais il est un peu coquin et se prend pour un étalon lors des concours. C’est pourtant bien un hongre ! En général, ce sont des chevaux très sympas, même si comme nous les hommes, ils ont tous leurs petites particularités !

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (The Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows 'Masters', le CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions ?

Les Majeurs confèrent un énorme prestige et inspirent le respect. On y trouve tous les meilleurs chevaux et cavaliers, et les installations offertes à tous, y compris les grooms, sont formidables. C’est le nec plus ultra des concours équestres.

Les épreuves se tiennent dans des lieux où le public a une grande connaissance des chevaux et leur voue une passion dévorante. La foule enthousiaste et l’atmosphère électrique en font des événements à part. 

J’ai toujours adoré le CHI de Genève : c’est l’un des grands moments de l’année pour nous. L’ambiance du CHIO d’Aix-la-Chapelle n’a pas sa pareille. Quant à Spruce Meadows, la taille des obstacles fait la particularité de cet événement incroyable. Enfin, le Dutch Masters accueille une foule qui s’y connaît vraiment et un personnel formidable. Chacun de ces quatre concours est unique et spécial de sa façon.

Comment était-ce de faire partie de l’équipe de Kent lorsqu’il a remporté le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le CHI de Genève ?

Ce sont effectivement deux moments très spéciaux. Gazelle a tout donné, elle n’a jamais arrêté de se battre, elle voulait gagner. Comme je l’ai dit, ces concours sont les meilleurs au monde. Voir le cheval dont on s’occupe au quotidien et son cavalier gagner est source d’une émotion indescriptible.

Avez-vous fait les choses différemment cette fois ?

Pour être honnête, non. Avec Gazelle, on a tout gardé à l’identique. C’est elle qui fera savoir à Kent, une fois qu’il sera en selle, si elle est d’humeur gagnante. Il le sentira tout de suite. Et tant que tout roule, la journée devrait bien se passer.

Quel est le moment dont vous êtes la plus fière dans votre carrière ?

Difficile de n’en choisir qu’un ! Gazelle est avec nous depuis qu’elle a sept ans. Nous l’avons développée jusqu’à ce qu’elle devienne la championne d’aujourd’hui. Nous l’avons vu grandir et évoluer, nous l’avons suivie dans ses hauts et ses bas. Alors de la voir gagner au CHIO d’Aix-la-Chapelle, et participer à trois des plus grosses et difficiles épreuves de saut d’obstacles au monde, de la voir se battre jusqu’au dernier effort et galoper jusqu’à la ligne d’arrivée, était une expérience inoubliable. Ce que ces chevaux sont capables de faire pour nous paraît parfois invraisemblable. Et cette victoire était très importante à nos yeux.

Même si bien sûr, la médaille d’argent de Kent et Voyeur au Jeux olympiques de Rio 2016 représente aussi un moment mémorable.

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans votre travail ?

Ce que j'aime le plus, c'est de passer du temps avec les chevaux. En tant que groom, on a la chance de passer toutes nos journées à l’extérieur, à bouger. On est de ce fait en très bonne forme physique. On a aussi l’opportunité de nous rendre dans des endroits magnifiques, et on a toujours un moment pour souffler et en profiter. Pour moi, le plus dur ce sont les trajets. Au quotidien, les journées peuvent être longues et fatigantes, mais ça fait partie du travail.

Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui s’intéresse à ce métier ?

De rester ouvert et à l’écoute pour apprendre continuellement des choses, et d’avoir une véritable passion pour le travail auprès des chevaux. Si vous n’adorez pas cet aspect, ne choisissez pas ce métier. Encore aujourd’hui, je regarde faire les autres grooms pour voir ce qu’ils font différemment de moi, ou comment ils réagissent face à un cheval difficile, car je continue toujours et encore d’apprendre de nouvelles choses.

J’adore travailler dans ce secteur où j’ai noué des amitiés durables dans tous les coins du monde. Il faut simplement savoir s’ouvrir aux autres et profiter de toutes les opportunités qui s’offrent à vous.

Les grooms forment-ils une vraie communauté où ils se soutiennent mutuellement ?

Nous faisons tous ce métier pour la même raison : notre amour des chevaux. Nous avons tous en commun la même passion et la capacité à ne pas rechigner à la tâche. Beaucoup de mes amis grooms accompagnent le même cavalier depuis longtemps. Nous formons ensemble une sorte de petite famille qui se retrouve régulièrement sur la route. Il y a toujours quelqu’un à qui demander conseil. L’autre jour seulement, j’ai dû appeler Sean car je n’arrivais pas à rétablir le courant électrique dans le camion ! On trouve toujours quelqu’un pour prêter main-forte dans cette merveilleuse communauté.

(Photo: Pexels / Harry Cunningham) (Photo: Pexels / Harry Cunningham)

 

The Rolex Grand Slam of Show Jumping is delighted to announce that it is launching a new Podcast series to celebrate one of the most important groups – and often unsung heroes of the sport – the grooms. Much like a caddy in golf, or a mechanic in Formula One, the grooms play a vital role in the success of their horses and riders. Launching on in June the podcast will be released on Spotify and Apple Podcasts quarterly ahead of each of the four Majors that make up equestrianism’s ultimate challenge.

Each episode will vary slightly, depending on each participant and their individual stories, but will mainly focus on and highlight the important role that grooms and the whole team behind the scenes have on the success of a top show jumper. In addition, it will explore their careers so far and the relationship that they have with the horses that compete in the Rolex Grand Slam of Show Jumping.

First to feature in this exciting new series are the grooms of World No.3 and current Rolex Grand Slam of Show Jumping Live Contender McLain Ward – Virginie Casterman and Lee McKeever. The knowledgeable duo have worked in the industry for numerous years and have experienced both the highs and the lows of the sport.  Whilst Casterman has been part of the team since the end of 2016, her seven years with Ward is eclipsed by McKeever, who has been with the American rider for over thirty years.

Speaking during the Podcast Casterman stated: “XX”

Together as a team, they travel the world with Ward – who refers to them as ‘the best in the game’ – and his horses. They know what it takes to take care of horses at the very top of the sport, including keeping the extraordinary HH Azur, also known as Annie – who is now 17-years-old – fit, healthy, and able to keep winning that the highest level of the sport.

McKeever followed: “XX”

L’histoire derrière ‘Reine’ HH Azur

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

McLain Ward a, à ce jour, remporté deux Grand Prix Rolex avec sa « Reine », HH Azur, tout d’abord à Genève et puis à Bois-le-Duc. Quelle performance incroyable ! Lorsque nous nous posons la question : « à quoi ressemblait HH Azur lorsqu'elle était jeune ? », il est important que nous n’oubliions pas son éleveuse, Nathalie Beaufort.


Transfert d'embryon

Il y a 18 ans, Nathalie Beaufort s’est mise à rêver à l’idée d'élever un poulain. Cependant, tout ne s'est pas déroulé sans embûche :  "Mon mari Pedro, concourait avec la mère de HH Azur, Sion vd Zuuthoeve. J'ai demandé à Pedro s'il pouvait demander au propriétaire de Sion vd Zuuthoeve si je pouvais récupérer un embryon de la jument. Sion vd Zuuthoeve était en réalité destinée à devenir un cheval de dressage, mais Pedro a eu beaucoup de succès avec elle en saut d'obstacles.

 

Sa demande a été acceptée, nous avons donc emmené la jument chez le vétérinaire pour la faire inséminer. J'avais auparavant déjà fait des recherches pour trouver des étalons potentiellement adaptés et Pedro pensait qu'Argentinus serait un bon choix. Nous fais trois tentatives, mais cela n’a pas fonctionné. Le vétérinaire m’a dit qu'un fils d'Argentinus, Thunder van de Zuuthoeve, était disponible. C'était un jeune étalon et personne ne le connaissait, mais quand je l'ai vu dans l'écurie, j’en suis instantanément tombée amoureuse – il était fantastique à observer. Il coûtait la moitié des frais de saillie d'Argentinus et nous pouvions avoir de la semence fraîche. Elle [Sion vd Zuuthoeve] est tombée enceinte dès la première tentative et le transfert d'embryon s'est très bien déroulé. L'année suivante, HH Azur est née, son nom de naissance étant Azur Garden's Horses. C'était une magnifique pouliche avec de longues jambes. C'était un sentiment tellement spécial pour moi quand elle est née ! Elle est restée avec nous en tant que yearling et jusqu’à ses 2 ans – je n'aime pas que mes jeunes chevaux soient élevés dans un grand groupe de jeunes chevaux car je crains les accidents. J'ai élevé d'autres poulains et parfois, lorsqu'ils sont sevrés de leur mère, je laisse un cheval plus âgé les élever. Je n'ai pas élevé d'autre poulain comme HH Azur. Quand vous élevez un poulain comme HH Azur, il est difficile d'avoir un véritable regard pour juger les autres poulains car elle a été tellement spéciale. »

 

Sa carrière de cheval d’obstacle

Le prochain chapitre important pour HH Azur a commencé à l'âge de trois ans. Elle a été débourrée et, pas à pas, préparée pour une carrière dans le sport. Nathalie se souvient : "À l'âge de trois ans, nous avons commencé à la monter. C'était incroyable, chaque fois que vous lui faisiez faire un exercice qu'elle n'avait jamais fait auparavant, elle vous donnait l'impression de connaître cet exercice. Il était si facile pour elle de comprendre ce que nous attendions d'elle. Après quelques mois, j'ai annoncé à Pedro que nous allions arrêter ses entraînements et la laisser retourner au pré et que quand elle aurait quatre ans, nous reprendrions un peu les entraînements. Nous l'avons emmenée à un concours peut-être trois fois à l'âge de ses quatre ans, juste pour qu'elle apprenne. Ensuite, elle est retournée au pré jusqu'à l'âge de cinq ans. À cinq ans, nous avons fait la même chose, puis à six ans, elle a participé à quelques concours internationaux pour jeunes chevaux - sans gagner ni se classer, mais toujours pour l'expérience.


La chose la plus importante pour nous était qu'elle comprenne ce que nous lui demandions et qu'elle y prenne du plaisir. Nous avons ensuite progressé vers des concours de trois jours. Même à six ans, elle était autorisée à retourner au pré après la saison - il est très important pour les chevaux de pouvoir respirer et de se développer dans le champ. HH Azur était à l'aise avec tout cela. À sept ans, lorsque nous avons recommencé, les gens ont commencé à la reconnaître et se demandaient pourquoi elle était si douée. Nous ne voulions pas vraiment la montrer au monde extérieur lorsqu'elle avait cinq et six ans, nous voulions mettre en avant ses qualités seulement lorsqu'elle en aurait sept. À ce moment-là, nous commencions déjà à recevoir des offres de personnes voulant l'acheter. Pedro a tout refusé car il pensait qu'elle serait une jument olympique - il croyait en elle depuis qu’elle avait trois ans, mais il a réalisé qu'il n'était pas assez bon cavalier pour elle. C’était un bon cavalier pour le niveau deux étoiles mais nous n'avions pas de sponsor ni assez d'argent pour la monter au plus haut niveau. Bien monter ne suffit pas, tout ce qui l'entoure doit être bon également.

Nathalie Beaufort and her own bred horse Thor de Beaufort (Photo: Nathalie Beaufort) Nathalie Beaufort and her own bred horse Thor de Beaufort (Photo: Nathalie Beaufort)

François Mathy

Le succès de HH Azur n'est pas passé inaperçu. L'intérêt pour elle a commencé à grandir. Nathalie se remémore: "À la fin de sa septième année, François Mathy Sr. a été très séduit par elle. Il pensait que nous demandions beaucoup d'argent pour elle, mais un jour, il est venu avec McLain Ward, qui a été très surpris par le talent de HH Azur. Pénélope Leprévost était également venue essayer HH Azur, peu de personnes le savent, mais François Mathy Sr. travaillait également avec Pénélope à cette époque. Dans un premier temps, HH Azur a été montée dans les classes internationales par le cavalier de François Mathy Sr., l’Espagnol Diego Perez Bilbao. Quelques mois plus tard, HH Azur partait pour l'Amérique avec McLain Ward. Un nouveau chapitre commençait pour HH Azur.


Émotions

Pour un éleveur, voir le cheval qu’il a élevé concourir au plus haut niveau suscite beaucoup d’émotions. Quelles sont les sensations de Nathalie Beaufort en voyant HH Azur concourir au plus haut niveau ? "Je vis le succès de HH Azur avec deux émotions. La première est une grande fierté et une intense admiration pour elle lorsque je la vois sauter avec McLain. Mais en même temps, j’ai le cœur serré car elle n'est plus auprès de moi. Ces deux émotions se mélangent souvent et me font monter les larmes aux yeux. Azur est partie de chez nous au début de son huitième anniversaire. Nous nous sommes occupés d'elle pendant plus de sept ans, la vendre a été émotionnellement très compliqué.


De forts liens émotionnels se créent quand les chevaux demeurent aux côtés de leur éleveur pendant une longue période. Je savais qu'elle aurait une grande carrière devant elle et que les moyens financiers pour atteindre ce niveau ne sont pas négligeables. Lorsqu'elle est partie pour HH Farm avec McLain Ward comme cavalier, je me suis sentie rassurée. Elle allait parfaitement s’adapter à cette nouvelle structure et aujourd'hui, je ne peux que continuer à admirer cette magnifique jument. Elle reste l'une des plus belles histoires de ma vie avec mes chevaux."

Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock

McLain Ward et HH Azur continuent leur rêve de Rolex Grand Slam

 

Le Dutch Masters s’est conclu aujourd’hui avec son épreuve phare, le Rolex Grand Prix du dimanche, étape du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Connaisseur et plein d’impatience à la perspective d’assister à un spectacle plein de précision, de courage et d’agilité, le public du Brabanthallen a accueilli à grands renforts d’applaudissements les meilleurs cavaliers de saut d’obstacles au monde. Au total, c’est 35 couples cavalier-cheval, dont huit des dix meilleurs mondiaux, qui se sont présentés pour se disputer l’une des plus prestigieuses récompenses de ce sport : le Rolex Grand Prix.

Premier au départ était Henrik von Eckermann, numéro un mondial. Et c’est accompagné de King Edward, sur lequel il avait déjà remporté la médaille d’or aux Championnats du monde FEI, qu’il a dominé les 17 obstacles du superbe parcours conçu par Louis Koninckx. Après lui, le Français Julien Épaillard a lui aussi fait le sans faute, direction le barrage. Martin Fuchs, Témoignage Rolex, McLain Ward, actuel prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping, et Gerrit Nieberg, gagnant du Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle 2022, ont fait preuve de leurs talents pour rejoindre le groupe de cavaliers d’élite qualifiés pour la deuxième manche. Le public néerlandais, pendant ce temps, exultait devant le parcours impeccable de Willem Greve, déjà gagnant du VDL Groep Prize de vendredi soir.

C’est donc 16 cavaliers au total, dont les quatre meilleurs au classement mondial, qui se sont retrouvés en deuxième partie du spectacle. Et le public n’a pas été déçu, tant la vitesse et l’agilité étaient au rendez-vous. Le Suédois Henrik van Eckermann a frappé un grand coup avec un prodigieux sans faute de 38,52 secondes, avant d’être très vite éclipsé par Julien Épaillard qui lui rabote 46 centièmes de seconde. Ainsi, McLain Ward, Prétendant actuel au Grand Slam, a encore dû accélérer le rythme pour pouvoir continuer de rêver au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Pendant un bref instant, le Français Simon Delestre, avec 9 centièmes de seconde d’avance, a cru pouvoir arracher la victoire à Ward. Et il l’aurait fait, si ce n’était pour le dernier oxer tombé à son passage. C’est donc Ward qui a remporté la victoire et conserve ainsi son titre de Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

Après sa spectaculaire performance, McLain Ward nous a parlé : « Je ne réalise pas encore, je crois. C’était très stressant de regarder les 12 derniers cavaliers passer le barrage après moi. Le niveau est tellement élevé ! Je pense que je réaliserai mieux plus tard, à tête reposée. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping place la barre plus haut que jamais. Gagner un Majeur est l’un des plus grands moments de la carrière d’un cavalier de saut d’obstacles. Je suis extrêmement fier de mon équipe et de mon cheval, et un peu fier de moi aussi. »

Le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam a ajouté à propos de sa monture : « Elle est d’une intelligence hors du commun, c’est une jument à part. Je pense qu’elle comprend ce qui se passe et veut se montrer à la hauteur. Elle aime son travail, ça se voit. Nous avons construit une relation très spéciale. Notre prochain objectif : le CHIO d’Aix-la-Chapelle, pour tenter de gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping. »

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Dans les coulisses des écuries avec:

La groom de Joseph Stockdale, Charlotte Attwell

 

Parlez-nous un peu de votre trajet jusqu’au Dutch Masters...

Cela fait déjà quelques semaines que nous sommes aux Pays-Bas. Nous étions en compétition à Kronenberg, puis nous avons suivi un entraînement pas loin d’ici. Il m'a donc fallu une heure à peine de route tranquille pour me rendre au Dutch Masters. C’était beaucoup plus simple que si j’étais venue du Royaume-Uni !

C'est la première fois que vous venez au Dutch Masters. Comment trouvez-vous les écuries ?

Très bien ! C'est la première fois que je viens ici, je suis très impressionnée. Dans les écuries et autour des pistes, on voit tout de suite que les organisateurs ont à cœur de garantir le bien-être des chevaux.

Est-ce que vous conduisez beaucoup, et comment trompez-vous l’ennui durant les longs trajets ?

Quand j'ai un long trajet à faire, j'aime bien chanter au volant. Je ne chante pas très bien cela me permet de rester éveillée. J'ai aussi toujours avec moi un assortiment de friandises !

Parlez-nous des chevaux que vous avez emmenés avec vous et de leur personnalité…

Nous avons déjà Equine American Cacharel, notre meilleure jument. Elle a participé aux championnats du monde de la FEI à Herning ainsi qu’à nombre de concours de la FEI Nations Cup™. Elle est absolument adorable. Elle adore les friandises et tout le monde la gâte.

Ensuite, on a Equine America Bingo de Chateau. Il est coquin comme tout. Lui aussi est pourri-gâté, mais c’est peut-être de ma faute ! C’est un vrai personnage. Il est parfois un peu chaud à l’échauffement mais il a un talent fou.

On a aussi cette année un nouveau cheval, Ebanking, un étalon de neuf ans. Le Dutch Masters sera son premier concours 5*. Nous avons hâte de voir comment il se comporte dans cette atmosphère et s’il peut faire une bonne performance. En tout cas, il est au top de sa forme en ce moment.

Que faites-vous lorsque vous accompagnez un cheval sensible au transport ?

Nous avons de la chance : tous nos chevaux sont tellement habitués à voyager qu'ils sont toujours sages comme des images. Ils ont leur eau, leur foin, ça les occupe.

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (le Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows, le CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions ?

Je suis déjà venue au CHI de Genève et au Dutch Masters, et il faut bien dire que les Majeurs sont d’un tout autre niveau par rapport au reste. Je suis toujours émerveillée de voir la piste et le reste des installations. J’ai hâte de découvrir un jour le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’.

Quel est le moment dont vous êtes la plus fière dans votre carrière ?

Mon souvenir préféré est notre médaille de bronze par équipes aux Championnats du monde de la FEI. Toute la semaine, j'étais très anxieuse. J'attendais en coulisses au moment où ils ont annoncé que notre équipe avait remporté la médaille de bronze. Un moment incroyable ! J'aurais du mal à expliquer ce que j'ai ressenti à ce moment-là. C'était l'aboutissement d'un travail collectif dont nous sommes tous très fiers.

Vous montez beaucoup à cheval ?

Avant oui, mais je n'ai plus beaucoup le temps. Ceci dit, je suis très heureuse de m'occuper des chevaux au sol, et de les chouchouter sans les monter.

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans votre travail ?

Ce que j'aime le moins, c'est de charger et de décharger le camion, car cela prend beaucoup de temps. Ce que j'aime le plus, c'est de créer un lien fort avec les chevaux. Je passe beaucoup de temps avec Cash et Bingo, car c’est eux qui m'accompagnent le plus souvent où je vais. Ce lien incroyable fait que l’on connaît les chevaux jusqu'au bout des sabots. Ceux-ci aiment vous voir et passer du temps avec vous, ce qui est pour moi une source de satisfaction immense. Je ne vois pas ce que je fais comme un travail, mais plutôt comme un mode de vie que j’adore.

Les grooms forment-ils une vraie communauté où ils se soutiennent mutuellement ?

Bien sûr. Les grooms se connaissent tous car ils se voient constamment lors des différents concours. Entre amis grooms, on se demande toujours à quel concours on va ou bien où on se rend ensuite. C’est sympa de se suivre ainsi les uns les autres. Notre équipe vient seulement de commencer les concours 5*, mais tout le monde est très accueillant. On mange ensemble le soir, on se donne des conseils : c'est très agréable comme ambiance.

De quelles qualités doit faire preuve un groom de haut niveau ?

Il faut s'engager à fond : dans le cas contraire, on n'avance pas. Il faut aussi avoir très envie de gagner ! Tout le monde peut devenir groom, car on apprend sur le tas, mais il faut absolument avoir le cœur à l’ouvrage et une vraie volonté d'apprendre. Au début, personne n'est parfait. On grimpe les échelons un à un. On apprend énormément au contact des autres grooms. Chacun a sa méthode ; il faut juste trouver la sienne.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

De ne pas paniquer. Il faut savoir prendre son temps avec chaque tâche et s'assurer de bien faire les choses.

Imaginez que vous ne pouviez prendre que trois choses avec vous pour aller sur une île déserte. Que seraient-elles ?

Mon téléphone, mon chien Otis, et plein de chips car j'en raffole !

Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock

Interview cavalier:

Leopold Van Asten

 

Qu’est-ce qui fait du Dutch Masters une compétition à part ?

C’est vrai que le Dutch Masters est un concours extraordinaire. Et mes écuries se trouvent à trente-cinq minutes de route seulement, ce qui permet à mes proches et mes sponsors de venir me voir, pour une expérience encore plus spéciale.

Vous avez remporté le Rolex Grand Prix du Dutch Masters en 2017. Qu’avez-vous ressenti à cette occasion ?

Ma victoire au Rolex Grand Prix du Dutch Masters de 2017 est l’un de mes souvenirs préférés. Malheureusement, celui-ci ne faisait pas encore partie du Rolex Grand Prix of Show Jumping : ce n’est que l’année suivante que le Dutch Masters a fait son entrée dans le Grand Slam.   Mais comme tous les Rolex Grand Prix, c’était une épreuve très disputée, et c’est toujours un plaisir fou de gagner devant son public.

Parlez-nous un peu du cheval qui vous avait permis de gagner à cette occasion…

Il s’agissait de VDL Groep Zidane N.O.P. qui profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée dans un pré pas loin de chez moi. Il est toujours en très bonne santé. Lui et moi avons fait un superbe parcours ensemble, avec plusieurs victoires en Grand Prix, mais le Dutch Masters est le plus mémorable de tous.

Quels sont vos projets et ambitions pour 2023 ?

Pour le moment, je me concentre sur les Championnats d’Europe FEI, et j’axe mes efforts sur mes jeunes montures. J’ai deux chevaux de dix ans ici au Dutch Masters. Ils ont tous les deux énormément de talent. J’ai hâte de voir ce qu’on peut faire ensemble cette saison.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Ma victoire au Rolex Grand Prix du Dutch Masters en 2017, bien sûr. J’ai aussi eu la fierté de remporter le championnat de Valkenswaard chez moi au Pays-Bas par trois fois.

Quelle importance revêt l’équipe qui vous entoure ?

Il serait impossible de faire ce métier sans l’aide de son équipe. Les grooms en particulier font de très longues journées pour garantir que les chevaux soient en forme et décontractés.  J’ai aussi une incroyable équipe qui reste avec les chevaux à l’écurie quand je suis en déplacement, et qui fait un travail très important de préparation et d’entraînement des jeunes chevaux.

Dans votre carrière, qui vous a le plus inspiré ?

Quand j’étais petit, j’admirais les cavaliers comme John Whitaker ou Jos Lansink, qui ont tous deux fait des carrières exceptionnelles. Nous avons beaucoup à apprendre de leur parcours.

Que représente le Rolex Grand Slam of Show Jumping pour un cavalier tel que vous ?

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping représente une opportunité incroyable dans le monde du saut d’obstacles. Il a véritablement révolutionné notre sport. Les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping sont les meilleurs concours au monde, et c’est un honneur de pouvoir y participer.

Quel cheval participera au Rolex Grand Prix de dimanche avec vous ?

Je pense monter VDL Groep Nino Du Ruton, qui est encore un peu inexpérimenté en 5*. Il a déjà participé à des épreuves à 1,55 m, et il est capable de faire une bonne performance dimanche, je pense, même si cela représente un pas en avant dans sa carrière. Il a fait de bons résultats au concours de la semaine dernière, alors je ne le monterai que dans l’épreuve à 1,40 m avant le Rolex Grand Prix. Croisons les doigts pour dimanche ! 

