Linda Southern-Heathcott - Rolex Grand Slam/Sofya Khizhik
Il y a cinquante ans de cela, vos parents Ron et Marg Southern fondaient Spruce Meadows . Et c’est toujours votre famille qui s’attelle depuis à développer le site. Suite à ce 50e anniversaire, que nous avons fêté ensemble l’an passé, comment souhaitez-vous honorer cette tradition familiale ?
LS-H : Nous sommes toujours restés fidèles aux valeurs et traditions de Spruce Meadows, comme les pistes en herbe. Ceci dit, le site a considérablement évolué depuis que j’ai pris les rênes, il y a plus de vingt ans de cela. Aujourd’hui, c’est un lieu sportif et culturel de grande envergure, qui accueille bien sûr des épreuves de saut d’obstacles, mais aussi un marché de Noël, des matchs de foot, des concerts, des feux d’artifice, et bien plus encore.
Il est vital de ne pas se reposer sur ses lauriers. Lorsque Spruce Meadows a été créé, Calgary comptait 300 000 habitants, contre 1,3 millions aujourd’hui ! Beaucoup d’entre eux n’ont jamais été à Spruce Meadows. Nous nous devons donc de continuer à engager la conversation avec le public et de l’encourager à s’y rendre pour une occasion ou une autre.
Nous aimerions également attirer une nouvelle génération à nos événements et manifestations, y compris nos épreuves de CSO.
Pour la deuxième année consécutive, le prix CPKC ‘International’ présenté par Rolex sera doté de 5 millions de dollars. Quel message souhaitez-vous faire passer sur les ambitions de Spruce Meadows et son statut au sein de l’arène mondiale ?
Cela fait maintenant 51 ans que Spruce Meadows mène la charge en matière de dotations, qui sont décernées à des cavaliers des quatre coins du monde. Notre famille tient à continuer cette tradition. Tout comme l’année dernière, ce sera la plus grosse somme d’argent décernée à un athlète lors d’un événement sportif canadien. Ceci n’a été possible que grâce à la participation de nos sponsors qui nous accompagnent depuis le tout début.
Suite à ses deux victoires dans des Majeurs (le Dutch Masters et le CHIO d’Aix-la-Chapelle), Richard Vogel est le Prétendant actuel au Rolex Grand Slam. Qu’est-ce que cela vous ferait d’assister à un deuxième couronnement, ici à Spruce Meadows ?
Ce serait extraordinaire. Lorsqu’est né le Rolex Grand Slam of Show Jumping, certains le disaient impossible à gagner. Mais en 2015, Scott Brash leur a fait ravaler ces paroles. Ce serait merveilleux d’avoir un deuxième gagnant du Rolex Grand Slam.
Une telle victoire est une véritable preuve du talent d’un cavalier, de son professionnalisme, de son organisation et de sa capacité à gérer son piquet de chevaux et à bâtir des relations avec eux. Si Richard Vogel était amené à remporter le Rolex Grand Slam of Show Jumping, cela ferait non seulement connaître le CSO mais aussi reconnaître le talent des athlètes. Avec le Grand Slam, nous jouons dans la cour des grands, avec le golf et le tennis.
Richard a connu un grand succès à Spruce Meadows cette année, durant la saison estivale. Qu’aura-t-il tiré de cette expérience, à votre avis ? Et comment cela l’aidera-t-il à se préparer pour les difficultés particulières du Masters ?
Lorsque vous avez l’habitude de concourir quelque part, cela peut vous aider à prendre certaines décisions. Une fois en piste, cela ne vous donne pas forcément un avantage technique mais peut-être un avantage psychologique. Si l’on se sent à l’aise, que l’on comprend les objectifs à atteindre et que l’on connaît l’endroit comme sa poche, tout est plus facile. Le fait que Richard ait passé du temps ici durant la saison estivale 2026 devrait donc l’aider dans une certaine mesure pour le Masters.
Vous avez vous-même représenté le Canada aux Jeux Olympiques. Quelle est la différence entre un couple qui fait de bons résultats à Spruce Meadows et un couple capable de remporter le CPKC ‘International’ présenté par Rolex ?
Il faut déjà un cheval et un cavalier qui n’ont pas froid aux yeux.
