Rolex Grand Slam of Show Jumping

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Dans les coulisses du CHI de Genève 2023 : Dimanche 10 Décembre

VOGEL VICTORIEUX DANS LE ROLEX GRAND PRIX, DERNIER MAJEUR DE L’ANNÉE

(Photo: Tiffany Van Halle) (Photo: Tiffany Van Halle)

Certains noms de l’histoire équestre ont l’honneur d’être immortalisés après un exploit particulier. Aujourd’hui, au CHI de Genève, les quarante participants au dernier majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping de l’année espéraient tous intégrer ce panthéon en remportant le prestigieux Rolex Grand Prix.

Une fois encore, le chef de piste Gérard Lachat avait monté un défi faisant appel au courage, à la précision et aux moyens des couples, en proposant une première manche comprenant 14 obstacles, suivie d’un barrage de huit efforts dans l’éventualité où plusieurs couples arriveraient à boucler le premier parcours sans faute.

Suite à sa victoire au CPKC ‘International’ Grand Prix présenté par Rolex au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’, Martin Fuchs (Prétendant actuel au Grand Slam et troisième à s’élancer) espérait rester en lice pour décrocher la plus belle récompense du saut d’obstacles. Mais les efforts du cavalier suisse se solderont par un échec avec la chute de l’avant-dernier obstacle.

De nombreux cavaliers se sont butés aux difficultés du parcours, notamment un chrono impitoyable. Au total, ce sont quatre cavaliers qui en dépit d’un sans faute, se voient infliger des fautes de temps. De plus, certains favoris comme Ben Maher, champion olympique en individuel, ou Simon Delestre, numéro huit mondial, sont pour finir dans l’incapacité de surmonter les difficultés de ce parcours complexe.

Quinzième à partir, le jeune Allemand Richard Vogel (qui avait participé à la Young Riders Academy soutenue par Rolex) produit le premier sans faute sans écoper de faute de temps. Jouant à guichets fermés, le Palexpo exulte quelque trois chevaux plus tard, lorsque Steve Guerdat se qualifie lui aussi pour le barrage à bord de sa jument Dynamix de Belheme, actuellement très en forme. Kent Farrington, Témoignage Rolex, est l’un des malheureux cavaliers à finir sur quatre pénalités, tout comme Shane Sweetnam, troisième l’an passé.

Les participants commençant graduellement à saisir les subtiles difficultés du parcours, plusieurs d’entre eux laissent toutes les barres sur leurs taquets, comme Wilm Vermier de Belgique, Christian Kukuk, vainqueur de la finale de la Coupe des nations FEI 2023, et Jessica Springsteen, médaillée d’argent par équipes aux Jeux olympiques de Tokyo. Mais un choc attend le public du Palexpo : Henrik von Eckermann, numéro un mondial, écope de huit points de pénalité aux rênes du talentueux King Edward.

Au total, c’est sept couples qui reviendront sur la piste pour le barrage, dans le même ordre que celui dans lequel ils se sont présentés à la première manche. Vogel et United Touch S, son étalon connu pour son amplitude, sont les premiers à s’élancer et ravissent immédiatement le public avec un sans faute foudroyant effectué en 37,14 secondes. Les espoirs suisses s’écroulent lorsque Steve Guerdat, lancé à vive allure, part trop près de l’avant dernier obstacle et le laisse à terre. Auteur d’un second sans faute mais plus lent de cinq secondes, Christian Kukuk est relégué à la deuxième place. Incapable lui aussi de suivre le rythme imposé, Mark McAuley subit le même sort. Julien Épaillard, souvent appelé le cavalier le plus rapide au monde, sera donc le seul cavalier restant à pouvoir arracher la victoire à l’Allemand. Malheureusement, il fait tomber le deuxième obstacle, laissant ainsi son adversaire libre de décrocher sa première victoire à un Majeur du Rolex Grand Slam of Show Jumping et de finir la saison du Grand Slam 2023 en beauté.

Sacré nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam, Vogel nous fait part de son plaisir : « Quel bonheur de gagner le CHI de Genève pour devenir le nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam. C’est un rêve devenu réalité. L’atmosphère était formidable, et mon cheval a été parfait. Il a une très grosse foulée, ce qui ne lui a pas facilité la tâche à la première manche, mais il y a mis toute sa volonté. Il a tout donné. Je ne suis jamais allé au Dutch Masters, mais j’ai hâte de m’y rendre en mars. Nous allons planifier les mois à venir et faire de notre mieux pour gagner ! »

L’Allemand ajoute ensuite : « Je suis très proche de McLain Ward, et j’ai regardé le barrage de l’an passé hier soir. Je savais que pour gagner, il fallait être rapide. J’ai décidé d’y aller à fond, même si j’étais le premier à passer. »

ENTRETIEN AVEC EMMA UUSI-SIMOLA

(Photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo : Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Pourriez-vous d’abord vous présenter et nous dire quel est votre rôle ?

Je m’appelle Emma Uusi-Simola, et je suis groom de concours pour Steve Guerdat.

