Rolex Grand Slam of Show Jumping

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Dans les coulisses du CHIO d'Aix-la-Chapelle: dimanche 3 juillet

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Gerrit Nieberg remporte le Rolex Grand Prix et devient le Prétendant au Rolex Grand Slam

 

C’est sous un soleil radieux et devant 40 000 avides spectateurs que s’est déroulé le Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle, partie intégrante de l’incontournable Rolex Grand Slam of Show Jumping. Le magnifique Hauptstadion accueillait à cette occasion des concurrents issus de 14 pays différents, dont vingt des trente meilleurs cavaliers au monde, et la foule du célèbre Festival équestre mondial était pleine d’impatience d’assister aux prouesses inégalées des couples qualifiés pour l’épreuve mythique.

Avec seulement 18 duos retenus à la deuxième manche, la marge d’erreur était mince sur ce parcours dessiné par Frank Rothenberger et composé de 14 obstacles pour 17 efforts. Une performance éblouissante était donc de rigueur. Pour finir, treize cavaliers réussissent à éviter la faute, dont McLain Ward, très en forme en ce moment et bien résolu à se voir consacrer après ses deux victoires aux épreuves phares de mercredi et vendredi. Les Britanniques Harry Charles, Scott Brash et Ben Maher rejoignent ensuite l’Américain, puis cinq Allemands (Gerrit Nieberg, Christian Ahlmann, Daniel Deusser, Mario Stevens et Philipp Weishaupt), pour le plus grand plaisir de la foule. Par contre, tout reste à faire pour les cinq cavaliers qualifiés ayant écopé de pénalités lors de la première manche, dont Steve Guerdat, déjà vainqueur de trois Majeurs, et le Néerlandais Harrie Smolders.

Après un court interlude, durant lequel les 12 obstacles de la deuxième manche sont installés, l’Allemand Philipp Weishaupt lance la reprise des hostilités. Mais il en restera aux deux Majeurs déjà à son actif après un refus d’Asathir, sa monture, au début du parcours. En huitième position, McLain Ward et son cheval HH Azur s’accordent le premier double sans faute sous les applaudissements de leur équipe présente sur l’estrade « Kiss and Cry ». Il est suivi de Daniel Deusser, actuel Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping, sur son extraordinaire jument Killer Queen Vdm. Le couple fait une fois de plus preuve de son talent avec le deuxième double sans faute, annonçant ainsi le barrage à venir. Scott Brash (seul cavalier à avoir jamais remporté le Rolex Grand Slam of Show Jumping), accompagné de Hello Jefferson, les rejoindront rapidement. - Mais ce ne sera malheureusement pas le jour de chance des Irlandais Conor Swail et Darragh Kenny, de l’Égyptien Nayal Nasser, ni du Témoignage Rolex Kevin Staut ou encore du Britannique Ben Maher, tous pénalisés. Avant-dernier sur la ligne de départ, Nicola Philippaerts sera le quatrième à se qualifier pour le barrage, suivi de l’Allemand Gerrit Nieberg, dernier cavalier en lice.

La phase finale est inaugurée par McLain Ward, qui par malchance écope encourt d’une pénalité sur le dernier obstacle. En deuxième position, Daniel Deusser ne fera pas la même erreur : il passe la ligne d’arrivée sans aucune pénalité en 41,60 secondes, un chrono dur à battre pour les trois derniers cavaliers. Mais s’il existe une personne capable de lui faire de l’ombre, c’est Scott Brash. Et le Britannique de 36 ans finit avec deux bonnes secondes de moins que l’autre Témoignage Rolex. En dépit d’un sans-faute, Nicola Philippaerts boucle le parcours en un temps légèrement inférieur à ses deux prédécesseurs. Dernier en lice, Gerrit Nieberg, 106e mondial, fait la performance de sa vie en selle sur son hongre bai de 11 ans, Ben 431. Il franchit la ligne d’arrivée une demi-seconde plus tôt que Scott Brash, remportant ainsi l’édition 2022 du Rolex Grand Prix du CHIO d’Aix-la-Chapelle, et devient du même coup le nouveau Prétendant au Rolex Grand Slam of Show Jumping.

