Rolex Grand Slam of Show Jumping

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Dans les coulisses de The Dutch Masters : Vendredi 8 Mars

Bonheur hollandais au prix VDL Groep Prize

(Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink) (Photo: The Dutch Masters / Remco Veurink)

Vendredi a marqué le premier jour de la compétition internationale de saut d’obstacles du Dutch Masters, avec l’épreuve-phare de la journée, le Prix VDL Groep, se déroulant en soirée sous les feux du Brabanthallen. Les meilleurs couples cheval-cavalier au monde étaient réunis pour attaquer le parcours à 1,55 m pensé par Louis Konickx.

Par coïncidence, sur les quarante-deux cavaliers à fouler la piste, c’est Henrik Von Eckermann, premier mondial, qui se présente au départ avant tout autre, aux rênes du sensationnel King Edward. Champion du monde FEI en titre, ce couple écope malheureusement de quatre pénalités.

Troisième à passer, le Témoignage Rolex Bertram Allen signe le premier sans faute. Et parmi les cavaliers qui tentent de faire de même, c’est le Hollandais Franck Schuttert qui y réussit le premier, promettant ainsi un barrage à la foule. D’autres parcours exempts de pénalités s’ensuivent : Steve Guerdat sur Dynamix de Belheme, champions d’Europe FEI, puis Daniel Deusser, autre Témoignage Rolex et gagnant à trois reprises du Rolex Grand Prix dans ce lieu-même, qui une fois encore montre sa maîtrise de la piste principale avec un sans faute élégant.

Au total, ce sont onze cavaliers qui se qualifient pour le barrage, dont Richard Vogel, Prétendant actuel au Rolex Grand Slam of Show Jumping, et deux jeunes cavaliers de la Rolex Young Rider Academy, Robert Murphy et Lars Kersten.

Après une courte pause, les cavaliers entrent sur la piste, cette fois dans l’ordre inverse au classement de la première manche. Le couple ayant signé le sans faute le plus rapide a maintenant l’avantage d’être le dernier à partir. Deusser, premier en piste, donne le rythme avec un sans faute de 44,73 secondes. Mais ce ne sera pas le jour de l’Allemand : Guerdat clôt son parcours fluide et agile avec 2,08 secondes de moins au chrono. Peu après, la foule explose lorsque Maikel van der Vleuten grappille 0,61 secondes sur le Suisse. Aucun des cavaliers qui lui succèdent ne pourront égaler la précision et le talent de van der Vleuten. Le Hollandais empoche donc le Prix VDL Groep 2024.

Après sa victoire, van der Vleuten nous confie : « Mon cheval [Beauville Z N.O.P.] a été incroyable ! Je suis ravi de ce résultat car c’était là son premiers concours en deux mois et demi. Il a beaucoup mieux sauté au barrage, ce qui m’a permis de faire les foulées nécessaires pour battre le chrono de Steve [Guerdat]. On va voir comment il se sent dans les jours à venir, mais l’idée serait de le faire participer au Rolex Grand Prix de dimanche. »

Le nouveau chouchou du public ajoute alors que : « les meilleurs cavaliers au monde sont présents, non seulement pour participer mais pour essayer de gagner. En tant que cavalier hollandais, ce concours est très spécial à mes yeux, et la foule est extraordinaire. Elle m’a soutenu tout le long ce soir. Remporter la victoire devant les siens est un plaisir immense et particulier. »

Interview avec Louis Konickx

(Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

Selon vous, qu’est-ce qui fait du Dutch Masters une compétition à part ?

C’est un concours très spécial, où j’ai beaucoup de très bons souvenirs. Mardi, au moment de poser les barres avec mon équipe, nous sommes restés sans voix : la piste est superbe, et le village des exposants bourdonnait d’activité. Pour moi, ce concours n’a pas son pareille. En tant que chef de piste, j’ai très peu de contraintes. Je peux laisser libre cours à mon imagination. Les autres concours ont aussi des villages d’exposants ou des espaces agréables, mais l’atmosphère qui règle au Dutch Masters est très spéciale.

