Interview avec Emile Hendrix

Interview avec Emile Hendrix

Emile Hendrix Emile Hendrix par DigiShots

Comment résumeriez-vous la philosophie de Stal Hendrix en matière d’élevage et de production de chevaux de sport de haut niveau ? 

Mon frère Paul, un vrai passionné, s’occupe de l’aspect élevage. Comme il est de plus en plus difficile d’acheter sur le marché des chevaux de sport, nous continuons notre service de courtage équin. Le programme d’élevage de Paul vise avant tout à produire d’exceptionnels poulains et pouliches jusqu’à deux ans d’âge. Ensuite, nous gardons les meilleurs trois ans pour les valoriser en vue de la compétition haut niveau. Lors nous accueillons du public sur le site de Stal Hendrix, nous lui expliquons que notre philosophie consiste à respecter les normes les plus strictes en matière d’élevage et de courtage équin pour proposer le résultat aux meilleurs cavaliers et propriétaires.

 

Vos écuries ont produit des chevaux d’exception tels que Leone Jei ou Dynastie de Beaufour. Quelles sont les qualités qui font qu’un jeune cheval donne l’impression de pouvoir un jour atteindre le niveau Grand Prix ? 

C’est avant tout une question de caractère. Au fil des années, nous en sommes venus à la conclusion que la seule manière d’aider un cheval très spécial à atteindre le plus haut niveau (Grand Prix, Rolex Grand Slam), c’est de le confier aux meilleurs cavaliers au monde. Notre longue expérience nous a appris qu’un cheval idéal pour un cavalier au plus haut niveau est rarement le cheval rêvé d’un cavalier amateur, et vice-versa. Il faut être honnête et réaliste à ce niveau. L’équipe de Stal Hendrix essaie de faire la différence et de vendre les meilleurs chevaux aux meilleures personnes. Nous avons évidemment des objectifs commerciaux à respecter, mais nous sommes avant tout des amoureux des chevaux. C’est pour cela que la réussite au plus haut niveau de montures comme Leone Jei, Dynastie de Beaufour ou Big Ben nous donne une immense satisfaction.

 

De quelles qualités doit faire preuve un cheval pour pouvoir répondre aux difficultés posées par les quatre Majeurs du Rolex Grand Slam : Bois-le-Duc, Aix-la-Chapelle, Spruce Meadows et Genève ? 

Les concours hippiques étant de plus en plus nombreux, il faut absolument être un homme ou une femme de cheval pour savoir comment gérer l’entraînement et l’emploi du temps du cheval. Pour qu’un cheval soit en mesure de concourir à ce niveau, il faut qu’il dispose des compétences nécessaires et qu’il soit accompagné d’un cavalier hors pair. Ces deux éléments sont fondamentaux si l’on veut obtenir un résultat satisfaisant aux Majeurs Rolex. Quant au Rolex Grand Slam, c’est pour moi la cerise sur le gâteau. Aix-la-Chapelle, c’est le Wimbledon du saut d’obstacles : il n’a pas son pareil. Spruce Meadows est unique en son genre. Genève est le meilleur concours indoor au monde et a une formidable atmosphère. Et le Dutch Masters est un concours équestre de premier rang. Chaque détail de ces événements est minutieusement étudié pour en faire les meilleurs concours au monde et pour faire du Rolex Grand Slam l’ultime défi.

 

Comment est-ce que la tradition familiale chez les Hendrix a contribué à la réussite de Stal Hendrix ? Et qu’espérez-vous voir pérenniser par la prochaine génération ? 

Notre premier objectif est d’être honnêtes et transparents. Nous avons eu la chance de travailler avec certains des cavaliers les plus émérites au monde, de leur vendre des chevaux et de construire une vraie relation de confiance avec eux. De leur côté, ces cavaliers croient en nous, et cela nous a aidé à nous démarquer. Nos enfants ont hérité de cette philosophie prônant la transparence et l’importance de toujours vendre les meilleures montures aux meilleurs cavaliers. Ils travaillent à nos côtés depuis si longtemps qu’ils ont adopté les mêmes stratégies de vente et de marketing que celles utilisées par Paul et moi-même.

 

À votre avis, qu’est-ce qui fait la magie d’un duo cheval-cavalier ? Comment vous et votre équipe choisissez-vous le bon cavalier pour chaque cheval ? 

Nous avons une longue expérience en tant que cavaliers (j’ai moi-même évolué sur le circuit international pendant une trentaine d’années). Nous avons donc vécu beaucoup de choses et nous savons ce que recherchent les athlètes. Cette expérience nous aide à faire correspondre cheval et cavalier. Certains préfèrent un cheval qui répond plus facilement à la pression, tandis qu’un cavalier de très haut niveau est souvent à même de gérer un cheval très sensible. Comme l’affirme le leitmotiv suivant en provenance des États-Unis, « ne demandez pas ce que votre cheval peut faire, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre cheval. » Les meilleurs savent adapter leur approche en fonction du cheval. Tous les chevaux sont différents et ont leurs propres faiblesses. Il est essentiel de faire ce qu’il faut pour les aider. On en revient souvent à l’expérience. Lorsqu’un cavalier essaie un cheval, c’est son ressenti en selle et non notre avis personnel qui orientera sa décision finale.

 

Qu’est-ce qui vous enthousiasme dans les générations de chevaux et de cavaliers à venir chez Stal Hendrix ?

Je souhaite la réussite de chaque cheval que nous vendons ici à Stal Hendrix, que ce soit dans un Grand Prix Rolex à 1,60 m ou dans une épreuve amateur à 1,10 m. Notre objectif ultime est la satisfaction de nos clients, qui fait notre bonheur à nous.

Peu importe l’épreuve ou le niveau de compétition : quand un cavalier trouve le cheval idéal, c’est toujours un moment très spécial. Il est aussi très important que les cavaliers comprennent où ils en sont de leur parcours. Il arrive que les gens se fixent des objectifs très ambitieux, et c’est bien, mais il faut aussi se montrer honnête envers soi-même sur ce qui est possible. Lorsque l’équilibre idéal est atteint, c’est un pur plaisir, pour le client comme pour Stal Hendrix.

 

Avec le recul, quel métier a fait de vous l’homme que vous êtes : cavalier, éleveur, entraîneur ?

Le saut d’obstacles et l’entraînement ont été mes deux occupations principales. Je suis le côté élevage de plus loin, contrairement à mon frère qui baigne dedans. Mon parcours de cavalier et d’entraîneur est ce qui me définit le plus. J’aime aussi beaucoup partager mes expériences et mes connaissances avec autrui, comme dans le cadre de la Young Riders Academy parrainée par Rolex. Je m’efforce toujours d’apprendre de nouvelles choses, car il y a sans cesse de nouveaux développements dans l’univers de l’équitation. J’espère travailler encore au moins dix ans dans ce merveilleux secteur.