(Photo: The Dutch Masters / Digishots) (Photo: The Dutch Masters / Digishots)

Willem Greve et Grandorado TN N.O.P. remportent le VDL Groep

 

Sous les projecteurs du Brabanthallen, 39 cavaliers représentant 13 nations se sont affrontés lors du concours de ce vendredi, le prix VDL Groep , en cette deuxième journée du Dutch Masters 2023. Une affiche impressionnante qui ne comptait pas moins de huit cavaliers parmi les dix premiers mondiaux, notamment le prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping McLain Ward, le numéro un mondial Henrik von Eckermann et le champion en titre du Rolex Grand Prix Daniel Deusser. Ce sont en outre sept Témoignages Rolex et 12 cavaliers du pays d’accueil qui se sont mesurés au parcours conçu de main de maître par Louis Konickx.

Le premier à entrer dans l’arène fut le Britannique Scott Brash, le seul et unique gagnant du Rolex Grand Slam of Show Jumping, avec un étalon de neuf ans, Hello Valentine, qui a placé la barre très haut avec un impeccable sans-faute. Derrière lui, Simon Delestre et le fougueux Cayman Jolly Jumper ont fait de même et assuré le barrage. Pour le plus grand plaisir du public néerlandais, trois cavaliers du pays d’accueil ont assuré une place au deuxième tour, notamment Loewie Joppen, 60 ans, grâce à une performance impressionnante réalisée avec Havel van de Wolfsakker Z.

12 couples de chevaux et cavaliers ont réussi à se qualifier pour le barrage sur un parcours écourté à huit obstacles. Le premier à partir, Brash a donné le rythme avec un sans-faute réalisé dans un temps de 42,10 secondes. Sa première position a semblé en danger quand Delestre a démarré, prêt à en découdre et passant la ligne dans un temps exceptionnel de 37,54 secondes, mais en accumulant quatre fautes sur le parcours. Janne Friederike Meyer-Zimmermann, la seule femme qualifiée pour le barrage, a pris momentanément la tête du classement, étant la troisième à passer, mais après le parcours prestement réalisé par Delestre, les cavaliers suivants savaient qu’il était possible de faire un meilleur temps.

La première place a changé plusieurs fois de mains avant que le Néerlandais Willem Greve, monté sur Grandorado TN N.O.P., ne mette le public en liesse en réalisant un sans-faute dans un temps record de 36,62 secondes. Il revenait au Témoignage Rolex Harry Charles, dernier à partir, de tenter de subtiliser la première place de Greve, mais malgré une impressionnante démonstration de vitesse et d’agilité, son temps de 37,93 secondes n’a pu lui obtenir que la seconde place.

Après la compétition, Greve a déclaré : « Je suis extrêmement heureux d’avoir gagné devant mon public. Le premier parcours était difficile, mais il était équitable pour les chevaux, c’est le deuxième plus gros concours de la compétition, il fallait donc un vrai test et je pense qu’il a été l’occasion d’une excellente compétition. J’ai ce cheval depuis qu’il a trois ans, je l’ai donc monté à tous les niveaux, ce qui rend cette victoire encore plus spéciale. C’est un cheval vraiment fantastique, et j’ai beaucoup travaillé cet hiver pour améliorer sa maniabilité et sa condition physique. il est en pleine forme aujourd’hui et j’ai hâte de le monter dimanche. »

Interrogé sur sa stratégie lors du barrage, le Néerlandais a répondu : « J’étais dans les derniers à passer, j’ai donc pu observer plusieurs couples avant d’entrer dans l’arène. J’ai pensé que si je faisais un bon saut au deuxième obstacle je pourrais faire sept foulées jusqu’au suivant et profiter de la longue foulée de ma monture jusqu’au dernier obstacle, et ça a très bien fonctionné ! »

(Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

Reconnaissance de parcours avec:

Louis Konickx

 

D’après vous, qu’est-ce qui fait du Dutch Masters une compétition à part ?

The Dutch Masters a ceci de particulier qu’il attire les meilleurs cavaliers de concours hippique du monde qui viennent s’affronter à Bois-le-Duc, et le spectacle est fantastique. En 1994, quand nous avons accueilli la première finale de Coupe du monde, ce fut une journée tout à fait extraordinaire, qui restera dans les livres d’histoire. Le public qui vient assister à ce concours est enthousiaste, passionné et connaisseur, ce qui rend la compétition encore plus unique. En tant que chef de piste, la période qui précède un concours peut être difficile car vous vous demandez si les parcours sont adaptés, mais vous devez avoir confiance en vous.

Parlez-nous un peu du parcours que vous avez créé pour le Rolex Grand Prix ce dimanche...

J’ai conçu le parcours du Rolex Grand Prix de cette année avec mon assistant Quintin Maertens qui a beaucoup de talent. Nous sommes ravis de la surface de l’arène cette année car elle nous permet d’installer de nombreux obstacles avec différentes distances. Nous avons des lignes difficiles qui exigent une grande précision de la part des cavaliers dans le rythme, la vitesse et la puissance.

Combien de sans-faute pensez-vous voir ?

Parfois, le nombre de sans-fautes peut être vu comme un dilemme pour les chefs de piste. En Hollande, comme dans beaucoup d’autres pays, le public aime voir beaucoup de sans-fautes au premier tour car le barrage est plus intéressant, surtout si quelqu’un de leur pays est qualifié. Je crois que je serai heureux si une douzaine de cavaliers sont présents au barrage de dimanche. 

Selon vous quel cavalier gagnera le Rolex Grand Prix de dimanche ?

Le premier tour du Rolex Grand Prix peut tourner à l’avantage de certains cavaliers comme Harrie Smolders, qui est d’une régularité incroyable. Mais dans un barrage, la pression monte instantanément et l’ambiance est différente, donc certains cavaliers comme le Français Julien Epaillard, qui est très rapide et excellent quand la pression est forte, pourraient se retrouver au sommet et l’emporter ici. J’espère que le gagnant sera un Hollandais ou un Belge, ou encore une légende du sport comme Marcus Ehning.

Comment êtes-vous devenu chef de piste ?

Dans la région où j’ai grandi, il y avait un chef de piste qui n’était pas très apprécié des cavaliers, il faisait beaucoup d’efforts mais, malheureusement, il n’était pas très doué. Pour réussir dans la conception de parcours, vous devez comprendre l’espace et comment l’utiliser au mieux dans chaque arène. Quand j’étais encore étudiant, à l’âge de 25 ans, je me souviens d’être allé le voir avec une suggestion de changement possible dans une arène en particulier. Il m’a alors encouragé à poursuivre mon intérêt pour la conception de parcours.

J’ai continué à monter tout en étudiant pour être chef de piste, ce qui a rendu le processus plus long, mais cela m’a permis également de mieux comprendre la perspective des cavaliers. Avec l’expérience, on a commencé à me faire confiance, ce qui m’a permis de travailler sur des compétitions de plus haut niveau et plus réputées. Je me souviens d’Arno Gego, du CHIO d’Aix-la-Chapelle qui m’avait contacté pour me dire qu’il y avait un concours près de chez moi et pour me demander si cela m’intéressait d’y travailler comme son assistant. Ce fut pour moi un tremplin qui m’a permis de devenir assistant du principal chef de piste dans certains des plus grands concours dans le monde, ce qui m’a apporté une expérience inestimable.

Quel a été le premier parcours que vous avez créé, en tant que premier chef de piste ?

Le premier grand parcours international que j’ai conçu en tant que premier chef de piste est le CHIO de Rotterdam. Emile Hendrix, le directeur du concours, et Frank Kemperman m’ont donné l’opportunité de tracer le parcours et ils ont insisté sur le fait qu’ils me faisaient confiance et soutiendraient mes choix. Ce fut un moment important de ma carrière, et c’est assez incroyable de penser que c’était déjà pour Rolex. Frank Rothenberger a également participé à la conception du parcours pour cette compétition.

En dehors de la création de parcours, quelles sont vos passions ?

Je monte encore, et il est important pour moi de continuer à suivre cette passion. Ma famille et moi-même ne sommes pas particulièrement doués en musique, mais quand j’étais étudiant à l’université, j’ai monté un groupe avec des amis et j’ai beaucoup apprécié cette période, bien qu’elle n’ait duré que quelques années. Quand mes filles étaient petites, j’ai repris la guitare, et je fais partie d’un autre groupe aujourd’hui. Nous étions en train de répéter juste hier soir, et je suis bien-sûr le plus vieux du groupe, mais c’est un passe-temps passionnant.

Enfin, je faisais beaucoup de voile avec mon frère, c’est donc aussi un loisir que j’aime beaucoup. J’étais un jour à Lausanne, en Suisse, devant le lac Léman et j’ai immédiatement appelé mon frère pour lui faire part de mon envie d’acquérir un bateau à voile. Et aujourd’hui, j’ai un voilier de taille raisonnable sur lequel je m’amuse beaucoup avec mes filles !

Quel chef de piste vous a inspiré le plus dans votre carrière ?

Le chef de piste qui m’a le plus inspiré est Arno Gego. Il a énormément contribué à notre profession et l’a influencée de manière significative. Il a beaucoup travaillé pour créer une base sur laquelle peuvent s’appuyer tous les chefs de piste et il est une inspiration qui a fait progresser beaucoup de gens.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre relation avec Gérard Lachat ?

Quand je me penche sur mon passé, je remarque que ma vie a souvent été liée aux compétitions Rolex, et c’est formidable. J’ai rencontré Gérard à San Patrignano dans un concours 5* où j’étais invité pour aider à la conception du parcours. Nous avons conçu ensemble quelques-uns des meilleurs parcours au monde, comme celui du Rolex Grand Prix du CHI de Genève, ici à Bois-le-Duc, au CHIO de Rotterdam, aux Championnats du monde de la FEI à Herning et bien d’autres. L’amitié entre nous va bien au-delà de notre profession et nous montons encore ensemble.

Le Rolex Grand Slam a été créé en 2013 et il fêtera cette année son dixième anniversaire ; dans quelle mesure cette initiative a-t-elle été positive pour le saut d’obstacle ?

Le Rolex Grand Slam a sans aucun doute bénéficié à la discipline car il apporte une grande variété avec les différents Majeurs qui le composent, chacun ayant sa propre atmosphère, unique et captivante. En tant que chef de piste, c’est génial de constater que chaque Majeur a sa propre signature qui rend la compétition si spéciale. Avec seulement quatre Majeurs chaque année, l’importance et le prestige des concours s’en trouvent accrus. C’est pourquoi le Rolex Grand Slam of Show Jumping attire les meilleurs cavaliers du monde. Il a beaucoup d’influence dans la discipline et c’est aujourd’hui le rêve de nombreux cavaliers de concourir aux Majeurs. En outre, il encourage les cavaliers à avoir une tactique d’utilisation de leurs chevaux afin qu’ils soient frais pour chaque Majeur, ce qui s’est avéré être un bien pour les chevaux puisque les cavaliers ne les surmènent pas en vue de les garder à leur meilleur niveau de performance pour ces concours. 

(Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

Le mot de l'organisateur:

Marcel Hunze

 

Vous devez être ravi de voir The Dutch Masters de cette année se dérouler à guichets fermés ?

Après plusieurs années difficiles dues à la pandémie, c’est formidable d’avoir une édition complète du Dutch Masters avec le public, l’accueil et le village exposant qui sont tous de retour. Les soirées après la compétition s’annoncent également prometteuses cette année !

Comment s’est passée l’organisation de l’édition de cette année ?

L’organisation s’est très bien passée ! Nous avons pu constater un immense intérêt de la part des fans qui souhaitent revenir assister au concours. En conséquence, les ventes de billets ont bien marché ; nous attendons un public important et de nombreux exposants au concours, tout se passe donc très bien jusqu’à présent.

Y a-t-il des nouveautés au Dutch Masters cette année ?

En 2020, de nombreux changements avaient été apportés mais, malheureusement, la compétition avait dû être annulée seulement une heure avant le début du concours en raison de la pandémie de Covid-19. Cette année, nous avons mis en place ces changements, c’est donc l’occasion pour le public de voir les différences dans nos installations. Nous avons ajouté de nouveaux restaurants, amélioré les installations pour le public, et nous avons agrandi la zone d’échauffement pour les cavaliers. Nous espérons que tout le monde appréciera les changements que nous avons faits.

Quelles qualités recherchez-vous chez vos collaborateurs ? Et quels sont les ingrédients de la réussite pour une équipe comme la vôtre ?

Nous avons une équipe considérable qui travaille sur le concours chaque année, environ 1 500 personnes participent à l’événement. Nous nous efforçons toujours de créer un bon environnement entre la direction, le personnel et les volontaires afin de travailler efficacement ensemble. Nous essayons de garder le même personnel sur le concours d’une année sur l’autre, et c’est un grand avantage du Dutch Masters car nous nous faisons confiance mutuellement et nous savons comment travailler en équipe. C’est ce qui permet une gestion efficace de l’événement.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le secteur des événements sportifs ?

Mon premier conseil serait pour eux d’acquérir un maximum d’expérience dans le milieu du sport et de ne pas se concentrer uniquement sur les aspects qui les intéressent. C’est ce qui permet d’acquérir différentes compétences et connaissances qui serviront plus tard dans le sport choisi et permettront de comprendre le fonctionnement de ce secteur en général. Enfin, il est essentiel d’être attentif aux détails car c’est un avantage qui permet le bon déroulement d’un événement.

Selon vous, qu’est-ce qui fait le succès d’un événement sportif d’importance ?

Le succès d’un grand événement sportif est permis par un équilibre entre le public et les médias. Je pense que, pour les sponsors, il est essentiel que les installations soient de premier ordre, mais si le public est restreint, l’ambiance en sera affectée et l’événement ne sera pas aussi réussi. De la même façon, si un événement n’a pas les sponsors qui le soutiennent et investissent dans sa gestion et dans son organisation, il ne peut pas non plus être un succès. À mon avis, pour réussir un grand événement sportif, il faut une combinaison de sponsors, cavaliers, médias et public présent car, au bout du compte, ils ont tous leur rôle à jouer.

Cette année marquera les 10 ans du Rolex Grand Slam of Show Jumping, quel succès a-t-il obtenu et quels changements positifs a-t-il apportés à la discipline ?

Nous sommes extrêmement fiers de l’association qui s’est faite entre The Dutch Masters et le Rolex Grand Slam of Show Jumping en 2018. C’est une initiative extraordinaire, et elle est extrêmement importante pour le secteur du concours hippique. Elle a permis au sport de gagner en prestige, mais aussi d’élever le niveau des cavaliers qui veulent y participer. Au concours de cette année, huit cavaliers parmi les dix premiers mondiaux participent au concours. C’est aussi une garantie pour nous en tant qu’organisateurs d’atteindre le meilleur niveau de compétition et de ne pas nous écarter de cet objectif. Le concept est idéal pour les cavaliers, le public et les sponsors, et il s’est avéré être un succès absolu.

Les organisateurs du Dutch Masters et vous-même vous inspirez-vous de grandes compétitions d’autres sports, comme le tennis ou le golf ?

Il est tout à fait intéressant d’observer les organisateurs de grandes compétitions sportives. Outre The Dutch Masters, nous participons également à l’organisation d’un tournoi de tennis de l’ATP aux Pays-Bas. Il s’agit d’une compétition sur herbe qui réunit WTA et ATP avant le tournoi de Wimbledon. Nous appliquons et utilisons diverses compétences et méthodes interchangeables pour l’organisation d’événements dans les deux disciplines, tennis et concours hippique, car chacune peut bénéficier de l’autre et c’est ce qui a permis le succès de ces événements.

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

The Dutch Masters 2023

Les cavaliers à suivre...

 

The Dutch Masters est de retour du 9 au 12 mars 2023 et il accueillera le premier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de cette année. Pendant quatre jours, le concours présentera quelques-uns des couples de chevaux et cavaliers parmi les plus brillants et son point culminant sera le Rolex Grand Prix de dimanche. Parmi les cavaliers présents à cet événement prestigieux et désireux de gagner ce concours de haut niveau figurent huit des dix premiers cavaliers du classement mondial, ainsi que sept Témoignages Rolex.

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les cavaliers à suivre

Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping, McLain Ward fera le voyage depuis les États-Unis avec ses meilleurs chevaux, HH Azur et Contagious. L’Américain, qui a subjugué les foules au CHI de Genève avec sa performance exceptionnelle lors du barrage du Rolex Grand Prix, a poursuivi son parcours triomphant à l’occasion du Winter Equestrian Festival de cette année, remportant récemment un Grand Prix CSI5*. Ward arrivera très confiant au Dutch Masters, avec l’espoir de faire impression en Europe.

Cette année, la compétition devrait être des plus ardues avec plusieurs anciens gagnants de Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping présents au concours. En tête de liste figure le Témoignage Rolex Daniel Deusser, tenant du titre du Rolex Grand Prix qui s’est tenu sous les projecteurs du Brabanthallen. L’Allemand sera un rude concurrent, sachant parfaitement opérer sous forte pression lors des Majeurs, et en ayant remporté deux l’an dernier. Le triple gagnant du Dutch Masters Grand Prix souhaitera renouveler sa quête pour devenir le deuxième cavalier à gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Deusser sera accompagné de son compatriote et gagnant du Rolex Grand Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle, Gerrit Nieberg, qui cherchera à arracher sa première victoire dans ce concours emblématique.

Le numéro un mondial Henrik von Eckermann ajoutera son nom à l’impressionnante liste de concurrents de cette année, toujours prêt à s’imposer en tête des classements. Le cavalier suédois a terminé 2022 avec une superbe victoire lors de la Finale du Top 10 Rolex IJRC organisée au CHI de Genève avec son incroyable hongre, King Edward. Von Eckermann est le cavalier par excellence et il occupe la place de numéro un mondial depuis maintenant sept mois. Ayant déjà gagné le Rolex Grand Prix du Dutch Masters en 2019 avec la superbe Toveks Mary Lou, le numéro un mondial est certain d’attirer tous les regards quand il pénétrera sur l’arène principale. Son compatriote Peder Fredricson, avec qui Von Eckermann a remporté la médaille d’or par équipe aux Championnats du monde de la FEI l’été dernier, est aussi sur les rangs du concours de Bois-le-Duc.

Deux des cavaliers de concours hippique les plus titrés de la Suisse, le numéro deux mondial Martin Fuchs et Steve Guerdat, seront également présents. Les Suisses, qui ont déjà six Majeurs du Rolex Grand Slam à leur actif, n’ont jamais gagné le trophée tant convoité. Cependant, les deux cavaliers sont conscients de la précision, de l’audace et de la condition physique exigées du cheval et de son cavalier pour l’emporter et ils font partie des favoris pour le concours de dimanche.

Les trois représentants de la France au concours seront Julien Epaillard, Simon Delestre et Kevin Staut. Epaillard, le numéro trois mondial, a gagné plus de 75 concours internationaux l’an dernier et sera difficile à battre s’il parvient à passer le barrage ce dimanche. Delestre et Staut ont pour eux la force et l’endurance de leur talent et de leurs chevaux, et viseront sans aucun doute la première place de ce prestigieux concours.

Le public local sera ravi d’accueillir 14 cavaliers néerlandais au Brabanthallen. À la tête du contingent néerlandais figure le second du Rolex Grand Prix de l’an dernier, Harrie Smolders. Smolders, qui a mené l’équipe néerlandaise à la victoire lors de la finale de la FEI Nations Cup™ à Barcelone en 2022, voudra faire mieux cette année et remporter chez lui le fameux trophée. Parmi les autres cavaliers néerlandais à surveiller figurent le numéro huit mondial Maikel Van Der Vleuten, et Willem Greve, qui a fini troisième de cette épreuve phare l’an dernier.

L’unique gagnant du Rolex Grand Slam of Show Jumping, le Britannique Scott Brash, est un concurrent à ne surtout pas négliger pour un Majeur du Rolex Grand Slam. Brash sera accompagné par deux des membres de son équipe médaillée de bronze lors des Championnats du monde de la FEI, les cavaliers de moins de 25 ans Harry Charles et Joseph Stockdale. Charles, qui a fait son entrée parmi les 15 premiers mondiaux, est l’un des talents les plus prometteurs de la discipline et cherchera sans doute à arracher sa première victoire dans un Rolex Grand Prix.

Les autres cavaliers à suivre dans ce premier Majeur de l’année sont l’Autrichien Max Kühner, qui a déjà emporté le trophée tant convoité en 2021, le médaillé d’argent en individuel des Championnats du monde de la FEI Jérôme Guery, et le Brésilien et numéro sept mondial, Marlon Modolo Zanotelli.

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Interview avec le prétendant au Rolex Grand Slam

McLain Ward

 

Félicitations ! Vous êtes le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam. Le Dutch Masters approche : comment vous sentez-vous ? Quel cheval pensez-vous monter pour le Rolex Grand Prix ?

J’attends le Dutch Masters avec énormément d’impatience. Les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam Majors font partie des événements les plus prestigieux de l’année. Ils ont permis de faire connaître notre sport et sont l’occasion de montrer le meilleur du saut d’obstacles mondial.

Je compte y emmener deux de mes chevaux, HH Azur et Contagious. Ils ont tous deux déjà participé au CHI de Genève et ils ont fait de bons résultats cet hiver. J’ai composé le planning de HH Azur de sorte à ce qu’elle soit en pleine forme pour le Dutch Masters. On sera préparés, je l’espère, pour faire un bon parcours.

Qu’avez-vous fait depuis votre victoire au Rolex Grand Prix du CHI de Genève ? Et quelle préparation suivez-vous, vous et vos chevaux, pour le Dutch Masters ?

C’est important de prendre un peu de temps pour soi, entre chaque saison, pour se rafraîchir et se sentir prêt. En ce moment, je fais le circuit d’hiver à Wellington en Floride, car celui-ci propose diverses épreuves différentes auxquelles mes chevaux peuvent participer. En ce qui concerne la préparation de HH Azur et de Contagious pour le Dutch Masters, j’aime les faire concourir dans les mois qui précèdent l’événement. Maintenant que HH Azur a 17 ans, elle ne fait pas autant de concours qu’avant. On a tendance à se focaliser sur les plus importants. Contagious, lui, participe à davantage de compétitions. Je compte participer à des épreuves 5* avec lui cette semaine en Floride. Ce sera son dernier concours avant notre départ.

Vous avez eu le vent en poupe au Winter Equestrian Festival ces dernières semaines, avec plusieurs victoires. Cela vous donne-t-il confiance à l’approche du Dutch Masters ?

J’ai beaucoup de superbes chevaux à ma disposition, grâce à des propriétaires très enthousiastes qui me soutiennent dans mes objectifs. J’aimerais aussi remercier mes grooms et palefreniers, qui font que mes chevaux sont en bonne santé et toujours prêts à concourir. Mais à l’approche de chaque Majeur, je me demande toujours si nous sommes suffisamment préparés et si nous avons pris les bonnes décisions. Impossible de répondre à ces questions avant que le concours débute, mais on doit se fier à ses méthodes et au travail qu’on a fait en amont.

Pour le Dutch Masters, vous devez effectuer le voyage depuis les États-Unis. Que faites-vous pour que vos chevaux arrivent en bonne forme ?

Mon équipe a l’habitude, car nous sommes allés ensemble à de nombreux concours à l’étranger au fil des ans. Cette expérience nous a appris à gérer le côté logistique de ce type de déplacement. J’ai vraiment de la chance d’avoir autour de moi une telle équipe. Mes grooms et palefreniers s’occupent très bien de mes chevaux. Ce sont de vrais passionnés qui aiment les animaux et le sport lui-même.

Les cavaliers basés aux États-Unis comme moi-même et leurs équipes ont l’habitude de se rendre à l’étranger pour concourir, car les meilleurs événements ont lieu sur le continent européen. J’ai toujours voulu aller me frotter aux meilleurs cavaliers mondiaux de saut d’obstacles. Et pour cela, il faut se rendre aux Majeurs comme le CHIO d’Aix-la-Chapelle, le CHI de Genève ou le Dutch Masters. Les chevaux sélectionnés pour ces épreuves ont l’habitude des déplacements et ont désormais une bonne capacité d’adaptation. Ceci dit, faire voyager des chevaux exige une préparation minutieuse, mais mon équipe est parfaitement rompue à cet exercice.

Quels sont vos projets et ambitions pour 2023 ?

Mon objectif principal cette saison est d’aider les États-Unis à se qualifier pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Et une fois cet objectif atteint, il nous faudra travailler pour devenir la meilleure équipe parmi tous les pays présents aux Jeux. Rien ne me donne autant de fierté que de représenter mon pays.

Sur le plan individuel, mon objectif est de rester en lice pour les Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Chaque année, je concentre mes efforts sur ces épreuves, car ce sont toutes des Grand Prix emblématiques. Nous passons donc une bonne partie de l’année à nous entraîner en vue de ces concours, pour y faire de bonnes performances. Évidemment, arrivé le jour J, il faut aussi que la fortune vous sourie un peu pour décrocher la victoire. Remporter plusieurs Majeurs pour gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping est extrêmement difficile. C’est pour cela que Scott Brash est le seul cavalier à avoir réussi cet exploit ! 