 

Parlez-nous un peu du parcours que vous avez créé pour le Rolex Grand Prix ce dimanche...

Chaque année, lorsqu’il est temps de concevoir un parcours pour le Dutch Masters, je suis assailli par les souvenirs. Il y a une semaine environ, nous avions posé nos idées sur le papier avec les dimensions réelles de la piste. Le parcours était très beau, mais nous avons vite aperçu notre erreur : toutes les combinaisons étaient du côté droit de la piste, et impossible de les changer de côté sans tout détruire ! Nous avons vite trouvé une solution, qui donne un parcours très particulier, avec un demi-tour qu’on ne voit pas souvent en compétition. Les cavaliers devront sauter un double avant de faire volte-face pour en affronter un autre. Quintin [Maertens], qui est le maître des mesures précises, voulait vérifier que ce virage était possible à prendre. Jeudi, nous nous sommes donc rendus sur la piste principale et nous avons testé notre idée pour être sûrs qu’elle fonctionnait. Heureusement, c’était le cas !

La première manche comprendra quatorze obstacles, un nombre conséquent mais qu’on a déjà vu au CHI de Genève. On aura deux doubles et un triple. Les conditions exceptionnelles font que les chevaux sautent très bien ici, et il faut en tenir compte pour proposer le parcours idéal. Nous avons pour le moment deux idées de barrage différentes. Il va nous falloir décider laquelle choisir. 

C’est un très grand honneur pour les cavaliers d’être ici, ils auront hâte de tester les aptitudes de leurs montures au top niveau. 

 

Quelle importance revêt votre équipe dans la construction d’un parcours réussi ?

Plus jeune, je dessinais mes propres plans et je travaillais de manière plus indépendante. Mais aujourd’hui, ma formidable équipe joue un rôle essentiel.

Quintin [Maertens] est ultra intelligent et il a de nombreuses cordes à son arc. Si j’ai une idée a priori farfelue, c’est lui qui va la faire marcher. Gérard Lachat, avec qui je travaille ici et au CHI de Genève, nous sert de contrepoids : il a un talent fabuleux pour créer les distances parfaites. Paul Rooijmans est notre organisateur. Chacun a son rôle, et sans eux, tout ceci n’existerait pas.

Nous recevons aussi l’aide très précieuse de quarante bénévoles issus d’un club équestre local, qui nous aident depuis plus de quize ans. D’excellents techniciens déplacent les obstacles et nous aident à donner belle allure au parcours.

 

Quel est le parcours dont vous êtes le plus fier ? 

Le parcours de 2021, lors de l’édition placée sous le signe du confinement. Le public ayant dû rester chez lui, la piste était plus large de quatre mètres, ce qui fait que nous avons pu essayer de nouvelles choses. Nous avons tracé une trajectoire incroyable qui serpentait au milieu de la piste. Cette année-là, le barrage avait lui aussi été exceptionnel. Marcus Ehning est venu me voir pour me dire qu’il n’avait jamais vu un barrage pareil. Des cavaliers m’en parlaient encore il y a quelques semaines.

C’est amusant : chaque nationalité a sa propre idée de ce qui fait du beau spectacle. Aux Pays-Bas, les gens aiment les cavaliers modernes comme Harrie Smolders. Ils n’aiment pas voir les concurrents perdre. Par exemple, il y avait seize cavaliers au barrage l’an passé : je trouvais que cela faisait trop, mais le public a adoré. Par contre, à Calgary, ils préfèrent quand la première manche est difficile et exaltante. Le CHI de Genève se trouve entre ces deux extrêmes.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans le métier de chef de piste ?

C’est un métier qui a deux parties distinctes : la conception et la construction de parcours. Pour être chef de piste, il faut savoir construire un parcours de manière efficace et travailler à tous les niveaux. La vraie conception se fait lors des concours tels que le Dutch Masters. C’est important pour les jeunes chefs de piste de se rendre à ce type de concours pour s’en inspirer. Le chef de piste doit se montrer imaginatif, pour réfléchir aux trajectoires et au décor, mais aussi avancer au feeling : il doit bien connaître les chevaux et les cavaliers. Tous les grands chefs de piste sont très intelligents. Il faut faire attention à ne pas faire tous les concours, mais de les sélectionner avec précaution.