Après sa victoire, Gerrit Nieberg s’étonne : « C’est complètement surréaliste, je ne m’y attendais pas du tout. L’un de mes rêves s’est exaucé aujourd’hui. »

Et Scott Brash, deuxième sur le podium, de le féliciter : « Gerrit a été spectaculaire. Je savais qu’il était possible de tourner court avant le double, et j’y ai pensé une seconde, mais personne ne l’avait fait et sur le coup, je ne l’ai pas senti. [Gerrit] était obligé de jouer le coup pour gagner, et il a très bien réussi - tout le mérite lui revient. Il a très, très bien monté et son cheval a très bien sauté. »

Scott Brash ajoute à propos de sa monture, Hello Jefferson : « Je suis très fier de Jefferson aujourd’hui, il a été super. Il a fait tout ce que je lui demandais. Mais Gerrit nous a battus avec une performance extraordinaire. »

Et Nicola Philippaerts de déclarer sa fierté à propos de sa jument Katanga V/H Dingeshof : « C’est une jument pas comme les autres, vous n’avez pas idée. Elle a tout donné et a incroyablement bien sauté. »

(Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Interview cavalière:

Meredith Michaels-Beerbaum

 

Vous avez vécu des moments incroyables ici, au CHIO d’Aix-la-Chapelle, ressentez-vous toujours la même émotion quand vous arrivez ici ?

Oui, je dois dire que quand je suis arrivée au concours jeudi, j’ai essuyé une petite larme car j’ai tellement de magnifiques souvenirs ici, c’est très émouvant. J’ai pu vivre le point culminant de ma carrière de cavalière ici. Il y a eu aussi des périodes plus difficiles, où j’ai dû me motiver pour revenir après une déception ou une défaite, c’est vraiment beaucoup d’émotions. Cet endroit est merveilleux et il fait toujours battre mon cœur un peu plus vite.

Vous avez remporté des victoires formidables dans ce sport, ressentez-vous une responsabilité vis-à-vis de la prochaine génération, pour contribuer à la formation des jeunes talents du concours hippique ?

Oui. Je suis arrivée à un nouveau stade de ma vie aujourd’hui, avec moins de compétitions et plus de formation, et j’en suis très heureuse car j’ai ainsi le sentiment d’apporter ma contribution à la discipline, particulièrement pour les jeunes cavaliers et surtout pour les femmes. Je pense avoir été une pionnière pour les femmes dans ce sport, en démontrant que tout était possible, y compris qu’une femme pouvait être numéro un mondial. Et aussi le fait de faire partie de l’équipe d’Allemagne, en tant que femme, alors qu’elle était largement dominée par les hommes avant mon arrivée. C’est très gratifiant pour moi d’être à cette nouvelle étape de ma vie et de pouvoir rendre à ce sport de ce qu’il m’a apporté.

On entend souvent que le public d’Aix-la-Chapelle soutient les cavaliers, qu’ils gagnent ou non. Qu’est-ce que ce public a de tellement spécial ?

C’est un sentiment très particulier quand vous entrez dans une arène et que 40 000 personnes vous applaudissent, croisent les doigts pour vous et vous souhaitent de réussir. C’est une excellente motivation pour tous les cavaliers. C’est une expérience incroyable de monter ici, mais gagner ici dans cette ambiance et devant ces spectateurs, c’est absolument indescriptible, ça vous donne la chair de poule.

En dehors du saut d’obstacle, pour quels autres sports vous passionnez-vous ? Avez-vous participé à d’autres grandes compétitions ?

Je suis une grande fan de tennis, mais pas une très bonne joueuse ! Je ne suis pas une très bonne golfeuse non plus, mais j’y suis meilleure qu’au tennis. J’aime regarder ces sports au plus haut niveau, et j’ai même eu le plaisir d’aller à Wimbledon, en tant que Témoignage Rolex, et j’ai pu y rencontrer d’autres Témoignages Rolex. Mais quand j’en ai l’occasion, j’essaie d’améliorer mon jeu de golf.

Pensez-vous que parmi vos jeunes chevaux, certains ont le potentiel de devenir des stars de Grand Prix ?

Nous avons en ce moment quelques très bons jeunes chevaux. J’ai actuellement un cheval que je monte et que j’ai amené ici, qui s’appelle I’m Blue, et qui a certainement l’étoffe d’un champion de Grand Prix.

Et qu’en est-il de vos élèves ? Certains ont-ils le potentiel de futures superstars ?

Oh oui, j’ai d’excellents élèves en ce moment. J’ai quelques élèves américains qui sont très motivés, comme je l’étais à leur âge. J’ai aussi quelques élèves chinois. Mais ma meilleure élève est ma fille, bien sûr, qui est très motivée et a de grandes ambitions, bien qu’elle n’ait que 12 ans, et ça me fait plaisir de voir qu’elle rêve de faire des grandes choses dans ce sport.