Vous avez remporté énormément d’épreuves sur HH Azur. Quelles sont les qualités qui font d’elle une telle championne ?

HH Azur a des capacités physiques indéniables, mais c’est son tempérament qui la rend unique. C’est une vraie battante. Je l’appelle « Sa Majesté » tellement elle est majestueuse. Il y a deux ans, elle s’était blessée à plusieurs reprises et j’ai bien cru que sa carrière était finie. Mais elle s’est entièrement remise et au début de la saison 2022, elle tenait la meilleure forme de sa vie. Nous avons donc décidé de continuer à la faire concourir et de réévaluer son état plus tard dans l’année. Elle a fini par faire les meilleurs résultats de sa carrière. On voit tout de suite qu’elle aime ce qu’elle fait et qu’elle adore la compétition. Et tant qu’elle est bien et qu’elle a ça, nous continuerons à la faire concourir. Elle est aussi à l’aise en intérieur qu’en extérieur. Rien ne la déstabilise. Elle est très intelligente, elle comprend ce qu’on veut d’elle. J’adore passer du temps avec elle, en compétition comme en balade ou à l’entraînement. C’est vraiment une jument extraordinaire.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

J’ai très envie de gagner, même maintenant. J’en suis à un stade positif de ma carrière. Entre ma famille et les propriétaires de mes chevaux, je suis très bien entouré. J’aime échanger et discuter de choses personnelles et professionnelles avec les propriétaires, car nous avons les mêmes valeurs et objectifs et partageons la même passion. Je continue de prendre du plaisir à découvrir de nouvelles façons de m’améliorer et de rendre les chevaux plus performants, et à élaborer des stratégies pour gagner. J’ai l’impression d’être en très bonne forme physique. Le fait de me confronter à une nouvelle génération de cavaliers me garde jeune et me pousse à donner le meilleur de moi. 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping va fêter son dixième anniversaire cette année. Quel impact a-t-il eu sur la discipline selon vous ?

Le parrainage de Rolex et la création du Rolex Grand Slam of Show Jumping a fait passer notre sport au niveau supérieur et fait connaître en particulier ses quatre Majeurs. Une fois qu’on a représenté son pays à l’échelle mondiale, comme par exemple aux Jeux olympiques, le prochain objectif est de gagner l’un des célèbres Majeurs. C’est l’équivalent du Masters de golf ou de Wimbledon au tennis : des événements qui réunissent les plus grandes pointures mondiales de la discipline.

Mais le Rolex Grand Slam of Show Jumping comprend une difficulté particulière : pour le remporter, il faut gagner trois Majeurs d’affilée. Et dans notre discipline, il faut aussi compter sur une variable supplémentaire : le cheval. En plus de se préparer physiquement et mentalement, il faut aussi s’assurer que sa monture est en pleine forme. Gagner le Rolex Grand Slam of Show Jumping n’est pas impossible : après tout, cela a déjà été fait. Et avec un peu de chance, cet exploit se répétera à l’avenir. HH Azur, ma monture, a fait un sans faute dans les trois derniers Majeurs du Grand Slam, mais nous n’avons gagné qu’un seul barrage.

Le défi que représente le Rolex Grand Slam fait que tout le monde tente de se dépasser et s’entraîne dans le but de gagner. Au dernier CHI de Genève, nous avons assisté au plus beau barrage de l’histoire du saut d’obstacles, qui a placé la barre plus haut que jamais.

En dehors du saut d’obstacles, comment vous détendez-vous ? Qu’aimez-vous faire ?

J’ai la chance de pouvoir me vider la tête sans quitter le sport que j’aime. J’ai la chance de partager mon temps entre deux propriétés avec des écuries, l’une en Floride et l’autre dans l’état de New York. Ma famille partage ma passion du saut d’obstacle de compétition, ce qui fait que c’est devenu notre mode de vie à tous. Bien sûr, il est aussi important de trouver le juste équilibre et de passer du temps loin des chevaux pour se laver la tête, mais j’oublie souvent de le faire.

Si vous n’étiez pas cavalier de saut d’obstacles, quel métier auriez-vous fait ?

Je pense que j’aurais construit des résidences et lotissements haut de gamme. J’ai d’ailleurs fait construire plusieurs maisons, et j’ai beaucoup aimé cela. Construire ou rénover une habitation est un vrai défi, durant lequel je peux me montrer inventif et innovant dans les espaces intérieurs et extérieurs. C’est finalement assez semblable au saut d’obstacles, car il faut faire preuve d’imagination et d’un esprit innovant dans les deux domaines.

En dehors du saut d’obstacle, suivez-vous d’autres sports ?

Je suis la plupart des disciplines sportives. Mon aînée est fana de sport, et nous aimons regarder ça ensemble. Nous aimons tous deux l’esprit de compétition des sportifs de différentes disciplines. Je trouve cela important de regarder d’autres sports que le sien, pour en décortiquer les tenants et aboutissants économiques et politiques et en tirer des leçons.

Si vous vous retrouviez seul sur une île déserte, quels seraient les trois objets que vous emporteriez avec vous ?

Mes trois amours : ma femme Lauren et mes filles Lily et Maddox.

(Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Les temps forts de The Dutch Masters 2023

 

Le moment très attendu du Dutch Masters est enfin arrivé ! L’événement aura lieu du 9 au 12 mars et proposera un spectaculaire défilé de compétitions et de spectacles équestres. Comprenant notamment le premier Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année, cet événement emblématique verra s’affronter certains des meilleurs couples cheval-cavalier au monde. Leur but ultime ? S’adjuger l’un des prix les plus prestigieux de l’univers du saut d’obstacles : le Rolex Grand Prix. Cette année encore, le Dutch Masters proposera une deuxième piste ainsi que des concours nationaux. Cette seconde piste accueillera comme à son habitude la majorité des concours nationaux.

Sur la piste principale, le Grand Prix de la coupe du monde de dressage (FEI Dressage World Cup™), parrainé par RS2 Dressage, signalera jeudi 9 mars le coup d’envoi de l’événement. Élégance, précision et harmonie seront au rendez-vous de cette épreuve inoubliable. Entre danse et équitation, le merveilleux spectacle offert par ces couples en symbiose sera sûr de ravir le public. La cavalière britannique Charlotte Fry et son superbe étalon noir Glamourdale attireront à coup sûr les applaudissements les plus nourris à leur entrée en piste. En effet, depuis leur médaille d’or en dressage individuel aux Championnats du monde FEI 2022 d’Herning, ils n’ont cessé de s’améliorer et d’impressionner le jury comme le public. L’allemande Isabell Werth, Témoignage Rolex, et la Hollandaise Dinja van Liere tenteront elles aussi de décrocher la première place. Les fans de dressage pourront assister à une véritable démonstration de force, délivrée par plusieurs cadors mondiaux du dressage, dont Charlotte Fry, Britt Dekker, Samantha Steenwijk ou Anky van Grunsven. Pendant ce temps, sur la deuxième piste, deux épreuves de saut d’obstacles lanceront la compétition nationale.

Le vendredi, le programme proposé sous le toit du Brabanthallen sera bien chargé, avec sept épreuves sur les deux pistes. La deuxième piste verra tout d’abord se dérouler le KNHS Para Dressuur Trophy, dans lequel les cavaliers de para-dressage devront effectuer une reprise libre en musique. L’épreuve phare de la journée, le VDL Groep Prize, aura lieu plus tard sur la piste principale et rassemblera les meilleurs cavaliers de saut d’obstacles au monde. Au-delà des épreuves de dressage et de saut d’obstacles, le public pourra également découvrir dans le centre des congrès de nombreuses boutiques, bars et restaurants de qualité.

Samedi aura lieu la deuxième partie de la FEI Dressage World Cup™, dont la reprise libre en musique en début d’après-midi. Cette épreuve représente l’une des dernières chances pour les cavaliers de gagner les points nécessaires pour se qualifier pour la finale de la FEI Dressage World Cup™ qui aura lieu à Ocala en Floride début avril. Samedi soir marque le retour du très populaire Van Schijndel Indoor Derby, ainsi que l’épreuve phare de saut d’obstacles de la journée, l’Audi Prize. Sur la deuxième piste, plusieurs épreuves nationales de saut d’obstacles et de dressage auront lieu toute la journée.

Enfin, dimanche, tous les regards se tourneront vers le prestigieux Rolex Grand Prix. Quarante couples cavalier-cheval parmi les meilleurs au monde s’attaqueront au magnifique parcours de Louis Konickx dans l’espoir de devenir le nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping. La concurrence sera féroce : de nombreux vainqueurs de Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping sont inscrits, dont Daniel Deusser, vainqueur l’année passée et Témoignage Rolex, et McLain Ward, actuel Prétendant au Grand Slam.

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

McLain Ward remporte le Rolex Grand Prix au CHI de Genève et deviens le nouveau prétendant au Rolex Grand Slam

 

Avant que soit lancé le Rolex Grand Prix, épreuve-phare de la 61e édition du CHI de Genève, 8 000 fans ont pris le temps de faire leurs adieux à Clooney 51, la légendaire monture de Martin Fuchs, qui a dit au revoir à la compétition en août 2021. Ayant décroché ce Major du Rolex Grand Slam en 2019 sur le hongre gris aujourd’hui âgé de 16 ans, Martin Fuchs, très ému, a fait défiler Clooney à tous les coins de la piste du Geneva Arena, sous les tonitruantes acclamations du public, avant de finir par un court discours écrit en hommage à son fidèle compagnon.

Il a ensuite été l’heure de monter le décor du Rolex Grand Prix, qui rassemblait cette année 40 couples cheval-cavalier représentant 16 pays et comprenait 16 des 20 meilleurs cavaliers du classement mondial, tous prétendant à l’un des prix les plus convoités au monde, qui pourrait les rapprocher un peu du Rolex Grand Slam. Gérard Lachat et Louis Konickx, les chefs de piste, ont dessiné une première manche technique de 14 obstacles, suivi d’un barrage de neuf efforts réservé à ceux capables de produire un premier parcours sans faute.

Le Britannique Ben Maher (Dallas Vegas Batilly) enregistre le premier sans faute dans l’épreuve à 1,60 m, bientôt suivi de l’Allemand Daniel Deusser sur Scuderia 1918 Tobago Z. À la moitié de la première manche, sept autres cavaliers avaient réussi la même chose : Gilles Thomas (Calleryama), les Français Kevin Staut (Scuderia 1918 Viking d'la Rousserie) et Simon Delestre (Cayman Jolly Jumper), les Allemands André Thieme (DSP Chakaria) et Christian Ahlmann (Dominator 2000 Z), le Danois Andreas Schou (Darc de Lux) et l’Irlandais Shane Sweetnam (James Kann Cruz). La deuxième partie voit ensuite quatre autres cavaliers se qualifier pour le barrage, l’oxer Liverpool (6a) éliminant le plus grand nombre de concurrents. Treize couples ont donc fini par accéder à la phase fine, dont Martin Fuchs (Leone Jei) et Elian Baumann (Little Lumpi E), au plus grand plaisir du public suisse, ainsi que McLain Ward (HH Azur) des États-Unis et Daniel Bluman d’Israël (Ladriano Z).

Le Prétendant au Rolex Grand Slam, Daniel Deusser, donne tout de suite le ton et met les autres concurrents sous pression avec un deuxième sans-faute et un chrono de 42,58 secondes. Mais Deusser ne signera pas sa deuxième victoire consécutive à un Major, après le passage de Simon Delestre, 0,12 secondes plus rapide, lui-même vite éclipsé par Gilles Thomas, le jeune talent belge, qui le bat de 1,58 secondes (40,88 secondes). Après le passage de Christian Ahlmann et du témoignage Rolex Kevin Staut, qui laissent tous deux des barres au sol, Shane Sweetnam, gagnant du Credit Suisse Challenge samedi, signe un sans-faute survolté et détrône Gilles Thomas en 40,48 secondes, un chrono apparemment imbattable. Mais la foule se déchaîne lorsque le prochain cavalier en lice, Martin Fuchs, signe un chrono en-dessous de 40 secondes (39.77 seconds). Daniel Bluman, avant-dernier à partir, fait tomber une barre et l’avenir de Fuchs repose alors entièrement entre les mains de McLain Ward des États-Unis et sa jument baie de 16 ans, HH Azur. Bien connus pour leur rapidité et leur précision, le cavalier et sa monture signent un parcours tout en fluidité, qui prennent de l'avance sur Fuchs dans les deux premières sections, pour passer le dernier obstacle avec une seconde d’avance sur le Suisse, les propulsant ainsi dans l’histoire du Rolex Grand Slam. Ward devient du même coup le nouveau Prétendant au titre. 

Après sa première victoire dans un Major du Rolex Grand Slam of Show Jumping, McLain Ward explique ce que celle-ci représente à ses yeux : « Gagner le Rolex Grand Prix de Genève fait partie des plus beaux moments de ma carrière, avec ma Médaille olympique ou le Grand Prix de Calgary. »

Et qu’est-ce qui fait du CHI de Genève une compétition aussi spéciale ? Pour McLain Ward, ce sont « les personnes impliquées ! Le cadre et l’atmosphère sont spectaculaires, et les organisateurs et les sponsors nous offrent un événement tellement spécial que les cavaliers ne peuvent que vouloir se surpasser. »

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

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Alexandra Amar

 

Pourquoi le CHI de Genève est-il aussi spécial ?

Pour commencer, c’est déjà très spécial de se produire devant le public de son pays. Pour ma part, c’est ma troisième sélection au CHI de Genève, ce qui me fait chaud au cœur. Michel Sorg, le sélectionneur [de l’équipe suisse] croit en moi et m’offre toujours une chance de lui donner raison. Et puis le CHI de Genève est le plus beau concours en intérieur du monde. C’est toujours merveilleux d’avoir l’occasion d’y participer.

En quoi vos compatriotes, Martin Fuchs et Steve Guerdat, sont-ils source d’inspiration ?

Quand j’étais petite, je faisais à chaque fois la queue pour leur demander leur autographe. Concourir à leurs côtés était mon rêve. Et après des années de labeur, je suis là, sous le même toit. Mon rêve est presque devenu réalité ! Cette année, je pense qu’il faut aussi mentionner Edouard [Schmitz], qui évolue en 5*. Il a fait une année formidable et a fait l’admiration des foules. Il est donc lui aussi une grande source d’inspiration.

Quels chevaux montez-vous cette semaine ?

J’ai été un peu déçue cette semaine, car j’ai amené avec moi un cheval encore très inexpérimenté à ce niveau, pour lui donner sa chance. Après réflexion, il était peut-être un peu trop vert. Il s’agit de Lyon Van De Plataan, un cheval de 10 ans super rapide, à l’esprit combatif, en particulier à ce niveau. Mais la piste comprenait plein de choses qui font peur à un cheval encore novice. C’était peut-être un peu trop tôt pour lui, mais c’est un cheval à surveiller à l’avenir.

Parmi vos jeunes chevaux, lesquels vous semblent les plus prometteurs ?

Facile : en ce moment, j’ai une jument de sept ans, Fedora Val Henry, que monte mon entraîneur, Constant Van Paesschen. Elle est formidable. À mon avis, on la verra évoluer l’an prochain dans les épreuves de classement. Je reprends les rênes cet hiver, j’ai très hâte. Je l’adore. C’est moi qui l’ai élevée, j’ai grandi avec elle. Dans deux ans, on la verra dans les plus grands concours au monde. Elle est incroyable.

Quels sont vos projets et ambitions pour 2023 ?

J’ai été une fois de plus sélectionnée pour l’équipe suisse, j’aimerais donc solidifier ma place et participer à quelques concours de la Coupe des nations, puis progresser vers le niveau supérieur, un objectif pour lequel je travaille dur actuellement. Je pourrai peut-être participer à mon premier 5* à Saint Gall, ou être sélectionnée pour un très gros événement, ce qui serait le rêve l’an prochain.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

J’ai vécu beaucoup de beaux moments. L’an dernier par exemple, quand j’ai été couronnée Championne nationale de Suisse avec Vincy [Du Gué]  : un moment très spécial, pour lequel je m’étais beaucoup entraînée. Le sans-faute était la cerise sur le gâteau ! Je suis très fière de la manière dont j’ai géré mes championnats et du comportement de mon cheval, qui s’est battu pour moi. C’était sûrement le plus beau moment de ma carrière.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

Mon père, sans hésitation. Constant Van Paesschen, mon entraîneur, a été super : il m’a fait découvrir le monde de la compétition et m’a accompagnée dans les bons comme les mauvais moments. Mais mon père m’a donné beaucoup de conseils importants dans ma carrière sportive, mais aussi des leçons de vie applicables à la fois dans la vie et dans le monde du saut d’obstacles. Il m’a appris à me battre, à ne pas abandonner, à tracer mon propre chemin dans la vie, à ne pas hésiter. Ce sont les meilleurs conseils que l’on peut recevoir.

Quel conseil donneriez-vous à une personne envisageant une carrière dans le saut d’obstacles ?

Il faut croire en ses rêves. J’ai commencé dans les gradins, à attendre que les cavaliers me donnent un autographe, avec des étoiles dans les yeux. Il ne faut pas croire que c’est facile, c’est un choix de vie dur, où il faut savoir s’accrocher et oser.

À votre avis, le Rolex Grand Slam a-t-il eu un impact positif sur le saut d’obstacles de compétition ?

Oui. Rolex a toujours été un merveilleux sponsor qui aide beaucoup notre sport. C’est grâce à Rolex si le circuit du Rolex Grand Slam est devenu légendaire. Scott Brash a apporté sa pierre à l’édifice en remportant le Rolex Grand Slam, ce que je pensais impossible. Pour moi, le concept est intemporel : rassembler quatre des plus grands concours au monde, que chaque cavalier rêve de remporter, est une idée de génie. Le Grand Slam of Show Jumping sera toujours un circuit très spécial dans les cœurs de tous les cavaliers de saut d’obstacles.

Quels sont vos intérêts, en dehors du saut d’obstacles ?

Je suis étudiante en droit, je m’intéresse donc à ce sujet. C’est même devenu une passion, une condition sine qua non pour tout étudiant en droit qui souhaite réussir. Je joue au tennis, ce qui m’aide à me détendre entre deux séances d’équitation, en particulier quand l’entraînement se fait trop intense. Tout le monde devrait avoir une occupation qui leur permet de s’échapper et de respirer. Tous mes centres d’intérêt ont tendance à être liés au sport et à mes études.

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Le Vet-Check avec:

Dr. Marco Hermann

 

Quel est votre rôle au CHI de Genève ?

Je suis le vétérinaire délégué de la FEI au CHI de Genève. Je dois observer le règlement vétérinaire établi par la FEI et veiller à ce qu’il soit appliqué correctement. Cela commence avec l’organisation de l’équipe vétérinaire et l’examen des chevaux à leur arrivée, pour m’assurer qu’ils sont en bonne santé, qu’ils ne présentent aucun signe du virus EHV et qu’ils sont aptes à la compétition. Une autre tâche importante est d’effectuer les tests de dopage et de traiter sur place tous les chevaux qui sont malades ou qui boitent.

Avez-vous déjà travaillé sur d’autres événements équestres internationaux ?

J’ai eu la chance de pouvoir travailler sur plusieurs événements internationaux de la FEI. J’ai été le vétérinaire délégué au CSI de Zurich pendant 30 ans, et au CSIO de Saint-Gall pendant près de 40 ans. J’ai aussi été responsable de l’équipe vétérinaire du CHI de Bâle et des championnats du monde de la FEI.

C’est la deuxième année où je suis le vétérinaire délégué au CHI de Genève. Autrefois, on pouvait travailler pour un événement en continu, mais aujourd’hui, l’équipe vétérinaire doit changer tous les trois ans, l’année prochaine sera donc pour moi la dernière au CHI de Genève. C’est pourquoi j’ai pu travailler pour ces autres événements aussi longtemps.

Quelle est l’importance de la nutrition pour le bien-être du cheval ?

Le bien-être du cheval est très important, à mon avis, il est aussi important que pour des athlètes. Mais il ne fait pas l’objet d’autant de recherches que pour les athlètes de haut niveau. Le système digestif du cheval nécessite beaucoup de fibres, mais aujourd’hui, on tend à traiter la nutrition du cheval comme s’il s’agissait d’un sportif humain. On donne maintenant aux chevaux des aliments avec de nombreux ingrédients à forte concentration et les chevaux ne peuvent pas assimiler ces types d’aliments car leur système digestif est le même qu’il y a cent ans, ou même mille ans. À mon avis, l’ancienne façon de nourrir les chevaux est la meilleure et les compléments qui sont vendus aujourd’hui ne sont pas adaptés à la physiologie du cheval.

Comment avez-vous décidé de devenir vétérinaire équin ? Avez-vous été inspiré par quelqu’un en particulier ?

C’était un choix facile pour moi, déjà quand j’allais à l’école, j’ai toujours voulu devenir un vétérinaire équin. Je ne pense pas avoir été inspiré par quelqu’un, mais j’ai toujours su que c’était ce que je voulais faire. Je n’ai même pas grandi dans une famille liée au cheval, ma famille était plutôt passionnée de voitures.

Qu’est-ce qui vous a apporté le plus de fierté au cours de votre carrière ?

Quand vous vieillissez, vous réalisez que vous avez fait beaucoup de choses. Je crois que ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir une bonne réputation en Suisse et d’être un membre respecté de la communauté vétérinaire, réputé pour ses connaissances. J’ai fait beaucoup de chirurgie de colique quand j’étais praticien, et j’ai pu ouvrir une clinique privée que j’ai vendue il y a cinq ans. Elle a encore une excellente réputation et c’est ce dont je suis le plus fier.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le métier de vétérinaire équin ?

Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c’est de pouvoir travailler avec les chevaux, qui sont l’amour de ma vie. Pouvoir passer autant de temps avec eux est un privilège, même si parfois j’aimerais ne pas avoir à traiter avec leurs propriétaires, mais ça n’est pas possible ! J’adore pouvoir soigner les chevaux et trouver comment les aider afin qu’ils ne soient plus malades ou boiteux.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait devenir vétérinaire équin ?

Je pense qu’aujourd’hui, la jeune génération montre plus d’intérêt pour l’aspect « vie privée » de l’équilibre entre « travail et vie privée », mais pour être vétérinaire équin, il faut un engagement total. Vous devez vous consacrer complètement à cette carrière, et ce sera plus « travail » que « vie privée ». Une autre qualité essentielle que je crois nécessaire est la patience, c’est une des choses les plus importantes pour travailler avec des chevaux.

À quoi ressemble une journée de votre quotidien ?

C’est difficile à dire aujourd’hui car je suis à la retraite, je peux donc profiter un peu plus de mon temps. Je n’ai plus besoin de conduire toute la journée pour aller chez des clients comme je l’ai fait de nombreuses années, parfois de 6 h du matin à 10 h du soir. Autrefois j’aidais aussi les étudiants à la clinique. De nos jours, les cliniques vétérinaires sont ouvertes 7 jours par semaine, 24 heures sur 24, ce qui implique que j’opérais parfois toute la nuit.

J’ai encore quelques clients comme Steve Guerdat et Martin Fuchs qui sont parmi les meilleurs cavaliers de saut d’obstacles au monde. Je travaille en privé depuis ma voiture, et je n’ai plus besoin de clinique ou d’employés.

Parlez-nous un peu de votre équipe au CHI de Genève.

Au CHI de Genève, il y a quatre vétérinaires en permanence, y compris le président de la commission vétérinaire, un membre associé et les vétérinaires traitants. Cela dépend des événements mais, en général, plus il y a de chevaux, plus vous devez avoir de vétérinaires sur place. Par exemple, au CSIO de Saint-Gall, nous avons cinq ou six vétérinaires sur place en permanence.

Après avoir pris votre retraite, quel héritage pensez-vous avoir laissé au sport équestre ?

Maintenant que j’ai pris ma retraite, je passe beaucoup de temps à faire des discours et des séminaires, surtout pour les amateurs et les gens qui ne concourent pas à un haut niveau. Souvent, ils ont un travail à plein temps en plus d’avoir un cheval, et je crois que parfois ils ne comprennent pas la complexité des chevaux car ils ne passent pas tout leur temps à s’en occuper. J’essaie de leur inculquer ce dont les chevaux ont besoin pour être à leur meilleur niveau, comment les nourrir correctement et comment être un meilleur cavalier.

Le bien-être du cheval est à la base de ce que représente le Rolex Grand Slam of Show Jumping ; comment veillez-vous au respect de ce principe et à un progrès constant des normes vétérinaires ?

Pour moi, la communication est essentielle, et nous devons inclure toutes les parties prenantes du secteur dans la conversation, y compris les cavaliers, les grooms, les propriétaires et les officiels. Nous devons tenir compte de tous les aspects du sport, mais le plus important, ce que nous ne devons pas oublier, c’est que le cheval doit toujours être au centre de ces conversations.

Cela peut parfois être difficile car il y a beaucoup d’argent en jeu et chacun a ses propres objectifs et ses ambitions dans ce sport. Cependant, il est extrêmement important de reconnaître que les chevaux sont des êtres vivants et qu’ils ne sont pas des machines, on ne peut pas juste les démarrer et les arrêter comme on le ferait avec une voiture.