J’ai lu quelque part qu’il faut « apprendre les règles pour être un professionnel et savoir les briser pour être un artiste ». Ce dicton s’applique bien aux chefs de piste. Il faut avoir l’esprit indépendant, choisir sa propre voie, suivre son cœur.

 

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping est né en 2013, ce qui signifie que le Dutch Masters sera le dernier Majeur à fêter ses dix bougies. Quel a été le plus beau moment du Rolex Grand Slam à vos yeux ?

L’an passé était très spécial, j’ai encore des étoiles dans les yeux après ce barrage. L’édition 2021 était aussi très réussie, mais il n’y avait personne sur place pour en profiter. J’attends toujours le moment magique où un cavalier néerlandais décrochera un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping !

Interview avec Marcel Hunze

(Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo: Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

Comment s’est passée la préparation du Dutch Masters cette année ?

Très bien ! Nous avons pu démarrer la mise en place un peu plus tôt cette année. La piste principale a commencé à prendre forme il y a quatre semaines. Nous avons déjà eu des retours très positifs sur le look de la piste et du site en général. Nous avons hâte d’ouvrir les portes au public en 2024 ! Les billets se sont aussi bien vendus : les épreuves de ce soir [vendredi] et pour le reste du week-end se joueront à guichets fermés. Nous sommes très heureux de revoir nos ardents supporters.

 

L’année 2024 est très importante pour le Dutch Masters : non seulement celui-ci sera le dernier Majeur à fêter ses dix bougies du Rolex Grand Slam of Show Jumping, mais 2024 marque aussi le dixième anniversaire de Rolex en tant que sponsor principal de la compétition.

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a joué un rôle essentiel dans le développement du Dutch Masters. Ce dernier était déjà un concours de qualité, et ceci depuis sa première édition en 1967. Mais depuis notre inclusion dans le Rolex Grand Slam, nous avons senti une vraie différence, qui nous a permis de nous focaliser encore davantage sur la qualité de l’événement et de développer la piste principale et le village des exposants. La qualité globale s’en est trouvée accrue. L’autre avantage, c’est que nous recevons désormais le top du top du classement mondial : en général, environ vingt des trente meilleurs cavaliers de la planète viennent concourir ici chaque année. Cette formidable participation est due au Rolex Grand Slam of Show Jumping, qui nous a fait passer au niveau supérieur.

Les quatre Majeurs collaborent entre eux, en partageant conseils, compliments et critiques constructives pour faire de nous tous les meilleurs concours au monde. Nous faisons tout pour être une source d’inspiration pour les trois autres, et nous faisons preuve d’une grande transparence sur nos idées et initiatives. Grâce à ces infos, chaque Majeur peut se perfectionner.

 

Comment voyez-vous votre avenir et celui du Dutch Masters dans les dix prochaines années ?

Notre objectif est d’apporter de nouvelles améliorations chaque année. Nous souhaitons que le concours reste attrayant pour tous les participants, des familles avec enfants aux sponsors, en passant par les cavaliers, les grooms ou la presse, et qu’il soit à portée de tous les portefeuilles. Les billets pour la Piste numéro 2 et le village des exposants sont à moindre prix et très populaires.

Quant à l’avenir, l’objectif est de vendre toutes les places disponibles pour chaque session. Dans ce but, nous réfléchissons actuellement à la manière d’innover dans le programme de la première journée. Ce sera notre axe de réflexion principal dans les temps à venir.

 

Vous organisez également des tournois de tennis ATP et WTA. Quelles sont selon vous les points communs et les différences entre les deux sports, et y a-t-il des leçons à tirer de l’autre ?