 

Steve Guerdat et Venard de Cerisy ont remporté la finale du Rolex IJRC Top 10 Final vendredi. Qu’est-ce que cette victoire représente pour vous ?

Cette victoire était très spéciale pour moi, car Venard [De Cerisy] est mon cheval préféré. Je les savais capables de gagner, mais on ne sait jamais exactement ce qu’il va se passer dans le saut d’obstacles. Ils ont été formidables. Après quelques années un peu difficiles, nous étions enchantés de remporter cette épreuve prestigieuse et de finir une année réussie en beauté.

 

Venard de Cerisy et Dynamix de Belheme sont des chevaux hors pair. Pourriez-vous nous les présenter plus en détail ?

Venard est très farouche. Il aime connaître les gens qui l’entourent. Parfois, ça le rend un peu plus difficile à gérer, mais il saute tellement bien ! C’est mon chouchou.

Dynamix, elle, a une personnalité bien affirmée. C’est une star sur la piste et elle est très facile au box, mais elle s’ennuie très vite. Steve essaie de varier son quotidien régulièrement, car elle n’aime pas faire tout le temps la même chose. Et une fois en concours, elle est tout simplement phénoménale.

 

Comment trouvez-vous les installations destinées aux chevaux et aux grooms au CHI de Genève ?

Les écuries du CHI de Genève sont formidables. Cette année, les boxes sont énormes, les chevaux ont beaucoup d’espace pour se détendre entre les épreuves.

L’autre jour, un brunch a aussi été organisé pour les grooms. C’était délicieux, une très bonne façon de démarrer la journée. Et une initiative des organisateurs très bien accueillie.

Il n’y a rien à dire: ici, tout est bien pensé et organisé.

 

Récemment, vous avez reçu le prix du Meilleur groom Cavalor FEI : qu’avez-vous ressenti ?

J’étais absolument ravie. Je ne sais pas si j’ai les mots exacts pour exprimer ce que j’ai ressenti, mais ce prix représente beaucoup pour moi. Il signifie que les autres grooms et les gens qui m’entourent apprécient mon travail ; c’est extrêmement gratifiant.

 

Est-ce que vous aimez venir aux Majeurs (The Dutch Masters, CHIO d’Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows ‘Masters’, CHI de Genève) ? En quoi diffèrent-ils des autres compétitions selon vous ?

Ce sont les meilleurs concours au monde. Ce qui fait la différence par rapport aux autres concours où nous nous rendons, c’est le degré d’organisation. On sent que le bien-être des chevaux est la priorité, et que tout est fait pour proposer le plus haut niveau de compétition.

 

Quelle est la particularité de travailler dans l’équipe de Steve ?

J’adore travailler avec lui et son équipe. Il traite très bien les chevaux, et avec lui, les chevaux sont libres d’être eux-mêmes. À l’écurie, nous avons tendance à ne pas compliquer les choses. C’est simple : le bien-être des chevaux compte autant que la réussite. Steve est aussi un incroyable cavalier !

 

En tant que groom de voyage, vous faites énormément de déplacements. Quelle importance revêt l’équipe qui reste à l’écurie ?

Elle joue un rôle essentiel. Je lui fais une confiance absolue, et je ne m’inquiète jamais, car je suis sûre qu’elle s’occupe parfaitement des chevaux qui restent à la maison. C’est très important pour moi comme pour Steve de pouvoir nous reposer sur elle.

 

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

J’adore voyager et aller en concours. Je n’aime pas trop rester à la maison, alors ce métier me convient parfaitement. Et puis c’est très agréable d’être autant au contact des chevaux dont je m’occupe. Ils ont tous un caractère différent, on ne s’ennuie jamais !

 

Quel est le meilleur conseil que vous ayez jamais reçu ?

De ne jamais cesser d’apprendre. Il faut observer les autres modes de fonctionnement que le sien pour s’en inspirer et continuer de s’améliorer.

 

Quelle importance revêtent les liens avec les autres grooms ?
Ils sont essentiels. Peu d’entre nous feraient ce métier s’il n’y avait pas ce réseau de connaissances et ces amitiés qui se tissent parmi les grooms. Nous nous entraidons tous. Vendredi par exemple, après la finale du Rolex IJRC Top 10, nous nous sommes tous prêté main pour pouvoir quitter les écuries plus tôt. Nous formons une vraie communauté.

ENTRETIEN AVEC GÉRARD LACHAT, CHEF DE PISTE

(Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock) (Photo : Rolex Grand Slam / Thomas Lovelock)

Pourquoi le CHI de Genève est-il spécial à vos yeux ?

Tout d’abord parce qu’il offre une atmosphère exceptionnelle. Tout est extrêmement bien pensé, et tout est sous le même toit. Le Dutch Masters est un peu pareil, dans le sens où c’est aussi un concours hors pair, mais la piste est beaucoup plus petite. Le CHI de Genève est renommé pour ses majestueuses dimensions et pour la taille de sa piste principale en particulier. C’est l’un des plus grands lieux de compétition de saut d’obstacles indoor au monde.

 

Que ressent-on en tant que chef de piste pour le meilleur concours indoor de la planète ?