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Henrik von Eckermann et King Edward remportent la finale du Top 10 Rolex IJRC

 

Dix des meilleurs cavaliers de saut d’obstacles au monde et leurs montures se sont produits aujourd’hui devant une salle comble à Palexpo, dans le but de décrocher le titre de champion de la Finale du Top 10 Rolex IJRC 2022. Seuls les meilleurs cavaliers au monde selon le classement de la FEI, publié en novembre, peuvent se qualifier pour cette épreuve de renom. Venus cette année de France, de Suède, de Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de Suisse, des États-Unis et du Brésil, les participants étaient donc sûrs d’offrir un spectacle inégalé.

À la première manche, seuls quatre cavaliers ont réussi à boucler le parcours dessiné par Gérard Lachat sans encourir de pénalité : Marlon Modolo Zanotelli, gagnant jeudi soir du Trophée de Genève, Henrik von Eckermann, actuel numéro un mondial, et Simon Delestre et McLain Ward, tous deux très en forme actuellement. Le Français décroche pour finir le meilleur chrono sans faute avec un parcours bouclé en 65,90 secondes. Certains, comme le suédois Peder Fredricson avec une simple pénalité de temps ou le néerlandais Harrie Smolders avec un seul obstacle au sol, gardent bon espoir de remporter l’épreuve à la seconde manche. D’autres, comme Ben Maher sur Exit Remo qui finira avec 31 points de pénalité, tenteront d’oublier leur passage au plus vite.

Pour beaucoup, tout restait donc à jouer à la deuxième manche. Premier au départ, Ben Maher se console un peu avec un sans-faute sur son hongre bai. Le chouchou du public, Martin Fuchs, sera dans l’incapacité de faire pression après avoir encouru 12 points de pénalité sur Connor Jei, tandis que Julien Epaillard et McLain Ward font tomber un obstacle chacun. Avec un sans-faute uniquement amoindri d’une pénalité de temps, le Suédois Peder Fredricson donne vite le ton. Mais son compatriote, l’inimitable Henrik von Eckermann, fait encore mieux avec un premier double sans-faute aux rênes du spectaculaire King Edward. Marlon Modolo Zanotelli et Simon Delestre, les deux derniers à concourir, sont bien décidés à le surpasser. Mais ils n’en auront pas l’occasion, après que la jument du Brésilien hésite et fasse tomber le dernier obstacle, et un chrono pas suffisamment rapide pour le Français, qui signe pourtant un double sans-faute avec neuf dixième de seconde de retard seulement sur von Eckermann. Ce dernier se voit donc couronner, à son plus grand plaisir, champion de la 21e édition de cette épreuve mythique.

Placé second l’an passé, réalise là une aspiration de longue date. « C’était bien sûr là l’un de mes objectifs, déclare-t-il, après les Championnats du monde où j’ai laissé King Edward se reposer avant de reprendre doucement. Je vise la victoire à cette épreuve depuis de nombreuses années. Lorsque la Finale du Top 10 du Rolex IJRC s’est tenue à Stockholm, l’année où Daniel Deusser a gagné, j’ai effectué la reconnaissance du parcours avec Eleonora [Ottaviani], à qui j’ai dit que je voulais gagner cette épreuve un jour. Mon rêve s’est donc réalisé aujourd’hui. »

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Reconnaissance de Parcours:

Gérard Lachat

 

A votre avis, en quoi le CHI de Genève est-il un concours si particulier ?

Il est particulier par sa situation, les espaces sont grands et tout est situé au même endroit, on a tout sous le même toit. Pas besoin d’aller à l’extérieur, et les hôtels sont à proximité. Ensuite le concours est particulièrement apprecié des cavaliers, car les épreuves sont intéressantes et importante, faisant partie du Rolex Grand Slam. Tout ceci rend le concours très attractif pour les cavaliers.

Parlons le dimanche. Quel type de parcours avez-vous préparé ?

C’est un parcours assez long, un peu comme l'année passée avec quatorze obstacles avec deux double et un triple. Donc, en tout 18 efforts ; c’est un vrai parcours de Grand Prix. Nous l’avons conçu ainsi pour garder l’esprit du Grand Slam, étant donné que le CHIO d’Aix-la-Chapelle et le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ ont deux manches et un barrage, ce qui n’est pas le cas à Genève. On se permet de faire une manche un peu plus longue et technique, avec un beau barrage.

Combien de sans-faute attendez-vous ?

On essaie d’avoir toujours entre huit et dix sans fautes. Je pense que douze serait la limite, s’il y en a plus cela devient trop. Honnêtement, huit sans-faute me semble être le chiffre idéal, même si je me contenterai de six, voir dix s’ils sont en grande forme.

Selon vous, quel type de combinaison aura la meilleure chance de gagner le Rolex Grand Prix de dimanche ?

Alors certes, il y a des cavaliers qui ont une routine solide. Mais c’est presque tous les cavaliers qui participent à l‘évènement. Il faut aussi des chevaux qui ont des bonnes capacités et qui sont en forme. Ensuite, une grosse partie c’est la forme du cavalier le jour J. C'est un peu comme pour tout le monde, il y a des cavaliers qui sont dans un grand jour de forme et en conséquence tout fonctionne pour eux. On a vu cela, par exemple avec Julien Epaillard qui remporte un grand nombre d’épreuves en ce moment. J'ai discuté avec lui hier et puis il me dit « j’espère que ça dure encore ce week-end ». Il est tout à fait réaliste et il voit très bien la situation. À ce stade, on ne peut pas déjà dire quel sera l’état de forme dimanche. En ce moment, il est en top forme, et il a des chevaux qui sont très affutés, mais impossible de prédire le jour J si l’état de forme sera le même.

Souvent, les cavaliers en haut de classement restent dans une période de grande forme et enchainent une série de belles performances. Il y a eu Steve Guerdat qui est resté au sommet il y a quelque temps, puis Martin Fuchs et Henrik Von Eckermann sont montés en puissance et semble être là pour rester. Puis Julien Epaillard fait une année extraordinaire et il se retrouve à côtoyer les sommets Mondiaux. Il semble est bien positionné mais difficile à dire dans quelles conditions il arrivera dimanche au Rolex Grand Prix.

Quand et où s’est déroulé le premier parcours que vous avez conçu, en tant que chef de piste ?

Malheureusement, je ne me souviens pas bien du tout premier parcours, mais c’était un petit parcours.

C'était certainement une épreuve de 100cm à 110cm. Ce dont je me rappelle mieux, c’est le premier grand parcours que j’ai dessiné, où toute la pression était sur moi. C’était à Saint-Gall, et en raison d’une météo épouvantable, nous n’avions pas pu faire deux épreuves. Ensuite j’ai eu la chance de participer au CHI de Genève en tant que chef de piste et les premières éditions se sont très bien passées. 

Est-ce que vous avez des passions en dehors de l'équitation ou du monde équestre ? Qu'est-ce que vous faites quand vous êtes en congé ?

Je m’occupe principalement mon centre d'élevage, qui me prend beaucoup de temps On a des poulains à l'élevage, on monte beaucoup de jeunes chevaux qui exigent beaucoup d’attention et de patience. Je dois aussi m’occuper des jeunes chevaux. Quand j’ai du temps libre, j’en profite pour me reposer.

Est ce qu'il y a un parcours qui vous a marqué plus que d'autres ? Est ce qu'il y a un événement sur lequel il y a eu un parcours très particulier qui vous a vraiment plu ?

Il y a toujours des parcours que l’on a appreciés plus que d’autres. Je porte énormément d’affection pour mon parcours du Rolex Grand Prix de l’an dernier, probablement un de mes meilleurs.

Pour ce qui est des autres chefs de piste,il y en a plusieurs qui m’ont marqué. Je n’ai pas un parcours préféré mais j’ai beaucoup apprécié le parcours des Championnats du Monde d’Herning, j’y suis allé avec Louis Konickx, et j’étais son assistant. 

Dans les autres parcours que j’ai apprécié récemment, il y a le parcours des Jeux Olympiques de Tokyo. Un parcours très professionnel, avec une difficulté élevée et des lignes délicates. J’ai eu la chance de recevoir les plans et c’était très technique, très intéressant à regarder. J’ai trouvé cela superbe.

Est ce qu'il y a un chef de piste qui vous a inspiré plus que plus que d'autres ?

Il n’y en a pas un en particulier, mais les personnes avec qui j’ai commencé ma carrière resterons ceux qui m’ont inspiré le plus. Il y a eu Rolf Lüdi, puis Aeschlimann et von Siebenthal. Puis j’ai eu la chance de travailler avec Louis Konickx, que j’adore car on est sur la même ligne d’onde au niveau professionnel. On se soutient vraiment, on vérifie les lignes de l’autre. On a une manière très décontractée de travailler ensemble, le but est toujours de faire des critiques constructives pour améliorer le prochain parcours. J’ai aussi travaillé avec Uliano Vezzani que j’apprécie beaucoup, c’est intéressant car il a un style très différent de Louis. J’ai eu la chance de cotoyer aussi Frank Rothenberger, un grand nom dans la discipline. Toutes ces expériences ont été très intéressantes.

 

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Le mot de l'organisateur

Alban Poudret

 

En quoi consiste votre rôle de directeur sportif au CHI de Genève ?

J’occupe la fonction de directeur sportif depuis 30 ans. Avant cela, je faisais partie de l’équipe des commentateurs et je faisais des choses et d’autres pendant le concours. Dans mes fonctions actuelles, je suis à la fois responsable du côté sportif et de l’aspect divertissement mise en scène, attractions, etc.. J’ai la chance de travailler au sein d’une équipe formidable : Sophie [Mottu Morel], Michel [Sorg] et moi formons un trio de choc, qui discute toutes ses idées en concertation. Je soumets des idées et des propositions, et si nous en sommes tous contents, je les présente au comité.

Ce dernier est composé de 25 personnes, et comprend un sous-comité de 10 personnes ciblant les questions directement liées au côté équestre. Les 15 personnes restantes, qui s’occupent des autres questions, sont des architectes ou des spécialistes des questions financières, de sécurité etc, qui garantissent le bon déroulement de l’événement.

Le sous-comité se réunit régulièrement pour partager ses avis et réflexions sur les différents concepts avancés. Ce processus démocratique fait que toutes les idées sont validées par la majorité avant leur mise en place.

Pendant le concours lui-même, d’autres personnes nous apportent leur aide, comme Philippe Guerdat, le père de Steve. Philippe a raccroché ses étriers en 1996, et m’aide dans les coulisses du CHI de Genève depuis cette date. Il parle aux cavaliers de la piste, de leurs souhaits éventuels et des améliorations possibles que nous pourrions apporter. Énormément de gens nous aident à faire de ce concours ce qu’il est aujourd’hui.

Nous savons que vous aimez les statistiques. Quelles sont vos préférées des 30 dernières années ?

C’est vrai, j’aime les données et les statistiques. Je passe beaucoup de temps à les compiler, en particulier les données historiques couvrant plusieurs générations de cavaliers. Pour mon magazine [Le Cavalier Romand], j’ai compilé les médaillés des différents championnats depuis 1912, ainsi que les gagnants de tous les principaux Grands Prix du siècle écoulé. Ludger Beerbaum en a remporté le plus grand nombre, suivi de John Whitaker, Rodrigo Pessoa, Steve Guerdat et Hans-Günter Winkler. C’est très intéressant de mettre en lumière les différences entre les générations.

Au CHI de Genève, nous n’avions pas de liste des champions pour les plus grandes épreuves. J’ai donc créé un palmarès des différents gagnants. Steve Guerdat a remporté 12 grandes épreuves au CHI de Genève, dont trois Rolex Grands Prix et deux Finales du Top 10 Rolex IJRC. Rodrigo Pessoa, lui, a gagné 10 de ces grandes épreuves, et Kent Farrington neuf.

Cette année, nous avons invité Francisco (« Paco ») Goyoaga Mollet, un cavalier espagnol issu de la catégorie de moins de 25 ans, à participer au CHI de Genève. Il est venu me parler au CHIO d’Aix-la-Chapelle, et m’a dit que son grand-père avait remporté le Grand Prix du CHI de Genève à deux reprises. Il avait de plus gagné le Trophée de Genève et la Coupe des Nations ici-même. Jusqu’en 1983, la Coupe des Nations pouvait se tenir en intérieur, mais depuis elle doit avoir lieu en extérieur en Europe.

Comment selon vous le saut d’obstacles s’est développé, en termes de qualité, depuis que vous travaillez au CHI de Genève ?

Nous avons assisté à un changement extraordinaire. Il y a trente ans de cela, huit ou dix cavaliers pouvaient raisonnablement gagner le Grand Prix du dimanche. Aujourd’hui, 30 des 40 couples en lice ont une chance. Les meilleurs cavaliers ne sont même pas sûrs de se qualifier pour le Rolex Grand Prix. La compétition est incroyablement serrée de nos jours. Je me demande si cette évolution se poursuivra indéfiniment. Les chevaux présentés sont d’une qualité exceptionnelle. Cela signifie qu’il vous faut un cheval presque parfait pour avoir une chance de gagner.  La technique des cavaliers a aussi beaucoup progressé, les équipes autour des cavaliers sont plus importantes, et dans l’ensemble tout est plus professionnel. Je me demande parfois comment nous allons évoluer. Pour finir, je crois que la situation actuelle est convenable, grâce notamment à l’intelligence des chefs de piste qui comprennent qu’ils doivent tester toujours plus les cavaliers et leurs montures, mais seulement de manière lente et graduelle.

En tant qu’organisateurs, nous nous devons également de faire évoluer notre sport, par exemple en laissant la porte ouverte aux jeunes talents pour qu’ils puissent grandir et concourir. Nous sommes heureux d’avoir invité Victor Bettendorf du Luxembourg, qui a remporté de nombreux Grands Prix 4* mais n’avait pas encore eu l’opportunité de concourir en 5*. Jeudi, il s’est placé deuxième au Trophée de Genève !

Nous recevons beaucoup de demandes de la part de cavaliers prêts à payer pour participer au CHI de Genève, mais nous sommes résolus à toujours refuser, afin de rester fidèles à nos valeurs et notre philosophie, qui visent à ce que les couples les plus doués puissent concourir ici, et non pas seulement ceux qui peuvent se le permettre financièrement. En tant qu’organisateurs, nous sommes responsables de protéger l’évolution du saut d’obstacles.

Pour vous, quel a été le moment le plus marquant de l’histoire du CHI de Genève ?

Il y a eu tant de points forts ! La première victoire de Steve [Guerdat] dans le Grand Prix de 2006 était très spéciale. Il a gagné sur Jalisca Solier, qu’il ne connaissait que depuis septembre 2006 et qu’il n’avait jamais montée dans un Grand Prix 5* auparavant. Le jour où il a reçu cette jument, il m’a appelé pour me dire qu’il la pensait capable de remporter le Grand Prix au CHI de Genève et de l’accompagner au Jeux olympiques de Pékin 2008 (Hong Kong). Et il avait raison sur les deux plans ! Depuis cette date, Steve a remporté le Rolex Grand Prix du CHI de Genève à deux autre reprises et la Finale du Top 10 Rolex IJRC deux fois également, mais c’est sa première victoire qui m’a le plus marqué.

Un autre temps fort a été la victoire de Martin Fuchs au Rolex Grand Prix l’an passé, alors qu’il était déjà le champion sortant. Cette année, j’ai terriblement hâte d’assister dimanche à la cérémonie d’adieu de l’incroyable Clooney [51].

Autre fait marquant, nous accueillons une épreuve de cross en intérieur, que le Suisse Robin Godel a brillement remportée en 2021. Ce cavalier avait eu la malchance cette année-là de perdre son cheval durant l’épreuve de cross des jeux Olympiques de Tokyo. Nous étions donc heureux qu’il finisse l’année sur une victoire et qu’il puisse aborder 2022 dans un meilleur état d’esprit.

Nous fêterons l’an prochain les 10 ans du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Quel en est votre meilleur souvenir ?

Deux me viennent en tête. Tout d’abord, la victoire de Nick Skelton et Big Star au Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle. C’est l’un de ces couples cheval-cavalier de légende. Leur victoire au premier Rolex Grand Prix, dans le cadre du Rolex Grand Slam of Show Jumping au CHIO d’Aix-la-Chapelle a été un événement mémorable. Ensuite, la victoire phénoménale de Scott Brash et Hello Sanctos à trois Majeurs d’affilée, d’autant plus que nous pensions devoir attendre 20 ou 30 ans au moins pour voir quelqu’un accomplir un pareil exploit. Avec ce triplé, ce triomphe, Scott nous a démontré que notre concept était lui aussi une réussite !

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Marlon Modolo Zanotelli et Edgar VDM remportent le Trophée de Genève

 

En cette deuxième journée du CHI de Genève, 50 cavaliers issus de 15 pays différents se sont disputé l’épreuve phare du vendredi, le Trophée de Genève, sous le toit de l’emblématique Palexpo. À l’affiche, pas moins de 17 des 20 meilleurs cavaliers de la discipline, dont le Suédois Henrik von Eckermann, numéro un mondial, son compatriote Peder Fredricson, ainsi que Daniel Deusser, Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping, Martin Fuchs, chouchou de la foule genevoise, et Max Kühner, ancien gagnant de Majeur. Ceux-ci espérant bien évidemment accomplir une performance spectaculaire lors de cette épreuve à 1,60 m de 13 obstacles qui leur permettrait de se qualifier pour le Rolex Grand Prix de dimanche.

Au milieu d’un premier parcours dessiné par Gérard Lachat, dénué d’obstacles particulièrement difficiles, 12 des 25 cavaliers au départ s’étaient déjà qualifiés avec un sans-faute pour le barrage. Parmi ceux-ci, le champion olympique individuel Ben Maher, l’Américain McLain Ward, très en forme en ce moment, et le gagnant de la Coupe de Genève l’an passé, Harry Charles, sur sa monture Borsato. Après l’intervalle, la foule a pu assister à six autres sans-faute et admirer le talent et la virtuosité de plusieurs autres cavaliers, dont Gilles Thomas, plein de promesse du haut de ses 24 ans, et membre clé de l’équipe belge ayant remporté la Coupe des nations 2022. Le Britannique Joseph Stockdale, qui à 23 ans participait à son premier CHI de Genève, n’aura pas la même chance : après un parcours ultra fluide, il encoure une malheureuse faute de temps.

L’heure du barrage ayant sonné, il est vite devenu évident que le parcours raccourci allait mettre davantage de bâtons dans les roues des participants que la première version. Les Britanniques Maher et Charles, les suédois von Eckermann et Fredricson, et Kraut et Ward des États-Unis marquent tous des points de pénalité. Martin Fuchs, dernier gagnant en date du Rolex Grand Prix, et Shane Sweetnam renversent la tendance avec deux sans-faute. Mais c’est l’Irlandais qui éclipse le champion suisse avec un chrono 12,06 secondes plus court, a priori intouchable. Mais Victor Bettendorf, seul luxembourgeois en lice, ne tarde pas à recaler Sweetnam en seconde position avec 0,28 secondes d’avance. Avec une poignée de cavaliers encore en lice, la partie semblait jouée. Mais le Brésilien Marlon Modolo Zanotelli n’avait pas dit son dernier mot, et en a mis plein les yeux au public en bouclant le barrage de sept obstacles avec plus d’une seconde d’avance sur Bettendorf, pour s’adjuger la victoire sur son cheval à l’extraordinaire talent, VDL Edgar M.

Ravi par la performance de son hongre alezan de 13 ans sur les deux parcours, Modolo Zanotelli nous a offert le commentaire suivant : « Il a été super. Il a déjà fait une saison incroyable, et il finit par une victoire au dernier concours de l’année. Remporter une épreuve aussi tôt dans la compétition est très spécial.

J’ai eu la chance de partir vers la fin, ce qui m’a permis de regarder concourir les autres cavaliers pour décider comment procéder. Comme je connais très très bien mon cheval et ses qualités, j’ai pu prendre des risques en début de parcours, et par bonheur cela m’a suffi pour gagner. »

Interrogé s’il comptait monter Edgar en vue du Rolex Grand Prix de dimanche, Modolo Zanotelli nous a affirmé que « c’est prévu, mais comme je monte Like A Diamond dans la finale du Top 10 de l’IJRC Rolex demain, je prendrai une décision en fonction de ses performances. »

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Confidences de groom:

Louise Persson

 

Parlez-nous un peu de votre trajet jusqu’au CHI de Genève...

Je suis venue en avion de Miami jusqu’en Belgique il y a cinq jours avec Coronado et Igor Van De Wittemoere, les montures de Nayel Nassar. Nous y sommes restés jusqu’à mardi soir, puis nous sommes arrivés à Genève hier matin. Ils sont tous deux en pleine forme physique et mentale. Ils ont bien mangé et bu pendant le voyage, tout s’est bien passé. En plus d’avoir du talent, ils ont les deux un très bon caractère. Coronado et Igor ont voyagé dans un camion deux places. Il existe des camions dits « triples » qui peuvent accueillir trois chevaux, mais les places sont plus serrées. Pour être sûrs qu’ils bénéficient du plus grand confort possible pendant le transport, nous les faisons toujours voyager dans un camion deux places.

L’avion qui nous transportait était rempli de fleurs, dont beaucoup de tulipes, à destination d’Amsterdam. L’air était délicieusement parfumé ! Il faisait un peu froid pour moi, mais c’est mieux pour les chevaux d’être au frais pendant le transport, et pareil pour les fleurs. L’avion transportait également un moteur de bateau. En plus des chevaux, les avions-cargo transportent toutes sortes de choses : des voitures, des machines à laver, bref n’importe quoi. Les grooms sont assis derrière le cockpit, et ont accès aux chevaux derrière eux. Ils vont les voir toutes les deux heures, ou toutes les heures si c’est nécessaire.

J’imagine qu’il est très important de vérifier s’ils sont bien hydratés et s’ils s’alimentent bien pendant le vol ?

Absolument. Certains chevaux ne boivent pas assez dans l’avion. On essaie alors de leur donner un mash, parfois agrémenté de jus de pomme, pour tenter de les hydrater. Le foin qu’on leur donne dans l’avion comprend beaucoup d’électrolytes qui les aident à rester hydratés. Il faut aussi s’assurer que les chevaux sont prêts et ont bien mangé et bu avant le vol.

Est-ce que vous conduisez beaucoup, et comment combattez-vous l’ennui durant les longs trajets ?

Je conduis moins qu’avant heureusement, car nous utilisons désormais une société de transport qui fournit des conducteurs. J’aime bien écouter de la musique, et maintenant qu’on voyage entre amis, il y a une bonne ambiance. Et puis les longs trajets sont l’occasion idéale de réfléchir.

Que faites-vous lorsque vous accompagnez un cheval sensible au transport ?

Il faut déjà bien connaître son cheval pour s’apercevoir rapidement s’il n’est pas comme à son habitude ou qu’il est stressé, afin de pouvoir l’aider immédiatement. Les petits détails comptent, comme de savoir si un cheval préfère être au frais ou non pendant le transport.

Comment s’est passée la phase de préparation au CHI de Genève pour Coronado et Igor ?

Ils ont d’abord concouru chez nous aux États-Unis. Il y a quelques semaines de cela, ils ont participé à de grosses épreuves en Amérique et au Canada, puis ils ont levé le pied un moment avant ce Majeur. Ils reconnaissent un gros concours comme le CHI de Genève par l’atmosphère qui y règne, et sont aussi sujets aux poussées d’adrénaline !

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (The Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows ‘Masters’ et maintenant le CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions ?

J’adore assister à ces concours, ils font partie des meilleurs au monde ! Tout est au top : les installations, les performances, les écuries... Tout est fait pour que les chevaux, les cavaliers et les grooms n’aient besoin de rien.

Se rendre à l’un des Majeurs du Rolex Grand Slam, c’est plus de stress ?

Les facteurs de stress dans le saut d’obstacles sont nombreux, mais la tension est à son comble lors des Majeurs, en particulier entre le Top 10 IJRC Rolex et le Rolex Grand Prix, deux épreuves prestigieuses et très bien dotées. Le dimanche venu, tout le monde veut remporter le Rolex Grand Prix, et avec les concurrents de talent inscrits cette année, il va être difficile de prédire le gagnant.

Vous montez beaucoup à cheval ?

Non, plus beaucoup. Je crois que je préfère m’occuper des chevaux et leur donner des friandises !

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans votre travail ?

J’adore passer du temps avec les chevaux. Je suis toujours très fière lorsque nos chevaux font un bon résultat, car c’est le fruit d’un labeur commun. J’aime aussi les liens qui se créent lors des compétitions. Le moins amusant ? Faire les écuries !

Les grooms forment-ils une vraie communauté où ils se soutiennent mutuellement ?

Oui, nous formons une communauté soudée. Nous nous aidons les uns les autres, et c’est important, car c’est un métier parfois difficile. Et nous bénéficions désormais de l’aide d’associations spécialement créées dans ce but. C’est agréable de voir notre métier ainsi reconnu.