Effectivement, il existe de nombreuses similitudes entre ces deux types d’événements sportifs : dans les deux cas, les athlètes sont au rendez-vous, même si les cavaliers et les joueurs de tennis sont assez différents. Par exemple, les tennismen viennent entourés d’équipes entières qui s’occupent d’eux, tandis qu’au Dutch Masters, les équipes sont aux petits soins pour les chevaux !

Mais le principe est le même : les soins prodigués visent à faire en sorte qu’ils soient à l’aise pour faire la meilleure performance possible. En tant qu’organisateurs, nous essayons de notre côté de fournir le meilleur cadre possible aux participants. Évidemment, le Dutch Masters a des exigences particulières, avec les camions, les chevaux et les écuries.

Les points communs, c’est les relations avec la presse, les sponsors et le public. Nous avons beaucoup appris de chaque événement. Nous avons vu certaines choses dans le monde équestre que nous avons voulu mettre en place dans le tennis, et vice-versa. Par exemple, l’une des leçons que nous avons retenues des tournois de tennis est le fait que l’on peut voir les joueurs évoluer en dehors des matchs, sur les terrains d’entraînement ouverts au public. Alors qu’au Dutch Masters, on ne voyait le cheval que dans le cadre des épreuves, en dehors desquelles il restait invisible. C’est l’une des premières choses qu’on a voulu changer. Le cheval est au centre du Dutch Masters, nous voulions donc qu’il soit visible dans tous les espaces.

 

À votre avis, quels seront les temps forts de l’événement cette année, du coté sportif comme en dehors ?

Le village des exposants est formidable, il a de quoi plaire à tout le monde. C’est pour cela que nous avons inclus l’entrée au village dans les billets pour la Piste numéro 2. On y trouve tout, d’un yacht de 40 mètres de long aux montres Rolex, en passant par les voitures Audi et le matériel équestre. Les produits offerts sont d’une grande diversité. L’atmosphère du concours est toujours exceptionnelle, et cette année encore nous avons tenté de créer une énergie palpable par tous, que ce soit les cavaliers, les grooms ou les spectateurs. C’est assurément l’un de nos points forts.

Du côté sport, le Rolex Grand Prix du dimanche est l’épreuve phare. Il fera salle comble. Pendant l’épreuve, le silence le plus total s’installe, on sent vraiment l’importance et le côte prestigieux de l’occasion. Les meilleurs cavaliers au monde sont rassemblés pour participer au Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le niveau de compétition est très impressionnant, surtout quand on le compare à celui d’il y a dix ans.

 

À votre avis, qui est le mieux placé pour remporter le Rolex Grand Prix ce dimanche ?

Nous sommes aux Pays-Bas, et Harrie Smolders est l’un des meilleurs cavaliers au monde. Il n’a jamais remporté de Rolex Grand Prix. Ce serait merveilleux pour lui de décrocher son premier Rolex Grand Prix au Dutch Masters. Richard Vogel, Prétendant actuel au Rolex Grand Slam, sera lui aussi de la partie. Ce serait formidable de le voir gagner, comme l’avait fait McLain Ward l’an passé pour faire le doublé.

 

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur les festivités du dixième anniversaire du Rolex Grand Slam of Show Jumping ce samedi ?

Samedi soir, avant le Prix Audi, aura lieu une cérémonie pour célébrer les dix bougies du Rolex Grand Slam of Show Jumping. Nous diffuserons une vidéo produite par l’équipe de Spruce Meadows. Une chanteuse se produira en direct au moment de l’entrée en piste des gagnants de Majeurs présents au Dutch Masters. On pourra ensuite assister à un court entretien avec Scott Brash, unique gagnant du Rolex Grand Slam of Show Jumping.

 

Quel est votre souvenir préféré des dix dernières années du Rolex Grand Slam ?

En 20218, lors que The Dutch Masters a intégré le Rolex Grand Slam of Show Jumping. Il existe d’innombrables concours hippiques de par le monde qui seraient volontiers devenus le quatrième Majeur. Le fait d’avoir été choisi était donc très spécial.

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