Comme vous venez de le dire, votre fille, Brianne, est une cavalière de saut d’obstacle pleine de talent. Pensez-vous que le Rolex Grand Slam of Show Jumping inspire d’autres jeunes talents à poursuivre une carrière dans cette discipline ?

Je pense que le Rolex Grand Slam of Show Jumping représente un tournant majeur pour le sport équestre. Soudain, Rolex est arrivé et a apporté de nouvelles aspirations, une nouvelle apogée, même, pour notre sport, comme c’est le cas pour d’autres sports comme le tennis ou le golf. Nous sommes finalement arrivés à un stade où nous sommes au même niveau que d’autres grands sports. C’est là un accomplissement majeur et une inspiration pour beaucoup de gens qui ont pour ambition de réaliser le rêve incarné par Rolex.

(Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder) (Photo: Rolex Grand Slam / Peggy Schröder)

Le Vet-check avec:

Dr. Wilfried Hanbücken

 

Quel est votre rôle au CHIO d’Aix-la-Chapelle ?

Je suis le président de la commission vétérinaire, je suis donc responsable de toutes les questions vétérinaires. Nous devons examiner les chevaux à leur arrivée pour vérifier qu’ils ont fait un bon voyage, qu’ils arrivent sans avoir de maladies infectieuses et qu’ils n’ont pas de fièvre. Pour chaque cheval, nous devons ensuite effectuer une inspection vétérinaire qui consiste à les faire trotter pour vérifier s’ils boitent ou non, si les tendons sont en bon état et pour nous assurer que l’attitude générale du cheval est bonne. Pour certaines disciplines, comme pour le concours complet, nous devons parfois faire cet examen deux fois, avant et après le cross-country, par exemple. Nous devons aussi contrôler les médicaments pris par les chevaux.

Ma responsabilité est de veiller à ce qu’un bon service vétérinaire soit fourni, un vétérinaire sur chaque terrain et un vétérinaire dans les écuries. Ici, à Aix-la-Chapelle, nous avons toute une équipe de vétérinaires, dont des spécialistes en diagnostic et des spécialistes en médecine interne. Nous sommes très bien équipés, nous pouvons faire des échographies, des endoscopies, et nous avons un laboratoire complet ici sur le site du concours de façon à fournir une prestation de première classe aux chevaux, tout particulièrement si un cheval se blesse ou tombe malade. Cela nous permet de tout gérer sur place et d’arriver à un diagnostic précoce. C’est seulement dans les cas les plus graves, si une intervention chirurgicale est nécessaire, que nous envoyons un cheval à l’hôpital.

Avez-vous déjà travaillé sur d’autres événements équestres internationaux ?

J’ai été le vétérinaire délégué aux Championnats d’Europe et aux Championnats du Monde, ainsi qu’aux Jeux olympiques. J’ai acquis mon expérience particulière quand j’ai participé aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, un événement absolument fantastique. Ces Jeux ont été une incroyable opération de relations publiques pour tous les sports équestres. J’ai aussi passé d’excellents moments à La Baule, qui est une très belle compétition. Mon évènement préféré est reste de loin le CHIO d’Aix-la-Chapelle. Je suis né à Aix-la-Chapelle et j’y ai grandi. J’ai travaillé sur le concours pendant 40 ans. J’ai commencé étudiant à assister les vétérinaires, puis j’ai travaillé en tant que vétérinaire avant d’être membre de la commission vétérinaire, et depuis 1998, je suis le chef de cette commission.

Au cours de ces 20 dernières années, le CHIO d’Aix-la-Chapelle a énormément progressé. Je crois que ce sont les Jeux Équestres Mondiaux de 2006 qui nous ont vraiment donné un coup de pouce. Selon moi, l’événement a été un énorme succès et, autant que je sache, jamais un événement équestre n’a attiré autant d’attention positive de la part du public. Depuis les Jeux mondiaux, le concours s’est développé, nous avons aujourd’hui de nouvelles disciplines. Autrefois, nous n’avions que le saut d’obstacle, le dressage et l’attelage, aujourd’hui nous avons le concours complet et la voltige.

Quelle est l’importance de la nutrition pour le bien-être du cheval ?

Le cheval requiert une alimentation adaptée. Il a besoin d’une grande quantité de fourrage et de fibres, qui sont très importantes pour son appareil digestif. Si les chevaux sont soumis à un régime comportant trop de grains et pas assez de fibres, le risque de coliques est beaucoup plus élevé. Il faut donner au cheval une bonne alimentation de base, il n’y a pas de super-aliments. Un cheval doit aussi avoir un bon entraînement de base. De temps à autre, il faut faire une analyse de sang pour voir si le cheval a des carences. À mon avis, les compléments alimentaires sont à la fois surévalués et trop utilisés.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait devenir vétérinaire équin ?