De quelles qualités doit faire preuve un groom de haut niveau ?

Il faut travailler dur, être passionné par son travail, et vouloir gagner !

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

On apprend souvent en imitant, et on absorbe beaucoup de connaissances en ouvrant bien les yeux et les oreilles. 

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Le mot des organisateurs:

Sophie Mottu Morel

 

Vous devez être ravie de voir le CHI de Genève de cette année se dérouler à guichets fermés ?

C’est vraiment exceptionnel ! Les ventes de billets sont fantastiques pour l’édition de cette année. Nous jouons à guichets fermés dimanche et je pense que nous le serons aussi vendredi et samedi. Je ne saurais dire pourquoi les ventes de cette année ont été aussi bonnes, peut-être est-ce la cérémonie de départ à la retraite de Clooney [Clooney 51] ou l’éventualité d’une troisième victoire successive, et historique, de Martin Fuchs au Rolex Grand Prix. Nous sommes très heureux, car beaucoup de gens veulent assister au concours cette année. Je pense que le public veut être là pour partager des souvenirs communs et pour encourager une victoire suisse. Et puis, l’année dernière, le CHI de Genève a été le seul événement sportif à Genève en décembre, donc peut-être que les gens ont découvert le concours l’an dernier et ont décidé de revenir cette année.

Cette année nous avons ajouté une journée de compétition le mercredi et nous avons ouvert le concours à tout le monde, avec une entrée gratuite. Cela fait partie de notre philosophie de rendre le CHI de Genève accessible à tous et d’attirer un nouveau public pour notre discipline.

Le CHI de Genève nous réserve-t-il des surprises cette année ?

Oui, nous avons introduit le Prix du Crédit Suisse, qui comprend trois épreuves de saut d’obstacles, le premier jour de la compétition. Ces épreuves étaient habituellement le jeudi, vendredi et samedi matin, mais nous avons vu qu’il était difficile pour les cavaliers de s’y présenter en raison des problèmes de circulation à Genève le matin, et il est également plus facile pour les cavaliers nationaux de venir pour une journée. Cela implique également que nous pouvons donner une pause à nos bénévoles pendant ces matinées et qu’ils n’auront pas besoin d’être présents au Palexpo aussi tôt, et c’est aussi bien pour nous, les organisateurs, qui aurons des matins plus calmes !

Quelle importance ont les bénévoles dans le bon déroulement de la compétition ?

Ils sont essentiels. Nous avons 700 bénévoles cette année et ils sont le clou du spectacle. Ils s’investissent avec tellement de passion dans la compétition, ils veulent être là et sont heureux de participer, et pour moi ils sont extrêmement importants. Le concours ne serait pas le même sans eux, ils sont l’âme du concours.

Quelles qualités recherchez-vous chez vos collaborateurs ? Et quels sont les ingrédients de la réussite pour une équipe comme la vôtre ?

Nous travaillons comme une famille, nous voulons nous aider les uns les autres. Nous avons beaucoup de responsabilités et nous devons pouvoir être sûrs que chaque membre de l’équipe fasse son travail correctement. Nous devons avoir confiance en nos collègues, il y a beaucoup de gens qui ont différentes responsabilités mais nous avons tous le même objectif.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le secteur des événements sportifs ?

Vous devez vraiment aimer le sport dans lequel vous souhaitez travailler mais vous devez aussi suivre d’autres sports importants comme le tennis, le golf ou le ski et les événements qui y sont liés. Si vous voulez être bon, vous devez regarder ce que les autres font de bien et essayer de toujours faire mieux.

Vous devez aller aux événements sportifs et parler avec les personnes qui y travaillent, pour ensuite utiliser ces idées et les adapter pour votre événement. Enfin, je dirais de ne pas compter vos heures parce que vous allez travailler beaucoup, mais c’est aussi très intéressant car vous rencontrez beaucoup de gens, et si vous êtes un passionné de votre sport, vous pouvez même parfois rencontrer votre idole. En conclusion, n’ayez pas peur, parlez avec beaucoup de gens et observez bien tout ce qui se fait de façon à vous améliorer continuellement.

Les organisateurs du CHI de Genève et vous-même vous inspirez-vous de grandes compétitions d’autres sports, comme le tennis ou le golf ?

Oui, bien-sûr. Il est toujours utile d’observer ce qui se fait dans les autres sports. Je suis allée à Wimbledon une fois, et c’était vraiment incroyable. Je crois que nous devrions assister plus souvent aux grands événements d’autres sports pour apprendre comment ils font les choses.

Pourquoi le CHI de Genève tient-il autant à donner l’occasion aux plus jeunes cavaliers de concourir dans une grande compétition ?

Parce qu’ils sont les champions de demain. Il est vraiment important pour eux d’affronter les meilleurs cavaliers, sur les meilleurs terrains, et c’est un excellent moyen d’apprendre. Soutenir les jeunes cavaliers fait partie de l’histoire du CHI de Genève ; avant même que j’arrive sur le CHI, Alban Poudret et beaucoup d’autres ont veillé à ce que ce soit une priorité. Aujourd’hui, nous avons les concours pour les U25, mais avant qu’ils existent, la jeune génération était accueillie dans les concours internationaux. Je pense que ces concours ont permis à des cavaliers d’évoluer, comme par exemple Edouard Schmitz, qui n’a que 23 ans. Il a commencé à monter dans les concours de U25 quand nous les avons introduits il y a trois ans, et aujourd’hui il fait partie des meilleurs du monde.

L’année prochaine marquera les 10 ans du Rolex Grand Slam of Show Jumping, quel succès a-t-il obtenu et quels changements positifs a-t-il apportés à la discipline ?

Je pense que c’est un énorme succès. Cela fait dix ans que nous avons démarré ce projet, et aujourd’hui, nous avons l’occasion de prendre un temps de réflexion. Nous avons rencontré des personnes extraordinaires d’autres Majeurs et nous avons énormément appris les uns des autres. La victoire de Scott Brash au Rolex Grand Slam of Show Jumping en 2015 a été un grand événement car elle a donné de la crédibilité à notre concept, elle a prouvé qu’il est possible de gagner, même si c’est difficile.

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a établi une référence et un standard pour les autres concours, le niveau des cavaliers qui viennent concourir est phénoménal et le montant du prix est aussi exceptionnel. Le CHI de Genève a tiré énormément d’enseignements du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et nous sommes très fiers de faire partie de cette famille. Les autres Majeurs sont une inspiration pour nous et nous motivent à nous améliorer. Nous sommes vraiment reconnaissants envers Rolex qui est bien plus qu’un fidèle partenaire.

Quel a été pour vous le moment le plus marquant de ces 10 premières années du Rolex Grand Slam of Show Jumping ?

Il y en a eu tellement. Un grand moment pour moi a été de voir Scott Brash remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping à Calgary, il a été époustouflant. Et puis voir Steve Guerdat et Nino [Des Buissonnets] gagner le premier Rolex Grand Prix au CHI de Genève, dans le cadre du Rolex Grand Slam of Show Jumping de 2013, c’est quelque chose que je n’oublierai jamais.

(Photo: Rolex / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex / Ashley Neuhof)

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping revient au CHI de Genève du 7 au 11 décembre 2022 avec un programme intense, avec notamment la 21ème édition de la Finale du Top 10 Rolex IJRC le vendredi soir et le concours vedette, le Rolex Grand Prix du dimanche après-midi.

Organisé dans l’impressionnant Palexpo de Genève, en Suisse, il verra l’élite des couples de cavaliers et chevaux affronter des parcours parmi les plus difficiles de l’année lors de ce qui est souvent considéré comme le plus important concours indoor de concours hippique. Cette année, les participants du concours constituent une affiche spectaculaire, dont 17 des 20 meilleurs cavaliers, six témoignages Rolex et 17 cavaliers représentant le pays d’accueil.

Rolex Grand Slam of Show Jumping : les couples à battre

Après sa victoire sensationnelle au tournoi CP ‘International’, Présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, l’Allemand Daniel Deusser cherchera à renouveler son impressionnante performance au Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping, ayant déjà gagné deux des trois derniers Grands Prix. Deusser cherchera à poursuivre sa quête pour devenir le deuxième cavalier à avoir gagné le Rolex Grand Slam of Show Jumping après le triomphe du Témoignage Rolex, Scott Brash, en 2015. Deusser retrouvera également son compatriote Gerrit Nieberg, gagnant du Rolex Grand Prix organisé à Aix-la-Chapelle un peu plus tôt cette année.

Favori local et défendeur du titre, Martin Fuchs sera l’objet de tous les regards. Ayant gagné les deux dernières éditions du Rolex Grand Prix au CHI de Genève, le numéro 2 mondial comprend la précision, le courage et les qualités athlétiques nécessaires au cheval comme au cavalier pour emporter cette prestigieuse compétition. Fuchs retrouvera à Genève son compatriote et trois fois vainqueur du Rolex Grand Prix dans ce lieu emblématique, Steve Guerdat, ainsi que ses coéquipiers du championnat du monde de la FEI, Edouard Schmitz et Pius Schwizer.

Le numéro 1 mondial Henrik von Eckermann vient ajouter son nom à l’impressionnante liste des concurrents de cette année. Le cavalier suédois se présentera à la compétition rayonnant de confiance, tenant la place de numéro 1 mondial depuis quatre mois et après une récente victoire dans les qualifications de la FEI Jumping World CupTM à Vérone. Le double champion du monde et médaillé d’or par équipe sera cependant en lice pour sa première victoire au Rolex Grand Prix de Genève. La Suède sera également représentée par Peder Fredricson. Le très compétitif Peder, qui avait rejoint Henrik sur le podium à Tokyo et à Herning, cherchera lui aussi à saisir le prestigieux trophée pour la première fois.

Harrie Smolders, arrivé second l’an dernier, essaiera sans doute de faire mieux cette année pour devenir le premier Néerlandais à remporter le concours. Un solide contingent de cavaliers venus de France se rendra aussi au CHI de Genève cette année, dont le numéro 3 mondial, Julien Epaillard, le très en forme Simon Delestre et le Témoignage Rolex Kevin Staut. Staut, ancien vainqueur de la Finale du Top 10 Rolex IJRC et du Rolex Grand Prix, cherchera à se servir de son expérience de vainqueur et de sa connaissance des lieux pour ajouter le dernier Rolex Grand Prix de l’année à son impressionnant palmarès de 2022.

La Grande-Bretagne sera représentée par tous les membres de son équipe médaillée d’or aux championnats du monde de la FEI. Ben Maher a remporté la Finale du Top 10 Rolex IJRC l’année dernière avec son partenaire médaillé d’or olympique, Explosion W, et a poursuivi son impressionnant parcours tout au long de l’année avec de nouveaux chevaux au plus haut niveau de la compétition. Scott Brash est un concurrent à ne surtout pas négliger dans ce prestigieux concours, ayant gagné ici en 2014, sur le chemin de sa victoire au Rolex Grand Slam of Show Jumping en 2015. Le numéro 1 mondial des moins de 25 ans, Harry Charles, sera également en lice. Arrivé dans le Top 15 cette année, le jeune cavalier britannique s’est affirmé comme l’un des meilleurs cavaliers au monde et retrouvera une autre étoile montante de la discipline, Joseph Stockdale, qui fera ses débuts au CHI de Genève.

Le Belge Gilles Thomas, arrivé troisième au tournoi CP ‘International’, présenté par Rolex au The CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, sera rejoint par ses compatriotes Gregory Wathelet, qui a gagné le Rolex Grand Prix au CHI Royal Windsor Horse Show plus tôt cette année, et Jérôme Guery, médaille d’argent en individuel aux championnats du monde de la FEI.

Parmi d’autres redoutables concurrents, nous retrouvons l’Irlandais Conor Swail, qui a récemment gagné les qualifications de la FEI Jumping World CupTM à Washington et à Sacramento, l’Autrichien Max Kühner, arrivé troisième au Rolex Grand Prix au CHI de Genève l’an dernier, et l’Américain McLain Ward.

(Photo: Spruce Meadows Media / Dave Chidley) (Photo: Spruce Meadows Media / Dave Chidley)

Interview du Prétendant:

Daniel Deusser

 

Félicitations ! Vous êtes une nouvelle fois le Prétendant au Rolex Grand Slam. Comment vous sentez-vous à l’approche du CHI de Genève ? Quel cheval pensez-vous monter pour le Rolex Grand Prix ?

Je me sens confiant à l’approche du CHI de Genève. Mes chevaux sont en bonne forme ces dernières semaines. Je suis vraiment impatient d’aller à Genève car c’est un concours fantastique, et j’en ai gardé de merveilleux souvenirs des précédentes compétitions. Je suis conscient qu’il sera difficile de gagner ce Grand Prix une nouvelle fois, mais je suis sûr d’avoir une chance cette année. Donc j’y vais doucement dans la période de préparation.

Qu’avez-vous fait depuis que vous avez gagné le CP ‘International’, présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows en septembre, et comment vous êtes-vous préparé avec vos chevaux pour le CHI de Genève ?

Avec les meilleurs chevaux, on essaie toujours de préparer le meilleur programme. Pour le CHI de Genève, j’ai deux chevaux que j’envisage d’emmener, Killer Queen [VDM] et Tobago [Scuderia 1918 Tobago Z]. Killer Queen a eu quelques semaines de repos après le Spruce Meadows ‘Masters’, où elle a sauté magnifiquement. Je pense qu’elle a retrouvé la forme et qu’elle se sent bien maintenant. Je n’ai pas de concours prévu pour les deux semaines à venir donc les deux chevaux devraient arriver très frais à Genève.

Je n’ai pas encore vraiment de plan, je dois encore décider qui je vais monter pour le Rolex Grand Prix et quel cheval je monterai pour les qualifications du Grand Prix. Cette décision dépendra beaucoup de mon ressenti pendant la dernière semaine d’entraînement avant de partir pour Genève. Cette semaine me permettra d’observer et d’évaluer comment se sentent les chevaux. Peut-être que l’un des deux sera encore un peu trop frais et qu’il aura besoin de commencer avec un petit concours, et que l’autre sera prêt pour commencer directement au plus haut niveau. Jusqu’à présent, les deux chevaux me font une très bonne impression, ils sont tous les deux très heureux et concentrés, je suis donc vraiment impatient d’aller à Genève.

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping va fêter son dixième anniversaire l’an prochain. Quel impact a-t-il eu sur la discipline selon vous ?

Avec le Rolex Grand Slam, les quatre compétitions ont créé une importante source de motivation dans notre sport. Elles ont créé quelque chose de très particulier, avec un format exclusif, qui à ce jour ne peut être égalé. Le sport se trouve propulsé à un tout autre niveau, puisque auparavant, il n’y avait qu’un championnat à la fin de la saison. Mais aujourd’hui, tous les cavaliers de saut d’obstacles attendent le Rolex Grand Slam, et considèrent les quatre compétitions comme quatre championnats tout au long de l’année. C’est un format de compétition fantastique. Tout le monde sait combien il est difficile de gagner le Rolex Grand Slam. En 2015, Scott Brash a réussi, mais cela fait déjà sept ans. Depuis, personne n’a pu s’en approcher, mais chaque saison, tous les cavaliers espèrent y arriver. Je pense que ça montre la place incroyable du Rolex Grand Slam.

À quel point est-il important pour un cavalier de saut d’obstacle de continuer à apprendre ?

J’ai travaillé pour Franke Sloothaak sur une période de quatre ans et demi. Il a été un excellent cavalier pendant un certain temps, et il m’a beaucoup appris. Jusqu’à ce jour, je suis encore en contact avec lui. J’apprends encore avec lui, car il me rend visite de temps en temps. Je dois dire que les programmes de mentorat sont peut-être légèrement différents maintenant, mais je guette activement sur le terrain les cavaliers qui réussissent, même les plus jeunes, pendant les compétitions de saut d’obstacles. Dans la carrière d’un cavalier, peu importe depuis combien de temps on monte, il y a toujours à apprendre, car chaque cheval est différent. Leurs caractères sont différents, et les cavaliers doivent toujours s’adapter et apprendre à manier et à communiquer avec des chevaux différents. Et même avec mon expérience, chaque année j’intègre de nouveaux entraînements avec mes chevaux, les nouveaux comme les anciens, pour toujours apprendre et progresser. Il est important de toujours apprendre dans ce sport, et d’observer et d’étudier les autres cavaliers.

À quoi ressemblent votre régime et votre programme nutritionnel ? Quelle est l’importance de la diététique et de la nutrition dans votre programme d’entraînement global ?

Pour être honnête, je n’ai pas besoin de surveiller mon poids, car je suis très grand et mince. Je pense que le plus important en termes de nutrition, c’est qu’il faut être conscient que l’objectif est d’être à l’aise et en forme physiquement. Bien-sûr, chacun doit adapter sa nutrition à son cas et à son type de morphologie. Comme je vous disais, je suis très grand, ce qui n’est pas toujours un avantage sur la selle. En termes de poids, j’ai beaucoup de chance de pouvoir encore manger tout ce qui me plaît car mon poids est facile à gérer.

J’essaie vraiment de prendre le temps de faire beaucoup d’étirements afin que mon corps reste souple. Être un cavalier de grande taille a ses désavantages et la souplesse peut parfois être un problème pour moi comparé à d’autres cavaliers plus petits. Il est important de toujours travailler la souplesse. Dans notre sport, on passe des heures sur la selle, et c’est une position ou certains muscles gagnent en force, surtout dans les jambes.

En dehors du saut d’obstacles, comment vous détendez-vous ? Qu’aimez-vous faire ?

Ces derniers temps, si je n’entraîne pas mes chevaux et si je ne suis pas en compétition, j’essaie de passer autant de temps que possible avec ma famille et ma petite fille. Avant son arrivée, je me détendais en regardant un film ou en allant faire du vélo le soir, mais les choses ont changé depuis qu’elle est là. Nous l’emmenons à son entraînement de hockey une fois par semaine et j’aime beaucoup ça. Donc oui, j’essaie de passer du temps en famille.

Ma femme et ma fille jouent un grand rôle dans ma vie, et dans ma réussite en général dans ce sport. Les compétitions impliquent beaucoup de voyages, ce qui veut dire que je ne suis pas à la maison pendant de longues périodes, mon entourage doit donc soutenir et comprendre mon sport et mon style de vie. Et c’est exactement ce qu’elles font. J’ai beaucoup de chance en ce qui concerne ma famille, car Caroline vient aussi d’une famille de cavaliers, et elle me soutient énormément.

Si vous n’étiez pas cavalier professionnel, quel métier exerceriez-vous ? Admirez-vous particulièrement certains sportifs professionnels ?

Je ne sais vraiment pas ce que je ferais si je n’étais pas cavalier de saut d’obstacles. Je suis sûr en tout cas que ça serait quelque chose en plein air et que ça impliquerait beaucoup d’activité physique. Je ne peut pas m’imaginer assis dans un bureau toute la journée. Je pratiquerais presque certainement un autre sport. Quand j’étais plus jeune, j’ai pratiqué beaucoup de sports, comme le tennis, j’ai même fait du BMX.

Qu’est-ce que serait pour vous la journée idéale ? À quoi ressemblerait-elle depuis votre réveil jusqu’à votre coucher ?

Ma journée idéale serait de me réveiller le dimanche matin du CHI de Genève, de voir que mes chevaux sont en pleine forme, et ensuite d’aller gagner le Rolex Grand Prix !

Quelles ont été vos vacances préférées jusqu’à ce jour ? Arrivez-vous à vous détendre facilement ou devez-vous rester actif ?

C’est vraiment difficile de choisir car j’ai passé de merveilleuses vacances aussi bien en été qu’en hiver. Quand je pars en vacances, je dois rester actif. Quand nous sommes allés à l’île Maurice, j’ai dû pratiquer divers sports nautiques pour garder une activité physique. Je ne peux pas passer plusieurs jours allongé à la plage. C’est pourquoi j’adore partir en vacances aux sports d’hiver, pour rester en plein air et faire du ski toute la journée.

(Photo: Rolex / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex / Ashley Neuhof)

Le représentant des athlètes:

Rodrigo Pessoa

 

Vous avez eu une excellente année 2022. Quel en a été le meilleur moment pour vous et de quoi êtes-vous le plus fier ?

2022 a été une très bonne année. C’est la première année où les choses sont revenues à la normale après la pandémie de Covid-19 et c’était fantastique de revenir aux concours avec les spectateurs présents également. Malheureusement, en raison de la pandémie, nous avons perdu quelques concours mais au final l’année a été positive.

J’ai aussi quelques nouveaux chevaux qui sont arrivés chez moi et qui sont très prometteurs. J’ai un cheval de neuf ans, Major Tom, qui cette année a commencé à sauter dans des concours plus importants. Je suis très content de la manière dont il a passé cette étape, et il va maintenant avoir un peu de repos d’ici l’an prochain. J’ai de grands espoirs pour lui l’année prochaine.

Quels sont vos projets, rêves et ambitions pour 2023 ?

L’année prochaine est extrêmement importante pour l’équipe du Brésil car nous allons devoir gagner notre qualification pour les Jeux olympiques, ce sera donc mon objectif principal. Nous allons nous entraîner pour la finale de la FEI Nations Cup™ en septembre et pour les Jeux panaméricains qui auront lieu au Chili en octobre. 2023 sera donc une année riche en événements où nous devrons avoir de bons résultats pour gagner notre place à Paris.

Parlez-nous un peu de vos chevaux… Lesquels avez-vous le plus hâte de nous montrer ?

Major Tom, un cheval belge de neuf ans, est mon cheval principal. Nous l’avons depuis deux ans, depuis qu’il a sept ans, et il appartient à l’Artemis Equestrian Farm. Il a énormément de capacités et de qualités et nous avons essayé de le faire travailler le mieux possible de façon à ce qu’il puisse se présenter aux grandes compétitions.

J’ai aussi d’autres très bons chevaux qui appartiennent à l’Artemis Equestrian Farm dont Chili, Quality FZ et Venice Beach qui sont tous des chevaux de niveau 5* qui ont beaucoup d’expérience et qui sont compétitifs au meilleur niveau. Je suis ravi des chevaux que j’ai actuellement, et je suis très optimiste pour 2023.

Cette année est celle de la 21ème Finale du Top 10 Rolex IJRC. Quel est le rôle de l’IJRC et, selon vous, quelle est son importance dans le monde du saut d’obstacles ?

La Finale du Top 10 Rolex IJRC est organisée par l’IJRC. Nous avons créé ce concours après mon retour du Master de tennis du Portugal, et je pensais que c’était quelque chose qui manquait dans notre sport. C’est une compétition très exclusive, où le prix est très intéressant, et maintenant les cavaliers se battent vraiment pour arriver dans le Top 10. Les cavaliers viennent toujours avec leurs meilleurs chevaux pour essayer de gagner ce prestigieux concours. Je suis très fier d’en faire partie et l’IJRC veille à ce que la compétition soit impeccablement organisée.

Je pense que le club est vraiment très important. Nous essayons de faire progresser le sport et nous nous efforçons d’introduire des idées innovantes dans la discipline de façon à ce qu’elle évolue dans la bonne direction. L’IJRC accomplit un travail incroyable pour veiller à ce que le comité représente tous les cavaliers et les autres acteurs comme les propriétaires et les éleveurs. C’est une pièce importante du puzzle qui constitue notre sport.

À votre avis, sur quoi les décideurs et les détenteurs de droits doivent-ils se concentrer pour continuer à faire évoluer et progresser le sport ?

Je pense que nous devons vraiment nous efforcer de promouvoir notre sport à travers le monde pour obtenir plus d’attention de la part des principaux médias. Des sports comme le tennis ou le football concentrent une grande part de l’attention des médias et des sponsors. Il faut donc vraiment se battre pour être dans les médias autant que possible pour pouvoir garder les sponsors, assurer le développement de la discipline et faire progresser le montant des prix.

Vous avez été récemment élu représentant des athlètes FEI pour le saut d’obstacles, quel sera votre rôle et que souhaitez-vous accomplir pendant les quatre prochaines années ?

Je suis la voix des cavaliers, ma voix représente ce que décide le comité de l’IJRC. J’essaie de défendre nos intérêts autant que possible et de conseiller et suggérer des changements que j’estime positifs pour notre sport. Mon rôle est donc de représenter les opinions de tous les cavaliers à travers le monde, et de parler avec les cavaliers qui ont des problèmes, surtout ceux qui ne sont pas vraiment connus et qui passent inaperçus. Je fais le relais auprès de la FEI et je les aide à résoudre leurs problèmes de façon à ce que le sport puisse se développer.

Vous avez eu une carrière exceptionnelle en tant que cavalier et en tant que manager de haut niveau, qu’aimeriez-vous accomplir maintenant ?

En ce moment, je me concentre sur la compétition, surtout avec les excellents chevaux que j’ai, concourir au plus haut niveau est mon objectif numéro un. De par mon rôle à l’IJRC, je m’efforce d’aller de l’avant pour développer le sport, c’est dans mon intérêt mais aussi dans l’intérêt de tous.