Le fait que l’épreuve se déroule en extérieur peut compliquer les choses. Tous les concours du Grand Slam ont leurs spécificités. Spruce Meadows, par exemple, est un site immense. Il comprend des obstacles particulièrement larges et une piste centrale unique en son genre. Le paddock de détente et la piste sont assez éloignés l’un de l’autre. Les cavaliers doivent donc faire face à un certain nombre d’éléments qui ne leur sont pas forcément familiers.
L’atmosphère, elle aussi, est particulière. Spruce Meadows, c’est très convivial. On y aperçoit souvent trois générations de la même famille ! Lors du CPKC ‘International’ présenté par Rolex, vous verrez sans doute beaucoup d’inconditionnels du CSO, mais aussi beaucoup de familles.
Je conseille toujours aux cavaliers de profiter du moment. S’ils savent rester calme et conserver leur sang-froid, ils peuvent aller loin.
Les cavaliers de très haut niveau ont de plus en plus d’événements internationaux parmi lesquels choisir. Qu’est-ce qui fait selon vous l’attrait du CSIO Spruce Meadows ‘Masters’ de Calgary ?
Peut-être devriez-vous poser la question aux cavaliers... Tout ce que je peux dire, c’est que notre prise de décisions en ce qui concerne le CSO est toujours ancrée dans ce que nous pensons être le mieux pour le sport.
Nous tenons à conserver certains aspects traditionnels comme les pistes en herbe, les obstacles naturels et autres éléments qui ont fait notre succès au fil des ans.
Nous faisons également notre possible pour créer un environnement hospitalier et accueillant pour les cavaliers. Et puis les dotations généreuses ne doivent pas non plus leur déplaire !
Le ‘Masters’ offre aux cavaliers canadiens l’opportunité d’affronter certains des meilleurs couples au monde, sans quitter leur terre natale. Cette expérience doit beaucoup compter dans le développement du CSO au Canada...
L’une des raisons pour lesquelles mes parents ont créé Spruce Meadows était pour donner aux cavaliers canadiens l’opportunité de se perfectionner et de participer à un événement d’envergure internationale.
Si l’on regarde les statistiques, le Canada est très bien placé au classement mondial, et Spruce Meadows y est pour quelque chose. C’est également vrai pour les cavaliers en provenance des États-Unis, qui viennent régulièrement concourir ici.
Je suis sûre que Spruce Meadows continuera de participer à la réussite des cavaliers canadiens en championnat. Nous continuerons dans tous les cas de les supporter et de leur offrir l’opportunité de gagner en expérience en concourant contre des athlètes internationaux.
Le public de passionnés qui entoure la piste principale a évidemment joué un rôle majeur dans les moments inoubliables du concours. En quoi l’atmosphère affecte-t-elle la compétition et les cavaliers qui entrent en piste ?
Notre public n’est pas comme les autres. À de nombreux endroits, on demande au public de ne pas faire de bruit ni d’applaudir tant que les chevaux n’ont pas passé la ligne d’arrivée. Mais ici, le public s’approprie certaines zones du parcours. Il comprend vite ses difficultés et acclame les couples qui les arrivent à les dompter.
Je trouve cela plutôt positif. J’avais dans le temps un cheval très sensible au bruit, et pourtant il se grandissait lorsqu’il entendait la foule. Les chevaux ont tous leur personnalité, et j’ai l’impression que le public motive les vrais chevaux de qualité à se dépasser.
Ces spectateurs tour à tour silencieux et démonstratifs ont certainement aidé nombre de compétiteurs, humains comme équins.
Rolex et Spruce Meadows travaillent main dans la main depuis plus de trente ans. Comment est-ce que cette relation a aidé le ‘Masters’ à conserver ses traditions tout en continuant de (symboliquement) placer la barre toujours plus haut ?
Cela fait près de 40 ans que nous avons commencé à travailler ensemble, une relation qui a grandi et s’est renforcée avec le temps. Spruce Meadows a la chance d’avoir près de 20 sponsors qui nous suivent depuis 50 ans, ainsi que Rolex depuis presque 40 ans.
L’idée, avec un partenaire de qualité tel que Rolex, est de bâtir des liens de confiance, d’avoir les mêmes rêves et objectifs et de travailler de concert.
Notre famille et la marque partagent la même valeur fondamentale : la quête perpétuelle de perfectionnement. La perfection elle-même est inatteignable, mais l’important est de tendre vers elle. Ce n’est que comme cela que l’on finit avec les meilleurs athlètes, les meilleurs concours et les meilleurs sponsors au monde.
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