Il faut avoir une connexion avec le cheval, faire preuve d’empathie pour lui et être motivé pour apprendre. Si votre priorité est de gagner de l’argent, il y a beaucoup d’autres voies possibles que celle de vétérinaire équin. Notre profession a des difficultés à motiver les jeunes vétérinaires. Nombreux sont les jeunes vétérinaires qui arrivent dans la profession à cause de leur amour du cheval mais qui, pendant leurs études, réalisent que cela représente beaucoup de travail, avec de longues heures, y compris le soir et le weekend. Certains décident de choisir une vie plus confortable avec des horaires normaux, sans avoir à travailler la nuit ou le weekend, et c’est un problème pour notre discipline dans toute l’Europe. Peut-être est-ce juste un problème de génération.

À quoi ressemble une journée de votre quotidien ?

Je me lève à 7 h et j’arrive au concours à 8 h 30, pour y passer toute la journée. En général, je ne rentre pas chez moi avant 21 h et parfois même pas avant 23 h ou minuit. Et ce n’est pas que moi, c’est le cas pour presque toute l’équipe vétérinaire. Je ne pourrais pas faire ce travail seul. Par exemple, aujourd’hui nous avons environ 20 vétérinaires qui travaillent ici. Nous commençons avec quatre vétérinaires et à mesure que le CHIO avance, le nombre de vétérinaires augmente, les trois derniers jours du concours étant les plus intenses.

Parlez-nous un peu de votre équipe...

En 2006, les Jeux Mondiaux nous ont appris qu’il nous fallait une équipe vétérinaire plus nombreuse, et ensuite nous avons ajouté les épreuves d’endurance et de reining. En 2002, quand nous avons obtenu l’organisation des Jeux mondiaux, Frank Kemperman est rentré de Jerez et m’a dit qu’il fallait nous réunir pour nous organiser. Notre premier plan a été d’agrandir nos installations au niveau des écuries et du centre vétérinaire, et le deuxième a été d’étoffer l’équipe vétérinaire. Il nous restait alors trois ans pour constituer l’équipe, j’ai donc demandé à certains vétérinaires que je connaissais s’ils étaient intéressés et d’autres nous ont rejoint spontanément. L’équipe finale de 2006 était vraiment soudée, et le noyau de cette équipe existe encore ici aujourd’hui, et j’en suis très heureux. Les membres de notre équipe sont très solidaires, ils ferment leurs propres cabinets pour venir de toute l’Europe, pas seulement de la région, mais aussi de Belgique, des Pays-Bas, d’Autriche et de toute l’Allemagne. Chaque jour, je suis impatient de venir travailler ici, mais c’est toujours beaucoup de travail.

Quand vous partirez, quel héritage aimeriez laisser au sport équestre ?

Ce que nous avons essayé d’accomplir, et que nous avons en partie réussi, c’est d’améliorer la relation entre les vétérinaires officiels et les vétérinaires soignants. Les vétérinaires officiels ne se voient plus seulement comme une police, mais comme de véritables conseillers, et les vétérinaires soignants acceptent ces conseils. La coopération entre les deux groupes a permis non seulement de meilleures relations mais aussi une meilleure compréhension du sport et au bout du compte une meilleure situation pour le cheval.

À votre avis, que pourrait-on faire et que devrait-on faire pour améliorer le bien-être du cheval ?

Il y a de nombreuses choses qui peuvent être faites. Mais pour moi, le plus important est que les principaux décideurs veillent à ce que leurs chevaux aient des périodes de repos adaptées, des périodes d’entraînement réduites et, pour certains événements, des entraînements spécifiques. Un cheval ne peut pas passer toute l’année au même niveau de performance, aucun cheval ne peut soutenir un tel rythme. La plupart des bons cavaliers que vous voyez ici au CHIO d’Aix-la-Chapelle le comprennent. Il faut mettre en place de meilleurs contrôles, en améliorant les inspections vétérinaires et les contrôles anti-dopage, et plus de cohérence dans le système de notation des juges. Je crois toujours qu’il est encore possible de faire progresser ce sport à un niveau encore plus haut, en pratiquant une équitation de qualité et en veillant à ce que tout soit fait pour le bien-être du cheval.

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