Selon vous, le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Je pense qu’il est très important d’avoir une marque aussi importante au niveau mondial que Rolex pour soutenir ce sport. Nous avons énormément de chance d’avoir une telle marque derrière nous. Ils investissent beaucoup d’argent, non seulement dans les événements, mais aussi dans les médias et ils font leur possible pour faire la promotion du sport équestre. Rolex est une marque tellement célèbre et prestigieuse que son implication avec notre sport est pour nous un énorme avantage. Je dirais que le bénéfice est plus important pour nous que pour eux, et nous avons beaucoup de chance d’avoir leur soutien.

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping est une chance incroyable pour notre discipline. Les Majeurs sont des compétitions que les cavaliers comme les propriétaires attendent avec impatience et pour lesquelles ils se préparent. Tous les Majeurs, en intérieur comme en extérieur, sont phénoménaux, des dates très spéciales dans notre agenda. Le Rolex Grand Slam est quelque chose de très difficile à réussir, et seul Scott Brash l’a emporté en 2015 et je ne sais pas si quelqu’un le gagnera encore un jour, mais j’espère que quelqu’un d’autre y arrivera. Je pense que si une personne est capable de reproduire cet exploit, ce serait Daniel Deusser dans les douze prochains mois, il sait être à la hauteur des grandes occasions. 

Tout comme le tennis et le golf, le saut d’obstacles a son propre Grand Slam. Quels autres grands tournois sportifs aimez-vous regarder ? Lequel est votre préféré et pourquoi ?

Je suis fan de sport en général, j’aime le sport de haut niveau. J’adore regarder la Formule 1, le football, le golf et le tennis. Je crois que la Formule 1 est le sport que je préfère regarder, mais j’ai eu la chance de pouvoir assister à quelques-uns des grands tournois de tennis et de golf grâce à mon partenariat avec Rolex, et j’ai adoré.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné ?

Je pense que c’est le fait que la patience avec les chevaux est la qualité la plus importante à avoir. Je crois également que même si les choses ne vont pas comme vous voulez, il faut continuer à insister et à essayer, et finalement votre jour viendra.

(Photo: Hippofoto) (Photo: Hippofoto)

Rencontrez la Next Gen:

Thibaut Keller

 

Quels sont vos projets, rêves et ambitions pour 2023 ?

Mon ambition et mon projet pour 2023 sont de réaliser un podium pendant les championnats d’Europe qui auront lieu en septembre à Riesenbeck International.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Mon plus grand moment de fierté professionnelle à ce jour est le moment où j’ai reçu la médaille d’or aux championnats de Suisse Junior 2020 au Chalet-à-Gobet. Mon cheval s’appelait Cosby, et j’ai vraiment été très fier de notre performance, car nous n’avons pas touché une seule barre pendant tout le tournoi.

Avez-vous hâte d’être au CHI de Genève, et quel est votre niveau de confiance ?

J’espère gagner le prestigieux Grand Prix U25 au CHI de Genève. Mais l’élite mondiale sera présente, alors je serais très heureux d’être dans le top 3. Un podium dans ma catégorie d’âge serait donc formidable.

Quand vous êtes-vous pris de passion pour le saut d’obstacles, et qui vous a le plus inspiré ?

J’ai commencé l’équitation et le saut d’obstacles à 10 ans. Ma grande source d’inspiration était le cavalier de saut d’obstacles néerlandais Jeroen Dubbeldam.

À votre avis, quelles qualités doit avoir un bon cavalier de saut d’obstacles ?

Pour moi, pour être un bon cavalier de saut d’obstacles et un bon cavalier tout court, il faut être volontaire, être motivé pour s’entraîner, travailler, comprendre les chevaux, toujours faire preuve de compréhension et leur offrir ce dont ils ont besoin, mais aussi des opportunités. Je pense aussi que pour exceller dans ce sport, il faut avoir derrière soi une équipe qui vous soutient.

Parlez-nous un peu de de vos chevaux… Lesquels avez-vous le plus hâte de nous montrer ?

Mes écuries sont avant tout une entreprise. Nous entraînons et préparons en permanence des chevaux pour la vente, mais je possède et j’entraîne personnellement 18 chevaux, avec lesquels j’ai pour la plupart déjà concouru. Je possède actuellement une jeune jument appelée Filomène du Sart, qui m’aidera à réaliser de grandes choses quand je commencerai à concourir avec elle. Au CHI de Genève, c’est mon meilleur cheval qui m’accompagnera, un étalon appelé Arley de Vayrie.

Quelle importance revêt votre équipe (groom, maréchal-ferrant, entraîneur, vétérinaire, propriétaire…) ?

Mon équipe, qui est composée de grooms, de maréchaux-ferrants, d’un coach et de plusieurs vétérinaires, est très importante. Tous ses membres nous accompagnent sur les compétitions. C’est avant tout une précaution, mais nous voulons être sûrs de pouvoir répondre aux besoins des chevaux, et qu’ils soient traités de la meilleur manière qui soit. Toutes les décisions, et par conséquent les actions de l’équipe, sont basées sur les besoins et la santé des chevaux. Ce qui à terme nous permet d’exceller et de réussir tout en réalisant de bons classements. Nous amenons avec nous quelques vétérinaires, car ils savent comment soigner les chevaux, ainsi que les spécificités de chacun d’entre eux. Toutes nos décisions et actions ont un but : faire ce qu’il y a de mieux pour les chevaux.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans le saut d’obstacles : la compétition, les amitiés avec les autres cavaliers, les déplacements partout dans le monde ?

Ce que j’aime le plus, c’est de pratiquer le saut d’obstacles avec mes compatriotes et coéquipiers. Je suis toujours en train d’observer et d’apprendre de mes coéquipiers, notamment de leurs améliorations, et cela me profite à moi-même en tant que cavalier de compétition.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Le meilleur conseil que j’aie jamais reçu est d’être réellement passionné par notre métier, le saut d’obstacles. Il ne faut pas seulement être motivé par son propre entraînement, mais aussi établir un lien avec les chevaux, pour se développer en tant qu’équipe. Un autre bon conseil que l’on m’a donné est que dans ce sport, il y a certes beaucoup de risques, mais ce qu’on en retire les surpasse de loin.

Selon vous, le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Rolex est une marque extrêmement connue, avec énormément de prestige. C’est le rêve de tout cavalier de participer au Rolex Grand Slam.

Tout comme le tennis et le golf, le saut d’obstacles a son propre Grand Slam. Quels autres tournois majeurs sportifs aimez-vous regarder ? Lequel est votre préféré et pourquoi ?

Je regarde parfois les Grand Slams du tennis, comme j’admirais beaucoup Roger Federer, qui fait partie des Rolex Testimonees. Étant moi-même suisse, je le soutenais tout naturellement. En regardant les différents tournois, j’ai remarqué le prestige, le côté glamour et l’influence des autres Grand Slams, auxquels Rolex est étroitement lié.

Que faites-vous de votre temps libre en dehors du saut d’obstacles ?

Comme je passe la majeure partie de mon temps à m’entraîner et à m’occuper de mes chevaux, j’ai peu de temps à moi. Mais quand cela m’arrive, je joue beaucoup au football. Pour me détendre, j’aime aussi faire du kart avec mes amis, mais cela n’arrive pas souvent.

Si vous vous retrouviez seul sur une île déserte, quels seraient les trois objets que vous emporteriez avec vous ?

J’emporterais un bateau, pour pouvoir rejoindre l’île la plus proche, mais je n’oublierais pas le nécessaire pour survivre, comme certains aliments et une bouteille d’eau.

(Photo: Arturo Fasana) (Photo: Arturo Fasana)

Dans le lounge des propriétaires:

Arturo Fasana

 

Quel est votre plus ancien souvenir lié à l’équitation ?

Je suis suisse-italien, et je peux donc associer mes premiers souvenirs équestres à l'époque où je vivais dans la partie italienne de la Suisse, près de Lugano. Je me souviens notamment de grands sauteurs d'obstacles, comme Graziano Mancinelli, Piero D'Inzeo et Raimondo D'Inzeo, non parce que j'aimais les chevaux, mais parce que, lorsque je regardais la télévision italienne à l'époque, c’était de grands champions. Ce sont les trois champions qui me viennent encore à l'esprit, et les premiers qui m'ont fait découvrir le monde équestre.

Comment êtes-vous devenu un des plus grands propriétaires du milieu équestre ?

Tout d'abord, je ne viens pas d'une famille dans laquelle on élevait des chevaux, je suis donc devenu propriétaire de chevaux de saut d'obstacles un peu par hasard. Lorsque ma fille a décidé de faire de l'équitation pour son plaisir, je lui ai acheté en Irlande un cheval de six ans appelé Castlefield Eclipse, qui a été mon premier cheval de haut niveau. C'est grâce à Eclipse que j'ai découvert mon intérêt et ma passion pour le saut d'obstacles. J'ai aussi découvert que j'aime être entouré des meilleurs cavaliers et que je fais tout pour obtenir de bons résultats. Eclipse a participé aux Jeux olympiques de Londres en 2012, puis a gagné à Saint-Gall, avant de recevoir une médaille de bronze avec l'équipe suisse aux Championnats d'Europe d'Aix-la-Chapelle en 2015. Je suis donc devenu propriétaire, d'abord par hasard, puis mon amour pour le métier de propriétaire a été alimenté par les résultats obtenus par mon premier cheval, Eclipse.

En tant que propriétaire, quel est le moment de votre carrière dont vous êtes le plus fier ?

Le premier souvenir qui me vient à l'esprit est la victoire d'Edouard [Schmitz] et de Gamin [Van't Naastveldhof] à Dublin - c'était quelque chose de très spécial mais aussi de très inattendu. On pourrait comparer avec la victoire d'un joueur de tennis à Wimbledon, en raison de la tradition et de l'atmosphère palpitante du spectacle qui rend la compétition si unique. Bien sûr, il y a d'autres moments inoubliables, par exemple quand Eclipse a réussi six sans fautes à Rome, Rotterdam et Aix-la-Chapelle. Ce sont des souvenirs très différents, mais qui restent très importants pour moi.

Quelles sont les qualités que vous recherchez quand vous achetez un cheval de saut d’obstacles de classe 5* (ou 5* potentiel) ?

J'achète des chevaux assez jeunes, généralement âgés de six ou sept ans. Lorsque vous achetez ce type de chevaux, il y a du potentiel dans leurs jambes, pour qu'ils puissent sauter dans les plus grandes compétitions, mais ce n'est pas tout, ce n'est qu'un aspect de ce que vous recherchez lorsque vous achetez un cheval. La physiologie, la mentalité et l'agilité sont également très importantes lorsque vous sélectionnez des chevaux. À mon avis, il est très important de former les chevaux de manière approfondie ; il faut être attentif dès leur plus jeune âge, veiller à ce que les choses ne soient pas faites trop rapidement, prendre le temps et être patient avec eux. Le bon dressage des chevaux est incontournable pour qu'ils réussissent à un haut niveau, car il y a de la pression et du stress. Comme j'ai adopté cette profession assez tard, j'ai dû observer les autres et acquérir de l'expérience en apprenant et en achetant. Je cherchais des chevaux qui auraient le mental leur permettant de concourir continuellement, et de rester au sommet. À ce niveau élevé, vous n'avez que trois ou quatre pour cent des chevaux qui peuvent rester au plus haut niveau et gagner des compétitions.

Quel est le degré d'implication d'un cavalier lorsque vous cherchez à acheter un nouveau cheval ?

Lors de l’achat de nouveaux chevaux, je veux toujours qu'Edouard donne son avis, ce qui est important, car au bout du compte, c'est lui qui va monter le cheval. J'aime recevoir des conseils non seulement du cavalier mais aussi d'autres personnes lors de l'achat de chevaux, car cela me permet de prendre une décision éclairée.

Parlez-nous un peu de votre relation avec Edouard Schmitz.

Je connais Edouard depuis son jeune âge, et tout le monde reconnaissait que c’était un cavalier très talentueux. Lorsque j'ai dû décider à qui je voulais prêter mes chevaux, Edouard m'est venu à l'esprit. Après en avoir discuté avec ma fille, nous sommes arrivés à la conclusion qu'il serait un bon choix, car nous voulions donner à un cavalier la possibilité de réussir dans ce sport. Edouard a toujours été beaucoup soutenu par sa famille et c'est un réel plaisir de l'avoir comme cavalier. Notre relation est basée à la fois sur le sérieux et l'humour, avec une pointe de légèreté, cela nous permet de ne pas nous mettre trop sous pression, ce qui est difficile dans ce milieu. Je ne suis pas du genre à provoquer du stress ou de la pression, car je crois que cela peut conduire à des problèmes. Il est donc important pour moi d'avoir une bonne relation avec la personne qui monte mes chevaux. C'est pourquoi je laisse Edouard décider de la manière de s'entraîner et de s'occuper des chevaux, car ce n'est pas mon domaine d'expertise.

Combien de chevaux possédez-vous actuellement, et quel est votre cheval le plus prometteur ? Edouard parle de Gamin Van't Naastveldhof comme étant « l’affaire du siècle ».

J'ai deux chevaux avec Edouard, un de sept ans appelé Karel [Doorman], qui a le potentiel pour réussir à un très haut niveau, et un de onze ans appelé Babylone Des Erables, qui est bon mais n'a peut-être pas la capacité d'atteindre le niveau de Karel. Et puis j'ai Gamin, que j'ai acheté quand il avait six ans - c'est mon meilleur cheval. C'est un cheval que tout cavalier aimerait avoir, car il a toutes les qualités que l'on recherche : la puissance, l’agilité, un galop fantastique et un mental à toute épreuve.

Lequel de vos jeunes chevaux a, selon vous, le potentiel pour être le meilleur ?

Karel est un cheval dont nous espérons qu'il réussira à un haut niveau - c'est un cheval très rapide et prudent avec un mental solide. Mais comme il n'a que sept ans, il ne peut pas encore participer à des compétitions de classe 5*, c'est donc le seul problème que nous avons avec lui pour le moment. Une solution est de l'inscrire dans des classes inférieures, ce qui est un bon moyen de le former et de le faire progresser. D'une certaine manière, Karel a des qualités similaires à celles que Gamin avait à cet âge, mais il n'a pas le même physique, car Gamin a toujours été un grand cheval. Malgré cela, il y a de très bonnes chances que nous réussissions et que nous puissions faire sauter Karel à un niveau élevé, mais il est un peu trop tôt pour en être sûrs.

Pourquoi faites-vous ça ? Quelle est votre ambition en tant que propriétaire ?

Ma seule ambition, c’est de garder la passion. Je veux dire, je n'ai pas du tout d'intérêt particulier pour les chevaux. Au cours des 15 dernières années, j’ai peut-être vendu deux chevaux seulement, non pas parce que je le voulais, mais pour d'autres raisons. Je suis vraiment fier qu'avec la famille d'Edouard, nous l'ayons aidé à accomplir tant de choses, surtout au cours de cette dernière année. C’est grâce à ses compétences et à ses qualités personnelles, mais aussi grâce aux chevaux qu'il a.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Le Rolex Grand Slam est absolument essentiel à ce niveau et pour le saut d’obstacle. Une compétition soutenue par Rolex est naturellement prestigieuse. Tous les cavaliers rêvent donc de participer à des compétitions comme le CHI de Genève et les trois autres Majors à un moment donné de leur carrière. Des compétitions comme le Rolex Grand Slam motivent les jeunes, les inspirent pour commencer à monter à cheval et découvrir ce sport, ce qui à mon avis est d’une grande importance.

(Photo: Rolex Grand Slam) (Photo: Rolex Grand Slam)

 

Le Second Écran du Rolex Grand Slam, conçu exclusivement pour le Rolex Grand Slam of Show Jumping, permet aux fans de suivre leurs équipes cheval-cavalier préférées grâce à la technologie du second écran. Lancée avant le Dutch Masters 2021, le premier Majeur équestre de l’année, la technologie Second Écran Rolex Grand Slam propose aux passionnés d’équitation les statistiques les plus récentes depuis plus d’un an. Les spectateurs de plus de 50 pays apprécient cette expérience et utilisent désormais la technologie avant, pendant et après les Majors pour mieux comprendre les performances de leurs équipes équestres favorites.

La technologie Second Écran de Rolex Grand Slam a été développée par une équipe d’experts de la société suisse Alogo. La société est réputée pour sa création d’outils d’analyse pour l’industrie équestre, notamment une gamme de produits de pointe qui quantifient les performances des athlètes.

Grâce à l’appli web, les passionnés d’équitation du monde entier peuvent consulter une multitude de données en temps réel, notamment les chronos en direct, les pénalités acquises, ainsi que l’ordre de départ. Ce service fonctionne sans heurts avec la plateforme de streaming en ligne du Rolex Grand Slam. De plus, le Second Écran de Rolex Grand Slam conserve toutes les statistiques créées pour chaque Major et permet aux utilisateurs de revenir sur chacune de ces compétitions emblématiques avec plus de détails que jamais.

Le Second Écran du Rolex Grand Slam permet également aux fans d’accéder à des statistiques supplémentaires, telles que les obstacles les plus renversés, le nombre de cavaliers ayant dépassé le temps autorisé et les temps en direct pendant le barrage, ainsi que des informations sur le Rolex Grand Slam Live Contender. Le Second Écran du Rolex Grand Slam est le prolongement parfait du streaming en direct pour les fans d’équitation qui souhaitent en savoir plus sur les quatre Majors qui composent le Rolex Grand Slam of Show Jumping : le Dutch Masters, le CHIO d’Aix-la-Chapelle, le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et le CHI de Genève.

Le Second Écran du Rolex Grand Slam est gratuit et accessible en cliquant sur le lien suivant : https://rolexgrandslam.alogo.io/

 

Photo: Rolex / Ashley Neuhof Photo: Rolex / Ashley Neuhof

Rencontrez la Next Gen:

Gilles Thomas

 

Vous avez eu une excellente année, quel en a été le point culminant ?

J’ai vraiment eu une année exceptionnelle, j’aurais du mal à choisir un seul grand moment ! J’ai obtenu ma première victoire en 5* lors de la King George V Gold Cup à Hickstead en juillet, ce qui était génial. Puis, j’ai fait troisième au CP ‘International’, présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, un résultat fantastique. Tout récemment, j’ai eu la chance incroyable de gagner la finale de la FEI Jumping Nations Cup™ avec l’équipe de Belgique. Il me serait très difficile de choisir un seul de ces grands moments !

Quels sont vos objectifs d’ici la fin de l’année ?

J’espère pouvoir monter au CHI de Genève, ça serait fantastique. Ensuite, en Belgique, nous avons un concours 5* où se déroule une FEI Jumping World Cup™, à Mechelen, entre Noël et le jour de l’An. Ce concours est toujours très important pour les cavaliers belges, et ma famille participe à son organisation, donc j’espère vraiment avoir de bons résultats à la FEI Jumping World Cup™.

Quels sont vos projets et ambitions pour 2023 et au-delà ?

Mon plus grand rêve est de concourir au CHIO d’Aix-la-Chapelle, qui est à mon avis le meilleur concours au monde et le Rolex Grand Prix à Aix est l’une des compétitions les plus prestigieuses du calendrier. J’ai aussi comme objectif de concourir dans l’équipe senior de Belgique dans un grand championnat. J’ai concouru dans les équipes junior et jeunes cavaliers, mais mon rêve serait de faire partie de l’équipe nationale aux Championnats du monde de la FEI ou aux Jeux olympiques et d’y gagner une médaille.

Après votre excellente performance au CP ‘International’, présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, comment allez-vous vous préparer le CHI de Genève ?

Je ne suis pas encore tout à fait sûr d’y participer, mais j’espère y aller. Ce sont deux concours très différents, mais je prendrais quand même Aretino 13, car même si le concours de Genève se déroule en intérieur, l’arène est malgré tout très grande. Si je vais au CHI de Genève, il s’agira du premier concours indoor pour Aretino 13, car c’est un grand cheval qui a besoin de beaucoup d’espace et qui est plus à l’aise en extérieur. Le CHI de Genève est un concours fantastique et je prévoirai d’y emmener mes trois meilleurs chevaux si j’y vais.

Parlez-nous un peu de vos chevaux et de leurs personnalités...

J’ai beaucoup de chance en ce moment car j’ai une écurie pleine d’excellents chevaux, et c’est ce qui m’a permis de faire une saison exceptionnelle. J’ai environ 12 chevaux au total et quatre d’entre eux peuvent participer à un grand prix 5*. J’ai également quelques jeunes chevaux de 7 et 8 ans pour qui j’ai de grands espoirs.

Parmi vos jeunes chevaux, lesquels vous semblent les plus prometteurs ?

J’ai un étalon de 8 ans qui s’appelle Ermitage Kalone by Catoki. Il a fait beaucoup de reproduction cette année et il est très apprécié en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. C’est un très bon cheval de saut, lui-même de très bonne race et je pense que c’est la raison de sa grande popularité.

Il aura 9 ans l’an prochain, nous allons donc le faire sauter davantage. Pour le moment, il saute à 1,45 m dans des concours 2*, avec beaucoup de facilité. J’ai prévu d’en faire mon deuxième cheval pour les concours 5* l’année prochaine et j’espère pouvoir l’emmener dans une FEI Nations Cup™ 3*. Nous allons doucement le former au cours de l’année. Je pense qu’il sera au top en 2024.

Qu’est-ce qui vous garde motivé ?

J’adore la sensation de la victoire et d’arriver à obtenir les meilleurs résultats, et j’ai pu réellement savourer ces sensations cette année. Cette année a été exceptionnelle, j’ai pu me rendre à plusieurs des meilleurs concours dans le monde, avec une organisation fantastique et où je suis en compétition avec mes idoles. Bien sûr, il y a beaucoup de concours au calendrier, et vous devez participer à la plupart pour maintenir votre classement, mais j’ai beaucoup de chance d’avoir assez de chevaux du meilleur niveau pour pouvoir les interchanger pendant la saison pour qu’ils restent en forme.

L’équipe de Belgique a connu un grand succès cette année, que ressentez-vous de monter dans la même équipe que des grands cavaliers comme Wathelet, Philippaerts, Guéry, etc ?

Au début de l’année, j’ai été troisième dans une grande compétition à Miami. Jérôme Guery et Gregory Wathelet m’ont tous les deux envoyé un message pour me dire qu’ils espéraient que nous pourrions concourir dans la même équipe cette année, mais j’étais loin d’imaginer que ça arriverait.

Ma sélection dans l’équipe de Belgique est arrivée plus vite que je ne le pensais, et j’ai été sélectionné dans l’équipe pour la Nations Cup™ à Falsterbo, où nous avons gagné. J’ai ensuite été sélectionné pour la finale de la FEI Jumping Nations Cup™ à Barcelone pour faire équipe avec Jérôme, Gregory et Olivier [Philippaerts], et nous avons encore gagné et obtenu la qualification olympique. Cette année tout s’est passé très rapidement, mais c’était vraiment incroyable de faire partie d’une telle équipe de gagnants. C’était génial de concourir dans la même équipe car ce sont tous des cavaliers fantastiques et qui ont des carrières exceptionnelles.

Que représente le Rolex Grand Slam of Show Jumping pour un jeune cavalier comme vous ? Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Je pense que c’est une excellente chose pour notre discipline. Les quatre Majeurs sont les meilleurs concours du monde, tout y est parfaitement organisé pour les chevaux, et bien-sûr le montant du prix est aussi exceptionnel. Les concours 5* sont très nombreux mais les Majeurs se démarquent vraiment comme des objectifs pour lesquels se préparer, c’est le top du top. Je pense que pour les cavaliers, ces Majeurs sont très motivants et nous voulons y donner le meilleur de nous-même.

Quelle est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et pourquoi ?

Même si j’ai obtenu des résultats fantastiques au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, je pense que je préfère le CHIO d’Aix-la-Chapelle. Je vis en Belgique, mais Aix-la-Chapelle n’est qu’à une heure de route de chez moi. J’y suis déjà allé en tant que spectateur quelques fois et je pense que c’est le meilleur concours du monde. J’espère vraiment y participer un jour en tant que compétiteur.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

Mon oncle, Marc van Dijck. Il est aussi mon entraîneur et il a également concouru au plus haut niveau de la discipline, avec l’équipe de Belgique. Il y a 10 ou 15 ans, il a concouru au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ et au CHIO d’Aix-la-Chapelle et il est même arrivé troisième à Aix. Il me donne de très bons conseils, mais je suis aussi très motivé pour arriver à faire encore mieux que lui !

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ?

Je suis quelqu’un de très compétitif, donc je crois que le meilleur conseil qu’on m’ait donné, c’est qu’il vaut mieux concourir pour la deuxième place que pour la première, et au final on gagne plus. Je pense que c’est vrai car vous montez un peu plus lentement, et ça vous donne le temps de prendre confiance et d’être plus efficace.

Décrivez-nous une journée typique de votre quotidien.

