© Rolex Grand Slam / Sofya SK
Vous occupez actuellement la huitième place au classement mondial ; Monaco, votre cheval superstar, est en pleine forme ; et vous avez fait une très bonne saison 2025. Comment voyez-vous cette phase de votre parcours ?
H.S. : C’est vrai que l’année s’est très bien passée. Je ne m’y attendais pas forcément, car l’année dernière, cinq de mes chevaux qui tournaient à 1,60 m ont été vendus ou sont partis à la retraite. Par conséquent, mon piquet cette année était quelque peu déplumé. Mais Monaco a fait les meilleures performances de son histoire, Bingo était en super forme et Mr. Tac aussi.
Vous vous êtes offert une très belle victoire au Rolex Grand Prix du CHI de Genève l’an passé. Était-ce là l’un des moments marquants de votre carrière professionnelle ?
H.S. : Absolument ! Cette victoire a marqué un tournant dans le parcours de Monaco et un moment fort dans ma propre carrière. J’ai souvent été deuxième dans ma carrière ; lui n’avait jamais gagné de Grand Prix 5*. Alors remporter un Majeur du Rolex Grand Slam, en particulier lors d’un concours aussi renommé que le CHI de Genève, a été une joie immense. C’est formidable d’avoir pu ajouter ce titre au palmarès de Monaco. Et on dirait qu’il a passé une étape dans sa tête à ce moment-là : cette année, il a gagné trois autres Grands Prix 5* !
Dans votre extraordinaire CV (trois Jeux olympiques, plusieurs victoires en Coupe des nations, Meilleur cavalier de l’année aux Pays-Bas, médaille d’or aux Championnats du monde), quelle place occupe cette victoire dans un Majeur du Rolex Grand Slam ?
H.S. : C’est l’un de mes meilleurs résultats en individuel et un souvenir impérissable. Le niveau est tellement élevé dans le Rolex Grand Slam que toute victoire est très difficile. Chaque année, tout le monde semble avoir ces quatre événements en ligne de mire. Je suis donc très fier d’en avoir un à mon palmarès !
Vous avez récemment affirmé que vous ne vous rendriez au CHI de Genève « que si Monaco me fait comprendre qu’il est fin prêt. » Aujourd’hui, vous êtes tous les deux présents à l’appel. Doit-on en déduire que Monaco est en top forme ?
Depuis sa victoire l’an passé à Genève, il a fait les meilleures performances de sa carrière. Cette année, il a fini deuxième à quelques reprises mais a aussi remporté trois autres Grands Prix 5*. [Le CHI de Genève] sera son dernier concours de l’année, à la suite de quoi il va prendre un repos bien mérité. L’an prochain, avec un peu de chance, nous viserons une fois de plus le Rolex Grand Slam et le Dutch Masters, en fonction de sa forme et de ses envies. Il ne nous doit plus rien : c’est lui qui décidera le reste de sa carrière. J’ai évidemment monté de nombreux chevaux de qualité dans ma vie, mais Monaco est sans doute le meilleur de tous.
Parlez-nous de l’avenir et des prometteuses montures que vous avez actuellement, comme Estrello ou Davino.
J’ai encore quelques chevaux avec beaucoup d’expérience, comme Bingo, qui a 16 ans, ou Monaco, qui aura 15 ans l’an prochain. Mr. Tac, lui, aura bientôt 14 ans. Je n’ai pas vraiment de chevaux d’âge intermédiaire, puis j’ai une nouvelle génération qui arrive, avec Estrello et Davino, ainsi que quelques montures de sept ans très prometteuses. Avec un peu de chance, les plus âgés tiendront encore un an ou deux avant d’être remplacés par les plus jeunes.
Une fois que vous aurez dit adieu à la compétition, que pensez-vous faire dans la phase suivante de votre vie ? Et que conseilleriez-vous aux jeunes cavaliers qui visent le plus haut niveau ?
J’aimerais encore profiter d’au moins une dernière génération de chevaux. C’est toujours merveilleux de pouvoir travailler avec des chevaux exceptionnels et qui veulent réussir. Gérer le parcours de montures comme celles-là, ce n’est que du bonheur. Au-delà de ça, j’aime repérer des chevaux de qualité et les valoriser, toujours dans la patience, jusqu’à ce qu’ils réalisent leur potentiel.
Si je devais donner un conseil à la nouvelle génération de cavaliers, ce serait de ne pas se focaliser trop vite sur le saut d’obstacles. Avant le CSO, j’ai fait du cross, du complet, du dressage... Je trouve aussi qu’il est très utile, quand on est jeune, de donner des cours à d’autres cavaliers. Cela fait réfléchir à sa propre pratique, ce qui permet en retour de s’améliorer en tant que cavalier.
Au-delà des concours hippiques, quelles sont vos passions et intérêts ? Que faites-vous pour vous détendre ou pour recharger vos batteries ?
Entre la recherche, le courtage, les visites et la valorisation des chevaux, sans oublier les concours nationaux, nous n’avons pas beaucoup de temps libre. En dehors, j’aime bien suivre d’autres sports. J’aime aller regarder mon fils jouer au foot. Il y a deux ans, on s’est mis au snowboard, tous les deux. Il n’est pas passionné des chevaux, alors j’ai tendance à faire d’autres choses avec lui.
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