Le CHI de Genève rassemble les meilleurs chevaux et cavaliers au monde. Le travail du chef de piste peut donc être difficile, car celui-ci est forcé de concevoir un parcours adapté. Heureusement, la piste principale présente de généreuses dimensions, comparables à certaines pistes en outdoor. Cela permet d’imaginer des parcours très intéressants. Le site présente aussi de nombreux éléments avec lesquels il faut composer, comme le lac ou la fontaine. Il faut pouvoir être certain que les spectateurs soient en mesure de voir tout le parcours, et il est donc impératif de planifier soigneusement les aménagements. Le parcours doit bien sûr poser des défis intéressants pour les cavaliers de ce calibre. Pour que la compétition enflamme le public, cet équilibre délicat est nécessaire.

 

Parlez-nous un peu du parcours que vous avez créé pour le Rolex Grand Prix ce dimanche...

Le parcours de dimanche est assez classique, avec le retour du double Liverpool. On avait déjà vu ce type d’obstacle délicat à manœuvrer au CHIO d’Aix-la-Chapelle et au CSIO Spruce Meadows ‘Masters’. Dimanche, durant le Rolex Grand Prix, il attendra les cavaliers juste à côté du lac. C’est la première fois qu’il sera placé là. On verra comment les cavaliers décident de l’aborder, mais les plus chevronnés, comme ceux qui ont déjà participé à la finale du Rolex IJRC Top 10, devraient pouvoir le négocier sans trop de problème, même s’il mettra leur habileté à l’épreuve.

 

Selon vous, qui sera le gagnant du Rolex Grand Prix de dimanche ?

L’épreuve devrait se montrer intéressante. N’importe qui pourrait gagner. Plusieurs cavaliers suisses de talent seront présents, comme Martin Fuchs ou Steve Guerdat. Mais pour gagner, ils devront d’abord affronter un certain nombre de cavaliers de talent issus de différents horizons. Il doit y avoir 10 ou 15 couples avec une vraie chance de gagner cette année. Il va y avoir du spectacle !

 

Comment êtes-vous devenu chef de piste ?

J’ai commencé par concevoir des parcours au niveau national, et j’ai peu à peu bâti ma réputation avant de travailler sur des parcours au top niveau, dont le Grand Prix de Suisse. Ensuite, j’ai travaillé comme assistant sur certains parcours internationaux. J’ai eu l’immense chance de travailler avec d’incroyables experts, dont Rolf Lüdi, qui à l’époque était l’un des meilleurs chefs de piste d’Europe.

 

Plus tard, j’ai collaboré avec Frank Rothenberger et Louis Konickx. Louis me sert d’ailleurs d’assistant cette semaine. Il a joué un rôle crucial dans ma carrière professionnelle et je lui en suis très reconnaissant. C’est très utile d’avoir l’avis d’autrui sur les parcours que je crée, car cela vient appuyer mes choix et permet de leur donner vie.

 

Il existe des examens que peuvent passer les chefs de piste pour passer au top niveau, mais à mon avis l’apprentissage passe surtout par le temps que l’on passe à travailler sous un chef de piste chevronné, qui permet de mettre en œuvre les préceptes acquis dans un cadre concret.

 

Plusieurs jeunes chefs de piste demandent à nous assister au CHI de Genève. Chaque année, nous en choisissons un ou deux pour leur donner l’opportunité d’acquérir de l’expérience à l’un des meilleurs concours au monde. On m’a donné ma chance ; je trouve ça juste de faire de même pour quelqu’un d’autre. Cette année, deux jeunes chefs de piste suisses viennent voir comment nous procédons. C’est ma neuvième année au CHI de Genève, et les jeunes chefs de piste apportent des nouvelles idées très intéressantes.

 

Quel est le parcours dont vous êtes le plus fier ?

Le Rolex Grand Prix du CHI de Genève 2021 était, je pense, le meilleur parcours que j’ai jamais créé. Les cavaliers m’ont tous félicité, et l’épreuve était mémorable. Cette année, j’ai longuement étudié le parcours pour qu’il inclue tous les petits détails que je souhaitais.

 

En dehors de la création de parcours, quelles sont vos passions ?

En ce moment, je n’ai aucun passe-temps en dehors de mon métier de chef de piste. Je passe beaucoup de temps à l’élevage que ma femme et moi tenons. La semaine dernière, je suis devenu papy pour la première fois : je suis certain que cela va m’occuper !

 

Qu’est-ce que le Rolex Grand Slam of Show Jumping a apporté au monde du saut d’obstacles ?

Le Rolex Grand Slam of Show Jumping a été une très bonne chose pour le saut d’obstacles. Il couvre les meilleurs concours au monde et attire des participants du plus haut calibre. Notre sport est en constante évolution. Le Rolex Grand Slam of Show Jumping motive les cavaliers, pour que ceux-ci continuent de se dépasser dans leurs efforts pour décrocher un Majeur. Il ouvre aussi la porte aux jeunes cavaliers, qui ont l’opportunité de concourir à l’un des meilleurs concours qui existent.

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