Quand je suis chez moi, je monte entre huit et neuf chevaux. En ce moment, mon oncle dirige les écuries, ce qui me permet de me consacrer uniquement à monter les chevaux, ce que j’apprécie beaucoup. J’essaie de monter tous les chevaux le matin. Nous avons beaucoup de jeunes chevaux dans le cadre de notre programme d’élevage, donc l’après-midi je passe du temps avec les poulains et à faire du saut en liberté avec les jeunes chevaux. C’est vraiment passionnant de voir la prochaine génération de chevaux que nous avons dans nos écuries.

Que faites-vous de votre temps libre en dehors du saut d’obstacles ?

Je n’ai pas beaucoup de temps libre car les concours ont généralement lieu le week-end, mais quand cela m’arrive, j’aime retrouver mes amis pour aller prendre un verre ou manger dans un restaurant. Je ne les vois pas beaucoup, donc j’apprécie vraiment le temps que je peux passer avec eux. J’aime aussi beaucoup le sport et je fais du squash avec un ami une fois par semaine.

Si vous vous retrouviez seul sur une île déserte, quels seraient les trois objets que vous emporteriez avec vous ?

Tout d’abord mon oreiller, je dois l’emmener partout avec moi, pour éviter des douleurs dans la nuque. Ensuite, je pense que je prendrais un canif pour m’aider à survivre, c’est toujours utile. Enfin, un hors-bord, pour pouvoir rentrer !

Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof

Dans le Lounge des propriétaires:

Conor Swail

 

Quel est votre plus ancien souvenir lié à l’équitation ?

Mon frère et moi allions beaucoup à la chasse quand nous étions plus jeunes. Je pense donc que mes premiers souvenirs liés à l’équitation remontent à mes cinq ans, et nous avions l’habitude de parier entre nous qui tomberait le moins de cheval pendant la journée.

En tant que cavalier, quel est le moment dont vous êtes le plus fier cette année ?

C’est une question facile pour moi. C’est ma victoire dans l’Aga Khan Nations Cup™ au Dublin Horse Show avec Count Me In. Ce fut vraiment un moment incroyable dans ma carrière et gagner devant mon public, chez moi, a été exceptionnel.

Quelles sont les qualités que vous recherchez quand vous achetez un cheval de saut d’obstacles 5* (ou potentiellement 5*) ?

C’est difficile à dire, je pense que tout le monde recherche la même chose. Ils doivent avoir de bons résultats et la volonté de gagner, et puis en termes de qualités, je pense que la prudence et la capacité de faire ce qu’il faut au bon moment sont très importantes.

Comment êtes-vous devenu un des plus grands propriétaires du milieu équestre ?

Cela s’est fait car je n’avais pas de grands sponsors ou de propriétaires pour me soutenir, j’ai donc été obligé de tout faire par moi-même. Maintenant j’ai beaucoup de chance car un très bon ami à moi, Conall Murray, de Mannon Farm, a commencé à acheter des chevaux avec moi. Ensemble, nous possédons Count Me In, Vital Chance De La Roque et Nadal Hero & DB qui sont mes trois meilleurs chevaux. Avoir son soutien est vraiment fantastique et ça me facilite énormément un achat si je peux partager le coût du cheval.

En tant que propriétaire, quel est le moment de votre carrière dont vous êtes le plus fier ?

Je suis très fier de ce que j’ai pu accomplir sans l’aide de multiples propriétaires. Bien-sûr, j’aurais préféré plus d’aide financière pour pouvoir acheter plus de chevaux et pour me donner plus de chances de gagner. Mais je suis très fier de ce que j’ai fait avec un budget limité, et j’ai adoré ces dernières années de ma carrière.

Comment équilibrez-vous votre double carrière de cavalier de classe internationale et de propriétaire de haut niveau ?

Ça ne me pose pas de problèmes. Je pense qu’il s’agit surtout d’avoir un bon programme pour les chevaux. En tant que cavalier, je voyage beaucoup, mais je veille toujours à ce qu’aucun des chevaux n’ait un programme trop chargé à un moment donné. J’essaie de leur préserver un bon équilibre entre travail et repos, et de les maintenir en forme, sinon ils ne sont pas à leur meilleur niveau en compétition.

Comment préparez-vous le CHI de Genève ?

J’y emmène mes meilleurs chevaux, Count Me In et Vital Chance De La Roque. J’ai monté Count Me In en salle au Washington International Horse Show le week-end dernier où il a gagné les qualifications pour la FEI Jumping World Cup™. Il va à Toronto la semaine prochaine et il aura ensuite quelques semaines de repos avant le CHI de Genève.

Vital Chance De La Roque a concouru à Sacramento il y a quelques semaines, et il y a aussi gagné la FEI Jumping World Cup™ Sacramento présentée par GV23 Wines. Il ira ensuite à Las Vegas, environ un mois avant le CHI de Genève. Tous les deux ont très bien sauté en salle et ils auront eu quelques semaines de repos avant le CHI de Genève, j’espère donc qu’ils seront toujours en forme à la fin de l’année.

Combien de chevaux avez-vous pour le moment ? Avez-vous de jeunes chevaux particulièrement prometteurs ?

Pour le moment, je n’en ai que cinq ou six. Je n’ai pas beaucoup de jeunes chevaux en ce moment. Habituellement, j’en ai quelques-uns en Irlande que je fais se développer là-bas et, si je crois qu’ils ont un potentiel pour concourir en 5*, je les fais venir en Amérique du Nord quand ils ont 8 ans.

Vous devez être très fier de Count Me In ; parlez-nous un peu de lui, et de quand vous vous êtes rendu compte de son potentiel. Qu’est-ce qui le démarque des autres chevaux de niveau 5* ?

Je connaissais déjà bien ce cheval avant même de l’acheter. Il était dans le circuit avec Beth Underhill et il avait déjà du succès, c’était un cheval très prudent qui faisait beaucoup de sans-fautes, mais pas au niveau où il saute aujourd’hui.

Quand il a été disponible, j’ai donc décidé de tenter ma chance avec lui, même s’il avait déjà 14 ans. J’ai vraiment réussi mon pari et je crois qu’il a surpris beaucoup de gens, moi y compris. C’est selon moi un cheval incroyable, et nous avons une excellente relation. Il continue à s’améliorer, il a changé ma carrière et je ne l’ai que depuis un peu plus d’un an.

Quels sont vos projets et ambitions pour 2023 et au-delà ?

Je pense que le classement est un reflet de la constance des résultats obtenus. Je suis très fier du fait que, la plupart du temps, mes chevaux sont capables de gagner et de se placer dans de nombreuses compétitions de très haut niveau. Mais une de mes plus grandes ambitions serait de gagner une médaille dans un grand championnat.

J’ai préféré ne pas participer aux Championnats du Monde de la FEI cet été avec Count Me In. Je pense que pour un cheval de cet âge, c’était trop lui demander de sauter plusieurs jours de suite. Je ne voulais pas l’épuiser ni l’amener à se blesser. Je crois que, si nous avions concouru, nous aurions obtenu un bon résultat ou peut-être même gagné une médaille grâce à ses qualités. Mais c’était la meilleure chose à faire pour mon cheval et pour sa longévité dans le sport de ne pas y aller. Il est extrêmement important de prendre la bonne décision pour vos chevaux et d’avoir leur intérêt à cœur.

Le Rolex Grand Slam est-il selon vous une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping est la compétition la plus prestigieuse de notre sport. Le montant du prix est exceptionnel et il rassemble les meilleurs concours dans le monde. C’est un privilège de participer aux Majeurs quand vous avez un cheval qui a le niveau suffisant pour le faire.

Quelle est votre compétition préférée parmi les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam of Show Jumping, et pourquoi ?

Le CHIO d’Aix-la-Chapelle est bien-sûr un événement très spécial. Je passe aussi beaucoup de temps à Spruce Meadows et j’y participe à des compétitions tout l’été, le site est vraiment exceptionnel. Le CHI de Genève est également un des meilleurs concours en salle. Mais je crois que le CHIO d’Aix-la-Chapelle est mon préféré. On n’y va qu’une fois par an, ce qui le rend encore plus spécial, et le public est incroyable.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

J’admire beaucoup de grands cavaliers et j’essaie de les observer et d’apprendre d’eux autant que possible. Si je devais en choisir un, ce serait John Whitaker. Je pense que c’est l’un des cavaliers les plus naturellement talentueux, il a monté beaucoup de chevaux différents et il les monte tous incroyablement bien. Sa longévité est exemplaire et il a toujours été une grande inspiration pour moi.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

Vous devez toujours croire en vos propres capacités. Tout au long de votre carrière, vous aurez de bons et de mauvais résultats, vous devez donc croire en vous-même et en votre capacité à progresser.

Qu’est-ce que vous aimez faire en dehors des concours hippiques ?

J’adore le sport et j’aime beaucoup jouer au golf ou regarder différents sports quand j’en ai l’occasion.

 

 

 

 

Photo: Rolex / Ashley Neuhof Photo: Rolex / Ashley Neuhof

Le CHI de Genève ajoute une journée à son programme!

 

Le très attendu CHI de Genève revient cette année du 7 au 11 décembre avec une journée supplémentaire de compétition qui s’ajoute à son programme déjà impressionnant d’événements sportifs et de grand spectacle.

Prévue le mercredi 7 décembre, la journée supplémentaire sera l’occasion de trois concours consacrés uniquement à des compétitions nationales. À partir de 1,15 m et jusqu’à 1,35 m de hauteur, ces compétitions seront une occasion unique pour les cavaliers amateurs de concourir dans l’une des plus prestigieuses arènes de saut d’obstacles dans le monde. En outre, les compétiteurs auront l’occasion de se qualifier pour un tout nouveau concours qui aura lieu le samedi soir de la compétition de cette année, la Coupe du Jockey Club du Crédit Suisse. Ce concours est une compétition par équipe en un seul tour, avec un barrage si nécessaire pour désigner le vainqueur final. Les équipes seront composées de deux gagnants des concours amateur du mercredi, d’un cavalier international et d’un cavalier de concours complet, rassemblant ainsi un éventail de différents athlètes participant à la compétition.

Les concours de haut niveau international commencent le jeudi 8 décembre avec le Trophée de Genève, en soirée, qui sera la première occasion de se qualifier pour le prestigieux Rolex Grand Prix du dimanche. Avant ce prestigieux concours se tiendra le premier de trois concours réservés aux cavaliers de moins de 25 ans, mettant ainsi sous les projecteurs le meilleur de la prochaine génération de cavaliers de saut d’obstacles.

Le vendredi 9 décembre, les spectateurs auront la chance d’assister au cross-country indoor présenté par la Tribune de Genève, avec quelques unes des grandes figures du concours complet venues concourir pendant leur « basse saison ». Le point culminant de vendredi sera pour beaucoup la 21e édition du Top 10 Rolex IJRC, qui voit l’élite des cavaliers de saut d’obstacles s’affronter pour le titre de meilleur des meilleurs dans ce qui est souvent comparé aux Nitto ATP Finals en tennis.

La compétition recommence samedi avec le Land Rover Grand Prix qui sera la dernière compétition pour les moins de 25 ans. Le CHI de Genève a toujours été fier d’apporter son soutien à la nouvelle génération et ce dernier concours mettra sous les projecteurs les talents en devenir du saut d’obstacles sur la plus grande piste indoor dédiée au sport équestre. Après ce concours du début de matinée, l’action ne manquera pas pour les fans de sport équestre qui se passionneront pour la Coupe de Genève, la Grande Chasse et le Crédit Suisse Challenge, ainsi que pour le premier des concours d’attelage, la FEI Driving World Cup™ présentée par l’Institut international de Lancy, qui déterminera l’ordre de départ des six conducteurs qui participeront dimanche matin à l’épreuve genevoise de la FEI Driving World Cup™, présentée par la Radio Télévision Suisse.

Le dernier jour de la compétition devrait être spectaculaire avec, à son apogée, le Rolex Grand Prix, le dernier Majeur de l’année 2022. Le Suisse Martin Fuchs cherchera sans doute à entrer dans l’histoire une fois encore devant son public en gagnant ce titre prestigieux pour la troisième fois de suite. Il devra cependant affronter une rude compétition face à 39 des meilleurs couples de cavaliers et chevaux du monde entier, dont l’Allemand Daniel Deusser, qui a déjà gagné deux des trois Majeurs Rolex Grand Slam of Show Jumping cette année.

(Photo: Spruce Meadows Media / Dave Chidley) (Photo: Spruce Meadows Media / Dave Chidley)

Daniel Deusser et Killer Queen VDM gagnent CP 'International', presented by Rolex à Spruce Meadows

Le cavalier allemand devient le prétendant au Rolex Grand Slam

 

Un parcours impressionnant et difficile comme tous ceux conçus par Leopoldo Palacios attendait 40 des meilleurs couples cheval cavalier du monde qui se sont affrontés pour le concours ultime des ‘Masters’ de cette semaine, le CP ‘International’, présenté par Rolex, dans le cadre du Rolex Grand Slam, sur l’emblématique International Ring de Spruce Meadows.

Lors de la première manche, aucun sans faute après 20 candidats et une série d’abandons témoignent de la sévérité de l’épreuve affrontée par les couples, le triple après la rivière n’étant qu’un des obstacles qui ont éliminé beaucoup de concurrents. Cependant, le jeune Belge de 24 ans Gilles Thomas et son hongre de 14 ans Aretino 13 ont bientôt démontré que le parcours du Vénézuélien Palacios était faisable, après avoir passé les 14 obstacles sans faute, très confiants, en un temps de 84,72 secondes. Bien qu’ayant accumulé quatre fautes, l’actuel prétendant au titre du Rolex Grand Slam of Show Jumping, Gerrit Nieberg, et son partenaire du Rolex Grand Prix au CHIO d’Aix-la-Chapelle en juillet, Ben 431, ont sauté avec aisance et sont restés plus que jamais en compétition. Peu après, McLain Ward et sa jument superstar HH Azur ont fait une démonstration de classe et d’harmonie en décrochant un deuxième sans faute en 83,73 secondes.

Le Suisse Steve Guerdat et son hongre de 13 ans, Venard de Cerisy, ont semblé inspirés par le parcours, avec le troisième sans faute de la journée effectué en 85,53 secondes. Avec un dépassement de la limite de 86 secondes, une faute de temps pour le Néerlandais Harrie Smolders et son cheval gagnant du CP International, présenté par Rolex en 2019 a terni un parcours autrement impeccable. Le duo vainqueur du Majeur CHIO d’Aix-la-Chapelle en 2021, mené par l’Allemand Daniel Deusser, a inscrit le quatrième sans faute de la journée et le dernier de cette première manche. Six autres couples se sont qualifiés pour la deuxième manche, dont les Mexicains Eugenio Garza Perez et Manuel Gonzalez Dufrane, le Suédois Peder Fredricson, le Témoignage Rolex Martin Fuchs de Suisse, l’Irlandais Paul O’Shea, et le Brésilien Francisco Jose Mesquita Musa.

Les 12 premiers cavaliers de la première manche ont dû affronter une deuxième manche avec des obstacles encore plus hauts, sur une distance légèrement plus courte, avec une limite de temps de 72 secondes. Les cinquièmes sur la ligne de départ, Martin Fuchs et son hongre gris de 10 ans ont donné une image de pure classe, survolant le parcours sans faute en 69,80 secondes, le premier de trois sans fautes consécutifs après quatre fautes dans la première manche, suivi de l’actuel prétendant au titre du Rolex Grand Slam of Show Jumping, Gerrit Nieberg et du Brésilien Eugenio Garza Perez avec son étalon de 11 ans, Contago. Mais leurs espoirs ont été de courte durée quand le duo vainqueur du CP International, présenté par Rolex de 2021, Steve Guerdat et Venard de Cerisy a été le premier couple à faire un double sans faute. L’actuel numéro 39 mondial Gilles Thomas est passé ensuite et, à la grande joie du public de Calgary, a également réussi un deuxième sans faute, déclenchant ainsi une épreuve de barrage. Le Témoignage Rolex Daniel « Double D » Deusser et sa jument de 12 ans Killer Queen VDM ont été les troisièmes qualifiés pour le barrage. Et c’est le vainqueur de la coupe Tourmaline Oil, McLain Ward, qui a été le quatrième qualifié, non sans suspense, après avoir fait trembler le premier obstacle du double Liverpool. Une troisième manche de barrage très ouverte a donc été installée devant un public connaisseur et impatient.

Premier à partir, Steve Guerdat a fait tomber le premier obstacle du double, passant la ligne d’arrivé avec quatre fautes, en 41,70 secondes. Derrière lui, Gilles Thomas a bousculé l’obstacle CP et renversé le dernier obstacle, passant la ligne avec huit fautes en 42,31 secondes. Daniel Deusser a pénétré calmement sur l’International Ring et méticuleusement suivi le parcours de barrage de huit obstacles, passant la ligne sans faute et dans le temps imparti et remportant ainsi le CP International, présenté par Rolex de 2022, ce qui fait de lui le prétendant au titre du Rolex Grand Slam of Show Jumping.

Après sa victoire dans le CP ‘International’, présenté par Rolex, Deusser a déclaré : « C’est un Grand Prix historique, c’est une épreuve que je suis depuis que je suis très, très jeune. Je la regardais à la télévision, et j’ai encore des cassettes VHS à la maison de ce Grand Prix. Je les regardais en boucle, et je n’aurais jamais imaginé de me retrouver ici, donc gagner le CP ‘International’, présenté par Rolex ici à Spruce Meadows, c’est vraiment fantastique. »

Ravi de la performance de sa jument Killer Queen VDM, Deusser a ajouté : « Je dois reconnaître qu’elle a fait une semaine fantastique. J’ai commencé le premier jour avec une petite épreuve et j’avais des doutes quant à la faire sauter dans une grande compétition, mais finalement je l’ai montée dans la grosse épreuve de vendredi, juste parce qu’elle n’avait jamais sauté dans l’International Ring. Je pense que c’était une bonne décision aujourd’hui, elle a fait trois superbes manches sans faute et elle aura sans aucun doute un très gros dîner ce soir, avec quelques carottes et des friandises ! »

(Photo: Spruce Meadows Media / Jack Cusano) (Photo: Spruce Meadows Media / Jack Cusano)

Meet the Next Gen:

Dylan Munro

 

Quels sont vos projets d’ici la fin de l’année ?

Pour le moment, les chevaux les plus âgés que j’ai ici à Spruce Meadows vont avoir un peu de repos, et puis nous reviendrons ici en octobre pour l’Oktoberfest avec quelques chevaux plus jeunes. Ensuite, nous prendrons un peu de repos avant de nous rendre à Thermal pour le circuit d’hiver, pendant les quatre premiers mois de l’année prochaine.

Qu’est-ce qui fait de Spruce Meadows un lieu de compétition si spécial ?

J’ai grandi dans la région, et quand j’étais enfant, je venais ici et je rêvais de concourir ici dans l’International Ring avec les meilleurs cavaliers du monde. L’historique du lieu, est tellement emblématique, et c’est vraiment un rêve qui se réalise pour moi de pouvoir concourir ici.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Mon plus grand moment de fierté jusqu’ici, c’est certainement d’avoir gagné le droit de concourir dans l’International Ring pendant les Summer Series. Je venais de passer en catégorie 1,40 m pendant les Summer Series, donc me qualifier pour monter là-bas, c’était fantastique.

Qui a été votre plus grande source d’inspiration jusqu’à présent ?

Dernièrement, je dirais mes deux entraîneurs, Kelly Koss-Brix et Ben Asselin. J’ai vraiment apprécié qu’ils me prennent sous leur aile et qu’ils m’apprennent le métier du saut d’obstacles et me donnent l’occasion de monter des chevaux vraiment incroyables.

Qu’est-ce qui vous donne envie de réussir et de gagner ?

Ce qui me motive, c’est qu’il y a toujours plus, vous voulez réussir le plus grand et le meilleur de la discipline, l’objectif est de pouvoir sauter ici dimanche et de pouvoir monter dans les meilleurs Grands Prix. C’est ça qui me motive à continuer et à travailler aussi dur.

Parlez-nous un peu des chevaux que vous montez cette semaine...

Ici j’ai Face to Face, ou « Frankie », comme on l’appelle à l’écurie. J’adore ce cheval, il a fait énormément pour moi et pour ma carrière équestre. Nous avons vraiment établi une relation incroyable, et je suis ravi de ce que nous avons réussi à faire ensemble cet été. C’est vraiment un excellent cheval pour moi et je ne dirai jamais assez de bien de lui.

L’autre jument que je monte ici est Castelle [Van Het Beeckhof Z], elle appartient à Telsec Farm. J’ai eu la chance qu’ils me donnent l’occasion de la monter. Elle a tout de la jument typique, elle a son caractère et veut toujours faire les choses à son idée. Mais elle a un talent incroyable pour sauter l’obstacle et je pense qu’elle a un avenir brillant.

Avez-vous de jeunes chevaux qui selon vous ont un avenir de champion ?

Je ne possède pas de chevaux personnellement, mais celui que je monte chez nous pour Ben et Kelly, Macgyver, est le propre frère de Makavoy, un excellent cheval de Ben qui profite aujourd’hui d’une retraite bien méritée au pré. Macgyver évolue doucement et il suit une bonne progression, je pense qu’il a un grand potentiel.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait jamais donné ?

Juste la semaine dernière, Ben m’a dit que j’avais fait tout le plus dur du travail en dehors de l’arène et que finalement, je n’avais plus qu’à aller sur le terrain et concourir. Il a dit que je devais avoir confiance dans le travail et les processus que j’ai accomplis et dans toutes les heures que j’ai passées à m’entraîner et qui s’avéreront utiles sur le terrain. Je dois juste me présenter sur la piste en étant motivé et en croyant que je peux gagner chacune des épreuves.

Selon vous, le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

Tout à fait, c’est une excellente initiative. Il a vraiment ramené l’intérêt du public envers le saut d’obstacles rendu la discipline véritablement attrayante. Je n’ai pas pu aller en Europe pour assister aux grands concours qui y ont eu lieu. Mais être présent ici et voir l’intérêt du public et comment les gens s’impliquent dans le sport, c’est génial et c’est excellent pour notre discipline.

Qu’est-ce que vous aimez faire en dehors des concours hippiques ?

J’essaie de me rendre utile à l’exploitation agricole de mes parents, autant que possible. J’aime aussi beaucoup le hockey et je vais assister aux matchs des Calgary Flames en hiver, chaque fois que je peux. De manière générale, j’apprécie beaucoup tous les sports.

(Photo: Spruce Meadows Media / Mike Sturk) (Photo: Spruce Meadows Media / Mike Sturk)

Word from the organiser:

Linda Southern-Heathcott

 

Vous devez être ravie de voir le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ se dérouler sans restriction de capacité ?

Absolument, c’est fantastique d’être de retour. Et quelqu’un doit veiller sur nous car nous avons un soleil magnifique, nous avons vu des performances exceptionnelles et c’est vraiment merveilleux de voir tous les éléments tourner en notre faveur.

Y a-t-il des nouveautés au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ cette année ?

La plus grande nouveauté de cette année, ce sont les démonstrations car nous voulions vraiment mettre le dressage en valeur. Je pense qu’au Canada il y a un réel besoin de promouvoir le dressage. C’est une discipline qui se développe rapidement, qui est pleine d’élégance et j’ai l’impression que le public a beaucoup apprécié. Nous avons eu deux superbes compétiteurs, des Canadiens et gagnants de CDI. L’un d’eux nous arrive des Championnats du Monde et l’autre est une étoile montante dans la discipline. C’était assez amusant d’ailleurs, les chevaux étaient bien assortis et ils ont présenté une excellente performance vendredi soir. Ils vont aussi lancer le CP International, présenté par Rolex.

Quelles qualités recherchez-vous chez vos collaborateurs ? Et quels sont les ingrédients de la réussite pour une équipe comme la vôtre ?

La qualité la plus importante, c’est la capacité à travailler ensemble, dans les bons moments et dans les périodes plus difficiles. L’équipe doit s’atteler à la tâche et s’efforcer de trouver des solutions à tous les problèmes qui se présentent. Et toutes ces difficultés doivent être des occasions de nous améliorer. Pour moi, c’est ça le plus important.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui veut se lancer dans le secteur des événements sportifs ?

Le conseil le plus important que je donnerais, et ce n’est pas mon point fort, c’est de faire preuve de patience. J’encouragerais aussi ces personnes à se fixer des objectifs, à bien les identifier et à toujours travailler pour les atteindre. Je crois que l’une des valeurs communes partagées par les quatre compétitions du Grand Slam, c’est que nous misons tous sur le long terme. Il ne s’agit pas de rechercher un succès rapide ou des résultats immédiats, il s’agit de développer ce sport et de s’engager pour lui, de construire avec toutes les parties prenantes, que ce soit avec les athlètes, le public, les sponsors ou les médias. Il s’agit de maintenir une cohérence entre tous ces éléments et de faire progresser le sport.

Selon vous, qu’est-ce qui fait le succès d’un événement sportif d’importance ?

