Rolex Grand Slam of Show Jumping

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Dans les coulisses du CSIO Spruce Meadows 'Masters' 2019: jeudi 5 septembre

Eric Lamaze (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Eric Lamaze (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Cinquante couples de chevaux et de cavaliers s’élancèrent sur le parcours à 1,60 m dessiné par le chef de piste vénézuélien, Leopoldo Palacios, dans la CANA Cup de jeudi après-midi. Sur ces 50 duos, 14 réalisèrent des sans-faute et purent s’élancer dans le barrage qui comptait huit obstacles. Mais c’est le favori canadien, vainqueur de plusieurs Majeurs et médaillé d’or olympique, Eric Lamaze et son hongre de 13 ans, Chacco Kid, qui démontrèrent qu’ils sortaient décidément du lot et étaient bien décidés à remporter le titre, cette année. L’Australien Rowan Willis et Diablo VII finirent à la deuxième place, talonnés par le Français Kevin Staut et Urhelia Lutterbach cramponnés à la troisième position.

Eric Lamaze commenta sa performance de vainqueur : “Nous gagnons rarement ces épreuves en partant premier au barrage. Chacco a été assez rapide aujourd’hui. Il n’a pas les plus grandes foulées, donc je m’avance jusqu’à une distance qui lui permet d’avancer et il a sauté en faisant attention, donc ça a été à mon avantage aujourd’hui. »

“Chacco Kid est très soigneux. Je dois parfois m’inquiéter du second plan des oxers parce qu’il est si prudent qu’il se tient à l’écart du premier plan et peut avoir tendance à élargir encore un oxer. Toutefois, en général, nous pouvons galoper en avant jusqu’à un obstacle et sentir qu’il a l’œil dessus et il s’occupe de vous. »

 « C’est un évènement tout particulier pour moi depuis de nombreuses années, j’ai d’excellent souvenirs ici à Spruce Meadows. Il est impossible de se lasser de ce bruit lorsque nous accédons à la piste sous la tour de l’horloge. Cela fait ressortir ce que j’ai de meilleur, ce que nous avons tous de meilleur, parce que la dernière chose que nous souhaitons faire, c’est de décevoir le public qui vous encourage »

Linda Southern-Heathcott (Photo: Spruce Meadows Media) Linda Southern-Heathcott (Photo: Spruce Meadows Media)

Les confidences de l’organisatrice :

Linda Southern-Heathcott, Présidente et Directrice Générale de Spruce Meadows

Le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ est considéré comme l’un des plus grands événements équestres du monde. Comment continuez-vous à innover pour l’améliorer chaque année ?

Tout d’abord, nous prions pour qu’il fasse beau ! Ensuite, ce qui nous a permis de nous maintenir au fil des années, ce sont les quatre atouts de Spruce Meadows : nos sponsors, nos fans, les médias et les athlètes. Même si chaque année, nous nous soucions de ces quatre parties prenantes et de leurs expériences respectives, nous nous concentrons plus particulièrement sur un ou deux groupes d’intérêt et nous nous efforçons d’améliorer leur expérience. Cela peut être l’expérience des fans, et nous réfléchissons alors aux autres activités que nous pourrions proposer, en plus du meilleur du saut d’obstacles mondial. Ou bien l’expérience des athlètes qui concerne principalement les dotations proposées, mais qui englobe aussi la qualité du terrain et l’hébergement des chevaux. Cette stratégie nous a permis de très bien nous porter au fil des ans.

Depuis que le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ fait partie du Rolex Grand Slam, quels aspects de la manifestation avez-vous vus se développer ?

Depuis que nous faisons partie du Rolex Grand Slam, j’ai constaté que nous avons amélioré nos compétences et peaufiné notre savoir-faire. Nous nous sommes inspirés des meilleurs concours du monde et nous avons amélioré nos procédures. Par exemple, dans l’hypothèse ou un cheval et/ou un athlète, nous devons définir les meilleurs procédures et protocoles. Je crois que ce sont des détails très importants que nous devons envisager et des situations auxquelles nous devons correctement faire face. Vous pouvez le voir au Kentucky Derby et à d’autres grandes manifestations sportives internationales. Faire partie du Rolex Grand Slam a placé haut la barre pour nous tous.

Les concours indoor bénéficient du luxe de ne pas avoir à se soucier de la météo et ils font beaucoup d’entrées. À Spruce Meadows, notre propriété fait 500 acres [environ 200 hectares], donc nous devons nous demander comment bien accueillir notre public. Nous y réfléchissons beaucoup et nous essayons de trouver différentes idées afin d’améliorer l’expérience. Mais je pense que nous en avons tiré une bonne courbe d’apprentissage et cela nous a permis de comprendre que nous ne devons jamais nous reposer sur nos lauriers.

Nous ne nous inspirons pas uniquement des sports équestres. Nous regardons aussi ce qui se fait dans des sports grand public, comme la NFL, la Ligue canadienne de football, le tennis, le golf ou encore la Formule 1. Comment font-ils pour faire ce qu’ils font ? Pourquoi sont-ils les meilleurs ? Comment pouvons-nous nous inspirer de leurs manifestations pour améliorer la nôtre ?

Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez en organisant un événement comme le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ ?

Quand je regarde le saut d’obstacles, je trouve beaucoup de similitudes avec le golf. Au golf, il y a le R&A, l’autorité du sport, qui est basée au Royaume-Uni. Toutefois, une grande partie de ce sport se joue sur le circuit PGA, en Amérique du Nord. Le saut d’obstacles se situe principalement en Europe et, de ce point de vue, Spruce Meadows est considéré comme une manifestation “satellite”. Géographiquement, nous avons un défi à relever parce que nous devons affréter un avion pour transporter les chevaux depuis l’Europe. Calgary n’a jamais été très facile d’accès et il faut parcourir de longues distances pour s’y rendre.

Le soutien de nos sponsors et leurs dotations font partie intégrante du succès de Spruce Meadows. Il doit y avoir une raison qui pousse les athlètes à vouloir venir jusqu’ici. Lorsqu’ils viennent, comparé à d’autres manifestations à travers le monde, c’est très différent pour eux parce que c’est une entreprise familiale. C’est très agréable parce que la famille accueille chacun d’eux, elle s’occupe de tout et est extrêmement investie. La logistique et les changements apportés au transport nous posent le plus de difficultés, surtout depuis le 11 septembre (2001), parce que la sécurité intérieure est très compliquée. Les grooms sont des immigrants et il faut connaître dix années de leur vie pour qu’ils puissent entrer au Canada. Globalement, la façon dont le monde évolue et les différents changements mondiaux nous posent constamment de nouvelles difficultés.

De quoi êtes-vous la plus fière de toute votre carrière à Spruce Meadows ?

Le moment dont je suis la plus fière de ma carrière a été de représenter le Canada aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996. Pour moi, en tant qu’athlète, mon plus grand succès a été de surmonter mentalement les difficultés de Spruce Meadows et d’être capable de concourir sur mon propre terrain. D’une certaine façon, ça m’a endurcie, c’est ma plus grande réussite personnelle.

Les meilleurs conseils que j’ai reçus m’ont été donnés par ma mère et mon père*. Mon père disait qu’il nous arrive parfois de réussir et parfois d’échouer ; on a une nuit pour pleurer ses échecs et une nuit pour fêter sa réussite, puis, quand le soleil se lève, il faut tout recommencer. La morale de ce conseil est qu’il faut toujours persévérer. Ma mère m’a inculqué que quoi que je fasse, je devais toujours le faire avec grâce.

*Ron et Marg Southern sont les fondateurs de Spruce Meadows. Le premier concours hippique international s’est tenu en 1975.

Quel aspect de votre travail préférez-vous ?

J’adore rencontrer des gens. À la fin de sa vie, mon père ne prenait plus le temps de profiter simplement de Spruce Meadows. Je crois sincèrement que Spruce Meadows est un lieu magnifique et paisible et je m’y promène tous les jours, ou presque. J’aime beaucoup cet endroit. Je suis étonnée de voir tout ce que mon équipe a créé. On voit bien qu’ils aiment vraiment leur travail et c’est ce qui fait que leur rôle est si important.

Le CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ est l’un des quatre Majeurs – est-ce que cela ajoute de la pression supplémentaire à l’organisation d’une manifestation internationale ?

Cela ajoute toujours de la pression parce que nous voulons exceller dans ce que nous faisons. Nous voulons nous surpasser en allant toujours plus loin et en surprenant les gens. Cela signifie que nous devons être vigilants aux moindres détails et être précis dans tout ce que nous faisons. Mais la pression est une bonne chose, parce que c’est une source de motivation. C’est pourquoi je ne vois pas cela comme une croix à porter, mais plutôt comme un défi. La réalité est la suivante : si les tribunes sont pleines dimanche, alors nous aurons réussi.

Sameh El Dahan (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof) Sameh El Dahan (Photo: Rolex Grand Slam / Ashley Neuhof)

Interview du cavalier

Sameh El Dahan

L’année dernière, vous avez remporté votre premier Majeur, le CP ‘International’, présenté by Rolex. Cela vous met-il davantage de pression avant dimanche ?

Il y a toujours beaucoup de pression dans tous les Grand Prix auxquels nous participons, mais plus les enjeux sont élevés, plus la pression est grande. Personnellement, j’aime la pression, surtout lorsque vous avez un cheval comme Suma’s Zorro sous votre selle. Comme vous savez qu’elle fera toujours de son mieux, ça vous enlève un peu de pression. Je lui suis très reconnaissant de pouvoir participer à de tels Grands Prix sans vraiment ressentir cette pression, sachant que je dois simplement faire mon travail.

Quels espoirs avez-vous pour le CP ‘International’, présenté par Rolex, de ce dimanche ?

J’ai toujours des attentes élevées, mais en saut d’obstacles, rien n’est jamais garanti. J’aime mon travail et j’aime mon cheval, donc une chose est sûre – nous allons faire de notre mieux dimanche, dans ce CP ‘International’, présenté par Rolex.