Il doit être passionnant. Chacun des événements du Rolex Grand Slam est unique et ils ont tous leur propre atmosphère. Dans notre sport aujourd’hui, je crois qu’il y a une certaine uniformité engourdissante. Pour le golf, le Masters est différent de l’Open des États-Unis, et en Formule 1, le Grand Prix de Monaco est différent du Grand Prix des Pays-Bas. Un des ingrédients du succès, c’est d’être unique et d’être fidèle à votre culture et à votre caractère. Un autre ingrédient est d’avoir les meilleurs athlètes. Ensuite il faut laisser le sport et la compétition prendre le dessus pour, en tant que spectateur, regarder et vraiment apprécier l’intensité du spectacle et y prendre plaisir. Si vous avez tous ces ingrédients, je pense que votre événement sera un succès.

(Photo: Spruce Meadows Media/Jack Cusano) (Photo: Spruce Meadows Media/Jack Cusano)

McLain Ward et HH Azur remportent la Tourmaline Oil Cup

 

Pas moins de 49 couples cavalier-cheval, dont quatre des dix meilleurs cavaliers au monde, se sont affrontés dans l'épreuve phare de la deuxième journée des Masters CSIO5* de Spruce Meadows, la Tourmaline Oil Cup de 1,60 m. Le chef de piste vénézuélien Leopoldo Palacios semble avoir mis en place une tâche difficile, car plusieurs des meilleurs cavaliers du monde n’ont pas pu négocier le parcours de 12 obstacles sans faute et passer au barrage. Cependant, à la grande joie du public du site international, une petite série de partenariats a renversé la tendance vers la fin de l'épreuve, donnant lieu à un barrage de six chevaux, réduit ensuite à quatre après que l'israélien Daniel Bluman et Ladriano Z, et le troisième du Rolex Grand Prix au CHIO d'Aix-la-Chapelle, Nicola Philippaerts et Katanga v/h Dingeshof, aient décidé de ne pas participer.

Les quatre duos en lice pour la confrontation finale comprenaient l'américain McLain Ward et HH Azur, le champion du Rolex Grand Slam de saut d'obstacles et Témoignage Rolex, Scott Brash et Hello Jefferson, un autre Témoignage Rolex, l'allemand Daniel Deusser et son étalon de 11 ans, Bingo Ste Hermelle, et Harrie Smolders et son étalon superstar Darry Lou, qui connaît cette arène mieux que quiconque, puisqu'il a triomphé ici dans le CP 'International', présenté par Rolex en 2019 avec son ancienne partenaire Beezie Madden.

Un barrage de huit efforts attendait les quatre paires, Scott Brash étant le premier à partir, avec un double sans faute en 45,92 secondes. Il était suivi par McLain Ward, qui a fait le tour du parcours sans faute, battant le temps de Scott Brash de plus de 5 secondes. Il ne restait plus que Daniel Deusser et Harrie Smolders, qui ont tous deux réussi un sans faute, mais aucun d'entre eux n'a été capable d'améliorer l'avance inattaquable de l'américain. L'allemand a pris la deuxième place et le néerlandais la troisième.

Ravi de sa victoire et de sa jument de 16 ans, McLain Ward a commenté : « Les chevaux comprennent l'importance et l'énergie d’une manière différente de la notre. Je pense que ces grands champions sentent l'atmosphère et veulent bien faire, nous faire plaisir et se montrer à la hauteur. Elle s'est approchée de la barrière aujourd'hui et elle a levé la tête, ses yeux étaient dirigés vers l'arène, ses oreilles étaient dressées, ce cheval me poussait à y aller et faire le job. D'une certaine manière, elle le comprenait, c'est sûr. »

En ce qui concerne le CP 'International', presenté par Rolex de dimanche, et la façon dont il va se préparer, McLain Ward a déclaré : « J'ai suffisamment d'expérience maintenant. J'essaie juste de me concentrer sur mon parcours, d’avoir confiance en notre préparation et de croire en mon cheval. Il faut aussi un peu de chance. »

(Photo: Spruce Meadows Media/Mike Sturk) (Photo: Spruce Meadows Media/Mike Sturk)

Interview cavalier:

Matthew Sampson

 

Vous avez connu de magnifiques succès à Spruce Meadows, qu’est-ce qui rend la compétition si spéciale ici ?

Je suis venu ici pour la première fois l’année dernière et de nouveau cette année pour les Summer Series, qui ont été fantastiques. J’ai eu la chance de gagner deux Grands Prix 5* avec deux chevaux différents. Les chevaux donnent le meilleur d’eux mêmes ici et les installations sont les meilleures qui existent, je suis donc très reconnaissant de pouvoir monter dans cette compétition.

Quels chevaux montez-vous cette semaine aux Spruce Meadows ‘Masters’ ?

Pour le 5*, j’ai deux chevaux, dont Ebolensky, qui a gagné le 5* ici la semaine dernière, et puis j’ai Fabrice DN qui va concourir dans le Grand Prix [CP International, présenté par Rolex], donc voilà, c’est ce qui est prévu. Ce sont deux excellents chevaux, très différents. L’un des deux appartient au mexicain Luis Alejandro Plascencia, et l’autre m’appartient ainsi qu’à la famille anglaise, Evison. Tous les deux sont très bons et je suis sûr que nous allons passer une bonne semaine.

Avec Fabrice DN, vous avez gagné le Grand Prix 5* RBC du Canada en juin et vous avez rendu hommage à votre équipe. Parlez-nous de l’importance de votre équipe dans vos succès...

Je ne pourrais rien faire sans eux, Kate, Brad, mon amie Kara et tous les autres, chez nous. Et avec tous ces gens, je ne peux pas oublier mes propriétaires, et mes parents qui m’ont permis d’arriver jusqu’ici. Bien souvent on n’en parle pas assez mais il y a une grande équipe derrière moi qui s’occupe des chevaux pour qu’ils soient dans la meilleure forme possible pour la journée.

Avez-vous de jeunes chevaux qui ont selon vous le potentiel pour devenir des gagnants de Grands Prix 5* ?

J’ai un cheval qui s’appelle King Lepatino, qui a déjà sauté ici et qui appartient à Cumberland Acres, une écurie américaine. Il a 7 ans et il a fait ses débuts internationaux ici sur l’International Ring avec un joli sans-faute, ce qui me donne de grands espoirs pour lui.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

Tout d’abord mes parents, qui m’ont toujours encouragé et qui ont toujours eu confiance en moi. En ce qui concerne les cavaliers, je dirais John et Michael Whitaker, parce que j’ai grandi en les admirant. Mon ami Scott Brash, qui a bien-sûr connu un succès fantastique ici. Nous avons beaucoup travaillé ensemble quand nous étions plus jeunes et il est toujours là pour me conseiller. Il y en a beaucoup d’autres, comme Duncan Ingles pour qui j’ai travaillé étant plus jeune et qui m’a beaucoup aidé.

Qu’est-ce que vous aimez faire en dehors des concours hippiques, qu’est-ce qui vous passionne ?

N’importe quel type de compétition. La plupart du temps, nous n’avons pas beaucoup d’occasions de faire autre chose, donc juste profiter de ma famille, c’est la chose la plus importante quand je ne suis pas en compétition.

Quel est votre plus grand moment de fierté professionnelle jusqu’ici ?

Je pense que c’est quand j’ai gagné mon premier Grand Prix 5* ici à Spruce Meadows, c’était pour moi l’ambition de toute une vie, c’est ce que tout cavalier souhaite accomplir, c’était donc vraiment spécial.

Selon vous, le Rolex Grand Slam est-il une bonne chose pour le saut d’obstacles ?

C’est tout simplement incroyable. Ce sont les meilleurs événements de notre discipline. Il y a tellement de Grands Prix, mais ceux-là sont sans aucun doute les meilleurs. Pouvoir concourir dans ces lieux exceptionnels pour ces Grands Prix, c’est vraiment fantastique pour notre sport, donc merci à Rolex pour ça.

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Reconnaissance de parcours avec:

Leopoldo Palacios

 

À quoi ressemble une journée typique pour vous aux Spruce Meadows ‘Masters’ ?

En général je me lève à 6 h, et j’arrive sur le terrain à 7 h. Je vais finir la journée assez tard ce soir, vers minuit, car je dois attendre la fin de l’épreuve ATCO Six Barres pour aller ensuite installer le parcours de demain matin. Je viendrai ensuite demain matin de bonne heure pour mettre la touche finale au parcours, ce qui fait partie de mon travail.

En dehors de la création de parcours, quelles sont vos passions ?

Les chevaux sont ma grande passion. J’adore les chevaux. J’aime aussi la pêche au marlin et au thon en haute mer, une passion que je partageais avec mon père. Mais juste pour les pêcher, pas pour nager avec eux ! Ma famille possédait un bateau de pêche spécial que mon père utilisait pour les compétitions au Venezuela. Vers la fin de sa vie, après avoir arrêté l’agriculture, mon père allait à la pêche et je l’accompagnais, c’est ainsi qu’est né mon amour de la pêche. Mon pays d’origine, le Venezuela, est un vrai paradis de la pêche au marlin, et les Caraïbes également. Cet aspect de ma vie se déroule en parallèle de ma carrière de chef de piste.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait devenir chef de piste professionnel ?

Le premier conseil que je donnerais serait que vous devez adorer les chevaux. Je leur dirais aussi que vous devez être animé par la passion et non par l’argent, ce n’est pas un métier qu’on fait pour l’argent. Vous pouvez en vivre, bien-sûr, et je vis bien, mais ce métier est fondé sur l’amour des chevaux et sur la passion du sport équestre. Pour l’aspect technique, je recommanderais à un jeune chef de piste d’apprendre la géométrie et d’avoir des compétences en dessin, de façon à être bien conscient de l’échelle et pour élaborer des plans de qualité. Il est aussi essentiel de bien comprendre les chevaux et de les connaître, et plus particulièrement d’être capable de lire leurs expressions pour savoir s’ils sont heureux ou tristes. Quelqu’un qui veut devenir chef de piste doit donc avoir un bon équilibre entre les compétences techniques et le ressenti. Enfin, vous devez créer les meilleurs parcours possibles, de façon à faire concourir les cavaliers les uns contre les autres et non contre vous et votre parcours.

Quel est le souvenir le plus marquant de votre carrière de chef de piste ?

C’est une question très difficile, mais un jour j’ai vraiment été heureux et mon cœur a battu la chamade, quand Scott Brash a gagné le Rolex Grand Slam of Show Jumping ici même. Ce jour-là, le stade était plein et le silence était total sur l’International Ring, on n’entendait que Hello Sanctos. À mon avis, ce que fait Rolex pour ce sport est fantastique. Un autre moment très émouvant pour moi a été les Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Jamais dans l’histoire des Jeux Olympiques le barrage individuel n’a eu que trois chevaux qualifiés pour déterminer les trois médailles. C’était un rêve pour moi, quelque chose que j’avais toujours voulu. Et c’est arrivé. Sur le moment j’ai perdu la tête et j’ai commencé à sauter dans tous les sens. Et ça n’est pas arrivé avec des doubles sans-fautes, c’est arrivé avec des fautes dans les deux passages.

En tant que chef de piste principal, où et quand avez-vous créé votre premier parcours ?

J’ai conçu mon premier parcours en tant que chef de piste principal au Venezuela en 1976. Ensuite, j’ai conçu mon premier parcours international pour la North and South American League en 1977.

Qui est votre plus grande source d’inspiration ?

Mes principales sources d’inspiration ont été Arno Gego et Pamela Carruthers, qui ont tous deux été mes mentors. J’ai travaillé avec eux pendant de très nombreuses années. Pendant trois ans, j’ai été l’assistant de Arno Gego et j’ai énormément appris avec lui, il est devenu comme un second père pour moi après ça.

Et maintenant parlez-nous du parcours que vous avez conçu pour l’épreuve du CP International, présenté par Rolex qui aura lieu dimanche, et de qui selon vous remportera la compétition...

Je n’ai jamais aimé construire des parcours qui manquent d’équilibre, je veillerai donc pour dimanche à inclure une longue distance, une distance courte et une distance moyenne. De cette manière, le parcours conviendra à tous les chevaux et à tous les cavaliers.

Cette année je pense que nous avons une superbe palette de chevaux et le niveau est très élevé, les meilleurs des meilleurs. D’habitude, quand je regarde la liste des concurrents pour le CP International, présenté par Rolex et que je vois comment les chevaux ont sauté pendant la semaine, je peux voir entre 15 et 20 chevaux capables de l’emporter. Mais cette année, je pense que nous avons près de 30 couples qui ont une bonne chance de gagner. Je crois que les cavaliers ont commencé à comprendre la signification du Rolex Grand Slam et qu’ils réservent leurs chevaux pour qu’ils soient prêts pour cette formidable opportunité.

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Conor Swail remporte la CANA Cup

 

Sur l’emblématique International Ring de Calgary, par une journée ensoleillée mais déjà fraîche, 37 couples de 17 nations, tous bien décidés à se qualifier pour le CP International, présenté par Rolex, se sont affrontés pour la CANA Cup à 1,60 m, au premier jour de l’édition 2022 du CSIO5* Spruce Meadows ‘Masters’. Parmi les cavaliers les plus remarquables figuraient l’actuel numéro un mondial, le Suédois Henrik von Eckermann, le champion britannique du Rolex Grand Slam of Show Jumping Scott Brash, l’Américain McLain Ward et un ancien gagnant du Majeur, l’Autrichien Max Kühner.

Conçu par le Vénézuélien Leopoldo Palacios, le premier parcours de 12 obstacles a été terminé sans faute par six couples. Parmi ces six cavaliers, le Français Kevin Staut et l’Israélien Daniel Bluman ont décidé de ne pas revenir, ne laissant donc que quatre cavaliers pour le barrage. Ces cavaliers étaient le Belge Olivier Philippaerts, Marc Dilasser pour la France, l’Irlandais Conor Swail, et l’actuel 18e du classement mondial et Témoignage Rolex, le cavalier allemand Daniel Deusser.

Les premiers dans l’arène, Olivier Philippaerts et son étalon de 11 ans Le Blue Diamond V't Ruytershof ont commis quatre fautes, tout comme Daniel Deusser et son étalon de 11 ans, Bingo Ste Hermelle, qui sont passés derrière eux. Très en forme, Conor Swail (actuellement 5e au classement mondial) et son hongre de 15 ans, Count Me In, n’ont fait aucune erreur et se sont montrés très confiants sur le parcours écourté, avec un sans-faute réalisé en 43,46 secondes. Le dernier à passer, le Français Marc Dilasser a commencé très fort avec son hongre de 10 ans Chamann Has, avant de faire tomber l’avant-dernier obstacle, terminant à la troisième place du classement général.

Aux anges après sa victoire et louant le soutien de son équipe, Swail a commenté : « Je suis là tous les jours et je monte une heure ou deux, mais ils sont tous là à travailler dur pour veiller à ce qu’il [Count Me In] soit en forme et à ce qu’il voyage de tel à tel endroit dans de bonnes conditions. Bien-sûr, nous sommes très bons dans ce que nous faisons, mais c’est l’équipe qui est derrière vous qui permet que tout se passe bien et que le succès soit au rendez-vous. »

Et sur sa qualification pour le Majeur Rolex de dimanche, Swail a ajouté : « Je suis très optimiste car mon cheval est en grande forme. Il a déjà sauté ici cet été et il est aussi arrivé deuxième ici au Grand Prix [CP ‘International’, présenté par Rolex]. Il me donne toujours de bonnes opportunités, donc si j’ai un peu de chance dimanche, nous pourrons peut-être frapper à la porte de la victoire ou du podium. »

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Interview Cavalière:

Amy Millar

 

Quels chevaux montez-vous cette semaine ?

J’ai deux chevaux ici, Christiano et Truman. Ce sont tous les deux des hongres bai que je monte depuis un moment. Ce sont des chevaux fantastiques, ils sont robustes, courageux, gentils et performants, je suis donc très optimiste concernant nos chances cette semaine !

Pourquoi les cavaliers aiment-ils tant venir à Spruce Meadows et y concourir ?

C’est un lieu particulièrement magnifique. Quand on passe sous la tour de l’horloge et que l’on adresse le salut officiel au sponsor, sans parler des parcours qui sont toujours vraiment difficiles, on ne s’ennuie jamais ici. Ce qui est vraiment spécial avec le ‘Masters’, c’est le public et le niveau de qualité des chevaux présents. C’est une excellente chose pour le Canada d’avoir des animaux et des cavaliers de ce niveau qui viennent ici. Depuis le Covid, la situation a été vraiment difficile au Canada, donc avoir aujourd’hui le meilleur de l’Europe et les meilleurs du monde, c’est vraiment génial.

Quels sont vos plans pour cette semaine, et particulièrement en ce qui concerne le CP International, présenté par Rolex de dimanche ?

Se qualifier est de première importance. Mon meilleur cheval est Truman, qui va concourir pour la Coupe des Nations de samedi, et qui sautera encore dimanche. C’est un cheval robuste et il est sans aucun doute en forme pour tout faire. Tout se jouera sur la récupération, surtout si nous faisons deux parcours difficiles samedi. Il lui faudra se sentir au mieux de sa forme et avoir beaucoup d’énergie pour dimanche, et nous verrons comment ça se passera.

Parlez-nous des Championnats du monde et de l’équipe canadienne de show jumping exclusivement féminine...

Les Championnats du monde ont été une expérience formidable. Être entourée de cavaliers et de chevaux de cette qualité, de ce professionnalisme, c’était vraiment incroyable. Les parcours étaient difficiles mais fantastiques, et la marge d’erreur était inexistante. Le fait d’être dans cet environnement, ça ne peut que vous pousser à faire mieux. Oui, il y a toujours une marge de progression, mais me trouver entourée de ce niveau me motive pour être meilleure.

En ce qui concerne l’équipe exclusivement féminine, j’ai passé un moment formidable. Avec les filles, Tiffany, Beth et Erryn, nous avons passé des moments exceptionnels et nous nous entendons vraiment bien. Nous sommes toutes des femmes fortes, nous sommes toutes différentes mais au final nous sommes des battantes. J’ai vraiment apprécié le temps que nous avons passé ensemble et les batailles que nous avons livrées ensemble.

Avez-vous de jeunes chevaux pour lesquels vous nourrissez de grands espoirs ?

Je monte deux très bons chevaux de huit ans en ce moment. L’un d’eux s’appelle Jagger Hx et j’ai de grands espoirs pour lui. Il excelle au saut, il est prudent, et avec un peu d’entraînement, j’espère qu’il arrivera au meilleur niveau. L’autre est une petite jument irlandaise qui s’appelle Athena. Elle est rapide, prudente et très motivée. Si ces deux-là évoluent comme je l’espère, j’aurai un autre duo de choc prêt à prendre la relève de Christiano et Truman. C’est mon objectif en termes de longévité et de durabilité.

Qu’est-ce que le Rolex Grand Slam a fait pour le saut d’obstacles ?

Le Rolex Grand Slam est un événement très spécial pour le saut d’obstacles. J’ai eu une petite conversation avec l’équipe Rolex quand je suis allée en Europe et ils m’ont parlé de leur marque et comment ils essaient de ne l’associer qu’avec l’excellence parce que c’est ce qui caractérise leur marque. Je regarde ensuite les concours hippiques et les cavaliers qu’ils sponsorisent. Puis je vois la qualité de leurs montres et je comprends vraiment que Rolex, c’est avant tout une affaire d’excellence. Et à chaque fois que vous allez à l’un de ces Majeurs Rolex, vous savez que tout sera exceptionnel et au meilleur niveau de compétition. Comme je le disais, c’est une véritable inspiration.

Qu’est-ce que vous aimez faire en dehors des concours hippiques ?

Eh bien, j’ai deux enfants, de 4 et 12 ans. J’ai aussi un époux merveilleux, qui ne monte pas à cheval. Quand je ne monte pas, je passe autant de temps que possible avec eux. Être entourée de ma famille, c’est ce que je veux quand je ne m

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Mot de l'organisateur:

Ian Allison

 

Vous devez être ravi que le public soit de retour au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ pour donner cette ambiance si particulière à l’International Ring, sans oublier les téléspectateurs du monde entier ?

Ces deux dernières années ont été pour le moins inhabituelles, et difficiles sous certains aspect. Bien-sûr, il y a eu l’impossibilité d’organiser des tournois au Canada en 2020, puis le concours a eu lieu l’année dernière avec une dérogation pour intérêt national, avec beaucoup de restrictions, mais cela nous a au moins permis de nous remettre en jambes pour la compétition. Revenir aujourd’hui, c’est comme tirer un bateau hors de la cale sèche, nous avons rencontré des difficultés de personnel, le sport a changé et de nouveaux acteurs sont là, c’est donc une grande aventure pour Spruce Meadows, pour nos concitoyens, et pour les cavaliers, les médias, le public et aussi pour les sponsors de l’événement. Nos sponsors ont été fantastiques, nous avons un excellent soutien médiatique et la meilleure affiche qu’on ait jamais eue aux Spruce Meadows ‘Masters’, c’est merveilleux !

Pouvez-vous nous parler du nouveau partenariat avec Sportsnet ?

Nous avons travaillé avec Sportsnet à plusieurs occasions. Pendant la pandémie, nous avons commencé à penser à faire plus de choses par nous-mêmes, car nous ne pouvions pas faire entrer beaucoup de gens sur le site, la diffusion en streaming est donc devenue beaucoup plus répandue et acceptable. Nous avons entamé les discussions et nous avons été accueillis avec beaucoup d’enthousiasme. Nous avons pu étendre notre diffusion sur 13 semaines consécutives sur Sportsnet, en heure de grande écoute, en direct et en rediffusion.

L’un des aspects intéressants de ce sport est qu’il a un public fidèle, il a aussi un public de fans qui sont des passionnés du cheval, et qui sont généralement occupés avec leurs chevaux pendant le weekend. Nous avons pensé que s’il était possible d’avoir une offre en direct pour chaque événement, qui vous permettrait de ne jamais manquer un parcours sur l’International Ring, plus quelque chose qui permettrait aux gens de regarder les moments forts, alors il fallait le faire. Nous avons décider d’élaborer un projet et nous en avons discuté avec Sportsnet et, pour être honnête, les discussions n’ont pas duré longtemps, car ils connaissaient Spruce Meadows et notre façon de travailler, et ils savaient que nous avons un public d’un bout à l’autre du Canada grâce à l’intérêt que nous avons pu susciter et cultiver avec les années.

La collaboration a commencé cette année et elle fonctionne à merveille depuis le début. Ce dimanche, nous aurons trois heures diffusées sur Sportsnet dans tout le pays et, grâce à la flexibilité de leur programme et au nombre de plateformes qu’ils possèdent, le public pourra regarder les épreuves tout au long de la semaine, car il se peut que les gens soient plus intéressés par le début de saison de la NFL ou par la finale de l’US Open ce weekend. Le programme est vraiment très dense.

Vous travaillez à Spruce Meadows depuis 47 ans, quel est votre souvenir le plus marquant ?

Aujourd’hui, tout particulièrement, il est difficile de ne pas évoquer la visite de Sa Majesté la Reine à Spruce Meadows. En juin 1990, le soleil s’est levé sur une matinée sans nuages, et le public a commencé à arriver pour une journée de juin inhabituellement ensoleillée. Je me souvient très bien d’une femme dans la grande tribune sud à 6 h du matin avec un drapeau du Pays de Galles, et elle avait conduit plusieurs heures pour venir. Ce fut une journée magique et nous avions la grande responsabilité de mener à bien ce projet avec Mme Southern, qui voyageait avec Sa Majesté, et nous savions qu’elle voulait pouvoir être fière à l’ouverture des portes de la propriété.

Il y a eu ensuite d’autres journées plus patriotiques avec les victoires emblématiques de Ian Millar avec Big Ben et d’Éric Lamaze avec Hickstead. Et bien-sûr, quand Scott Brash a gagné le Rolex Grand Slam, cette victoire restera à jamais associée à Spruce Meadows.

L’année prochaine marquera les 10 ans du Rolex Grand Slam of Show Jumping, quel succès a-t-il obtenu et quels changements positifs a-t-il apportés à la discipline ?

Il a obtenu un succès fabuleux. Il s’est fait connaître au-delà du monde équestre et les gens ont compris qu’il s’agit d’un événement de concept et de difficulté incroyables. Je pense qu’il a permis de réunir quatre des plus grands événements de saut d’obstacles au monde, chacun gardant ses particularités propres, sous l’égide d’une marque distinctive, avec un objectif commun. Il ne s’agissait pas d’une simple stratégie commerciale, et les quatre concours ont pu conserver leur individualité, que ce soit la magnificence de Genève ou les Dutch Masters, ou Aix-la-Chapelle.

La crédibilité du Rolex Grand Slam of Show Jumping est ce qui le distingue des autres concepts qui ont été lancés. Rien n’a été ajouté au calendrier et il s’est construit sur les fondations d’organisations déjà bien établies et qui ont une certaine réputation d’excellence. Les athlètes connaissaient les sites et ils savaient ce qu’il en coûterait pour pouvoir y gagner. Si vous regardez la liste de tous les champions présents à chacun des événements, c’est impressionnant. Ce qui est aussi impressionnant, c’est le nombre de révélations, comme Sameh El Dahan ou Gerrit Nieberg, leur vie s’en est trouvée bouleversée. Pour toutes ces raisons, je pense que c’est un succès incontestable.

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