Comment va Suma’s Zorro depuis sa victoire épique de l’année dernière au CP ‘International’, présenté par Rolex ?

Nous avons connu une année avec des hauts et des bas. Zorro n’a pas passé un très bon hiver ; c’est une jument qui aime le soleil et la chaleur, alors l’hiver, ce n’est pas très bon pour elle. Il y a un mois environ, elle a recommencé à être en grande forme. Elle a bien sauté au Rolex Grand Prix d’Aix-la-Chapelle, et j’ai hâte d’être dimanche, parce que je crois qu’elle est en forme juste au bon moment. Je ne veux pas me porter la poisse, mais j’ai un bon pressentiment pour dimanche !

Que pouvez-vous nous dire sur le caractère de Suma’s Zorro ?

C’est une jument têtue et je dis d’elle que c’est une rousse têtue – très fougueuse, et il faut toujours la prendre du bon côté, sinon vous n’avez aucune chance. Mais je la connais depuis huit ans maintenant, donc on peut dire qu’elle est un peu ma meilleure amie, puisque je sais tout d’elle, et elle sait tout de moi. Il y a bien une chose dont je suis sûr : je ne peux pas aller contre elle et j’ai besoin qu’elle soit de mon côté. Mais c’est une guerrière et elle manifeste toujours cette combativité pour moi, ce qui fait que j’ai beaucoup de chance.

À part Suma’s Zorro, quels chevaux avez-vous amenés à Spruce Meadows ?

J’ai amené un hongre de dix ans qui s’appelle WKD Exotic, un cheval à l’allure étonnante. Ça ne fait pas longtemps que je l’ai, un peu moins d’un an peut-être, et j’apprends juste à le connaître. Il a fait de grandes choses et je suis impatient de travailler avec lui durant cette semaine.

Qu’est-ce qui vous motive et vous pousse à continuer ?

J’aime beaucoup ce que je fais et tous les jours, je me dis que j’ai de la chance, parce que les chevaux me donnent une raison de me lever le matin. Les chevaux ressemblent aux êtres humains et il faut les traiter comme des personnes, ce qui signifie qu’il faut réfléchir en permanence et ça me plaît. Trouver ce qu’il y a de mieux pour chaque cheval est un vrai challenge. J’ai de très bonnes relations avec ma propriétaire et coéquipière, Joanne Sloan Allen. Nous échangeons nos idées, ce qui entretient ma motivation. J’ai un fort esprit de compétition, alors je m’efforce de gagner toutes les épreuves auxquelles je participe. Mais en saut d’obstacles, nous perdons beaucoup plus souvent que nous  ne gagnons, donc quand vous gagnez, vous l’appréciez vraiment. Je n’oublierai jamais un moment comme Spruce Meadows l’année dernière et quand je passe par des moments difficiles, je repense à cette victoire, ce qui me remonte le moral. Le saut d’obstacles est un sport vraiment passionnant et un mode de vie et c’est pour cela que j’aime ça.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus à Spruce Meadows ?

Toutes les personnes qui travaillent ici le font avec une grande fierté. Depuis les organisateurs jusqu’aux personnes sur le terrain, en passant par l’ambiance et le public ; quand je viens ici, j’ai le sentiment de devoir me battre un peu plus pour obtenir un bon résultat parce que tout le monde fait tout avec une telle passion. J’adore cet endroit ; je l’appelle le Disney des chevaux. Tout y est, de très bonnes installations et nombreuses pistes en herbe. Et les organisateurs ont conservé leurs traditions au fil des générations, ce qui n’est pas facile à faire de nos jours, tout particulièrement avec la modernisation de ce sport. Les organisateurs de Spruce Meadows ont une vision à laquelle ils restent fidèles, donc je leur lève mon chapeau.

Si vous n’étiez pas professionnel de l’équitation, que feriez-vous ?

J’ai étudié la médecine, donc j’imagine que je serai médecin !

À votre avis, qu’est-ce que le Rolex Grand Slam of Show Jumping a apporté à ce sport ?

Il a amélioré le sport de multiples façons. Il suffit que je regarde la liste des concurrents de cette manifestation et je vois les meilleurs cavaliers et chevaux du monde. Tant d’argent a été injecté dans ces Majeurs et leurs profils individuels ont été considérablement amplifiés ; mais, à mon avis, ce n’est pas une question d’argent ou d’aspects matériels, il s’agit bien plus de faire partie des quatre plus grands Majeurs du monde – Genève, Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows et The Dutch Masters – qui sont tous supportés par Rolex. Lorsque vous allez à un Rolex Grand Prix, que vous sautiez pour 3 millions d’euros, 1 million d’euros ou 500 000 euros, vous voulez gagner, même s’il n’y avait pas d’argent en jeu. Si vous gagnez, votre nom est gravé dans l’histoire aux côtés des plus grands de ce sport, comme Nick Skelton, Eric Lamaze et Eddie Macken, et d’autres cavaliers au plus haut niveau mondial. C’est le rêve de tout cavalier et, en tant que jeune cavalier égyptien, je pense que j’ai de la chance de me trouver ici et de pouvoir dire tout cela.

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